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Mon weekend chez Monica

Chapitre 3

Suite du chapitre 15 de l'histoire "Mon weekend chez Monica"

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Une histoire érotique écrite par

Fantasme
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Il allait être bientôt dix heures, le soir. Monica décida qu’il était temps de me renvoyer chez moi. Mais elle me força d’abord à remettre le corset que j’avais porté la veille. J’en fus horrifiée.

 - « Allez ! Sois raisonnable, Claudia. Sans ce corset, t’auras pas la taille qu’il faut pour porter les belles choses que j’ai préparées pour toi. Laisse-toi faire. Et puis, je te l’ai dit, on s’habitue à ça, quand on le porte tous les jours. Et bientôt, tu ne pourras plus t’en passer ! »

 Et alors, sans me laisser le temps de réagir vraiment, elle tira très fort sur les lacets. Docilement, je vidai mes poumons de tout leur air, rentrai mon ventre autant qu’il me l’était possible, ce qui lui permit de refermer complètement l’étau, retranchant dix bons centimètres à ma taille comprimée. Elle prit ensuite de petits anneaux de métal sur une table basse, les glissa dans les śillets du corset et scella ainsi la chose de telle sorte qu’il m’était désormais impossible de l’enlever par moi-même.

 « Voilà ! Te voilà prisonnière de ce corset, ma petite. À moins que tu trouves quelqu’un qui accepte de t’en libérer ! Mais là, tu auras à fournir des explications, et tu vas voir que ça peut devenir gênant. Et puis, quand on va se revoir, toi et moi, je veux te retrouver exactement dans cet état. Alors si t’enlèves ton corset, faudra aussi trouver quelqu’un pour te le remettre ensuite. Avec les anneaux. »

 « Et si tu prends une douche, faudra pas t’en faire. Le tissu supporte bien l’eau. Mais faudra compter un peu plus de temps pour le séchage, hein, ma petite ? Si tu t’essuies bien, une heure ou deux devraient suffire ! »

 - « Comment je vais faire pour respirer, madame ? Pour manger ? »

 - « Pour respirer, on s’y fait. Rappelle-toi ta soirée d’hier. Puis tu t’habitueras à ne pas t’essouffler, à ne pas faire trop d’efforts, à être plus féminine, en somme ! Quant à la bouffe, ça ne te fera pas de tort de manger un peu moins. Mais le truc, ici, c’est de prendre plusieurs petits repas, jamais plus que quelques bouchées à la fois. C’est pour ça qu’on disait des femmes du XVIIIe siècle qu’elles n’avaient qu’un appétit d’oiseau. Mais c’est comme ça qu’on obtient une taille fine ! »

 Elle me prêta une camisole soyeuse, de couleur noire, et les culottes assorties, changea mes bas, me fit remettre les souliers. Elle me tendit une jupe courte mais confortable en tissus extensible noir, un chemisier blanc de tissus lustré, délicieusement doux à porter, et un tantinet translucide, pour laisser apparaître le dessin de la camisole en dessous. Elle me tendit une sacoche. Une trousse de maquillage. Quelques accessoires. « Tu en connais beaucoup de putes qui, pour quelques baises, passent un week-end complet logées et nourries, et repartent avec une garde-robe complète de nouvelles fringues ? T’es gâtée, Claudia. Mais cette semaine, il faudra bien que tu fasses ta part et que tu t’achètes quelques robes, quelques jupes, quelques dessous. Tu dois bien avoir un peu de fric à toi, non ? »

 - « Oui, Madame. »

 - « Alors je te laisse une adresse. Tiens. Tu y trouveras tout ce qu’il te faut. Et la patronne te donnera des conseils. C’est une amie à moi. Elle a toujours habillé mes esclaves. »

 Elle me tendit la carte d’affaires d’une boutique de vêtements et lingerie féminine. J’ai toujours rêvé d’entrer un jour dans de tels endroits et d’y faire des achats pour moi. Mais je n’avais jamais eu le courage. Aujourd’hui, cela devenait enfin possible !

 Elle fit quelques retouches à mon maquillage. Dans la glace, je notai que mon apparence était plus discrète que pour ma sortie la veille. Moins frappante, en tout cas. Mais je n’eus guère de peine à me convaincre que c’était préférable si je voulais vivre en femme au quotidien, ou au moins me rendre jusqu’à chez moi sans attirer les regards de tous les passants.

 Ainsi vêtue, maquillée, coiffée, Monica me fit sortir, et me fit monter dans son auto. Elle ne me reconduisit toutefois que jusqu’au premier métro : « Allez ! C’est ici que tu sors ! »

 - « Ici ? Au métro ?" »

 - « Te fais pas de bile, Claudia. Ça va très bien se passer. »

 - « Oui ! Sans doute... Et quand voulez-vous que je revienne vous voir ? »

 - « J’ai ton numéro de téléphone, Claudia... Je t’appellerai cette semaine. Si tu l’acceptes alors, je t’enverrai peut-être des clients chez toi. Mais en attendant, prends le temps d’y penser, Claudia. C’est un choix important, qui mérite bien quelques réflexions. Si tu décides de plonger avec moi, ta vie cessera de t’appartenir. Ton corps aussi. Tu ne seras plus que l’objet du fantasme des autres, esclave efféminée, 24 heures sur 24 éventuellement. C’est vers ça que je t’emmène. Je suis certaine que c’est là ton destin, que tu y trouveras ton plus grand bonheur. Mais je pense qu’il vaut mieux que tu y réfléchisses un peu. Parce qu’après, c’est sans retour ! »

 - « Monica, je peux vous poser une seule question ? »

 - « Oui. Vas-y. »

 - « Êtes-vous déjà allée aussi loin que vous le dites, avec d’autres hommes... enfin d’autres... personnes comme moi ? »

 - « J’ai eu plusieurs débutants. J’en ai eu un seul qui a accepté le défi que je te propose. Il a vécu trois ans avec moi, comme mon esclave sexuel. À la fin, c’était une femme superbe, qui faisait retourner tous les regards dans la rue. Et une bête sexuelle qui ne connaissait aucune limite. »

 - « Que lui est-il arrivé ? » demandai-je avec angoisse.

 - « Un client m’a fait une offre et j’ai accepté de la vendre. La même chose pourrait t’arriver un jour, Claudia. Mais si je l’ai vendue, c’est parce que depuis quelques mois, elle s’était laissée posséder totalement par cet homme. En fin de compte, elle était déjà à lui; je n’y pouvais rien. Alors, on a convenu d’un prix. Ça fait un an, déjà. Et t’es la première proie que j’attrape depuis un an, qui me paraisse aussi douée ! Encore plus douée, en fait.»

 - « Et aujourd’hui, elle est heureuse ? »

 - « Oui... Enfin, je pense. Je l’aurais pas vendue, sinon. Mais c’est difficile à dire, avec les vraies esclaves. Même les pires horreurs peuvent leur procurer du bonheur... Regarde ton propre cas, Claudia : tu étais bien heureuse, aujourd’hui, avec cette brute de Raoul, non ? »

 Je n’ai pas répondu. J’ai souri à Monica. Je lui ai dit que j’attendrais son appel. Je lui ai demandé de se hâter, de ne pas m’abandonner. Je l’ai remercié pour les fringues. Et pour tout. J’avais les larmes aux yeux. L’émotion, je crois. Alors, je l’ai embrassée sur la joue, discrètement. Elle m’a dit bonsoir. Je suis sortie de l’auto. J’ai marché courageusement, dans mon déguisement de femme, en direction des portes du métro.  

 Je sentais l’air frais de la nuit s’infiltrer sous ma jupe un peu trop courte et caresser mes jambes couvertes de nylon. Ou s’infiltrer par les pores du tissu si léger de mon chemisier. Une sensation de surface, comme une caresse du venté un frisson, tellement étranger à l’expérience vestimentaire des hommes. Je sentais l’air remonter jusqu’à ma culotte et lécher à travers leur tissus délicat les cicatrices encore fraîches sur mes fesses. Oh ! Quelle brûlure agréable. Même à distance, Monica continuait de la sorte à me posséder. La douleur me devenait agréable parce qu’elle lui appartenait !

 J’entendais mes talons claquer contre les dalles du trottoir. Un bruit tellement familier quand on y pense, mais que j’avais toujours associé à la démarche de l’autre, de la femme. Ici, c’étaient mes pas qui claquaient de la sorte. Mes pas, qui empruntaient cette démarche fragile des filles du trottoir, et ce balancement érotique, rendu nécessaire par le port de talons très hauts. Certes, ce n’était plus l’exercice périlleux de la marche dans les talons acrobatiques qu’on m’avait fait porter en après-midi; mais cette fois, comme la veille au restaurant, ce n’était plus un jeu intime : je marchais en public, exposée au monde. J’étais cette femme qui marchait vers la bouche de métro, en tenant son balan sans trop de peine, mais avec juste une certaine impression de fragilité. J’étais cette femme-objet, cette femme bibelot, cette femme-désir, vulnérable.

 En m’approchant de la petite foule qui attendait à la porte et à l’arrêt d’autobus juste à côté, je fis un effort pour ne pas voir les regards qui se tournaient vers moi. Puis je réalisai rapidement qu’il n’y en avait pas tant. Et n’est-ce pas du reste le lot de toutes les femmes, lorsqu’elles marchent en public en jupe courte et en talons hauts ? En fin de compte, Monica avait raison : je passais plutôt inaperçue.

 Ça me rassura, et me déçut tout à la fois. Après tout, avec ce corset qui me donnait des formes, avec ma jupe serrée et ce chemisier soyeux d’apparence sage et sophistiquée, n’aurais-je pas dû faire tourner quelques têtes ? Alors j’eus envie, moi, de regarder les hommes autour, droit dans les yeux, de provoquer leur regard, de leur offrir un sourire invitant. De les attirer comme une araignée dans sa toile. Et de m’offrir.  

 Je sentis une fois encore mon anus s’ouvrir, se serrer, s’ouvrir encore. Pulsation frénétique de ma petite chatte culière qui mouillait du désir de ces inconnus dont j’aurais tant souhaité l’agression. À ce moment précis, partagée entre la douleur des stries gravées sur mes fesses, la douce fraîcheur du vent sur ma peau, et la chaleur profonde de mon anus qui appelait la chair bandée, j’aurais tant souhaité me faire empaler par le premier homme venu ! Un regard aurait suffi, pensai-je. Mais je n’ai pas osé. Trop timide encore en public, trop peu sûre de mon apparence, j’ai préféré tenir les yeux baissés,

 Et puis, il y avait Monica, peut-être encore dans son auto, derrière moi. Je me suis retournée juste à temps pour voir sa voiture repartir. J’étais maintenant définitivement seule. Je me suis engouffrée dans le métro.  

 Baptême de la foule en solo. Il fallait bien que je m’y risque, puisque j’étais bien décidée à ne plus revenir en arrière, du moins pas complètement. Non ! Je n’allais pas enterrer cette sexualité sauvage que Monica avait fait éclore en moi, après tant d’années de latence.

 À l’intérieur de la station, je pris place sur une banquette pour attendre le train. Mais mon corset trop serré rendant la position assise trop contraignante, et mes fesses me faisaient si mal que je ne pus supporter le siège. Je dus me relever, pour m’adosser plutôt contre le mur de céramique.

 Je profitai des quelques minutes d’attente pour faire le point, après ce week-end d’orgies et de souffrances. Voilà : je portais un corset qui me donnait des formes féminines; j’avais les sourcils finement épilés et, sous ma perruque et mon maquillage, je ressemblais certes plus à une femme qu’à un homme; dans ma tête aussi, puisque c’est en femme que je désirais séduire et être séduite.

 J’étais femme, en public, et m’y sentais à l’aise maintenant ! À cause de cette sensation si douce de contact avec le vent. À cause du désir érotique qui m’avait assailli tout à l’heure, peut-être. Je m’étonnai alors de me trouver si confortable dans ce corset serré. Monica avait encore eu raison : on s’habitue à ce genre d’attirail.

 On n’a qu’une vie à vivre, me dis-je alors. Pourquoi ne pas explorer à fond ce qu’elle a à offrir ? Mon univers d’homme rangé, studieux, j’allais donc l’enterrer pour laisser toute la place à cet autre monde qui s’ouvrait, jusqu’à la limite de mes rêves. J’allais dorénavant vivre en femme, en tant qu’esclave sexuelle de Madame Monica, disponible à tous ceux et toutes celles qu’elle me commanderait de servir.  

 Je sentis un frisson traverser mon corps, comme un vent de panique. J’avais maintenant la certitude que j’allais plonger dans l’abject, et que j’allais le faire de mon plein gré. « Tu vas le faire, Claudia. Tu n’as plus le choix. Tu le veux. Tu l’as décidé de façon irrévocable. Il faudra que tu en acceptes les conséquences. Jusqu’au bout… »

Un sentiment de profonde liberté m’envahit alors. Une soudaine légèreté de l’être... Je n’aurais plus jamais le moindre soucis. Plus d’autre dimension que l’esclavage. Plus d’autre responsabilité que l’obéissance totale.

 J’étais enfin femme, esclave et libre.