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La mère de toutes les batailles

Chapitre 1

Divers

Sur la terrasse d’une villa ancienne située dans l’arrière-pays niçois, Juliette et Alexandre discutent paisiblement. Ils ont fait l’amour tout à l’heure, comme deux vieux amants dont chacun connaît les ficelles du plaisir commun, et toute tension est apaisée.

Cependant de vieux souvenirs remontent : est-ce la faute du soleil qui décline doucement, est-ce l’effet de la douceur de cette soirée de fin d’été, est-ce la perspective de la vieillesse qui, au loin, s’annonce ? L’atmosphère les rappelle à certaines folles nuits autour de la piscine, en un temps, pas si lointain, où la promiscuité avait le goût de la liberté, où les pathologies sexuelles n’étaient pas mortelles.

-- Tu veux encore du thé ?

Elle lui tendit sa tasse :

-- Oui, une goutte, merci. Non, je pense vraiment que tu exagères. Je n’ai pas eu le temps matériel de satisfaire autant de monde. J’étais complètement sous ton charme, très motivée, disposée à faire n’importe quoi pour te plaire, te complaire et te faire honneur. Ah, pour ça, tu m’as bien possédée ! Et puis j’étais jeune, forte et je ne doutais de rien, surtout pas de ma capacité à combler tous ceux qui voudraient de moi cette nuit-là. Je me demande encore comment j’ai pu accepter un truc pareil.

-- Pourquoi ? pour entrer dans le cercle, tout simplement.

-- Je t’en prie ne recommence pas. Qui peut croire à ça ?

-- Pourtant à l’époque, tu y as cru.

-- Ecoutez-moi ce faux jeton !

Mais le ton était à la bonne humeur, elle avait pardonné depuis longtemps. Et puis c’était en partie sa faute. Elle le savait désormais, ce qu’elle avait longtemps cherché dans la débauche ultime, c’était sa liberté de femme. D’un certain point de vue, il ne fallait pas le nier, l’objectif avait été atteint, mais c’était une perspective simpliste. Consentir à être la maîtresse de tout le monde, y compris dans les orgies les plus raffinées, ou les plus folles, pouvait effectivement passer pour une transgression libératoire. Mais comme Juliette n’était jamais sollicitée pour quoi que ce soit d’autre, cela n’impliquait que la totale liberté de ses fesses. Et puis au bout du compte, une question demeurait : l’avait-elle fait pour son plaisir à elle, ou pour son plaisir à lui, par amour pour lui ? Encore aujourd’hui, elle avait peur de la réponse.

Un jour elle se rebellerait. Elle partirait, tout simplement, sans dire au revoir. Elle reviendrait, c’est vrai, priée, suppliée ; mais leur vie, tout en continuant à être très mouvementée, s’organiserait alors sur d’autres bases.

Sur la terrasse, le couple débattait depuis un petit moment du nombre d’amants que Juliette avait eus certain soir de fête, bien des années auparavant, dans cette même villa. C’était loin d’être une orgie au sens courant du terme.

Alexandre avait alors une trentaine d’années ; il était l’héritier d’une jolie fortune. Prenant au mot sa maîtresse qui, un soir de folies, revendiquait publiquement son droit à la voracité, il avait saisi la balle au bond. Il avait organisé une grande fiesta, battant le ban et l’arrière ban de ses compagnons de débauche, libre à chacun d’inviter ses connaissances pourvu qu’il s’agisse de personnes de confiance, d’amateurs éclairés, discrets, raffinés. Beaucoup étaient accompagnés, certains venus de très loin, et l’on pouvait croiser des femmes étonnamment belles qui, comme si de rien n’était, avec une désinvolture qui en disait long sur leur art de vivre, papotaient dans les salons, circulaient dans le parc, picoraient dans une infinité de plats les mets les plus délicats, humectaient leurs lèvres humides aux liqueurs les plus subtiles.

En fait, la plupart d’entre elles savaient à quoi s’en tenir. Avec l’expérience, Juliette comprit quel rôle elle avait joué dans cette partition : celle de la pute de service. Elle avait passé un marché de dupes et il lui faudrait un jour panser certaines blessures. Mais pour l’heure elle ne voyait pas si loin.

La cérémonie avait toutes les apparences d’une mise à l’épreuve. La femme qui la subissait avec succès était censée afficher sa liberté d’esprit, affirmer sa motivation, prouver son endurance en même temps que son aptitude à tous les jeux du corps ; honteux et banal prétexte ! Au vrai ce n’était qu’un échange pervers. Une cohorte de mâles insouciants prendrait un plaisir hâtif, commodément maraudé dans la chair fraîche d’une superbe fille ; en face, une jeune femme aurait l’illusion de l’exceptionnel, le parfum du déraisonnable, l’opportunité de fuir la banalité de l’acte en se prodiguant au-delà de toute règle établie, en outrepassant toute espèce de limite, avec en prime la certitude de se hausser hors la mêlée de toutes ces femmes qui n’arrivent même pas à concevoir qu’on puisse avoir plus d’un homme dans sa vie.

Bien sûr, un seul ventre pour tous ces types c’était fort peu et en dépit des apparences, les autres femmes n’étaient pas là pour la galerie. C’eût été mal les connaître et il fallait que tout le monde s’amuse. Exploiter à fond la bonne fortune du jour ? Soit. Honorer dignement la fille offerte par le maître des lieux ? Parfait. Ca n’empêcherait nullement de forniquer en cachette dans tous les coins sombres. Seule concession à la vraisemblance, la soirée ne devait pas dégénérer en banale partouze. Il y avait pour ce genre de sport des occasions propices et des lieux appropriés.

Alexandre présenta donc à ses amis une voluptueuse blonde de vingt ans qu’il avait ramenée d’un voyage à Paris. Il avait assez profité des conquêtes des uns et des autres, c’était son tour de fournir. Il proposait à leur admiration une beauté singulièrement charnue mais étonnamment vive, gracieuse, un fantasme vivant : poitrine exubérante, taille bien marquée, hanches maternes, derrière somptueux.

En outre il s’enthousiasmait de leur faire goûter cette partenaire si bien disposée. C’est qu’elle promettait la garce ! Elle semblait ne jamais se lasser de l’amour, ne jamais être rassasiée, au point qu’il avait tout d’abord pensé qu’elle simulait ; mais non, en fait elle aimait le sexe et les câlins au-delà de toute mesure. Elle était capable de donner et recevoir du plaisir jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent, jusqu’à l’épuisement ultime.

Somme toute, il n’avait fait que la révéler à elle-même. Il y avait, enfouis chez elle depuis toujours -et en l’occurrence la sexualité n’était qu’un domaine parmi tant d’autres- une curiosité, une envie de mordre, un appétit de vivre qui paraissaient insatiables. Juliette expérimentait sans cesse : connaître les plages tropicales, les hautes vallées du Népal, le grand bazar d’Istanbul, les fresques de Piero della Francesca, goûter les vins, les fromages, les cuisines, tester les hommes, se confronter à toutes les situations sans rien rejeter à priori, tout lui était bon, c’était sa vraie nature.

Alors, très prudemment, il avait entrepris son initiation ; à Juliette incrédule, il avait d’abord présenté un beau garçon de son âge. A dire vrai, il avait fallu vaincre quelque réticence, mais il avait tant d’influence sur elle. Fort logiquement, une fois ce premier pas franchi, il avait été aisé d’en inviter un second. Puis ç’avaient été quelques amis à lui, pour une partie de cartes ou une soirée autour d’un feu de bois, d’abord trois, puis davantage : table bien garnie, comme toujours, vins précieux, vieux alcools, et la compagnie exclusive de Juliette, toujours sur la brèche, se dévouant corps et âme aux plaisirs de la meute, désormais instruite des figures les plus raffinées, initiée aux coïts les plus sophistiqués. Elle paraissait y trouver son compte et ne l’avait jamais déçu. A vingt ans elle était parfaitement rodée, considérablement aguerrie, entièrement libérée, ou pervertie, selon l’humeur de chacun. Perdu dans ses souvenirs, il eut un sourire énigmatique.

— A quoi tu penses ?

— A rien de particulier, je crois que tu vas beaucoup leur plaire.

— J’espère.

Et elle l’espérait vraiment ; elle eût été mortifiée de ne pas avoir de succès, beaucoup de succès, quoi qu’il dût lui en coûter. Au point où elle en était, elle préférait se faire mettre en pièces par des mâles en rut plutôt que de faire tapisserie, uniquement sollicitée par quelque bande-mou de circonstance. Ce n’était pas une affaire d’énergie sexuelle, mais une banale question d’amour-propre.

Lui se demandait comment elle se comporterait face à un escadron. D’autres, à sa place, auraient paniqué ou renoncé, éclatant en sanglots. Pas elle : cette réception lui était consacrée, enfin c’est comme ça qu’il avait présenté la chose, elle avait accepté en toute connaissance de cause. Ce serait d’ailleurs la seule soirée du genre, à moins qu’elle en redemande, ce qu’on avait déjà connu avec d’autres. Elle en était le thème et la reine, la protagoniste et l’égérie.

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En réalité il n’avait rien d’un trafiquant de chair humaine, ni d’un affreux sadique. Lui et ses compagnons se partageaient des jolies femmes dont ils aimaient qu’elles consentent à tout ce qu’on pouvait leur demander, du moins tant qu’on n’exigeait rien d’odieux ou de périlleux.

Il jouissait profondément à l’idée de la voir aux prises avec toute la bande. Pourquoi au juste ? Il s’était souvent interrogé, il était incapable de fournir une réponse cohérente à cette question. C’était comme ça, un point c’est tout ! Il aimait voir sa maîtresse submergée sous le nombre, comme d’autres se complaisent dans l’humiliation, l’urine, la merde ou le sang.

Sur ce plan il se sentait tout à fait net ; au moins avec eux, elle ne risquait rien, elle serait gardée de tout ce à quoi elle ne consentirait pas. Qu’elle dise seulement : ’ je n’en peux plus, j’arrête ’ on arrêterait, on passerait à autre chose, on la laisserait en paix. Il n’empêche, pour l’heure elle n’était à ses yeux qu’une superbe femelle à qui on pouvait tout demander, toujours partante pour n’importe quoi. Il n’avait pas encore réalisé que c’était une femme et qu’il l’aimait.

Lorsqu’Alexandre la présenta, elle descendit lentement l’escalier d’honneur, vêtue d’un fourreau obscène qu’un tailleur expert avait confectionné à ses mesures, maugréant contre ses disproportions. Le haut était noir, ce qui faisait ressortir sa blondeur et la pâleur de ses seins, rehaussée par un collier de rubis. Le bas était d’un blanc crème ; la couleur de l’innocence accentuait le volume de ses fesses, dont l’ampleur naturelle était scandaleusement redoublée par un bustier faisant office de guêpière.

A son grand soulagement, elle fut immédiatement applaudie et des murmures approbateurs parcoururent le parterre.

Au nom de l’élégance, elle aurait préféré quelque chose de plus discret. Le fourreau, pour commencer, lui semblait une option contestable car elle se trouvait trop petite et trop forte, même montée sur des échasses. En outre dans la vie courante elle avait l’habitude de masquer ses formes -enfin, elle essayait- fût-ce pour avoir la paix quand elle marchait dans la rue. Ce harnachement de jument de parade lui paraissait manquer singulièrement d’allure, en contraste total avec l’atmosphère surannée de l’antique villa, avec l’ambiance raffinée de la fête, avec l’appartenance sociale des participants. Alexandre lui-même n’avait-il pas averti :

-- Tâche de me faire honneur, tout l’ancien et le nouveau monde sont représentés ici, et ces gens n’auront d’yeux que pour toi... et pour moi.

Lui faire honneur, c’était vite dit ! Il fallait commencer par n’être point ridicule. Maquillée, apprêtée, coiffée, sciée en deux par le corset, mal soutenue par un instrument de torture conçu pour projeter son encombrante poitrine loin devant elle, moulée à exploser dans un tissu diaphane qui épousait la rondeur de ses hanches, révélait la nudité de son ventre et restituait la moindre vibration de sa chair, il n’aurait plus manqué qu’elle trébuche et qu’elle s’étale sous les yeux de la noble compagnie rassemblée au grand complet en bas de l’escalier !

Marche après marche, s’évertuant à garder le sourire, se fiant à sa bonne fortune, elle posait donc un pied d’autant plus incertain qu’elle était incapable de le percevoir du coin de l’oil, caché qu’il était par l’ampleur laiteuse et mouvante de ses seins exhibés comme sur un plateau, jusqu’aux aréoles. Qu’elle se penche en avant, qu’elle se retourne brusquement, et les grosses doudounes s’évaderaient.

Ce qui l’inquiétait encore, perchée sur ses talons de 10 centimètres, c’était, une fois arrivée en bas, de risquer de s’accrocher dans les plis de sa robe et de trébucher. Encore que là, elle avait la ressource, faible femme, de se tenir au bras masculin le plus proche. Mais la concurrence ne serait pas dupe. Les langues assassines iraient bon train.

En fin de compte dans l’histoire, ce qui l’effrayait le moins, c’est ce qui allait suivre ; baiser, même avec tout le monde, même pendant des heures, c’était toujours baiser et maintenant ça la connaissait, encore qu’elle s’inquiétât un peu de ce que son vagin en penserait. Alexandre tentait de la rassurer. Il lui affirmait que certaines des femmes présentes avaient fait peu ou prou la même expérience ; il lui racontait dans quelles circonstances, durant leur campagne d’Italie, son propre père et son copain Malaparte avait vu des adolescentes napolitaines satisfaire sans dommage des compagnies à plein effectif.

Ce vieux Curzio avait consigné tout cela, avec force détails, dans son roman La Peau. En 43 tout manquait à Naples, et il fallait des dollars pour survivre. Alors ça se passait tout bonnement chez elles, dans leur chambre, dans leur lit, sous le portrait de la Madone et sous la surveillance du père, avec la bienveillante complicité de la mère qui passait l’éponge entre chaque intromission de l’interminable serpent couleur kaki. De ce livre on avait tiré un film ; le passage avait été bizarrement atténué, peut-être pour cause de censure, mais la solution de rechange était si peu crédible qu’on ne pouvait que comprendre l’évidence : de jeunes types en uniforme faisaient la queue en double file dans un immense escalier, sur quatre étages, pour venir baiser, chez elle, une fille de seize ans. La nature avait manifestement pris grand soin de pourvoir les femmes d’un ventre solide ; elle avait dû envisager quelques circonstances particulières.

Tout ça ne la rassurait qu’à moitié ; elle se demandait quel effet ça lui ferait, à elle. Juliette avait très souvent affaire à plusieurs hommes, ce qu’elle trouvait la chose la plus exténuante et la plus exquise du monde. Ca pouvait être aussi la pire, elle le savait bien. Un bourrin c’était déjà de trop, deux bourrins c’était l’horreur, une équipe de bourrins, c’était à se tirer une balle. Mais Alexandre l’avait toujours préservée des barbares et des indélicats.

En attendant elle manquait de références sur la baise de masse. Les avatars littéraires des partouzes d’intellos parisiens n’étaient pas d’un grand secours, car leurs auteurs hésitaient à se colleter avec ce genre de situation. Histoire d’O s’arrêtait prudemment avant le moment de vérité. Emmanuelle l’affrontait, c’est vrai, mais l’héroïne s’endormait -ou s’évanouissait- pendant l’orgie, tout en demeurant disponible à d’innombrables empressements de hasard. Facile !

Juliette avait pleine confiance dans son aptitude à lubrifier, mais à tout hasard, elle se traita discrètement à l’huile d’amande douce lorsqu’elle prépara l’autre orifice.

En effet dans l’après-midi, pendant qu’elle faisait sa toilette, Alexandre l’avait contrainte à deux lavements successifs. Il tenait à ce que le parcours alternatif soit impeccable ; ceux qui choisiraient de s’écarter des sentiers battus ne devaient avoir aucune surprise désagréable. Le second rinçage fut spécialement copieux, et même franchement excessif. Ce n’était pas la première fois. Elle s’y attendait et voyait bien où il voulait en venir. De fait, la canule une fois retirée il s’introduisit en elle et la sodomisa longuement, tendrement, langoureusement, massant l’enflure de son ventre qui gargouillait gentiment de l’eau tiède retenue.

Il avait fini par la faire jouir intensément. Elle le lui reprocha :

-- Si tu vides mes batteries avant la bataille.

-- Mais non, pour toi, c’est juste une mise en condition, quant à moi, il est de tradition que le personnel prenne son repas avant les clients.

En attendant son problème n’était pas résolu. Accordant une grande importance à la première impression produite, elle n’était toujours pas convaincue par la tenue qu’il lui imposait. Elle revint à la charge :

-- Alexandre, c’est vraiment ce que tu veux ? avec les seins sur un étal, comme ça, qui se baladent à chaque mouvement, j’ai l’impression de porter ma sexualité sur un éventaire. Tu sais ? comme au cinéma : ’ bonbons, caramels, esquimaux, chocolats glacés, la chatte de Juliette, toujours chaude, onctueuse, prête à l’emploi ’.

Elle rit de bon cour.

-- Et alors ? N’est-ce pas ce que nous attendons tous de toi ?

-- D’accord, mais vraiment, ça ne fait pas classe !

Il se contenta de sourire ; la dernière chose à lui dire était que ça n’avait strictement aucune importance. Le sourcil froncé, elle continuait de s’examiner dans la glace :

-- Regarde-moi ces hanches ! Ta guêpière-là, tu ne trouves pas que c’est du superflu ? Je suis déjà bien assez large !

Puis, essayant de se dévisser la tête pour voir au-delà :

-- Mon Dieu quel cul ! Mais c’est monstrueux ! une jument de brasseur !

A la fin elle s’était résolue à faire comme il voulait.

Elle avait donc été offerte à tous, et il lui assurait aujourd’hui qu’elle avait été honorée par la quasi totalité des hommes présents. A l’énoncé du nombre, Juliette avait haussé ses belles épaules rondes, rétorquant que c’était pure fantaisie :

-- Même en comptant les femmes et le personnel, il n’y avait pas tant de gens.

-- Voyons Juliette, tout le monde ne se tenait au même endroit en même temps ! Souviens-toi du buffet, de la longueur de la table sous la tente ; tu ne vas pas me dire que c’était juste pour dix ou vingt personnes !

-- Admettons, mais je n’ai pas pu satisfaire tous ces types. Je n’en ai pas eu le temps matériel et beaucoup sont allés tirer leur coup ailleurs, qu’est-ce que tu crois ? Je te rappelle que je n’étais pas à l’abattage ; la plupart de tes petits copains prirent un minimum de temps pour profiter de l’aubaine. En outre, la position interdisait que j’aie affaire à plus d’un homme à la fois. Et tu sais.

-- Oui, tant que tu t’es trouvée dans la piscine.

-- Ah oui, la piscine.

On était en septembre, la soirée était chaude mais pas étouffante. La nuit était descendue, le moment de vérité approchait. Elle était arrivée dans le parc au bras d’Alexandre.

Comme à chaque fois qu’il l’emmenait dans des lieux où beaucoup d’hommes l’attendaient, elle se sentait chargée à bloc d’une mystérieuse énergie. Etrangement, celle-ci n’émanait pas de son ventre. Elle se savait prête à l’amour, bien sûr, mais ne ressentait aucun besoin qui sortît de l’ordinaire, aucune tension particulière, en tout cas rien de bien localisé. En revanche cette force mystérieuse, loin de charger ses organes s’en prenait à sa gorge, lui infligeant une sorte de raideur qui l’oppressait ; elle déglutissait avec difficulté : était-ce donc là le lieu élu de son excitation ? Et qu’avait-elle à voir avec l’angoisse ?

A la lueur de torches très propices à certains ébats, Juliette vint prendre place au bord de la piscine. Elle était encore habillée, Alexandre lui-même la dévêtit. Le fourreau fut bientôt à ses pieds ; seuls demeuraient ses escarpins et le fameux bustier qui lui broyait la taille depuis deux heures et dont elle avait hâte de se débarrasser.

Elle prit conscience que plusieurs dizaines de personnes les entouraient dans la pénombre, silencieuses, attentives au moindre de leurs gestes. Dans cette espèce de recueillement, Alexandre lui prit la main et lui fit décrire plusieurs cercles, afin que tous sachent de quelle chair son ventre était fait, de quelles riches promesses était chargée la houle gracieuse de ses fesses. On entendit de vagues murmures, quelques soupirs. Ensuite d’une main experte, il attaqua l’agrafage du bustier. Elle réalisa brusquement que le souffle de l’assemblée était comme suspendu. Alors elle comprit.

Tout le monde l’attendait là. Qu’arriverait-il à cette énorme poitrine lorsqu’on lui enlèverait tout soutien ? Alexandre, ménageant ses effets, retira lentement le carcan. Les seins s’abandonnèrent, retrouvant leur plénitude, pâles, vulnérables, légèrement mobiles, et pour le coup Juliette goûta leur pesanteur, synonyme de liberté retrouvée. Un murmure appréciateur parcourut la foule : c’était gagné. Tant pis pour les langues de vipères qui, depuis qu’elle était apparue, promettaient une avalanche de chair fade et lâche à leurs compagnons fascinés !

Elle osa les masser d’un geste rapide, plaisantant sur le bustier :

-- Un supplice ce truc-là !

-- Les gens rigolèrent, tout le monde était de bonne humeur, les hommes la dévoraient des yeux ; le cour battant, elle descendit dans l’arène.

Au début Juliette pensa que la piscine était une trouvaille géniale. Elle devait s’arrimer à des sangles de cuir dans lesquelles elle passait ses poignets. Derrière elle, un matelas de velours cramoisi la protégeait du contact du ciment. On l’avait placée là de façon à ce que les invités désireux d’elle n’aient qu’à entrer dans l’eau et à baisser leurs maillots pour la prendre. Cela épargnait à certains vaniteux l’obligation de présenter des attributs ordinaires, indignes de leur superbe. Cela permettait aussi à certains timides ou indécis de ne venir forniquer que lorsqu’ils se sentiraient prêts. Cette position présentait un autre avantage, non négligeable : Juliette avait été délibérément placée à un endroit où le niveau de l’eau arrivait à hauteur de ses phénoménales doudounes. Les globes clairs se pavanaient benoîtement à la surface, flottant paresseusement au gré des vaguelettes.

Alexandre était un hôte avisé, et un expert. Il voulait à tout prix éviter que les types se regardent dans les yeux pendant une heure en attendant de savoir quel courageux se jetterait à l’eau le premier. Paradoxalement il connaissait aussi des hommes leur côté hâtif, parfaitement incompatible avec la nature féminine. Sans compter que des types stressés ne feraient aucun cadeau à leur partenaire du moment, labourant son ventre sans aucune pitié à la recherche d’une conclusion victorieuse.

Or même la fille la plus délurée, même la meilleure complice des débauches les plus folles avait besoin d’un minimum de mise en condition, du petit moment de tendresse qui permettrait à son âme et à ses organes de s’ouvrir sereinement. Il savait qu’en ce moment précis, Juliette était comme une corde de violon. Sa tension était palpable. Qu’un premier candidat un peu trop membré force le passage, et compte tenu du rythme insensé qui lui serait imposé par la suite, elle devrait rapidement déclarer forfait. Soirée gâchée pour tout le monde ! Il fallait donc démarrer les opérations sur de bonnes bases.

Ils avaient conclu un accord. Un homme à lui se présenterait en premier. Evidement, elle les connaissait tous et les pratiquaient tous de temps à autre, avec l’assentiment d’Alexandre. Certes, elle ne manquait pas d’exercice, depuis qu’elle vivait avec lui ! En vérité elle n’avait rien d’autre à faire, et c’était comme une illustration des propos de son prof de philo en terminale : ’ toute l’énergie qui n’est pas consacrée au travail, sous toutes ses formes, passe dans le sexe ’.

Celui qu’elle aurait préféré c’était Michel, le secrétaire particulier, bel homme d’une bonne trentaine d’années dont elle appréciait l’extrême délicatesse dans les moments intimes. Son mentor lui avait répondu que c’était un tendre et un émotif. Il n’aurait plus manqué qu’il s’agenouillât devant le bénitier, paralysé par les regards posés sur lui... Il pensait qu’Attilio, son chauffeur, était un meilleur choix ; il avait déjà fait ses preuves et son physique de culturiste rendrait l’opération plus spectaculaire, d’autant qu’il était membré comme un âne. Mais lui au moins saurait la préparer et l’on pouvait être sûr qu’il lui donnerait tout le temps de s’ouvrir. Après le passage de cette énormité, une fois bien lubrifiée, elle pourrait voir venir tranquillement.

Elle n’appréciait pas trop Attilio ; elle lui trouvait l’esprit élémentaire, la mentalité narcissique, la moue vaniteuse. Cela dit, elle reconnaissait qu’il était beau, d’ailleurs quand il la coinçait quelque part, elle ne se refusait pas à lui, se laissant prendre complaisamment pour le plaisir de caresser l’imposante musculature, et aussi, avouons-le, pour se sentir enclouée d’une érection puissante et sans complexes.

On fit donc comme on avait dit ; elle s’assit au bord de la piscine, sur le tapis, ramena ses pieds à elle et écarta largement ses cuisses, entièrement offerte à la bouche d’Attilio qui dans l’eau, la fouillait devant tous, sans vergogne. Quand elle sentit son plaisir monter, elle descendit à son tour ; il libéra ostensiblement son organe formidable de façon à ce que les spectateurs les plus proches puissent entrevoir de quel bois il était fait, puis il la souleva par les cuisses et la fit grimper sur lui. Elle noua ses jambes dans ses reins, alors il put la prendre sous les aisselles et la planter avec une lenteur et une prudence délibérée, avec de petits allers-retours savants, elle-même guidant discrètement le dragon vers la caverne.

Il la serra si fort que ses gros seins comprimés prirent la tangente sur les côtés. Mais qu’est-ce que ça voulait dire ? Faisait-elle totalement erreur ou bien. ? Ne se montrait-il pas particulièrement tendre, divinement attentionné ?

Voilà qui changeait tout. Soudainement inspirée, bien calée à l’abri des bras herculéens, empalée sur l’énorme bête, elle se hâta vers un orgasme impromptu qu’elle mit grande application à cacher à tout le monde, le visage dans son cou. L’infâme ! Dans cent ans il s’en vanterait encore ! Bon, c’était ça de pris sur l’adversaire, mais il ne fallait surtout pas que les invités aient le sentiment de ne consommer que les reliefs du repas d’un couple formé. D’ailleurs lui ne s’était autorisé aucun plaisir. Elle lui revaudrait ça et il le savait bien.

Après ce petit voyage, elle aurait préféré qu’on la laisse récupérer quelques minutes, mais sans transition deux mains l’arrachèrent presque à l’étreinte du beau chauffeur : un type entre deux âges, encore pas trop mal ; elle enfila ses poignets dans les sangles, c’était parti !

Splendidement nu, Attilio vira de bord et se dirigea vers la sortie sans même se retourner, arborant toujours -et pour cause- sa monstrueuse érection, ayant scrupuleusement exécuté les ordres de son patron. Mais ne marchait-il pas la tête un peu basse ? Elle le suivit du coin de l’oil avec un soupçon de nostalgie, indifférente au quadragénaire qui lui maltraitait les seins avec enthousiasme.

Au fond il n’était pas mal Attilio. Il n’était pas méchant et il avait, après tout, quelque raison d’être fier de son anatomie. Comme mari ou comme père, on ne pouvait guère se prononcer, mais comme compagnon de jeu.

Elle ne fut pas surprise de voir une jeune audacieuse se détacher du groupe, brune, fine, mini robe moulante rouge vif, petits seins agressifs, petites fesses rondes. Elle cueillit Attilio en haut des escaliers, le fit s’abaisser et lui dit quelques mots à l’oreille. Elle ne doutait de rien ! Elle lui arrivait à peine plus haut que le coude et devait faire un tiers de son poids ! Quant au reste. Mais c’est justement ce qui devait la motiver : la biche ne semblait avoir aucun doute sur sa capacité à gérer, en compagnie d’un cheval, ce que le Kama Sutra nomme une ’ très haute union ’. En fait, ça n’avait l’air de l’inquiéter en rien.

Attilio la regarda sans rien dire, l’air un peu ailleurs. Sans le quitter des yeux, elle eut un geste charmant : elle se saisit du sexe horizontal par en dessous et de l’autre main, le flatta gentiment, agrémentant son câlin d’un bisou tendre. Il fit mine de l’entraîner à l’écart, mais aussitôt quelques curieux -et curieuses- leur emboîtèrent le pas. Attilio, se retourna ; il ne parla pas, mais son expression n’avait rien d’encourageant. Les voyeurs demeurèrent donc sur place. Puis il se baissa, prit purement et simplement la mignonne dans ses bras, et partit ailleurs dévorer sa proie en paix. Mais au fait, qui était le chasseur, qui était le gibier ?

La petite semblait enchantée, le museau dans son cou, le couvrant déjà de baisers ; Juliette les perdit de vue. A la bonne heure ! Attilio, ce soir, ne manquerait pas de tendresse. Et voilà ! on vit à côté des gens et puis. Elle se prit à soupirer.

Son premier baiseur ne s’en aperçut pas car il en terminait dans un râle de bien-être. Elle n’avait strictement rien senti, débranchée du bas-ventre, ses pensées complètement ailleurs.

Le deuxième se présenta ’ - Wilfrid Schoengaertner ’ ; la démarche, un peu cocasse, partait d’un bon sentiment, mais l’individu lui était totalement indifférent. Grands dieux ! Pourquoi Alexandre ne s’était-il pas contenté de Michel ? C’était bien le moment de la troubler.

La plupart des hommes opéraient selon la même stratégie. Ce n’étaient d’abord que des ombres qui s’observaient prudemment ; puis ils l’approchaient dès que la place était libre, évitant soigneusement toute bousculade. Alors leurs traits se précisaient dans la lueur des flammes. Ils s’emparaient d’abord des grosses mamelles flottantes, les soulevaient, les malaxaient, les faisaient gentiment ballotter, puis ils enfonçaient leurs mains à la recherche des richesses que la piscine recelait, mesurant la finesse de la taille, appréciant l’ample évasement des hanches, s’attardant sur le volume des fesses, sur l’arrondi des fortes cuisses pour remonter vers la vulve offerte, ronde et lisse. Alors ils la soulevaient par les fesses, l’attiraient à eux et la prenaient ainsi, les doigts crispés dans sa chair, le regard plongé dans les remous créés par l’ondoiement des énormes globes laiteux ; spectacle rare. Il arrivait couramment qu’elle doive dégager une main pour positionner elle-mêm!

e l’engin lorsqu’il ne trouvait pas spontanément l’entrée.

Deux femme vinrent aussi, une rouquine et une brune, mais par en haut, s’accroupissant à côté d’elle. La rousse, fort accent italien, éloigna le candidat suivant, lui demandant trente secondes, et donna rendez-vous à Juliette, après qu’elle en aurait terminé ’ avec tous ces affreux ’.

Ca devait arriver ! On n’avait pas envisagé la chose, mais c’était à prévoir ! Elle n’avait jamais eu de vrais contacts homosexuels et, de prime abord, s’y sentait peu portée ; en outre la femme, prénommée Graziella, pas mal au demeurant, avait tout d’une déplaisante pimbêche. Cela dit, Juliette ne voulait surtout pas commettre d’impair. Elle lui répondit en riant qu’elle ne savait pas trop dans quel état elle serait quand elle en aurait terminé, et qu’on verrait. L’autre se leva sur une constatation désabusée, à l’adresse de sa copine :

-- E vero che sono in tanti. Hai visto Stefania quanti sono ? Poveretta lei.

Oui, c’est sûr, pour faire ce à quoi elle avait consenti, il fallait de toute façon beaucoup aimer les hommes. Il arrivait d’ailleurs que son partenaire du moment l’inspire assez, et même qu’il soit franchement beau ; pourtant plus le temps passait, plus la reine de la fête réalisait qu’elle n’était pas à la fête. Juliette ne jouissait pas.

D’abord on ne lui en laissait pas le temps : une demi-douzaine de prétendants circulaient en permanence dans les parages, affectant de faire quelques brasses, bavardant ou observant discrètement. Sans se faire violence, l’acteur du moment avait donc tendance à précipiter les opérations. Ensuite ces changements réguliers de partenaires la déstabilisaient complètement : même si quelqu’un l’intéressait, son excitation naissante retombait quand il s’en allait, et il fallait tout reprendre avec le suivant, depuis le début.

Alors, à la longue, sensation bizarre, il lui sembla que son vagin surmené devenait comme étranger à elle, insensible : l’indifférence totale, et du côté de la tête, le compte-tour de l’excitation à zéro.

Elle prit un temps son mal en patience, essayant de se satisfaire de la jubilation, purement intellectuelle, de donner du plaisir à tous ces hommes désireux d’elle. L’un après l’autre, ils la saluaient rapidement, la complimentaient en français d’un superlatif du genre : ’ merveilleuse ! extraordinaire ! sublime ! et la remerciaient à la fin, les nostalgiques soulevant une dernière fois ses seins et y enfonçant leur nez, les gourmands tenant à lui imposer leur langue, les délicats la quittant sur un chaste bisou, d’autres poussant un peu loin l’affectation de la galanterie et allant jusqu’au baisemain. Quelques uns dérogèrent aux conventions, quémandant un rendez-vous ; elle les renvoya gentiment à la décision d’Alexandre. Au bout d’un moment, elle se sentit complètement frustrée et puis elle réalisa brusquement que, d’un remplissage à l’autre, elle s’ennuyait ferme. ’ Alexandre, Alexandre, c’était pas un bon plan ! ’

Elle se prit alors à écouter les bruits environnants, à accrocher des bribes de conversation, et tandis qu’un barbu chauve au ventre énorme la prenait à tous petits coups rapides, elle se hasarda même, toujours souriante et l’expression bienveillante, à humer les effluves d’un barbecue situé à quelques pas.

C’en était trop. Elle en avait marre de patauger dans cette flotte, même bien chaude, et sa position la fatiguait. Oui, car en plus elle avait mal aux bras ; en la prenant ainsi, les hommes négligeaient le fait qu’agrippée à ses lanières de cuir, elle supportait une partie non négligeable de son poids. Elle essaya un temps de se laisser aller mais elle eut mal aux poignets. Ce qui acheva de la décider, ce fut un pipi qui s’annonçait, de façon de plus en plus pressante. Et puis d’ailleurs elle avait faim.

Elle se dégagea donc après qu’un petit moustachu ait pris un plaisir hâtif -trente secondes montre en main- et marcha vers les escaliers, abandonnant à leur sort les prétendants du moment sur un geste d’excuse, non sans quelques remord. Après tout il n’était pas très tard, la nuit serait encore longue.


Ginette la mouette (rieuse)

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