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Lesbian story X

Chapitre 1

Lesbienne

Putain d’époque, ou comment fêter sans trop s’emmerder un trentième anniversaire en pleine galère sanitaire, sociale, morale, politico-financière. Gagner du fric, c’est bien, pouvoir le dépenser ailleurs que sur les sites en ligne, c’est mieux. Je suis peut-être, à en croire certaines de mes ex, une handicapée des sentiments, ça ne m’empêche pas d’avoir des envies de sociabilité sentimentale, une expression sensée traduire en termes policés le désir de rencontres charnelles. Bref ! Je suis en manque d’exercice de mon pouvoir de séduction, condamnée à renouer un temps avec d’anciennes relations au lieu d’en établir de nouvelles.

Je n’ai pas attendu les différents confinements pour adopter le télétravail, bossant surtout la nuit quand tous les félidés du quartier, plus ou moins sauvages, apparaissent gris aux néophytes de l’observation. À ce propos, mon colocataire à quatre pattes s’est dressé lui-même, un gain de temps précieux dans ma quête éternelle des plaisirs de la chair au sens large. De toutes façons, je trouve contre nature de vouloir imposer quoi que ce soit à un chat, ne serait-ce que des repas à heure fixe. Ce cachotier aussi trouve le temps long, lui qui profitait de mes longues soirées d’absence pour mettre notre espace vital commun en chantier. Vous l’aurez compris, j’entame l’écriture de ce récit avant un éventuel retour à la vie normale.

La vie, parlons-en. La mienne remplit déjà une pile de cahiers à spirale noircis avec assiduité depuis mon douzième anniversaire, d’un innommable fouillis de pensées plus ou moins profondes, de ressentis balancés sur le vif, d’impressions contradictoires, de sentiments exacerbés, d’inquiétudes, de coups de gueule, de coups de cafard. En relisant ces lignes, les toutes premières rédigées d’une écriture soignée dans un style ampoulé propre aux ados, je comprends à quel point mes parents sont géniaux d’avoir supporté un caractère aussi entier que le mien.

Autre remarque en lien direct avec la décision de raconter quelques faits marquants de mon histoire, ces textes trouvent davantage leur place dans le registre du Journal de l’amour d’Anaïs Nin que dans celui du Journal d’Anne Franck. Faites des recherches sur Google, je ne répondrai à aucune question du genre « qui c’est celle-là ». Toutefois, contrairement à l’écrivaine américaine née en France le 21 février 1903 et décédée à Los Angeles en 1977, je peux me permettre d’exposer les faits dans une autofiction sans rien craindre de la censure, il suffit de changer les prénoms, et d’imaginer des dialogues afin de fluidifier le récit. Ça au moins, je sais faire.

 

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1 Aller à l’essentiel

 

Peu après mon passage en classe de troisième, j’annonçai à la famille réunie pour les fêtes de fin d’année être lesbienne, l’assumer sans honte, et vouloir faire de l’écriture mon métier, le tout dans une même tirade improvisée dont j’avais l’habitude, théâtrale à l’excès. Davantage qu’un coming out en bonne et due forme, il s’agissait d’une véritable déclaration d’intention, d’un programme établi avec minutie. Aujourd’hui, on pourrait comparer cette proclamation à celle de Kylian Mbappé annonçant sa conviction de devenir champion du monde de foot.

Le premier point provoqua quelques sourires sarcastiques, qu’est-ce qu’une gamine de 14 ans et 1/2 pouvait savoir de « ces choses-là », on en reparlerait quand je serai en âge de comprendre le sens de l’homosexualité, de la sexualité tout simplement. Surtout qu’à l’époque, mon sens de l’humour en était à ses balbutiements. Je prenais l’amitié entre filles pour de l’attirance amoureuse, il s’agissait d’une passade, un gentil garçon me ramènerait bientôt à la raison. Seule ma grand-mère maternelle, parfaite incarnation du grand mystère de l’existence, me prit au sérieux.

Je n’avais rien de précis à reprocher aux mecs, ni plus ni moins que les nanas de mon âge assaillies par des petits branleurs soumis à d’incessantes poussées hormonales ; ils me laissaient simplement indifférente. Un psy aurait expliqué que cela viendrait avec le temps, mais comment aurait-il justifié ce besoin de me rapprocher des filles, d’établir un contact physique ? Quand les copines « tombaient amoureuses » d’un garçon avec une belle gueule comme unique critère de sélection, je succombais au charme des copines, au point d’en être obsédée.

La seconde affirmation souleva davantage d’interrogations, de crainte aussi, surtout chez les parents pragmatiques, guère convaincus que l’écriture me permette de mettre du beurre dans les épinards ; ils auraient préféré prof de littérature, puisque telle était ma passion, ça garantissait au moins d’avoir des épinards dans l’assiette. Je m’empressai de rassurer mon entourage à défaut de le convaincre, des études poussées m’ouvriraient les portes d’une maison d’édition, j’apprendrais le métier de l’intérieur, puis des auteurs confirmés me prendraient sous leur aile protectrice.

Les années suivantes furent essentiellement consacrées à la réussite professionnelle, ma libido se faisait discrète au plus grand soulagement des parents. On ne reparla jamais de mon orientation, supposée ou réelle, jusqu’au jour où maman me surprit main dans la main avec une copine de lycée, une scène tragi-comique qui les amena à reconsidérer mon affirmation un certain soir de Noël. Le plus marrant, c’est qu’on n’en discuta pas davantage ensuite, excepté quand mamie se moqua de leur aveuglement. Elle, mémoire vive d’une autre époque, avait compris depuis longtemps.

Dans la nébuleuse de l’adolescence, cet entre-deux particulièrement déstabilisant fait d’hésitations, de doutes, de compromis, souvent aussi d’une bonne dose de mauvaise foi, les prémices de la découverte de mon moi profond amenèrent une confirmation attendue à défaut d’être souhaitée : j’étais lesbienne, le doute n’était plus permis. En y réfléchissant, cela me donnait un avantage certain sur ceux que j’estimais être de la concurrence, ma propre bêtise me laissait indifférente à l’époque. Qui mieux qu’une femme pouvait comprendre ses congénères physiquement et mentalement.

Le problème de l’acceptation réglé, je travaillai d’arrache-pied afin d’obtenir la plus belle des mentions au bac, dans un but non-avoué. Être la meilleure, la plus sage, c’était convaincre les parents de mon aptitude à gérer le quotidien loin du nid familial. Ainsi, j’emménageai seule dans un petit appartement du 4ème arrondissement de Paris. Papa aurait préféré me savoir plus près de la Sorbonne, maman aurait choisi une cité universitaire surveillée ; toutefois, la vie s’apprenait ailleurs que dans un amphithéâtre. J’avais besoin d’un espace à la mesure de mes aspirations pour essayer mes ailes.

 

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Quelle déception devant ces touristes en cortège soumis au bon-vouloir de leur guide, ces étudiants affamés d’indépendance, ces ménagères soucieuses de la dernière flambée des prix, ces représentants en quête d’un rendez-vous, ces gamins heureux d’échapper à la vigilance de leur mère, ces commerçants surexcités, ces employés municipaux blasés. C’était donc ça le quartier atypique de Paris repeint aux couleurs de l’arc-en-ciel, dont certains faisaient l’apologie sur Internet ? J’avais imaginé, incapable de présumer du ridicule d’une telle conception, que tout le monde était gay dans le Marais.

Il fallait attendre le soir, quand les hordes de noctambules attirés par les lumières des bars prenaient possession des lieux de rassemblement festifs qui ne désemplissaient plus de l’heure de l’apéro à celle de la fermeture. La séparation des genres devenait alors la norme. On était loin de la politique du chacun chez soi, la survie économique obligeait à la mixité ; toutefois, les deux sexes prenaient de la distance, jusqu’à s’ignorer poliment. De loin, j’avais l’impression d’observer des couples de divorcés, contraints à se côtoyer chez des amis incapables de choisir un camp.

Bientôt, certains bars m’apparurent plus intéressants que d’autres, de quoi m’occuper en début de soirée. Combien de passages au ralenti devant les terrasses bondées, sur les trottoirs en face de ceux encombrés de femmes la clope au bec, craignant d’approcher de trop près ces lesbiennes dont je me revendiquais publiquement, qui m’intimidaient pourtant, combien de clins d’œil ignorés, de sourires occultés, d’invitations refusées. Il était plus facile de fantasmer chez moi en matant The L Word à la télé ou en délirant sur mon journal intime.

 

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Avoir 18 ans ne changeait rien ou presque, à part le droit de vote, certainement pas de quoi révolutionner le quotidien d’une étudiante timide, incapable de reconnaître son avidité de concret. Le vendredi suivant mon anniversaire, je cédai à la pression d’une copine venue passer la soirée avec moi, une hétéro poussée par la curiosité ; c’était à la fois excitant et angoissant, malsain de sa part, mais cela ne m’apparut que plus tard. Le printemps en avance incitait à l’audace, je l’amenai dans un bar situé à cinquante mètres de chez moi, une proximité rassurante.

Aucun mec à l’horizon, difficile de distinguer les habituées que je croisais souvent à l’extérieur parmi toutes ces femmes venues faire la fête entre elles ; les chats interdits de séjour, les souris pouvaient danser sans crainte, indépendamment de leur orientation. Les patronnes leur réservaient une soirée par mois, et la clientèle s’enrichissait à chaque fois un peu plus, au point que pas mal de lesbiennes pures et dures désertaient l’endroit jusqu’au lendemain. La méconnaissance de la communauté m’empêchait de comprendre la raison d’une telle défiance vis-à-vis des « hétérotes » comme on les nommait.

La copine, une habituée du binge drinking en vogue dans le milieu festif étudiant, le genre de soirée sans intérêt au cours desquelles les participants trouvaient intelligent de boire beaucoup très vite, tomba dans le piège du shooter d’alcool fort. Trois heures plus tard, soit un peu avant minuit, la pauvre disparut à bord d’un taxi appelé par une âme charitable. Sur la terrasse où je l’avais raccompagnée par mesure de prudence, une voix chaude m’arracha à la pensée de rentrer chez moi. Prendre les jambes à mon cou ou me retourner vers l’impertinente, le choix fut vite fait.

– J’ai un verre d’avance, si tu veux en profiter.

Refuser une bière à l’œil allait à l’encontre de mes valeurs de l’époque, je m’installai à la table, prête à filer en cas de danger.

– Ça va ta copine ?

Chloé était une copine, pas la mienne, la trentenaire faisait fausse route. Je renonçai à rétablir la vérité afin de me préserver une porte de sortie ; ici, les femmes représentaient l’espèce prédatrice, attirées par la viande fraiche selon certaines rumeurs.

– Tu as perdu ta langue ? Au fait, bon anniversaire avec quelques jours de retard.

Bravo Chloé d’avoir fait autant de bruit autour d’un non-évènement, tout le monde savait que je venais de fêter mes 18 ans.

– Vous venez souvent ?

– C’est la première fois. Mon mari est en voyage, alors j’ai pensé qu’une soirée entre filles me changerait les idées.

Je m’en voulais de paniquer devant cette femme charmante.

 

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Charmante et charmeuse, Sarah n’avait pas lésiné sur les multiples petites attentions, au point de m’attirer dans un petit appartement du 11ème arrondissement, une invitation amicale de la part d’une hétérote. Qu’avais-je à craindre d’une femme amoureuse de son mari passionné de concours de pétanque ? À l’évidence, pas davantage qu’elle de moi. On avait sympathisé, l’occasion se présentait de tromper la solitude du week-end avec une nouvelle copine, inutile de chercher une autre raison à ma présence, à moins de se sentir l’envie de tout salir.

– Comment ça marche, ce truc !

Entendre Sarah pester contre la tireuse à bière m’amusa. Charitable, je m’approchai pour lui venir en aide.

– Il faut l’allumer d’abord.

Elle tourna la tête, la queue de cheval châtain chatouilla le bout de mon nez trop près, soudainement à quelques millimètres du sien. Les grands yeux marrons brillèrent d’un étrange éclat ; on se plaisait, elle s’y attendait peut-être, moi non. Et ce saisissement singulier, indépendant de ma volonté, me faisait peur. On aurait pu s’embrasser tant l’air se chargeait d’ondes positives, on se contenta l’une et l’autre d’un sourire embarrassé. Au moins, j’assimilai la notion de « tomber sous le charme ».

Sarah se décida à oublier la pression au profit de canettes, elle resta un long moment la tête dans le réfrigérateur, certainement désireuse de se rafraîchir les idées ; j’en profitai pour contempler la silhouette drapée dans une combinaison jambes larges, la ceinture nouée à la taille mettait en valeur les fesses moulées dans le tissu. Ce spectacle à lui seul valait d’avoir effectué le voyage, des pensées pas très sages commençaient à se bousculer dans mon esprit déboussolé.

Sans que Sarah s’en aperçoive, je me surprenais à l’espérer, son corps devenait une arme de séduction, de provocation. C’était donc ça le désir, le besoin irrépressible de toucher, d’embrasser, de caresser, percevoir une présence physique par chacun des pores de sa peau, mettre son âme à nu, souhaiter se fondre dans l’autre au point de ne plus faire qu’une seule entité, deviner ses attentes, y répondre ? Alors non, ça n’avait rien de glauque, de sale, d’avilissant. En prime, je me découvrais poétesse.

– Bière ou vodka soda ?

Debout devant le frigo, patiente, Sarah s’amusa d’interrompre mes réflexions, pourvu qu’elle n’ait pas le don de télépathie.

– Les deux, décida-t-elle devant mon air ahuri.

Convaincue de passer la nuit ici, dans son lit, je me permis d’envisager la suite avec fatalité. Il devait y avoir une première fois, pire, j’en mourrais d’envie.

 

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Combien de temps allais-je résister au désir d’embrasser la petite bouche brillante de sensualité, de mordiller la lèvre inférieure délicieusement ourlée sur le menton, de sentir nos langues se lover dans une danse lascive, de m’enivrer d’un baiser à la fois passionné et tendre, en prémices à un débordement plus excessif encore ? À ce rythme, on allait s’endormir côte-à-côte sur le canapé.

Sarah effleura ma bouche d’un doigt, comme elle aurait caressé un fruit avant de le goûter. Oui, j’étais mûre, prête à être cueillie, dégustée, pourquoi me faire languir plus longtemps ? Enfin, les lèvres humides se pressèrent contre les miennes, avides, chaudes, tremblantes. Je lui rendis son baiser, oubliant ma niaiserie, savourant la passion de cet instant magique.

Le temps de reprendre son souffle, Sarah m’entraîna dans la chambre, on s’écroula sur le lit, ni allongées ni assises, pour nous embrasser encore. Une main s’aventura sur ma poitrine à travers la chemise que je m’empressai de déboutonner avant de m’attaquer à sa combinaison, seyante mais encombrante. Nous déshabiller mutuellement en gardant nos langues enlacées prit un temps fou.

Sentir la peau nue contre la mienne, si chaude, annihila toute retenue, j’entrepris de la main un sein délicieusement ferme, galbé. Sarah se montra plus déterminée, à force de contorsion, elle goba un des miens. La caresse buccale me fit chavirer, jamais dans mes attouchements solitaires je ne m’étais sentie aussi réceptive. La bouche gourmande passa d’un sein à l’autre, laissant un téton pointé brillant de salive. Peut-être qu’on avait perdu trop de temps à se chercher, j’étais pressée d’en venir à l’essentiel, je débusquai mon clito d’un doigt impatient.

– Laisse-moi faire.

Sarah entendait mener la danse. La bouche picora mon ventre, joua un instant avec mon nombril, puis avec les poils de ma touffe. Le manque d’empressement me rendait folle, je lui montrai le chemin à suivre d’une pression sur sa tête. La langue sur ma fente m’arracha un soupir. Comment une hétérote pouvait savoir ces choses-là ? Au diable les questions, j’étais aux anges.

Je m’abandonnai à l’exploration, c’était si délicieux que mon impatience avait fondu. Le plaisir montait déjà, je maudissais mon impatience à succomber. Sarah me baisa de la langue sans me laisser un instant de répit, malaxant mes fesses d’une main et titillant mon bouton de l’autre, les sensations se confondaient dans un ressenti inconnu.

 

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La première fois s’était soldée par un petit plaisir mitigé, de ceux qui couronnaient parfois mes séances de masturbation. Sarah me laissa à peine le temps de reprendre mon souffle, elle m’offrit une seconde excursion au royaume de la fête des sens. Et là, toute pudeur abandonnée, je ressentis un bonheur total. L’intensité du résultat me laissa sans voix, complètement perdue.

Le calme enfin revenu dans ma poitrine, je l’entendis se masturber, le clapotis de ses doigts en elle chamboula ma perception. Malgré le désir sincère de lui rendre un peu du plaisir qu’elle m’avait donné, la peur de mal faire me retint, je continuai à faire semblant de rien. Sarah fut très longue à venir, peut-être espérait-elle de ma part un geste qui ne vint pas.

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