Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Publié le
  • Lue 7 820 fois
  • 109 J'aime
  • 2 Commentaires

Les yeux de la boulangère

Chapitre 1

Acte I : La rencontre

Erotique
109
5

Mai 2020.


Suite au déconfinement, les choses reprenaient lentement leurs cours. Les gens faisaient la queue pour aller chez Ikea, les radios nous martelaient de publicités vantant les mérites du secteur automobile. Bref. Nous étions repartis sur nos bonnes vieilles habitudes pré-Covid.


Mes attentes étaient différentes. Oh je sais ce que vous pensez. « Il n’attend que la réouverture des bars, cet alcoolique. » Et bien même pas. Le confinement m’a appris qu’on pouvait boire une bière en dehors de chez soi, sans aller se ruiner dans un bar. « Oh, alors il attend de pouvoir rencontrer des filles. » Bon, là-dessus, je ne peux pas vous donner tort. Mais non. Ce que j’attendais, c’était le marché du dimanche !


Car voyez-vous, tous les dimanches, c’était mon rituel. Je suis tout à fait conscient que j’ai le même discours qu’un petit vieux de quatre-vingt-deux ans. J’assume ce côté old school. Mais ce marché qui se situait à un ou deux kilomètres de chez moi, me permettait, dans un premier temps, de sortir de chez moi le dimanche (ce qui n’est pas une chose si évidente), et dans un second temps de remplir mon frigo de fruits et légumes, fromages et olives, et autres délices achetés chez le traiteur grec ou thaï. J’adorais ce marché, plutôt jeune, assez bobo, où l’on se retrouvait parfois à plusieurs pour faire nos courses avant de se poser à l’une des terrasses qui jouxtaient la place.


En ce dimanche de réouverture du marché, pas de terrasses, pas d’amis pour m’accompagner, mais juste un grand soleil printanier. Caché derrière mon masque, comme une grande majorité des gens, je ne pouvais m’empêcher de sourire en redécouvrant les étals, en voyant ces têtes familières, en sentant les différents parfums au travers des allées. J’ai foncé voir mon traiteur, avec qui, au fil des dimanches, j’avais fini par sympathiser. Nous étions tous les deux contents de nous retrouver, on a passé quelques minutes à discuter et à se raconter nos confinements respectifs. Sans suspense, on s’est carrément emmerdés l’un et l’autre. J’ai fini par lui demander un peu de ceci, et un petit ravier de cela. « Oh et mets-moi une bière tant qu’on y est ». Je vous entends me juger, vous savez.


J’étais sur le point de partir. J’avais tout ce qu’il me fallait, mon sac regorgeait de bons produits. Mais en passant dans une allée, je me suis soudain arrêté sur un stand qui vendait du pain et du fromage. Enfin... Non, pour être plus juste, je me suis arrêté sur la vendeuse derrière le stand. Et sur ses yeux bleus plus particulièrement.


Dans la vingtaine haute, un regard pétillant, quelques taches de rousseur, et ses cheveux blonds vénitiens tirés en queue-de-cheval. J’aurais aimé vous en décrire plus, mais, c’est de saison, un masque vert recouvrait le bas de son visage. Impossible de ne pas m’arrêter. J’étais littéralement happé par ces yeux bleus. J’avais déjà acheté du fromage, et n’avais absolument pas besoin de pain, pourtant je me suis planté face aux baguettes en faisant mine de choisir.


— Bonjour !


Sa voix était aussi douce à entendre que son visage à regarder. J’ai bredouillé un bonjour en réponse, avant qu’elle ne me demande ce que je voulais. Je ne savais pas. Enfin si. Je la voulais, elle. Juste parler avec elle pendant des heures, la connaître, la découvrir. Elle, cette parfaite inconnue. A la place, j’ai demandé une baguette. Je lui ai tendu un billet, elle m’a rendu ma monnaie avec ce que je devinais être un sourire, caché sous le masque.


Et je suis parti.


J’ai hésité un moment à revenir, lui parler, mais en me retournant, j’ai vu qu’elle était déjà passée à un autre client. Alors j’ai enfourché mon vélo et suis rentré. Aussitôt arrivé, j’ai regretté, bien sûr, de ne pas l’avoir abordée. L’image de son visage angélique me trottait dans la tête, et le soir en me couchant, je n’avais qu’une hâte : être au dimanche suivant.


Sept jours plus tard, j’étais bien entendu à nouveau sur le marché. J’étais d’autant plus motivé. Mais la pluie avait fait son grand retour et l’ambiance était plus morose. Ma jolie boulangère, elle, était toujours là, et toujours aussi belle. Je l’ai saluée un peu plus franchement, souriant derrière mon masque (me rendant également compte à quel point c’était ridicule). J’ai osé un « comment allez-vous ? » auquel elle m’a répondu un « très bien et vous ? », mais je n’ai pas réussi à enchaîner. Trop de clients qui attendaient sous la pluie battante. Je suis rentré chez moi avec ma baguette, et l’envie, à nouveau, que la semaine passe le plus vite possible.


Dimanche suivant. Le soleil a fait son grand retour depuis quelques jours, accompagné d’une chaleur quasi estivale. Le marché était bondé, nous sommes quasiment revenus à la normale pré-confinement. Les masques en plus. J’ai fait mes courses habituelles, mais à un rythme plus soutenu. J’étais pressé d’aller acheter la baguette dont je n’avais pas forcément besoin, et de retrouver la jolie boulangère.

En ce moment sur XStorySnap… (touchez pour voir)


— Bonjour ! m’a-t-elle dit en me voyant arriver au stand.

— Bonjour ! Je vais vous prendre...

— Une baguette à l’ancienne, comme les dernières fois ?


Il ne m’en fallait pas plus pour sourire béatement derrière mon masque. Elle m’avait reconnu, et se souvenait de moi.


— Euh, oui, tout à fait. S’il vous plaît.


Elle m’a tendu la baguette, je lui ai tendu un billet, et le regard perdu dans ses yeux, je me suis éloigné du stand. Et voilà. Encore un dimanche stérile, subjugué par cette fille, jusqu’à en être paralysé. Je m’agaçais réellement. Je suis revenu sur mes pas, repassant devant le stand, sans rien faire de plus pour autant. Il y avait du monde, je ne voulais pas la déranger. Voilà bien la pire excuse à mon incapacité à aller lui parler.


Il y avait un étang proche de la place du marché. Je me suis posé sur un banc, au bord de l’eau, pour profiter du soleil, et parce que je ne voulais pas rentrer chez moi. Je n’arrivais pas à m’enlever ce regard de la tête, ce petit nez, ces cheveux flamboyants. Je ne pouvais pas simplement rentrer chez moi et espérer quelque chose pour le dimanche suivant.


Je ne sais pas trop combien de temps je suis resté assis sur ce banc inconfortable tandis que les canards et autres palmipèdes se doraient au soleil à côté de moi. Assez longtemps en tout cas pour que, derrière moi, les stands se vident, les camions se remplissent, sonnant ainsi la fin du marché. J’étais prêt à abandonner et rentrer quand j’ai entendu une voix derrière moi :


— Monsieur ?


Sans même me retourner, je savais. C’était elle. Aucun doute là-dessus. Elle me tendait la main, et j’ai cru un instant qu’elle voulait prendre la mienne, puis j’ai vu des pièces de monnaie dans sa paume.


— Vous êtes parti sans votre monnaie tout à l’heure, j’ai pas eu le temps de vous retenir. Et comme j’ai vu que vous traîniez ici...

— Oh, merci ! ai-je bredouillé bêtement en récupérant mon argent.


Elle allait partir. Je le sentais dans les subtils mouvements de son corps. Ses yeux continuaient de me fixer, mais son bassin commençait déjà à pivoter, son pied droit quittait lentement le sol, amenant avec lui la jambe entière qui, inexorablement, amorçait le départ de ce corps que j’avais encore envie d’admirer un moment.


— Attendez ! ai-je dit, un peu trop désespérément, sûrement. Ma jolie boulangère s’est arrêtée net. « Je peux vous payer un café ? »



Voilà. Paf ! C’était lancé. Ce n’était pas si dur après tout, je ne sais pas pourquoi j’en faisais toute une montagne. J’attendais une réponse de ma belle inconnue, mais celle-ci s’est contentée de regarder autour d’elle, d’un air désolé. Ah oui c’est vrai. Tous les bars étaient fermés. Merde. Vite, une solution !


— Il y a ce food-truck, là... lui ai-je dit en pointant du doigt un camion de nourriture péruvienne. On peut prendre un café là et se poser près des étangs ?

— Oui, m’a-t-elle répondu. Oui avec plaisir. Je vais juste avertir mes collègues et je vous retrouve ici.


Je l’ai regardée partir, calmement. En façade du moins. Intérieurement, je bouillais. Le feu d’artifice était tiré depuis mes tripes, explosait dans ma boîte crânienne, faisait trembler tous mes membres. Je jubilais. Si j’avais pu, j’aurais crié ma joie, couru en sautant dans tous les sens. Au lieu de ça, je suis resté calme, attendant son retour avec la plus grande impatience.


Je l’ai vue arriver de loin. J’étais incapable de défaire mon regard de cette fille. Elle était incroyablement belle. Elle avait laissé son tablier de boulangère, m’offrant sans le savoir la vue de son corps, ses épaules laissées nues par un débardeur vert, qui soulignait élégamment les courbes de sa poitrine menue et jolie. Un short en jean, qui lui couvrait la moitié des cuisses, me laissait également deviner de belles et longues jambes, assez fines. Ma belle inconnue est venue se planter devant moi, et a baissé son masque. Enfin. Ses lèvres fines et roses étaient d’une beauté qui méritait un peu d’attente avant d’être dévoilée. Mais ce n’était rien en comparaison avec ce sourire qu’elle m’a offert, en me demandant si j’étais prêt pour aller prendre ce café. Je fondais.


Nous avons pris nos boissons, et avons commencé à marcher le long de l’étang. Et assez simplement, nous avons commencé à discuter. Mon inconnue devenait un peu moins inconnue à mes yeux.


Elle s’appelait Fanny. Vingt-quatre ans, célibataire. Une mère irlandaise, un père haut savoyard. Et elle, cent pour cent bruxelloise. « Drôle de mélange, me suis-je dit, mais un résultat parfait. » Fanny vivait en colocation, non loin d’ici, avec une collègue qui tenait le stand avec elle.


— Tu l’as sûrement vue, m’a-t-elle dit.



J’ai fait mine de plus ou moins voir de qui il s’agissait, n’osant pas lui dire que depuis trois semaines, je n’avais d’yeux que pour elle. Elle m’a ensuite parlé de son métier, de ses convictions écologiques, de son amour pour la Nature, de ses envies d’un monde meilleur. Je buvais littéralement ses paroles. J’étais fermement accroché à ses lèvres, bien décidé à ne jamais les lâcher. Si bien que lorsque Fanny m’a posé des questions sur moi et sur ma vie, les réponses m’ont paru fades. Ce n’était pas aussi intéressant que lorsqu’elle parlait. Pourtant, elle me regardait avec un grand sourire, visiblement captivée par chacune de mes paroles.


Nous nous sommes posés sur une pelouse pour finir nos cafés, continuant à parler, de nous, de tout, de rien. Elle s’est légèrement allongée dans l’herbe, tandis que je lui racontais une histoire sur moi, et j’en ai presque perdu le fil de mes pensées en la voyant passer ses bras au-dessus de sa tête. Sa poitrine montait et descendait au rythme de ses respirations et j’étais subjugué par ce mouvement simple, mais chargé d’érotisme. Fanny a croisé mon regard et m’a souri, puis a passé sa main devant sa bouche, incapable de retenir un bâillement.


— Désolée, m’a-t-elle dit, c’est pas toi qui m’ennuies, je te rassure ! Je suis levée depuis quatre heures ce matin, alors je commence à fatiguer un peu.

— Oh ! Oui, évidemment. Je ne t’en voudrais pas si tu devais partir, hein !

— Je crois que je vais faire ça, oui. J’ai besoin d’une sieste. Mais on peut se revoir !

— Aujourd’hui ? lui ai-je demandé avec, peut-être, un peu trop d’entrain.

— Si tu veux. En fin de journée ?

— Quand tu veux. On peut se retrouver au parc vers dix-neuf heures si ça te va.

— C’est parfait.


Mon cœur battait à cent à l’heure, tant j’étais excité à l’idée de la revoir. On a échangé nos numéros pour pouvoir se retrouver, puis Fanny s’est relevée, et a posé sa main sur la mienne.


— Merci pour le café.


J’ai bredouillé un « de rien » et l’ai regardée se lever et s’éloigner. Au bout de quelques mètres, elle s’est retournée, m’a envoyé l’un de ces sourires ravageurs qui vous retournent le cerveau, et a disparu dans la foule. Je suis resté un instant dans cet état de béatitude totale, je devais avoir l’air même carrément stupide. Mais qu’importe. J’étais content. Non, j’étais heureux. J’ai finalement quitté la pelouse à mon tour et suis rentré chez moi, pressé, cette fois, d’être dans quelques heures.

Membre XStorySnap du jour
Flamme -
Suiveur -
Snap
Chatter avec
Webcam XStory du moment
Regarder