Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Lue 9 153 fois
  • 8 J'aime
  • 0 Commentaire

La mémoire des failles

Chapitre 1

Erotique

Il fait froid, mais d’un froid sans comparaison aucune avec l’hiver qui s’annonce. Un froid laissé par l’angoisse et dont Lydie se dit qu’il ressemble à ses feuilles délaissées par l’automne qu’un vent maladroit jette à la figure des étoiles ...qui s’en foutent. La voiture où, presque contre son gré, elle s’était tout à l’heure assise, pensant à défaut de s’y plaire au moins de s’y trouver à l’aise, se dirige maintenant à vive allure vers une destination que seul l’ordonnancier de leur vie semble connaître. Ne sachant conduire elle a pris place comme à l’accoutumée à l’arrière et partage son temps entre le paysage qui défile et le cuir mou du siège. Elle demeure blottie, prisonnière d’elle-même, comme confinée dans un tourment assassin, pour ne pas dire autiste. Juste devant elle, il y a Mélanie qu’elle considérait comme une amie et à ses côtés, assise au volant, Isabelle qui parfois détourne son regard de la route pour se moquer de son air contrit. Isabelle, c’est cette femme blonde au profil latin dont le visage sait se faire sévère à l’envi ou doux et rieur suivant l’humeur. Un visage d’une perverse beauté qui capture les regards pour ne plus les rendre. Mélanie la lui a présentée un soir de débauche. C’est alors que les ennuis ont commencé. Il leur fallait de l’argent à ces deux connes, un petit braquage sans histoire avaient-elles dit. Le bruit des balles siffle encore autour de Lydie qui semble de loin la plus perturbée ; et puis ce policier mort pour quoi ? Une question qui n’a trouvé de réponse que dans la fuite. Lydie voudrait dire à Mélanie qu’elle arrête de fumer ces putains de Malboro qui puent, mais elle pense qu’en fait c’est son esprit tout entier qui pue. Elle préfère se taire une fois encore et Mélanie semble la toiser du haut de son indifférence, laissant à sa froide beauté le soin de couper toute envie de conversation. On a connu des statues plus expressives. De son futur elle ne ressent plus que la crainte et la faillite. La route devient difficile. Mélanie prétend qu’elle est déjà venue dans la région à une époque où le tourisme y était prospère et qu’elle se souvient vaguement d’un raccourci, une route peuplée de légendes macabres dont elle a oublié de se rappeler. Elles en rient tandis que Lydie ne les écoute pas ou peu. Il paraît que personne n’en est jamais revenu et que l’on ignore où elle mène et surtout si elle mène quelque part. Mélanie trouve que c’est justement l’endroit idéal pour une retraite, pour s’y faire oublier. Lydie, elle, elle sait où elle va, elle va à ce néant qui est aujourd’hui sa vie : elle n’aura plus jamais chaud. La voiture s’avance, emprunte le raccourci ; le destin parfois aussi emprunte d’étonnant raccourci. Le décor souffre d’un manque de rigueur, les ravins succèdent aux précipices, les montagnes s’alignent en cohorte montante et le soleil quant à lui s’il ne s’appuie pas encore nettement sur l’une d’elle est néanmoins déjà mourant. Le jour décline la nuit augmente. Le gouffre a toujours soif, Lydie se récite Baudelaire voix lente. Puis elle le regarde, ce soleil, le premier qui, lui échappe d’un jour maudit, elle le regarde délaisser un peu de son sang sur les bords frangés des collines. Tout lui rappelle son malheur : la route caillouteuse, la profondeur des précipices, la pénombre étouffante, et le soleil qui pose son agonie... Soudain Isabelle s’agite et la tire de son soliloque.

— Vous voyez ce que je vois ! s’écrie-t-elle excitée comme à son habitude quand elle n’est pas de mauvaise humeur.

— On dirait un château, répond Mélanie tandis qu’elle passe une main dans ses longs cheveux châtains.

En effet une grande bâtisse à l’allure baroque s’élève maintenant devant les trois femmes. Les fenêtres sont, à ce point, imposantes qu’on dirait des yeux et la porte d’entrée a tout d’une bouche béante aux commissures sournoises. Ce château est un visage à lui tout seul. Il porte cependant en lui quelque chose de démesuré qui fait peur à Lydie qui croit y reconnaître les traits d’un homme jadis connu rapporté de loin par Dieu seul sait quel souvenir antique. Une tour secouée par le vent et habitée par son murmure semble battre la mesure du temps ; un doux vol d’hirondelles lui octroie un peu de vie et néanmoins s’échappe très vite de ses coteaux avant de se jeter à l’arrière du château dans le précipice qui le jouxte de très près.

— Alors tu viens Lydie ou il faut que l’on vienne te chercher ! crie alors Isabelle qui déjà s’approche de la porte. J’ai attendu d’avoir 31 ans pour voir ça s’écrie-t-elle à nouveau excitée.

— Moi j’ai cinq ans de moins et je m’en serais bien passée, s’exclame Mélanie désappointée.

Lydie n’a pas d’autre choix que de les suivre... Isabelle en tête, les trois femmes s’approchent de l’imposante porte d’entrée. Le heurtoir de bronze les fixe d’un regard mauvais, Lydie frémit tout en essayant de se convaincre que ce n’est que son imagination qui lui joue des tours. Isabelle hésite à frapper : si le château est abandonné, cela n’aura pas d’importance. Mais s’il ne l’est pas, que diront les propriétaires ? Ils risqueraient de les reconnaître et d’appeler la police, leur signalement doit avoir été diffusé partout ! Comme si elle avait lu dans son esprit, Mélanie suggère

— On n’a qu’à entrer en douce et traquer les habitants s’il y en a. On avisera une fois qu’ils seront hors d’état de nuire...

Lydie a un hoquet involontaire

— Vous voulez les tuer ?!

— Qui parle des les tuer, idiote ! On peut se contenter de les assommer un peu...

Et le regard complice qu’elle échange avec Isabelle clôt le débat.

Lydie n’aura pas son mot à dire cette fois-ci non plus. Mélanie et son amie entrouvrent alors la porte en évitant autant qu’elles peuvent de la faire grincer. La porte est lourde et le long cri que poussent les gonds rouillés trahit l’inutilité de leur effort. Elles tirent alors le battant, se moquant désormais du bruit qu’elles feront avec cette porte ; tant pis pour la discrétion.

Isabelle sort son arme et chuchote :

— Mélanie, prend cette idiote avec toi et va explorer l’aile droite. Je pars vers la gauche. Rendez-vous ici dans une heure.

Mélanie acquiesce, s’arme de son couteau et attrape Lydie par le bras.

— Tu n’as pas intérêt à faire un seul bruit, toi !

Lydie se dégage et jette un regard noir à cette fille qu’elle ne reconnaît plus comme son amie. Puis son regard s’étend vers l’immense hall dans lequel elles se trouvent. La décoration est grandiose, riche et pleine de goût, mais tout semble poussiéreux, comme si le château avait été abandonné depuis des années. L’antiquité des lustres et la patine du bois des escaliers ajoutent à l’atmosphère fantastique qui emplit ces lieux. Cependant, une torche enflammée accrochée au mur trahit une présence... Quelqu’un est passé ici il y a peu de temps.

— On se croirait dans un film... Mieux, dans un conte ! pense la jeune fille qui involontairement repense à la Belle et la Bête de Cocteau. Tout à fait cette atmosphère obscure et poussiéreuse...

— Et bien alors ? Il n’y a pas l’électricité ici ?! s’exclame Mélanie, visiblement mal à l’aise. Cet endroit me donne le frisson !

Mais Lydie ne l’écoute pas. Elle est subjuguée par la grandeur de l’endroit, par le velouté des tentures, le rouge et l’or des tapis et des cadres, par cette lumière dansante et tamisée que projettent les chandelles des lustres et les torches aux murs. Elle se sent curieusement bien, pour la première fois depuis longtemps... Comme si elle connaissait cet endroit, comme si elle était ici chez elle. "Sans doute parce que j’ai toujours aimé la littérature fantastique... Je dois sûrement associer ce château à l’une ou l’autre de ces aventures imaginaires." Pensa-t-elle à la recherche d’une explication.

Sans qu’elle s’en rende compte, elle a pris les devants et explore, pleine d’enthousiasme, les nombreuses pièces du château, Mélanie anxieuse sur ses talons.

L’heure écoulée, les trois femmes se retrouvent devant la grande porte.

— Je n’ai trouvé personne, commença Isabelle. C’est étrange, car le château ne peut pas être abandonné, il y a des torches partout et j’ai entendu le mouvement d’une horloge.

— Et pas d’électricité ! Ajouta Mélanie.

— Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé des chambres, à l’étage. On va pouvoir dormir ici. Rien d’intéressant chez vous ?

— Non. Une salle à manger, une salle commune, ce genre de trucs.

Les yeux d’Isabelle s’illuminent :

— Une cuisine avec ?

— Oui, mais vide.

— Dommage. On mangera pas ce soir.

Lydie se risque à placer un mot.

— Vous ne trouvez pas ça bizarre vous ? De la poussière comme si le château était abandonné, des lumières comme s’il était habité, mais une cuisine vide et pas d’électricité ni d’eau courante ! On se croirait revenu en arrière dans le temps ou quelque chose du genre.

Les deux complices se taisent un instant, mais Mélanie brise le silence :

— Arrête avec tes conneries, tu me donnes la chair de poule !

Puis après un autre instant de silence :

— Je propose qu’on monte à l’étage se trouver des lits. Plus vite la nuit sera passée, mieux je me sentirais !

Acquiesçant sans mot dire, Isabelle monte à l’étage, suivie de près par Mélanie. Lydie en arrière de quelques marches a un sourire émerveillé. Celui-ci cependant se fige quand elle voit au milieu des nombreux portraits qui semblent saluer leur ascension se dessiner le visage plaisant d’un jeune homme vêtu du plus bel habillage. Contrairement aux autres aucune date ne stipule sa naissance et moins encore sa mort. Le cadre est légèrement de travers, l’empêchant de mieux en apprécier les détails, mais elle parvient néanmoins à déceler quelque chose d’attendrissant qui s’enfuit du regard, lequel ne paraît avoir d’éclat que pour elle et semble habité de cette lueur surannée des gens pour qui l’avenir n’est qu’un passé recomposé. Un nom émerge un temps de la poussière : Desmond.

— Tu te dépêches, geint soudain Mélanie tirant Lydie de sa torpeur, Isabelle nous a trouvé une chambre !

Lydie ne peut contenir un regard à nouveau haineux à l’encontre de Mélanie ! Et la considérant des pieds à la tête elle se demande une fois de plus où elle a bien pu apprendre à s’habiller ! Son débardeur à bretelles fait office de soutien-gorge et surplombe un jeans qui semble avoir trop pris le moule de ses fesses. Elle va bien avec l’autre, pense-t-elle, l’autre c’est à dire cette Isabelle qu’elle voudrait n’avoir jamais connue et qui est toujours à se mettre des mini-jupes en cuir pour appuyer l’aimable richesse de son postérieur. Lydie s’enquiert alors d’une autre chambre, ne désirant pas partager plus longtemps son espace avec les deux pétasses qui ont maintenant au moins mérité son antipathie. Au vu du nombre de pièces qu’abrite le château le choix se pose en embarras et pourtant elle arrête très vite ce dernier sur la chambre voisine, non sans en avoir visité quelques autres au préalable qui lui ont laissé de la poussière aux lèvres. Celle-ci l’intrigue. D’abord à cause de la porte surmontée par une sorte de pentacle et aussi en ce qu’elle lui parait la plus courtoise en comparaison de l’austérité du reste. Ses dimensions sont immenses et elle semble avoir été pensée en fonction du grand lit à baldaquins qui à lui seul remplit tout un côté de la pièce. L’atmosphère y est chaude et l’air moins humide que partout ailleurs dans le château. Une énorme commode fait face au lit tandis qu’au centre se trouve un boudoir lui-même surmonté de trois bougies séparées sur une égale distance et entourant un livre mis de biais et portant le titre énigmatique de « Ma Mémoire Morte ». Lydie qui a oublié d’être indifférente, s’empresse de le feuilleter ; l’écriture est vive et nerveuse, rendant la lecture délicate, et les ratures sont nombreuses qui portent sur des mots comme amour, aimée, douleur, cercueil, joie. Cela ressemble à un livre de bord sans pour autant en être un. Des dates ponctuent les pages et donnent le rythme des siècles : 1590,1614, 1780, 1850, 1910. A chacune d’elles semble correspondre un événement enfanté dans le supplice et succédant à un grand vide de mots. Un nom revient sur à peu près chaque page, un nom de femme : Luciana. Il est bien impossible à Lydie de tirer un récit de ses brides ; elle n’en demeure pas moins interloquée et merveilleusement captivée. Une page semble avoir été déchirée et Lydie s’amuse à imaginer le chemin qui l’a conduite à émigrer en toute fin de volume. Celle-ci est demeurée lisible malgré quelques taches et pose une généalogie bizarre faisant état de plusieurs noms s’embrassant au sein d’une histoire quelque peu morbide, calquée semble-t-il sur la mort elle-même. On y parle essentiellement de la comtesse Elisabeth Bathory, épouse du compte Ferenz Nasdady le héros noir de la Hongrie connu surtout pour ses hauts faits de guerre. De sang royal, elle devait d’avoir sa place dans l’Histoire non pour la noblesse de son cœur mais pour l’étendue de ses crimes perpétrés en son château de Csejthe. Un croquis rapidement esquissé montre un bâtiment fort semblable à celui qui les héberge aujourd’hui. Mélangeant rituels ésotériques et scènes de tortures la comtesse Bathory se lavait du sang de ses victimes pour protéger sa jeunesse. Elle eut quatre enfants dont un fils qui, écœuré, la dénonça et dont elle devait se venger de la plus terrible des façons en faisant de Luciana, sa fiancée, sa dernière victime. Il s’appelait Desmond, Lydie pensa tout de suite au portrait dont elle regrettait qu’il n’ait eu de voix pour parler, mais certains silences sont plus évocateurs qu’aucun mot. Tout en continuant la lecture, qui maintenant la captive autant qu’elle l’effraye, elle apprend que la comtesse a été emmurée dans cette chambre même où elle se trouve aujourd’hui, avant d’y mourir quatre années plus tard à l’âge de cinquante-quatre ans, en 1614. Le compte-rendu s’arrête ainsi net sur la mort de la comtesse, ne disant rien sur le devenir de ce pauvre Desmond. Lydie frissonne et pense que cette page plutôt que déchirée a dû être rajoutée bien des années plus tard par elle ne sait quel troublion qui avait rêvé de joindre la parole au mythe. Il lui reste maintenant à visiter la commode qui semble désespérément déserte ; cependant en ouvrant le dernier tiroir, elle découvre une robe magnifique, entre turquoise et bleu mat. En fait de robe il s’agit plutôt d’une chemise de nuit parfaitement conservée à ce point qu’on la croirait pour neuve. Lydie se déshabille jusqu’à être nue, puis passe le délicieux vêtement qui étonnamment lui tombe comme un gant. Le grand miroir qui garnit la commode lui renvoie à ce moment l’image d’une femme resplendissante, cintrée de bleu comme s’il s’agissait d’un songe, sertie de son rêve comme portant un bijou. Elle ne peut résister à la tentation d’aller se montrer à Isabelle et à Mélanie, histoire d’attiser leur jalousie. Alors qu’elle s’approche de leur chambre dont la porte est demeurée entrouverte, elle risque, utile préliminaire, un regard en éclaireur par l’entrebâillement de cette dernière. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir Isabelle, la jupe relevée, le slip à terre et se faisant photographier le postérieur par Mélanie. Mélanie adore les fesses d’Isabelle et Isabelle aime à les lui montrer : l’instant est propice à la luxure, les chairs appellent la pellicule et le cul d’Isabelle frissonne de toute sa peau à se savoir sur le chemin de la postérité. Les deux femmes s’embrassent bientôt tout en se déshabillant malgré le froid ambiant. Et Lydie de perdurer dans l’étonnement lorsqu’elle voit Isabelle proposer ensuite son cul à la vindicte de sa complice. A chaque léger coup donné, les seins d’Isabelle tressautent et semblent vouloir se détacher d’un corps autant disposé à la luxure que le vacancier à la dilettante. Du rose au rouge il n’y que l’espace d’une main et le postérieur d’Isabelle l’apprend pour son plus grand plaisir. Mélanie se lève alors et propose à Isabelle de jouer avec son corps comme s’il s’agissait de le soumettre à la parole. Isabelle ne se fait pas prier et ligote rapidement la jeune femme qu’elle attache au lit comme une prisonnière devant accéder à ses manies et use de sa langue comme d’un tisonnier attisant le feu toujours vif de l’épiderme de sa soumise. Le visage de Mélanie soudainement se révulse pour atteindre la même rougeur que plus tôt les fesses d’Isabelle. Jamais Lydie n’avait entendu quelqu’un jouir avec cette vigueur ni même crut qu’autant de précaution dans l’extase soit possible. Mélanie ne maîtrise bientôt plus son corps dont les emportements successifs et les soubresauts vagues n’ont de cesse de souligner la qualité du plaisir donné. Ses seins sont à la fois lourds et tendus et quelque chose de rose dans sa voix demande à Isabelle de continuer. Ses fesses abondantes quoique magnifiques possèdent les postures de la chair quand elle s’offre par-delà la pudeur. Puis tout en s’embrassant leur émoi se mêle en cet endroit où le désir se fait geste. Quand les mots oublient de tenir leur place c’est parfois au corps de se divulguer. Les deux femmes se lient alors enfin dans le commun délire de leur peau et Lydie ne sait bientôt plus où commence Mélanie et où finit Isabelle.

Le plaisir violemment exprimé par Isabelle emporte Mélanie au ciel et leurs cris de jouissance partent tapisser les murs d’une couleur encore inconnue de la luxure. Marie-Claude jouit violemment, son visage s’emporte…. : AAAAH C’est trop !....


A Suivre...

Diffuse en direct !
Regarder son live