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Natasha & Franck

Chapitre 35

Divers

La réunion commença avec quinze minutes de retard, la faute à un appel de l’avocat chargé d’arranger les affaires de François-Olivier. Yves Bondar, le grand patron ne fit aucune remarque quant aux désagréments que pouvait engendrer le comportement stupide de son subalterne. La fermeture du centre de tri planifiée, il convenait ne pas apporter du grain à moudre aux opposants du projet et ils seraient nombreux. D’un autre côté, les frasques de François-Olivier fournissaient un bon prétexte pour le sacrifier si les choses se compliquaient. Il obtenait donc un sursis ; à lui de le mettre à profit.


— À quelle date souhaitez-vous fermer le centre ?

— Le plus tôt serait le mieux ! Mais du choix du calendrier dépend le succès...

— Toujours cette histoire du choix dans la date, se gaussa Michel Arpant. Bon plus sérieusement, il faudra prendre le temps pour endormir les syndicats. Quelques promotions bien placées ne feront pas de mal.


François-Olivier avait eu le temps de peaufiner la question après son altercation du 14 juillet. Les couloirs mal éclairés du commissariat, ses chaises inconfortables, sans compter la chaleur qui y régnait, tout avait de quoi lui faire péter les plombs. Il savait aussi que c’était la dernière des choses à faire. Aussi s’était-il concentré sur ce projet de fermeture du centre de tri.


— J’ai peut-être une idée, jeta François-Olivier comme par inadvertance.

— Ah ? Je suis curieux d’entendre ce que ça donne quand tu te sers de tes neurones, lança Michel.


Il obtint pour seule réponse un regard furieux qui laissait supposer que ces deux-là ne prendraient pas l’ascenseur en même temps. Yves le tança, énervé que la première prise de parole de François-Olivier serve de prétexte à des querelles de cours d’école.


— Vas-y, expose ton idée.

— Bien... on pourrait commencer par réduire artificiellement l’activité du centre. Cela fournirait un motif pour une fermeture définitive.

— Hum, approfondit ton plan...

— On pourrait dédier le centre de tri au courrier urgent et envoyer le reste sur la plateforme de Lyon.

On avancera un meilleur traitement des lettres urgentes puisque tous les agents s’y consacreront. Aucune suppression de poste, aucune mobilité géographique requise.

— Comment comptes-tu effectuer le tri supplémentaire à la plateforme ?

— Eh bien, puisque c’est du courrier non-urgent, il pourra être dispatché par les machines, pendant les heures creuses. Y aura-t-il un budget qui permettrait l’achat éventuel d’une machine supplémentaire ?

— C’est un calcul à faire... une fois achetée, la machine coûte bien moins que la masse salariale équivalente, pour un meilleur rendement. Continue !

— Quelques mois après ce transfert de flux, la branche commerciale lancera auprès des facteurs un challenge basé sur la vente de carnets de timbres non-urgents. On vantera son côté écologique ; les lettres ainsi affranchies ne transiteront plus par avion. Le timbre vert, comme sa couleur l’indique, sera encensé pour son aide à la réduction des émissions de CO². L’écologie a le vent en poupe ; tout le monde voudra participer à cet effort, ne serait-ce que pour se donner bonne conscience. C’est tout bénef pour la boîte qui se donne une image citoyenne. Les bobos vont se jeter dessus. Leur engouement engendrera l’effondrement du trafic urgent. Ainsi on pourra justifier de la fermeture du centre qui ne sera devenu que l’ombre de lui-même.


Yves éclata de rire, applaudit même ; Michel fit la tronche.


— J’aime ton cynisme, François ! Bravo. Comme quoi faire une connerie peut être salutaire... prends‑en de la graine, Michel. Je te trouve trop sentimental ces derniers temps.


La réunion terminée, le grand boss et François-Olivier évoquèrent les récents déboires de ce dernier. Yves lui conseilla de se changer les idées. Il suggéra même qu’il prenne quelques jours de congés. Pour arroser sa géniale idée, Yves invita François-Olivier au restaurant. Ensuite, ils iraient dans un pub où il avait ses entrées. De charmantes demoiselles peu farouches y mouillaient leur petite culotte, lorsqu’elles en portaient ; il suffisait généralement à ces messieurs de financer le litrage qui leur assurerait une gueule de bois conséquente au réveil. Yves n’avait jamais compris ce qui motivait ces nanas ; autant il devinait l’intérêt de celles qui tentaient de leur soutirer quelques billets, autant celles qui se contentaient de picoler à l’œil étaient une énigme. Peut-être la fréquentation de gens friqués suffisait à leur bonheur. Mais cette question s’évaporait vite, lui s’accommodait fort bien de cet échange de bons procédés, d’autant plus que rares étaient celles qui souhaitaient qu’on les rappelle.



Les néons cachés dans le faux plafond diffusaient une lumière indirecte qui oscillait du bleu au violet, reflétée par la décoration au métal omniprésent. Une musique pour cadres en mal de jeunesse inondait le pub de ses décibels. Yves déposa la bouteille de whisky sur la table basse tel un piège à guêpes ; il espérait bien attirer une post-adolescente dont la taille serait digne de l’insecte. Ils s’affalèrent sur la banquette en cuir. Ils observèrent la nuée qui bourdonnait devant eux. Soudain Yves se redressa, circonspect. Il connaissait la fille qui entrait dans leur salle ; il ne l’avait jamais rencontrée ici. Elle le reconnut.


— C’est la fille de Michel Arpant, souffla-t-il avant qu’elle les rejoigne.


François-Olivier dévisagea la jeune femme. Pauline dénotait au milieu des bimbos surmaquillées ; ses dreadlocks l’assuraient d’une singularité sans équivoque.


— Tu as l’air choqué de me voir ici...

— Choqué, non ! Surpris tout au moins. Je n’ose pas imaginer la réaction de ton père s’il était au courant que...

— Mon père ? Je l’emmerde ! Alors sa réaction, tu sais où je me la carre !


La réplique de Pauline avait le mérite d’être claire et ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd. Elle porta son verre à ses lèvres, comme si la lampée l’aidait à calmer l’éruption de colère. Les premières notes de All night de Parov Stelar dissipèrent en un clin d’œil sa mauvaise humeur. Son corps ne put résister à l’envie de suivre le rythme. François-Olivier l’observa, lui qui d’ordinaire n’écoutait que la pop sirupeuse des vieilles gloires telles qu’Elton John, Tom Jones ou encore McCartney. Pauline lui tournait le dos en se trémoussant sur son tabouret. Son verre frisait la sécheresse. Elle se leva. Francois‑Olivier ne sut dire si elle avait eu dans l’intention de l’aguicher par son geste. Il fut par contre certain de devoir tenter sa chance.


— Je t’offre un verre ?


Il fit mine de se lever lui aussi. Pauline se tourna. Son regard brillait de la joie d’avoir discerné une proie ou un pigeon. Celui qu’Yves lui adressa était noir. Réprobateur et courroucé.


—Je dois d’abord passer par les toilettes mais volontiers pour le verre. Je reviens...


Lorsqu’elle fut suffisamment éloignée, Yves incendia son collègue.


— J’espère que tu n’as pas l’intention de te faire la fille de Michel ? Vous n’êtes déjà pas en bons termes, je n’ai aucune envie de me retrouver avec une guérilla dans les bureaux !

— Ça, on verra !

— Putain, t’es vraiment con quand tu t’y mets !

— C’est toi qui m’as amené ici. Tu m’as conseillé de prendre quelques jours, il faut bien que je trouve quelqu’un pour me tenir compagnie...


François-Olivier allait se lever lorsqu’une douleur vive au niveau des testicules lui ôta toute velléité de mouvement. Une espèce de pulsation fulgurante qui disparut aussi vite qu’elle était arrivée. D’importantes gouttes de sueur perlèrent sur son front. Il ne pouvait rester ainsi dégoulinant s’il espérait séduire Pauline. Il parvint à se diriger vers les toilettes où il pourrait se rafraîchir. Les dents serrées, Yves ruminait sa colère et se demandait s’il ne ferait pas mieux de quitter l’endroit. Sa présence le rendait complice à ses yeux. Pauline rappliqua ; elle s’étonna de l’absence de François. Yves l’observa. Sa jupe écossaise ; trop courte pour être sage, dévoilait ses jambes ornées de tatouages reptiliens.


— Oh il sera vite là.


Yves vida son verre. Il se redressa et enfila son veston. Pauline perçut la contrariété dans les gestes. Il semblait traversé de sentiments contradictoires, comme s’il hésitait entre rester et partir.


— Ma présence en ces lieux serait-elle ce qui te perturbe ?

— Oui... et non. Pas directement en tout cas. Fais-bien attention à toi.

— Vous me quittez déjà ?

— Je, vous quitte... Je préfère ne pas assister à certaines choses.

— Comme ?


Yves préféra couper court à la discussion ; François-Olivier revenait des toilettes. Il renouvela son avertissement à Pauline, l’exhorta à l’écouter. Il eut cependant l’impression de pisser dans un violon.



***


Lorsque François-Olivier tourna la clé dans la serrure, il devina que quelque chose clochait. Il était certain d’avoir fermé la porte à double tour ; un seul suffit à ouvrir. Un parfum familier flottait dans l’entrée. Le salon était éclairé ; Pauline trembla. Elle hésita, fit mine de se cacher. Puisque François‑Olivier ne semblait guère inquiet de surprendre un cambrioleur, elle l’accompagna lorsqu’il insista pour qu’ils pénètrent ensemble dans le salon. La femme assise sur le fauteuil montra sa surprise en apercevant Pauline.


— Qu’est-ce que tu fous ici ?

— Je suis venue récupérer des vêtements.

— Je vois que tu as ce que tu voulais alors dégage maintenant.

— Je souhaitais aussi discuter de... mais je vois que ce n’est pas le moment.

— On verra... en attendant, donne-moi ta clé, tu n’en as plus besoin.

— Si ! J’ai d’autres vêtements que je viendrai chercher dès...

— Hors de question ! Tu me donnes la clé, et si tu veux quelque chose, tu demandes si je suis là.


Melissa fit demi-tour sans rendre la clé. François-Olivier se rua vers elle. Le regard que lui adressa son ex-compagne le stoppa net. Il réalisa que Melissa pouvait lui administrer une raclée en bonne et due forme devant Pauline qu’une telle démonstration de violence ne manquerait pas d’inquiéter. Il croisa les doigts qu’elle n’ait déjà considéré qu’il était allé trop loin.


— Je garde la clé, mais je te préviendrai. Je n’ai aucune intention de perturber cette jeune demoiselle, ajouta Melissa en coulant un regard à Pauline.


Dès que la porte fut refermée, François-Olivier pesta puis souffla. Fébrile, il attendait la réaction de sa nouvelle conquête. Il accrocha sa veste sur le dossier d’une chaise, fouilla ses poches pour se donner une contenance.


— Tu veux un verre ? demanda-t-il.

— Je n’en ai pas besoin, mais toi, oui, à l’évidence. Sers-m’en un que je t’accompagne.


***


Melissa jeta un bref coup d’œil à la fenêtre allumée avant de tourner au coin de la rue. Un sourire illumina son visage. Elle pressa le pas ; ses chaussures claquaient sur les pavés de la rue piétonne. Au bout de la rue, à la terrasse d’un bar, Frédérique, Dimitri et sa sœur l’attendaient. Le jeune homme tapotait sur le clavier de son ordinateur portable tandis que les deux femmes discutaient en sirotant un cocktail. Le bruit des pas avertirent la tablée de l’arrivée de Melissa. Frédérique tourna la tête dans la direction d’où venait le son.


— Ah, voilà notre Jane Bond !

— Mission réussie... enfin j’espère, parce que je ne suis pas douée en informatique. Je n’ai aucune envie de recommencer, d’autant plus que l’enfoiré m’a déjà trouvé une remplaçante.

— Déjà ? Le salaud...

— Tant mieux. Il ne sera pas tenté de fourrer son nez dans son ordi tout de suite... trop occupé pour ça ! ironisa Melissa. Alors Môssieur le Geek, qu’est que ça donne ?

— Je contrôle... Encore quelques minutes et tout sera en place. Je paramètre son antivirus pour qu’il ne détecte pas ma présence.

— Même si mon rôle ne consiste qu’à boire quelques verres et papoter avec Frédérique, je ressens une exaltation particulière à suivre cette mission. Je suis toute excitée ; j’ai hâte de t’en faire profiter, mon chéri, susurra Isabelle.


Concentré sur sa tâche, Dimitri répondit par un machinal hochement de tête. Toutes trois plaisantèrent sur son manque d’intérêt. Il pressa la touche « entrée » d’un doigt vindicatif et ferma son ordinateur. Il pouvait enfin se mêler à la conversation qu’il s’était contenté de suivre d’une oreille distraite. Il taquina Melissa par un descriptif des possibilités qu’offrait sa manipulation. Après quelques rires, elle l’interrogea sur le bien-fondé de son intrusion. Obtenues illégalement, les preuves qu’il pourrait trouver ne lui serviraient à rien au tribunal. Dimitri n’avait aucune idée de ce qu’il adviendrait de ce qu’il dénicherait, mais il préférait avoir une longueur d’avance.


— Avec la webcam en mode espion, tu pourrais filmer Franco pendant ses ébats avec la nouvelle demoiselle... je suis sûre que cela t’exciterait, plaisanta Frédérique.

— Ah, ne compte pas sur lui pour obtenir le Hot D’or du meilleur film amateur, pouffa Melissa.



***


Dans le salon, Pauline s’évertuait à calmer la nervosité de François-Olivier. Il l’avait chauffée depuis le départ d’Yves, alors pas question de laisser l’intrusion de Melissa ruiner cette soirée. Elle le rassura autant que faire se peut à propos de la visite de son ex qui lui parut tout autant gênée qu’eux par cette confrontation impromptue. À son tour, elle alluma son partenaire afin de lui éviter un excès fatal de consommation d’alcool. Assise face à lui, à califourchon sur ses genoux, elle passa les bars autour de son cou.


— Si tu veux une revanche, prend-moi ici en levrette et claque-moi les fesses. Démonte‑moi, je n’ai pas été très sage non plus Daddy, susurra-t-elle.


François-Olivier s’étonna du surnom employé. Il allait s’offusquer mais se ravisa. Son cerveau machiavélique envisageait toutes les possibilités offertes par le rôle qu’elle voulait lui faire jouer. Il temporisa, la laissant expliquer la raison de ce sobriquet. Certes, lui et le père de Pauline n’avaient que deux années d’écart, mais cette proximité ne suffisait pas à le justifier.


— Ça ne te plaît pas ?

— Je n’en sais encore rien. J’aimerais savoir ce qui motive cette appellation car tu n’as pas l’air de porter ton père dans ton cœur.

— J’imagine que cela le mettrait en rogne s’il apprenait que je couche avec un collègue de son âge.

— Surtout qu’on se déteste au plus haut point. La dernière prise de bec date de cet après-midi.

— Ah, c’est encore tout frais... Ça nous fait un sacré point commun alors ! Pour quelle raison vous détestez-vous ?

— Professionnelle, tout simplement. Et toi ?

— Ça date de plusieurs années, lorsque j’ai découvert qu’il trompait ma mère ; sous couvert de réunions, il allait en fait sauter une Réunionnaise. Depuis, je lui pourris la vie autant que faire se peut.

Il déteste mes tatouages, mes piercings et mes dreadlocks.


François-Olivier sourit à l’évocation du prétexte. Dans un autre contexte, il aurait éclaté de rire mais il ne souhaitait pas offenser la jeune femme. L’évidence d’une motivation commune à leur partie de jambes en l’air à venir l’incita à en garder une trace dont il aviserait plus tard de l’usage. Il imaginait déjà la tête que ferait Michel si une vidéo arrivait dans son mail.


— Ainsi-soit-il ! Si tu veux recevoir une fessée, prépare-toi à ne pouvoir t’asseoir quelques jours...

— T’as des capotes ?

— Non. La rupture est toute fraîche ; je n’ai pas eu le temps de m’équiper pour une vie de célibataire.

— C’est con, j’ai vraiment envie. Es-tu resté fidèle ? Que je puisse te faire confiance, question maladies que tu pourrais me refiler...

— Si tu veux je descends à la pharmacie, il doit bien y avoir un distributeur ?

— Laisse tomber, faudrait pas que ça casse l’envie ! Par la porte arrière, tu ne risques pas de me coller un gniard dans le tiroir et quand tu te sentiras prêt à m’éclabousser les muqueuses, gicle-moi sur le dos, j’adore sentir la chaleur du sperme sur ma peau. OK ?


Le vocabulaire fort imagé employé par Pauline stimula François Olivier. Il s’étonna de sa réaction, lui qui n’avait guère l’habitude de ce répertoire. Cela venait-il de lui ou Melissa était-elle prude ? Pourtant elle avait montré un talent certain pour des pratiques loin du train-train habituel. Puis l’idée que son ex s’immisçait encore dans sa vie l’énerva. Il balaya cette pensée qui le polluait. Pauline requit de quoi lubrifier l’entrée des artistes ; elle trouverait peut-être son bonheur dans la salle de bains, selon son hôte. François-Olivier profita de l’absence de la jeune femme pour démarrer son ordinateur portable. Il s’interrogea lorsqu’il constata qu’il l’était déjà. L’avait-il branché ce matin pour le recharger ? Melissa l’avait-elle utilisé lors de sa visite ? Il ouvrit le navigateur et consulta l’historique. La dernière page ouverte datait de la veille, c’était bien lui qui avait consulté le site de « L’équipe » pour consulter les derniers résultats sportifs. Il ne constata rien d’anormal. Il retourna à son intention première : tourner l’appareil de manière à filmer le canapé où il s’apprêtait à baiser la fille de son meilleur ennemi.


Pauline revint en chantonnant la célébrissime chanson de Joe Cocker ; elle n’en était pas particulièrement fan mais la trouvait de circonstance. François-Olivier l’apprécierait pour sûr. Elle accompagnait ses onomatopées de déhanchements qui rappelaient peu ou prou la chorégraphie de la scène culte de 9 semaines ½. Au fur et à mesure qu’elle s’approchait de lui, elle jetait ses vêtements à travers le salon. Elle ne garda que sa minijupe qu’elle devait avoir tiré vers le haut et ressemblait davantage à une ceinture.

Elle l’accula contre le canapé où il se laissa choir. Elle détacha la ceinture, la fit coulisser dans les passants. François-Olivier dénoua sa cravate puis déboutonna sa chemise. Il se retrouva vite nu. Pauline allait se débarrasser de sa dernière pièce de tissu mais son amant l’en dissuada. Aussi minimaliste soit elle, la jupe lui conférait un supplément de perversité.

Elle palpa, caressa le membre déjà tendu ; elle distribuait des coups de langue qui soutiraient des gémissements éloquents. François-Olivier jeta un bref coup d’œil à son ordinateur. Ils étaient trop en face de la caméra qui pour le coup devait filmer la croupe de Pauline se dandinant au gré de ses mouvements. Il préférait saisir le visage, que son père puisse profiter de la scène s’il advenait que la vidéo lui parvienne. Il s’allongea sur le canapé ; Pauline changea de position mais pas assez au goût de François-Olivier. Il ne pouvait tout de même pas lui demander de se placer de manière à offrir un bon angle pour la vidéo. Elle lui lécha les bourses ; il ferma les yeux, ne songea plus à ce que filmait la caméra. De la salive se répandit sur le scrotum. Non. Elle gobait ses boules. Elle aspira ; il gémit.


— Ouch ! Arrête-ça s’il te plaît...

— Tu n’aimes pas ?

— Si...

— Mais ?

— Mais ça me fait mal aux couilles, je ne sais pas pourquoi...

— J’avais un copain qui adorait ça, mais soit, je n’insiste pas. Enfin c’est curieux. Que ce soit douloureux. Je ne discute pas du fait que puisses ou non apprécier. Bon, quand je te pompe le chibre, ça reste agréable ?

— Oui tu peux continuer ça... tu ne veux pas que je m’occupe de toi en même temps ?

— C’est pas de refus !


Pauline avait relevé la tête pendant leur échange, l’avait tournée vers lui ; c’était bien le diable si la caméra n’avait pas fixé son portrait. Allongé sur le dos, François-Olivier avait une vue admirable sur la fente luisante à peine dissimulée par la toison taillée juste ce qu’il fallait de sa jeune amante. La jupe effleurait son front, comme s’il regardait à la dérobée ce qui se trouvait dessous.



***


La chaleur accablante des journées de Juillet poussait les citadins à profiter de la relative fraîcheur nocturne ; à la terrasse du café les places manquaient. Isabelle se leva en adressant un sourire malicieux à Dimitri. Elle s’éloigna prendre place dans la file formée devant les toilettes. En son absence, un nouveau venu s’enquit de la vacance de la chaise. Melissa lui en proposa le prêt, le temps que sa sœur réapparaisse. Frédérique engagea la discussion sur les vacances à venir. Sabine n’avait donné aucune consigne à ce sujet ; sa présence au bureau se limitait au strict nécessaire, trop occupée à choyer Karen, confinée à son domicile par une grossesse qui se déroulait pourtant sans encombre. La cohabitation avec son amie lui apportait la joie que la nécessité de rester tranquille chez elle lui aurait ôtée. Frédérique n’avait aucun plan pour le mois d’Août ; Melissa n’en avait plus. Le retour d’Isabelle interrompit la conversation. Elle chercha sa chaise ; les deux femmes assises se retournèrent en riant :


— Qui va tirer la chasse perd sa place !


Navré, le nouveau venu se leva pour rendre la chaise empruntée mais Isabelle la céda volontiers et s’installa sur les genoux de Dimitri. Enfin, les genoux... tout au moins au début. La styliste lança sa main droite à l’assaut de la rangée de boutons qui fermaient le short de son chéri. La longue chemise blanche dessinée par Isabelle masquait l’activité suspecte. Le jeune homme marqua à peine sa surprise tant ce genre d’attouchements en public était chose courante de la part de sa compagne. Il afficha vite un sérieux de mise pour ne pas révéler aux clients tout proches ce que la sœur de Melissa manigançait. Elle lui mena le vit dur. Elle se souleva, recula de quelques centimètres et se laissa retomber. La réaction de Dimitri manqua les trahir. Isabelle portait un Jeans ; il s’étonna de sentir contre la sienne la douceur de cette peau qu’il adorait caresser. Soucieuse de son confort par cette chaleur, elle ne gardait du pantalon que les jambes qu’un porte‑jarretelles maintenaient en place. Sa chemise à mi‑cuisse offrait la parfaite illusion du vêtement complet. Elle gigotait sur le membre enchâssé. Quelqu’un remarquerait peut‑être ses roulements de félin amoureux, en comprendrait la lasciveté mais elle s’en foutait. Libre à l’éventuel voyeur d’en émettre une voyelle toute en rondeur.

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