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À mer que veux-tu !

Chapitre 1

Erotique

Claude n’avait jamais rien compris au phénomène des marées. À son corps défendant, Michel avait absolument tenu à un dépaysement total. Alors loin de ses montagnes, elle le laissait gérer tout seul, leurs sorties en bord de mer. L’eau à perte de vue lui donnait presque mal au cœur. Sur son lac, là-bas, il y avait une fin, un horizon coupé par les montagnes. Ici, c’était si vaste que les gens s’entassaient tous, comme au camping de Gérardmer, mais en plus spacieux. Les corps huilés se ressemblaient partout finalement.


La grande plage de Saint Gilles accueillait des milliers de personnes et y trouver un coin calme pour poser une serviette grosse comme un confetti devenait une gageure. Lui et elle étaient là depuis à peine dix minutes, qu’un gamin lui avait déjà envoyé son ballon par deux fois dans les jambes. C’était gratiné comme endroit paisible. Un couple à deux mètres d’eux se tartinait d’une crème aux senteurs de noix de coco. La fille était plutôt jolie. Sans doute quelques années de moins que Claude, mais de longs cheveux jais.


L’ovale de son visage bien dessiné, la taille fine et un teint déjà mat lui donnaient un air espiègle. Sans aucune jalousie, Claude avait remarqué avec quel regard appuyé Michel avait balayé les courbes et les arrondis de cette charmante dame. Son mari ou compagnon pour le moment faisait rouler ses muscles en frictionnant le dos de la belle. D’un geste simple, sans ambiguïté, la fille avait ramené ses bras dans son dos, pour tirer sur les deux ficelles qui tenaient en place son soutien-gorge. Le but devait être que celles-ci dénouées, ne laissent aucune marque.


Couchée sur le ventre, elle cramponnait de ses deux bras repliés sur le devant, les bonnets qui cachaient pour un temps encore deux seins ronds et assez jolis pour que Michel les observe. Mimétisme ou envie soudaine, il s’emparait de l’huile solaire, se mettant en devoir de faire subir à Claude le même traitement que sa voisine. Cette promiscuité avait finalement aussi du bon ! Bien entendu, elle ne bougea pas d’un poil, alors que la main masculine étendait sa couche luisante sur sa peau.


Le jeune homme qui massait lentement les épaules à quelques pas ne quittait pas non plus des yeux sa voisine. Michel lui, s’éternisait sur les deux balles de la copine de l’autre, et naturellement, il ne remarquait rien des regards posés sur son épouse. À moins qu’il ne fasse semblant de ne rien voir… ça restait dans l’ordre du possible. « Ra » tapait fort et ses rayons auraient tôt fait de griller la peau encore bien claire de La Vosgienne. Encore que, finalement, elle soit déjà bien brunie par rapport à toutes ces formes blanches qui déambulaient sur la plage.


Les doigts sur son dos montaient le long de sa colonne vertébrale et elle appréciait cette forme de caresse bienfaisante. Michel mettait du cœur à l’ouvrage. L’odeur persistante de l’écran solaire d’à côté, titillait les narines de la brune et son copain avait le même entrain que son mari. Un court instant son homme avait interrompu les gestes bien réglés qui lui procuraient un bien-être fou. Claude chercha la cause de cet arrêt subi. La fille toute proche s’était retournée, avec l’évident espoir que son masseur allait s’occuper du ventre puisque le pan pile était bien crémé.


Elle gardait cependant un zeste de pudeur et les bonnets posés en bandeau sur sa poitrine masquaient encore les deux boules bien campées sur son buste. Le jeune homme qui enduisait avec entrain sa compagne poussa lui-même sur le côté, le premier casque de tissu. Ses mains se mirent en devoir de malaxer de beurre cette colline brune au sommet plutôt foncé. Puis pour le second bonnet, il trouva plus judicieux de soulever l’ensemble du vêtement minuscule. Le deuxième sein apparut sur le poitrail de la dame. Michel lui ne cessait de suivre l’évolution des mains de son homologue masculin.


Il s’avisait soudain de l’obstacle que représentaient les attaches de son cache néné. Sans rien demander, d’une pincée rapide du pouce et de l’index, il défit sans ambages les trublions. Elle sentit que ses deux nibards soudain flottaient dans leur ridicule rempart. Elle ne chercha nullement à camoufler ces deux monticules qui devinrent eux aussi, deux phares pour les yeux du voisin. Claude devina sur le visage de l’homme comme un clin d’œil. Elle se demanda si celui-ci lui était destiné ou bien si c’était vers Michel qu’il allait. Les quatre mains masculines jouaient deux curieuses partitions sur deux pianos éloignés de quelques centimètres.


La Vosgienne appréciait ces lents passages sur ses épaules, puis les doigts trouvèrent une sorte de rythme et s’élancèrent vers son cou. Les cheveux relevés par un mouvement doux, elle laissa faire tout en goûtant la manière. Tout proches eux, sur la serviette, l’autre femme avait fermé les quinquets. Elle ne renâclait pas non plus à ces câlins qui sous couvert d’une protection épidermique, procuraient de bien agréables sensations. Michel frôlait ses épaules revenant sans arrêt à des endroits déjà oints. Puis il lui fit sans un mot, comprendre qu’elle devait se tourner.


Dans le geste qu’elle fit pour effectuer son demi-tour, son cache-sein resta posé sur le lit de coton. Elle ne fit aucun effort pour tenter de les rendre moins visibles. Les deux nichons se tenaient encore fermement plantés sur ce poitrail de femme de quarante-cinq ans. Ce fut au tour du type tout proche de marquer un temps d’arrêt. Et en femme sûre d’elle, elle expédia comme un signal, vers cet homme, signal en forme de sourire éclatant. Finalement rien n’était désagréable sur cette place. Et le vent maintenant caressait, en osmose avec les pattes douces de son mari, la face qui se trouvait ainsi exposée.


La femme que le jeune homme avait huilée s’était remise sur un coude. Elle aussi voyait et surtout suivait l’évolution des paumes de Michel sur ces masses qui vallonnaient le haut du corps de la brune. Elle se releva à demi, approcha son visage de celui de son compagnon. Les mots qui se murmuraient-là ne furent pas perçus par le couple des Vosges. Mais les deux-là, la virent qui en souriant se relevaient et filaient en courant vers les vagues, loin derrière eux. Suivie de son compagnon, elle traversait la marée de corps étalée sur la grande plage, alors que Michel se penchait sur sa douce, puis posait un baiser tendre dans son cou.


— Et si nous aussi, nous allions goûter à cet océan si attirant ?

— Ben… pourquoi pas ! Allons-y ! Nous sommes venus pour cela, non ?


Claude et Michel traversèrent les grappes de baigneurs, et enfin ils plongèrent dans une eau à vingt-six degrés. La femme eut une pensée pour son lac et ses misérables dix-huit, alors sans aucune hésitation elle nagea dans cette vasque d’un bleu turquoise. Partout autour d’elle, des gosses criaient, des têtes émergeaient, puis ce fut le vide. Un immense silence, seulement ponctué par des bruits lointains, des rumeurs de plage. Ses bras se dénouaient pour fendre les vagues et elle se sentait en harmonie avec cette flotte salée.


À quelques mètres d’elle, un autre point dansait. Michel dans l’onde, suivait sa brune à la trace. Alors elle se laissa aller à juste se maintenir à flot. Ballotée par les vaguelettes qui une à une la faisaient danser comme un bouchon, elle attendait l’homme de sa vie. En deux brasses, la forme alerte venait à sa rencontre et dans un mouvement coulant, il se serrait contre cette femme, celle qui partageait tout avec lui. Elle n’avait qu’à ouvrir l’espace de ses bras et il était là, lui aussi balancé par la houle légère. Elle sentait contre son ventre l’envie du mâle. Envie soudain contagieuse !


Elle le laissa faire quand il amena sa bouche à hauteur de la sienne. Ils s’embrassaient, sans se soucier ni du lieu ni de qui pouvait les entourer. Leur baiser eut un goût de mer, un goût d’océan. Les salives qui se mélangeaient avaient une part d’iode, une part de rêve aussi. Instinctivement elle battait des mains, simplement pour rester accrochée à ses lèvres, pour boire ce pâlot que son mari ne voulait plus interrompre. Une vague plus violente que les autres les obligea cependant à dessouder ces lippes veloutées, pourtant si douces. Prenant une inspiration profonde, elle bloqua sa respiration, pour se laisser descendre, se laissant couler sans à coup.


Elle ouvrait les yeux, à la recherche de Michel qui projeté à un mètre d’elle, lui tournait le dos. Les vagues revenaient en plus grosses, signe que la marée était ascendante. Elle donnait un coup de reins et se retrouvait à nouveau sous la surface, frôlant son mari. Ses yeux étaient si proches de la silhouette à demi submergée, qu’elle voyait la bosse que formait son sexe mâle dans son slip de bain. Elle y posa sa main et d’une simple poussée, elle fit descendre le triangle du vêtement sous la surface, à mi-cuisses. Ce fut un jeu d’enfant de remonter pour prendre une nouvelle et bénéfique goulée d’un air frais.


Quand elle s’immergea pour la troisième fois, c’était pour venir avec la pointe de sa langue titiller cette chose raide qui ne se détendait pas. Alors, elle goba l’objet sans respirer pour bien sûr, mieux le lécher. Évidemment la fellation, en milieu aquatique n’avait rien d’aisé. Mais le but était atteint, lui montrer qu’elle aussi pouvait avoir des pulsions secrètes. Elle refaisait surface, coupant son apnée pour ensuite mieux replonger et revenir au contact du sexe contracté. Lui ne tentait pas de la retenir ni de la dissuader du reste, de cesser. Au bout de plusieurs voyages, comme elle s’essoufflait un peu, elle se contenta de le masturber. Il ne s’en plaignit pas vraiment pour autant.


— oooOOooo —


Avec la marée et le vent, les courants ne se voyaient pas forcément. Les deux nageurs étaient relativement loin du rivage. Ils restaient pourtant dans la zone balisée. Cependant au bout d’une dizaine de minutes à tripoter son mari, elle se remettait en route vers la plage et sa populace hétéroclite. Il avait naturellement remis ses petites affaires en place, pas question de se montrer nu parmi les estivants. Il leur fallut un temps incroyablement long pour retrouver leurs serviettes et ce minuscule coin qu’ils s’étaient appropriés provisoirement. Les deux autres avaient repris place aussi sur le territoire tout proche. La femme se perdait dans la lecture d’un bouquin ! L’homme quant à lui, avait la posture du dormeur.


Après s’être séchés, Claude et Michel reprirent le sentier qui menait au « Remblai » ! Visiblement ils cherchaient un endroit pour se désaltérer. Ce n’était pas ce qui manquait en cette saison, les vendeurs de limonades ou d’alcool. Les bières aux reflets ambrés, servies par un garçon stylé, coulèrent dans leurs gorges sèches, les rafraîchissant d’une amertume de bon aloi. Sur l’étroite voie passante, des centaines de piétons se pressaient, des jeunes gens munis de planches à voile et des curieux, partout, en désordre. Claude admira un long moment ces équilibristes effrontés bravant les grosses vagues, lesquelles venaient sans cesse se briser sur le béton à ses pieds.


Leurs verres vides rapidement attestaient d’une soif intense. Après cela, c’est main dans la main qu’ils regagnèrent leur maison de location. À peine entré, Michel revenait à la charge. Le court intermède océanique l’avait mis en appétit. Claude ne chercha pas à se soustraire à cette danse frénétique des deux corps chauds. Si elle l’avait provoqué lors de la nage, ce n’était pas non plus pour le laisser dans un état pareil maintenant. Quand elle allumait le feu, elle se savait aussi capable de l’éteindre. L’étreinte des bras musclés de son mari la ravissait.


C’est sur la crédence de l’entrée qu’elle se sentit soudain soulevée par deux mains puissantes. Michel l’embrassait à bouche que veux-tu, et elle répondait à ses baisers chargés d’envie. Il avait eu vite fait de faire glisser à ses pieds le micro slip de bain encore humide de son épouse. Il ne chercha même pas à le faire passer par le second peton. Déjà sa bouche s’était enfouie entre les deux cuisses largement ouvertes, et sa langue fouillait désormais le triangle de poils sombres qui masquait l’ourlet féminin.


Elle ne mit ses mains sur son crâne que pour mieux appuyer sur ce dernier. Ainsi, il n’aurait plus la possibilité de reculer et la chose baveuse qui frôlait déjà les deux lèvres béantes, resterait bien là où c’était bon. Mais sans doute n’avait-il jamais, au grand jamais, eu cette malheureuse idée de renoncer. Le souffle qui courait sur le pubis de dame Claude ne pourrait aucunement tarir la source qui suintait d’amour. D’un museau souple, il menait la valse et elle se dandinait d’une étrange manière sous les caresses tellement intimes.


Michel aimait cette aigue-marine aux senteurs d’océan. Claude soupirait, geignait sous les assauts de sa langue. Il explorait toujours avec un bonheur jamais démenti cette conque domestiquée pourtant depuis bien des années. Il n’en demandait pas d’autres, n’en cherchait pas, mais ne s’interdisait nullement de regarder parfois… si le pré du voisin était plus verdoyant que le sien. La jeunette de la plage lui avait attiré le regard, mais c’était toujours sa Claude qui le faisait bander. Il voulait au moins s’en persuader. Du moins c’était toujours en elle qu’il se sentait le mieux.


Cette fois encore n’échappait pas à la règle. Il l’avait laissée se redresser, pour se pendre au sens littéral du terme, à son cou. En la maintenant alors qu’ils s’embrassaient, il avait prestement baissé à mi-cuisses short et caleçon de bain. Puis ses bras musclés n’avaient plus eu qu’à la soulever légèrement pour mieux la laisser se lover contre lui. En redescendant, elle toute seule s’était empalée sur la queue raide de l’homme. Le soupir sans fin qu’elle poussait ne pouvait que signifier son bonheur de le sentir en elle.


Alors un athlétique corps à corps avait lieu au milieu d’une entrée et au diable les voisins qui pouvaient entendre leurs cris. C’était trop bon pour se priver de ces gémissements que cette fornication impromptue leur procurait. Il savait d’emblée que cette position ne pourrait pas durer indéfiniment et il lui fallait pourtant se retenir, son plaisir d’homme ne viendrait que de celui de cette épouse aimante et de son orgasme à elle naitrait une véritable osmose entre eux. Il y réussissait plutôt bien en temps normal. Mais là…


Claude l’avait fortement émoustillé depuis longtemps et se retenir tenait de l’exploit. Alors une fois ne serait pas coutume. Il jouissait sans se préoccuper de savoir si elle en retirait un vrai plaisir. La pipe océanique et les mouvements debout, trop rapides avaient eu raison de la montée de semence qui maintenant coulait en elle. Elle avait de petits soubresauts, alors qu’accrochée à son cou, elle se secouait le bassin. Les gémissements qu’elle poussait pouvaient signifier plusieurs choses. Soit, elle aussi prenait son pied, soit, elle grognait à cause de son abandon passager.


Il dut faire un effort pour la relever assez pour qu’elle se dégage de son étreinte. Il bandait toujours alors que Claude filait vers la salle de bain, en riant aux éclats. Michel fit glisser ses vêtements le long de ses jambes, finalement il serait plus à l’aise à poils lui aussi. Déjà le bruit de cascade que faisait la pomme de douche le rassurait sur l’état d’esprit de son épouse. Elle savait bien parfois elle aussi, ne pas l’attendre, un juste retour d’ascenseur quelque part…


Après elle, il fit de même. Un long moment de détente sous un jet tiède ne pouvait que faire du bien à son grand corps encore collant du sel de mer et le libérerait des arômes envahissants de leur partie de cul. À sa sortie de la cabine de douche. La jolie brune était assise et finissait devant la glace un savant maquillage.


— Et bien Michel ? C’est bon une douche après… tout cela. Non ? J’ai préparé tes habits sur le lit, dans la chambre.

— Mes habits ? Quels habits ?

— Tu ne vas pas aller au restaurant à poils tout de même. Tu as déjà oublié ? Nous avons rendez-vous avec nos amis Jocelyne et Jean-Pierre pour le dîner…

— Ah Zut ! C’est vrai. Ça m’était sorti de la tête. Bon je sais ce qui me reste à faire alors !

— À la bonne heure… tu sais… je voulais te le rappeler en revenant, tu ne m’as pas laissé le temps de dire un mot.

— Pour une bonne cause non ? Tu joues les pyromanes, il était donc juste que tu éteignes le feu…

— Dis que le pompier ne t’a pas plu…

— Non… c’était… trop bien, si bien que j’en oublierais volontiers notre rendez-vous… et que je dinerais à nouveau de ces mets appétissants que tu laisses si honteusement à l’air !

— Mon Dieu ! Mon mari est un satyre…

— Un satyre… ça tire aussi ? Alors oui, je le serais bien encore un peu…

— Chut ! Pas question de faire faux bond à la douce « Joce », et tu sais comme Jean-Pierre peut être soupe au lait parfois… il ne te le pardonnerait pas !

— Tu parles d’une corvée.

— Ouais ? Mon œil ! Elle te plait bien un peu la Jocelyne, je crois ! J’ai déjà vu ton regard quand elle met des vêtements un peu… olé-olé.

— Pfff ! C’est nul ! On peut regarder sans toucher. Dieu nous a fait des yeux, c’est fait pour s’en servir. Et puis entre sa poitrine et la tienne… il n’y a pas photo.


Elle riait, mais se replongea dans son ravalement de façade. Sur son siège, aussi nue qu’au premier jour, elle était belle et il ne put s’empêcher de poser sa main sur son épaule. Elle allait vers sa joue avec l’intention visible de lui faire une caresse.


— Ah non ! Tu ne vas tout de même pas saboter une demi-heure de travail. On verra ça ce soir…

— Je peux peut-être tripoter ici alors ?


En rigolant, il avança sa main et saisit entre son pouce et son index un de ses tétons. Chez elle les bouts de seins étaient assez gros et volumineux.


— Tu vois… ça ! Elle ne peut pas avoir ça, ta copine Jocelyne… ceux-là sont juste à la taille de ma bouche… tiens…


Joignant le geste à la parole, Michel posait ses lèvres sur ce dard qui dépassait largement la norme de ce genre de truc. Claude frissonna, puis se saisissant de la brosse à cheveux fit mine de lui en assener un coup. Alors en gloussant, son mari se recula précipitamment.


— Pfff ! Pas moyen de jouer encore un peu… c’est barbant ces diners entre amis… surtout pendant les vacances. Comme s’ils ne pouvaient pas choisir un autre endroit pour passer leurs vacances ces deux-là…

— Allons, calme-toi. Tu les aimes bien toi aussi, alors… chut !


— oooOOooo —


Il sortit de la salle d’eau et tira la porte sur elle. Il valait mieux ne plus la voir que s’infliger ce calvaire de la savoir inaccessible. Du reste quand elle en sortit, de devant sa coiffeuse, elle passa nue devant lui et bon sang que cette statue mouvante lui donnait une barre au bas du ventre. Elle était trop belle cette… sa femme ! Il se jura qu’elle ne perdait rien pour attendre et il lui tardait déjà que ce foutu dîner soit terminé. Quelle idée que ces deux-là aient pris un Mobil-Home un village plus loin ?


Jean-Pierre était un type pas souriant pour deux ronds. Un contraste saisissant entre Jocelyne son épouse depuis… quelques vingt ans et lui. Elle plutôt pétillante aimait rire et s’amuser et lui avec sa mine renfrognée… le jour et la nuit. Michel tout en dialoguant courtoisement avec son collègue se posait cette question. Pourquoi et comment une femme aussi radieuse avait-elle épousé ce type sinistre ? Pas de réponse bien entendu à venir. Claude, elle adorait la jolie rousse qui devisait gentiment avec elle, assise à ses côtés à table.


Épinal était une toute petite ville de province et le tribunal n’était pas très grand non plus. Alors pas moyen d’éviter ces collègues côtoyés en son sein. Mais quand Jean-Pierre les avait gentiment invités à dîner, en expliquant à Michel qu’ils passeraient leurs vacances à Brétignolles sur mer, comment refuser ? Ils ne se rencontraient pas souvent, mais Claude avait aimé cette petite bonne femme aux cheveux couleur feu dès qu’elles s’étaient parlé.


Le repas du soir, essentiellement constitué d’une des plus grandes richesses de notre océan, venait de débarquer littéralement sur la table. L’immense plateau de fruits de mer dressés sur une sorte de longue barque réfrigérée par un lit de glace pilée. Les conversations étaient différentes pour les hommes. Jean-Pierre n’arrivait pas à décrocher de son boulot, et Michel courtoisement se contentait de répondre poliment sans montrer d’agacement. Face à eux, les deux donzelles riaient aux éclats.


Sentant soudain que les deux loustics ne parlaient plus, Claude s’adressa à son mari.


— Jocelyne me raconte sa balade sur la plage. Et surtout sur la pointe de celle-ci. Alors Jean-Pierre… il parait que vous avez fait connaissance avec un endroit assez… coquin au fond de la grande plage ?

— Ne m’en parlez pas… tous ces gens à poils ! Une honte à notre époque !

— Je te trouve bien dur avec ces gens qui ne veulent vivre que naturellement. Et je crois que cette plage est réservée à ce genre de… d’activités.

— Oui… Jean-Pierre… tu as tort de te fâcher comme d’habitude. Ils sont chez eux et c’était nous les intrus. Et puis tu ne vas pas me raconter que tes yeux n’ont pas dérivé sur des seins de toute beauté. Peut-être même sur des endroits plus… intimes ! Allons ne te mens pas.

— C’est vrai ça ? Les femmes y sont si belles ? Eh ! Michel, nous irons nous aussi y faire un tour ?

— Pourquoi pas ? Mais pour cela, tu devras te conformer à leurs usages. Pour ma part, je ne veux en aucun cas aller jouer les voyeurs.

— Mais qui te parle d’aller mater ? Moi aussi j’en ai souvent rêvé de me balader nue sur le sable, d’entrer dans l’eau sans rien… c’est la liberté quelque part, qu’en pensez-vous, Jean-Pierre ?


Michel regardait sa femme qui menait le débat. Une idée d’un coup lui traversa l’esprit. Elle voulait entraîner son collègue dans ses derniers retranchements. Oui ! Mais dans quel but avoué ou peut-être inavouable ? L’autre était rouge comme une pivoine. Et sa Jocelyne s’en étranglait de rire.


— Ah, ah ! Mon lascar… te voici collé, piégé à ton propre jeu. Tu vois quand je te le dis qu’il ne faut pas toujours être pessimiste. Mais vous pouvez, Claude, être bien certaine que cet endroit, nous allons l’éviter comme la peste. Tout ça parce que Monsieur a décrété que ces occupants étaient tous des pervers.

— Mais… vous n’y songez pas. Il y a aussi des familles avec leurs enfants qui fréquentent les plages naturistes. Et on n’entend pas parler de viols plus qu’ailleurs ici. Je me trompe Michel ou quoi ?

— Non ! Mais Jean-Pierre, pourquoi n’irions-nous pas après le diner faire une virée sur cette fameuse langue de sable ? Après tout… nous sommes ici aussi pour nous amuser, que diable !

— Moi je te suis Michel.

— Et toi mon Jean-Pierre, tu ne vas pas encore te montrer grincheux tout de même. Si tu ne veux pas accompagner nos amis, et bien… moi j’irai avec eux.

—… ?


La tête de son collègue avait quelque chose de grotesque. Il ne pouvait pas répondre de manière verte à son épouse, ça ne se faisait pas devant des amis et collègues. Mais il n’en pensait pas moins et sa frimousse trahissait cette désapprobation. Michel et Claude sentirent le vent venir et ce fut lui qui d’un ton le plus détaché possible, détourna la conversation.


— Sinon, ce n’est pas trop bruyant les Mobil-Home ? Je n’ai jamais osé pour ma part en louer un.

— Mais nous ne le louons pas, il nous appartient et reste là à l’année. Nous y venons chaque fois que nous le pouvons. Vous savez Michel, mon mari n’est pas toujours aussi guindé qu’il en a l’air.


Et Claude jetait d’un coup, un pavé dans la mare.


— Alors, pas de souci, goûtons à ces jolis fruits de mer qui ont l’air savoureux et puis nous irons donc tous ensemble voir votre maison à roulette… vous voulez bien ?

— Évidemment que ça nous va, hein ! Mon Jean-Pierre… il en est fier vous savez de son Mobil-Home ! Et puis nous pourrons aussi aller nous promener sur la plage… tous, tout nus… après tout, c’est l’été.


Avec un sourire espiègle, Jocelyne venait de scotcher son mari. Il ne répondit pas à cette attaque venue de son propre camp. C’était sa fête ce soir ? Et il regretta amèrement d’avoir voulu se montrer civil en invitant son collègue Michel. Dire que Jocelyne se mettait avec eux pour… Il respira un bon coup… finalement il n’allait tout de même pas laisser sa compagne aller seule avec ces deux-là sur une plage de cul-nus… Et puis la nuit qui verrait quoi que ce soit ?


— oooOOooo —


Les bulots, les bouquets, les huîtres, tout concourait à rendre la soirée plus joyeuse. Puis il y avait ce petit muscadet dont la bouteille s’avérait trop vite vide. Elle fut donc mise au mâle et sa sœur jumelle fit rayonner leur esprit. Les langoustines ainsi que les palourdes avaient toutes disparu du plateau et seules quelques huîtres résistaient encore. Pas pour longtemps, parce que c’était le péché mignon de Michel. Claude en avalait quelques-unes, mais en oubliait volontiers les dernières pour son mari.


S’il avait été déçu par la tournure des choses, Jean-Pierre n’en avait rien montré. Il lui était difficile du reste de faire plus mauvaise figure que d’ordinaire. Les muscles de son visage devaient être figés dans cette position qui lui donnait un air peu sympathique. Il était revenu sur son sujet de prédilection, à savoir la lente évolution du système judiciaire de notre beau pays. Michel faisait montre d’attention, mais il s’ennuyait à mourir. Les images du corps de Claude finalement étaient un dérivatif intéressant…


Celles de l’après-midi revenaient sans cesse comme ce téton gonflé sous ses dents de loup… et l’idée de le savourer un peu plus, en fin de soirée… lui donnait la force de supporter la lourdeur du dialogue. Jocelyne et Claude en étaient à parler chiffons et leurs goûts en la matière semblaient s’accorder. Finalement le dessert aussi avait un air d’été, et le « colonel » des deux hommes ouvrait chez Michel un autre appétit, plus… intime. En ce qui concernait son presque ami Jean-Pierre, impossible de savoir ce qu’il pensait véritablement de la soirée.


Quand ils sortirent enfin du restaurant de ce Logis de France, le « Saint-Gilles » si bien nommé, les quelques pas le long du quai désembrumèrent les cerveaux. Plus personne ne parlait de la petite plage de Brétignolles. Jean-Pierre n’avait retenu qu’une chose de ce repas, il allait faire visiter sa demeure à roulettes à son collègue. Tous prirent donc le chemin du camping, « le Cabestan ». Et tout fier le propriétaire de la drôle de baraque les fit visiter.


— C’est bien conçu… j’avoue que ça me rappelle un peu notre chalet… en plus petit !

— Oui… tu as raison Claude. Et avec vos voisins ? Pas de conflit ou trop de boucan ?

— Bah ! Tu sais nous sommes en vacances et mon Dieu on doit bien supporter un peu les autres qui font la fête ! Non, dans l’ensemble ça va. Et puis depuis que nous venons ici… dix ans environ, nous nous connaissons tous.


Tout le monde se tut d’un coup, chacun songeant à tout un tas de trucs hétéroclites. Dix ans qu’ils venaient et jamais Jean-Pierre n’avait vu la page nudiste ? Étrange tout de même. C’était cette réflexion qui envahissait l’esprit de Michel. Comme si elle avait traversé ses pensées également, Claude d’un coup enfonça le clou amorcé durant le repas.


— Finalement, nous sommes tout près de votre fameuse plage. On pourrait aller y faire un tour. De nuit, ça pourrait être sympa et nous deux nous pourrions rentrer à pied par la plage. Qu’en dites-vous ?

— Ça me va… mais pour nos fringues ?

— Bof ! Vous avez bien un sac à nous prêter, nous vous le rendrons demain… Tu as bien cela Jocelyne non ? Tu viens aussi avec nous ? Et vous Jean-Pierre ! Vous êtes de la balade également ?

— Mais oui qu’il va venir… et puis après tout, c’est l’été non ! C’est plus facile de se dévêtir depuis… ici ! Vous repasserez chercher vos affaires et boire un verre ensuite !


Déjà elle avait joint le geste à la parole, sous le regard de son mari. Il avait le visage rouge, cramoisi. Il ne s’attendait pas à cela sans doute. Elle venait de relever son tee-shirt et un soutien-gorge coloré apparaissait à la vue de tous. Alors, Claude pour ne pas la laisser seule, fit passer par-dessus ses épaules son fin caraco. Elles se regardèrent une seconde et se tournant vers les deux mecs, se mirent à rire aux éclats. Si Michel était aussi hilare, Jean-Pierre quant à lui, s’en étranglait presque… de honte !


Michel estomaqué de voir les deux nanas se défringuer à vitesse grand « V » n’en restait pas moins hilare. Il jeta un coup d’œil vers l’avocat qui ne respirait pratiquement plus. Puis il lui mit la main sur l’épaule, et l’autre tressaillit.


— On devrait peut-être les imiter sous peine d’avoir un air godiche, habillés devant deux belles femmes à poils. Qu’en penses-tu mon bon Jean-Pierre ?


L’autre avait mis un moment pour que sa respiration reprenne un cours plus normal. Et c’était Jocelyne qui était simplement venue lui tirer sur le polo qu’il portait. Il leva les bras sans rajouter un mot. Puis elle dégrafa la ceinture du pantalon qu’il portait avec une sorte de soupir…


— Ce n’est pas vrai… bon sang, pire que les gosses ! Il faut tout faire toute seule ici.

— Mais…

— Bon Dieu ! Personne ne va te bouffer parce que tu auras les fesses à l’air. Voyons, chouffe un peu autour de nous. Nos amis n’ont pas autant de complexes que toi.


Il était en slip et tremblait pour de bon. Personne ne se préoccupait de sa honte. Finalement quand il fut lui aussi nu comme les autres, Jocelyne ouvrit la porte de Mobil-Home.


— Bon ! Je ne ferme pas ! De toute façon, personne n’a de poche pour y loger la clé…


Et elle se mit à rire de plus belle, suivie en cela par Claude. Les deux mecs sortir et filèrent le long du sentier qui donnait accès à la grande plage. Le sable fin coulait entre les orteils des uns et des autres. L’air était plus frais, mais le vent lui courait sur les cuisses et les corps nus. Un petit plaisir bien sibyllin qui pourtant était déjà un monstrueux effort pour le compagnon de la petite rousse. Et un peu en contre-bas, le bruit des vagues qui venaient mourir sur une langue de plage minuscule.


La marée était à l’étal. Ils s’enfoncèrent dans la nuit, Michel donnant la main à sa belle et marchant derrière le couple du camping. C’était encore la femme de ce duo qui se cramponnait au bras de son homme. Lui préférait sans doute être devant, ce qui lui épargnait des regards dont il se passait très bien. Mais les suiveurs eux en profitaient éhontément. Michel donnait de petites claques sur le derrière rebondi de sa brune. Et comme elle faisait mine de courir, il laissa cette patte frôler plus que nécessaire, la peau un peu trop blanche qui se déhanchait sur son aile droite.


Personne n’était visible à cette heure tardive sur ce front de l’océan. Claude entra dans l’eau et Jocelyne à ses côtés fit de même. Michel ensuite se lança sans hésiter dans la noirceur du paysage liquide. Quand les trois-là se retournèrent, seule la silhouette de Jean-Pierre se découpait sur le ciel plus clair.


— Alors ? Tu viens ou pas ? Tu comptes camper sur la grève ?


Claude et Michel ne se souciaient déjà plus de ces deux amis qui visiblement n’avaient pas du tout une vision identique du monde. Si son mari plaignit cette rousse, il n’en fit nullement état. Non trop occupé à nager de concert avec sa belle, il se fichait éperdument de savoir si son collègue viendrait ou non les rejoindre. Quelques instants plus tard, trois points sombres flottaient comme des bouchons sur une nappe de vagues calmes.


— Il ne nage pas très bien, vous savez !

— Ne t’excuse donc pas comme ça Jocelyne… c’est ton mari, il est grand et fait comme il l’entend. Nous ne lui en tenons pas rigueur.

— Mon Dieu je t’assure que j’aimerais parfois qu’il ressemble à ton Michel… qu’il soit un peu plus souple, sur certaines choses parfois…

—… !


Que répondre à cela ? Et son mari qui nageait deux mètres plus à droite, s’il entendait la conversation, se gardait bien de dire un mot. Claude d’une brasse se rapprocha et la rousse également nagea vers eux. Depuis quelques dizaines de mètres, les baigneurs nocturnes n’avaient plus pieds. La brune vint se frotter contre son Michel. Dans son élan, Jocelyne se trouva d’un coup, coincée entre les deux, et les mains qui pensaient frôler Claude étaient en fait sur l’épaule de son amie.


La femme de Jean-Pierre frissonna sous cette caresse inattendue. Michel, la tête sous l’eau ne pouvait pas faire la différence, et si Claude avait entrevu l’erreur, ce qui n’était pas certain, elle non plus ne dissuada pas son époux de continuer. Du reste la patte folle avait dessiné sur la peau une agréable arabesque en direction d’un sein. Les doigts qui prenaient donc contact avec cette masse rose plongée entièrement dans le bain, d’un coup s’écartaient rapidement.


La méprise devenait flagrante quand la pince formée par le pouce et l’index avait cueilli le téton. Celui-ci n’avait ni la longueur ni le diamètre que les doigts connaissaient. Mais il ne s’excusa pas et s’écarta sans bruit de ce corps qui n’avait rien de commun avec celui qu’il espérait. Merde… il venait de tripoter les seins de la rousse sans s’en rendre compte. Et elle ne lui avait pas mis une baffe ? Bizarre… à moins qu’elle n’y ait pas cru ou qu’elle n’ait pas eu le temps de… Et si c’était autre chose ?


Mais Claude non plus n’avait pas crié ! Alors ! Il se sentit plus léger soudain. Les absents ont toujours tort et son ami et néanmoins collègue en était le parfait exemple. Cette Jocelyne aurait-elle prémédité cela ? Impossible à dire, mais elle nageait, proche de Claude, et il dut accélérer pour s’en éloigner une seconde fois.


— Tu m’évites Michel ? Bon sang, Claude, il y a du courant par ici ? Nous allons nous retrouver bien loin de notre point de départ…

— Oui il serait bon que nous regagnions la plage. On ne voit plus ton mari ma belle.

— Ne t’inquiète pas pour lui… il connaît le chemin et puis ce n’était pas interdit de faire un effort… et de nous suivre.

— Oui, mais s’il ne nage pas trop bien…

— Il fallait bien que je l’excuse, non ?


La rousse avouait donc que son mari… et puis zut ce tordu devenait un peu énervant. Claude chercha des yeux le rivage. Il n’était pas tout près. Cette fois les trois bouchons flottaient de concert, éloignés de quelques centimètres les uns des autres. L’eau était bonne malgré la nuit. Et quand ils reprirent pied sur le sable, pas de trace visible de l’ami Jean-Pierre.


— Quelqu’un voit mon mari ? Nous venons de la droite ou de la gauche parce que moi et le sens de l’orientation !

— De la gauche, le courant nous a un peu promenés. Je ne vois pas Jean-Pierre non plus et j’imagine que nous sommes tout au fond de la plage de Brétignolles…

— Donc nous sommes dans un décor normal pour des gens tous nus !


Claude avait dit ces quelques mots avec une sorte de satisfaction.


— Dommage que nous ne soyons pas que trois, ton mari pourrait aussi goûter au plaisir de se dire que nous sommes sur la plage des « culs-nus ». Moi ça m’émoustille vraiment, pas toi « Joce » ? Et toi Michel ? Comment tu trouves ça ?

— À vrai dire, un peu vide… trop à mon avis. Mais peut-être de pleins d’yeux nous suivent de loin ! En tout cas, s’il y a des types qui matent, ils savent être discrets…

— Parce que tu crois que les femmes ne savent pas aussi faire ça ? Ce n’est pas réservé aux mâles le voyeurisme, si ?

— Je vois que tu te situes à peu près bien ! Tu vas donc nous ramener vers notre campement Michel ?

— Oui bien entendu ! Mais le temps de souffler un peu… histoire que le vent nous sèche un peu…

— Oui, c’est vrai que le vent est frisquet sur nos peaux mouillées. On pourrait s’enfoncer un peu sous les quelques pins dont on aperçoit les contours en bord de dunes !


— oooOOooo —


Michel avait la main de son épouse dans la sienne et il fut agréablement surpris quand celle libre, se trouva happée par la mimine de Jocelyne. Ils marchaient tous les trois à travers les longs spectres des pins. À un certain moment pourtant, Michel eut comme l’impression que des paires d’yeux invisibles traçaient la route qu’ils empruntaient. Cette idée lui parut cependant fort saugrenue, rien n’étayait cette thèse de voyeurs dissimulés dans les environs. Pourtant, à plusieurs reprises il scruta les alentours immédiats pour s’assurer que personne ne les matait.


Ils débouchèrent enfin sur une sorte d’esplanade où des bancs semblaient n’attendre qu’eux. Les filles en courant, partir s’asseoir sur le plus proche, planté là comme par magie. Quand l’homme les rejoignit tranquillement l’une et l’autre s’écartèrent pour lui faire une place entre elles. Sa brune avait presque une tête de plus que son amie et elle vint poser sa joue sur l’épaule de son mari. Le vent maintenant n’avait plus rien à sécher.


— Nous sommes encore loin du Mobil-Home. ?

— À vrai dire, je ne sais pas trop. Nous sommes dans la bonne direction, mais c’est difficile à dire.

— Vous n’êtes pas fatigués vous deux ? Je suis crevée moi. Et puis Jean-Pierre va s’inquiéter.

— Il sait bien que nous sommes tous ensemble, alors de quoi pourrait-il avoir peur ?

— Allez savoir ce qui se passe dans la tête des hommes… jaloux !

— Comment ça jaloux ? Il n’a pas matière à l’être ! Je crois ma chère Jocelyne que je devrais l’être plus que ton mari, tu ne crois pas ?

— Pourquoi dis-tu cela Claude ? Personne n’a rien fait qui justifie cette remarque.

— Ah oui ? Et dans l’eau, j’ai bien vu que vous vous frôliez, je ne suis pas certaine de plus que vous ne vous soyez pas… caressés.

— Comme tu y vas. J’ai cru un moment que c’était toi qui venais au-devant de moi et si ma main a touché c’était en songeant que c’était toi, Claude que j’effleurais.

— Oui ? Et toi Jocelyne, tu es sûre que cette involontaire caresse ne t’a fait aucun effet ? Tu n’arrêtais pas de suivre Michel ensuite…

— Arrête Claude ! Je ne te permets pas de douter de ma bonne foi.

— Bien entendu ! Mais c’était pour remettre les choses en ordre, les pendules à l’heure. Et puis je n’ai rien dit de mal, il me semble.

— Ne vous disputez pas pour moi vous deux… tout ça parce que mon mari n’est pas capable de faire les choses comme tout le monde… Parfois, je vous envie, vous savez.


Le silence venait de peser de tout son poids sur les gens assis sur le banc. Et l’homme voulut réagir rapidement, pour ne pas laisser le climat s’appesantir davantage.


— Bon, avançons les filles… puisque Jean-Pierre va s’inquiéter.

— Et puis qui sait… si on rencontrait le loup… je crois que de temps en temps ça pourrait être sympa aussi, une rencontre imprévue.

— Mais… tu es folle Jocelyne ou quoi ? Tu as vraiment des problèmes avec ton mari ou quoi ?

— Des problèmes non, mais il est tellement prévisible, tellement réfléchi et j’ai ou j’aurais bien besoin que parfois… les évènements se bousculent plus.

— Tu ne veux pas préciser… je ne suis pas et toi Michel tu saisis tout là ?

—…


Lui n’avait pas envie de dire ce qu’il pensait. Il aurait eu des qualificatifs plus percutants pour définir son collègue. Le premier qui lui venait à l’esprit serait sans doute : « chiant ». Mais il se retint pour ne vexer personne.


— Je ne suis pas là pour juger de ce qui se passe dans les couples amis, Claude !

— Comme je vous envie, je vous jalouserais presque aussi… vous transpirez le bonheur et l’amour vous deux.

— Je suppose qu’il te rend heureuse quand même ton Jean-Pierre.

— Mumm ! C’est toujours pareil, il décide, programme tout à l’avance et tout fini par devenir lassant, barbant à la limite. Plus rien n’est spontané…

— Plus rien ? Tu es certaine…

— Si, si… oui même ce à quoi tu penses là, en ce moment…

— Non ! Et bien… ça ne doit pas toujours être gai à la maison, pour toi surtout.

— J’avais bien compté un peu sur vous pour le dérider un peu… mais vous voyez, c’est incurable. Indécrottable… il est indécrottable.


Une sorte de cri rauque avait jailli de sa gorge, faisant tressauter sa poitrine nue. Maintenant le vent marin de la nuit laissait sur les corps une chair de poule marquée. Un autre bruit attira l’attention en éveil de Michel. Il était quasi certain que quelqu’un les suivait. Et il s’arrêta nonchalamment sur ce minuscule sentier sablonneux. Le craquement de brindilles qui l’intriguait stoppa aussitôt. Nul doute, ils étaient filés par un ou plusieurs fantômes invisibles.


— Pourquoi tu t’arrêtes tout le temps ? Tu ne peux pas rester près de nous ? C’est angoissant cet endroit la nuit. On s’attend à voir surgir partout sur notre chemin des gens mal intentionnés.

— Mais non ! Tout au plus, seraient-ils heureux de nous voir faire des cochonneries. Mais personne ne va t’attaquer ou nous agresser.

— Des cochonneries ? Ton mari, Claude a des mots bien doux pour définir ce que les types qui doivent roder dans ces bois aimeraient voir. Il parait que c’est plein de voyeurs dans cette pinède.


Michel se dit soudain que cette Jocelyne semblait bien renseignée sur la question. À moins que son Jean-Pierre n’ait voulu lui coller la trouille. On ne se savait jamais avec les jaloux… ils arrivaient toujours à trouver des trucs insensés pour préserver leur territoire. Mais il n’était plus l’heure d’en débattre. Déjà les lumières du camping faisaient un halo lumineux bien en vue.


— Je crois que vous ne risquez plus rien, Mesdames, de toute façon vous voici revenues à notre point de départ.

— Ouf… le grand méchant loup ne nous mangera pas…

— Va savoir, ma Claude… va savoir.

— Pourvu que Jean-Pierre soit rentré. Enfin, il connaît le chemin et il ne peut pas se perdre sur la plage.


Michel pensa que si l’autre ne pouvait pas se perdre ici, il était bien capable de se noyer dans un verre d’eau. Mais le Mobil-Home était dans la nuit. Aucune lumière, signe que le gaillard n’était donc pas revenu.


— Une chance que la porte ne soit pas fermée donc ! Vous voyez que voyager sans poche a du bon…


Jocelyne avait ri de sa boutade et elle était directement entrée chez elle. Mais Claude et Michel s’étaient vite rhabillés et ils n’avaient nulle intention d’attendre le retour du maître de céans. Ils avaient poliment refusé le dernier verre proposé par la femme rousse. Et puis ce départ précipité offrait l’énorme avantage de ne pas avoir d’explications à donner ou à entendre de la part de son collègue. Si Claude sentit le désarroi de son amie, elle ne fit rien pour le partager.


— Nous te souhaitons une bonne nuit ma belle. Tu embrasseras Jean-Pierre pour nous ! Nous allons rentrer par la plage et les dunes et ça fait un petit bout de chemin… mais il fait bon, ce soir

— Bonne nuit à tous les deux Jocelyne !


Michel avait attrapé la main de sa compagne et il lui serrait les doigts, lui montrant de cette façon son impatience à quitter la maison sur roulettes. Il écourtait ostensiblement les effusions entre les deux nanas. L’air de la nuit fouetta leurs visages dès qu’ils eurent franchi les portes du terrain de camping. Immédiatement, ils bifurquèrent sur un autre sentier menant tout droit à la plage. Et tout là-bas, au fond, les lumières de Saint-Gilles et de Croix de vie étaient comme un point de mire pour leur retour.


C’était agréable cette marche sous un ciel sombre, juste entouré d’une nappe qui bruissait délicatement et le sable de la grève était mouillé sous les pieds. Michel avait remis ses chaussures, lacées autour de son cou et il retira une nouvelle fois son pantalon. La jupe de Claude ne mouillerait pas si elle n’entrait pas dans les vagues. En caleçon et les guibolles dans l’eau de mer, il sifflotait. Sa brune, quant à elle s’agrippait à lui et ses doigts se crispaient dans sa pogne virile. Un long moment ils avancèrent vers ces rues enluminées.


Puis la femme dévia sur la droite, vers la dune et les arbrisseaux dont elle était remplie. S’il ne comprenait pas le but de cette manœuvre, Michel la laissa faire néanmoins. Quand elle se jeta sur le sol en le cramponnant toujours par la patte, il saisit d’un coup qu’elle voulait peut-être… finalement le loup pourrait la manger ? Qui savait ?


— Alors salaud, tu l’as tripotée ? Ça t’a plus hein mon cochon de lui passer la main sur les nichons ! Allons avoues le ! Nous sommes seuls dans ce coin paumé, tu peux tout me dire !

— Te dire quoi, il n’y a rien à ajouter à ce que je t’ai déjà dit. J’ai cru que c’était toi qui nageais près de moi et oui j’ai mis les mains sur…

— Et c’était bien ? Bon ? Tu avais envie d’aller plus loin ?

— C’était différent et j’ai vite retiré mes doigts, ce n’était pas du tout, mais alors pas du tout comme chez toi…

— Quoi ? Comme chez moi, tu veux dire quoi par-là ?

— Ses seins… enfin ce téton que j’ai touché par inadvertance… il n’avait rien des tiens, mon ange.

— Ah ! Ah ! C’est pour cela que tu y reviens toujours alors ?

— Pour cela et pour tout le reste, mais pas besoin de le dire pour que tu saches le pourquoi du comment.


Elle venait de relever son visage vers celui de son mari. Visiblement, elle espérait bien un rapprochement de leurs lèvres et pour cela, il ne se fit pas prier. Elle adorait sentir sur sa bouche les lèvres de cet homme-là ! Son amour depuis des années. Et il n’avait jamais, au grand jamais failli. Il répondait toujours présent à la moindre de ses sollicitations. Alors quand sa langue fit le tour en maitresse de son palais, elle se départit de toute retenue. Ses doigts cherchèrent et trouvèrent le paquet que le caleçon contenait.


Ils encerclèrent la chose vivante et chaude avec une brusquerie qui le fit tressaillir. Mais elle savait ce qu’il aimait et elle glissa ensuite l’ensemble de sa menotte entre peau et tissu, à la recherche du mat que contenait à peine sa main fermée. Elle ne put que constater l’avancement de son envie. Et un court instant elle se demanda si c’était bien pour elle ou pour ce « téton différent » que sa bite avait une telle émotion. Mais aucune question ne franchit ses lèvres scellées par un baiser ardent. Et quand Michel reprit un bol d’air, elle le masturbait déjà vigoureusement.


— Tu bandes mon coco ! Pour moi ou pour… une autre femme esseulée ?

— Esseulée ? Tu parles, son Jean-Pierre doit en ce moment s’en occuper avec bonheur.

— Tu y crois toi ? Je pencherais plutôt pour un malaise profond dans leur couple. Elle ne m’a pas semblé heureuse Jocelyne. Et puis tu n’as pas trouvé bizarre que ce zigoto ne vienne pas à l’eau avec nous ?

— Il fait comme il veut, c’est son couple, c’est sa vie.

— Ouais, mais moi, ça ne m’étonnerait qu’à demi si c’était bientôt… son ex-épouse ! Ah ! Oui en revenant vers son Mobil-Home, tu n’as pas eu l’impression que nous étions suivis ? J’ai cru entendre du bois mort sur lequel on marchait.

— Il m’a semblé également, mais je n’en suis pas totalement certain.

— Et tu penses comme moi ? Que c’était peut-être ce gaillard-là qui nous épiait ?

— Quoi ? Jean-Pierre ? Déguisé en voyeur ? Oh non ! Il a bien des défauts, mais voyeur tout de même ! Et puis c’était sa femme !

— A moins mon bon Michel qu’il n’ait pas une confiance absolue en elle…

—… ! Alors on passe la nuit à bavasser ou… nous nous plongeons dans le vif du sujet ?

— Je vois… il vaut mieux en donner à monsieur plutôt que lui en promettre !

—…


Le reste venait de se perdre dans un rire de gorge et les doigts sur la pine s’étaient resserrés un peu plus. Cette fois, gorgée de sang, la queue était bouillante et la brune piaffait d’impatience. Elle ne voulait rien de sophistiqué, rien de doux ou de tendre. Non, juste un coït rapide, fort, violent. De quoi passer rapidement son envie, celle entretenue depuis… ça n’avait aucune importance. Elle se coucha sur lui en repoussant de ses deux paumes à plat sur sa poitrine son bonhomme, pour qu’il se couche sur le sable.


Ceci fait, elle enjamba le corps de Michel. Et écartant toute seule sa culotte, elle s’empala sur le jonc raide. Le premier soupir était masculin. Cette intromission avait un relent de bonheur. Elle ne resta pas longtemps à bâiller aux corneilles. Non ! Le ventre féminin se creusa alors qu’elle s’appuyait de ses mains sur ce torse nu sous elle. Et commença une chevauchée de western. L’amazone avait les cheveux au vent et la jupe rabattue sur les bas ventres qui s’enflammaient.


Michel eut, avant de se laisser porter par son plaisir, une pensée pour un éventuel pauvre voyeur. Il en serait pour ses frais. Le son sans l’image en quelque sorte… et les ruades de la croupe de sa Claude l’empêchèrent de bien imaginer la scène. Il se concentra sur l’action entreprise par sa jolie nana. Ses fesses montaient et redescendaient, entraînant dans leur cavalcade des sensations que rehaussaient encore les gémissements qu’elle tirait de son propre corps. Il aimait la femme, il aimait l’amour et la réunion des deux était… magique !


 À suivre... ou pas... ?


 À vous de me le dire...

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