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La lune des moissons

Chapitre 1

Divers

Les petits cailloux résonnent contre la vitre, bruyants comme cent petites balles de fusil dans le silence de la nuit. Kate se fige sur place, elle est sûre qu?elle va réveiller toute a maisonnée. Elle reste sans bouger sur la pelouse. Elle est encore essoufflée de la course qu?elle vient de faire mais prête à bondir comme un lapin terrifié au premier signe d?agitation. Elle n?est même pas sûre que Linda sera là, encore moins qu?elle va répondre à leur ancien signal.

    Une lumière diffuse s?allume dans la chambre de Linda, sûrement une lampe de chevet. La respiration de Kate se bloque dans sa gorge. Elle n?ose même pas regarder cette fenêtre au second étage. Elle regarde ses pieds. Ses baskets sont pleines de poussière après un mille de course depuis la ferme de ses parents. Elle a pris le vieux sentier à travers champs. En septembre, le sentier n?est pas un tapis de boue comme en mai. Le bas des jambes de son jeans est plein de poussière aussi, et elle les brosse d?une main. Elle est restée là sur la pelouse pendant un quart d?heure à retenir sa respiration et à se demander si elle allait continuer cette aventure. Elle a respiré un bon coup, elle s?est dit qu?elle n?avait rien à perdre et elle a lancé les cailloux vers la fenêtre de l?étage. Elle n?était même pas certaine que Linda serait là pour le week-end.

    Kate entend le store qu?on relève sans faire de bruit. Sa respiration s?arrête et elle est prête à foncer à l?abri. Elle entend à peine un cheval hennir dans l?ombre de la nuit.

    ’Kate ?’ La voix de Linda tombe doucement de là-haut.

    ’Linda ?’ Kate murmure dans la nuit. Elle lève les yeux. Linda ne s?est pas fait couper les cheveux depuis la dernière fois qu?elles se sont vues. Ses longs cheveux descendent comme ceux de Rapunzel, découpés par la faible lumière de la lampe. Linda se penche vers l?obscurité.

    ’Juste une seconde, je descends.’

    ’Ne les réveille pas’ lui souffle Kate avec inquiétude.

    ’Est-ce que je l?ai déjà fait ?’ Linda referme tranquillement la fenêtre et Kate entend le verrou. Un instant après, la lumière s?éteint.

    Kate s?assoit sur la pelouse et pose la tête sur ses genoux. Elle sait qu?il faudra quelques minutes à Linda pour s?habiller et se glisser hors de la maison. La quatrième marche craque et Linda fait toujours très attention. Kate sent des fourmis au creux de son ventre. Elle a l?habitude, mais elle espérait que ça se calmerait pour une visite de nuit. Bien sûr, elles ne se sont pas vues depuis longtemps. Elle n?a même pas eu de nouvelles de Linda depuis septembre, quand elles sont parties dans des universités différentes, Waterloo pour Kate, Queens pour Linda. Kate ne sait même pas si Linda a gardé les mêmes sentiments. L?université a le pouvoir de changer les gens.

    Elle entend le léger bruit de la porte de derrière, les gonds ont toujours grincé un peu. Kate voit émerger la silhouette de Linda. Celle-ci retient la porte et l?empêche de claquer en se refermant, en faisant attention, comme si elle ne le faisait pas depuis des années. Linda se retourne et scrute l?obscurité, à la recherche de Kate.

    ’Ici’, chuchote Kate dans l?ombre.

    Linda se dirige vers la voix et court sur la pelouse. Kate sourit dans l?ombre, Linda saute dans ses bras et l?embrasse avec énergie. Les deux filles se serrent l?une contre l?autre un instant jusqu?à ce que Linda dise :

    ’Tu m?as manqué.’

    Elles se séparent. Dans la faible lumière, Kate s?aperçoit que Linda n?a pas pris la peine de s?habiller. Elle est pieds nus dans l?herbe, avec seulement sa chemise de nuit en coton. Elle est essoufflée et toute rouge. Kate regarde les seins de Linda qui s?élèvent et s?abaissent sous le tissu blanc.

    Linda murmure ’Je n?étais pas sûre que tu viendrais.’

    ’J?ai failli.’

    ’Je suis contente que tu l?aie fait. Tu me manquais.’

    ’Toi aussi, tu me manquais. Je crois ... je n?étais pas sûre que toi ...’

    ’Pareil ?’ Linda achève sa pensée. ’Bien sûr que si. Ne sois pas idiote.’

    Linda fait un pas et embrasse les lèvres de Kate pour se rassurer encore. Kate sent les doigts de Linda se mêler aux siens quand elles se séparent. Son baiser est bien plus passionné qu?un petit bécot amical. Kate soupire de soulagement, Linda ressent la même chose. Les fourmis dans son ventre s?en vont au loin pour embêter quelqu?un d?autre.

    Linda se dirige vers l?écurie. Dans l?allée qui les éloigne de la maison endormie, les filles commencent à parler normalement, leurs voix se fondent dans l?obscurité.

    ’J?avais l?impression que mes cailloux allaient réveiller le monde entier.’

    ’C?est sûr, ils m?ont réveillée en sursaut. Je ne crois pas qu?ils aient réveillé quelqu?un d?autre. Ce n?est jamais arrivé. Je faisais un beau rêve, pourtant. Ca m?étonne que je n?aie pas réveillé toute la maison. J?ai juste étouffé mon cri.’

    ’Tu rêvais de quoi ?’

    ’Toi, moi, le pommier.’

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    Kate rougit. ’J?aime ça.’

    Elles retombent dans le silence et Linda ouvre la grande porte de l?écurie. La porte craque horriblement fort dans le silence. Les chevaux s?agitent dans l?ombre.

    ’Chut, c?est juste Kate et moi, chut.’ Linda parle calmement. Les chevaux reconnaissent une voix familière et se calment en reniflant dans l?obscurité. Linda et Kate flattent les naseaux qui se tendent en passant le long des stalles. Kate sourit et se rappelle. Linda et elle galopant comme le vent à travers les champs et les bois. Elle pouffe de rire quand le souvenir lui revient de cet été il y a trois ou quatre ans. Linda avait proposé l?idée idiote de jouer toutes les deux à Lady Godiva. Heureusement qu?elle n?avait pas écouté Linda et qu?elles n?avaient pas laissé leurs vêtements au bord de la rivière. Kate avait aperçu le frère de Linda qui arrivait à cheval les prévenir que le déjeuner était prêt, juste avait qu?il les voie. Elle se rappelle que Linda était encore en train d?arranger son t-shirt quand il l?avait trouvée. Aucune des deux n?avait eu le temps de remettre le bas.

    ’Le truc de Lady Godiva ?’ demande Linda en remarquant le rire de Kate.

    ’Oui.’

    ’C?était tout juste.’

    ’On avait quel age ?’

    ’Je ne sais plus. Quinze, seize ?’

    Linda rit encore intérieurement en s?enfonçant dans un des grands placards au fond de l?écurie. ’Zut, j?aurais dû prendre une lampe torche.’ Elle retire quelque chose et se retourne vers Kate. ’Ca ira ?’

    Kate sourit en voyant ce que Linda a dans les mains. ’Si tu as envie de rendre visite à l?Arbre, c?est parfait.’

    ’Tu es sûre que c?est ça que tu veux ?’ demande Kate à Linda. ’Tu sais, on pourrait juste s?asseoir et parler. On a tellement de choses à se dire.’

    ’Est-ce que tu veux insinuer subtilement que tu n?en as plus envie ? Moi j?ai envie de ça, plus que de tout au monde.’ répond Linda. Elles sortent de l?écurie et referment la porte. On entend les charnières crier comme des fantômes dans la nuit silencieuse. ’Je n?ai pas pu penser à autre chose depuis un mois et demie.’

    ’Moi, je n?ai plus envie ? J?ai frappé à ta fenêtre, quand même. En prenant des risques, j?ajoute.’

    Les deux filles marchent vers la plaine au sud, en bavardant doucement. Elles parlent des professeurs, des nouvelles amies, de la famille ;

    Les plants de maïs sont encore sur pied. Un vent léger caresse la plaine. Les filles s?arrêtent et contemplent le ciel. Un milliard de lumières scintillent au-dessus d?elles. Kate retient sa respiration. Elle touche Linda et pointe l?horizon est. Linda hypnotisée fixe la pleine lune ambrée qui flotte immobile au ras de la plaine. Kate effleure à nouveau l?épaule de Linda et la réveille de son extase.

    ’La lune des moissons’ souffle Linda.

    Les filles continuent en silence. Elles s?enfoncent dans l?océan de maïs. Un loup solitaire hurle quelque part au loin, à part cela on n?entend dans la nuit que le crissement des feuilles et la respiration précipitée des filles.

    Au milieu de la plaine un pommier très ancien a échappé au laboureur et aux tempêtes. Le vieil arbre fatigué ne donne plus de fruits. Il veille en silence sur la plaine comme une sentinelle perdue dans la nuit. Une petite clairière herbeuse l?entoure, que la charrue n?a jamais touché. La clairière et l?arbre reflètent la lumière de la pleine lune. Soudain on entend dans cet endroit tranquille deux pas féminins, des pieds nus et des tennis.

    Kate respire fort en étendant la couverture sous l?arbre. Elle s?assoit et fait signe à Linda de la rejoindre. Linda s?assoit en face d?elle et elles se tiennent les mains en se fixant l?une l?autre.

    ’Il s?est passé du temps.’ Il y a presque de la dévotion dans la voix de Linda.

    La dernière fois qu?elles s?étaient glissées jusqu?à l?Arbre, c?était au début de l?été. Elles s?étaient vues bien des fois depuis, et même dans l?intimité, mais l?Arbre était quelque chose de spécial. Elles ne voulaient pas user la magie de l?endroit en s?y rencontrant trop souvent.

    ’On a attendu trop longtemps. Tu es sûre que tu veux le faire ?’

    ’Tu me le demande tout le temps. Et tu sais que oui.’

    Comme un amant timide, Linda se penche vers Kate et l?embrasse doucement sur les lèvres. Ses mains se rejoignent derrière le cou de Kate, la retiennent tout près d?elle. Le contact de leurs lèvres est électrique. Kate retient sa respiration et Linda murmure pour elle-même. Elles se séparent, le souffle court. Kate plonge son regard dans les grands yeux noirs de Linda et l?attire vers la couverture. Elles s?embrassent encore dans la lumière de la lune, en retrouvant le contact de leurs rondeurs si familières. Leurs poitrines se touchent à travers la chemise de nuit de Linda et le maillot léger de Kate.

    Linda se dégage et s?assoit. Elle tire sa chemise par dessus sa tête. Elle la jette sans faire attention sur l?herbe à côté de la couverture. Kate avale sa salive. Elle ne se fatigue jamais de voir Linda nue, même si elle a si souvent l?occasion de la contempler. Les seins fermes et hauts de Linda captent la lumière, leur peau blanche rayonne dans la nuit, les mamelons plus sombres dressés en avant. Les yeux de Kate parcourent Linda, ses longues jambes, sa figure, ses pieds nus pleins de poussière. Linda retombe dans les bras de Kate, se tient à ses vêtements. Les mains de Kate courent sur la peau douce de Linda, elle explore cet être qu?elle a si longtemps désiré. Elle sent que son maillot veut quitter son corps. Elle lève les bras pour que Linda la dévête plus facilement. Elle sent que Linda s?attaque à son jeans. Elle n?avait pas mis de sous-vêtements, pensant qu?elle n?en aurait pas besoin. Kate murmure le nom de Linda pendant que le jeans est tiré le long de ses jambes. Les tennis disparaissent dans la nuit et elle sait qu?elle est aussi nue que son amie. Elle sent la chaleur des seins de Linda au contact des siens. Leurs mamelons s?effleurent, envoyant des décharges du haut en bas de leurs reins. Les deux filles respirent fort, s?embrassent avec passion, elles se laissent caresser l?une l?autre du bout des doigts. Les filles savent maintenant ce que veut dire un ou deux mois d?abstinence.

    Kate se met sur le dos et sent les doigts de Linda qui descendent son ventre. Linda l?agace en les faisant courir le long des grandes lèvres, pénétrant de temps en temps. Linda se penche davantage, elle fait jouer sa langue sur Kate, juste assez pour la faire gémir. Linda remonte et embrasse Kate sur la bouche. Kate retient sa respiration. Le goût des lèvres de Linda l?excite encore plus.

    ’Tu es prête ?’ murmure Kate, en haletant.

    ’Oui. De naissance.’ dit Linda d?une voix blanche.

    Linda s?agenouille et Kate tâtonne pour retrouver les cordes souples que Linda avait tirées du placard de l?écurie. Si le père de Linda savait à quoi sa fille aînée va les utiliser, il aurait une crise cardiaque à l?instant. Linda tend ses poignets, et regarde Kate les attacher. Quand Kate a fini, elle tire distraitement sur ses mains ligotées. Elle sait qu?elle ne pourra jamais se libérer. Kate le lui fait depuis assez longtemps pour la laisser encore s?évader facilement. Linda frissonne, la pression de la corde qui serre ses poignets l?excite encore plus. Elle se met debout sur ses pieds nus et marche à petites enjambées vers l?arbre. Kate la suit deux pas derrière.

    Kate guide la fille ligotée vers le côté est de l?Arbre. Elle veut que Linda fixe la lune aveuglante si elle a envie. Linda obéit et lève les mains haut au-dessus de sa tête ; Kate recule d?un pas et contemple le tableau. Ce qu?elle voit, c?est sa meilleure amie, nue dans la gloire de la lune, ses seins délicieux tendus, ses mains attachées montant à l?assaut du ciel. Les grandes boucles noires de Linda s?enroulent sur ses épaules et son dos. Linda se remet à Kate et attend, tranquille, frémissant sous l?examen. Kate inspire un grand coup et s?avance. Elle amarre les mains de son amie à une branche en surplomb, avec une petite longueur de corde passée autour de celle qui tient les poignets. Linda frissonne. Elle sait qu?elle a quitté la liberté. Elle et l?arbre ne font plus qu?un cette nuit, impossible de s?en séparer elle-même jusqu?à ce que Kate la laisse aller. Elle se demande si l?Arbre a conscience qu?elle lui est liée sans recours, s?il se souviendra d?elle quand elle l?aura quitté, si elle lui manquera. Elle se demande si d?autres filles lui ont été autrefois attachées comme elle. Un sourire passe sur son visage quand elle se rappelle les innombrables déjeuners en plein air avec sa famille, juste ici, et elle qui savait le secret du lieu. Elle se demande si quelqu?un imaginera qu?elle a fait l?amour si souvent avec Kate, ici, sur cette couverture qui sert aussi aux pique-nique. Est-ce que quelqu?un sentira les vibrations montant de la couverture, est-ce que l?Arbre témoignera de ce qu?il a vu ?

    Linda revient à sa situation du moment. Elle fait confiance à Kate, mais sent quand même son estomac se contracter. Si Kate décidait de s?en aller, si elle lui en voulait pour quelque chose, et la laisse là, nue et attachée à l?arbre ? Qu?est ce qu?elle expliquerait à ses parents quand on la trouverait ? Elle préférerait mourir. Kate pourrait filer et Linda n?aurait rien pour l?arrêter. Des pulsations d?épouvante traversent son corps, son excitation continue de monter. Elle l?aime, elle aime ce qu?elle ressent.

    Kate est à genoux devant elle. Linda abaisse le regard vers son amie, la supplie des yeux. Linda écarte les cuisses sous la pression des doigts de Kate. Elle sent le gazon rugueux sous ses pieds, ses bras attachés, tendus par le poids de son corps qui descend vers Kate. Elle gémit sous les légers attouchements de la langue de Kate, si douce au contact de sa partie la plus secrète. Elle sent l?haleine tiède de Kate contre ses cuisses et les petites mains derrière ses fesses nues. Kate la caresse, pendant des heures peut-être. Les cris de Linda remplissent la plaine et la nuit. Ils n?iront pas jusqu?à la maison, mais la clairière résonne de ses râles. La langue de Kate pointe à l?intérieur, trouve le clitoris de Linda et le frappe au rythme qu?elles connaissent si bien toutes les deux. Linda se perd dans ses sensations, ses liens, son impuissance, son corps ouvert, la lune. Sa jouissance éclate au toucher de la langue et des doigts de Kate qui caressent sa peau nue. Elle se hisse par les poignets, elle tremble, ses muscles se contractent, des lumières explosent dans ses yeux fermés. Elle murmure le nom de Kate, le souffle court et imperceptible. Kate continue de la flatter de la langue jusqu?à ce que les derniers frémissements de jouissance s?apaisent. De son pied nu, Linda pousse au loin sa compagne, doucement, pour lui faire savoir qu?elle est finie, épuisée.

    Kate se redresse sur les genoux, son visage un peu humide des liquides intimes de Linda, très excitée elle-même. Elle sourit en voyant Linda suspendue par les poignets, ses jambes ne la supportent plus après l?orgasme. Linda a attendu deux mois cette jouissance. Et Kate a attendu deux mois pour la donner. Kate est debout sur la pointe de ses pieds nus, elle embrasse son amie sur la bouche. Linda répond par un baiser vorace et se presse contre elle de tout son corps entravé.

    Quand elles s?écartent enfin, Linda murmure ’Katie, je peux te le faire dans quelques minutes ? Je sais que tu es chaude et que tu attends. Je te promets que je vais te le faire. J?aimerais juste rester tranquille une seconde. S?il te plait ?’

    ’Bien sûr, mon amour. Prends le temps qu?il te faut. Je peux me le faire moi-même si tu veux. Tu sais que je sais faire.’ Kate se laisse tomber sur l?herbe. Les tiges du gazon piquent ses fesses et son vagin. L?excitation monte par vagues dans tous ses sens aiguisés.

    Ensemble, elles contemplent la lune qui est montée dans le ciel et répand sa lumière sur leur rencontre clandestine. Kate ne se rappelle pas un moment plus harmonieux et paisible depuis qu?elle connaît Linda. Derrière, elle entend Linda qui reprend son équilibre et soulage ses poignets en se remettant sur ses pieds.

    Après une éternité, Linda dit ’Katie, merci. J?attendais ça depuis des mois.’ Elle s?arrête. ’Je voudrais qu?on soit ensemble.’

    ’On est ensemble.’

    ’Je suppose que je devrais être heureuse avec ce que nous avons. Je suis heureuse, vraiment.’

    ’Je sais, mon amour. Ton père ne comprendrait pas. Et même si lui comprenait, la communauté ne comprendrait pas. Et je les aime tous comme ma famille. Je ne veux pas leur faire du mal, à toi non plus. On ne peut pas leur dire. Je comprends.’

    Les filles se tiennent silencieuses sous le globe lumineux qui plane au-dessus d?elles.

    ’Je suis prête.’

    Kate regarde vers Linda. ’Prête à quoi ?’

    ’Prête à me laisser étendre, idiote.’

    Kate se met sur la pointe des pieds et détache la corde qui tient les mains de Linda en l?air. Linda soupire et ses mains liées tombent devant. Kate veut s?en saisir pour les libérer, mais Linda fait un pas en arrière.

    ’Laisse-les. Allonge-toi. C?est ton tour.’

    Kate a un regard étonné et obéit. C?était un rite avec l?Arbre. Elle libérait Linda et avait droit à l?orgasme de sa vie entre les doigts experts. Cette nuit il ne semble pas que Linda veuille employer ses doigts. Kate ferme les yeux et a l?impression que Linda s?est agenouillée à côté d?elle. Le gazon gratte un peu son dos nu. Elle l?oublie quand Linda l?embrasse sur la bouche. L?excitation, qui s?était un peu calmée pendant qu?elles contemplaient le ciel ensemble, inonde de nouveau son corps. Ses seins s?érigent sous le baiser. Son clitoris frémit. La bouche de Linda progresse vers le bas du corps dénudé de Kate. Ses lèvres s?arrêtent sur les seins jusqu?à ce que Kate demande grâce. Sa langue franchit le nombril et s?engage dans le fin buisson entre les cuisses. Kate les ouvre quand les mains liées de Linda les sollicitent. Linda connaît les rythmes du plaisir de son amie. Sa langue pénètre dans les souples replis, cherche et trouve le clitoris enflammé. Sa langue l?encercle et le bat jusqu?à ce que Kate retienne sa respiration et pousse un cri, le corps arqué, au sommet de l?orgasme.

    Dès qu?elle sent son amie partir, Linda se redresse, assise sur les talons. Elle ne se lasse jamais de voir Kate jouir. On voit que tout son corps a rougi même dans la faible lumière. Kate est magnifique, gisant dans l?herbe, les yeux fermés, paisible, ses seins animés par la respiration de nouveau maîtrisée. Kate ouvre les yeux et les deux filles se regardent. Un regard de soulagement et de bonheur. Enfin comblées.

    Linda essaie de s?allonger sur l?herbe avec Kate. Elle a du mal, avec ses poignets ligotés. Elle lève les bras et réussit à passer les bras autour du cou de Kate. Leurs lèvres se touchent et les bras de Kate enserrent la taille fine de Linda. Elles bougent ensemble, leurs corps confondus comme s?ils avaient été faits pour s?ajuster l?un à l?autre. Elles restent enlacées, la peau encore chaude de leur effort.

    Kate regarde les étoiles. La respiration de Linda devient lourde et régulière. Kate tourne son attention vers son amie nue, endormie, bercée dans ses bras, confiante. Elle la laisse dormir pour l?instant, dans la douceur de sa présence. Les pensées de Kate s?égarent vers leur vie passée ensemble, voisines dans l?enfance, amies, et finalement, à l?age du lycée, amantes. Elle ne sait pas si elle est vraiment amoureuse de cette fille. C?est un risque peut-être, mais en ce moment, avec Linda dans ses bras, elle le prend.

    Kate secoue gentiment Linda. Linda bégaie dans son sommeil, s?agite un peu. Encore une petite secousse et elle se réveille. Linda ouvre les yeux, se rappelle où elle est et donne à Kate un baiser tendre sur la bouche.


    ’C?est le moment de rentrer. Quelle heure est-il ?’

    ’Pas idée. Mais on est restées dehors trop longtemps, il y a des chances.’

    ’Peut-être. C?est que je n?ai pas envie de partir.’

    ’Ma grande chérie. Mais tu as envie de me revoir encore, oui ou non ?’

    ’Tu sais bien que oui.’

    ’Alors il faut que tu rentres à la maison avant que ton père sorte pour te chercher.’

    Linda a un petit rire en pensant à ce que son père trouverait. Sa fille enfouie dans les bras de son amante. Ce ne serait pas plus mal, elle a l?age de décider elle-même. Mais il y a Kate. Son père l?aime comme son enfant. Il ne comprendrait jamais et ne leur pardonnerait pas.

    Kate dégage de son cou les mains de Linda. Elle se redresse sur ses pieds nus et secoue ses longs cheveux. Elle attrape les mains liées de Linda et l?aide à se relever. Elle s?occupe de la corde, mais Linda se dérobe.

    ’Pas encore, j?aime ça.’

    ’Bon. Mais dis-toi qu?il faudra que je te détache avant que tu rentre; mais si c?est ce que tu veux. ’

    ’Je veux.’ Linda parle calmement.

    Les filles ramassent les vêtements épars et la couverture froissée. Kate enfile le jean, le maillot et les chaussures. Elle jette la couverture et la chemise de nuit de Linda sur son épaule. Linda garde les cordes au creux de ses bras. Elles font un dernier tour de l?Arbre, pour vérifier qu?elles ne laissent pas quelque chose qui révèlerait leur rendez-vous nocturne.

    ’Deux heures et demie du matin’ murmure Kate à Linda en éclairant sa montre.

    ’Ouap. J?ai perdu conscience du temps. Il faut que je rentre.’

    Les deux filles se retournent vers la clairière, sourient à l?Arbre et à leur commun secret. Et elles marchent en silence entre les maïs.

    Linda doit calmer les chevaux en remettant la couverture et les cordes à leur place. Il lui reste celle qui enserre ses poignets. Elle rejoint Kate dans la cour. Les deux filles s?embrassent. En regardant depuis la maison, on aurait vu deux belles filles, l?une nue, l?autre habillée, baignant dans la clarté de la lune, enlacées comme des amants perdus au milieu de la pelouse.

    Elles se donnent un baiser. L?électricité de leurs lèvres se décharge dans leurs corps. Linda s?écarte, laisse Kate lui libérer les mains. Elle se frotte les avant-bras en regardant son amie. Les rayons de la pleine lune font briller les larmes qui descendent le long de ses joues.

    Linda rassemble la chemise et la corde sur son bras. Elle n?a pas envie de remettre son vêtement.

    ’Est-ce que je te reverrai encore, comme ça ?’

    Kate fait de son mieux pour sourire. ’Chérie, je n?en sais rien. J?espère. A ’A Noël peut-être.’

    Kate prend un dernier baiser rapide sur les lèvres de Linda, qui essaie de sourire, des larmes plein la figure, et renonce. Elle sait que l?université et la distance vont les séparer. Pas de promesses. Linda lutte contre ses sentiments, mais elle ne peut rien faire d?autre que pivoter sur ses pieds nus et marcher vers l?entrée de la maison. Kate surveille l?ombre de Linda nue jusqu?à ce qu?elle lui fasse signe avant de disparaître en silence à l?intérieur.

    Kate retourne chez elle en marchant sur le sentier où elle avait couru à l?aller. Linda lui manque. Elle se glisse en silence dans l?obscurité de sa chambre. Elle se débarrasse des ses vêtements poussiéreux, se rappelle dans un soupir que, il y a une demi-heure, elle ne les avait pas sur elle. Elle reste assise sur le bord de son lit, des heures. Elle regarde la lune des moissons et elle rêve. Linda, à un mille de là, fait exactement pareil.


    ’Four Seasons: Harvest Moon’ [FF, cons, light bond, outdoors]

    (c) April 1998 - By Crimson Dragon

    Archive : http://www.asstr.org/~Crimson_Dragon/short_stories/index.html

    Traduit de l’anglais en février 2002 par Sala de Espera


E-mail: saladespera@aol.com

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