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Neige rouge

Chapitre 1

Hétéro

Malgré la chaleur produit par son poêle, la poitrine à l’air, Yulia avait la chair de poule. Elle se maudissait, tout en frissonnant, d’avoir été si imprudente. Sa lampe à pétrole jetait une lumière dorée sur tout ce qui se trouvait dans la salle de soin qui lui servait de refuge. De ces bains russes, c’était un des rares endroits qui était encore vivable. Elle l’avait choisi car la baignoire était étanche, ou à peu près, la fenêtre et les murs aussi. L’eau chaude de son bain dégageait encore de la vapeur et ses cheveux étaient toujours humides. Elle n’avait encore remis que ses bottes et son pantalon d’uniforme. Dans la précipitation, la jeune femme n’avait pu qu’attraper son pistolet d’alarme. Frissonnant de peur, elle le pointait vers ce soldat allemand. Elle hésitait à tirer, la fusée risquait d’enflammer les lambris de la pièce. Et cela ne serait guère efficace face au fusil du soldat.

Georg errait depuis au moins deux jours quand il avait aperçu ce bâtiment à moitié détruit à flanc de colline, en partie caché par des arbres. Il avait pensé que c’était un bon endroit pour s’orienter et se reposer. Tenant à peine debout il s’était laissé guider par la chaleur et la lumière enfouies au cœur du complexe. Par réflexe de soldat, il avait armé son fusil avant de faire irruption dans la pièce. Il ne s’attendait pas à tomber sur elle. Elle ne paraissait pas bien dangereuse mais lui non plus. Ses doigts gelés auraient bien du mal à presser la détente. Ils lui faisaient mal, terriblement. Tout lui faisait mal : ses orteils, ses mains, son ventre affamé, sa peau brûlée par le froid. Son regard fut attiré par le bain chaud. Depuis combien de temps n’en avait-il pas pris ? Son Gewehr 43 tomba à ses pieds et il tituba vers le bain. Il ne fit plus attention à elle et alla y plonger ses mains. La morsure de l’eau chaude sur ses mains fut aussi atroce qu’une engelure.


— Aaaaah, cria-t-il faiblement.


Yulia le vit avancer et elle lui ordonna de ne pas bouger. Mais en russe il n’allait pas comprendre. Allemand, latin ou chinois, il n’aurait sans doute rien entendu tant son regard perdu et fou fixait son bain. Elle le garda en joue sans pouvoir tirer. Lorsqu’il plongea ses mains dans l’eau, il cria puis s’évanouit. Yulia attrapa le fusil du soldat et le pointa vers lui, prête à faire feu. Elle aurait pu ou dû le faire... Mais elle n’en pouvait plus. Oui, elle haïssait toujours les Allemands. Ils avaient envahi son pays, tué des gens, brûlé des villages. Mais elle ne supportait plus de voir les hommes, la terre, la neige rouges. Rouge de sang.

Elle lui donna un coup de pied dans les bottes mais il ne réagit pas. Elle posa le fusil et lia les pieds du soldat avec sa ceinture. Elle lui attacha les mains avec du fil de fer qui lui servait à faire des collets. Yulia s’habilla et se demanda comment il avait fait pour arriver jusqu’ici. Certes son poste était bien au nord du front de Volkhov, à l’est de Leningrad et son siège, dans un secteur assez calme. Mais pour venir ici il avait dû traverser les lignes allemandes et les lignes soviétiques. A moins qu’il n’avait fait un long détour par le lac Lagoda avant de revenir vers la terre ferme. Elle aurait aimé savoir, pour s’en servir pour elle. Elle projetait depuis quelques temps de fuir cet enfer. Soit pour rejoindre une tribu Nenets vers l’est, dont une partie de sa famille était originaire, soit aller vers le nord et les Finlandais pour y être prisonnière si elle ne parvenait pas à se cacher.

Yulia observa le soldat. Il avait dû subir pas mal de privations lui-aussi. Mais probablement moins que les pauvres âmes qui étaient coincées à Leningrad. Malgré la propagande, tout le monde se doutait qu’il y avait au moins des dizaines de milliers de morts là-bas : la plupart de faim et de froid. Elle ne savait plus trop quand le siège avait commencé, à peine pensait-elle être fin décembre 43. C’était à cause d’eux tout ça. Tout, la mort de son fiancé, de son frère. De beaucoup d’hommes et de femmes qu’elle avait connus. Prise de colère elle épaula son Mosin-Nagant et le pointa vers le soldat. Mais devant la pitié que lui procurait cette pauvre loque elle l’abaissa.

Georg fut réveillé par le bruit du fusil jeté sur la table. Malgré ses liens, il se sentait bien : il avait chaud. La vive douleur de ses mains lui revint en mémoire et il se les massa doucement. La peau était rêche, craquelée et abîmée mais tous ses doigts étaient là. Il s’aperçut que la soldate le regardait avec colère, il se recroquevilla. Au-delà de la fureur, il perçut une certaine curiosité. Avait-il rêvé sa poitrine ? Probablement pas s’il en croyait le bain qui était froid maintenant. Il avait échoué ou réussi, il ne savait le dire. Il avait réussi à passer mais il était prisonnier. D’après ce qu’on racontait, il aurait peut-être mieux valu qu’il soit abattu par l’un ou l’autre camp. En même temps, il était parti sur un coup de tête. Il avait une vague idée du début de son parcours mais avait dû se perdre ensuite. Georg regarda cette jeune femme aux cheveux noirs un peu ondulés, au visage rond qui avait dû rire beaucoup par le passé. Ses yeux noirs étaient tristes et ternes. Il sombra peu à peu dans le sommeil et revit aussi ses seins, blancs, en forme de poire, il les trouva beaux. Son corps était mince, mais qui par ici n’était pas amaigri par les privations ? Encore qu’elle semblait s’en être mieux tiré que bien d’autres.


Yulia se tint sur ses gardes un long moment avant de s’endormir aussi. Elle se retrouva pour quelques minutes dans les bras de son fiancé. Enlacés au pied d’un camion avant qu’il n’y monte en compagnie du frère de la jeune femme. Vassili lui avait promis de lui ramener son bien-aimé. Mais il n’avait pu tenir sa promesse avant d’être tué lui aussi. La rage avait fini par la gagner et elle avait voulu prendre les armes comme ces héroïnes soviétiques qu’elle admirait : Marina Raskova la pilote de chasse, Nina Petrova la tireuse d’élite, Mariya Oktyabrskaya la pilote de char. Comme cette dernière elle avait voulu venger son amour perdu. Mais après sa blessure à la jambe, son commissaire politique l’avait affecté ici avec pour mission de protéger et de surveiller cette région. C’était reculé par rapport au front mais on avait une bonne vue sur les alentours. Elle avait d’abord pensé qu’il craignait une attaque des Allemands à revers. Mais ce n’était qu’une partie de sa mission, pour laquelle elle n’aurait eu qu’à envoyer trois fusées d’alarme. Quiconque serait vu par ici devait être considéré comme traitre et déserteur. Que ce soit un soldat ou des civils qui auraient tenté de fuir le siège.

Elle avait froidement exécuté ces ordres. Du toit du sanatorium, elle avait un bon poste de tir. Dans sa lunette de visée, elle avait vu ces traitres vouloir s’échapper. Elle les avait visés, avait tiré et ils étaient tombés. Elle les avait gardés dans sa ligne de mire jusqu’à ce qu’elle voit une tâche rouge sur la neige. Mais, un matin, elle n’avait pu le faire. Un homme était sorti du bois, aux aguets il avait scruté le paysage. Elle l’avait mis en joue avant de se figer. Il avait appelé derrière lui une femme et un enfant. On lui avait dit de tirer sur tous les traîtres mais quand même pas sur une famille. Pourtant les ordres avaient été clair, elle avait failli tirer avant de se mettre à pleurer, ne se reconnaissant plus. Elle avait aussi reçu une lettre de Vassili, alors qu’il était mort depuis quelques semaines. Il tentait de la réconforter et lui promettait la victoire prochaine, un beau discours pour passer la censure. En la relisant plusieurs fois, elle avait retrouvé le petit code qu’ils usaient pour s’amuser quand ils étaient enfants.


Georgi n’était pas mort à cause des Allemands mais abattu, tout comme son escouade, sur ordre d’un commissaire politique quand ils avaient essayé de se replier pour ne pas être encerclés. Cela avait ruiné et détruit ses certitudes, son monde, ses derniers espoirs. Elle n’était pas sortie pendant plusieurs jours avant de se décider à fuir. Mais avant ça elle devait faire un plan, des provisions. Elle avait intensifié sa pose de piège mais ne tombait que sur des tamias et autres bestioles du genre. L’autre problème était qu’elle ne savait dans quelle direction partir. Lui devait savoir, au moins en partie.

Le lendemain, Yulia repensa à tout cela alors qu’elle était sortie relever ses pièges. Elle rentra dans son refuge avec deux tamias. Le soldat allemand était réveillé et il avait un peu meilleur mine. Yulia fut surprise d’éprouver un peu de compassion pour lui. Finalement elle n’avait pas perdue toute son humanité. Elle leva son gibier bien haut et fit signe qu’elle allait faire à manger. Georg fut surpris de la voir brandir deux gros rats ou deux hamsters. Surtout qu’elle comptait les manger. Elle les fit mijoter avant de lui poser une gamelle devant lui. Il ne se fit pas prier et la dévora. Elle ne répondit pas et mangea dans son coin. Georg fit le point sur sa situation et son parcours. Il venait de Prusse Orientale et il avait baigné dans une haine envers la Pologne dès son enfance. Il avait vite rejoint les rangs de l’armée, enthousiasmé par la propagande. Il avait vite été affecté à la Waffen SS. Sa famille, ses voisins avaient été fier de lui et il s’était senti honoré. Quand ils avaient attaqué l’URSS, il avait suivi la fleur au fusil, plein des images de gloire qu’on leur promettait.


Il avait vite déchanté quand son unité avait brûlé des villages. Ils étaient arrivés rapidement dans la banlieue de Leningrad, pensant remporter une victoire éclair. Mais cela faisait plus de deux ans qu’ils étaient là. Il aurait pu supporter les combats, les blessures, les morts, les privations. Mais ils avaient reçu des ordres pour tout annihiler sur leur passage. Ils avaient été transférés vers ce nouveau front et étaient passés à l’attaque. Ils avaient fait une belle percée et avaient atteint un village. Les autres soldats s’étaient mis tirer sur tout ce qui bougeait. Il était rentré dans une maison et était tombé sur une famille terrorisée. Il avait pointé son arme sur eux mais n’avait pu faire feu. Il leur avait fait signe de fuir par l’arrière puis il avait mis le feu à la maison. En ressortant, il avait vu les rues enneigées, rouges des flammes et de tout le sang versé. De garde la nuit suivante, il avait fondu en larmes en silence. Il était parti quelques jours après à la faveur d’une escarmouche.


Là, avec ce simple plat il avait l’impression de retrouver un minimum d’humanité. Il chercha un peu et se rappela un des rares mots russes qu’il connaissait :


— Merci.


Elle répondit assez longuement mais le sens lui échappa. Yulia s’en rendit compte et fut déçue. Cela faisait plusieurs semaines qu’elle était seule. Son seul contact était la patrouille qui passait une fois par semaine et lui déposait quelques vivres. Elle était fatiguée, elle voulait dormir. Elle s’assura qu’il était bien attaché et lui fit signe de s’allonger. Il s’exécuta et elle le recouvrit d’une couverture. Elle alla à l’autre bout de la pièce, le fusil à portée de main, et s’allongea sur sa paillasse. Ils s’observèrent longuement avant de tomber dans le sommeil.

Le lendemain Yulia dénicha un vieux morceau de pain qu’ils partagèrent. Georg se demandait ce qu’elle allait faire de lui. Elle ne semblait pas vouloir le tuer ou le torturer. Sans doute attendait-elle d’autres soldats à qui il serait remis. Il ne comprit pas ce qu’elle voulait quand elle étala une carte devant lui. Yulia lui montra l’endroit où ils étaient et chercha à lui faire dire d’où il venait. Il fallut un moment avant qu’il se décide à répondre. Il pointa du doigt une rivière puis un village. Georg avait reconnu la rivière gelée qu’il avait suivi pendant un moment avant de bifurquer plusieurs fois. Yulia était embêtée, ça laissait plusieurs chemins possibles. Elle essaya de savoir s’il se souvenait d’un arbre, d’une maison ou de tout autre chose qui aurait permis de retracer son chemin. Mais il ne comprit pas ce qu’elle voulait. Elle retenta plusieurs fois dans la journée mais sans succès. Alors qu’elle s’était postée sur le toit, elle se dit qu’elle devrait sans doute le mettre plus en confiance.


Elle rentra et le vit sagement assis, essayant de bouger ses jambes. Elle lui délia les chevilles et l’incita à marcher dans la pièce. Elle ne cessa de pointer son arme vers lui pour lui passer l’envie de tenter une bêtise. Georg voulait faire preuve de coopération, il n’avait plus envie d’entrer en conflit ni avec elle ni avec personne. Yulia le fit asseoir à table et lui attacha les mains au pied de celle-ci. D’habitude c’était le commissaire politique qui se mettait là. Volodya était beau garçon et elle avait un temps penser tomber sous son charme après la perte de son fiancé. Mais sa dureté, sa brutalité l’avait rebutée. Le soldat était un peu mois beau, encore que ce n’était sans doute dû qu’au froid et à ses conséquences. Ses yeux bleus étaient charmants, un peu comme ceux de son cher et tendre. Elle se secoua et tenta de communiquer :


— Yulia, Yulia, répéta-t-elle en posant la main sur sa poitrine.

— Georg, Georg, répondit-il.


Yulia blêmit d’un coup. Cela ressemblait tellement à Georgi qu’elle se mit à pleurer. Georg ne comprit pas pourquoi elle pleurait mais il ne put s’empêcher de pleurer lui aussi. Pourquoi ? Il était touché, ému, humain tout simplement. Il voulut essuyer les larmes des joues de Yulia mais ses mains étaient attachées. Le bruit sec dut alerter la jeune femme dont le visage se durcit à nouveau. La Russe se gronda de s’être laissée aller mais fut étonnée de l’avoir vu ému. Elle reprit sa carte et traça au crayon le début du parcours de Georg puis elle entoura l’endroit où ils étaient. Elle fit semblant de tracer plusieurs routes sur la carte pour lui faire comprendre qu’elle cherchait par où il était passé. Georg ne pouvait que faire non de la tête. Il voulait bien donner cette information mais il ne la connaissait pas. Il vit Yulia dessiner une petite maison à l’endroit où ils étaient et un casque à son point de départ. Elle retourna la carte et dessina à nouveau ces signes sur deux bords opposés. Elle dessina une petite rivière à partir du casque. Elle revint du côté de la maison et attendit. Georg comprit qu’elle voulait qu’il donne des indications visuelles.


— Bouleau, bouleau.


Yulia ne comprenait pas, Georg essaya avec "arbre" sans plus de réussite. A côté du poêle, il vit le tas de bois et le pointa du menton. Yulia se leva et prit une buchette pour lui montrer. Mais il fit non tout en regardant le tas. En fait, il voulait une essence spécifique. Elle choisit un morceau de bouleau et il fit oui. Ça ne l’avançait pas plus que ça, du bouleau, il y en avait pas mal par là. Il répéta ensuite un mot dont la sonorité lui disait quelque chose. Elle se rassit et dessina une croix, Georg répéta oui plusieurs fois. Des bouleaux en forme de croix, elle voyait peut-être où cela était, pas très loin vers le nord-ouest. Ils continuèrent, Georg enchainant avec une isba brûlée, un rocher en forme de chien avant de sécher. Il avait erré près d’une journée sous un ciel gris uniforme sur un lac gelé ou une grande plaine. Yulia retourna sa carte et traça une direction à partir de son sanatorium et une autre à partir du camp de l’Allemand. Cela donnait deux directions vaguement parallèles qui pointaient vers le nord.


Yulia aurait préféré partir vers l’est, rester dans son pays mais c’était plus loin, trop loin peut-être. Mais elle ne voulait pas non plus se retrouver prisonnière en Finlande. Georg la vit dubitative, elle réfléchissait ardemment. Lui, il venait de comprendre que s’il avait tourné sur sa gauche il serait parti vers la Finlande, une mort quasi certaine sur l’immense étendue glacée du lac Lagoda. Il la vit se pencher à nouveau sur la carte et tracer du doigt une route vers le nord. Elle conta sur ses doigts plusieurs fois avant de se redresser. Yulia avait une direction générale à suivre mais pour arriver au lac, il faudrait faire des détours, se cacher. Seul Georg connaissait cette partie du trajet. Yulia se décida, elle détacha Georg et lui fit signe de la suivre. Il ne comprit pas ce qu’elle voulait faire mais il descendit l’escalier à sa suite. Elle tourna dans un ancien couloir du rez-de-chaussée dont le plafond avait été éventré par un obus, elle déplaça des planches et des tôles. Georg découvrit une sorte de traineau ou de luge bricolé. Il y avait là des vivres, un large drap blanc et d’autres équipements. Yulia cacha à nouveau tout ça et repartit, Georg la suivit et ils montèrent sur le toit.


De son poste d’observation habituel, Yulia regarda vers le nord, elle hésita mais le regard bleu de Georg qui se perdait avec envie vers cette immensité blanche la convainquit.


— Georg et Yulia, Finlande.


Elle voulait quoi avec la Finlande ? Yulia répéta plusieurs fois tout en les montrant tous les deux. Soudain, l’évidence lui sauta aux yeux, elle voulait qu’ils partent vers la Finlande ? Il fit non de la tête, pour lui, c’était du suicide. Elle insista et montra l’endroit où était caché son traineau, sa nourriture. Yulia essaya tant bien que mal de lui expliquer qu’elle avait le matériel et la connaissance pour voyager dans cette région mais que lui savait comment franchir les lignes. Georg finit par comprendre, son idée n’était peut-être pas si mauvaise. Et après tout, il valait peut-être mieux tenter sa chance comme ça que de finir par mourir de faim dans un camp de prisonnier au fin fond de la Sibérie.


— Oui, Yulia et Georg, Finlande, lui dit-il.


Yulia en fut heureuse. Comme si elle devait déjà dire au revoir à la mère patrie, elle fit un lent tour sur elle-même. Soudain, elle s’accroupit et tira Georg avec elle, ils rampèrent vers le côté sud et virent une petite colonne approcher, venant du côté soviétique. Et ils allaient être là rapidement. Ils redescendirent dans le refuge de Yulia. Georg était désespéré, il allait bientôt se retrouver prisonnier de guerre. Yulia n’allait pas risquer sa vie pour lui. Pourtant, il la vit tourner en rond avant de se précipiter sur ses affaires. Elle roula en boule, manteau, gants, surpantalon et les jeta dans la baignoire. Elle prit son fusil et le glissa derrière un panneau de lambris détaché du mur. Yulia poussa Georg dans la baignoire et posa un doigt sur ses lèvres pour lui demander de rester silencieux. La jeune femme jeta sur lui sa paillasse, des couvertures, les chaises. Elle posa une casserole d’eau sur le poêle et attrapa une sorte de balai fait de ramilles. Quelques instants plus tard, Georg entendit la porte s’ouvrir, un homme entra, suivi de deux autres.


Sans pouvoir voir, il entendit un des hommes parler à Yulia.


— Salut, camarade Yulia.

— Salut, camarade commissaire Volodya.

— Alors, rien de nouveau ?

— Non, rien depuis quelques jours.


Yulia le vit suspicieux. Elle sourit du mieux qu’elle put. Son cœur palpitait dangereusement. Elle entendit l’eau bouillir et chercha à détourner l’attention de Volodya.


— Tu veux du thé avant de repartir ?

— Oui, merci.


Yulia posa deux gobelets sur la table et prépara le thé. Volodya fit le tour de la pièce et attrapa une chaise. Yulia faillit s’évanouir quand la couverture se souleva subrepticement, laissant voir le visage terrifié de Georg, avant de retomber sur le bord de la baignoire. Mais Volodya avait pris la chaise en gardant son regard fixé sur elle. De leur côté, les deux autres soldats étaient occupés à chauffer leurs mains au-dessus du poêle, dos à la baignoire.


— Sortez, camarades. J’ai des instructions spéciales à donner à la camarade Yulia.


Déçus, ils obéirent et les laissèrent seuls.


— Ecoute, je t’avais dit que j’essayerai de t’envoyer une relève ou du renfort. Mais c’est impossible. Nous allons bientôt mener une large offensive pour desserrer l’étau sur Leningrad. Je ne peux me passer d’hommes.

— Oh, je comprends.


Elle n’y croyait pas vraiment. Combien de fois lui avait-on promis de grandes offensives aptes à libérer la ville ?


— Nous allons dégarnir la partie du front qui est devant toi. Quand nous attaquerons, les nazis en profiteront sûrement pour tenter une percée par ici pour nous prendre à revers. Alors ton rôle est d’autant plus important.

— D’accord camarade, je redoublerai de vigilance.

— J’ai confiance en toi... Yulia.


Ce ton soudainement adouci surprit Yulia et la troubla; même Georg en fut alerté. Avec mille précautions, il se redressa jusqu’à faire passer son œil au-dessus du rebord de la baignoire. Volodya venait de prendre la main de Yulia pour l’attirer à lui. Elle se sentit nauséeuse de l’avoir si près d’elle.


— Yulia, tu es belle. J’aimerais être plus proche de toi. Si tu veux, je pourrais m’arranger pour te mettre à l’abri à l’arrière...


Se mettre à l’abri ? A l’arrière ? Elle en aurait rêvé mais rester à ses côtés, il n’en était pas question. Néanmoins elle ne pouvait se permettre de refuser brutalement.


— Non, camarade commissaire. J’ai une mission, je l’accomplirai quoi qu’il arrive !


Sa bravade sembla lui plaire, il se leva et l’embrassa fougueusement. Elle ne s’y attendait pas mais ne refusa pas son baiser. Elle simula la même passion, espérant le satisfaire.


— Ah, Yulia, j’ai envie de toi. Avant qu’il ne soit trop tard pour l’un de nous.

— Non, Volodya. Non, ça nous donnera une raison de rester en vie..., esquiva-t-elle.


Mais le commissaire se fit plus pressant et insistant. Il commença à dégrafer le haut de son uniforme pour atteindre ses seins. Elle comprit qu’il allait être difficile de le faire partir avec quelques belles promesses. Elle pouvait le rabrouer, elle en avait l’habitude au milieu de tous ces hommes. Au-delà de son désir pour elle, elle ressentit sa peur de mourir. Cette fameuse attaque était-elle réelle ? Volodya se montra un peu plus entreprenant et commença à baisser son pantalon. Yulia le stoppa tout de même :


— Non, arrête...

— Yulia, supplia-t-il.

— Attend, pas ça. Ça sera pour fêter nos retrouvailles. Mais je ne vais pas te laisser partir sans rien.


Doucement, elle le fit se rasseoir sur la chaise. Elle s’accroupit devant lui et baissa son pantalon. Elle tira aussi son caleçon long et mit au jour un sexe bien dur. Cela faisait longtemps qu’elle n’en avait vu un, elle en fut troublée malgré elle. Volodya se pencha en avant pour masser ses seins. Yulia resta concentrée sur son objectif. Avec un léger dégoût, elle prit son sexe en bouche. Elle commença à le pomper lentement et du bout des lèvres. Elle sentit une pointe de déception de sa part, elle s’appliqua un peu mieux et essaya d’imaginer qu’elle suçait Georgi. La queue de Volodya gonfla un peu plus entre ses lèvres et il commença à gémir faiblement. Puis il se manifesta de plus en plus fort, Yulia montait et descendait le plus vite qu’elle le pouvait. Elle voulait le voir partir le plus vite possible, plus il restait plus il risquait de tomber sur Georg. Elle sentit tout à coup les doigts de Volodya lui serrer fortement les seins, il jouit juste derrière. Yulia se dégagea rapidement et le finit la main pour qu’il se répande sur le sol. Malheureusement, elle en avait en bouche et sur le menton. Quand il eut fini, Volodya se rhabilla en l’ignorant quelque peu. Son instinct sembla le reprendre et il scruta de nouveau la pièce comme s’il sentait une présence.

Georg crut qu’il l’avait entendu ou vu. Il se figea mais le commissaire ne perçut pas sa présence. Il parla avec des mots assez doux à Yulia avant de partir, les seins et une partie des fesses à l’air, elle hocha la tête sans le regarder. Georg avait été choqué et subjugué par ce qu’il s’était passé. De là où il était, il n’avait pas pu voir la fellation mais il avait bien compris que c’était ça qu’elle avait fait. Il admirait toujours le corps de Yulia alors qu’ils étaient de nouveau seuls. Il aurait dû détourner le regard mais il ne le pouvait pas : elle était trop attirante. Moins que les filles qu’il avait vu sur des photos pour soldats ou dans des bordels. Mais elle était plus réelle, plus comme lui, elle était accessible. Il aurait tué cet homme s’il avait fallu le faire. Mais il ne voulait plus tuer, plus jamais. Et elle avait décidé elle-même de tout ce qui était arrivé. En tout cas, il comprenait qu’elle ne l’avait sucé que pour éviter de l’avoir sur le dos plus longtemps ou plus intimement. Yulia écouta les soldats partir. Quelques rires gras lui parvinrent d’en bas. Elle finit par se relever et alla à son poêle. Elle ouvrit la trappe et cracha le sperme qu’elle s’était refusée à avaler.


— Ordure ! siffla-t-elle.


Elle sentit le sperme sur son menton et l’essuya d’un revers de la main. D’un geste sec du poignet elle envoya la semence sur les braises. Elle se rhabilla et alla vérifier dehors qu’ils étaient bien partis. Elle revint quelques instants plus tard et dégagea Georg de sous le bazar.


— Merci.


Yulia ne répondit pas et se détourna. Elle fouilla dans un sac et en sortit une flasque de vodka. Elle vida les gobelets au sol et y versa la liqueur. La jeune femme lui donna un gobelet et leva le sien :


— Finlande ! dit-elle avant de boire cul-sec.

— Finlande ! répondit-il.


Georg la vit se rincer la bouche pour effacer les dernières traces du commissaire politique. Il lui sembla qu’elle savait qu’il avait tout vu. Yulia se détourna de lui et alla s’allonger. Georg vit la trace de sperme au sol et entreprit de la nettoyer. Yulia le vit faire, elle se doutait qu’il avait vu au moins une partie des choses. Là, elle était certaine qu’il avait tout compris, tant pis s’il la prenait pour une salope ou une pute. Mais son regard sur elle était compréhensif, bienveillant presque. Le soir, ils mangèrent quelques rations avant de s’endormir chacun dans son coin.

Le lendemain matin, Yulia fit le point. Il y avait de quoi manger pour deux pendant deux jours, trois en faisant très attention mais ils auraient besoin de beaucoup d’énergie pour tirer le traineau et il faudrait au moins dix jours pour traverser les lignes allemandes, russes et finlandaises. Il allait falloir chasser ou capturer du gibier. Il allait falloir modifier le traineau pour qu’ils puissent le pousser ou le tirer tous les deux. Yulia fit descendre Georg et, par geste, elle lui expliqua son idée pour le traineau. L’Allemand comprit assez vite ce qu’elle voulait. Il indiqua qu’il allait fabriquer un harnais avec de la corde et une partie de son sac à dos et une barre pour pousser. Elle approuva sa solution et elle lui dit par signe qu’elle allait chasser pour avoir de quoi manger.

Goerg travailla seul pendant de longues heures, il entendit un coup de feu et se jeta à terre. Mais c’était assez éloigné, sans doute Yulia qui avait tenté sa chance. Avec quelques outils cassés, il avait commencé à confectionner de quoi pousser le traineau mais par ce froid il avançait lentement. Il entendit des pas et eut peur mais une voix douce l’appela. C’était Yulia qui revenait, sans gibier malheureusement. Ils rentrèrent et passèrent la soirée à se regarder en chiens de faïence. Ils tentèrent d’en savoir un peu plus sur l’autre mais ils ne purent que connaître le métier qu’ils exerçaient avant. Georg était cordonnier dans la boutique de son père. Yulia était ouvrière dans une usine de conserve de poisson. Ils finirent par se coucher et, par habitude, Georg souhaita bonne nuit à Yulia. Elle releva les yeux vers lui. Il avait dit quelque chose, l’un des mots ressemblait à "nuit". Il lui avait souhaité bonne nuit ? Elle trouva cela saugrenu dans leur situation. Mais depuis combien de temps n’avait-elle pas entendu cela ? Trop longtemps. Elle répondit et se retourna. Georg ne pensait pas recevoir de réponse à ce qui était machinalement sorti de sa bouche.

Les deux jours suivants, ce fut le même train-train. Georg essayait d’améliorer le traineau tandis que Yulia partait chasser. La Russe s’était allongée dessus et lui avait demandé de venir contre elle. Il comprit qu’elle voulait s’en servir pour les isoler du sol gelé. Il était trop étroit pour eux deux. L’élargir allait être un travail difficile et long. Mais Georg, en fin d’après-midi, pensa toucher au but. Lorsque Yulia revint, elle put constater l’avancée du bricolage. Par contre, à part quelques petits oiseaux, un tamia et une zibeline, elle n’avait rien. Il aurait fallu un cerf ou un renne. Elle était déçue et s’inquiétait de devoir partir sans réserve.


Le lendemain un fort vent glacé soulevait des nuées de glace et de neige. Il était impossible de sortir ou même d’avancer le traineau. Ils allaient devoir rester cloitrer sans vraiment pouvoir communiquer. Ils tentèrent tout de même de le faire pour parler de leur famille. A part sa mère, Yulia n’avait plus personne. Et elle n’était pas sûr qu’elle soit encore en vie. Georg avait deux sœurs et encore son père. Il n’avait plus de nouvelles d’eux ni de la femme avec qui il avait entamer une relation avant de partir. Il ne se rappelait même plus de son nom. Yulia fit un repas léger, pour économiser au mieux leurs vivres. Ils mangèrent l’un en face de l’autre, toujours en silence mais avec quelques esquisses de sourire. Yulia se sentait sale et fatiguée, elle s’aperçut que Georg puait comme pas possible. Elle avait besoin de se laver correctement, de se relaxer pour recharger ses batteries. Elle hésita une partie de l’après-midi mais finit par se décider. Et, en plus, il faudrait que Georg y passe aussi, il sentait trop mauvais.


Elle essaya de se faire comprendre en montrant la baignoire puis eux deux. Quand Georg ouvrit de grands yeux étonnés, elle comprit qu’il pensait qu’elle proposait de prendre un bain à deux. Cela la fit rire et elle fit de grands gestes pour le rassurer. Elle passerait la première et il pourrait y aller ensuite. Il acquiesça et sembla chercher comment mettre de l’eau dans la baignoire, et chaude tant qu’à faire. Le robinet ne fournirait aucune goutte d’eau, il en était certain. Yulia prit un seau en métal et lui fit signe de la suivre. Ils descendirent et elle se faufila entre les décombres. Ils débouchèrent dans une salle où il y avait des lavabos sur le côté avec de multiples robinets. Yulia se dirigea vers l’un d’eux et l’ouvrit. De l’eau en coula après quelques crachotements pour expulser l’air des tuyaux. L’eau était chaude, trop pour un bain mais avec quelques seaux de neige, ça ferait très bien l’affaire, se dit-il.

Yulia laissa couler l’eau et alla fouiller de son côté. Elle revint avec un seau troué. Mais pour de la neige ça irait très bien. Elle lui fit signe d’en prendre une dizaine bien remplis; moitié eau, moitié neige, le bain serait à bonne température. La baignoire se retrouva remplie à moitié. L’eau donna envie à Georg, il avait hâte de s’y prélasser. Yulia lui demanda de se tourner, il l’entendit se déshabiller puis rentrer dans l’eau. Yulia soupira d’aise et savoura la chaleur de l’eau. Elle ferma les yeux et commença à chantonner. Georg ne put s’empêcher de se tourner. Il ne vit que ses bras posés sur le bord de la baignoire et le haut de sa poitrine. Il imagina facilement le reste de son anatomie. Il en avait vu assez pour le faire. Il fut surpris de bander à cette image. Elle était plutôt jolie dans son genre : brune, le visage rond, les yeux noirs mais brillants. Assez grande pour une femme, c’était sans doute ce qui lui avait permis de se débrouiller toute seule. Il se rendit compte qu’il s’était de nouveau retourné et qu’il la regardait.


Assis sur une chaise, il se tenait bien droit et pouvait maintenant voir les seins de Yulia. Il se reprit et se retourna, rouge de confusion. Yulia avait senti des mouvements et entrouvert les yeux pour découvrir Georg se retourner vivement. L’avait-il longuement regardé ou s’était-il reprit après un instant d’égarement ? Elle se surprit à ne savoir laquelle des deux solutions elle préférait. Elle le regarda longuement, elle eut des papillons dans le ventre. Sans qu’elle s’en rende vraiment compte ses mains plongèrent dans l’eau et parcoururent son corps, le caressant doucement. Ses seins réagirent, son sexe frémit. Ses doigts jouèrent avec ses tétons avant que sa main droite ne descende lentement vers son entrejambe. Lorsque son majeur atteignit son clitoris, celui-ci se révéla particulièrement sensible. Elle gémit malgré elle et eut peur d’attirer l’attention de Georg. Elle n’allait pas se toucher alors qu’il était à deux mètres de là. Pourtant, l’envie la tenaillait, ses doigts restèrent sur son sexe et s’agitèrent de plus en plus vite. En quelques instants, elle eut un orgasme qu’elle étouffa du mieux qu’elle put. Elle se ressaisit et se lava rapidement. Elle ressortit et attrapa sa couverture pour se couvrir.


— Georg.


L’Allemand se retourna et lui sourit. Avait-il entendu ou vu ce qu’elle avait fait ? Yulia rougit et se détourna vite. Elle partit dans son coin et prit un linge pour se sécher les cheveux. Georg n’avait pu s’empêcher de lui sourire mais elle n’avait pas semblé aimer. Il commença à se déshabiller. Une fois torse nu, il se rendit compte qu’il bandait encore. Son caleçon long n’allait rien cacher, déjà que son pantalon affichait une belle protubérance. Il lui fit signe de se tourner, ce qu’elle fit sans problème. Yulia put admirer son torse avant de se détourner. Il avait des poils blonds sur la poitrine, c’était assez beau mais on voyait ses côtes saillantes et vraiment il avait besoin d’un bain. Elle se dit qu’elle avait bien fait de passer avant, l’eau serait noire après son passage. En se séchant les cheveux, elle l’aperçut rentrant dans le bain. De dos, elle ne put voir que ses fesses, qui lui plurent. Georg sentit les bienfaits de l’eau encore chaude. Il choisit de se frotter longuement pour évacuer toute cette crasse. Il s’assit puis allongea ses jambes, il soupira d’aise tellement cela lui fit de bien.

Yulia se tourna quand elle l’entendit. De là où elle était, debout dans le fond de la pièce, elle avait une vue plongeante sur la baignoire. Pourtant avec l’eau assombrie, elle ne put distinguer le sexe de Georg. Elle se reprit et se détourna, comme il l’avait fait. Georg tourna ses yeux vers Yulia, la couverture avait un peu glissé et dévoilait son dos et sa chute de rein. Encore un peu et il pourrait voir ses fesses. Mais elle remonta la couverture sur ses épaules et commença à se rhabiller. Il dut se faire violence pour arrêter de la regarder, il eut un court aperçu de ses jambes avant de fermer les yeux. Son sexe, sous l’eau, n’avait pas débandé. Et ce n’était pas avec les images du corps de Yulia que cela risquait de changer. L’imaginant nue sous sa couverture, sa main alla masser son membre. Il se rappela aussi la fellation qu’elle avait prodiguée au commissaire politique. Sa main s’activa plus franchement, provoquant un clapotis sonore. Il ne put s’arrêter et poursuivit en plongeant un peu plus dans l’eau.


En quelques secondes, les images de Yulia et sa main l’amenèrent à l’extase. Son sperme se répandit dans l’eau mais les gerbes blanches furent camouflées par l’eau noircie. Georg sortit et se drapa dans sa couverture, il déboucha la baignoire pour la vider et partit dans son coin pour s’habiller. Il eut quelques difficultés à enfiler son caleçon tout en maintenant la couverture mais réussit sans se dévoiler. Son sexe ayant enfin débandé, il abandonna sa protection et termina tranquillement. Yulia l’entendit faire et regarda rapidement dans sa direction. Elle fut presque déçue de le voir déjà en pantalon. Mais il était bien plus présentable, plus beau aussi. Ses cheveux blonds, ses yeux bleus et sa mâchoire carrée étaient attirants finalement.

Ils passèrent le reste de la soirée à étudier la carte. Mais Yulia n’arrivait toujours pas à identifier par où il était passé et Georg ne se rappelait d’aucun nouvel élément. Ils finirent par se coucher plein de questions. Yulia lui souhaita bonne nuit et il répondit. Georg fut surpris de la voir accompagner ses mots d’un léger sourire. Il lui rendit et s’endormit rapidement après qu’elle eut éteint la lampe. Yulia l’écouta respirer un moment puis s’endormit à son tour.

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