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Maitre queux

Chapitre unique

Erotique

Le salaud ! Il s’est bien foutu de sa gueule... Un bon plantage de dernier moment, le genre de coup qui lui donne les nerfs et des envies de vengeance ! Tous des connards, ces queutards, avec leurs fiches "célibataires", mais qui rentrent vite retrouver la régulière et les gosses ! Bordel, assumez les mecs !


C’est peu dire qu’elle a la haine !


En attendant, elle a réservé pour deux personnes dans ce restaurant "de tous les plaisirs", et elle se sent un peu conne, avec son délire de vieille bourge libertine qui se délecte à sortir avec de jeunes étalons blacks aux allures de voyous de banlieue. Oui, ça fait cliché... et alors ? Elle vous emmerde ! C’est son délire, elle fait ce qu’elle veut, on est encore libre dans ce pays, non ? Et, sachez-le, puisque la question doit vous tarauder : payer la fait mouiller autant que la vue de pecs tatoués et de longues locks !


Bon, là, ouais, mauvaise pioche... Le p’tit con, avec ses excuses bidon et ses "Une prochaine fois, promis ma chérie", elle l’a déjà blacklisté sur le site libertin où elle fait son marché. Et merde, il est trop tard pour lui trouver un remplaçant. Mais c’est une grande fille et, depuis le temps qu’elle traîne ses talons aiguilles et ses strings fendus dans le milieu, elle en a vu d’autres ! Ce soir, elle va la jouer diva arrogante, revendiquant haut et fort son indépendance. Le vin a intérêt à être bon ! Et tant pis si elle ne bouffe pas de la bite cette nuit, elle a faim, très faim, comme toujours quand elle est très, très énervée !


Les portes ouvrent à 20 heures, mais elle aime arriver beaucoup plus tard et, pour commencer, elle va se la boire solo, la bouteille de champ’ prévue pour les préliminaires. Faut qu’elle se calme un peu, avant de découvrir cet établissement au nom mystérieux, qui assure, sur son site, que "Vous quitterez ce lieu à regret, repus de plaisirs, des étoiles dans les yeux et la tête dans les nuages"... Ben, pour l’instant, côté ciel, c’est un peu mal barré pour elle : c’est l’orage, tant sa colère peine à retomber... Dans cet état, les mecs, elle ne les respecte plus, en devient mante religieuse, baise, puis émascule !


La Veuve Clicquot l’enveloppe dans un délicieux brouillard... Oh bordel, que c’est bon... Dans la grande baignoire du bel hôtel qu’elle a choisi proche du "Secret", elle peut enfin se laisser aller à envisager sa soirée, sa tenue, son arrivée... Et ce qu’elle va manger !


Ah oui, elle soigne sa ligne, abdos fessiers, faut ça pour le jean slim... Si t’aimes les gros culs, regarde ailleurs ! Mais ça ne l’empêche pas de vouer un véritable culte aux plaisirs de la table, particulièrement quand ceux-ci sont orchestrés par des magiciens de la générosité culinaire...


Baignoire remplie à ras bord, elle surfe sur la carte des plats du jour, et sent la colère de l’affront s’éloigner, son intérêt pour la soirée se préciser.

L’eau (jusqu’) à la bouche !

La sensualité des noms" Tataki" et "Ceviche" accompagne les bulles du champagne...

Elle a faim, et c’est bon signe, elle qui se plaît à rétorquer à ceux qui s’étonnent de son appétit : "Quiconque s’affame est nul au lit" ! C’est vrai quoi, elle a un bon coup de fourchette ET une réputation de "bon coup" ! Alors, attention, ce soir, la gloutonne est de sortie, ça va chauffer dans les boxers !


Elle bondit hors de l’eau, il est grand temps d’aller voir ce que cache ce "Secret" derrière sa porte !

Harnais en cuir qui se dévoile sous la robe transparente, le tout caché sous un jean et un sweat, talons démentiels dans son sac, elle peut affronter la rue pour se rendre à pied à la fête.

Un dernier regard dans le miroir, aucun maquillage, juste la magie d’une ampoule "Coup d’éclat", ses longs cheveux gris laissés libres... Elle apprécie son reflet qui lui ressemble...

C’est décidé, ce sera... le ceviche !


Sonner, attendre, se présenter, "être introduite" et "pénétrer" dans l’antre des plaisirs. Dans le vestiaire, comme un papillon, sortir de son cocon streetwear et se métamorphoser... Elle peut faire son entrée de retardataire...

Bordel, elle assure ! La concupiscence se lit dans les regards qui accompagnent ses grandes enjambées en traversant la salle, ses talons la perchant allègrement à 180, elle domine la situation !

Passer à table : " Retirez un couvert ! "

Oui ! Solo, célibataire, single, table individuelle, femme seule !

Surtout, pas de pitié, admirez plutôt son putain de cran !


— Tout est possible, rien n’est obligatoire...


Elle vient pour déguster, mais pas sûr qu’elle passe à la casserole !


La carte ? Inutile ! Ceviche, ceviche !

Oh oui, il y a du Quincy ! Un verre ? Ah non, la bouteille, voyons !


Voilà, Madame est servie.

Et bim, d’un coup, sans prévenir, l’émotion l’envahit. La Diva a les larmes aux yeux.

L’assiette comme une peinture, le flash de l’invitation olfactive du citron vert...

Prendre le temps, humer, inventaire visuel des ingrédients convoqués par l’artiste...

L’affamée se pose.

Doucement, la bouche s’ouvre...

Et c’est alors un cataclysme, un ouragan des délices, un tsunami gustatif...

Oignon rouge, coriandre, citron et orange subliment la daurade fondante...

Shoot de dopamine...

Elle s’abandonne, son corps lâche prise, son cœur cogne, et, pourtant quasi nue, elle a chaud, elle brûle...

Ralentir, faire durer, respiration suspendue... Elle est soudain seule, yeux fermés, les bruits et les regards ont disparu... Oubli...


A la dernière bouchée, comme l’assiette, elle se sent vidée, complètement sonnée... Ebranlée et heureuse...

Yeux fermés, retrouver ses esprits...

Quand le serveur vient débarrasser sa table, les autres convives ont déjà rejoint la piste de danse et les coins sombres :


— Ça vous a plu ?

— Je veux le voir, je veux lui dire !!!

— Pardon ?

— Laissez-moi aller féliciter le chef ! Le jeune homme l’escorte jusqu’à la porte battante à hublot donnant sur les fourneaux, et la démarche de la belle n’est plus aussi assurée que lors de son entrée !


C’est là qu’il se trouve, "Le Secret derrière la porte" !

Une cuisine professionnelle, une fois le service terminé : Le ballet des cuisiniers et des serveurs dans le concert des ustensiles a cessé.


Il est immense et noir. Air amusé alors qu’elle avance vers lui, comme hypnotisée. L’artiste est beau, lumineux, et affiche le sourire blasé de l’habitué des réactions énamourées de ses fans féminines... qui ne craquent pas seulement pour sa cuisine ! Veste noire à boutonnage croisé siglée "Secret", et calot assorti, lui confèrent une allure impressionnante.

Elle en bafouille, la Diva ! Et se sent nulle avec ses questions à la con sur la marinade de la daurade... Incapable de le regarder dans les yeux, tant il la fixe et qu’elle se sent rapetisser, fascinée par la beauté de ses grandes mains aux longs doigts fins, et par cette bouche, qui lui évoque un fruit exotique mûr à point, invitant à le croquer et le faire exploser de jus sucré...


Les derniers employés saluent le chef, et le silence s’est installé. A peine leur parvient encore, en sourdine, la musique du dancefloor... La fête est loin. Mais la tension qui s’installe entre eux augure d’un autre jeu, dont ils vont écrire les règles, sans même les énoncer. Les mots sont inutiles. Leurs peaux s’attirent.


Les si longs doigts font doucement crisser la dentelle de sa robe. Geste appuyé, affirmé. Dans sa tête, tout s’affole dans la contradiction, entre le frisson du ralenti et l’envie de lui hurler de tout déchirer, et de la prendre, vite, vite... D’habitude, avec ses jeunes et dociles partenaires, c’est elle qui guide et décide de la danse ! Les bouches se dévorent, haleine épicée mélangée à la sienne, au citron vert... Délicieux accord ! Elle s’abandonne... Elle est à lui... Et il le sait. Brusquement, il lui attrape fermement le cou : elle a compris qu’elle va prendre cher ! Tu es venue te jeter dans l’antre de l’ogre, et c’est à son tour d’avoir faim ! Et pas d’un simple casse-croûte !


A genoux pour les amuse-gueules ! Une mise en bouche qui se déchaîne. A chaque mouvement vigoureux qu’il lui impose, elle déguste ! Et lui reviennent en flash-back les frissons de son repas orgasmique...


Elle est soulevée, empoignée, mordue, griffée... Elle ne sait plus... Le dos, le ventre, le visage plaqués sur l’inox froid du plan de travail. Elle est fine et souple, il s’en régale, la tordant dans tous les sens, attendrissant sa chair, l’essorant de haut en bas, la pilonnant à l’étouffée, la sautant en aller-retour...


La salope a du répondant, le fauve peut se lâcher. Et si elle n’a pas assez bouffé, il lui servira sa purée ! Sa longue bite épaisse, forcément aussi impressionnante que le reste, passe de sa bouche à son cul, elle frôle la syncope... Encore ? Oui, chef ! Oui !


Il est puissant, le bougre, et, comme pour sa cuisine, sait s’éloigner des figures imposées ! Le maestro est le roi de l’impro, quand le produit est de qualité ! Il compose à l’intuition, et avec celle-là, il veut partir à l’aventure de ses limites, jouer de la brûlure et du glacé, la brider, et farcir son cul de chienne en manque de vrai mâle !


Tandis qu’elle ne retient pas ses cris, que sa jouissance coule sur le carrelage immaculé et qu’il la remplit, le festin se prolonge...


— Gastronomie, nom féminin. Art de la bonne chère !


Ecrasée, écartelée, essoufflée... Ça y est, elle ne pourra plus marcher !

Elle lui donne sans hésiter son étoile et la Toque d’or à celui-là !

Mystérieusement, sa robe est maintenant dans l’évier, le harnais dans la chambre froide.

Il rit de la voir si nue et si fragile...


— T’as vraiment assuré, ma belle... Ça ne te donne pas faim ? Tu veux goûter à mes desserts ?


(Il est plutôt bientôt l’heure d’un petit-déjeuner !)


— Laisse-moi te concocter une dernière douceur à ma sauce !


Comme cerise sur le gâteau, le Maître queux la fait mettre à genoux et, approchant sa cuillère, l’entraîne dans une dernière dégustation.

A l’aveugle...

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