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Live and let die

Chapitre 1

Là où tout commence

Travesti / Trans

— Franck, tout est prêt ?


Elizabeth Marshall était sur des charbons ardents. Il faut dire qu’elle jouait gros sur cette affaire. Certes, la banque pour qui elle travaillait au service juridique n’en était pas à son premier rachat, mais c’était leur première incursion en Espagne. Si cette mission se passait bien, c’était la porte ouverte pour de nouvelles acquisitions dans toute la péninsule ibérique et peut-être même en Italie. Et l’enjeu était de taille, car elle allait se confronter à la mentalité latine, bien différente de celle des Anglo-saxons avec qui elle travaillait depuis dix ans.


Mais encore fallait-il réussir cette mission. Mission que le cabinet avait accepté et confié à Elizabeth Marshall et Franck Feràn, son assistant.

Elizabeth parce que c’était une femme, non seulement douée et compétente, mais aussi retorse en matière de négociation. Et aussi, et peut-être surtout, parce qu’elle était du genre à affoler la gent masculine partout où elle passait.

Franck Feràn était son assistant depuis un an et demi maintenant. C’était son premier job. Ce n’était pas tant son cursus qui avait plu, mais plutôt la mention trilingue sur son CV. Car en plus du français, il maîtrisait assez bien l’anglais et parlait couramment espagnol du fait de ses origines.


Et cela tombait à point nommé, car cette fameuse mission allait les emmener à Barcelone afin de préparer le rachat d’une banque d’investissement locale. Conséquence du séisme politique qui avait secoué l’Espagne et la Catalogne.


— Bon, si tout est prêt, on y va, dit Elizabeth. On se retrouve en bas.


Franck, fébrile, fila dans son bureau. Il vérifia une dernière fois tous les documents, éteignit son ordinateur portable qu’il rangea dans son sac à dos et prit son sac de voyage.


— Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda Elizabeth en voyant son gros sac de sport en guise de valise.

— Mes affaires pour ce soir et demain, répondit Franck soudain inquiet d’avoir mal fait.

— Tu n’as jamais pris l’avion ou quoi ? Ça ne passera pas en cabine. Faudra le mettre en soute et on aura de la chance s’il arrive intact. Et on n’est pas en avance. Tant pis ! Croisons les doigts.


Elizabeth était furax, même si elle ne le montrait pas, ou du moins juste assez. Elle espérait d’avoir assez de temps à l’aéroport pour acheter une valise. Mais les embouteillages de ce milieu d’après-midi eurent raison de ses espérances. Ils arrivèrent juste pour l’enregistrement et passer les contrôles de sécurité.


— Tu n’as jamais pris l’avion, alors ? demanda Elizabeth incrédule.


Ils attendaient patiemment pour embarquer. La queue était dense et l’avion était complet.


— Non jamais. Faut dire qu’à Angoulême, c’est plutôt limité. On est plus adepte du train.

— Et ton stage en Angleterre ?

— Eurostar.

— Evidemment !


Ils prirent enfin place et l’avion s’ébranla. Franck tentait désespérément de rester serein. Ses doigts s’enfoncèrent dans l’accoudoir lorsque l’appareil prit de la vitesse et s’arracha du sol. Il ne vit pas le temps passer, car tous les deux révisèrent encore et encore les points cruciaux de l’audit, et espéraient-ils de la fusion.


Ils débarquèrent et parcoururent des couloirs interminables jusqu’au hall de récupération des bagages. Elizabeth n’avait qu’une valise qu’elle avait mise en cabine. Le sac de Franck se fit attendre, attendre, attendre. Ils patientèrent encore un moment et durent se rendre à l’évidence : le sac de Franck était définitivement perdu. Elizabeth enrageait contre Franck, mais aussi contre elle : elle aurait dû vérifier les capacités de Franck à voyager. Pour elle, il était évident que cela ne devait être un problème. Elle avait juste oublié que la vie en Province n’était pas la même qu’à Paris.


Ils perdirent encore une bonne heure à faire les démarches de perte de bagages. Au moins, Franck put s’expliquer dans la langue locale. Son aisance dans la langue de Cervantès remonta le moral d’Elizabeth.


Ils arrivèrent enfin à l’hôtel et s’installèrent dans leurs chambres. Puis sortirent pour dîner. Elizabeth s’était changée et avait troqué son tailleur-jupe-talons hauts pour un jean basket. Un t-shirt mettait en valeur sa poitrine opulente, à peine cachée par un fin gilet. En ce début d’automne, il régnait une douce chaleur qui tranchait avec les premiers frimas parisiens.

Ils trouvèrent rapidement un bar à tapas très animé. Elizabeth faisait déjà tourner les têtes.


— Si ton sac n’est pas là demain matin, tu es très mal, dit Elizabeth.

— Oui, je sais, répondit Franck penaud, honteux et désolé de la situation.


Cela arrivait au pire moment et il n’avait aucun moyen de trouver une solution de rechange. Il ne lui restait plus que l’infime espoir que la compagnie lui ramène son sac sinon intact, ou du moins pas trop abîmé. Ils avaient rendez-vous à dix heures, ce qui ne laissait pas beaucoup de marge.


— Et s’ils ne me ramènent pas mon sac ? demanda Franck.

— J’y réfléchis, dit Elizabeth. En attendant, essaye de profiter de cette soirée. C’est la première fois que tu viens en Espagne ?

— Non, j’ai de la famille près de Madrid. On prend un mois de vacances tous les deux ans pour en faire le tour. D’ailleurs, l’année prochaine ...

— On verra, coupa Elizabeth. Mais vous venez comment alors ? En voiture ?

— C’est ça. On fait une halte avant de traverser le tunnel du Somport.

— Donc, c’était ton baptême de l’air.

— Oui. Et visiblement, j’ai beaucoup à apprendre.

— C’est clair !


Ils traînèrent un peu avant de rentrer à l’hôtel où, malheureusement, le sac de Franck n’avait pas été livré.


— Bon, dit Elizabeth, il va falloir passer au plan B.

— Vous savez comment contourner le problème ?

— Oui, j’ai une idée. Mais elle ne va pas te plaire.

— Dites toujours. Je me suis mis dans la hummm, à moi de faire ce qu’il faut pour m’en sortir.

— Vraiment ? Tu es sûr de toi ?

— Il le faut bien, dit Franck.


Ils étaient encore dans le hall de l’hôtel. Elizabeth le regarda sous toutes les coutures, vint même se coller contre lui. Puis elle s’approcha du comptoir et demanda si l’hôtel pouvait fournir le nécessaire de toilette pour hommes, et notamment des rasoirs.


— Toujours décidé à faire ce qu’il faut pour être présentable demain ?

— Oui.

— Vraiment tout ?

— Est-ce que j’ai le choix ?

— Non, trancha Elizabeth.


Elle l’emmena dans sa chambre. Franck remarqua une paire de bas jetée négligemment sur le lit.


— J’ai donc une solution, et comme je te le disais, elle ne va pas te plaire. Quand je pars en voyage, j’ai toujours trois tenues : celle avec laquelle je pars, celle pour le rendez-vous et une dernière au cas où. Et ma tenue au cas où est un tailleur pantalon.


Elle fouilla dans son trolley et sortit un ensemble bleu marine, presque noir.


— Vous voulez que je mette ça ? s’écria Franck paniqué et horrifié.

— Oui. Je suis sûre qu’avec un peu de maquillage, tu feras illusion. J’ai déjà côtoyé des travestis, et tu n’auras rien à leur envier. Mais il y a un peu de préparation d’abord. L’avantage du pantalon, c’est que tu n’auras pas à te raser les jambes complètement, tout comme les bras. Allons dans ta chambre.


Elizabeth lui demanda de prendre une douche pendant qu’elle préparerait tout le nécessaire pour sa transformation.

Faute de pyjama, il n’osa pas se présenter en caleçon et remit son pantalon.

Elizabeth commença par lui raser les mains jusqu’au-dessus des poignets. Puis les chevilles jusqu’à mi-mollet. Enfin, elle redessina les sourcils.


— Essaye ça, dit-elle en lui tendant une culotte en dentelle et le pantalon du tailleur.

— C’est nécessaire ? demanda Franck, essayant de revenir en arrière sur sa décision.

— Indispensable. Demain matin, on n’aura pas le temps, car il faudra te maquiller.

— Il a été fait pour toi, dit Elizabeth lorsqu’il revint dans la chambre.


Mais il n’y avait aucune moquerie, aucune méchanceté. Juste un simple constat.

Puis elle régla le soutien-gorge qu’elle remplit généreusement de lambeaux d’une serviette qu’elle avait sacrifiée puis savamment roulée en boule. Enfin, le chemisier et la veste complétèrent l’ensemble.


— Tu fais quelle pointure ?

— Quarante et un.

— Chance. Moi, c’est du quarante, dit-elle en laissant tomber des ballerines. Tu risques d’avoir un peu mal au pied, mais tant pis.


Franck passa des socquettes en nylon et chaussa les ballerines en forçant un peu.


— Ça va ?

— On va faire avec, répondit Franck, fataliste.

— Bien, ça fera l’affaire. Sois prêt à sept heures trente. Je viendrai te maquiller. Ensuite, on ira déjeuner et puis voir notre client.

— Oui, dit Franck résigné. Bonne nuit.


Il dormit très mal. A sept heures, il était déjà habillé. Seul le soutien-gorge lui avait posé problème et il avait mis presque un quart d‘heure pour l’attacher et le remplir avec les bouts de serviette. Elizabeth, qui avait un double de la clé, entra un peu en avance.


— Déjà prêt... te, dit-elle légèrement taquine. Bien dormi ?

— Non, répondit Franck qui ne fit même pas attention à la féminisation de l’adjectif.

— Allez, ce soir, tout sera fini. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Concentre-toi sur le travail et oublie le reste.

— Si vous le dites ...


Elle posa sa trousse de maquillage sur le bord du lavabo et entreprit de lui donner un visage féminin.


— Et voilà ! Bluffant ! dit Elizabeth.


Franck se regarda dans le miroir. Certes, il était impossible de ne pas voir l’homme derrière le fond de teint, mais l’illusion n’était pas si mauvaise. Restait à savoir comment les clients allaient l’accueillir.

— Il te manquait juste un dernier accessoire. Le plus important, dit Elizabeth en lui tendant un sac à main. Je suis passé à la boutique de l’hôtel. Tu n’as qu’à y mettre tous tes papiers, ton téléphone et ce que tu veux. Tu verras, c’est très pratique.

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