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Neige rouge

Chapitre 2

Hétéro

Georg et Yulia se réveillèrent en même temps. C’était agréable d’ouvrir les yeux de voir quelqu’un en face de soi, quelqu’un qui vous souriait. Ils avaient tous deux le même objectif, la même envie de fuir cette boucherie permanente. Mais au fond d’eux, il restait un vague malaise. Cela restait "l’ennemi", celui ou celle dont on leur avait répété sans cesse qu’il ou elle était un danger mortel. Ils se levèrent et mangèrent quelques vivres. Le temps était à nouveau au beau fixe. Dehors, ils n’entendaient plus le vent siffler bruyamment. Yulia voulut faire le point sur les conditions météo. Ils montèrent sur le toit pour avoir une vue générale de la région. Comme elle si attendait le vent avait tout balayé, uniformisant le manteau neigeux. Autre bon point, la couche blanche semblait aussi plus épaisse. Cela n’allait pas inciter les hommes des deux côtés à tenter une offensive. Mais Georg était inquiet; le peu qu’il connaissait de ces étendues neigeuses ne le rassurait pas. Et il craignit l’usage du traineau. Il allait s’enfoncer profondément et rendre leur avancée beaucoup trop difficile. Il faudrait sans doute attendre quelques jours que la neige se tasse et qu’ils puissent partir plus facilement. Leur entreprise était déjà risquée, ce n’était pas la peine d’en rajouter.

Soudain Yulia lui tapa frénétiquement sur l’épaule et montra une direction au nord-est. Au début Georg ne vit rien de spécial. Et puis il finit par distinguer une fine ligne en bordure de forêt. Yulia vit que Georg n’en comprenait pas la signification. Ces citadins... Ils ne savaient plus reconnaître une trace fraiche de gibier. Elle ne savait pas trop mais supposait qu’il s’agissait d’un cerf ou d’un renne.


— Un renne ou un cerf, Georg.


Mais l’Allemand ne put que soulever les épaules d’incompréhension. Il vit Yulia enlever ses gants et mettre ses mains sur sa tête, les doigts largement écartés. Elle le vit écarquiller les yeux et regarder à nouveau dans la direction de la piste de l’animal. Pour un peu, il en aurait bavé. Cela la fit rire mais son ventre gargouilla fortement, dévoilant sa propre fringale. Georg rit à son tour devant l’impatience du ventre de Yulia. Visiblement ils étaient tous deux affamés et ce possible repas était une aubaine à ne pas laisser passer.

La Russe était en train de lui expliquer, par gestes, qu’elle souhaitait qu’ils y aillent à deux pour optimiser leurs chances quand un léger bruit de moteur rompit le silence de la plaine et la sérénité du lieu. Ils levèrent des yeux craintifs vers le ciel bleu. Au début, ils ne virent rien et puis un petit point noir approcha doucement de l’ouest. D’après le son et la vitesse il devait s’agir d’un Fi 156 allemand ou d’un Po-2 russe. Le monomoteur continua d’approcher dans leur direction. Il était trop loin pour qu’ils puissent distinguer ses insignes. Mais, par précaution, ils se cachèrent derrière une cheminée à moitié effondrée. Avec un peu de chance, il ne les avait pas encore vus, il ferait un tour puis repartirait tranquillement, se dit Georg. Comme l’avion était plus près ils purent voir que c’était un monoplan, donc un appareil de la Luftwaffe. La colère monta instinctivement chez Yulia. Elle serra plus fort son fusil. S’il approchait assez elle essayerait d’abattre le pilote. Les larges vitres du cockpit, l’altitude basse et la faible vitesse de l’appareil lui laisseraient une chance de réussir son tir.


L’avion n’était plus très loin, juste en limite de portée de son fusil. Il tourna sur la gauche comme s’il voulait éviter leur position. Georg imagina qu’il était intéressé par la plaine bien plate et propice à une attaque qui s’étendait au nord. Soit la reconnaissance avait pour but d’identifier un objectif, soit devait vérifier l’absence de troupes soviétiques cachées. Il eut un instant le réflexe de se signaler à un compatriote. Mais vue sa désertion il serait simplement et immédiatement fusillé, s’il retournait dans son camp. Il se plaqua contre la cheminée et ferma les yeux. Comme si cela était en mesure d’améliorer son camouflage. L’avion fit le tour et commença à revenir vers leur bâtiment pour repartir vers sa base. Yulia se dit que c’était sa chance. Elle se mit en position et l’attendit. Il allait passer juste à droite du sanatorium, à une vingtaine de mètres à peine. Yulia voyait le pilote dans sa lunette de visée; encore quelques secondes et elle tirerait. Elle arma son fusil et se concentra.


Le bruit du fusil fit ouvrir les yeux à Georg. Il s’aperçut que Yulia n’était plus près de lui. Elle était agenouillée sur sa droite. Le fusil en main, elle visait l’avion. Il comprit qu’elle avait l’intention de tuer le pilote. Il se jeta en avant et tapa sur le canon.


— Non ! Ne tire pas !


Le coup de feu partit mais rata sa cible. Folle de colère, Yulia se releva et pointa son fusil sur Georg. Celui-ci attrapa sa baïonnette et posa la lame sur la gorge de la Russe. Ils ne virent pas que l’avion avait fait une embardée et qu’il avait pris de l’altitude et de la vitesse. Il s’éloignait maintenant en ligne droite vers l’ouest. Les deux soldats restèrent un long moment à se menacer l’un l’autre. Haine et colère avaient pris le contrôle de leurs esprits. Ils durent se battre intérieurement pour se souvenir qu’ils avaient besoin l’un de l’autre pour partir. Yulia pouvait tuer Georg d’une simple pression du doigt. Mais lui pouvait la blesser à la gorge. Et par ici elle se viderait lentement de son sang sans pouvoir être soignée. De son côté Georg n’avait qu’à presser la lame contre le cou de Yulia. La carotide passait juste sous son arme. Mais elle aurait le temps de lui tirer dessus, il serait au mieux blessé mais il trouverait inévitablement la mort au bout du chemin. Il fallait baisser les armes mais cela leur parut hors de portée de leur lucidité.


Finalement le froid les ramena à la raison. Georg diminua progressivement la pression sur le cou de Yulia. Elle détourna le canon de sa poitrine puis baissa son fusil. En contrepartie, elle sentit le couteau quitter son cou. Elle recula et regarda froidement Georg. Il voulut ranger sa baïonnette et la quitta des yeux un instant. Il reçut une gifle mémorable en récompense. Sa main se serra sur le manche de son arme blanche. Furieux il regarda Yulia dont les yeux noirs brûlaient d’une fureur terrible mais elle ne le menaçait plus de son fusil. Elle se détourna et s’en alla.


— J’ai froid.


Georg la suivit juste après. Dans l’escalier, il la vit regarder par-dessus son épaule comme si elle craignait qu’il l’attaque par derrière. De retour dans leur refuge, Georg alla directement chercher son propre fusil. Il retourna s’asseoir sur sa paillasse, l’arme à portée de main. En face, Yulia en avait fait de même. Ils se regardaient les yeux embués de larmes de colère et de déception. Cette colère et cette haine, c’était bien beau mais ça n’allait pas leur permettre de partir. Yulia prit son fusil, Georg se jeta sur le sien immédiatement. Elle eut peur qu’il lui tire dessus et pointa son Mosin-Nagant vers lui. En un instant ils se retrouvèrent dans une situation dangereuse. Georg ne savait quoi faire.


— Calme. Calme. Je vais chasser, dit-elle doucement.


L’air dubitatif de Georg fit dire à Yulia qu’il n’avait pas compris. Mais son ton apaisant sembla le calmer, il était en train de reposer son arme. Elle en fit autant et quand elle eut les mains libres, elle les remit sur sa tête avec les doigts écartés. Georg comprit qu’elle voulait aller chasser. Il hocha la tête et indiqua qu’il voulait finir le traineau. Elle reprit lentement son arme et se prépara à partir. De son côté Georg garda la sienne tout à côté mais il se rhabilla chaudement pour travailler de longues heures à améliorer le traineau.

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Il descendit le premier et ne fut pas très rassuré de la sentir dans son dos. Il ne lui adressa pas la parole et il se dirigea vers son lieu de travail. Malgré tout, il se retourna pour la voir s’éloigner dans la neige. Il espéra que la chasse soit fructueuse et que Yulia revienne vite. Après une centaine de mètres Yulia entendit des coups de marteau au loin. Cela la rassura sur le fait que Georg fasse sa part et elle partit vers la trace qu’elle avait repérée. Elle s’enfonçait dans la forêt après l’avoir longée un moment. La piste zigzaguait sans cesse et elle eut du mal à la suivre entre les arbres et les arbustes dépourvus de feuilles. Et puis elle vit l’animal qui grattait la neige. C’était un renne et un renne d’élevage en plus. Il avait encore une corde autour du cou. Elle supposa que c’était peut-être une bête des Finlandais qui s’était échappé pendant la petite tempête. Non, plutôt quelques jours avant, même pour un renne cela faisait loin d’ici à la ligne de front du nord. Yulia eut une inspiration, si ça se trouvait il était dressé à tirer des charges... Il pouvait s’avérer une aide plus que précieuse dans leur entreprise. Surtout qu’il aurait tendance à vouloir repartir de là où il était venu. Mais approcher du renne allait être compliqué surtout qu’il paraissait sur ses gardes. Tant pis pour la locomotion, au moins il y aurait de la viande et un bon paquet encore.

Yulia prit son fusil en bandoulière et se positionna. Elle arma aussi doucement que possible mais le renne se redressa brusquement. Aux aguets il huma l’air. Yulia savait qu’elle était dans le vent, il allait la sentir d’un instant à l’autre. La jeune femme visa et tira au moment où le renne s’élançait en avant. Il fut touché en plein élan et retomba dans la neige. Il se releva et s’enfuit derrière des sapins. Yulia savait qu’elle l’avait touché mais était-ce suffisant pour le tuer et lui éviter une longue poursuite ? La soldate suivit les traces de sang dans la neige pendant deux cents mètres. Même pour ça, la neige rougie lui déplaisait fortement, viscéralement. Mais elle allait pouvoir manger à sa faim et faire des réserves. Finalement elle retrouva l’animal agonisant au milieu d’une clairière. Elle approcha mais il tenta de donner un coup de bois. Elle aurait voulu abréger ses souffrances avec son couteau de chasse mais elle dut tirer une deuxième fois. Elle n’aima pas faire usage de son fusil une seconde fois.


Un coup de feu isolé ça allait. On ne savait jamais d’où il venait. Mais quelqu’un d’alerté pouvait repérer l’origine du second. Yulia tenta de tirer la bête mais elle était bien trop lourde. Elle la vida de ses entrailles mais garda le foie, c’était une source d’énergie et de fer fort appréciable. Sur un sol dur et sur une courte distance, elle aurait pu le tirer. Mais dans cette neige poudreuse et à travers la forêt ça allait lui être impossible. Même vidé le renne était trop lourd pour elle seule.


Georg avait entendu deux coups de feu. Il s’inquiéta pour Yulia. Elle avait pu tomber sur d’autres déserteurs, des maraudeurs ou bien des loups. Elle avait pu avoir à se défendre contre ces menaces. Tant qu’il l’attendit, son travail fut énormément ralenti. Et puis elle mettait du temps à revenir, c’était vraiment inquiétant. Finalement il entendit qu’on approchait. Par habitude il prit son Gewehr 43 et se colla contre un mur de briques, prêt à réagir. Son cœur battit plus fort à mesure que les pas approchèrent. Un fusil russe pointa le bout de son canon et Georg surgit devant l’intrus pour le mettre en joue. Derrière la cagoule marron il reconnut les yeux noirs de Yulia. Ils baissèrent leurs armes et Yulia se mit à parler à toute vitesse. Elle paraissait joyeuse et excitée. Quand elle remit ses mains sur sa tête, il comprit qu’elle avait eu l’animal. Mais pourquoi n’était-il pas là ? Elle mima le transport de quelque chose de lourd. Le renne ou le cerf devait faire son poids. Elle avait donc besoin d’aide pour le ramener. Il voulut partir tout de suite mais Yulia insista pour prendre le traineau. Georg approuva son idée, ça allait être un bon moyen de tester les modifications qu’il avait apporté. Comme Georg était équipé et le traineau suffisamment avancé pour ce genre de charge, ils le sortirent tout de suite de sa cachette et partirent en direction de la forêt.

Yulia tirait avec le harnais et Georg poussait la barre qu’il avait installée. Comme elle connaissait le chemin elle n’avait pas à donner d’indications de direction et Georg n’avait qu’à pousser. Quand ils partiraient pour leur expédition, ils inverseraient les positions, au moins le temps qu’il atteignent le lac où n’y l’un ni l’autre n’avait été. Ils cheminèrent facilement tant que le terrain fut plat. Mais dès qu’ils entrèrent sous les arbres, ce fut beaucoup plus laborieux. Les branches basses, les racines les ralentirent et les fatiguèrent. Georg, tout à son labeur, réfléchit au trajet qu’il avait emprunté. Globalement, il avait surtout traversé des étendues plates et dégagées. Mais, isolé et perdu, sans avoir la moindre idée de ce qu’il faisait, il n’avait pas pris assez de précautions. Pour leur périple, ils devraient sans doute longer des bois, des falaises, tout élément qui permettrait de les cacher le plus possible.

Quand enfin ils arrivèrent dans une clairière, Yulia se montra excitée. Georg pensa que ça devait l’endroit où elle avait abattu le renne; pourtant il ne voyait rien. La carcasse avait-elle été prise par des loups ? Elle avança encore de quelques pas et elle se mit à fouiller la neige. La Russe chercha un peu mais rapidement les bois de l’animal apparurent. A deux, ils le dégagèrent en un rien de temps. C’était une belle bête, visiblement bien nourrie. Georg comprit son enthousiasme; avec toute cette viande, ils allaient pouvoir entreprendre le voyage. Georg imagina qu’il allait falloir la sécher ou la fumer pour qu’elle se conserve et qu’ils n’aient pas besoin de la cuire pour la manger. Moins ils feraient de feu, moins ils seraient susceptibles d’être repérés. Lorsqu’ils chargèrent le renne sur le traineau celui-ci s’enfonça dans la neige. Ils comprirent tous deux que le retour allait être difficile. Et surtout, cela confirmait l’impression de Georg, il faudrait attendre quelques jours que la neige se tasse.


Yulia vit que le retour ne pourrait se faire par le même chemin sans une débauche d’énergie bien trop grande pour eux. Il semblait y avoir un passage plus long mais plus dégagé en partant d’abord au sud de la clairière. Si cela fut bien le cas au début, même si c’était difficile de progresser. Malgré le froid ils transpiraient énormément et Yulia s’en inquiéta. Ça pouvait leur causer des engelures aux doigts, aux orteils ou aux oreilles, s’ils restaient ainsi dehors trop longtemps. Au bout d’un moment, ils arrivèrent en face d’une petite pente mais encore trop abrupte pour la passer avec le traineau. En la grimpant seule, Yulia vit que cela permettait de sortir de la forêt et offrait une route quasiment dégagée vers le sanatorium. Ils la longèrent un moment sans trouver de moyen de tenter la petite ascension. Yulia marchait bon train devant quand elle se sentit freinée :


— Non, non. Là, indiqua Georg.


Yulia regarda la direction qu’il montrait. La pente paraissait juste un peu plus basse qu’ailleurs. Comme il n’y avait pas mieux, elle dut convenir que c’était le passage le plus favorable qu’ils avaient vu jusque-là. Elle acquiesça et ils entamèrent la montée. En passant la première Yulia entendit quelques craquements de glace et de neige sous ses pieds. Mais Georg poussait fort et semblait l’encourager à poursuivre. L’Allemand eut une bonne partie du chargement sur les bras. La barre sur laquelle il poussait craqua et gémit sous le poids du traineau et de sa charge. Ses pieds s’enfoncèrent et il fut enseveli jusque sous les bras. Mais il continua de pousser le traineau comme il put. Ce qu’il avait cru être le sol craqua complètement sous ses pieds et il tomba dans un ruisseau au courant vif. Ses bottes furent mouillées tout comme son surpantalon. De la neige rentra aussi par son col et ses manches. Il vit Yulia s’arcbouter pour ne pas partir en arrière. Si elle lâchait, le traineau lui tomberait dessus. Il se retrouverait coincé dessous complètement sous la neige voire même dans l’eau. Le traineau était trop lourd, Yulia ne parviendrait jamais à le dégager pour le libérer.


— Georg ! Georg !


Yulia appelait sans relâche le soldat allemand. Elle ne pouvait se retourner et ne comprenait pas pourquoi il ne poussait plus. Mais au fond d’elle, elle savait qu’elle ne devait pas céder. Elle s’arcboutait dans la pente, le harnais la tirant en arrière; ses cuisses et son dos commençaient à la brûler. Georg s’extirpa de son trou avec d’énormes difficultés. L’Allemand prit une profonde inspiration qui lui glaça les poumons et se remit à pousser. Une partie de la barre se brisa et l’Allemand dut changer de position.


— Tire, Yulia ! Tire !


La jeune femme sentit le traineau la tirer moins fortement en arrière. Elle put arriver en haut et avança jusqu’à ce que le traineau soit sur du plat. Elle reprit son souffle avec difficulté, ses épaules et son dos la faisaient horriblement souffrir. Derrière elle, elle vit Georg accroché au traineau. Il semblait aussi épuisé qu’elle. Elle commençait à avoir froid, un peu de neige était rentré sous ses vêtements. Il fallait reprendre le chemin vers leur abri au plus vite.


— Georg. Il faut rentrer.


Sans plus de parole ils reprirent la route. Yulia était épuisée et le froid commençait à se faire cruellement sentir. En plus, il allait bientôt faire trop sombre pour trouver son chemin. Derrière, Georg grelottait de froid. De plus en plus, il sentait sa morsure mortelle l’emporter vers un autre monde. Il vit bien le sanatorium approcher mais il le vit surtout comme son futur lieu de repos éternel. Sur la fin du parcours, il se sentit surtout traîné par la courageuse Yulia. La jeune femme respira enfin quand elle toucha le mur du sanatorium.


— Georg ! Enfin !


Mais son absence de réponse la troubla. Elle se tourna vers lui et le vit affalé sur la barre brisée du traineau. Elle se précipita vers l’Allemand et le secoua.


— Georg ! Georg !


Il se réveilla et bougea lentement. Au ralenti, il aida Yulia à mettre le renne à l’abri. Puis, elle le poussa dans l’escalier, le portant presque malgré son poids. Arrivés dans la salle de soin, Georg tomba au sol. Yulia se précipita sur le poêle et y jeta plusieurs buches. En se tournant vers lui, elle vit qu’il était mouillé et ne tremblait presque plus. Elle-même était transie de froid. Elle retira son manteau et son surpantalon. Mais Georg ne bougeait plus ou quasiment. Ses doigts s’agitaient sur ses boutons sans pouvoir les défaire.


— Dépêche-toi ! Aller ! Georg ! Georg !


Soudain, en l’aidant à se dévêtir, elle comprit qu’il était trempé et littéralement gelé par endroits. Malgré la chaleur qui augmentait rapidement il allait, au mieux, perdre ses orteils et plus sûrement y passer si elle n’agissait pas vite. Si elle aussi commençait à grelotter dangereusement, sa situation à lui était bien plus préoccupante. Yulia aida Georg à ôter ses bottes, son manteau, son surpantalon. Ils étaient effectivement bien trempés. Elle continua avec l’uniforme du soldat allemand. Le haut était juste humide, de la neige avait réussi à s’infiltrer, mais le bas était bien imbibé. Elle comprit qu’il avait dû mettre les pieds dans l’eau, sûrement quand il s’était enfoncé dans la neige. Il aurait dû le dire et ils seraient rentrés plus vite en abandonnant temporairement le renne. Mais il avait préféré jouer les surhommes, quels idiots ces Allemands ! Quand elle eut enlevé son uniforme, elle vit que Georg avait les sous-vêtements gorgés d’eau glacée. Elle retira le haut mais hésita à le faire pour le caleçon long. Mais les pieds de Georg étaient bleus, tout comme ses bras. Elle ne pouvait se permettre de jouer les saintes-nitouche. Elle le lui enleva et vit un minuscule petit escargot craintif à la place de son sexe.

Elle tira la paillasse se Georg plus près du poêle et l’y allongea. Elle lui mit leurs deux couvertures pour le réchauffer. Il voulait dormir mais elle lui parla pour le maintenir éveillé. Elle lui massa longuement les pieds et les mains pour faire circuler le sang. Elle y parvint plus ou moins mais Georg restait froid comme la mort et tentait de sortir des couvertures. Si son corps avait l’impression d’avoir trop chaud c’était qu’il en était à un stade très avancée de l’hypothermie. Yulia savait qu’elle allait devoir le réchauffer et le maintenir tranquille. Elle aussi commençait à moins grelotter alors qu’elle mourait de froid. Elle dut retirer tous ses vêtements. La neige s’était infiltrée partout et l’avait trempée. Seule elle aurait pu s’emmitoufler dans une couverture pour se réchauffer mais Georg avait les deux et elle ne pouvait lui en enlever une, même s’il cherchait à s’en débarrasser. Elle garda ses sous-vêtements, ils n’étaient que légèrement humides. Elle se glissa sous les couvertures et s’allongea sur Georg pour le réchauffer. Mais le contact du tissu mouillé lui coupa son souffle déjà faible. Yulia dut tout enlever et se remit intégralement nue sur lui. Elle lui massa les bras avec ses mains, les jambes avec les siennes, le corps avec le sien. Elle se colla joue contre joue avec lui et lui parla sans s’arrêter.


— Georg. Reste vivant. J’ai besoin de toi pour partir. Allez, bats-toi ! Georg, tu m’entends ? C’est Yulia !


Yulia savait qu’il ne comprenait pas mais savait, au fond d’elle, que c’était indispensable à le garder vivant. Elle continua ainsi vérifiant de temps en temps qu’il était éveillé. Elle s’était réchauffée et elle commença à le sentir frissonner. Son torse et son ventre étaient un peu plus chauds. Mais ses extrémités étaient encore gelées. Elle continua de plus belle à le frictionner.


— Yulia, j’ai froid, se mit-il à répéter.


Georg avait la vague conscience que quelqu’un tentait de le réchauffer. Mais il avait froid, toujours froid, mortellement froid. Il pensait avoir déjà perdu ses doigts et ses orteils. Ils ne les sentaient plus, ni ses attributs d’ailleurs. A part le froid, il ne sentait plus rien. Georg se laissa sombrer dans le sommeil malgré les appels de la Russe. Yulia le vit s’endormir bien qu’elle l’appela sans relâche, elle le secoua et lui mit même une gifle. Mais rien n’y fit. Elle se serra contre lui le plus fort possible. Elle prit ses mains et les glissa entre leurs deux ventres, elle eut un frisson glacé en retour. Elle le massa tant qu’elle put, de temps en temps elle alla tâter son sexe. Si lui se réchauffait c’est que le reste était sauvé. Le corps ne dépenserait de l’énergie pour sauver cette partie qu’en dernier lieu. Bien qu’elle voulut continuer, Yulia finit par s’endormir également. La chasse et le retour avec le traineau l’avaient épuisée. Et le stress de perdre Georg avait fini de l’achever.


Georg se réveilla en milieu de matinée. Il avait chaud, il se sentait bien. Il se rappela soudain le froid mortel qui l’avait envahi. De sa mémoire resurgit aussi les appels de Yulia. Encore vaporeux, il se dit qu’il avait encore rêvé d’elle. Car il la revoyait nue contre lui à se frotter ou à le caresser. Ses doigts lui faisaient mal, tout comme ses orteils mais c’était plutôt bon signe. Il avait un poids sur la poitrine et il voulut l’enlever mais tomba sur de la peau nue. Il ouvrit les yeux et comprit qu’il n’avait pas rêvé. Yulia dormait sur lui. Sa tête reposait sur son épaule et elle avait une main contre sa joue. Elle était allongée ventre contre ventre avec lui et leurs jambes étaient entremêlées. Georg eut peu à peu les idées plus claires. Il revoyait Yulia se démener comme une désespérée pour le réchauffer. Doucement, il pensa d’abord se lever et la laisser dormir. Mais elle sentait bon, sa peau était douce et chaude. Surtout, cette main sur sa joue était si agréable, c’était un geste si tendre... La couverture avait glissé et découvrait les épaules de la soldate. Elle eut un petit frisson auquel Georg voulut répondre. Il remonta la couverture et enlaça Yulia. Elle émit un léger soupir et se tortilla sur lui, comme si elle cherchait à améliorer sa position, à la rendre plus confortable. Georg déposa un baiser sur sa tête :


— Merci, Yulia, dit-il en russe.


La voix grave et chaude de Georg accéda à la conscience de la jeune femme. Elle se sentait bien, au chaud et protégée par des bras forts et tendres à la fois. Elle crut un instant être encore dans ceux de son fiancé Georgi. Mais elle se souvint qu’il était mort. Elle eut un pincement au cœur mais il fut vite effacé par une peur plus proche. Georg était-il toujours en vie ? L’avait-elle sauvé ou non ? Elle se redressa vivement sur les coudes en se souvenant qu’elle avait dû s’endormir sur lui. Avait-elle dormi sur un cadavre ? Non, il lui souriait et ses yeux étaient remplis de gratitude. Elle fut submergée de bonheur de le trouver bien vivant.


— Georg ? Tu es bien vivant ! Tu es là ! Tu es là !


Elle lui toucha la joue et l’embrassa sur le front, les joues, les lèvres. Elle se redressa complètement, assise sur le ventre de Georg, et lui prit les mains. Elle inspecta ses doigts, ils bougeaient et avaient une belle couleur. Elle les gratifia de nombreux baisers et posa les mains du soldat sur ses joues. Elles étaient chaudes et bien vivantes. Yulia se tourna et tira la couverture pour découvrir les pieds de Georg. Les orteils avaient un aspect rassurant eux aussi. Elle se demanda si le reste avait repris de la vigueur mais n’osa pas vérifier.

Georg la découvrit toute nue, les couvertures avaient glissé dès qu’elle s’était relevée. Ses épaules, ses seins, son ventre étaient sous ses yeux, à portée de main. Il voyait même sa toison posée sur le bas de son ventre. Yulia était magnifique. Elle était heureuse de le voir en vie et il lui était reconnaissant. Le sexe de Georg se gorgea doucement de sang, lentement, comme s’il devait se déployer après une longue hibernation. Georg se figea lorsqu’il sentit son gland toucher les fesses de Yulia. La Russe resta interdite quelques instants. Elle était contente pour lui de sentir que son anatomie était entièrement intacte et fonctionnelle. Mais c’était un peu gênant. Elle voulut décaler le sexe de Georg pour qu’il ne la touche plus. Mais quand sa main toucha son membre, elle resta paralysée. Georg ne sut quoi faire. Il n’avait pas le courage de rompre leur contact physique mais il était gêné de ses émois. Il l’attira à lui dans l’idée de l’enlacer à nouveau. Mais lorsque Yulia se pencha en avant, il eut une pointe de déception quand les doigts de la jeune femme quittèrent son sexe. Elle descendit et son visage rond et troublé se rapprocha du sien.

Yulia, au lieu de se détourner pour poser sa tête sur l’épaule ou le torse de Georg, continua vers son visage. Elle se sentit attirée, aimantée par ses traits harmonieux. Georg la vit venir de plus en plus près. Il espéra fortement qu’elle ne se détournerait pas au dernier moment. Lui ne le ferait pas. Finalement, ils joignirent leurs lèvres dans un long et profond baiser. Georg en pleura de bonheur. Depuis combien de temps il n’avait embrassé de femme ? Les filles à soldats ne le faisaient que rarement et ça n’avait pas la même saveur. Yulia crut un instant embrasser son fiancé. Les larmes coulèrent sur ses joues. C’était tellement bon et doux. Loin de la brutalité sous-jacente de Volodya. Le sexe de Georg poursuivit son réveil. Il finit par aller caresser le haut des cuisses de Yulia. Son désir se manifesta en elle, une douce chaleur envahit son ventre et son sexe. Son baiser devint plus passionné et elle sentit ses seins devenir durs d’excitation.

Georg n’avait pas voulu bander mais maintenant qu’il était presque complètement dur, il était heureux. Il avait craint que de le sentir contre elle, Yulia rompe leur étreinte. Au contraire, elle semblait encore plus brûlante de désir. Celui de Georg l’emporta et il se mit à caresser le dos puis les fesses de la soldate. Ses seins frottaient contre son torse et il les sentait tout dur contre sa peau. D’un mouvement des mains sur les cuisses de Yulia, Georg lui fit rouvrir les jambes. A moins que ce ne fut elle qui choisit de le faire. Yulia plaça ses genoux de part et d’autre de Georg; le sexe de l’Allemand vint frôler ses grandes lèvres. Yulia dut cesser leur baiser pour pousser un long gémissement. Georg eut un frisson de plaisir qui irradia dans tout son corps. Yulia reprit en main le sexe de Georg et, cette fois, n’hésita pas à le masturber. Sous ses doigts elle découvrit que le petit escargot s’était transformé en un serpent vigoureux. Georg fit glisser une de ses mains entre les cuisses de Yulia. Parmi les poils abondants, il trouva un sexe suintant de désir. Elle était très humide et son sexe était déjà entrouvert. Ils feulèrent et grognèrent d’excitation. Mais c’était bien différent d’un plaisir bassement physique, d’une pulsion primale à assouvir. C’était plus profond, plus intense, plus sensuel.


Yulia glissa doucement vers l’arrière et le sexe de Georg rentra petit à petit en elle. Ce fut si bon pour l’un et l’autre qu’ils reprirent leur baiser passionné. Yulia prit le visage de Georg entre ses mains et lui l’enlaça aussi tendrement qu’il se rappelait comment le faire. Yulia commença à faire aller et venir le membre de Georg dans son antre. Elle alla d’abord lentement comme si elle devait réhabituer son vagin à recevoir à nouveau un homme. Georg redécouvrit le plaisir et la sensualité d’une étreinte partagée et mutuellement désirée. Il avait cru jouir dès qu’il s’était retrouvé enfoui tout au fond du vagin de Yulia mais comme elle avait pris le temps de ressentir sa présence en elle, la pression était suffisamment retombée pour qu’il puisse la pénétrer. Mis en confiance par les sensations de sa partenaire, il se mit à donner de lents et amples coups de reins. Yulia râla comme Georg allait et venait en elle. Elle voulut accélérer les choses mais elle n’en fut pas satisfaite. Elle reprit ce rythme lent et ample qui la comblait autant physiquement que moralement. Cela arrangeait Georg car sinon il n’aurait pas tenu longtemps. Yulia se redressa à nouveau, le sexe de Georg s’enfonça plus profondément en elle et il eut l’impression de toucher le fin fond de son vagin. Puis elle fit onduler son bassin et la hampe de Georg se retrouva à fouiller tous les recoins du sexe de la Russe.

Il eut ses seins ballotant sous yeux, ses mains furent inexorablement attirées et il se mit à les pétrir fermement. Yulia se cambra pour mieux exposer sa poitrine et profiter pleinement de ce massage des seins. Les mains de Georg enveloppaient parfaitement ses globes laiteux. L’Allemand semblait les manier avec un mélange de force et de douceur qui comblait les désirs de la jeune femme. Emportée par des ondes délicieuses, Yulia commença à s’activer plus vite et plus fort sur lui. Elle se frotta sur son pubis, excitant ainsi son clitoris. Elle eut des éclairs qui en partirent et elle sentit qu’elle allait peut-être jouir. Jouir, cette perspective la remplie d’une impatience et d’une fébrilité qui l’étonnèrent immensément. Son esprit aurait voulu ralentir les choses mais son corps et ses pulsions avaient pris le contrôle de la situation. Elle se déhancha follement sur le pieu d’un Georg qui résistait tant qu’il le pouvait. Il pétrissait les seins de Yulia, pinçait et tirait sur ses tétons, lui arrachant de petits cris de plaisir.


Plus aucune partie de son corps n’était froide, il brûlait d’un désir ardent de la satisfaire et de jouir d’elle et en elle. La sensation des muscles du vagin de Yulia, massant et pressant son propre sexe le rendait fou et l’amenait inexorablement vers une fin divine. Au bord de l’explosion, Yulia dut se pencher en avant et posa ses mains au-dessus des épaules du soldat. L’Allemand eut alors plus de liberté de mouvement et put donner de puissants coups de reins dans le sexe de la Russe. Elle continua de frotter son clitoris sur le ventre de Georg pour accélérer l’atteinte du septième ciel. Haletante elle reprit son baiser avec lui, ils en ressentirent des émotions terriblement fortes et puissantes. Elles leur semblèrent approfondies, intensifiées par le manque de tendresse, de douceur, le déluge de haine et de souffrance qu’ils avaient enduré et qu’ils avaient fait enduré ces derniers mois. Yulia finit par jouir sur Georg et celui-ci se répandit en elle presqu’au même moment. Ils eurent l’impression qu’un déluge de feu les emportait vers d’autres contrées.


Ils brûlaient d’une passion dévorante mais qui les remplissait d’une énergie qu’ils n’avaient plus ressenti depuis des mois et des années. Ils ne décolèrent pas leurs lèvres jusqu’à finir de jouir. Ils poursuivirent un peu leur baiser puis Yulia revint poser sa tête sur l’épaule de Georg. Elle tira la couverture sur eux et Georg l’enlaça dans ses bras. Presque dans la même position qu’à leur réveil, ils restèrent ainsi avant de replonger dans le sommeil.

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