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Lettre à Azilis

Chapitre 2

Erotique

Azilis

Sous la pierre à la forme de cœur

Pierrevaux



Lille, le 4 octobre


Azilis,


Je lis et apprends avec consternation votre état de souffrance. Fort heureusement, vous êtes entourée comme il se doit. La nature de notre relation empêche pour le moment que je vous rende visite et vous prodigue quelque réconfort. Cela est transitoire ; viendra le moment où la proximité physique sera possible, attendue, souhaitée par l’ensemble des acteurs de notre pièce. Je vous le démontrerai ci-après, et vous verrez alors l’évidence.


Dans l’immédiat, votre mari se soucie de votre confort physique autant que de vos besoins spirituels : voilà qui est réjouissant. Usez de cette ressource à loisir, vous verrez qu’il ne cherche qu’à vous donner plus encore. Simplement, il ne le sait pas encore. Sur le chemin des sentiments et des émotions, votre époux a entamé une marche dont il ignore peut-être la destination, et que je devine, moi. Je vous soupçonne d’en avoir conscience vous-même, au moins partiellement.


J’ai eu connaissance de l’avortement des noces de nos mariés. C’est bien là l’illustration qu’il n’est de mariage heureux sans l’union des esprits des époux. Je me suis laissé dire que la mariée aspirait à bien plus de plaisirs que ne pouvait lui offrir le marié, mon triste cousin. Bavardages de couloirs, confidences intéressées dont j’ai été le réceptacle. La mariée, figurez-vous, m’avait fait discrètement mander ce soir-là. J’avais d’autres projets, des plus aguichants. N’espérez pas plus de ma part sur ce point... Ils se sont plus, se sont déplus, n’en parlons plus.


Trajectoires et sentiments. N’est-ce pas un thème inspirant ? Songez à votre itinéraire, de mes lèvres à l’oreille de votre mari. Songez au sien, de confident de vos paroles à son rôle de facteur de nos élans. Etranges allées et venues pour quiconque ne lirait pas les motivations des cœurs comme je m’y suis appliqué.


Je vous ai vue, et fidèle à mon engagement envers la Providence, je vous ai soumis le projet que j’ai pour vous. C’est une graine, vous en êtes le réceptacle fertile : les émois de votre corps, à l’audition de mes intentions vous concernant, vous en auront déjà convaincu mieux que les plus éloquents de mes mots. Pour que la graine croisse et livre ses fruits, elle aura besoin de soins jardiniers, et d’un environnement favorable. Opéra savoureux dont vous savez déjà, je le sens, la distribution.


Croyez-vous un instant, qu’un mari si charmant

Ignore en sa belle âme, les désirs qui vous pâment ?

Cet homme je vous l’écris, en veut plus qu’il ne dit

Et sous l’usage d’un ami, vous partager le séduit


Sa volonté, je gage : que vous assumiez

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Les désirs intestins que vous m’avez confiés

Ainsi lors je questionne : dans ce jeu amoureux

Oserez-vous, Madame, faire donc fi de vos vœux ?


Satisfaire votre envie, c’est bien lui plaire à lui

Laissez là tout déni, soumettez-vous, Amie

A mes désirs jolis, que votre source érupte

Et soumis avec joie, votre plaisir exulte !


Revenons à vous, sujet de mon désir, qui êtes à l’aube de bien beaux soupirs. Votre prénom sied à la noblesse de votre âme, il rime merveilleusement avec ce mot : délice.


Une nuit étoilée, un jardin écarté

Je conversai, délice ! Avec une Azilis

qui à son bénéfice, se faisait ma complice

Pour ensemble, éméchés, de doux jeux évoquer


Je me souviens, n’en doutez point, de l’éclat de vos yeux et du teint carmin qui pointait sous votre peau de porcelaine, lorsqu’à votre oreille je suggérai mon thème. Votre carnation était une musique dont seuls mes yeux pouvaient déchiffrer la partition. De votre abandon, de votre désir de cette volupté qui vous est proposée, je suis certain. Votre résistance, votre fidélité à votre mari, ne font que rehausser à mes yeux la valeur de votre abandon à venir.


Quant à cet homme que vous chérissez, ne doutez pas que, conscient de ce qui se trame, il se prépare. Volontaire et amoureux, il désire, pour vous deux, vous offrir à mes jeux. Le pensez-vous butor, sot, ignorant des choses de la vie ? Voilà un homme, qui fidèlement, s’en va faire quérir sous une pierre, jour après jour, dans l’attente d’une lettre. Et quelle lettre ! Celle d’un homme à sa femme, dont il sait par vos mots mêmes la teneur de la conversation. En vérité, je vous le dis : votre mari me propose en ami littéraire, mais espère de vous que vous le compreniez à demi-mot, et franchissiez pour lui, avec lui, ce cap qu’il ne peut dépasser sans votre concours avisé.


Aussi, revenons à nous. Votre pâleur diaphane, l’éclat purpurin de votre bouche m’inspirent des désirs peu communs. Dépassant les amours au parfum de vanille, c’est de contrainte et de doux tourments que je veux habiller votre désir. Je vois la qualité particulière de votre âme trempée.

J’y pense, ce mot est si singulier, à double tranchant.


— Trempée comme la lame l’est au feu. Résistante et acérée comme l’est votre esprit.

— Trempée comme le fut votre entrejambe ce soir-là. Doutez-vous que cela échappât à mon acuité ?


Oui. Trempée vous le fûtes. Vous l’êtes, et le serez plus encore sous ma férule. Conjuguons une fois encore, nos désirs cette fois. JE le veux. TU le veux, Petite. Et IL le veut.


Ainsi, voici mes conditions. Il vous revient d’avoir une discussion avec votre mari. Vous connaissez mes termes. Vous savez mes suppositions quant à ses désirs. Confrontez-le, affrontez son hésitation pour qu’il puisse faire ce pas qu’il redoute, et qui pourtant vous rapprochera tant. Votre félicité maritale, la complétion de votre féminité et l’assouvissement des mâles envies de votre époux, en sont le prix.


Vous mentionnez Orphée. Souffririez-vous que je ne vienne point vous tirer, mon Eurydice, des tourments infernaux d’une sensualité trop commune, pour vous ramener à la vivacité bien terrestre des plaisirs que vous savez maintenant ?


Je vous retrouverai volontiers à Pierrevaux, sous réserve que la représentation qui y est donnée soit la version de Vienne. A moins que ce ne soit l’audacieuse adaptation pour baryton ? Si toutefois Berlioz l’emporte, ne comptez pas sur moi.


Avec toute l’exigence et la fermeté de ma considération.


Arthus

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