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La mer du diable

Chapitre 1

L'erreur est humaine

Inceste

Entre l’ombre et la lumière, le corps ondulait lentement. Bercée par les mots d’une chanson aussi délicieuse que la peau d’un bébé, Louisa dansait. Son esprit enfermé dans une sorte de brouillard épais, elle profitait des derniers rayons de soleil sur la plage. Seule ? Non pas vraiment, une bande de jeunots chahuteurs avait allumé un feu et brulait la vie autant que les bois flottés ramassés sur la grève. La femme tournait lentement avec cette musique qu’elle seule entendait, qu’elle seule écoutait.


Sa minuscule jupe s’envolait au gré des pas qu’elle imaginait, qu’elle interprétait, tous dans le rythme que sa tête lui dictait. Par transparence, ses longues jambes étaient parfois visibles bien haut, presque jusqu’à la ceinture. De ces hanches, reparait un top ultra-moulant et deux pointes semblables à des petits boutons s’imprimaient dans le tissu de ce caraco collé à son buste. Elle ne chantonnait pas, sauf à l’intérieur de son crâne. La marée montait et venait par instant lécher les pieds nus de cette femme sans âge.


Autour de leur brulot de fortune, de la ribambelle de grands gamins qui riaient, certains s’étaient arrêtés pour suivre cette frêle silhouette, elfe venu de nulle part. Les garçons voyaient cette poupée sautillante et tous imaginaient ce que ses vêtements suggéraient plus qu’ils ne cachaient. Elle allait en cadence, comme prise dans une folie étrange, une ivresse qu’elle seule aurait pu stopper. Quelques paires d’yeux flottaient sur des lignes et des formes que les dernières lueurs du soir rendaient fantasmagoriques. Une ballerine sauvage qui valsait sur la plage, voici qui n’était pas banal.


Puis au fur et à mesure qu’elle s’éloignait du groupe de joyeux fêtards, les regards des jeunes se fixaient ailleurs. La pauvre petite chose qui valsait sur le sable n’intéressait déjà plus personne. Dans le cerveau de Louisa, l’orage ne passait pas, il ne la quitterait donc plus ? Henri Salvador et sa chanson étaient là, à animer son corps de mille mouvements lascifs.


« Une chanson douce

Que me chantait ma maman,

En suçant mon pouce

J’écoutais en m’endormant.

Cette chanson douce,

Je veux la chanter pour toi

Car ta peau est douce

Comme la mousse des bois.


La petite biche est aux abois.

Dans le bois, se cache le loup,

Ouh, ouh, ouh, ouh !

Mais le brave chevalier passa.

Il prit la biche dans ses bras.

La, la, la, la. »


Obsédante, entêtante la mélopée revenait en boucle dans la caboche de Louisa. Le loup, ouh le loup ! Il était là dans son cerveau et rien ne l’en délogeait. L’écume des vagues qui mourraient aux pieds de la femme ne ramenait pas le calme ni la raison à cette baladine estivale. Elle ne tournait plus sur elle-même. Elle avançait dans cette masse d’eau aux couleurs de la nuit tombante. Grise, comme les souvenirs qui se bousculaient sous la tignasse mal peignée de la femme. À y voir de plus près, elle ne devait sans doute pas dépasser la quarantaine et son visage restait joli.


Son corps musclé était fait pour la danse et une sorte de grâce naturelle se dégageait de la silhouette aux formes minces. Cheveux roux au vent, elle était désormais dans l’eau jusqu’à la taille. Elle ne fredonnait plus, mais la musique restait au fond de son crâne. Un pas encore, puis un autre et l’eau lui léchait une poitrine qui savait rester ferme, qui apparaissait aussi sous le top mouillé collé à sa peau. Elle se trouvait bien loin du feu des gosses qui festoyaient, elle était... seule au monde, avec sa mélodie bloquée en elle.


La ronde autour des flammes s’était aussi apaisée, juste un instant perturbée par l’apparition d’un elfe, d’une fée en tutu bizarre. Mais si les regards juvéniles s’étaient un moment attardés sur ses mouvements psychédéliques, c’était plus par jeu que pour se moquer. Tous autour de la flambée nocturne s’empressaient de reprendre le cours des choses un instant interrompu par le passage de la naïade. Seul un jeune homme avait gardé des yeux insistants sur la femme, passagère de la plage. Il cherchait un long moment où avait pu aller se cacher cette poupée de chiffon qui traversait la langue de dune.


— oooOOooo —


Léo avait vingt-deux ans. Une petite amie pas très sérieuse qui flirtait avec tout ce qui bougeait, et bien sûr, une cour bien amicale autour d’eux deux. Évidemment puisque la mariée était trop belle, il y avait foule et les prétendants se bousculaient au portillon. Jaloux, il l’était, mais savait aussi ne pas trop le faire voir. Ça n’aurait rien changé de toute manière, Annabelle avait une philosophie de la vie qui n’était pas celle de tout le monde. Elle aimait être entourée d’une flopée de garçons qui ne devaient admirer qu’elle.


Si beaucoup essayaient, il n’y avait sans doute que peu d’élus et Léo, elle savait lui dire, lui marteler, n’avait pas à se plaindre puisque c’était avec lui et lui seul qu’elle couchait parfois. Enfin coucher ne voulait pas dire autre chose qu’entrer à deux dans le même sac de couchage. Pas question de poser ne serait-ce qu’un doigt sur un morceau de peau découvert, sans s’attirer les foudres de cette grande bringue d’un faux blond platine. Quelque part, la Sabine des sables qui venait de passer avait comme une part, un petit contingent de cet amour-là !


Il ne savait pas pourquoi, mais il avait laissé ses quinquets frôler les formes de la lutine qui sauterellait en limite de la vague. Alors il tentait de retrouver cette petite chose si semblable à celle qui lui bousillait une fois de plus, sa soirée. Annabelle était encore, le centre d’intérêt de tous les mâles qui étaient assis autour du foyer. Une bonne odeur de viande grillée montait du barbecue géant autour duquel les mecs rêvaient tous de... tripoter la belle blonde.


Intrigué de ne plus voir la promeneuse, Léo se relevait et longeait du regard, la plage déserte. Rien ! Elle n’avait pas pu s’évaporer de la sorte pourtant. Puis il eut l’instinct de regarder un peu plus loin, vers le large. Et à quelques centaines de mètres, une tête seule émergeait encore de la nappe sombre. Juste un minuscule point et les vagues ballotaient ce repère changeant. Un déclic se produisait dans la caboche du garçon. Ce bain de nuit ne lui semblait soudain pas très futé.


Léo se levait donc et se mettait à marcher sous l’indifférence générale de ses complices du soir. Il allait rapidement pour retrouver la trace de cette virgule qui n’était plus visible à la surface. Alors mu par il ne savait quel instinct, il courait, pour se jeter à l’eau. Mais retrouver une femme dans l’élément liquide, alors qu’il ne la situait pas vraiment, c’était une mission quasi impossible. Pourtant en nageant le plus rapidement possible, il persistait.


La chance sourit aux audacieux ! Jamais proverbe ne s’avérait soudain si juste. Devant lui à une cinquantaine de mètres, la tache claire de la nageuse. Elle ne se mouvait plus, seulement cahotée par les vagues d’une mer à marée montante. Les bras de Léo se dépliaient à lui en faire mal. En quelques brasses, il se trouvait vers cette minuscule chose chahutée par les lames de plus en plus violentes.


— Ça va Madame ? Vous allez bien ?


Aucune réponse du pantin de chair désarticulé que le bouillon sombre malmenait. Alors n’écoutant que son bon cœur et son courage, le jeune homme empoignait ce malheureux bouchon qui ne réagissait plus. En peinant vraiment, il ramenait vers la plage son fardeau encombrant. Une fois sur le rivage, il cherchait des yeux une aide auprès de ses amis. Si le feu persistait à bruler sur la grève, plus un chat n’entourait le foyer. Ils étaient tous partis sans même l’attendre. Alors sans trop se poser de questions, Léo se remémorait les gestes essentiels à une survie.


Ceux appris avec les pompiers au cours de l’année précédente pour passer son permis de conduire. Au bout de quelques minutes, un horrible hoquet montait de la gorge de la femme couchée sur le sable. Elle se mettait à toussoter, s’étranglant à nouveau avec l’eau qu’elle régurgitait. Le jeune homme plaçait alors la femme sur côté et les choses s’arrangeaient d’elles-mêmes. Lentement elle revenait à la vie sous les yeux satisfaits de Léo.


— Vous m’avez fait peur, vous savez !

— Pourquoi me vouvoies-tu ? Tu es revenu ? Ce n’est pas gentil d’avoir laissé maman toute seule depuis si longtemps.

— ... Hein ?

— Oh ! Mon chéri, si tu savais combien tu m’as manqué. Tu ne repartiras plus n’est-ce pas, Grégoire ? Nous allons reprendre notre vie là ou elle s’était arrêtée. Je voulais te rejoindre ce soir, mais puisque c’est toi qui es venu à moi... je suis si heureuse !

— Madame... je ne suis pas...

— Chut, mon trésor ne dit plus rien. Nous allons rentrer à la maison, il fait un peu frais, ce soir. Je ne voudrais pas risquer d’attraper un rhume puisque tu es de nouveau près de ta vieille maman.

— Je ne suis pas celui que vous croyez, Madame. Vous alliez vous noyer et je suis allé vous rechercher. Maintenant vous devez rentrer chez vous. Vous voulez que je vous aide ?

— Ne me tutoie plus mon chéri, s’il te plaît ! J’ai l’air d’être encore plus âgée avec tes « vous ». Tu ne m’as jamais dit vous avant. S’il te plaît !

— Venez ! Vous habitez par là ?

— Tu ne te souviens même plus de ta maison ? Garnement, tu m’as fait tant de peine... Tu sais depuis ton départ, il y a eu beaucoup de changement dans ma vie.

— S’il vous plaît, Madame ! Je ne suis pas votre... fils, je suppose que vous me parlez de lui là, non ?


Mais la femme était partie dans son délire. Elle se cramponnait au bras de Léo, comme s’il risquait de s’envoler. Sa jupe trempée lui collait au corps, son chemisier tout aussi mouillé laissait apparaître par transparence une paire de seins sur lesquels le garçon louchait. Perdue dans ses pensées, la femme grelottait.


— Vous avez froid ? Vous devriez rentrer chez vous.


Louisa eut comme un sursaut. Peut-être revenait-elle à une réalité bien sombre. Tout autour d’eux, la nuit était tombée. Elle s’asseyait et serrait contre elle le jeune homme.


— Oui ! Nous devons rentrer ! Donne-moi la main ! Je suis si heureuse de ton retour.

— Mais puisque je vous dis...


D’un coup le garçon comprenait que c’était peine perdue. Inutile de vouloir lui faire quitter son monde de rêveries. Il l’aida à se relever et la fit marcher jusqu’aux dernières braises du feu.


— Venez ! Allons nous réchauffer, le brasier n’est pas tout à fait mort.

— Oh mon Grégoire ! Comme je suis contente de ton retour.


Visiblement l’esprit de cette femme était toujours aux abonnés absents. Il la fit assoir sur une pierre près du foyer sur lequel il allait remettre un morceau de bois flotté ramassé sur la grève par ses amis. Les flammes qui recommençaient à danser sur le lit rougeoyant la montraient sous un angle différent. Ses longs cheveux étaient presque roux, bien que l’eau de mer dont ils étaient gorgés gâchait un peu leur beauté. Elle ne devait pas avoir plus que quarante ans et souriait aux anges, ou à son Grégoire.


— Où étais-tu passé pendant tout ce temps mon chéri ? Tu peux imaginer comme tu as manqué à maman Louisa ? Ne repars plus jamais mon amour !

— ... !


Léo fixait cette folle gentille qui s’acharnait à le prendre pour un autre. Elle lui faisait peur, mais restait attachante par sa désarmante façon de lui parler, comme à un enfant, comme à son fils. Une seconde il songea que ses amis l’avaient bel et bien planté là, sans se préoccuper de ce qu’il devenait. Et sa copine, elle ne s’était même pas rendu compte de son absence ? Une preuve supplémentaire de sa haute importance pour elle. Cette incroyable faculté d’Annabelle à ne penser qu’à elle... il ne le comprendrait jamais.


Puis ses regards revinrent sur la femme qui elle aussi le buvait des yeux. Elle avait une lueur dans les prunelles, due peut-être aux flammes qui dansaient de nouveau sur le brasier ? Peut-être ! Mais elle s’extasiait devant le jeune homme, tout en psalmodiant des mots incompréhensibles. Il devait réagir. Il n’était pas question de passer la nuit sur la plage et décemment cette pauvresse ne pouvait pas rester seule ici non plus. Comment faire ? Appeler les gendarmes ou les pompiers ? C’était sûrement la meilleure chose à faire, mais... elle serait automatiquement emmenée à l’hôpital.


Léo n’aimait pas ce genre d’endroit sinistre. Il y avait connu des moments déchirants, lors du décès de ses deux parents, à quelques mois d’intervalle, suite à une même maladie qui les avait emportés trop vite. Le souvenir de ses passages dans ce mouroir ne lui donnait pas envie de laisser cette dame y faire un trop long séjour. Alors bêtement il lui posa une question.


— Louisa... vous voulez bien rentrer chez vous ?

— Chez nous tu veux dire mon petit Grégoire. Oui ! mais il te faut m’accompagner. Tu verras, ta chambre n’a pas bougé. Toutes tes affaires n’attendaient que toi, que ton retour.

— Je m’appelle Léo, Louisa et je ne suis pas votre Grégoire.

— ... pourquoi as-tu changé de prénom ? Nous l’avions choisi ton père et moi avec amour. Donne-moi la main, il fait frais maintenant. Nous devons rentrer, tu as raison.

— Oui ! Allons-y ! Vous avez besoin de vous reposer et de vous changer.

— Je suis si heureuse mon chéri ! Je revis de t’avoir retrouvé.


Bizarrement, le garçon se sentait d’un coup tout petit face à cette femme qui visiblement n’avait plus toute sa tête. Et comment l’abandonner là, à son triste sort ? Après tout si elle éprouvait juste un peu de joie à s’imaginer qu’il était son fils perdu, alors ça ne pouvait pas lui faire de mal. De toute manière, qu’avait-il à perdre dans cette histoire ? Rien à se reprocher de toute manière et puis, personne ne l’attendait plus nulle part. Sa minuscule chambre qu’il occupait pour finir ses études n’avait rien de folichon.


Alors, passer une nuit de plus ou de moins dans celle-là, il ne manquerait à personne et surtout pas à Annabelle. Il attrapa au vol la main froide de cette Louisa qui dansait à ses côtés. Ils marchèrent un long moment, lui ne sachant pas du tout où diriger ses pas. Cependant Louisa elle semblait savoir ou elle allait. Et après une bonne demi-heure de marche à travers la ville, l’étrange équipage s’arrêtait devant une grille que la femme poussait. Une petite allée gravillonnée menait à une maisonnette dans le noir.


— Regarde sous le pot de fleurs, Grégoire ! Tu te rappelles ? La clé, ta clé y est encore cachée.

— ... ?


Léo fit du regard le tour de ce qui entourait l’entrée. Une seule vasque avec des fleurs se tenait là ! Il la souleva et sous celle-ci, une clé y dormait depuis un moment sans doute. Il s’en saisit et elle l’exhorta avec vivacité.


— Eh bien ! Qu’est-ce que tu attends ? Vas-y ! Ouvre ! Tu es revenu chez nous, chez toi. Ouvre donc ! J’ai un peu froid.


Dans les entrailles de la serrure, l’objet métallique tournait sans bruit. La femme lui prit la main et il sentit qu’elle tremblait. Après deux pas dans une entrée sombre, une lumière envahit l’espace brutalement. La maison silencieuse happait alors ces deux-là qui rentraient. Ça sentait la cire, le propre, un mélange curieux et indéfinissable.


— Va vite voir ta chambre, mon chéri !

— Ma... chambre ?

— Ben oui... tu n’en as pas envie ? Viens !


De nouveau, elle avait repris la main du jeune homme pour le guider dans le corridor éclairé. Puis devant une porte qui portait en lettres enfantines le prénom de « Grégoire », Louisa s’était arrêtée nette.


— Vas-y ! Je préfère que tu retrouves tes affaires tout seul. Je n’ai touché à rien... c’est comme au jour de ton départ. Grégoire... tu m’as vraiment manqué et il me semble que je revis.

— Mais...

— Chut mon amour... reprend ta place chez nous, moi, je vais me doucher... les bains de mer m’irritent la peau. Tu viendras me rejoindre à la cuisine, je vais aussi te préparer ton repas favori... si tu savais comme je suis heureuse, comme je t’aime.


Léo un court instant décontenancé n’osait ni avancer ni reculer. Conscient de faire une énorme bêtise, il restait là incapable de faire un geste. La rousse s’éloignait en trottinant et fredonnant. Vraiment son humeur avait totalement changé, elle était guillerette et le montrait. Enfin, mu par une curiosité malsaine, Léo ouvrit la porte. L’univers qu’il découvrait derrière le panneau de chêne avait tout d’une chambre d’adolescent. Un peu la sienne lorsque ses parents étaient toujours de ce monde. Oui, il en percevait les mêmes odeurs.


Le garçon fureta de-ci de-là, sans vraiment rien déranger, s’arrêtant sur quelques clichés d’un gamin avec qui il avait une vague ressemblance. Des coupes, des médailles sur une commode attestaient de la sportivité de l’occupant précédent du lieu. Dans les tiroirs du meuble, Léo découvrit des polos, de chemises et des sous-vêtements typiquement masculins. Pas de doute un autre garçon sensiblement de son âge avait habité là ! Mais de cela il l’aurait juré bien avant de pénétrer dans cette maison.


Il ressortit sur la pointe des pieds de ce monde qui ne lui appartenait pas. En voulant fuir cet endroit, il se retrouva dans une sorte de cuisine. Un bruit d’eau lui parvenait de derrière une cloison. La maîtresse de maison devait être sous sa douche. Alors sans trop savoir pourquoi, le jeune homme s’assit sur un siège et attendit. Au bout de longues minutes, une porte s’entrouvrit, livrant passage à une femme enroulée dans une serviette éponge immense. Une autre sur la tête lui donnait des allures de fakir hindou.


— Alors tu as vu ? Tout est bien comme tu l’as laissé ! Tu veux aussi prendre une douche pendant que je prépare le repas ? Nous devons aussi revivre normalement tous les deux.

— Je dois rentrer chez moi ! Je dois vous laisser...

— Ah non ! Tu ne peux pas m’abandonner encore. Pas maintenant que je t’ai retrouvé, revu. Tu es à moi ! Tu dois rester Grégoire, je ne survivrai pas à une seconde séparation. Je te donnerai tout ce que tu veux. J’ai de l’amour à revendre, plus qu’il ne m’en faut et je partagerai toujours tout avec toi. Je t’en supplie, ne repars pas !

— Je ne suis pas...

— Tu peux crier mille fois que tu n’es pas Grégoire, je sais moi, que tu es bien lui. Prends une douche et nous dinerons tous les deux, comme avant...

— Avant quoi ? Je vous assure que je m’appelle Léo...

— Tu as des serviettes sur la coiffeuse dans la salle de bain. Ton gel douche et ton shampooing préférés sont sur l’étagère. Ne tarde pas trop mon chéri.


Pourquoi cette folle s’ingéniait-elle à vouloir qu’il soit son fils perdu ? Il était clair que dans sa tête elle vivait une autre histoire, une illusion. Mais comment s’en sortir ? Comment ne pas la blesser plus qu’elle ne l’était déjà ? Si seulement il en savait un peu plus sur elle. Elle devait sûrement avoir de la famille quelque part... des frères, des parents, enfin des gens qui la connaissaient. Pourquoi aussi stupidement avait-il obtempéré et s’était-il rendu dans la salle de douche ? Il n’arrivait plus non plus à faire la part des choses.


La folie de cette pauvre femme serait-elle contagieuse ? Léo se le demandait depuis que le jet tiède lui coulait sur le corps. Dans la cabine, à travers de la porte vitrée il apercevait soudain cette mère toute neuve qui se baissait pour ramasser ses fringues jetées au sol.


— Je vais laver tes affaires Grégoire. Tu es aussi allé te baigner pour me rejoindre. Ils puent la marée, tes vêtements ! Tu as bien grandi... je ne sais pas si tu pourras encore dormir dans mon lit, près de moi mon trésor.

— ... ?


Tout en se camouflant du mieux possible, le jeune homme savait que la femme le regardait avec insistance. Il s’en trouvait gêné. Merde alors, cette rousse ne manquait pas d’air. Puis il revit des images de son passé. Ses parents aussi prenaient leur douche ou leur bain ensemble et ils se montraient dénudés devant lui. C’était normal puisque tout cela restait dans un cercle familial intime et qu’aucune équivoque ne s’en suivait. Mais là, il n’était en rien le fils de cette Louisa et la honte de sa nudité le rattrapait.


— Tu es beau... oui ! Tu as tout pris de ton papa. Mon Dieu, comme il serait fier de son rejeton ! Viens que je te frictionne pour te sécher.


Il avait obéi sans trop savoir pourquoi, et à l’aide de la serviette d’une douceur incontestable, elle le frottait vigoureusement. Puis sans malice, elle s’était déplacée et se trouvait désormais devant lui, toujours aussi nu qu’un ver. Elle l’épongeait avec une sorte de ferveur affectueuse. Pourtant lui ne la voyait pas tout à fait comme sa mère. Et une petite partie de son corps en était si convaincue que l’excroissance qui se faisait jour augmentait la honte du garçon.


Impossible d’endiguer cet afflux de sang dans ce petit morceau d’homme qui se cachait habituellement dans son caleçon. Mais les pattes douces de Louisa s’activaient toujours sur son épiderme sans vraiment apercevoir cette différence notoire. L’érection du jeune homme le rendait nerveux. Pour elle dans son esprit, elle essuyait son Grégoire chéri sans n’y voir aucune méchanceté. Elle eut même une sorte de trait d’humour...


— C’est bien ce que je dis, tu lui ressembles encore plus que je ne l’aurais cru. Regardez-moi ce truc... si je n’étais pas ta maman, je crois que j’en aurais envie.


Elle venait de la main de prendre en main la queue raide du garçon et la secouait comme un jouet, gardant aux lèvres, un sourire. À nouveau elle se perdait dans des considérations qu’il ne pouvait pas saisir.


— C’est peut-être à cause de ça que tu n’es plus rentré ? Tu voulais et je t’ai repoussé ? C’est bien ça ? Tu me le diras Grégoire ! Je ne ferai plus jamais la même erreur. J’ai besoin de toi. Tu aurais dû me parler... ce que je ne pouvais pas t’offrir à ce moment-là, tu l’auras quand tu le réclameras.

— Arrêtez ! S’il vous plaît ! Je vous en prie... je ne suis pas et ne serai jamais votre fils. J’ai eu une maman, un papa et vous n’êtes pas ma mère.


Elle avait brusquement cessé de le pomponner avec sa serviette. Mais elle ne changeait pas d’idée pour autant.


— Bon, je vais te chercher des habits ? À moins que tu ne préfères aller dans ta chambre pour te changer ? Oui, c’est mieux, je mets ceux-là dans la machine à laver et quand tu seras présentable, nous passerons à table. Allons ! Remue-toi un peu mon grand.


Il s’était pratiquement échappé pour ne pas en entendre davantage. La rousse gardait ses idées fixes et n’en démordait pas. Le malaise était plus profond que Léo ne l’avait estimé. En quelques minutes pourtant cette inconnue lui en avait donné plus qu’Annabelle en deux ans de fréquentations. La perception des doigts sur son sexe restait telle une brulure. Et sa foutue érection si malvenue n’en finissait plus de jouer les incrustes. Pour un peu il aurait eu envie qu’elle aille plus loin encore. Mais ce serait profiter de la situation et il n’avait rien d’un salaud !


Dans la piaule étrangère, fouiller les placards à la recherche de vêtements l’insupportait. Il ne pouvait décemment pas rester à poil tout le long du repas prévu par la femme un peu dérangée. Ficher le camp sans rien dire pouvait aussi s’avérer une option possible ! La crainte cependant qu’elle ne réitère son geste malsain et reparte se noyer, voire qu’elle fasse une autre bêtise amenant une issue tout aussi tragique collait le cafard au garçon. Non, il ne pouvait pas la laisser toute seule, du moins pour cette nuit.


Restait à prier un hypothétique Bon Dieu pour que son réveil demain, la ramenât à la raison. Dans une penderie, sentant la naphtaline, Léo découvrit finalement une longue robe de chambre qu’il s’empressa de passer. Avec celle-ci serrée à la taille par une ceinture, il reprenait un peu d’assurance. Mais sa bite elle, n’en revenait pas pour autant à des proportions plus... « normales ». Bon ! La bosse était conséquente, mais se noyait dans les plis d’un tissu lourd et épais. Il n’avait pas vraiment le choix.


La cuisine embaumait les épices grillées. De dos, la rousse gardait des formes attirantes. Dans le silence de son retour, il put tout à loisir contempler la courbe harmonieuse de sa colonne vertébrale, son corps penché en avant, une jambe légèrement décollée du sol, elle s’appliquait à tourner le contenu d’une casserole. Sur le pas de la porte, il la mata un long moment et mue par un instinct bien féminin, elle se retourna d’un coup.


— Ah ! Mon ange ! Il me semblait bien que tu étais là ! J’avais bien entendu tes soupirs. Tu me trouves bien moche, hein ?

— Mais non pourquoi dites-vous cela ?

— Oh ! J’ai tant pleuré ton départ que je ne me suis plus du tout arrangée et le résultat... ma glace tous les matins me le rappelle plutôt crument. Je te promets de faire des efforts dès demain !

— ... !

— Je ne vais pas pouvoir rester chez vous, vous comprenez cela ?

— Mais c’est aussi chez toi ici ! Comment peux-tu déjà vouloir repartir ?

— J’ai mes études, mes amis, ma vie est ailleurs...

— Ils peuvent venir te voir ici, la porte est ouverte à tout le monde, mais je t’en supplie ne me ruine pas la santé une seconde fois. Je ne m’en remettrais pas, pas cette fois.

— ... ? Ça sent bon ce que vous faites mijoter.

— Je savais que tu reconnaitrais entre mille les odeurs de ton plat préféré... c’est quand la dernière fois où tu as mangé une grillade de porc et des mogettes ? Ah, tu vois que je n’ai pas oublié.

— Madame, s’il vous plaît...


Elle restait souriante, calme, détendue. Dans un mouvement souple du poignet, les assiettes posées sur la table de chêne venaient de s’enrichir d’une bonne quantité d’aliments qui sentaient fort bon. Une bouteille de côte du Rhône aussi attendait que son contenu remplisse les verres. Alors sans un mot Léo s’installa à la table de Louisa. Tous deux dinèrent en silence. À qui de lui ou d’elle ce repas faisait il le plus plaisir ? La cuisinière avait des dons incontestables et s’il redoutait cet instant, le jeune homme dut convenir que ce qu’il mangeait était délicieux.


La rousse avait fait preuve d’une gentillesse à toute épreuve. À un tel point qu’il arrivait à Léo de douter. Faisait-elle exprès de ne pas reconnaitre qu’il était un étranger ? Était-elle persuadée que son fils se tenait bien face à elle ? Il se prit à redouter le reste de la soirée. Dehors une nuit sans lune, aussi sombre qu’un tunnel de mine régnait en maître sur la ville. Au loin le ressac de la marée qui montait encore se faisait entendre. Après le repas, elle débarrassa la table et vint comme toutes les mamans du monde passer ses bras autour du cou se son rejeton.


Léo se laissait faire, rien de désagréable à être ainsi dorloté pour lui, qui devenu orphelin trop jeune aurait rêvé de revoir ses parents. Dans un sens il comprenait presque cette pauvresse qui, si elle se fourvoyait, n’en était pas moins sympathique. Elle ouvrit la bouche pour s’adresser à lui comme si son môme n’avait jamais quitté le nid.


— On peut regarder un film si tu veux ! Choisis-nous le programme. Viens passons au salon.

— ... je...

— Chut ! Je sais bien que demain tu devras partir pour tes cours ! Mais je veux profiter de ma première soirée en ta compagnie. Tu n’as pas une petite amie qui t’attend quelque part ?

— Euh ! Non ! Pas vraiment.


Un court instant l’image d’Annabelle s’était figée dans l’esprit mâle ! Mais il ne pouvait pas affirmer que c’était « sa petite amie », au vu de sa manière de voir les choses. Elle ne saurait jamais ce que cette soirée avait de bizarre. Du reste Annabelle n’aurait pas seulement écouté ou entendu ses explications, trop occupée par son aréopage. Avec Louisa, ils avaient regardé « le Corniaud », et le rire de l’hôtesse avait illuminé le ciel du salon. La voir ainsi heureuse éloignait pour un temps le spectre d’un mauvais geste et il s’en félicitait.


— oooOOooo —


Dès le début du film, elle s’installait sur le canapé, toute proche du garçon. Un peu comme pour en redécouvrir les odeurs, les sensations. Et si lui était en robe de chambre, Louisa ne portait guère plus de vêtements. À chacun des spasmes entraînés par ses fous rires, sa gangue de tissu s’entrouvrait sur deux boules de chairs d’une blancheur qui ressortait dans la lumière tamisée de la pièce. Au début, le jeune homme avait fixé la petite fenêtre animée, mais au bout d’un moment, comme par réflexe ses quinquets revenaient sans cesse sur les deux globes qui tressautaient sous le tissu.


Léo pas emballé du tout par les images qui défilaient sur l’écran fermait de temps en temps les paupières. Il finissait par s’assoupir sans vraiment que son esprit réagisse. Sa tête de plus en plus lourde dodelinait de gauche à droite et elle atterrit d’un coup sur l’épaule de cette mère de substitution. Quand il ressentit les premiers effets anormaux d’un rêve, il s’éveilla, puis s’aperçut que sa caboche était sur les genoux de Louisa. Les menottes douces de celle-ci caressaient lentement ses tempes.


Les mouvements répétitifs des doigts qui massaient son cuir chevelu ne l’exhortaient pas à lui montrer qu’il ne dormait plus. Entre ses cils, il devinait une sorte de sourire sur les lèvres de la rousse qui le chouffait tel le messie. Elle laissait ses pattes errer dans sa tignasse, sans forcer, sans appuyer, le frôlant tendrement, simplement de leur peau. Pour la seconde fois, sans que cela soit convenu, son sexe ne lui obéissait plus tout à fait. Pour une raison qui échappait à son entendement, sa queue durcissait à nouveau sous la robe de chambre.


Il n’esquissait pas un geste pour lui faire voir qu’il appréciait ce massage délicat. Il n’avait rien demandé et mon Dieu, recevoir ce genre de cadeau lui semblait bien agréable. Le croyait-elle vraiment profondément endormi ? Aucun moyen de le savoir, alors il ne bronchait pas et la ronde des phalanges persistait avec une langueur toute bénéfique. Une des deux mains pourtant s’enhardissait et du crâne venait flirter avec une oreille. Difficile de ne pas gémir sous ce câlin terriblement ciblé. Ensuite l’escapade se poursuivit pour cette voyageuse habile.


Elle atteignit le cou, après une halte peu prononcée sur la joue. Tout était feutré, sans heurts, par souci sans doute de ne pas éveiller l’endormi. La bite, plus bas, se dévergondait elle aussi, trop vraiment. Elle devait apercevoir la bosse qui déformait le tissu des deux pans du vêtement. Il eut une espèce de crainte ; que sa bête déborde et montre le bout de son nez. Mais n’était-il pas déjà trop tard pour songer à ce genre de détail ? Les doigts de Louisa dévissaient dangereusement sur le torse du jeune homme.


Il ne put s’empêcher de lâcher un soupir alors qu’une pince attrapait son téton. Elle avait penché son visage sur le sien et dans cette fente qu’il ne voulait pas entrouvrir davantage de peur d’être démasqué, il voyait deux yeux clairs qui le scrutaient. Dans son déplacement pour se courber encore plus, la propre tenue de Louisa aussi s’entrebâillait et un de ses seins surplombait la face de Léo. Quel délicieux présent que cette colline blanche à la cime sombre ! Rien ne s’arrangeait du côté de son entrejambe.


Alors lorsque la femme se mit à marmonner, sa verge n’en avait pas fléchi pour autant.


— Jamais plus je ne te laisserai repartir Grégoire. Nous aurions dû faire cela plus tôt. Tu m’as véritablement fait défaut et mon corps aussi t’a réclamé. Je sais, c’est moi qui n’ai pas voulu, pas su, pas compris que tu en avais besoin.

— ...


Léo écoutait cette confession que d’une voie basse elle lui murmurait. La voix suave qui lui narrait des éléments d’une autre vie lui donnait la chair de poule. Mais elle l’envoutait également. Et les mains de la rousse n’avaient pas cessé leur massage hors du temps.


— Mais je te le promets, je te donnerai tout ce que tu veux ! Tu ne repartiras plus, je te jure que tu seras comblé. Tu es beau mon grand, quand tu dors... Je veux aussi t’aimer comme tu le souhaitais, avant que tu ne me fuies. C’est à cause de moi que tu n’es plus revenu ?


Elle griffait de ses ongles la peau du ventre, entre ombilic et cette fourche où le garçon avait toujours et encore une érection démente. Cette femme lui avouait qu’elle pourrait faire l’amour avec lui ? Mais c’était dans son esprit aussi que ce serait profiter d’une situation et le rendrait coupable d’un abus qu’il ne supporterait pas. Alors Léo optait pour un réveil précipité.


— Non ! S’il vous plaît ! Je ne suis pas, ne serai jamais votre fils... Madame, je vous en supplie ; je ne veux pas...

— Allons ! Tous les hommes aiment bien ce genre de choses. Et si c’est le prix à payer pour te garder...

— S’il vous plaît ! Ne me torturez pas comme ça ! Vous êtes belle, eh oui, oui j’ai envie de vous, mais pas comme ça. Je ne veux pas, ne peux pas faire semblant.

— Laisse-toi faire Grégoire. Il te suffit de fermer les yeux, et tout va bien se passer. Moi aussi j’ai envie de toi. Enfin de ce que mes doigts effleurent, j’ai besoin de te sentir, de me rapprocher de toi, de me rassurer sans aucun doute. Je suis une femme et cette pratique me manque, autant que toi, tu me manques. Ne te rebelle surtout pas, plus. Je te veux et c’est tout ce qui compte.

— Pas pour moi ! Je ne veux pas imaginer que vous pensiez que je suis votre... enfant et que pour que celui-ci ne vous quitte plus, vous pourriez sacrifier votre libido, votre amour filial au profit d’un moment d’égarement.

— Non Grégoire, ne crois pas que j’abandonne mon rôle de mère dans cette attente, cette espérance ! Je mesure bien le fossé entre ce que tu vas me donner et ce que tu es. Mais par le passé notre brouille n’est elle pas venue de ce que c’était moi qui ne voulais pas ? Je ne te comprends plus ! J’ai, ou je vais franchir le pas qui nous séparait et tu renonces à m’offrir un moment de bonheur ?

— Je ne renonce à rien ! Ou plutôt si ! Je ne veux pas que vous me preniez pour celui que je ne suis pas. Vous étiez sur la plage, vous aviez l’air perdue, et je n’ai fait que suivre mon instinct et vous ramener sur la plage. Mais je ne suis pas votre enfant.

— ... !

— De plus aucune mère ne peut faire cela avec son fils, pas plus qu’un père ne peut aimer sa fille... de la manière dont vous l’entendez là ! Quant aux enfants, pas un seul ne devrait demander à ses parents de faire l’amour avec eux.

— Je t’en prie Grégoire, ne me quitte pas !


La main de la femme avait enfin quitté cette zone où depuis un long moment, elle oscillait entre caresses et démence. Le garçon et elle se faisaient face, avec une sorte d’incompréhension mutuelle. Chacun campait sur ses positions. Enfin, Léo se levait et s’écartait de cette diablesse tentatrice. Évidemment qu’il lui aurait bien fait l’amour, que son désir tendait sa queue sous le tissu. Mais la vision que cette maman avait de lui ne permettait pas qu’il ose aller de l’avant. Pas comme ça de toute façon.


Une larme perlait au coin des yeux de la rousse. Une infinie tristesse, une mélancolie surprenante qui lui donnait le bourdon. Elle aussi se relevait, avec les mains vides. Pourtant, elle le rattrapait par le poignet et l’enlaçait avec une sorte de violence inconnue.


— Pourquoi ? Pourquoi Grégoire me fais tu souffrir ?

— Je ne veux pas vous faire de mal. C’est au-dessus de mes forces de songer, même une fraction de seconde que je pourrais faire l’amour avec ma mère.

— Tu... tu vas partir ?

— Il le faut ! J’ai mes cours et une vie ailleurs. Mais si vous voulez, je reviendrai vous voir, vous tenir compagnie de temps en temps.

— Pourquoi ne reviens-tu pas t’installer ici ? Tu reprendrais ta chambre, tu pourrais aller à tes cours depuis chez nous ! Ne me rends pas plus malheureuse que je ne le suis déjà.

— C’est ce que vous attendez de moi qui me force à refuser votre offre.

— Je voudrais te rappeler que c’était toi qui le désirais ardemment... avant...

— Je vous assure que je ne suis pas votre fils, pas votre Grégoire.

— Mais... tu lui ressembles alors ?

— Sans doute que c’est seulement dans votre esprit, Madame... je ne serais jamais votre...

— Pourquoi alors ne pas venir t’installer dans sa chambre, jusqu’au jour où il reviendra... au moins ne serais-je plus aussi seule, un peu moins triste aussi.

— Justement parce que vous réclamez un amour de moi qu’aucun fils ne saurait donner à sa mère et cette différence m’oblige à ne pas venir résider dans votre maison.

— Oh ! Mon Grégoire... enfin qui ou quoi que tu veuilles être... je t’en supplie, ne t’en va pas. Reste ! Je te promets que je ne ferai rien pour... tu sais bien ce que je veux dire.

— Je réfléchirai à la situation, Madame. Je vous promets de peser le pour et le contre.

— Merci ! Tu reviendras déjeuner à la maison, tes amis pourront également venir autant qu’ils le voudront. Je t’aime... mon bébé !


Le jeune homme avait retrouvé des vêtements à peu près à ses mensurations dans la chambre du fils de la maison ! Il s’était habillé à la hâte et après s’être assuré que Louisa s’était replongée dans son film, il quittait discrètement la maison de cette dernière. Dans sa chambre, il passait le reste de la nuit à s’abrutir sur ses cours, pour tenter d’oublier ce qui pour lui ne serait qu’une parenthèse. Mais son esprit ne voulait rien savoir, et la peur que la rousse fasse une bêtise le hantait. Il se jura qu’il irait lui rendre visite le plus souvent possible.


— oooOOooo —


Comment et pourquoi Léo avait-il décidé de retourner voir Louisa ? Incapable de résister à cette attirance étrange, il avait d’abord rodé dans son quartier. Puis la lumière dans la cuisine l’avait aspiré comme un papillon l’était par une lampe. Elle avait presque immédiatement ouvert. Un sourire spontané sur son visage fatigué avait réveillé chez le jeune homme, une envie latente. Deux bras s’étaient alors refermés autour de son torse.


— Ah ! Grégoire. Viens ! Le repas est prêt. Tes cours sont bien longs. Il faut songer à te reposer, à ce rythme-là, tu ne tiendras pas le coup.

— ...


Qu’aurait-il pu répondre à cela ? Rien et c’était bien ce qu’il avait fait. Finalement il lui semblait si simple de se glisser dans la peau de cet autre, inconnu, mais tellement présent dans cette maison. Au cours de ce dîner en tête à tête, elle s’était avérée joyeuse et loquace. Lui rapportant des anecdotes d’une jeunesse que jamais il ne pourrait connaître. Mais apparemment, Louisa allait beaucoup mieux. Si sa présence la rassurait, pourquoi l’en priver ? Après tout, c’était un échange « donnant-donnant » ! Il n’avait rien à perdre.


La cuisine succulente au demeurant qu’elle concoctait pour lui valait bien un pieux mensonge. Louisa lui narrait toute sa journée, son passage chez le coiffeur, sa sortie au marché pour y acheter des produits frais. Elle ne vivait qu’au souffle de ce gamin retrouvé par son esprit en perpétuel dérangement. Était-ce un crime de donner un peu de joie à une pauvre femme perdue ? Et puis aussi lui, sans famille n’en retrouvait-il pas quelques bribes grâce à cette femme ? Restait à l’esprit du garçon à s’accommoder de cette situation un peu borderline.


Le premier soir, elle restait bien sagement sur le canapé après leurs dinettes, n’esquissant pas un geste pour une approche plus intime. Léo pouvait tout à loisir savourer cette paix revenue. Celle de la rousse, mais la sienne également. Aussi décider de venir emménager chez Louisa en fut grandement facilité par cet équilibre qu’il procurait à « sa nouvelle maman ». Ses amis, s’ils trouvèrent bizarre ce déménagement brusque, aucun ne ramena celui-ci sur le tapis. Seule Annabelle le félicita même de prendre ses responsabilités, lui posant quelques questions sur la manière de financer cette chambre chez l’habitant.


Puis les choses rentraient dans l’ordre, pour tous. La santé mentale de Louisa retrouvait une sorte de forme olympique, bien qu’elle continuât à l’appeler Grégoire. Léo quant à lui se persuadait de plus en plus, que peu importait le prénom, que ce que l’on avait dans le cœur était précieux. Et dans son esprit, ses intentions restaient louables. Les progrès de cette mère le lui prouvaient. Alors, comme un bon fils, il revenait chaque soir, jour après jour, et le cours de deux existences s’emmêlait dans une harmonie parfaite. Chacun campait sur ses positions, sans empiéter sur le domaine privé de l’autre


Au bahut, sa petite copine Annabelle ne se préoccupait en fait plus que d’un jeune homme. Un de ceux qui venaient d’entrer dans la vie active, qu’elle avait rencontré Dieu seul savait où. Cette fois elle s’accrochait à lui comme un naufragé à une planche de salut, oubliant tous ceux de sa cour, forts déçus pour certains. Léo lui s’en contrefichait de la voir éhontément flirter avec ce bellâtre pérorant comme un avocat lors d’un procès en assise. Finalement, l’amourette entre lui et cette pimbêche repentie n’avait pas entamé sa bonne humeur.


Puis, il y avait cette Louisa qui ne jouait pas les prudes, ne cherchant pas à se cacher ni à avoir honte de se montrer plus ou moins vêtue. Après tout elle était chez elle et faisait bien comme elle l’entendait. Plusieurs fois l’imagination du garçon s’était confrontée à la réalité d’un corps bandant. Celui-ci exposé à sa vue sans fausse pudeur, sans pour autant qu’ostensiblement elle le fasse exprès. Un pan de jupe qui se relevait, une façon un peu cavalière de se baisser un peu, ou plus bêtement une serviette mal nouée sur sa poitrine, lançait l’imagination de l’étudiant dans un galop effréné.


Cette situation lui tendait le sexe, et il prenait grand soin de n’en rien montrer. La porte de la salle de bain commune était désormais close à clé, lorsque c’était lui qui l’occupait. C’était avec ce genre de détail qu’il arrivait à contenir ce qui de jour en jour devenait plus évident. Il désirait la femme qui l’hébergeait, laquelle du reste s’ingéniait à le prendre pour son fils. Parfois, il n’était pas loin de croire qu’il le devenait un peu plus au fil du temps. Preuve que l’esprit ou l’âme était malléable et se permettait quelques écarts.


Après un été studieux et une cohabitation plutôt réussie, un automne précoce profilait le bout de son nez avec les premiers signes d’une mauvaise saison qui s’affichait. En septembre, le ciel noir subitement s’était illuminé en pleine nuit. Dans son lit, celui de Grégoire, Léo se tournait et retournait, en proie à cette crainte idiote du tonnerre. Dans la chambre de Louisa, les symptômes identiques donnaient les mêmes effets. Insomnies et remue-ménage entre des draps qui transmettaient une moiteur aux épidermes. Le jeune homme avait entendu une porte claquer dans la maison et venait d’un bond de saisir cette occasion pour se relever.


Il errait dans la demeure à la chasse du courant d’air coupable de ce bruit. À aucun moment il ne songea que Louisa put en faire autant. Et fatalement la chaleur diffuse de la maison n’avait pas favorisé le port de vêtements. Elle se trouvait dans la cuisine, occupée à refermer un volet récalcitrant. La nuisette qu’elle portait remontait largement sur une paire de fesses en droite ligne de mire de l’arrivant masculin. Involontairement bien sûr, les yeux de Léo ne pouvaient plus se détacher de ce fessier affriolant.


Tétanisé, il ne bronchait plus, debout à quatre pas de la femme qui ne l’avait pas aperçu. Quand enfin elle fit pivoter son corps vers le centre de la pièce, son travail de mise en sécurité de la maison, le noir n’était pas total. Dans la pénombre, deux paires d’yeux se croisèrent.


— Oh mon Chéri ! Tu es là ? Tu as donc aussi entendu ce boucan ?

— Oui ! Je cherchais d’où ça provenait.

— Un volet mal attaché... je n’aime, n’ai jamais aimé l’orage. Tu te souviens... tu marchais à peine et tu rappliquais dans mon lit... au premier coup de tonnerre. Ça rendait enragé ton père.

— ... !

— Je te racontais que le Bon Dieu jouait aux quilles avec les anges... et tu t’endormais contre moi, mais je tremblais comme une feuille moi aussi.

— Bon ! Je retourne me coucher. Bonne nuit Louisa.

— Oh ! Je sais bien que tu es grand, un homme maintenant, mais tu ne voudrais pas jouer les petits garçons ? C’est peut-être à toi de venir me rassurer désormais... j’ai toujours aussi peur de l’orage, rien n’a changé... sauf ta taille !

— ... Mais...

— C’est juste pour un soir, le temps que l’orage aille voir ailleurs... ce serait tellement bien, si gentil.


Il avait juste suivi des yeux cette femme qui tremblait au moindre éclair. Elle filait dans sa chambre, pas très éloignée de la sienne. Balancé entre s’y rendre et ne pas y aller, il était vraiment perdu. Mu par une sorte de réflexe, un coup plus violent que les autres ayant illuminé sa piaule, il se décida enfin. C’était sur la pointe des pieds qu’il venait de rejoindre le lit de celle qui persistait le regarder comme son fils. La porte, dernier rempart avant cette idiotie tournait sans bruit sur ses gonds.


C’était elle qui avait levé le drap pour qu’il vienne se glisser dans la couche. Celle-ci était moite de l’air ambiant, à moins que ce ne soit d’autre chose ? Quand il fut allongé, elle se collait contre lui. Le bas de son dos était en contact avec cette excroissance qu’il ne pouvait pas camoufler. Elle restait ainsi un long moment, respirant plus doucement, calmement. Puis comme par hasard, une main venait encercler cette tige, qui se frottait à son derrière. Le demi-tour qu’elle faisait sciemment amenait cette fois sa poitrine féminine à se frotter à celle de « son » Grégoire.


La main, les seins, qui aurait pu résister ? Léo n’était pas fait de bois. Et les mouvements que Louisa imprimait à sa menotte tenant sa queue n’étaient pas le fruit du hasard. Elle le masturbait délicatement en caressant son torse de sa seconde patte libre. Puis elle promenait sa bouche humide sur son cou. Le jeune homme se sentait plongé dans une autre forme de peur. Celle de mal faire, celle de n’être pas à la hauteur. Cette Louisa lui offrait plus en quelques secondes qu’Annabelle en quelques mois de copinage.


Les lèvres se déplaçaient avec la tête. Du torse elles avaient glissé plus bas, entourant le cratère du nombril d’une bave brulante. Puis cette bouche volcanique poursuivait son chemin pour rejoindre les doigts qui branlaient le pieu. Inutile de vouloir résister à l’assaut si doux de cette arrivée qui happait son mât. En aurait-il eu la simple envie qu’il était incapable de bouger ! L’orage se déplaçait, de l’extérieur il s’incrustait aussi à l’intérieur. Surtout celui du jeune homme depuis que la tétée avait débuté. Et c’était diablement bon, bien fait.


Il ne se souvenait plus de l’instant où ivre d’attente et d’envie, elle s’était vautrée sur son ventre. Le tonnerre résonnait dans la caboche masculine alors que dans une reptation vers le bas, la femme s’empalait sur sa bite. L’effet inouï de cette première fois, de cette sensation d’être avalé par le sexe de l’autre, il s’en souviendrait pourtant longtemps. Elle n’avait plus bougé un long moment, mais respirait si fort. Son calme repris, elle s’était étirée à nouveau, faisant remonter tout son corps sur celui du garçon. La tige dans son fourreau glissait sans douleur.


Ensuite, il n’avait plus à l’esprit que cette frénésie de débauche qu’elle avait imprimée à son ventre, montant, descendant, se secouant sur lui, restant bien soudée à la jointure qu’elle avait créée entre leurs deux sexes. Et le tenant par les tempes, elle n’avait cessé de l’embrasser tout en gesticulant pour tirer le meilleur de cet accouplement délicat. Il semblait avoir subi, ne bronchant pas le moins du monde. Mais il en retirait un immense bénéfice, en pensée, en image et en son. Elle se trouvait folle sur lui, frénétiquement elle lui faisait l’amour au rythme qu’elle voulait, sans se préoccuper de ce qu’il en pensait.


Il n’était plus qu’une bite, un sex-toy dont Louisa se servait avec brio. Ça ne le rendait pas malheureux, loin de là. Il percevait tous les effets de cette possession, ressentait toutes les sensations de ce qui se passait sur lui, en elle. Elle avait les muscles de tout son corps qui se mettaient à trembler. Ses mains s’accrochaient à n’importe quelle partie de sa grande carcasse. Et curieusement, il aimait cela. Il sut qu’elle allait jouir lorsque des mots sans cohérence fusèrent de sa bouche. Les ongles de cette mère indigne lui griffaient la poitrine et le hurlement qu’elle poussa couvrait de loin tous les sons du tonnerre.


Cependant ce round où elle semblait avoir pris son pied se terminait sans que lui ait vraiment joui. Aussi voulut-il goûter à ces fruits murs, qu’elle portait beaux. Dans l’obscurité de la chambre où le pucelage de Léo s’était envolé ; il tripotait tout ce que ses mains, ses lippes trouvaient. Ainsi il découvrait à force de caresses que les soupirs s’engendraient par des attouchements lents et ciblés. Louisa allongée sur le lit, creusait le ventre alors que le jeune homme s’enivrait du nectar de sa chatte, encore humide de sécrétions. Celles-là même provoquées par la friction de leurs sexes quelques minutes auparavant.


Les cris aussi, gémissements plaintifs d’un bonheur sans faille si commun chez les amants, surprenaient le garçon par leur intensité, laquelle était amenée par sa langue travailleuse. Il se jugeait gauche et maladroit, elle lui murmurait pourtant l’exact contraire dans des soupirs à faire trembler les murs de la chambre. Cette fois c’était lui qui donnait le tempo et elle la musicienne qui suivait la cadence. Il lui refit l’amour avec une sorte de tendresse, oubliant totalement qu’elle le considérait peut-être toujours tel son enfant.


Jeux de mains, jeux de vilains, n’étaient pas pour ces deux-là dont les corps s’épousaient, se trouvaient, se retrouvaient dans un ballet où chacun recherchait une parcelle de bonheur. La jouissance vint arracher la cheville ouvrière de son métier. La montée brutale d’une sève jeune entraînait un retrait violent de cette tige qui officiait voluptueusement en Louisa. Elle en eut un hurlement pouvant passer pour de la douleur. La brusque manœuvre pour ne pas cracher au fond de ce puits s’apparentant pour elle à un nouvel abandon.


— Oh ! Mon chéri... pourquoi m’avoir privée du meilleur de ma jouissance ? Tu pouvais rester et pleurer dans mon ventre.

— Je... je ne savais pas ; j’ai eu peur.

— Peur mon trésor ? Peur Grégoire ? Mais peur de quoi, grand Dieu ? Mon refus, la première fois, n’était dû qu’à un tabou qui m’interdisait de croire que c’était possible entre... une maman et son fils.

— Mais... je ne suis pas votre enfant... pas votre fils.

— Oh si ! Je le sais davantage désormais. Tu es bien celui qui me donnera un bonheur sans honte. Nous avons passé ce cap de la confiance et nous recommencerons chaque fois que l’un de nous en aura envie...


Il l’avait serré contre lui, l’embrassant sur le front. Inutile de tenter de la persuader, impossible de la détromper. Mais ce qu’elle venait de lui offrir, aucune mère n’aurait su le faire. Aller au-delà de l’amour et transgresser un tabou. Léo la laissait encore le caresser et il lui suçota les seins puis c’était ensemble, blottis l’un contre l’autre qu’ils s’endormirent, l’âme apaisée. Le réveil fut tout aussi mouvementé. Les mains de cette diablesse lui parcouraient une fois encore le ventre, à la découverte de ce qui ne pouvait rester insensible. Louisa avait su lui redonner une forme acceptable.


Il inaugurait alors des tas de positions qu’il n’aurait pas imaginés en rêve. Levrette et autres situations plus pornographiques qu’érotiques le rendaient homme avec ce que ça comportait de plaisant à vivre. Le plus sensationnel de ces épisodes était qu’elle en redemandait, alors que lui se trouvait dépassé et plutôt grotesque, pour ne pas dire nul. Petit à petit le jour se levait, sur une aube toute neuve. Un matin ordinaire en annonçant des tas d’autres où son prénom n’aurait plus vraiment une importance capitale. Louisa elle, recueillait le fruit de ses efforts et la semence de l’homme qu’elle avait créé, jaillissait en elle telle une source de jouvence.


Le ciel bleu d’après l’orage lui rappelait, s’il en était besoin, que le long de la plage, quelques mois plus tôt, une mer avait failli emporter la femme rousse qui se voulait sa mère ce matin. Et cette femme lui avait donné par une nuit d’orage le plus grand des bonheurs... celui d’être pour elle « son Grégoire » et pour lui le plaisir d’être enfin libéré d’un encombrant pucelage. Annabelle, sa bande de copains, tous seraient oubliés dans l’espace du temps d’une maison où le sexe régnait en maître absolu.


La mer du diable avait enfanté d’un diablotin heureux de vivre toute une histoire enivrante et pleine d’imprévus !

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