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Un médecin de campagne

Chapitre 4

Hétéro

Lorsque je me réveille, je suis couché dans son lit, mes bras entourant tendrement ses épaules. Pelotonnée tout contre moi, elle respire doucement. Je sens la chaleur de son souffle contre ma peau et ça me fait frissonner d’aise.


— Tu es réveillé ?

— Je n’en sais rien. Ou je rêve ou je suis au paradis !


Du coup, elle se blottit encore plus contre moi.


— Et toi, tu es éveillée depuis longtemps ?

— Oh, depuis un bon quart d’heure et j’écoutais ton cœur en espérant que tous ces coups battaient pour moi.

— N’en doute pas un seul instant. Après la merveilleuse soirée d’hier, il ne peut plus battre que pour toi. Mais, explique-moi, car je crains de ne pas avoir tout compris. Tu commences par me recevoir en tenue de jardinage et tu ne m’embrasses pas. Puis tu redescends de ta chambre en portant une tenue à damner le pape en personne, mais tu gardes tes distances en me disant qu’il faut qu’on apprenne à se connaître. Tu me dis que tu me mets à l’épreuve, mais tu finis par t’offrir à moi sans crier gare. J’ai dû rater un épisode !

— Je te comprends, tout ça a l’air fort contradictoire et je te dois une explication. En fait, en te mettant à l’épreuve, je ne me suis pas rendu compte que je me mettais aussi moi-même à l’épreuve. Et je ne l’ai pas aussi bien réussie que toi. A te sentir si près de moi, empli du désir qui se lisait dans tes yeux, mais respectant ma demande, j’ai chaviré comme le premier jour et je me suis donnée à toi corps et âme. Voilà, c’est aussi simple que ça !

— Rassure-toi, ma chérie, tu as parfaitement réussi ton épreuve, car je suis heureux de constater que tu ne me considères pas seulement comme un étalon juste destiné à combler ton manque, mais que je compte pour toi.

— Amen !


Et nous partons tous les deux dans un grand fou rire.


— Bien. Sur ces bonnes paroles, comment organise-t-on notre journée ? Je veux rester avec toi bien sûr, mais, en même temps, j’aimerais sortir un peu de ces murs où je passe le plus clair de mon temps.

— Et si tu venais passer la journée chez moi ? Je te ferai visiter mon petit domaine, petit, mais confortable. J’ai consacré toutes mes économies à rénover la maison et à moderniser son équipement et, cerise sur le gâteau, j’ai fait construire une piscine dans le jardin. Comme il fait beau, nous pourrions en profiter !

— Ah, j’ai hâte de voir ça.

— Eh bien, voici ce qu’on va faire. Je vais retourner chez moi avec mon vélo, tu me laisses une heure ou deux pour que je puisse ranger, car c’est un peu le bordel, puis tu me rejoins. Ne t’inquiète pas pour la discrétion, c’est au milieu de nulle part !

— Et je fais comment alors pour trouver ?

— Je t’explique. En sortant du village en direction de Neuville, tu fais environ 500m et tu verras à ta droite un petit chemin caillouteux partir vers la droite. J’y ai mis un panneau indiquant « C’est par là » et une boîte aux lettres ...

— Ah oui, je vois, j’ai toujours trouvé ce panneau rigolo depuis qu’il est installé ! « C’est par là », mais on ne sait pas de quoi il s’agit !

— Oui, je trouvais ça moins banal que de mettre bêtement mon nom. Bref, tu prends ce chemin et ma maison se trouve tout au bout, à environ 150 m de la route. Tu ne la verras qu’une fois arrivée, car elle est cachée par un bosquet.

— Eh bien, ton grand-père aimait la discrétion.

— Oh oui, c’était un vrai solitaire, mais je l’adorais. Il était le roi pour me raconter des histoires quand j’étais petit et il m’emmenait promener dans les bois où il connaissait tout, plantes et animaux. La seule chose qu’il voulait, c’était qu’on lui foute la paix ! C’est pour ça qu’il avait acheté un grand espace et fait construire la maison à l’abri des regards. Tu sais, je possède plus d’un hectare de terrain tout autour.

— Houlà, mais tu es riche alors !

— Oh non, détrompe-toi, c’est en majeure partie du terrain agricole qui ne vaut pas cher. Mais je suis chez moi !

— Ah, vivement que je voie ça.


Là-dessus, après un long baiser, nous nous levons et prenons une douche, chacun à son tour !

Puis, enfourchant ma bécane, je rentre prestement chez moi, je prends ma voiture et je file en vitesse faire quelques courses à Neuville, car je n’ai absolument rien à lui offrir à manger ou à boire. Vu qu’on est dimanche, je n’ai pas trop le choix et je me contente de ce que je trouve dans une supérette ouverte ce jour-là. Je rentre ensuite à la maison et je prépare tout pour la recevoir dignement.

Je monte dans ma chambre, je me débarrasse de mes vêtements, enfile un short maillot de bain rouge et redescends dans le jardin. Je déploie la tente solaire qui protège la terrasse située entre la maison et le bord de la piscine et je me couche enfin sur un des lits de plage en teck recouvert d’un coussin épais pour profiter du chaud soleil de ce début d’été.

Je suis à peine installé que j’entends sa voix m’appeler.


— Hou, hou, je suis là !

— Entre, le portillon est ouvert et il n’y a pas de chien de garde ! Juste moi.


Elle entre et vient se coller contre moi pour un baiser.


— C’est toi mon chien de garde et je ne crains rien à tes côtés.


Je m’aperçois qu’elle est en tenue de jogging, qu’elle porte un petit sac à dos et qu’elle transpire abondamment.


— Tu es venue à pied ?

— Pas vraiment à pied, mais en courant. J’adore courir, ça me tient en forme, ça tonifie mon corps et ça élimine les toxines. Le jogging et le yoga, ce sont mes deux dadas.

— Je commence à mieux comprendre ton corps ferme et souple à la fois qui me rend dingue !

— Flatteur ! Présente-moi plutôt ton domaine.

— Voici donc la terrasse, la piscine et le jardin autour. Je n’ai aménagé qu’une dizaine d’ares autour de la maison, le reste est en friche. Quant à la maison, elle est derrière toi, mais je pense qu’avant de te la faire visiter, tu devrais te rafraîchir un peu.

— Tu as raison. Et de plus, je voudrais profiter de la piscine. Sers-moi un jus de fruit ou une eau gazeuse si tu en as pendant que je me change.


Elle enlève sa tenue de jogging et je vois qu’elle porte par-dessous un soutien-gorge brassière et un caleçon boxer en tissu élastique de maintien, tous deux au logo une grande marque de vêtements de sport. Elle ne prend aucun risque et protège son corps des chocs de la course à pied.


Puis, sans fausse pudeur, elle retire ses sous-vêtements et apparaît nue sous mes yeux. Mais je n’ai pas le temps d’esquisser le moindre geste qu’elle est déjà sous la douche, au coin de la piscine. Elle prend soin de ne pas émoustiller mes sens et me tourne le dos, ne me laissant voir que son superbe fessier.


Lorsqu’elle est rafraîchie, elle pioche dans son sac et en ressort un bikini couleur chocolat qu’elle enfile aussitôt. Il s’agit d’un bikini mettant ses courbes en valeur, mais sans provoquer. Le slip est échancré, mais couvre bien ses fesses et son pubis, le soutien recouvre ses magnifiques seins et les maintient bien.


Christine est une femme de type méditerranéen, pas très grande et noire de cheveux, donc sa peau mate n’est jamais tout à fait blanche et la couleur de son maillot lui va à ravir. Ebouriffant ses cheveux mouillés, elle se tourne vers moi.


— Cela convient à monsieur ?

— Tu es magnifique. Viens t’asseoir près de moi, je t’ai servi un jus d’orange bien frais.


Elle prend place sur le lit de plage voisin du mien, seulement séparé par une petite table, également en teck, où nous posons nos verres. Elle regarde tout autour d’elle et semble apprécier l’endroit.


— En effet, tu es rudement bien installé, c’est tranquille, verdoyant, à l’abri des regards. Il avait du goût, ton grand-père. Mais ça se mérite, car pour arriver ici, c’est un peu le parcours du combattant. Si on ne sait pas où c’est, on peut passer 20 fois à côté sans trouver. Heureusement que tu as mis ton fameux panneau, sans quoi je ne t’aurais pas retrouvé ... et ça aurait été vraiment dommage ! Alors, on se le prend ce bain ?


Elle se lève, fait quelques pas et, d’un coup de reins élégant, plonge dans l’eau de la piscine. En émergeant, elle m’envoie un sourire éblouissant et me dit :


— Qu’est-ce que tu attends pour me rejoindre ? Elle est délicieuse.

— Regarde ! J’arrive, Tarzan qui rejoint Jane !


Et je plonge à mon tour dans l’eau qui, de fait, est juste à la bonne température. Lorsque je ressors à la surface à moins d’un mètre d’elle, je la vois se marrer et rigoler à pleine gorge.


— Ben quoi, c’était si loupé que ça, mon plongeon ?

— Non, Tarzan, le plongeon était parfait. C’est la suite qui me fait rire. Regarde derrière toi.


Je me retourne et vois un bout de tissu rouge qui flotte au milieu du bassin. Mon maillot ! Il n’a pas résisté à ma belle envolée et me voici à poil au milieu de l’eau. Heureusement, nous sommes entre nous. Taquine, elle tend la main vers l’avant et attrape mon sexe qui ondule entre deux eaux.


— Hou, le drôle de poisson que j’ai attrapé là ! Il est tout petit et tout mou !

— Il ne tient qu’à toi pour qu’il change de forme !


Je me colle contre elle et l’embrasse à pleine bouche pendant qu’elle entreprend un massage vigoureux de ma queue qui s’avère très rapidement efficace. Je la pousse vers le bord et la soulève par les fesses pour qu’elle s’asseye sur la rive. Je saisis alors son slip et le lui retire d’un geste décidé. Devinant la suite des événements, elle dégrafe elle-même son soutien et l’envoie promener. Elle s’étend alors sur le dos, se pelote les seins et écarte les jambes dans l’attente de mes caresses.


Incapable de résister à une telle invitation, j’empoigne ses cuisses pour ouvrir encore plus son compas, dégageant ainsi sa vulve béante. J’approche mon visage et hume avec délice l’effluve qu’elle dégage, ce parfum de femme excitée en demande de sexe. Je pose ma langue à l’entrée de son vagin et remonte délicatement jusqu’à son clito. Je me délecte du goût de sa chatte mélangé au goût de l’eau de la piscine, mais celui-ci disparaît rapidement, ne me laissant plus en bouche que sa seule saveur personnelle, douce et légèrement salée à la fois.


L’excitation montant de plus en plus, c’est maintenant un véritable flot qui sort de son vagin, flot que je recueille avec avidité et que j’avale goulûment à chaque coup de langue. Et plus je lèche, plus ça coule ! Elle se torture les seins des deux mains et, rapidement au bord d’un premier orgasme, elle me supplie :


— Je t’en prie, prends-moi maintenant, je n’en peux plus.


Mais, dans cette position, impossible de répondre à sa demande, la piscine est trop profonde. Je m’écarte donc d’un mètre ou deux et réalise un appui tendu pour m’en extraire. Entre-temps, pour se maintenir au sommet de son excitation pendant que je sortais de l’eau, elle a glissé une main entre ses jambes et se masturbe vigoureusement. Elle a introduit deux doigts dans son vagin qu’elle agite frénétiquement et, de son autre main, elle se malaxe les seins.

Je suis fasciné par ce spectacle d’un érotisme total et je la laisse faire pour me repaître de cette vision éblouissante. L’excitation est au comble chez moi aussi et je me surprends à me branler en la regardant. Constatant que je tarde à m’occuper d’elle, elle ouvre les yeux et me voit avec ma bite en main.


— Ça t’excite ? Tu veux que je me fasse jouir devant toi ?


Sans attendre ma réponse, elle referme les yeux et reprend son manège infernal. Ses doigts se démènent à une allure folle dans ses chairs délicates, tout son corps est secoué par des spasmes de plus en plus rapprochés et, soudain, elle explose, pousse son bassin vers le haut et projette de longues giclées qui retombent dans l’eau de la piscine.

Pour la première fois de ma vie, je viens de contempler une femme qui éjacule devant moi afin de me donner du plaisir en prenant le sien.

Lorsqu’elle se calme, elle ouvre à nouveau les yeux et me regarde en souriant.


— J’espère que ça t’a plu ? C’est la première fois que je me masturbe devant un homme, mais je l’ai fait rien que pour toi tellement je t’ai dans la peau.


Puis, avisant mon état, elle se penche vers moi et me dit :


— Mon pauvre chéri, il est grand temps que je m’occupe de toi !


Elle se met à genoux face à moi et aspire littéralement mon membre dans sa bouche chaude. Sa langue danse une folle sarabande autour de mon gland, ses mains montent et descendent le long de ma hampe, massent mes testicules. Et, comme je ne me suis pas privé de me branler pendant que je la regardais, il ne faut pas longtemps pour que je sente les prémices de l’orgasme arriver. Et elle le sent aussi.


— Ne te retiens pas, donne-moi tout, j’en ai tellement envie ...


Puis elle replonge sur mon dard et le pompe à toute vitesse. Et ce qui devait arriver arrive : je crache toute ma semence dans sa bouche et me vide entièrement les couilles dans ce réceptacle doux et brûlant. Elle lape chaque jet de sperme et l’avale avec gourmandise jusqu’à ce qu’il n’en reste plus la moindre goutte.

Vidé au sens propre comme au sens figuré, je la prends délicatement sous les aisselles et la relève. Elle projette immédiatement ses lèvres vers les miennes et m’embrasse passionnément, me faisant partager le goût de mon propre sperme. Pendant ce long baiser silencieux, elle prend mes mains dans les siennes et noue ses doigts aux miens.


— Merci pour tout. Je n’avais jamais autant désiré tout donner et tout prendre à un homme. Jouir devant toi puis m’abreuver de ton sperme était tout simplement merveilleux.

— C’est à moi de te remercier et pas l’inverse. Quand je t’ai vue te donner du plaisir, j’ai cru devenir fou ! C’était d’une intensité incroyable, tu ne simulais pas et quand ta fontaine a jailli, j’aurais voulu m’y abreuver, mais j’étais comme tétanisé par le spectacle ! Et, après, tu m’as prodigué la plus sensuelle fellation que j’aie jamais connue. Quelle ivresse de sentir mon membre se vider entre tes lèvres ... Viens, étendons-nous et remettons-nous de nos émotions.


Je l’emmène vers les lits de plage que je dispose côte à côte pour nous permettre de nous serrer l’un contre l’autre. Elle se colle contre moi et, comme il y a quelques instants, elle reprend ma main dans la sienne et renoue ses doigts autour des miens. Elle pose sa tête contre la mienne, me mordille tendrement l’oreille et me susurre :


— Tu sais, Philippe, je crois bien que je suis occupée à tomber amoureuse ...


Si je n’étais couché, j’en aurais eu les jambes sciées ! En guise de réponse, je me penche sur elle et l’embrasse passionnément, car, moi aussi, je suis amoureux.


— Mon amour, moi aussi je t’aime depuis le premier jour où je t’ai vue et je veux te garder près de moi pour toujours.


La suite n’est faite que de baisers, de caresses, de mots tendres où nous nous promettons l’amour éternel, etc. comme tous les amoureux du monde ! Jusqu’à ce que son joli ventre plat émette un petit gargouillement qui nous ramène crûment sur terre.


— Oups, je crois que mon estomac crie famine !

— Pas de problème, j’ai tout ce qu’il faut pour ça. Viens, aide-moi à prendre le nécessaire au frigo et mangeons ici, sur la terrasse.


Nous rentrons dans la maison, toujours nus comme Adam et Eve, prenons tout ce qu’il faut dans le frigo, puis retour dehors. J’ouvre une bouteille de rosé bien frais et nous cassons la croûte, assis face à face, en nous regardant mutuellement comme deux ados qui viennent de découvrir l’amour.

Le frugal repas terminé, nous nous allongeons et sombrons dans une douce somnolence bercée de petits anges, mais aussi d’images érotiques. Et, au bout d’une demi-heure :


— Mon amour, j’ai encore envie de toi. Je ne t’ai pas encore senti dans mon ventre aujourd’hui et ça me manque.


Joignant le geste à la parole, elle empoigne mon sexe et commence à le branler. Il n’en faut pas plus pour que, de mon côté, je pose la main sur sa vulve et que mes doigts partent en exploration à la recherche de tous ses points sensibles. En quelques minutes, nous sommes à nouveau dévorés par le désir.


Christine m’enjambe et, me faisant face, elle prend ma queue entre ses doigts, la dirige sans hésitation vers l’entrée de son vagin et s’empale sur moi d’un seul mouvement. Son visage est tout près du mien et j’y vois brièvement un rictus de plaisir pendant qu’elle se délecte de la pénétration.


Puis elle entame à nouveau cette danse merveilleuse qui me fait entrer et sortir d’elle. Elle se presse contre moi, je sens ses seins s’écraser sur mon torse pendant qu’elle m’embrasse furieusement.

Elle se jette ensuite en arrière, prend appui de ses mains sur mes genoux et m’offre ce spectacle inouï de son corps arqué, tendu comme une corde de violon, de ses seins fabuleux pointant en avant et de mon membre qui la perfore à un rythme de plus en plus élevé. Elle se mouille les doigts dans la bouche et les pose sur son clitoris gonflé qu’elle masse furieusement afin que son plaisir soit total.


Le résultat ne se fait pas attendre. Son orgasme se réveille comme un volcan en éruption et je crache ma lave incendiaire au fond de son cratère brûlant !

Puis, elle retombe sur moi, encore secouée par les dernières ondes de plaisir et je lui caresse amoureusement le dos et les cheveux pendant de longues minutes ...


— Comment vais-je leur apprendre ça ?

— Euh, apprendre quoi et à qui ?

— Apprendre à mes enfants que je suis tombée raide dingue amoureuse d’un monsieur qui venait me vendre ses pilules ?

— Ben, justement, il faudra leur faire passer la pilule !


Elle sourit à mon trait d’humour et reprend :


— Sérieusement, mes enfants, ce sont mes deux trésors absolus. Ils sont la chair de ma chair et je crois que je serais capable de tuer pour les protéger ! Pour rien au monde, je ne voudrais qu’ils soient déçus par leur maman, c’est pourquoi il est hyper-important qu’ils t’adoptent sans retenue.

— Ne t’inquiète pas, ça va aller sans problème. Moi-même, j’adore les enfants et c’est d’ailleurs mon grand regret de ne pas en avoir. Mais mon ex s’est toujours refusée à envisager la question sous prétexte que ça nuirait à sa ligne ! Mais, tu verras, je ferai en sorte que tout se passe bien. Quand envisages-tu de me les présenter ?

— Eh bien, justement, vu qu’on est dimanche, leur père me les ramène à 18h30. Si tu m’accompagnes, ce sera le bon moment. Ils sont toujours particulièrement de bonne humeur quand ils reviennent à la maison, car ils n’aiment pas aller chez lui, mais je ne peux, malheureusement, rien y changer.

— D’accord, on fait comme ça ! J’ai hâte de les connaître ces chérubins !

— Oh, méfie-toi quand même, ce sont parfois de fameux diables quand ils s’y mettent ! Tiens, tu sais ce qu’on pourrait faire ?

— Non, mais tu vas me le dire !

— Vu qu’il nous reste encore un peu de temps avant qu’ils n’arrivent et que j’ai envie de crier sur tous les toits que je suis heureuse, je voudrais qu’on se montre ensemble dans tout le village. Au diable la discrétion, ils peuvent tous savoir que je suis amoureuse. Tu m’as dit que tu avais plusieurs vélos, non ?

— En effet, un vélo de ville à assistance électrique, un VTT et un cyclotouriste pour les sorties en club.

— Eh bien, tu m’en prêtes un, tu en prends un autre et on rentre chez moi en traversant tout le village, sous les yeux de tous. On peut même s’arrêter chez André pour prendre un verre !

— C’est qui André ?

— C’est le bistro sur la place, face à l’église.

— Eh bien d’accord, si ça t’amuse, je suis ton homme.

— Ça, je le sais !


Et elle en profite pour me caresser encore un petit coup les couilles !


— Bon, soyons sages, il ne nous reste plus trop de temps.


J’abandonne donc ses bras à regret et nous nous levons pour nous apprêter. Nous nous douchons, séchons et habillons puis nous rangeons la cambuse avant de choisir nos montures. Je lui conseille le vélo de ville et je prendrai mon cyclotouriste. Je règle la hauteur de la selle à sa mesure, ce qui lui permettra de l’utiliser, bien que cette bécane soit trop grande pour elle. Puis, nous nous mettons en route.

En traversant le patelin, nous croisons pas mal de gens, pour la plupart âgés, qui profitent du beau temps sur le pas de leur porte. L’un jardine, l’autre bouquine, mais ils lèvent tous la tête à notre passage.


— Bonjour Docteur ! Belle journée, n’est-ce pas !


Je suis étonné de constater que tout le monde semble la connaître.


— Dis donc, mon amour, tu es la coqueluche du village !

— Je te l’ai dit, ils me connaissent tous, ils sont tous mes patients.


Lorsque nous arrivons sur la place, nous posons nos vélos sur leur béquille et nous installons à une table en terrasse. A peine assis, un homme d’une bonne soixantaine d’années vient vers nous.


— Bonjour Docteur, bonjour monsieur.

— Bonjour André. Je te présente un ami, Philippe !

— Enchanté. Ça fait plaisir de voir des jeunes dans notre village de vieux. Qu’est-ce que je vous sers ?

— Pour moi, tu me connais, ce sera une eau gazeuse. Et toi Philippe ?


Je relève qu’elle n’a quand même pas dit « chéri » ou « mon amour » ! Elle veut laisser les gens s’imaginer ce qu’ils veulent, ce qui rajoute du piquant à la situation !


— Oh moi, je prendrai un tonic.


André rentre dans son bistro pour préparer la commande et je remarque qu’il parle avec un couple installé à l’intérieur. La femme tourne les yeux vers moi et me dévisage. Ça y est, la machine à rumeur est lancée. Il ne faudra sûrement pas longtemps pour que toute la population soit au courant : la docteur a un bon ami ! Et pourtant, Christine a dit « un ami » et pas « mon ami » !

Nous buvons notre verre à notre aise puis continuons notre chemin avec l’impression que, déjà, tout le monde nous regarde. Christine arbore un large sourire comme si elle avait joué une bonne blague à tout le village. Quand nous arrivons chez elle, nous rangeons les vélos au garage et ressortons dans le jardin.


— Tu as vu la tête de ceux qu’on a croisés ? Le tamtam fonctionne encore plus vite que je ne l’imaginais. Je m’attends à des flots de questions détournées dès demain lors de mes consultations ! Mais, viens, rentrons dans la maison, car ils vont bientôt arriver et je ne voudrais pas que mon ex te voie déjà. Il apprendra bien assez vite par les enfants que je ne suis plus seule !


Nous nous installons au salon, elle dans le canapé, moi dans le fauteuil qui lui fait face. Moins de deux minutes plus tard, nous entendons une voiture s’arrêter. Christine se lève et va jusqu’à la fenêtre. Elle fait un petit signe de la main et vient se rasseoir.


— Ils arrivent, je stresse déjà ...

— Calmos, je ne vais pas les manger !


Et, tels des boulets de canon, deux petits diables déboulent dans la pièce et se précipitent vers leur mère. La petite saute sur les genoux de Christine, mais le gamin m’a vu du coin de l’œil et stoppe net sa course. En me désignant du doigt, il demande :


— C’est qui çui-là ?

— Celui-là, comme tu le dis mal, c’est Philippe, c’est mon ami.

— Ah bon ?


Puis, se tournant vers moi :


— T’aimes le foot ?

— Oh oui, j’aime beaucoup. D’ailleurs, quand j’étais plus jeune j’y jouais.

— Ah, et dans quelle équipe ?

— Oh tu sais, c’était une petite équipe qui n’existe d’ailleurs plus. On jouait surtout pour s’amuser.

— Mmmouais ! Et le hockey, tu aimes ? Parce que moi je joue au hockey !

— Oui, oui, j’aime bien aussi. En fait, j’aime tous les sports.

— Alors, on va être copains tous les deux.


Il me tape dans la main et, sans plus de commentaires, il va vers sa maman et saute sur elle en bousculant sa sœur au passage. Celle-ci ne réclame pas et vient vers moi. Sans crier gare, elle monte sur mes genoux et me dévisage longuement.


— Alors, tu t’appelles Philippe ! J’aime bien !


Et elle me colle un bisou sur le nez !


— Pourquoi m’as-tu donné un bisou sur le nez ?

— Parce que tu as l’air gentil ...


Elle se penche contre mon oreille et me chuchote :


— ... et parce que tes lèvres, c’est réservé à ma maman !


Entrant dans son jeu, je lui chuchote aussi :


— Et pourquoi ?

— Parce qu’elle est amoureuse de toi !

— Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

— Je le vois dans ses yeux !


Je me retourne vers Christine qui tient son fils serré dans ses bras et le cajole. Celui-ci se laisse allègrement faire, Œdipe n’est pas loin ! Et effectivement, je constate aussi qu’elle a les yeux qui brillent. En réalité, ce sont quelques larmes qui coulent sur ses joues. Je crois que j’ai gagné mon ticket d’entrée dans la famille !


— Allez les enfants, maintenant que les présentations sont faites, montez-vous laver les mains et préparez vos affaires d’école, car, demain, c’est la dernière semaine avant les vacances.

— Oui, maman, on y va.


Et ils montent vers l’étage par l’escalier qui donne dans le salon. Lorsqu’on entend l’eau couler à la salle de bain, Christine se lève et vient s’asseoir sur l’accoudoir de mon fauteuil.


— Pour ton info, ils s’appellent Lucas et Marion. C’était quoi, ces chuchotements entre elle et toi ?


Je lui raconte ce que la petite Marion m’a dit.


— Eh bien, je savais que c’était une petite futée, mais pas à ce point. Et tu peux être certain qu’elle est déjà occupée à monter le bourrichon à son frère. En tout cas, tu as été parfait. Je crois que tu es déjà adopté.

— Tu vois, qu’est-ce que je t’avais dit ? Qu’il ne fallait pas stresser !

— Je sais, tu as raison, mais pour moi c’était hyper-important que ça matche entre vous. Maintenant, je suis rassurée, je vais pouvoir rassembler tous mes amours autour de moi. Et, sans plus attendre, elle colle ses lèvres sur les miennes et m’embrasse passionnément. C’est à ce moment qu’on entend chuchoter derrière nous. Nous nous retournons et voyons les deux enfants, assis côte à côte dans l’escalier, qui battent des mains en signe d’approbation. Et la gamine de dire à son frère :

— Tu vois, je t’avais bien dit qu’ils étaient amoureux, j’avais raison !


Christine se lève et va vers eux, mais elle est tellement heureuse de la situation qu’au lieu de les gronder, elle leur dit :


— Eh bien oui, Philippe et moi on est amoureux ! Mais ne vous inquiétez pas, je vous aime toujours autant. C’est un autre amour et les deux peuvent se vivre en même temps. Vous êtes prêts, car on va passer à table.


Les enfants descendent et se mettent à table. Ils sont déjà en pyjama et avalent leur repas comme deux petits ogres. Ils en profitent pour inonder leur mère de questions du genre :


— Et comment vous vous êtes connus, et qu’est-ce que ça fait d’être amoureux, etc.


Christine louvoie dans ses réponses pour en dire assez sans en dire trop. Une question m’interpelle cependant lorsque Lucas demande :


— Dis maman, est-ce que Philippe connaît Michèle ?

— Non, pas encore, mais ça viendra.


Je me lève à mon tour, car je pense qu’il faut les laisser ensemble et ne pas m’imposer dans leur intimité au risque de déranger. J’en fais part à Christine qui a l’air d’être déçue, mais elle finit par m’approuver et m’accompagne au garage où je récupère mon vélo.


— Je viendrai rechercher l’autre à l’occasion. Dis-moi, c’est qui ce Michel ?

— Oh, oh, mon amour est déjà jaloux ? Ne t’affole pas, ce n’est pas Michel, mais Michèle ! C’est mon amie et c’est une femme ! Et c’est même une très jolie jeune femme, de deux ans ma cadette. Je te la présenterai un de ces jours.

— Et toi, alors, tu ne seras pas jalouse, tu n’auras pas peur de me présenter à une très jolie jeune femme selon tes dires ?

— Oh non, pas du tout, car si elle est effectivement très jolie, elle est aussi très lesbienne !

— Ah, je comprends mieux ! Bon, il est temps que tu t’occupes de tes chérubins qui doivent t’attendre comme le désert attend l’eau ! Bonsoir, mon amour, fais de beaux rêves.

— Je n’y manquerai pas !


Et elle me fait un clin d’œil qui veut tout dire. J’enfourche ma bécane et je retourne à mon aise vers mes pénates.

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