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Mémoires de soie

Chapitre 1

Histoire médaillée
Erotique

Mémoires de soie



Bonjour, je m’appelle Chantelle.

Je porte un joli nom, n’est-ce pas ?

Ma maîtresse... je sais que je devrais plutôt employer le terme « propriétaire », mais les liens qui nous unissent sont empreints de tant d’affection et de complicité que je préfère ce mot... Ma maîtresse, donc, curieusement, m’a achetée à Londres dans un « Second hand store »... vous savez, ces boutiques de fripes, où l’on peut acheter des « Raspberry berets », dont certaines, très chics, très courues, font le bonheur des coquettes branchées toujours à la recherche du détail distinctif qui va les extirper du lot...

Ma jolie maîtresse, Dominique... Ma Domino est de celles-là. Elle est adorable, je vous parlerai d’elle tout à l’heure... Mais n’anticipons pas...


Comme je vous l’ai dit, elle m’acheta à Londres, cependant, je suis parisienne, même si mes origines sont provinciales, mais bien françaises, je suis née dans l’Aube, à Romilly-sur-Seine. Je fus achetée pour la première fois dans le très chic magasin de lingerie fine de Madame Anne-Diane Lessay, Avenue Montaigne à Paris par Madame De Sartène, épouse d’un riche industriel de province en 1995.


Je suis bien née, savez-vous...? Héritière d’une tradition de savoir-faire et de qualité, je me réclame de la classe et de l’aristocratie vestimentaire « So French » que les femmes du monde entier nous reconnaissent.


Je suis une jolie petite culotte de soie noire affriolante à dentelles coquines et volants fripons, d’une distinction et d’une féminité capable d’enflammer même les imaginations les plus tièdes, et me jeter un coup d’œil suffit à évoquer les soyeux et tendres trésors que je cache et protège... pour mieux vous les révéler. Je suis l’œuvre de la styliste Christiane Bailly dont chacun connaît la patte inimitable, qui place ses modèles hors du temps.


J’ai un parcours peu commun, non que j’en tire une vanité quelconque, mais je me suis rendu compte en discutant avec mes copines et copains du tiroir de la commode, où nous sommes rangés... si vous saviez les pipelettes que nous sommes ! Il faut dire que nous sommes bien placés pour avoir des sujets de conversation hautement intéressants... Je me suis aperçue, donc, que j’étais la doyenne de toutes, toutes, vous m’entendez...? De toutes ses pièces de lingerie, et je ne veux pas, encore une fois, paraître bégueule, mais je n’ai pas une ride...! (à part un petit problème dont je vous parlerai tout à l’heure... mais, n’anticipons pas...).

Il faut vous dire que mes maîtresses ont toutes pris grand soin de moi.

Ma première maîtresse, Louise De Sartène, était une jolie jeune femme, très sage, elle ne prit jamais d’amant et resta fidèle à son mari, jusqu’à ce que... mais, n’anticipons pas...


Son mari riche industriel très occupé ne fit jamais attention à moi mis à part la première fois que Louise me revêtit pour lui plaire et lui demanda ce qu’il en pensait. Il laissa tomber un « Très jolie ! » pour m’enlever immédiatement et prendre en deux temps trois mouvements dans la position du missionnaire le délicat trésor de sa légitime... qui méritait, je vous prie de me croire, bien plus de prévenances et d’attention... mais bon.

Louise me traitait avec les égards dus à une pièce précieuse... ce que je suis. (je plaisante, bien sûr...! ). Tous les soirs, lorsqu’elle m’avait portée dans la journée, elle me mettait à tremper dans de l’eau froide additionnée d’un trait de vinaigre blanc, me savonnait délicatement, me rinçait trois fois et me mettait à sécher à plat sur un linge propre devant la fenêtre de la buanderie, toujours entrouverte. Et pendant des années, elle ne laissa jamais le soin à d’autres de s’occuper de moi... elle me dorlotait.


J’adorais cette femme même si je la trouvais un peu trop sage et raisonnable à mon goût.

Encore que...

Je savais ma gentille petite maîtresse troublée par un manque, une attente... combien de fois n’ai-je pas senti ses doigts venir languissamment caresser ma soie pour éveiller son petit bouton, qui durcit, faisait s’exhaler les longs et tendres soupirs d’une attente charnelle, ouvrant le doux coquillage de nacres turgides qui me trempait jusqu’à la moindre fibre du plus doux des philtres.


Et puis, un jour, je sus... car « À sa culotte, Femme son émoi ne cache. »...


Louise était en ville ce jour-là, et venait de « faire » quelques magasins, elle adorait ça... il faisait beau, et elle se sentait bien, presque légère, un petit coin de son âme, cependant, demandant un supplément... une attente qui ne disait pas son nom...

Elle s’assit à la terrasse de l’ « Auteuil Brasserie », et commanda un thé citron.


A une table voisine se tenait une belle femme, la quarantaine assurée, très élégante dans son tailleur chic, un joli petit chapeau rétro à voilette, un sourire charmeur et un regard qui déshabillait effrontément ma jolie maîtresse !

Immédiatement, je sentis le déclic.

Le charmant petit con de Louise, interloqué et ravi se mit à me mouiller... je le sentais s’épanouir...


Oui...! Oh, oui... Ces yeux ! ... Ce regard ! Oh ! Oui...! —


Oh ! Que c’était bon...! Cet émoi, tout neuf... Cette interrogation, jusqu’au tréfonds...


C’est moi qui... ? Qu’est-ce qu’il m’arrive...?


Tu ne t’étais jamais imaginé, n’est-ce pas, jolie maîtresse, que ton désir viendrait te cueillir là, encore au-delà des bornes où la morale avait posé le veto auquel tu avais si aveuglément obéi jusqu’alors ?

Tes yeux s’ouvraient à présent... et il te fallait accepter... abandonner... renoncer...

Cette inconnue qui avait posé son regard sur toi te possédait déjà... tu n’étais plus qu’attente...


La belle femme se leva et se dirigea vers notre table, d’une voix chaude, un peu rauque :


— Bonjour, belle dame... Auriez-vous du feu, s’il vous plaît...?


Elle se tenait près de ma maîtresse dont je sentais l’émoi... légèrement penchée sur la table de marbre, entre les doigts gantés de sa main droite, une cigarette... elle fixait Louise de son regard gris, magnétique.

Louise désorientée, comme une petite fille :


— Oh ! Je suis désolée, Madame... je ne fume pas... et, je... mais...

— Aucune importance, mon ange... me permettez-vous de venir vous tenir un peu compagnie ?

— Oh ! Oui... très certainement, rien ne me ferait plus plaisir, Madame... !


Et je le sentais bien.


— Geneviève ! Je suis absolument ravie...


Se saisissant de la main que ma maîtresse lui tendait, elle l’embrassa intensément...


Louise avait conscience qu’on avait dépassé la simple rencontre anodine... elle foulait un territoire tabou...


— Je suis enchantée Geneviève, je m’appelle Louise. Asseyez-vous, je vous prie...


Geneviève s’installa face à elle, tout en retirant ses gants, elle avait plongé le regard brûlant de ses yeux gris dans ceux de Louise.


Elles se mirent à parler, disaient des mots, évoquant ces choses qui faisaient leurs vies, plantant un décor inutile, qui n’abusait aucune d’elles ... les deux belles savaient que la pièce qui les intéressait se jouerait ailleurs, en coulisses, à huis clos.


Tout était dans leurs yeux, au bout de leurs doigts qui s’effleuraient, dans leur tension, l’une vers l’autre, et qui s’exacerbaient, affolantes.

L’adorable petit con tumescent, gorgé de désir de ma jolie maîtresse m’inondait de sa cyprine, j’étais heureuse... jamais Louise n’avait ressenti pareille excitation... Je te savais déjà, chère maîtresse dans cette délicieuse torture n’espérant plus que ta reddition.


Geneviève fixa un instant sa tendre proie de son envoûtant regard puis se saisissant de sa main, la serra.


— Viens, chérie, j’ai très envie de toi ! Je suis à deux pas...


Sur le chemin, Geneviève qui avait noué ses doigts à ceux de ma maîtresse dont le cœur battait à tout rompre, n’y tenant plus, attira sa belle sous une porte cochère et l’embrassa dans un baiser passionné qui fit fondre ma jolie Louise et la fit s’ouvrir dans un râle à la caresse que son amante lui prodigua à travers ma soie... c’était la première fois que quelqu’un d’autre me caressait...

Oh ! Geneviève, ce fut divin...! Et que dire des plaisirs ineffables et des orgasmes sidérants que tu offris à ma tendre maîtresse lui ouvrant des horizons qui bouleversèrent sa vie... car en vous disant que jamais Louise ne prit d’amant, je ne dis que l’exacte vérité, elle prit par contre Geneviève pour maîtresse... et en tomba éperdument amoureuse, ce qui changea radicalement son existence.


Quelque temps après leur rencontre, sans haine ni rancœur, elle se séparait de son mari, ni l’un ni l’autre ne souhaitait divorcer et marquer du sceau de la brutalité, ce qui pour elle comme pour lui avaient été malgré tout de belles années... Elle emménagea avec Geneviève avec qui elle voulait désormais tout partager...


Vint alors une période pendant laquelle ma maîtresse me délaissa quelque peu, elle avait pris goût, sous l’influence de sa maîtresse à elle, à d’autres pièces de lingerie plus osées qui, sans vouloir lui manquer de respect, la faisaient parfois ressembler à une pute... Mais Geneviève adorait ça et à cette époque, ses désirs étaient des ordres.

Je n’avais rien à dire, sachant exactement comment se comporte une petite culotte... si la capacité à m’émouvoir m’est une donnée fondamentale, le stoïcisme est, lui, inscrit dans l’ADN de la moindre de mes fibres.


Geneviève était adorable, j’aimais beaucoup cette coquine absolue et sous son influence, ma tendre Louise devenait une polissonne qui rattrapait avec gourmandise des années de jachère et de dormance charnelle.


Cependant, je n’en profitais pas souvent, du fait que je passais le plus clair de mon temps sagement pliée dans le tiroir de la commode où les deux amantes rangeaient leur lingerie... Toutefois, je ne m’y ennuyais pas tant les échanges avec les copains et copines du tiroir étaient riches et variés...

C’étaient, bien sûr, les échanges avec les pièces de lingerie de Geneviève qui étaient les plus intéressants... elles en avaient des choses à dire...! C’est là que j’appris à connaître vraiment la personne qui avait fait tomber ma jolie Louise dans ses rets... Sans qu’il n’y eut jamais aucun cynisme ni noirceur de sa part, je crois qu’elle aussi était vraiment amoureuse.


De potins en confidences, je sus que Geneviève était, et ce, de longue date, une habituée des soirées fines qui se donnaient dans les boudoirs de la haute bourgeoisie parisienne, et si elle était une grande amatrice de jolies femmes, elle ne dédaignait pas à l’occasion de s’adonner à la pluralité masculine... j’eus à ce sujet quelques confidences de la part d’une jolie petite culotte échancrée, ainsi qu’à celles d’un porte-jarretelles d’une classe absolue me confirmant dans le sentiment que leur maîtresse avait un tempérament de feu...


Ces soirées lui donnèrent d’ailleurs l’occasion de fréquenter, elle aussi, du beau linge... la belle y faisant la rencontre d’une actrice connue dont elle fut la maîtresse pendant plusieurs mois...


Bien entendu, Geneviève n’eut de cesse que d’entraîner sa chérie sur les chemins de ses débauches, et Louise qui avait jeté sa pruderie aux orties l’y suivit avec une curiosité impatiente...

Ma jolie petite maîtresse y trouva son compte... cela nous valut, cependant à l’une comme à l’autre, plus encore pour moi peut-être... une sacrée déconvenue : je fus victime d’un slipnapping.


Voilà comment l’affaire se déroula :

Il y eut un rai de lumière en haut... on ouvrait le tiroir. Évidemment, silence immédiat. Des voix de femmes, une main qui me saisit, c’était Louise, ma jolie Louise, qui me parlait, en même temps qu’elle parlait à sa coquine ...

Ses doigts sur moi semblaient une caresse...


Oh ! Maîtresse... ça faisait si longtemps !

— Non, mais tu rêves ma chérie...? Elle...? Mais il n’en est même pas question...!


De qui parlaient-elles ?

Je ne le savais pas... Je réapparaissais aux choses et n’avais qu’une pensée... ma maîtresse me tenait dans ses doigts, et m’avait choisie. J’étais à elle. Elle m’emmenait... la vie encore...

Et la vie, les chemins qu’elle te dicte, tu les prends et tu les aimes.

Une goutte de N°5, et nous étions en route, pour « un truc... ! » avait dit Geneviève...


Et en effet... « Un truc...! » ! Un vrai...! Ma Louise chérie fut émerveillée par cet étalage de luxe et de brillance tel qu’elle même, n’en avait jamais vu... miroir aux alouettes...


Et ma gentille petite alouette ne vit rien venir quand l’autre goulue se jeta sur elle.


— Oh ! Charêe... câmme je suis harase de vous rencontrê... Geneu m’a tant parlê de vous... C’est un vra bonhar...!


C’est qu’elle était sacrément mignonne la garce, et elle savait en jouer... au bout de quelques minutes, sous le regard amusé de cette gourgandine de Geneviève, elle nous entraînait, roucoulante, vers les invites moelleuses d’un canapé...


Quelle idée as-tu eue, ma Louise de te laisser entraîner dans cette « Girls’ Party », sur les insistances de ta chérie...? Cela dit, tu étais ravie, coquine, et elle n’eut pas besoin de beaucoup insister, cette jolie petite salope.

Je peux paraître excessive dans les termes que j’utilise à son endroit... je tiens à m’en expliquer :


La belle Lorène avait entraîné ma jolie maîtresse dans un divan profond, la caressant, l’embrassant... s’enivrant de sa beauté et de sa candeur, elle se laissa aller à son plaisir, commençant à effeuiller la jolie rose, remontant les volants de la mignonne robe rouge... d’un coup d’œil, elle me vit ... me baissant délicieusement sur ses chevilles, elle embrassait le doux petit con de ma maîtresse... Louise en était pâmée entre ses bras. Doucement, la jolie garce me sortit des chevilles de ma belle et, me roulant en boule, me glissa derrière le coussin de dossier du divan... qui aurait l’idée de venir me chercher là...? J’avais eu le tort de lui taper dans l’œil.


— Oh ! Chérie, si tu la retrouves ... je t’en prie, dis-le-moi... j’y tiens beaucoup...!

— Ma, bien seur, charêe... alle n’a pas pardue... dès que je mets la main desseus, je t’appalle...


Adieu, ma jolie Louise...! Qui repartit, cul nu, au bras de sa Geneviève...

J’étais devenue en un tourne-main la propriété de la jolie et rouée, Madame Lorène Bancale, surnom que je lui attribuai (on a les vengeances qu’on peut !).

C’était ainsi et je n’avais pas mon mot à dire... stoïcisme... tu parles !


Lorsque ma belle garce de Lorène me revêtit pour la première fois, elle me fit découvrir émerveillée, le plaisir d’un contact d’exception avec les rondeurs suaves et douces de ses magnifiques petites fesses et me fit tomber en extase devant son merveilleux petit con, adorable coquillage de fraîcheur et de grâce dont je tombai follement amoureuse... Et que dire de son mignon œillet mauve... il me ravissait...!

Le fait que Lorène m’ait soustraite à ma Louise chérie de si vilaine manière n’enlevait rien à la beauté de cette femme absolument sublime, que j’aurais pu aimer si... mais avec des si, disait l’autre...


Par la force des choses, et selon son bon vouloir, Lorène était ma nouvelle propriétaire. Je savais qu’elle ne serait jamais ma maîtresse.


Avec elle, je fus embarquée dans un tourbillon frénétique de mondanités, réceptions et soirées, telles que je n’en avais jamais connu... ce fut d’une intensité !


Elle me fit profiter, en accéléré, de cours intensifs sur toute cette toute petite culotte de haute volée ou de bas étage, c’est selon... doit savoir. Entichée de votre servante, dans les premiers temps, elle m’emmena dans toutes les partouzes et parties fines qui pouvaient se donner ici et là.


Si mes deux coquines de Louise et Geneviève m’avaient parfois semblé être de sacrées dévergondées, à côté de Lorène, elles faisaient figure de nonnes... J’évoque les soirées lestes et les parties fines, mais la maraude faisait feu de tout bois.

Si l’occasion s’en présentait, le bosquet d’un parc, la cage d’escalier devenait un lieu de débauche dont le plaisir qu’elle en tirait, décuplé par le goût du risque, calmait pendant un temps son appétit insatiable.

Elle recherchait avec gourmandise ces expériences insolites qui pimentaient encore davantage la saveur de ses plaisirs salaces.


Il lui fallait du sexe encore et encore du sexe... autre chose peut-être...? Et c’est là que cette garce aurait pu devenir intéressante, et m’émouvoir s’il n’y avait eu ce geste qui la faisait irrémédiablement tomber du côté obscur... « Tin, tin, tin, tin, ta, ta tin, ta, ta, tin »... oui, avec Louise, nous étions allés voir « Star Wars »... j’avais trouvé ce cartoon amusant.


Elle s’inventait des plans pour aller toujours plus loin...

Elle s’était, un jour, trouvé un mec, chef de chantier, à qui elle proposa un plan abattage avec ses ouvriers, le gars ravi la fit venir sur le chantier où dans un Algéco, sur une paillasse elle se fit baiser à la chaîne, par une vingtaine de types que le mec bien sûr fit payer sans qu’elle n’en sût rien...


De temps à autre quand l’envie la prenait, elle s’habillait et se maquillait comme une tapineuse et allait « au Bois », où elle racolait n’importe qui, se faisant payer, comme une vraie...


Pendant un temps, elle s’adonna aussi au dogging accompagnée d’un de ses amants, bon chic bon genre, qui profitant de son penchant pour ces perversions, en profitait, lui, pour s’encanailler... Je pourrais continuer la liste de ses turpitudes, dont certaines ne sont pas racontables ici... Je n’assistai pas à toutes, bien sûr, mais je l’ai dit, la quiétude soyeuse et parfumée des tiroirs des commodes incite aux confidences...


Ce que je préférais, étaient ces soirées Champagne où tout semblait brillant, aisé, facile, c’était là qu’elle m’emmenait le plus souvent et c’était là que je la sentais le mieux faire semblant d’être heureuse...

Louise, quand elle jouissait était dans l’immédiateté de son plaisir, comblée et épanouie... Lorène elle, avait toujours cette sorte de coup d’avance... elle avait beau être tordue de jouissance sous le vit des amants blacks, qu’elle allait recruter en banlieue, avec ce plus du parfum de s’avilir qui l’enchantait... Alors qu’ils la faisaient crier sous la loi brutale de leur mandrin, une part d’elle-même était déjà dans autre chose... ailleurs...


Dans ces moments-là, elle en serait presque arrivée à m’attendrir... nous aurions pu... Dommage !


Et puis, tout comme elle se lassait de tout, elle se lassa de moi... Foucade parmi ses foucades, je me retrouvai un jour remisée au fin fond d’un tiroir, en bonne compagnie, certes, si Lorène était une chipie, elle n’en était pas moins une femme de goût. Cependant, je connus là, une longue traversée du désert... une autre bien pire et bien plus longue m’attendait... Mais, n’anticipons pas...


Combien de temps cela dura-t-il...? Je ne saurais le dire exactement... comment savoir ?

Ça n’était pas de l’ennui... nous faisions salon en permanence et c’était à qui dirait le plus joliment ses souvenirs. C’était une règle du jeu qui s’était instaurée avec le temps, presque naturellement, chacune et chacun de nous ayant ce qu’il fallait pour ce qui était des anecdotes savoureuses, pensez donc...! Encore fallait-il les dire avec élégance et savoir tenir en haleine un public qui devenait au fil du temps de plus en plus exigeant.


J’avais un petit talent et m’étais constituée en tant que conteuse de tiroir, un auditoire, à la fois bienveillant et très demandeur. Aussi, ne me faisais-je pas prier pour témoigner de ce que j’avais vécu... il m’arrivait bien parfois de broder un peu... très peu, juste pour l’art.


Il y en avait une parmi nous, une petite culotte de dentelle rose, qui était impayable ! C’était un régal de l’écouter évoquer les frasques de la belle Lorène... Nous étions pliées (Tu penses...! ) à chaque fois qu’elle prenait la parole, la coquine avait un humour aussi subtil que féroce, et nous attendions avec impatience, le moment où ce serait à son tour de nous régaler... Et ça ne manquait pas... Quels feux d’artifice ne nous a-t-elle pas allumés !


Nous avions du temps... beaucoup de temps, et comme tout ce qui est pléthore, il finit par ne plus compter...

Dire si cela dura des semaines ou des mois, je ne saurais le dire tant le manque de repères uniformisa cette durée... je me prenais à penser que le temps n’a que sa longueur, qu’ il paraît semblable à lui-même, tout le... temps. Parfois j’avais l’impression qu’il était comme constitué d’une simple addition d’instants successifs chaque instant ductile à souhait... parfois il me semblait comme le flux continu d’un seul instant...« le temps, le temps, le temps n’est rien d’autre... ». J’avais entendu ça quelque part avec Louise... ma jolie Louise, comme tu me manquais, avec ta vie presque rangée, ta manière presque carrée de voir et faire les choses. Peut-être était-ce ce « presque » qui me plaisait aussi chez toi...


Cette folasse, ce qu’elle était et ce qu’elle avait fait, importait peu... tu me manquais, toi et ta coquine. Où étiez-vous, si loin de moi... moi, si loin de vous ?


Et puis un jour, il se produisit ce qui m’apparut comme une trouée dans la grisaille de cette routine, on ouvrit notre tiroir qui, au lieu de se refermer rapidement comme cela, se produisait souvent, resta grand ouvert... de la lumière... un air soudain plus frais, d’autres senteurs... une odeur de tabac blond...


— Claresse, ma balle... Tu vas m’aider à faire le trê parmê toutes ces veillerêes, okê... ?

— D’accord, chérie !... Oh ! Mais c’est la caverne d’Ali Baba...!

— Tu prends ce qui te fa plasêr, charêe...!


Je me pris à penser avec le cynisme qu’elle avait su éveiller en moi, qu’elle n’usait pas de cet accent affecté de volaille bourgeoise quand elle engueulait sa bonne, Philomena... ses emportements faisaient alors sortir du bois celle qui se cachait, dans toute sa vulgarité, derrière les manières récitées avec l’application des mauvaises actrices.

Pauvre Lorène, qui blessait tant de monde...!


Elles s’amusèrent une bonne partie de l’après-midi, et quand elles eurent fini... je repartais avec Clarisse.


Petite Clarisse, si douce, si sage... qu’est-ce qui chez toi avait pu séduire Madame Bancale ? Peut-être justement ce qui lui manquait, ta sagesse et ta retenue...

Quel bonheur ça a été de quitter avec toi, cette maison dans laquelle même les bons souvenirs que j’y garde ont un petit parfum d’amertume...


Tu me fis, gentille petite maîtresse, une vie apaisée qui me reposait si agréablement des turpitudes et des excès de Madame Foldingue... avec toi, je redécouvrais ce qu’était l’attente douce d’un désir avec le bonheur et l’impatience tranquilles de ce petit cœur de midinette qu’était le tien...

C’est ce que j’aimais chez toi, frivolité, légèreté, fantaisie essentielles...

Clarisse, essence de féminité innocemment perverse... tu les aimais ces jeux de l’amour. De la midinette tu avais, gentille coquine, ce côté fleur bleue qui faisait que ce qui apparaissait torve chez Madame Folasse tenait chez toi de la fantaisie d’une bluette à la légèreté frivole... Toi, tu ne baisais pas, tu faisais l’amour...

Avec légèreté et fantaisie... mais quelle coquine tu savais être... je me souviens de cette promenade en barque avec ton amie Françoise... elle aussi, quelle canaille !


Vous aviez longuement pris votre temps pour faire votre choix parmi les bateliers, déambulant bras dessus, bras dessous, le long de l’embarcadère où ils attendaient le chaland, debout à l’arrière de leur barque, bavardant entre eux, appuyés à la longue perche fichée au fond. Vous marchiez à pas lents avec de petits rires et des regards fripons, vous penchant, l’une sur l’autre dans une attitude délibérément équivoque... Ils étaient là, à baver et vous jeter des regards d’envie...


Il vous fallait cette émoustillante mise en scène, elle faisait partie de la montée du plaisir... viendrait ensuite le manège pervers d’exciter le nautonier... sous ses yeux, ébahis vous comportant tout comme s’il n’était pas là, vous livrant à vos affolants petits jeux de filles... et laisser venir...

Et cela se passa exactement comme vous l’aviez prévu... N’en pouvant plus, il vous supplia, arrêta la barque dans un bras mort et malgré l’inconfort, ou peut-être grâce à celui-ci, vous aviez passé, tous les trois une fin d’après-midi torride pour un mois d’avril.


Polissonnes...! Vous m’amusiez...


Tu le revis ce batelier... il était très amoureux et tu le savais... toi, beaucoup moins... ma Clarisse, toi, tu étais tout simplement amoureuse de la Vie...


Il n’était pas de taille à lutter, pourtant tu n’eus pas la cruauté de le lui dire et avec la gentillesse qui te caractérisait, tu pris sur toi pour atermoyer, espacer les rendez-vous que tu lui accordais quand même... mentir, car il le fallait bien.

Il finit par te prendre pour une conne et un soir, te le jeta au visage... Tu le regardas et sur un sourire tournas les talons.

J’y repensai après-coup ... Ce n’était sûrement pas la façon dont Lorène l’aurait joué... et songeai à combien est étrange la manière dont les rôles, dans la vie, sont distribués.

Les contes de Perrault me vinrent à l’idée...

Le fait que je connaisse Charles Perrault vous étonne n’est-ce pas...?

Je connais bien ce grand conteur d’histoires à vous faire froid dans le dos, c’est une expression, bien sûr... je n’ai pas de dos.


Mes toutes belles, je vais vous révéler un secret, et vous saurez ainsi pourquoi et comment je connais Monsieur Perrault... par le biais de votre épiderme avec lequel nous sommes en contact si étroit, en permanence, nous absorbons de toutes nos fibres votre ADN, et avec lui, les plus secrètes de ses données... dont certaines que, vous-mêmes, ignorez.


C’est ainsi que je suis porteuse des apprentissages, expériences, cultures, réflexions, émotions... secrets... de tout ! De ma jolie Louise, mais aussi de ceux de Geneviève, pensez donc si la coquine ne m’a pas « empruntée » à sa chérie... je sais, bien sûr, les secrets de Mme Foldingue, et même ceux de Philomena sa bonne Portugaise qui m’ « essaya » toute une matinée, ce qui me permit de vérifier que certaines légendes ne sont pas toutes sans fondement... ma petite Clarisse et ma Domino chérie, elles aussi m’ont tout dit d’elles...


Alors, sachez bien Mesdames et Mesdemoiselles et, je l’ai entendu dire... certains Messieurs... mais, ce ne peuvent être que d’odieux racontars, n’est-ce pas ?

Sachez bien, donc, au moment de nous revêtir que vous ne pourrez rien nous cacher de vous, absolument rien...


Mais je digresse, parenthèse et tiroir...

Reprenons, si vous le voulez bien, nous en étions restés à Charles Perrault, je crois...

Cet auteur met en avant dans les contes qui le rendirent célèbre, deux types de personnages, les « choisis », qui pour certains hériteront d’un chat plutôt futé qui fera leur fortune ou, telles que la bergère Griselda dont la grande beauté et la sagesse feront l’aimer d’un prince... et puis, il y a les autres.

Dans ce monde bien partagé, les bons y sont beaux, les méchants y sont laids et « la beauté cachée des laids » ne se voit pas sans délai.

Sur le berceau des élus, les beaux, de braves fées, bonnes et bienveillantes se penchent, alors que sur celui d’autres, les ordinaires, les lambda, personne ne se penche, ce qui est moindre mal, d’ailleurs, car sur d’aucuns encore, les laids, ce sont Carabosse et consœurs, qui viennent y grimacer leurs augures.


Cette constante sous-tend toute son œuvre, vision janséniste de la vie, tellement injuste, mais si vraie...


Connaissais-tu les noms de celles qui se penchèrent sur ton berceau, ma Clarisse ? Et toi, Lorène, qui se pencha sur le tien...?


Je coulais des jours heureux avec ma gentille Clarisse qui jolie comme elle l’était, enchaînait les rencontres et ne détestant pas mélanger les genres, il arrivait que nous nous retrouvions un soir au lit d’un homme le lendemain à celui d’une femme... parfois des deux, c’est dire que je ne m’ennuyais pas... et même quand je devais rester dans son dressing, c’est là qu’elle nous rangeait, dans de jolies petites boîtes à compartiments, ornées de dentelles qu’elle-même avait confectionnées... elle était très adroite de ses mains, j’avais eu l’occasion d’en juger... et de ces jolies petites boîtes s’élevaient en permanence murmures et chuchotements, secrets et confidences dont je raffolais et qui me confirmèrent dès le premier séjour que j’y fis, dans l’idée que je m’étais faite de ma gentille petite maîtresse : Clarisse heureuse de tout, se balançait au vent léger, profitait de tout ce qui lui faisait du bien et ignorait le reste.


Clarisse avait une fille, Lou, que je rencontrai alors qu’elle n’était qu’une petite fille.

A maintenant quatorze ans, elle était devenue une de ces jolies petites morpionnes qui font déjà se retourner les hommes, frémissante du bonheur d’être, impatiente de tout, agaçant tout le monde avec ses pépiements exigeants de petite moinelle, tout heureuse d’être tombée du nid... adorable et adorée de sa maman chérie, qu’elle adorait elle aussi, tout cela dans un bazar affectif où les engueulades et les prises de bec n’empêchaient pas une totale fusion entre les deux copines, plutôt que mère et fille.


Clarisse avait eu Lou très jeune, et après une courte tentative de vie commune avec le papa, à dix-neuf ans, elle décidait d’assumer seule sa maternité... Lou ne voyait son père que de manière anecdotique... elle l’aimait bien son papa, mais ne le connaissait pas, alors que des liens de plus en plus étroits se tissaient de jour en jour avec sa Clarinette, surnom que la môme attribua, avec une connivence désinvolte à sa génitrice qui amusée l’accepta...


A quatorze ans, la jolie Lou qui semblait être la sœur de Clarisse plutôt que sa fille trouvait normal que ce qui appartenait à sa mère soit aussi sa propriété. Cela valait pour tout, pour l’argent, que sa mère lui octroyait pourtant généreusement, mais qu’elle lui volait dès qu’une occasion se présentait, mais aussi pour les bijoux et produits de beauté ainsi que les vêtements. Alors que Clarisse s’habillait souvent comme sa fille... sa fille s’habillait souvent comme sa mère.


Cette année-là, il y eut au bahut, le lycée La Folie Saint-James de Neuilly, que Lou fréquentait, un engouement pour le dernier gadget, le « must », comme disait cette expression à la mode, elle aussi : le téléphone appareil photo. Celle qui n’en avait pas un était la dernière des connes... Lou n’était pas de celles-là !


Elle demanda à sa maman chérie de lui en acheter un, mais lorsque celle-ci entendit les prix, elle refusa tout net... Lou ne voulait pas n’importe quel modèle, c’était le Nokia N90 qui coûtait la bagatelle de huit cents euros.


— Voyons ma chérie... garde un peu les pieds sur terre ! Huit cents euros pour un téléphone ! Je préférerais garder cet argent pour te faire passer le permis de conduire ou t’acheter une voiture...

— Le permis c’est dans quatre ans... t’as le temps d’en mettre de côté, de l’argent... Oh ! Allez...! S’te plaît, Manou... Sois gentille, pour une fois !

— Pour une fois...! Eh, bien, ma chérie, tu ne manques pas d’air...!

— Allez, ma Clarinette...

— Non, ma chérie, c’est non, définitivement non !

— Aah...! Et pis, tiens, t’es qu’une pince...! Radin, va !


Clarisse ne put s’empêcher de rire


— Eh, bien ! Merci... c’est sympa...!


Sur ce, Lou s’en fut dans sa chambre dont elle claqua la porte et s’y cloîtra pour l’après-midi.

Malgré les efforts de Clarisse pour amadouer sa fille, le dîner se déroula dans une ambiance tendue, Lou ne desserrant pas les dents. Elle partit se coucher sans embrasser sa mère, ce qui ne se produisait que les soirs de grandes crises...


Sa décision était prise, puisque l’autre radin ne voulait lui offrir son téléphone, eh bien ! Elle se débrouillerait toute seule... On allait bien voir, tiens...!

Elle se mit en quête de petits boulots, se trouva une place d’aide-vendeuse sur le marché, fit des courses pour les voisins, se proposa à une vieille dame pour aller faire pisser Mirza...

Clarisse était ravie...


— Ma chérie, si tu savais comme ça me fait plaisir de te voir t’investir comme ça pour ton projet...! Tiens, je t’aiderai...!

— Combien ?

— Euh ! Je sais pas... cent ? Cent cinquante...?

— Ouais...! Bon... ben, merci...!


La gosse voyait les semaines passer, et si ses petits boulots ne lui rapportaient que peu d’argent, ils lui prenaient un temps fou... elle avait décidé qu’elle l’aurait son téléphone... oui... mais du train où allaient les choses, ce ne serait sûrement pas avant la Saint Glin-Glin !


Alors, les descentes dans le coffret du tiroir de gauche de la grande armoire normande du salon se firent de plus en plus fréquentes, Clarisse y gardait ce qui lui semblait être du vrai argent, celui qu’elle avait plaisir à regarder, car il ressemblait à la vraie richesse... à celle à laquelle elle avait rêvé avec sa maman quand elle était petite, et qu’elles défroissaient toutes les deux les billets avant de les ranger avec respect dans la grande boîte en fer du buffet Art-Déco...


La drôlesse, au début, fut prudente, ce ne furent que quelques billets, cinq et dix parfois... il fallait prendre garde à ne pas éveiller l’attention... Avec sa naïveté de gamine, elle n’imaginait pas que Clarisse s’était aperçue de ses larcins, il y avait de cela bien longtemps... elle n’en avait jamais rien dit... ne l’avait-elle pas fait elle aussi quand elle était môme avec la monnaie des courses sur laquelle elle prélevait régulièrement sa dîme ? Bien sûr, ça n’était pas grand-chose... mais, le geste était là...!


Au bout de trois semaines, Clarisse, qui savait exactement où en était l’état de sa cagnotte, constata avec stupeur et colère qu’il y manquait plus de cent euros... on n’était même pas bien loin des cent cinquante. Mais c’était surtout la déception qui l’accablait... Voilà donc ce qui se cachait derrière leur connivence et leur belle complicité...


Elle fut encore plus déçue, le soir quand Lou rentrant de chez une copine, elle lui en parla.


La môme commença par tout nier en bloc, jurant croix de bois, croix de fer... soutenant que « c’était pas elle... qu’elle en savait rien ! » et avec des talents de comédienne que sa mère était loin de lui soupçonner, elle éclata en sanglots, pleurnichant que « c’était dégueulasse... que jamais elle aurait cru... » avec une science du retournement de situation qui laissa Clarisse pantoise.

Dans une crise d’hystérie très bien jouée, elle alla s’enfermer dans sa chambre.


La volatilité de l’argent subit une baisse importante dans les jours qui suivirent, mais n’en continua pas moins...

La demoiselle s’était bien sûr trouvée échaudée sur le coup, mais poursuivait toujours son but... Il fallait simplement ajuster la stratégie : la fine mouche jeta son dévolu sur le dressing de sa mère.

Clarisse avait une garde-robe impressionnante, d’une grande variété et d’une élégance de grande classe... elle adorait s’habiller et ne possédait que des articles de luxe.

Une première reconnaissance fut effectuée au cours de laquelle la gamine fit un relevé des vêtements que Clarisse ne portait plus ou très peu souvent.

Certaines d’entre elles firent partie de la première razzia au cours de laquelle le carré Hermès bleu et une jolie ceinture en croco disparurent.

Elle en tira quelques billets chez un fripier.

Clarisse ne s’aperçut de rien...

Il y eut une semaine plus tard, une deuxième razzia.

Je fis partie de la troisième.


Il me fallut, avec stoïcisme, dire adieu à ma gentille petite maîtresse. Et après un court trajet en sac plastique, je me retrouvai dans les mains du fripier qui me jeta sur un monceau de vêtements.

Assourdie par un brouhaha de questions, d’interrogations, de questionnements inquiets, je crus même entendre des sanglots... une qui manquait de stoïcisme... Nous étions bien loin des confidences enjouées qui se chuchotaient dans les tiroirs des commodes...

Qu’allions-nous devenir ? Je l’ignorais... Ce que j’ignorais aussi, c’est qu’une autre longue traversée du désert m’attendait... Mais, n’anticipons pas...

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