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Lucie et l'ordre de Sainte Théodora

Chapitre 1

L'oeuvre au noir

Erotique

[Note de l’auteur : Je souhaite remercier Duchesse pour son aide soignée et complète. La correction est une tache ardue et elle s’en acquitte avec rigueur et efficacité. Merci.]


Chapitre 1 : L’oeuvre au noir


Les coups de tonnerre étaient assourdissants. L’odeur caractéristique de la pluie mêlée à l’ozone de l’orage d’été emplissait l’air et l’obscurité semblait épaisse tel un brouillard qui n’aurait souffert d’être percé que par les flashs fugaces des éclairs grondants.

Pourtant, au cœur de cette nuit, une ombre difficile à distinguer se détachait des murs de la ville. La silhouette encapuchonnée dont les gestes révélés seulement par la lumière stroboscopique rappelaient ceux d’un robot ou d’un démon, semblait se hâter. C’est à peine si elle prit le temps de se figer un instant pour regarder par-dessus son épaule : elle n’était pas suivie. Qui aurait pu la suivre dans cet enfer ? Il aurait fallu être fou pour s’aventurer dehors par un tel déluge.

Arrivée devant la petite niche creusée dans le mur, elle y déposa son précieux colis et hésita un instant. C’est les mains tremblantes qu’elle souleva légèrement le petit morceau de tissu qui emmaillotait son bébé et regarda une dernière fois son visage. Cette vision, elle le savait, allait hanter ses cauchemars toute sa vie durant. Dans un râle de douleur, elle porta son regard au ciel et il se posa sur la vierge sculptée au-dessus de l’alcôve ; un nouveau flash en éclaira le visage de marbre, une goutte de pluie semblable à une larme glissait lentement sur le visage de pierre, son cœur se brisa.


Mutter Gottes , bitte für mich...


Elle fit tourner le petit carrousel dans lequel se trouvait le bébé. Un souffle d’air chaud provenant de l’intérieur lui lécha la main et elle se dit qu’elle avait fait le bon choix.


Und bitte fur meine Tochter.


L’ombre disparut dans l’obscurité qui l’avait engendrée, laissant derrière elle un éclat de vie aux origines mystérieuses et à la destinée incertaine.

Durant les premiers mois de sa vie l’enfant fut prise en charge dans l’orphelinat catholique le plus proche du tour d’abandon dans lequel elle avait été déposée. Sa vie avait commencé dans la banlieue de Hambourg en Allemagne mais elle n’y était pas restée pas longtemps.

Rapidement, elle fut baptisée Lucie, d’une part parce qu’aucun nom n’avait été laissé comme indication et d’autre part parce que ces bébés abandonnés devaient rapidement recevoir le baptême afin d’éviter la damnation éternelle en cas de décès. Par manque de place, elle fut confiée vers l’âge de trois ans à un institut, en France où elle reçut une éducation religieuse stricte.

Son adolescence fut pour elle une période de changements et de bouleversements, tant sur le plan émotionnel que physiologique et, à l’âge de dix-huit ans, elle était devenue une jeune femme splendide. Ses cheveux blonds comme les blés ruisselaient en cascade sur ses épaules et ses yeux bleu foncé, électriques comme la nuit qui l’avait abandonnée, lui donnaient un regard perçant de ceux qui vous touchent jusqu’à l’âme. Sa bonne humeur lui valait un sourire permanent et son rire était si harmonieux qu’il faisait chanter le cristal. La beauté physique et l’harmonie qui émanait d’elle n’était pas pour plaire à ses sœurs les plus âgées et les plus drastiques pour qui l’impertinence de tels charmes nécessitait qu’ils soient au mieux cachés, au pire détruit. Mais aucune ne parvint à casser ce sourire ni à faire plier son charme. Aucune corvée, aucune contrition, aucune brimade n’eut jamais raison de sa bonne humeur. Ce que les matrones prenaient pour de l’impertinence était une franche et simple joie de vivre.

Poussée vers la foi depuis toujours, c’est tout naturellement qu’elle formula le souhait de devenir religieuse. Son noviciat initial commença alors au sein d’une congrégation des Filles de la charité dont le but principal consistait à vivre une vie de prière et de travail social.


***


Si l’ardeur et la foi de Lucie n’étaient jamais remises en question, il en était tout autrement pour ce qui touchait à sa discipline.

Lucie fut surprise plusieurs fois en train de se masturber. Son péché était d’autant plus manifeste qu’elle n’était en rien capable de retenir ses gémissements et bien qu’elle avait pu prétexter une douleur la première fois, la trop grande régularité de ses rapports intimes avait tôt fait de mettre en lumière sa lubricité. Lucie était nymphomane. Peut-être le diable se jouait-il de sa situation, mais que l’origine de sa pathologie fut dans ses gènes, dans sa vie, dans son destin ou entre les mains du malin, il n’en demeurait pas moins que sa situation était pour le moins complexe. Lucie était une nymphomane contrariée de corps et d’esprit, mais qui dans les moments où elle parvenait à garder un contrôle somme toute assez illusoire sur sa condition, était également une fervente croyante ; de sorte que même en consacrant beaucoup d’énergie et de pensées à sa sexualité, elle en gardait toujours davantage pour son Dieu.

Lucie avait jusque-là réussi à plus ou moins maintenir sa condition dans un secret relatif, mais la situation avait changé à mesure que ses pulsions s’étaient intensifiées. Paradoxalement, c’était son châtiment qui allait briser le plafond de verre qui la maintenait jusqu’alors.


— Sœur Lucie, nous t’écoutons.

— Mère supérieure et vous toutes mes sœurs, j’en appelle non pas à votre clémence, je la sais généreuse, mais au contraire à votre plus grande sévérité. J’ai péché devant vous et devant Dieu, par le corps et par l’esprit.


Le péché de sœur Lucie avait été si évident, - ses gémissements ayant résonné pour la dixième fois entre les murs du couvent - qu’il était nécessaire de gérer l’affaire de façon publique pour en faire un exemple. Toutes les nonnes étaient rassemblées dans la salle commune, Lucie était à genoux devant une croix, la mère supérieure à ses côtés.


— Quel a été ton péché ?

— La convoitise et par là, la luxure et l’envie. J’ai entretenu dans mon esprit des images obscènes et je me suis adonnée au plaisir égoïste de la masturbation.

— Quel plaisir y a-t-il à se montrer égoïste ? Quel plaisir y a-t-il à convoiter ta propre chair alors que tu es promise à un maître plus grand ?

— Il n’y en a pas, Mère supérieure.

— Ce que tu as cherché, tu ne l’as pas trouvé. Parce que ce que tu cherches, ne se trouve ni dans ton corps ni dans ton esprit, mais dans ton âme. Car ton âme te vient de Dieu et elle est la seule chose que tu te dois de glorifier et préserver. Ton corps n’est que poussière et il retournera à la poussière. Toute image dans ton esprit si elle n’est dédiée à Dieu est une errance. Une pensée qui n’est pas tournée vers le seigneur est déjà un pas sur le chemin de la perdition.

— Je m’en remets à vous Mère supérieure, je m’en remets à Dieu.

— Dès à présent, fais acte de contrition, tu iras à confesse dès demain pour obtenir le sacrement du pardon auprès d’un prêtre. Tu réciteras un rosaire entier en étant privée de nourriture et tu seras enfermée jusqu’à ce que tu aies fini. Cette pénitence est celle que tu endureras pour notre congrégation, s’y ajoutera celle que le prêtre chargé de ta confession jugera nécessaire.

— Me voici, Seigneur, toute couverte de confusion et pénétrée de douleur à la vue de mes fautes ; je viens les détester devant Vous, avec un vrai déplaisir d’avoir offensé un Dieu si bon, si aimable et si digne d’être aimé. Était-ce donc là, ô mon Dieu, ce que Vous deviez attendre de ma reconnaissance, après m’avoir aimée jusqu’à répandre Votre sang pour moi ? Oui, Seigneur, j’ai poussé trop loin ma malice et mon ingratitude. Je Vous en demande très humblement pardon et je Vous conjure, ô mon Dieu, par cette même bonté dont j’ai ressenti tant de fois les effets, de m’accorder la grâce d’en faire, dès aujourd’hui et jusqu’à la mort, une sincère pénitence. Amen.

— Ainsi soit-il.

Et les religieuses reprirent par un "Amen" collégial.


Le dîner eut lieu dans un silence de plomb à peine perturbé par les bruits de couverts. Chacune avait fort à méditer entre celles qui tremblaient de peur à l’idée de subir une pareille humiliation, celles qui songeaient au péché commis et celles qui imaginaient avec un émoi diabolique la pécheresse en action. La nature humaine est ainsi faite que certains pensent aux actes, d’autres aux conséquences et enfin d’autres encore songent aux acteurs.

De son côté, Lucie avait été emmenée au sous-sol dans une cellule froide et humide, avec seulement quelques bougies à terre et le chapelet qu’elle allait devoir égrener quatre fois en pénitence. Les bougies étaient posées à même la terre battue et le chapelet avait eu l’honneur d’être disposé sur une tablette en bois, par déférence. Les sœurs ne remarquèrent pas le visage illuminé de la pénitente lorsque son regard se posa sur les objets de cire. Elles sortirent de la pièce et la laissèrent seule, à la lueur d’une chandelle, dans les entrailles de la terre.


Alors Lucie se mit à genoux devant la petite flamme allumée. Elle se saisit d’une autre bougie qui n’était pas encore allumée et en fit fondre le côté opposé à la mèche. Elle releva doucement sa robe pour révéler son sexe à la lueur chaude et ténue de la lueur vacillante qui éclairait timidement la pièce. Elle s’assura que la bougie fondue n’était plus brûlante et elle en sculpta le bout légèrement de façon à l’arrondir. Enfin, d’une main, elle saisit son chapelet tandis que de l’autre elle introduisit le godemichet de fortune encore chaud entre ses lèvres pécheresses.

Elle avait conscience de sa dépravation, elle en avait honte. Pour autant, elle s’était résolue à ne plus pouvoir y résister. Elle avait avec son créateur l’arrangement suivant : aussi longtemps qu’elle vivrait elle le servirait, elle glorifierait son nom en chaque occasion, et chaque jour, elle redoublerait de ferveur à son égard. Elle continuerait à s’adonner à chacune des perversions qui l’assailliraient et accepterait toute pénitence que Dieu lui imposerait pour cela. Qu’elle soit condamnée aux enfers dans la mort si tel était son désir, elle ne lui en tiendrait pas rigueur tant qu’elle pourrait suivre les siens durant sa vie.

La vie de nonne étant ce qu’elle est, peu de possessions pouvaient lui passer entre les mains. Ce fut les joues rosies de honte qu’elle avait un jour enfilé ses premières perles, mais ce fut ce soir-là une main experte qui enroula le chapelet à la bougie tandis qu’elle se prostrait en avant, cul nu et tendu au ciel pour s’enfiler la verge impie qu’elle s’était confectionnée. À force de va-et-vient, livrée aux roulis des boules conjugués au diamètre imposant de la bougie, elle ne tarda pas à jouir dans un premier orgasme aussi sonore qu’elle en était capable, car libérée de la compagnie de ses sœurs ; elle se savait suffisamment loin pour épargner à leurs oreilles chastes ses gémissements possédés. À peine eut-elle fini qu’elle recommença, encore et encore. Elle offrait désormais un spectacle des plus navrant : haletante, gémissant tel un animal blessé, la fièvre de son front collant ses cheveux ébouriffés, elle gardait la tête au sol, son cul relevé et agitait tantôt distraitement tantôt violemment le pénis de cire dans la plaie de son innocence.

Ce n’est que parvenue aux limites physiques de son corps épuisé par le manque de sommeil et les orgasmes successifs qu’elle commença son labeur pieu. Elle retira le godemichet de fortune et délia le rosaire. Elle en suça chaque boule comme pour le nettoyer de sa luxure. Elle n’avait jamais autant joui et se sentit d’autant plus contrite que sa punition se soit transformée en l’une des soirées dont elle se souviendrait toute sa vie tant elle avait pu profiter de ses orgasmes sans ménagement. Ne parvenant pas à trouver de châtiment à la mesure de sa perversion, elle se dit que Dieu y pourvoirait, que quoi que cela puisse être, elle l’accepterait le moment venu, comme à son habitude, et elle commença ses prières avec le crédo traditionnel.

Elle était chancelante et c’était dans des moments comme celui-là que sa foi réelle et sincère se manifestait, car il ne fallait rien de moins qu’une volonté de fer pour parvenir à se lancer dans le marathon que constitue les deux-cent prières nécessaires pour compléter un rosaire. Dans un état second, elle recita par cœur les "je vous salue Marie".

Combien de fois se pénétra-t-elle durant la nuit ? Elle ne saurait le dire. Elle ne comptait désormais plus que ses prières... ce qui n’était pas le cas de l’œil indiscret qui était resté tout ce temps derrière la porte. Lui qui était resté embusqué toutes ces heures avait compté chaque orgasme.

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