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Lettre à ma femme

Chapitre 1

Hétéro

MIMI,


Un métier de fonctionnaire, une maison, une voiture, le confort, un fils de dix-huit ans, bachelier, inscrit à l’université, un mari, gentil, je crois, toujours amoureux et attentionné, moi Paul, des amis, que pourrait-il te manquer pour être une femme comblée ? Ah ! Ajoute un événement récent de très grande importance. À l’occasion de l’inscription de Jean en faculté, tu as retrouvé Annie, la meilleure amie de tes vingt ans. Annie mariée, avait suivi son mari. Divorcée, elle est revenue au pays et y a rencontré Léon, son compagnon. Tu as donc le bonheur de renouer avec ta meilleure amie. Annie est la mère d’Odile, dix-huit ans également, presque 19, inscrite en faculté comme notre fils : ça recrée des liens.


« Dis, chéri, tu te rends compte, ma meilleure amie ! » M’as-tu annoncé, ravie.


Ta meilleure amie, pas la mienne. Je crois que je vais regretter certains silences. Après tout, c’est de l’histoire ancienne. Je trouve exagéré ta joie d’avoir revu "ta meilleure amie" ! Je laisse passer encore. Ça passera tout seul avec le temps. Jusqu’au jour où tu m’annonces sa visite pour le dimanche après-midi. Ça m’ennuie un peu, on verra bien, ce n’est, peut-être, qu’un feu de paille.


Le couple arrive. Annie a vingt ans de plus. À la beauté acidulée de la fille de dix-neuf ans que j’ai connue, la maturité a donné une plénitude, une assurance, une beauté plus accomplie. Vous vous donnez une longue accolade, vous vous embrassez à pleines joues, vous vous tenez à bout de bras, vous vous regardez. C’en est émouvant. Enfin, Annie me salue cordialement, avant de me présenter Léon. Bel homme, d’environ quarante-cinq ans, un peu embarrassé, charmeur dont les yeux quittent ceux de sa compagne pour se fixer sur les tiens avec insistance. Je suis flatté de constater que ma femme puisse attirer son attention à ce point. Quand tu entraînes l’amie en cuisine pour surveiller la tarte, Léon semble fasciné par le balancement des miches de ma quadragénaire. Il se ressaisit :


« Paul tu as une femme merveilleuse... ! », dit-il.


Assurément, en guise d’explication parce qu’il a vu que je suivais son regard. Par politesse et parce que c’est vrai, je lui retourne le compliment.


« Mais Annie a beaucoup de charme, elle aussi ! C’est ce qui explique que tu l’aies choisie ! »


Il me tutoie, donc en dépit de mes habitudes, je le tutoie. Et pour meubler le silence, je demande depuis quand il la connaît.


« C’est une vieille histoire ! J’ai failli l’épouser, il y a environ vingt ans ! Elle a trouvé que je ne me décidais pas assez vite et s’est jetée dans les bras de ce Serge qui l’a emmenée loin d’ici ! Après son divorce, elle est remontée et depuis nous vivons ensemble ! Je me souviens qu’à l’époque, elle était folle de ma moustache, pour lui faire plaisir, j’ai dû la laisser repousser. "Un baiser sans moustache, c’est comme une soupe sans sel !"...! », aime-t-elle répéter.


Le détail est amusant. Je regarde cette moustache, dévisage l’heureux homme avec le sourire, puisqu’il rit de sa petite anecdote et soudain, je revois une tranche de mon passé. Annie demande à Léon de venir admirer notre cuisine et la tarte qui sort du four. Il y va, Annie me rejoint.


« Toi alors, depuis que j’attends ta visite ! Te souviens-tu de ce rendez-vous où tu n’es jamais venu... ? Je devrais être fâchée avec toi ! »


Pourrait-elle être plus directe ? C’est bien ce que je redoutais. Elle n’a pas oublié, va-t-elle se venger ? Heureusement, tu sors de la cuisine avec ton plat à tarte en mains, l’air contrarié et le visage rougissant, devant Léon qui dissimule, sous un sourire coincé, comme une gêne. Est-ce la chaleur du four qui a embrasé tes joues ? C’est nouveau. Léon t’aurait-il mis une main aux fesses ou fait un compliment osé ? Quelque chose t’a troublé, je le sens. Mais Annie relance la conversation sur le bon vieux temps, quand vous étiez amies, complices, jeunes et heureuses, quand vous couriez les bals et les garçons. Tu rougis davantage encore et te réfugies contre moi.


« Mon chéri, elle exagère ! Mais si, elle courait beaucoup et vite, moi, tu le sais, quand je t’ai vu, j’ai su immédiatement que tu serais mon grand amour, le seul homme de ma vie ! »


Cette touchante protestation me vaut un chaleureux baiser sur la joue. Tu as toujours été réservée en public. Vous avez tellement de souvenirs à évoquer. Léon écoute, intervient rarement. Je plonge dans mes propres souvenirs. Café, tarte, vous êtes intarissables.


Je vous revois à cette fête de village, au bal sous la tente. Vous étiez trois filles, vous riiez aux éclats, suiviez volontiers les garçons qui vous invitaient. Annie attirait plus que les deux autres, plus gaie, elle jouait à la princesse. J’ai invité Mimi, oui toi, tu étais jolie, douce. Je t’ai tout de suite aimée. J’ai eu le sentiment instantané que tu m’attendais, que je venais de te trouver et que nous allions passer notre vie ensemble. Nous ne nous sommes pas quittés de la soirée. Annie a bien tenté de nous séparer, a envoyé un de ses prétendants. Tu lui as poliment montré ta préférence en serrant mon bras comme une propriétaire. La mise en boîte d’Annie n’y a rien fait. Et quand je t’ai quittée, devant ta maison, ce soir-là, j’ai échangé, avec toi, un baiser dont je me souviens encore. Baiser chaste, chargé de promesses, mon premier véritable baiser, quelle émotion. Il y a quelques semaines, c’était encore un de mes plus beaux souvenirs. Nous nous sommes promis de nous revoir. Aussi, ai-je été heureux d’apprendre, de la bouche d’Annie, que sa copine me fixait un rendez-vous au domicile d’Annie. Fou de bonheur après une semaine d’attente, le cœur chaviré, j’arrivai à l’heure. Annie ouvrit la porte, vêtue d’un peignoir ultra léger sous lequel elle cachait un corps ravissant, seuls, un soutien-gorge débordé par deux seins effrontés -je dis effrontés en pensant aux tétons dénudés- et un string minuscule tentaient de me dérober sa féminité.


« Excuse-moi, je sors du bain. Il a fait chaud et j’ai transpiré. Je sentais la sueur, maintenant, ça va beaucoup mieux ! Tu aimes mon parfum ? »


Je la connaissais à peine, elle avait été l’ange annonciateur de la bonne nouvelle et elle en profitait pour m’embrasser comme un vieil ami, me serrait dans ses bras, contre ses deux seins chauds et parfumés. Son parfum capiteux, la chaleur de son accueil, le spectacle de son corps jeune, un "je ne sais quoi" d’envoûtant firent que je ne regrettai pas ton retard. Tu ne tarderais pas. Personne au salon. Personne dans la maison, vous aviez choisi le lieu et le moment ! J’eus droit à un café offert par la somptueuse naïade. Fort innocemment, elle me le servit dans le fauteuil bas, se baissa et les deux seins firent un bond hors de leur prison sous mon nez. J’en fus ému jusqu’au plus profond de mon slip. Devant mon visage congestionné, Annie éclata de rire :


« Mon Dieu, on dirait que tu n’as jamais vu de seins ! Et bien, regarde, profite du spectacle, puisque le hasard et les lois de la pesanteur t’offrent cette vue ! Tu les trouves comment ? »


Je bafouillais, ému, surpris par tant d’aisance et de simplicité.


« Beaux, très beaux... !

– Tant que tu y es, touche-les ! Ne sont-ils pas doux et de belle forme ? »


Je devenais chèvre et balbutiais en tendant la main :


« Oui, ils sont doux et fermes. Euh... !

– Bien, tu apprécies... ! Touche les pointes et regarde ! »


Du bout de deux doigts, je touchai le téton droit et je le vis partir en pointe dure sous ma caresse. Je levai les yeux.


« L’autre ! »


Je m’enhardis et pris entre mes doigts le second qui salua, en raidissant, la caresse que je lui accordais.


« Les filles adorent ces caresses ! Il faudra que tu fasses la même chose avec Mimi, elle aimera, crois-moi ! »


J’avais presque oublié "Mimi". J’en eus honte. Je lâchai prise et allai m’excuser.


« Ah ! Non ! Ne t’arrête pas en si bon chemin ! Si tu fais ça à ta petite amie, tu vas la décevoir ! Tu dois poser des baisers sur les seins ! Allez, pose ta bouche ! Oui, un peu partout, c’est bon...! Mais sur la pointe...! Voilà ! Ouvre les lèvres et suce légèrement le téton ! Plus fort... ! Hoooo ! Que c’est bon ! Encore... ! Et l’autre, maintenant ! »


Je levai les yeux, c’était un ordre, plus qu’une prière. J’obéis.


« Et tes mains, elles servent à quoi ?? »


Ce disant, elle dirigea mes mains sous les mignons globes et referma mes doigts sur le téton délaissé. Je jouais au nourrisson, léchais, suçais doucement, tendrement, me figurais en train de te réjouir. Mais la fille soupirait, m’encourageait à continuer, à presser la masse de chair tendre. La voix geignait son plaisir, la voix d’Annie me disait merci, Annie pressait ma tête et mes mains sur ses seins, Annie me disait que j’étais doué, que c’était merveilleux.


« Encore ! »


Le sein échappa à ma bouche. La bouche d’Annie le remplaça. Elle était assise sur mes genoux, le peignoir était tombé. Deux bras serraient ma tête, des doigts s’enfonçaient dans mes cheveux, entre mes lèvres serrées, Annie poussait une pointe de langue, ses lèvres travaillaient les miennes. Qui aurait pu refuser ? J’aurais dû, me diras-tu. Hélas, la chair est faible et mon esprit était descendu du cerveau au slip. La langue franchit les lèvres, heurta les dents, deux mains pressèrent mes mâchoires. La place se rendit, l’envahisseur s’y engouffra. Je subis ? Je subis avec un plaisir non dissimulé. Je savourais ce premier baiser "à la française", je le trouvais délicieux, je donnais donc la réplique. Ma participation me valut un assaut encore plus fervent.


Ivre de volupté, je fus entraîné, victime consentante sur l’ample canapé. Des mains fébriles eurent tôt fait de me mettre aussi nu que cette fille qui rejetait son soutien-gorge inutile, puis baissait les ficelles du string. Grand idiot, je subissais encore, étonné de l’audace de cette fille de mon âge, scandalisé des caresses hardies de ses mains sur mon pénis. Comme ses tétons dans mes mains, ma verge devint dure, pieu raide, gorgé de sang, affamé de connaître la suite, de savoir où menaient ces fourmis qui l’envahissaient. Une main le parcourait de haut en bas, tirait sur le prépuce, le faisait coulisser, c’était un peu douloureux mais si bon ! J’en aurais redemandé, mais c’était inutile, Annie m’astiquait sans fatiguer. J’étais allongé sur le dos, elle était agenouillée devant le milieu du canapé, me couvrait de baisers et de légères morsures, mouillait ma peau de sa langue et continuait sa masturbation affolante, ses mains se relayaient sur la hampe dressée qu’elle calmait d’un souffle tiède. Des picotements partaient de mon gland et filaient vers ma colonne vertébrale, des frissons me secouaient des pieds à la tête. D’une main je caressais une épaule, reprenais le coussin d’un sein, taquinais un téton pointu. Je fermais les yeux, dans la crainte de ce qui allait arriver, je me sentais au bout de quelque chose et soudain une chaleur humide enveloppa mon gland.


La bouche d’Annie s’était refermée sur l’extrémité de ma verge brandie, mon gland venait de disparaître entre ses lèvres. Ma main s’abattit dans ses cheveux défaits pour retirer la tête. Annie insista, avala un peu plus de chair. J’étais honteux, mais c’était si chaud, si doux, si extraordinaire : ma main appuya sur la tête. Vaincu par le plaisir, je laissai la bouche monter et descendre sur ma colonne et me mis à haleter. La bouche et les mains se livraient à un jeu de yoyo inédit. Ma surprise surmontée, je jouissais des pulsations qui troublaient mon bassin et j’attendais. Mon initiatrice avait pris l’initiative, je m’abandonnais. Elle se releva, vint m’embrasser. Son baiser avait pris une étrange saveur. Bouches collées, je sentis ses seins venir s’écraser sur ma poitrine, une jambe passa en les frôlant au-dessus des miennes, le ventre duveteux et chaud épousa le mien, les genoux remontèrent le long de mes cuisses, une main se glissa entre nos ventres, s’empara de ma virilité en émoi et reprit la masturbation. Des poils énervaient mon gland décapuchonné, la main me tirait vers une chaleur humide, m’appliquait contre un bourrelet de chair. Un doigt en voltigeur ouvrait l’arrondi, la main me promenait dans une crevasse mouillée, il y faisait chaud, j’y glissais, je m’y enlisais.


« Ça va, tu es bien ? Tu me sens ? Viens en moi, je t’aime ! »


L’annonce s’accompagna d’une poussée du ventre d’Annie, un manchon brûlant enveloppa ma verge. Le gland entré, par à-coups, Annie s’empara, en glissant vers le bas, de la totalité de mon membre viril, vint buter contre mon pubis, mélangea sa toison brune à la mienne et s’immobilisa. J’étais au paradis, paralysé par la surprise, incapable de bouger, trop bien logé, fou de bonheur, juste bon à répondre, essoufflé au baiser qui me dévorait la bouche. Elle avait dit "je t’aime" et m’avait pris. J’étais bouleversé par la double révélation. Au-dessus de moi, elle menait le bal à sa guise. Vint le moment où elle fut dépassée par les sensations. À vitesse folle, avec des cris de tenniswomen des pays de l’est dans une finale de Roland Garos, elle s’élança dans une course folle, suant, rubiconde, les yeux révulsés. Mon ventre fut secoué, j’eus l’impression de partir, de lancer des jets à intervalles réguliers et rapprochés puis je me sentis apaisé alors qu’Annie continuait ses efforts bruyants et comme désespérés. Elle poussa un cri plus fort, se raidit un instant et retomba de tout son poids sur mon corps, le front couvert de perles, le souffle court, bouche ouverte comme une noyée.


« Eh ! Bien, il était grand temps, tu en avais besoin ! », dit-elle.


Elle se releva et recueillit, sur ses doigts, le liquide gluant qui fuyait un sexe que je découvrais enfin, moustaches retroussées, ouverture rose entre des cuisses ouvertes. Elle se leva, partit en courant, me pria de la suivre. Assise sur le bidet de la salle de bain, elle enfonçait ses doigts dans son sexe avec un naturel déconcertant pour le novice que j’étais.


« Toi, alors ! Qu’est-ce que tu m’as mis ! La prochaine fois, il faudra penser à te retirer ! »


On en venait à des considérations, sans doute rationnelles, mais si peu romantiques. Je ressentis un gros malaise.


« Bon, ne t’inquiète pas, je ne risque rien aujourd’hui ! Et surtout pas un mot à Mimi ! Elle n’a pas besoin de savoir, je ne voudrais pas perdre ma meilleure amie ! Dans le fond, elle bénéficiera de ton initiation, c’est un service que je vous rends bien volontiers ! Tu es un amour ! Mais si tu veux, on pourra recommencer ! Ça t’a plu ?

– Oui, merci Annie… ! »


J’étais jeune, sans expérience de cette situation, j’ai baragouiné vaguement que j’avais aimé, beaucoup. À ce moment, je compris que la chair peut être triste. Annie supposa que tu avais eu un empêchement. Par la suite, j’ai supposé que tu ne m’avais pas fixé de rendez-vous et que j’étais tombé dans une embuscade préparée par Annie toute seule. M’avais-tu donné rendez-vous chez Annie, tu dois savoir ? Il m’arrive, depuis peu, d’imaginer que vous étiez complices. Tu vas comprendre pourquoi.


Le jeudi soir, je devais la rejoindre en un point précis du parc municipal. Il y avait un banc de pierre dans un bosquet propice aux rencontres discrètes. La nuit n’était pas tombée, j’arrivai bien avant l’heure, curieux de reconnaître les lieux, légèrement méfiant. Annie aurait pu me tendre un piège, par exemple pour te prouver que je ne t’étais pas vraiment aussi attaché que je le déclarais : si tu étais postée en observation, ta chère amie aurait eu facile de te convaincre de mon infidélité. Les remords qui m’avaient tenu à distance, depuis le rendez-vous manqué, me déchiraient le cœur et m’avaient rendu un brin de lucidité. Je contournai le bosquet, inspectai les alentours. Rien. Je m’approchai avec précaution. Je reconnus immédiatement ses cris étouffés de joueuse de tennis. De peur de me tromper sur l’identité de la femme qui jouissait dans le bosquet, après tout, Annie n’était pas nécessairement la seule à pousser la chanson de cette manière, je parvins, à pas feutrés sur le gazon, à une ouverture entre les branchages. Et je vis. Deux mains posées sur la pierre du banc, tête penchée en avant, cachée par la cascade de ses cheveux longs, fesses en l’air, découvertes par une jupe retroussée sur le dos et portées par des jambes droites, mais écartées, la fille soufflait et laissait échapper une plainte rauque. En face de moi, mains solidement cramponnées aux hanches, un type à moustaches fines, balançait d’amples coups de reins en direction du bas-ventre horizontal de la demoiselle. Ce n’était ni un tendre, ni un timide, encore moins un débutant. Il tirait les hanches à lui et cognait de toutes ses forces et la plainte gagnait en intensité. Les deux acteurs étaient endurants, luttaient comme des forçats pour libérer leurs envies.


« Alors, ça vient bientôt ? Je n’ai pas que ça à faire ! Lâche-toi ! Et n’oublie pas de te retirer ! Grouille-toi ! »


Cette fois, le doute était levé. La donzelle pressée d’en finir, c’était bien Annie. Je n’attendis pas la fin des ébats. Si elle croyait que, délivrée d’un premier amant, expédié en vitesse, elle allait m’offrir un four préchauffé avant l’enfournement de ma zigounette, elle allait être surprise de devoir poireauter et pourrait se mettre le doigt dans l’œil en guise de compensation. J’étais à la fois vexé et soulagé. Ou cette nénette était jalouse de toi et voulait t’empêcher de te lier avec moi en se donnant à moi, ou c’était une nymphomane aux besoins inextinguibles, ou elle avait rencontré par hasard un ex au moment où elle se préparait à m’accueillir. Toujours est-il que je l’avais vue en plein coït avec un autre et cela n’avait pas l’aspect d’un viol, son plaisir extériorisé était assez éloquent, elle s’envoyait en l’air. En m’éloignant, je gardai, en mémoire, l’image de la femelle sautée à la "va vite", quoique je n’aie pas assisté à tout l’accouplement et le bruissement de ses poumons suffoquants résonnait dans mes tympans. Quand son amant quitta le parc, je lui demandai du feu. Je pus le dévisager. Aujourd’hui, je peux mettre un nom sur le moustachu : c’était Léon.


J’avais rayé Annie de ma vie. Cependant, par curiosité, j’ai surveillé l’entrée du parc et le bosquet à la tombée de la nuit. Je voyais un homme suivre Annie et s’arrêter dans le bosquet. Elle avait ses habitudes, mais changeait de compagnons. J’en comptai cinq en peu de temps. Et elle épousa Serge. Toi, sa meilleure amie, tu devais savoir qu’elle était enceinte. De loin, je vis une mariée au ventre rond dissimulé par les plis de sa robe blanche entrer à l’église. Les époux quittèrent la ville.


Vous étiez cul et chemise, inséparables. Pour éviter "ta meilleure amie", c’est ainsi que vous vous présentiez, je ne te vis plus. Nous avions sympathisé si vite. Toute à la joie de me revoir après le départ de la très chère, tu ne me demandas pas pourquoi je t’avais négligée. J’ai aujourd’hui des raisons de te faire savoir le peu de considération que j’ai pour la revenante trop bien accueillie dans notre maison. Peut-être n’as-tu pas prêté attention à l’en-tête de ma lettre. Il ne m’est plus possible d’écrire « ma chérie » !

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