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Mon voisin le polisson

Chapitre 1

SM / Fétichisme

Certes, je ne suis pas un écrivain, je n’ai pas non plus la plume des Baudelaire, Zola, Hugo et autres grands écrivains. J’écris comme je pense. Parfois, je me mélange un peu les pinceaux. Le principale étant que j’écrive de manière libérée et comme je le sens. Encore une fois, si cela déplait, on ne peut pas tous être des écrivains de renommée comme ceux cités plus haut. Encore une chose, j’ai écrit pas mal de courtes histoires, une seule parle de ma vie. Je vous laisse trouver laquelle. Ce n’est pas aujourd’hui, à mon âge, que je vais changer ma manière d’être.

Depuis quelques jours, je suis dans mon appartement, je viens de terminer son aménagement. Ce que j’apprécie, c’est le grand calme de ce quartier et le prix peu élevé. Même mon immeuble est calme, le pied total. Vu que je suis clouée dans cette ville, autant en profiter, non ? Sur mon balcon, je profite de mes vacances. Comme chaque jour, la canicule nous accable de sa chaleur, que cela ne tienne, le soleil brille de tout son éclat, c’est ce qui compte. En fait ce que je m’apprête à faire, je le fais à chaque que l’envie me prend. Je me pose sur ma serviette de bain, nue, intégralement nue, je me tartine de crème solaire et c’est le bonheur. Même debout, personne ne peut me voir, il n’y a rien à des kilomètres que ce soit à gauche, à droite ou devant, rien, pas âme qui vive. Mon voisin ? Depuis mon arrivée, il n’est pas là, son store est fermé, sans doute en vacances, le veinard. Et puis, il y a cette paroi vitrée qui nous sépare, celle avec du verre trouble qui ne permet que de voir des formes bizarres quand on regarde au travers. En fait de congé, c’est les grandes vacances qui commence, celle d’été. La fac est fermée enfin, sauf pour ceux qui veulent revoir leur cours avec des professeurs assistants. Vu mes notes de fin d’année, je n’en n’ai pas besoin.

Pour le moment, comme je ne peux aller me bronzé sur une plage déserte à l’autre bout du monde. Mon bout du monde à moi est ici, sur mon balcon, faute de moyens. Ma citronnade d’un côté, un bon bouquin de l’autre, que demander de plus. Et puis, avec guerre et paix, j’en ai pour un bon mois à le lire. Mais là, une petite sieste me fera le plus grand bien. J’en profite aussi pour travailler, mais juste un peu, à cette thèse de fin d’étude enfin, après ma sieste. Je n’ai pas encore un sujet précis, je tâtonne un parmi les sujets étudiés durant l’année. La prude Mireille me dit de la faire sur les grands philosophes, mais l’autre Mireille veut la faire sur l’érotisme au fil des siècles, les liaisons scandaleuses. Enfin, il reste celle qui est à cheval sur les deux, elle, elle veut la faire sur la philosophie de l’érotisme. Il est vrai que nous avons eu Casanova, Restif de la Bretonne, Platon, Socrate et pas mal d’autres. Pour le moment, je n’ai pas encore arrêté mon choix, trop vaste. Certes, j’ai éliminé certain sujet, comme tous ces écrivains qui écrivent sur les conflits ou la politique. J’ai même, ou presque, éliminé le sujet des romans à l’eau de rose. Quoi que là, la prude n’est pas de mon avis. En fait, je crois même que Mireille la prude a raison à quelque part. Et pourquoi pas voir ce qui sépare le romanesque de l’érotisme, voir du porno. Mais là, la Prude hurle au scandale. En fait, je ne sais pas encore sur quoi je vais faire mon mémoire. Mais en ce moment, je bronze ma peau avec Guerre et Paix et j’en suis presque à la moitié.

Parfois, le soir, quand mes modestes moyens me le permettent, je sors un peu, histoire de me changer les idées. Si mes moyens sont plus conséquents, un film suffit à me détendre davantage, ce qui est très rare. Si je n’ai pas le sou, je me contente de lire un peu, un roman à l’eau de rose, par exemple. Je n’ai pas la télévision, juste une petite stéréo où j’écoute la radio ou mes disques. Enfin mes, j’en ai à peine une dizaine et pas des plus récents. Cependant, je ne joue pas les difficile, j’aime bien ma vie loin du nord.

-« Punaise, c’est quoi ce raffut. Mince, il est rentré le voisin, c’est son store qu’il se relève. Je reste un moment sans bouger, on verra bien si c’est un curieux ou pas. Non, rien, je l’entends qui déplie une chaise un peu grinçante, pose une table que je devine en plastique. Je me sens bien, le soleil dore mon dos, des pieds à ma nuque. Hein, c’est quoi ça encore ? »

— "Elle portait sa ravissante sa petite robe largement décolletée, Julie était arrivée à un point de non-retour. Elle devait lui donner sa réponse, fuir ou rester, se soumettre ou fuir encore et encore ses sentiments si longtemps refoulés au très fond de son corps. L’envie de se soumettre à son amant fut la plus forte. À genou, ses mains dans le dos, elle baisait les pieds nus de son amant et maître. Pour lui, c’est son contrat qu’elle signait. Il la relève, lui demande encore une fois si c’est bien cette vie qu’elle choisit. Sa voix est douce, prévenante, amoureuse quand, dans un souffle, un oui à peine audible sort de sa bouche. Il l’embrasse avec tendresse en refermant ce collier sans serrure. Un clic vient de l’emprisonner à jamais à cet homme qu’elle aime au-delà de tout. Pour lui, elle est prête à donner jusqu’à sa vie. Nul doute qu’elle l’aime follement depuis cette première rencontre dans la cour de l’école communale de leur village d’enfance. Quand il la soulève, c’est pour l’embrasser, la caresser. Puis, l’emportant sur leur lit, il l’aime avec passion. Il lui fait l’Amour, il utilise l’entier de son corps pour lui donner du plaisir. Sa bouche, ses mains, son pénis lui sont entièrement dévoués pour la faire jouir. Il l’emporte au bout de la nuit, visiter les étoiles de la galaxie."

La voix grave et douce de cet homme qui lit un texte me fait frémir, je sens mon corps vibrer en l’écoutant. Ma serviette enroulée sur mon corps, je jette un œil discret sur le balcon voisin. Un homme en short, torse nu, la quarantaine, les tempes légèrement grisonnantes, penché sur un ordinateur portable. Il a cessé de lire, il écrit maintenant, je vois ses mains s’agiter sur le clavier.

— "Non, ça ne va pas, elle ne peut pas être comme ça d’entrée de jeu. Putain, un mois sans écrire et je n’ai plus le fil de l’histoire. Bordel ! Bouge ton cul mon vieux René sinon tu n’y arriveras jamais. Ok, alors, elle le veut, elle est prête à se priver de tout pour devenir sa femme, même sa liberté. Et lui, ce con qui ne voit rien. Ou alors...ouais...il lui faut un caractère bien trempé, juste et bon."

Parfois, il lâche un gros mot, relit le dernier passage tout droit sorti de son imagination. Quoi que imagination pas tellement, en l’écoutant, je devine une grande part de vécu. Un vécu magnifique en l’écoutant encore. Ça y est, je crois qu’il a retrouvé son histoire, il écrit, corrige supprime relit. Je sens une énergie renaître chez cet homme. Je file enfiler une petite robe vite fait, je l’entends qui sort, encore énerver contre lui-même, mais pourquoi diable ? Pendant un bref instant, je suis à l’écoute du bruit de ses pas. Après, c’est l’ascenseur qui le descend vers la sortie. Mon sac à l’épaule, mes petites chaussures, je file à sa suite en prenant l’escalier. Je veux savoir qui il est, ce qu’il fait dans la vie. Je le retrouve dans la rue à bavarder avec une autre personne. Je reste en retrait telle une espionne tapie dans l’ombre. Il repart, je le suis à bonne distance. Mince, il entre dans le supermarché. Ça me fait penser que mon frigo est presque vide, j’y entre à mon tour. Une pièce de deux balles dans la fente du caddy, je commence mes courses, ce sera vite fait. Je le suis toujours, ne le perdant jamais de vue. Pour mon compte, légume, un peu de viande, pas trop, des pommes de terres, du lait, café, deux yogourts et c’est terminé. Il arrive à la caisse, salue cordialement la caissière. Je les entends bavarder de vacances comme de vieux amis. Près d’eux, il parle de son séjour à Majorque, le veinard. C’est vrai qu’il est terriblement bien bronzé. C’est mon tour, il arrange ses commissions dans son sac, salue et sort. Au fur et à mesure, j’enfile mes achats dans mon sac.

— "Bonjour mademoiselle ! Il en a de la chance, Monsieur René ! Pensez, un mois à Majorque à se dorer au soleil, c’n’est pas à moi que ça arriverait."

— "Moi non plus, étudiante, j’ai déjà de la peine à boucler mon mois."

— "Eh oui, c’est la vie."

— "Il fait quoi dans la vie ?"

— "Il est veuf, il ne sort pas beaucoup, il écrit...c’est des livres un peu cochons. Il m’en a offert un l’an passé. Il y a de quoi vous mettre sur le toit. Pour tout vous dire, je l’ai ici, mais je n’ose pas le lire si vous voyez ce que je veux dire."

— "Je vois, c’est si...Dites, j’étudie les lettres, vous pourriez me le prêter ?"

— "Tenez, il ne me quitte jamais depuis qu’il me l’a filé. Mais faut me le rendre!"

— "Je veux juste l’étudier, je vous le rapporte dans une semaine maxi, ça va ?"

— "Super ! Vous verrez, la main ira là où elle vous fera du bien."

— "On verra, si jamais, je vous mettrai un mot sur ce qu’il m’a procuré."

— "Avec plaisir, Monsieur René aime bien quand un lecteur lui donne ses impressions."

— "Je vois, bonne fin de journée."

— "Pareillement, moi c’est Catherine."

— "Mireille ! Je suis aussi sa voisine, mais ça, je ne l’ai su que ce matin."

Putain, la chance que vous avez. Pour un peu, je serai jalouse. Vous savez, parfois il me raconte un extrait son nouveau roman. S’il savait que je mouille comme une fontaine sur ma chaise."

— "À bientôt !"

— "C’est ça, bonne journée, à bientôt !"

Je file, direction mon deux-pièces. Je me précipite sur le balcon, il n’y est pas encore. Dans ma cuisine, je reste en arrêt, sans un bruit. C’est lui, je l’entends, sa cuisine doit être collée à la mienne. Si ça se trouve, sa chambre doit être contre la mienne ? Je file voir, mince, juste de la musique, du vieux rock, le même qu’écoute mon père. J’en profite pour une bonne douche bien fraîche, la chaleur devient presque accablante. Mais, pas le temps, le grincement de sa chaise me dit qu’il est sur son balcon, il y est, baissant son store pour se protéger contre le soleil. Je fais de même, la poignée se trouve juste à côté de la sienne. Ouille, ça grince, ça y est, il descend, merde, le voilà qui vient. Fausse alerte, il rentre dans son salon, ouf ! Dans mon coin, je n’ai pas l’envie de le rencontrer de suite. Je veux en savoir plus sur cet homme. Sur mon ordinateur, je cherche toutes informations sur lui, mon voisin. Le titre de son livre me donne enfin quelques renseignements sur lui. Ouah, il a un sacré parcours, ancien légionnaire, marié à vingt-trois ans, quitte l’armée à vingt-six ans, vie heureuse avec Julie, elle décède quatre ans plus tard d’un cancer généralisé et foudroyant. Depuis, d’après le résumé, on ne lui connait aucune autre femme. Il y a même le témoignage d’un ami du couple qui dit que mon voisin vit dans le souvenir de sa défunte femme. Sur Word, je ne sais comment, mais je reprends ce résumé. Dans ma tête, c’est clair, je dois tout savoir de lui, de ses livres édités ou pas. En relisant ce que j’ai écrit, je remarque que j’ai aussi reprit le résumé du dos de son livre, que je l’ai étoffé, développé. Ce qui devait faire même pas un minuscule paragraphe en fait maintenant trois pages. Le soir, sans mon lit, je regarde mon plafond, j’essaie de cerné cet homme. Un légionnaire qui écrit des livres érotiques avec pour héroïne sa défunte femme, ce n’est très pas courant, c’est même assez rare pour être souligné.

Dès mon réveille, je suis devant mon portable. Sur le site de la légion, je cherche tout ce que je peux trouver sur ce voisin. Je suis même allé regarder pour trouver son nom de famille. Quand enfin je trouve, on me demande un mot de passe. Ce n’est pas ça qui va m’arrêter. J’envoie un mail, expliquant l’objet de ma recherche, le pourquoi du comment du pourquoi du parce que. Habillée, je guette le moment où il va sortir. Seulement, il ne sort pas, il est sur son balcon, il écrit sans lever le nez de son ordinateur de toute la journée. Si la prude Mireille ne m’arrêtait pas, je serai déjà devant sa porte à sonner. Une courte musique m’indique l’arrivée d’un mail. C’est la légion qui me répond, comme je l’avais supposé, la légion refuse de me donner tout renseignement. Je les remercie tout de même pour avoir pris le tour de me répondre. Je me mets en quête d’une autre source de renseignement. Son éditeur, ben oui, quelle conne je fais. Cette fois, je tourne ma question en tant qu’étudiante en littérature. En fait, je lui demande un rendez-vous. Cette fois, le lendemain, la réponse est positive. Il me prie même de passer dans l’après-midi.

Dans le bus, je prépare mes questions sur mon calepin. Ma première est pour savoir s’il a combattu, si oui, où, quand. Les questions s’enchaînent sur ma petite feuille. Devant la maison de l’éditeur, je pénètre dans les bureaux. Un homme d’une soixantaine d’année m’accueille. Sympathique, il m’offre une limonade bien fraîche. Nous nous installons sur une petite terrasse sur le toit. Là, bien confortablement installé, il refuse de réponde à mes questions. Il préfère me raconter. Heureusement que je connais la sténographie, je peux tout noter de son récit sur mon voisin. Pendant plus de deux heures, il raconte, détaille la vie de son ami. Ainsi, mon voisin a combattu, il a même été blessé par balle par trois fois. Il a terminé son temps avec le grade d’adjudant-chef et décoré de plusieurs médailles. Il a même la rosette de la légion d’honneur. Dans mon salon, je reprends mes notes que j’incorpore à ce que j’ai déjà écrit sur ce voisin.

J’efface mes erreurs, ajuste, précise, étaye. La base de ma thèse est faite, il ne me reste plus qu’à détailler, affiner, compléter. Mais pour ça, il me faut maintenant à faire connaissance avec lui. Cependant, il me faut un prétexte autre que ses écrits. Une rencontre par hasard dans le rue, les couloirs de l’immeuble ou au supermarché, j’ai le choix, seule Mireille la prude refuse tout contact avec cet homme qu’elle juge trop vieux et pervers.

En fait d’occasion, je me vois freinée dans mon élan. Un matin, sur mon balcon, j’entends sonner à la porte. Il se lève et va ouvrir. Je ne l’entends pas parler, ni discuter avec cette autre personne. Pendant une petite heure, je n’entends plus mon voisin. Dans ma tête, les pires scénarios se bousculent.

— "À genou et tu te tiens bien droite !"

C’est un ordre cinglant, sec et brutal. À travers la séparation de nos balcons, je vois une autre forme se mouvoir, elle s’arrête pour ne plus bouger. Je souris en me disant que mon voisin est en train de garder un chien. Ma curiosité reprend le dessus, Mireille la prude tente de m’arrêter par tous les moyens possible, je le rejette avec violence. Sans faire le moindre bruit, je m’avance vers la séparation. Je ne bouge plus, il a bougé. Lentement je me penche, mon œil gauche cligne tout ce qu’il peut, ce qu’il voit est au-delà de tout ce que je connaissais de l’amour. Une femme à demi-nue, ses bras et sa poitrine attachés, à genou, est en train de pratiquer une fellation sur mon voisin qui lui tient solidement la tête. Je me recule, regarde à nouveau. Je reste là, à les regarder. Il va jouir, je vois sa tête se reverser en arrière. Il bloque la tête de la femme, elle a sa bouche remplie du sexe de mon voisin. Les convulsions de son corps m’indiquent qu’elle reçoit tout le sperme de mon voisin dans sa bouche. Il la repousse, couchée sur le sol, je la vois avaler. Il la bouscule du pied.

— "Je savais que tu aimais ça, pourquoi crois-tu que je t’ai fait lire mon livre. Alors, on continue ?"

— "Non, je dois y aller, j’ai rendez-vous"

— "Ok, dégage alors!"

Sans autre forme de procès, il la détache et se remet à l’ouvrage. La femme se relève et disparait dans le salon. Quelque instant plus tard, elle quitte l’appartement. Je suis dans mon fauteuil, je cherche à comprendre, complètement hébétée. La prude ne cesse de me crier dessus en me disant que cet homme est dangereux pour moi. Sur ma table basse, son livre, je le prends, dès la première ligne, je suis plongée dans son univers. Certes, il n’a pas la plume d’un Apollinaire, Hugo ou encore Baudelaire. Je ne cherche pas la beauté de l’écriture, c’est l’histoire qui m’intéresse. Très vite, je me sens emportée dans le corps de l’héroïne, une main glissée entre mes cuisses. Très vite, je ressens un premier orgasme grossir démesurément en moi, quelque chose de violent, de puissant. Quand il arrive, je suis emportée par une vague énorme, un tsunami. Quand j’ouvre les yeux, je suis sur le sol, mon corps nage dans ma sueur. Entre mes cuisses, c’est trempe, inonder de ma mouille. Sur la table, ce livre, cette histoire, je le referme. Mireille la prude me pousse sous la douche, l’eau fraiche me sort de mon orgasme. Dehors, le soir tombe, sur le balcon, il travaille encore. Je me rentre pour manger quelque chose. Dans ma cuisine, je repense à cette scène sur le balcon, le livre qui raconte ce même genre d’histoire. Je me sens bouleversée, chamboulée dans mes convictions. Même la prude Mireille ne sait plus à quel saint se vouer. Je me pose tellement de question, je me surprends même à envier cette femme nue, humiliée en train de faire cette fellation. Je dois lutter contre moi-même pour ne pas me masturber encore, c’est la très prude Mireille. L’envie est grande et résister est si dur, si pénible voir si douloureux que je me réfugie sous une douche glacée. Durant les jours qui suivent, j’observe mon voisin, je l’épie dès que je le peux. Il me fascine, il me trouble, m’envoûte. J’ai peur des réactions de mon corps si je me retrouvais face à lui. Pourtant, j’avais cette envie de le rencontrer, de lui parler, de le connaitre mais pas par la bouche des autres. C’est de sa bouche que je veux savoir, de sa bouche. Il me faut une occasion, de ces occasions qui vous poussent à ne plus pouvoir faire marche arrière.

L’occasion vient un matin, quelques jours plus tard. En sortant de mon chez moi, je tombe comme une gourde en ne regardant pas où je mets les pieds. Il arrive derrière moi juste au bon moment pour me rattraper avant que me tête ne heurte la porte d’entrée de l’immeuble.

— "Hé ben, c’était juste."

— "Désolée, j’avais la tête ailleurs."

— "Ne vous excusez pas, mademoiselle. Vous êtes nouvelle dans l’immeuble ?"

— "Oui, enfin non, plus maintenant, ça fait presque un mois et demi que je vis ici."

— "Quel étage ?"

— "Tout en haut, le deux-pièces."

— "Oh, c’est vous ma nouvelle voisine ?"

— "Je crois, oui."

— "L’étudiante des beaux-arts."

— "Oui, c’est ça. Et vous ?"

— "Oh, je manque à tous mes devoirs. René Lapointe, ancien de la légion, veuf et écrivain à mes heures perdues et elles ne manquent pas."

— "C’est vous l’auteur de la rencontre ?"

— "Vous l’avez lu ?"

— "C’est-à-dire qu’on me l’a prêté et que je ne l’ai pas encore terminé."

— "Venez, je vous invite."

Nous sommes allés boire un café sur une terrasse du quartier. Là, nous avons longuement bavardé littérature. Il en vient à me poser des questions sur moi, ma vie, mes rêves. Si la prude Mireille m’avait foutu la paix, elle venait de réapparaitre aussi sec. Je n’osais plus parler de moi, je lui racontais juste ce que je voulais faire plus tard, libraire. Ses yeux bleus aciers ne me quittaient plus, j’en étais terriblement gênée, autant que terriblement troublée. Je me souvenais de cette scène sur son balcon. Puis, je voulus prendre congé, prétextant des courses. Dans mon ventre, il y avait une boule, dans ma tête, je revivais les aventures de son héroïne et cette femme sur son balcon. Mon trouble devait pouvoir se lire sur mon visage car il sourit d’une autre manière, une manière attendrie. Mon caddie dans les mains, je fis quelques courses. À la caisse, ce n’était pas Catherine, mais une autre, trop bourrue pour que je lui fasse la parlote. Alors que je sortais de ce magasin, il discutait avec un homme plus âgé que lui. Ils semblaient bien se connaitre. Je passais mon chemin en leur souriant. Mon voisin me salua avec courtoisie, une courtoisie non feinte. Dans mon chez moi, mes courses rangées, je continuais la lecture de ce livre plus que sulfureux. Très vite, ma main se retrouva entre mes cuisses, Catherine avait raison sur toute la ligne. Dans ma chambre, assise et adossée contre le mur, je lisais et me branlais. J’imaginais mon voisin me faire ce qu’il avait écrit. Je ne sais pas s’il m’entendait depuis son appartement. Je l’imaginais, pourtant, l’oreille collée au mur qui nous séparait. La prude Mireille m’avait laissée en paix. M’avait-elle quittée, je ne le savais pas encore. Mais je me sentais plus heureuse ainsi, sans cette emmerdeuse, cette empêcheuse d’aimer en rond. Le mot fin claqua comme une paire de gifle. Sur mon lit, je me sentais triste de ne plus vivre la vie de cette femme. En regardant l’heure, je vis que la journée allait toucher à sa fin. Dans une fine robe d’été, je me suis posée sur le balcon.

— "Bonjour ma chère voisine."

— "Oh, bonsoir."

— "Oui, bonsoir. Vous allez-bien ?"

— "Oui et vous ?"

— "Super, je viens de rétamer mon ami aux échecs, trois à zéro."

— "Un champion alors"

— "Non, juste amateur d’échec. C’est un ancien, comme moi. Nous avons combattu ensemble."

— "Oui, on m’a dit que vous aviez fait la légion. Enfin, le résumé sur vous dans le livre."

— "C’est juste une phrase. On pourrait en parler pendant des jours et des jours."

— "Je suppose que ce n’est pas votre sujet de conversation préférer"

— "Non, avec les anciens ont en parle, juste pour les meilleurs moments."

— "Je comprends, je comprends."

— "Alors vous savez aussi que je suis veuf depuis près de quinze ans, que je n’ai vécu avec d’autres femmes. Que j’écris pour ne pas avoir à y penser."

— "Oui, votre éditeur m’a un peu raconté de votre vie."

— "Je sais, c’est lui mon adversaire aux échecs."

— "Oh. En fait, je voulais mieux vous connaitre."

— "Pour votre mémoire ?"

— "Oui et non. En fait, j’aime ce que vous écrivez. Ça me trouble autant que cela pique ma curiosité."

— "Mais quel sentiment est le plus fort ?"

— "Je ne sais pas, certainement les deux."

— "Je vois, Catherine la caissière. C’est elle, le livre ?"

— "Oui. L’autre jour dans le supermarché, vous étiez juste devant moi."

— "Venez chez moi, nous serons mieux pour en parler."

— "D’accord..."

Il me souriait, à la fois ému et soudainement renfermé. La prude Mireille tente bien de m’arrêter, mais je lui échappe. J’étais toute tremblante en me retrouvant devant sa porte. Quand il a ouvert, j’ai cru mon cœur s’arrêter net. Il m’a fait rentrer, je le suivais sur son balcon.

— "Dites, si vous voulez faire de l’intégrale, ne vous gênez pas pour moi, j’en fais aussi. Alors, ces vacances ?"

— "Hé oui, mais bon, je suis coincée ici."

— "Ne vous plaignez pas, ici, c’est calme. Seule l’autoroute nous dérange un peu, mais ce n’est rien en comparaison du centre-ville."

— "J’aime bien quand c’est calme, chez mes parents, il y a toujours du bruit."

— "Ils vivent loin d’ici ?"

— "À une petite heure d’avion, près de Lille."

— "Et vous êtes descendue du nord pour étudier ici ?"

— "Ben oui, j’ai obtenu une bourse et elle venait d’ici."

— "Mais à côté de vos études, vous avez bien un job ?"

— "Non, ma maigre bourse me suffit. Et puis, je préfère étudier."

— "Vous êtes bonne en orthographe ?"

— "Excellente, comme en grammaire et en français. J’ai même eu quelques prix, dont celui d’excellence qui m’a valu cette bourse." Et je ne mentais pas, j’étais même excitée à l’idée de corriger ses textes.

— "Ça me donne une idée, et je vous payerai pour ça, j’ai besoin d’une personne pour corriger mes textes. Mon éditeur me dit toujours que j’écris le français comme un pignoufle. Vous n’êtes pas sans savoir la nature de mes textes ?"

— "Du style de Restif de la Bretonne, Casanova, Linda Sonntag et j’en passe."

— "Vous connaissez Linda Sonntag ?"

— "Oui je crois avoir tout lu d’elle, mais aussi Casanova et pas mal d’autre. J’ai encore lu Ariane Larsen. Mais toujours comme document de travail."

— "C’est ça, oui, le travail..." Il se fait suspicieux.

— "Non, je vous jure, je voulais en faire ma thèse."

— "Alors là, respect total. Aller, santé heu...Mireille, c’est bien ça."

— "C’est ça monsieur René."

— "Oh au diable le monsieur. Je n’ai que quarante-deux ans après tout."

— "Mais vous pourriez être mon père !"

— "C’est assez vrai, remarquez que ce serait dommage, non ?"

— "Ben oui, discuter érotisme avec son père, ça me parait presque impossible."

— "Perso, il ne me viendrait même pas à l’esprit." petite menteur, va!

— "De plus, vous écoutez la même musique que mon père, du bon vieux rock and Roll!"

— "C’est vrai? Je possède une jolie collection de vinyle si ça vous intéresse."

Nous avons continué à bavarder jusqu’au moment où il ma raconte d’où lui est venu cette envie d’écrire des nouvelles érotiques. Du coup, je me suis sentie toute petite. Légionnaire, il rencontra sa femme. Trois mois plus tard, pendant une permission, ils se mariaient. Après une courte lune de miel, ils durent se séparer, le temps pour lui de terminer ses cinq ans. Ils ne se voyaient qu’épisodiquement. Mais le jour où il quittait la légion fut jour de fête ainsi que les jours suivants. Mais un jour, souffrant de vomissement, elle consulta, certaine d’être en ceinte. Ce n’était pas un enfant qu’elle attendait, mais la mort qui la rongeait de l’intérieur, irrémédiablement, un méchant cancer foudroyant. Il lui donna tout son amour, elle devait mourir trois mois plus tard, dans ses bras. Certes, je résume parce qu’on pourrait en faire un roman aussi épais que guerre et paix de sa vie. S’il écrit, c’est pour se souvenir, imaginer tout ce qu’ils n’ont pas fait ensemble. J’en tellement triste que des larmes coulaient sur mes joues. Sa main se posa sur mon épaule, essuya mes larmes de l’autre.

-« Il ne faut pas pleurer, mais en rire, la mort, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Et puis, la vie est une fête, vous savez ! Depuis que j’ai compris ça, je vis la vie avec mon épouse à travers mes écrits. Ainsi, elle et moi, on ne se quitte plus. »

-« Ben merde, moi, je trouve ça triste au possible. »

-« Au début ce fut très dur, un véritable calvaire. Mais, comme je vous l’ai dit, un ami m’a dit un jour que la vie est une fête et ça à tout changer dans ma vie. »

-« La vie est une fête et ça vous a transformé ? »

« Complètement, j’ai commencé à écrire, je n’ai fait que ça depuis ce jour bénit. »

« Je vais devoir vous laisser, il me reste un devoir à terminer. »

« Ah ça, le travail c’est sacré. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. »

« À plus si jamais. »

« Revenez quand vous le désirez. Ma proposition tient toujours pour correctrice. »

« Merci pour le verre. J’y penserai »

Je me suis enfuie, il n’y a pas d’autre mot. Je l’avais fui comme on fuit la réalité. S’il m’avait ému ? Pas qu’un peu, il m’avait bouleversée. Dans mon salon, je me suis replongée dans son livre. Dès les premières lignes, l’effet de son récit revint, je me suis sentie happée dans le corps et l’esprit de l’héroïne. Cette caissière avait raison sur toute la ligne. On ne peut pas lire ce livre sans se branler et c’est aussi valable pour les mecs. En fait de livre, je sentais le vécu, il transpirait carrément le vécu. Il me fallut faire une pause à la moitié du livre, mon corps était en nage, mon fauteuil était inondé de mouille, je devais avoir jouit cinq ou six fois. Bref, j’étais vidée comme à la première lecture. Curieusement, je me rendis compte que la prude Mireille m’a laissée en paix. Devenait-elle moins coincée ?

Quand j’ai ouvert les yeux, j’étais dans son monde. J’étais attachée en croix, mon corps à la merci du premier venu. Sur ma bouche un gros bâillon m’empêche de crier. Des rires éclatent dans mon dos. Puis, quelque chose pénétrait mon corps en force, un homme s’agrippait à ma taille. Il pilonnait mon cul, je me sentais déchirée, merveilleusement déchirée. Un homme en cagoule vint me prendre par devant, déchirant mon hymen en riant. Cela continue, montant ou descendant de mes épaules à mes fesses. J’ai mal, très mal et pourtant je ne hurle pas. Une main se glisse entre mes cuisses, une main douce me branle en douceur. Je ne vois pas mon bourreau, je ne sens que son corps contre mon dos. Il lâche mon sexe, il écarte mes fesses. Sur mon cul, une bite pousse fort. Je vais hurler, déjà la douleur me gagne. Soudain, il est en moi et je ne ressens plus que du plaisir, plus aucune douleur. Ma tête heurte je ne sais quoi. Mes yeux s’ouvre, il fait nuit, mince, je viens de rêver. Sur le balcon, il est là, il écrit, je l’entends. Une lampe éclair sa table, je vois les formes de son dos. S’il savait ce que son livre venait de me faire vivre. Pourtant, en le voyant de dos, je crois qu’il a deviné. Il tourna légèrement la tête, je devinais une esquisse de sourire. Je file me réfugier dans mon lit, je me refuse à prendre son livre avec moi, certainement la prude Mireille qui est revenue m’envahir de sa présence. Ma robe est complètement froissée. Je me rends compte de la violence de mon rêve. Je ne tarde pas à m’endormir.

Mon thé à la main, sur mon balcon, je me sens reposée. Lui, il est là, comme s’il n’avait pas été dormir, il écrit. Je ne peux pas le déranger, je ne suis pas encore habillée, je bois mon thé, regardant, le corps adossé contre le mur de mon appartement, le paysage que le soleil inonde déjà. Je me sens étrangement bien, c’est vrai quoi, je n’ai pas eu une pensée pour cette jeune femme du livre. En tout cas, je ne m’en souvenais pas. Sous la douche, les bienfaits de l’eau sur mon corps achève de me réveiller. Vêtue, je sors prendre l’air dans le petit parc, enfin, c’est une excuse, je vais y lire ce livre mais, c’est aussi pour être certaine de ne pas me caresser. Plongée dans ma lecture, je ne vois pas s’amonceler les nuages au-dessus de ma tête. Quand l’orage éclate, je me sens prise par quelque chose de sublime qui m’emporte. Telle une vague, je jouissais, le bruit du tonner tel un coup de fouet s’abattant sur mon corps me fit jouir. Sans me toucher, je venais de jouir de ce livre et de l’orage. Je crois que c’est à ce moment que j’ai réellement décidé d’en faire mon travail de fin d’étude. Devant mon ordinateur, dans mon salon, je commence à faire un plan pour mon mémoire. Mes premiers mots sont une question ; comment un livre érotique peut-il faire jouir sans que, ni les mains, ni quoi que ce soit ne touchent le corps. En cherchant la réponse, je lève les yeux sur mes livres à l’eau de rose qui remplissent mon étagèrent et je me rends compte que, si certains m’avaient mise en émoi, aucun ne m’avait fait jouir. Dans ma tête, les questions se bousculent. C’est si énervant que j’en ai mal à la tête. Un coup d’œil sur le balcon voisin, je ne le vois pas, il a certainement dû se mettre à l’abri avec orage qui se déchaine encore. Devant mon écran, cette première question continue à en amener d’autres et d’autres encore. Je sens que ma tête va exploser. Malgré deux aspirines, impossible de me débarrasser de ce mal de tête. Sur mon canapé, étendue, les questions continuent à affluer. Je décide de reprendre la lecture de ce livre que je commence à maudire. Mais très vite, je plonge tête baissée dans ces mots qui provoquent aussi des maux si on se met à la place de l’héroïne. Ma main droite plongée en mon sexe, le clapotis de ma mouille me donne encore plus envie de jouir. C’est à peine si je parviens à me contrôler mon corps maintenant. Quand cette onde parcoure mon corps, j’étouffe mon plaisir dans ce pauvre coussin.

Debout, c’est à peine si je parviens à me tenir sur mes jambes. Un thé, il me faut un thé. Dans ma cuisine, je l’entends mon voisin. Je ne sais pas si je dois le maudire ou le bénir, lui raconter ce que ce livre me donne, des orgasmes inconnus ou l’insulter pour ces mêmes raisons. Je ne sais pas si je dois le détester ou l’aimer, l’adorer ou le haïr. Sur mon canapé, je regarde ce livre maudit, mon thé à la main. Je ne le touche pas, je m’y refuse. Sur mon écran, il y a toujours cette question sans réponse. Plus je la regarde, moins je trouve. L’orage est maintenant calmé. Je décide de tout laisser en plan. Dehors, le soleil est revenu. Dans le parc, des enfants n’ont pas attendu la fin de la pluie pour venir jouer. Sur un banc, je me pose, autour de moi, le monde reprend vie.

« Alors, on vint flâner ? »

« Oh, bonjour, je vois que je ne suis pas la seule à prendre l’air. »

« Rien de tel pour se changer les idées. Alors, ce travail, terminé ? »

« Pas encore, il me reste à trouver une conclusion. »

« De quoi ça parle. Enfin, si ce n’est pas indiscret. »

« Ben disons que c’est une sorte de comparaison entre ces bouquins à l’eau de rose et les écrits comme ceux de Casanova ou les vôtres »

« Ah ouais, pas facile, facile. Mais je crois que si l’un suggère de manière très discrète, l’autre à oublier toute discrétion, il détail jusqu’à devenir sordide, cruel et sale. C’est comme ça que je vois la chose. Prenez l’Histoire d’O, dans le livre, c’est terriblement détaillé. Mais quand on voit le film, si c’est à peine montré, c’est fortement suggéré. Non, ce n’est pas le bon exemple, oubliez-le. Heu, là, je n’en ai pas. Tenez, j’ai là l’un de mes livres, sur cette clef USB. Celui-ci n’a pas encore été publié. Je ne parviens pas à le corriger, j’ai peur de le dénaturer. »

« Je vois. »

« Pourriez-vous me le corriger ou, tout du moins, le lire et me donner vos impressions ? »

« Je vais voir ce que je peux faire. Mais je ne vous garantis rien. »

« Non, je ne veux que vous vous preniez le chou avec ça. Il s’agit juste d’une de nos aventures à ma défunte femme et moi. Mince, déjà ! Je dois vous laisser, ma partie d’échec n’attend pas. Bye ! »

« À plus. »

Me voilà bien, un livre de plus. Dans mon salon, je grignote un peu en terminant le premier, celui que je dois rendre. Il y a une chose que je ne comprends pas, il a publié un livre, il a été corrigé, mais par qui ? En tout cas, une chose est sure, cette personne a fait un excellente travail. C’est avec peine que je le termine enfin, non sans avoir encore prit mon pied. Surtout quand l’héroïne se fait anneler son sexe et que son partenaire y accroche une médaille avec son nom comme un titre de propriété. Ce livre m’épuise en orgasme, je me rends compte que j’y prends gout de manière malicieuse.

Alors que je commence le second, pendant qu’il se charge sur mon traitement de texte, je me dis que je ne pourrais pas l’emporter partout. D’un côté, ça m’arrange bougrement. S’il commence de manière plus douce que le premier. Je me rends vite compte que cette femme, sa défunte femme, n’est pas du tout comme je me l’imaginais. S’il la décrit comme belle, irrésistible, il la décrit, aussi, comme une femme au caractère très fort et pourtant, elle est une soumise dans l’âme. Une soumise qui aime quand il la rudoie, la fesse, la fasse souffrir. S’il n’y a aucune violence au sens où le dit la loi, elle aime être brusquée, punie à la moindre faute. Quand ils se rencontrent pour la seconde fois, il la fesse pour avoir renversé son verre de rouge. Mais ce n’est pas lui qui impose cette fessée, c’est elle qui l’implore, c’est elle qui veut être fessée en étant, pardonnez le terme, enculée à sec. Aussi, je me demande qui domine qui. Et cette foutue question commence déjà à me prendre la tête. Alors, je me force à lire ce petit roman. S’il n’est biographique, il n’en demeure pas moins une histoire vécue. Certes, les noms, les lieux comme les professions sont changés, mais je reconnais très bien la patte de René. Je fais une première lecture, mes mains se dispersent mon corps, une sur mes seins et l’autre nettement plus bas. Chaque fois, il me faut arrêter une douce et bonne caresse pour avancer le texte. Pourtant, sur une page, je ne peux m’arrêter, je dois jouir c’est trop fort. Il l’a couchée sur ses cuisses, sa main claque son cul avec un gant remplit de petits piquants. La belle est sur le point de jouir quand il enfonce l’autre main en son sexe et...mince, je dois changer de page. Non, j’imagine la scène, il la pénètre de sa main toute entière. En moi, je sens tous mes doigts forcer mon sexe et butter sur mon hymen. Ce qui suit est si puissant que j’en tombe sur le sol pour m’achever. Je ne sais plus comment, mais j’ai jouit comme jamais auparavant. De mon majeur, je me fouille, non pas pour me faire jouir, non, mais pour savoir si je suis encore, ben oui, vierge. J’ai eu peur l’espace d’un instant de m’être dépucelée. Remise ou presque, je me remets devant mon écran. La page suivante me donne raison, la main pénètre entièrement dans le sexe. Je poursuis ma lecture malsaine, diaboliquement malsaine que j’en jouis encore. Je l’entends qui rentre. Mince, il est trop tard pour aller lui dire que je veux corriger ses ouvrages. L’angélique Mireille n’est pas là pour me contredire, enfin, je peux respirer un peu.


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