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Nuage de lait

Chapitre 1

Gay

La rivière s’étendait paresseusement en de larges méandres bruns. La surface de l’eau était lisse comme un miroir, seulement troublée de temps à autre par quelques ridules provoquées par le vent. Dans la vase qui recouvrait le fond de la rivière, un gros poisson fouissa à la recherche de quelque nourriture, et les fines particules argileuses se soulevèrent ; elles se maintinrent un instant dans le lit du courant, comme hésitantes sur la direction à suivre, puis finirent par lentement se mouvoir vers l’aval sans faire mine de se déposer à nouveau. Il se forma comme un nuage de lait dans la rivière. Au fond, le poisson continua à fouisser un moment. Puis, brusquement, d’une torsion de son corps fuselé, il se projeta dans un recoin de la berge et s’immobilisa complètement. L’eau avait vibré.


Plus haut le long de la rivière, l’eau était plus claire, le lit plus étroit, et les gros galets lisses que l’on apercevait au fond faisaient parfois gicler quelques gouttelettes transparentes dans l’air chaud de l’été. C’était de là que les vibrations provenaient. Accroupi au bord de la rivière, un garçon d’une vingtaine d’années se trempait les mains dans l’eau et s’en aspergeait le visage. Des gouttes ruisselaient sur ses joues et se frayait un chemin dans son cou et sa nuque. De l’eau perlait sur ses lèvres entrouvertes et aux lobes de ses oreilles. Ses cheveux châtains paraissaient bruns aux endroits où ils avaient été mouillés. Le garçon était essoufflé. Il venait d’achever un entrainement d’athlétisme qui l’avait laissé épuisé - il n’était pas particulièrement endurant. Et puis, l’été était chaud. À quelques centaines de mètres de là, l’air était flou et tremblant au-dessus de la piste surchauffée.


Après quelques instants de repos, il sentit que l’eau avait séché sur sa peau et que son souffle s’allongeait. Il se releva ; les muscles de ses jambes s’étirèrent douloureusement. Le garçon fit demi-tour et se dirigea vers le stade. Ils étaient assez peu nombreux ce jour-là - pour tout dire, ils n’étaient que deux, si on ne considérait pas l’entraineur. L’autre garçon était parti chez lui pour se laver ; il n’habitait qu’à quelques mètres du stade. Lui ne pouvait pas en dire autant et il espéra qu’il n’y aurait pas grand monde sous la douche. Puis il se souvint qu’en juillet, cela faisait longtemps que les rugbymen avaient fini leurs entrainements. Les vestiaires seraient sans doute vides.


Quand il y entra, aucun bruit ne venait troubler le silence à l’exception du bruissement de l’eau dans les douches du fond. Devant la porte, un sac de sport était posé. Il reconnut le sweat gris qui dépassait de la fermeture éclair ouverte : son entraineur était sans doute en train de se laver. Il avait couru avec eux ce jour-là. Après un instant de réflexion, le garçon se dirigea vers les autres vestiaires - ils pouvaient après tout se payer le luxe, dans ce stade désert, de prendre un vestiaire chacun. Mais quand il voulut baisser la poignée, il se rendit compte que la porte était fermée à clefs. Lesquelles clefs devaient être dans le sac d’Antoine, son entraineur. Il hésita. Il n’avait pas envie de fouiller dans le sac de quelqu’un, même si ce n’était qu’un sac de sport. Il haussa les épaules et se dirigea vers les douches du fond. Après tout, en temps normal, les garçons du club d’athlétisme prenaient leur douche ensemble. Il ôta ses chaussures devant la porte, les aligna contre le mur et entra.


L’air de la salle était saturé de vapeur d’eau. Malgré la température extérieure, le chauffe-eau était réglé sur plus de trente-neuf degrés. Au fond de la salle, un garçon de vingt-cinq ans environ se tenait les yeux fermés sous la douche. Des boucles d’un blond cendré, rendues plus sombres par l’eau, étaient plaquées sur son front et ses tempes. Il était plutôt petit, un mètre soixante-dix peut-être. Cela faisait cinq ans qu’il entrainait dans le club.


— C’est toi, Aurélien ? demanda t-il sans ouvrir les yeux.


Le garçon acquiesça. Il referma la porte derrière lui, se déshabilla et posa ses vêtements en tas sur un banc, le long du mur opposé aux douches. Puis il prit la douche la plus proche de la porte. Il alluma l’eau et sentit avec bonheur les gouttes frapper ses muscles endoloris. Si au premier abord la température paraissait trop élevée, il savait qu’il s’habituerait assez vite, au point de passer souvent plus de trente minutes sous la douche. Il s’étira légèrement, poussa un soupir d’aise. Après quelques minutes, il se rendit compte que son savon était dans son sac.


— Merde, grommela-t-il. Il sortit de la douche, s’ébroua rapidement, se tourna vers Antoine. Tu aurais du savon à me prêter, s’il-te-plait ? Je n’ai pas le courage de ressortir chercher le mien.


— Pas de problème, vas-y.


Aurélien franchit les quelques mètres qui séparaient leurs deux douches et prit le savon posé sur le sol, aux pieds d’Antoine. Celui-ci avait toujours les yeux fermés et laissait l’eau ruisseler sur son torse et son ventre, se mêlant à la mousse du savon qui répandait une odeur épicée. Aurélien avait souvent envié les muscles du garçon, qui avait toujours fait du sport depuis son adolescence. Il n’avait pas lui-même à se plaindre ; plutôt grand, il avait tout de même quelques muscles. Mais il restait assez fin, un peu trop à son goût.


Il retourna sous la douche, commença à se savonner. Seul le bruit de l’eau rebondissant contre le sol retentissait dans la pièce. Aurélien n’entendait aucun mouvement à part les siens. Il se détendit une dizaine de minutes. Quand il se tourna vers le mur pour laisser l’eau lui masser les épaules, son regard effleura le corps d’Antoine. Il eut un bref mouvement de recul ; l’autre garçon était clairement en érection. Ce qui n’était pas le cas quand il lui avait emprunté le savon quelques instants auparavant. Non pas qu’il ait spécifiquement regardé son entrejambe, non. Enfin, il l’avait regardé, mais probablement sans aucune arrière-pensée. Et à ce moment-là, il était certain que le sexe d’Antoine n’était pas ainsi dressé contre son ventre. Aurélien ferma les yeux et tenta de se calmer. Ce genre de choses arrivait tout le temps. Des gars qui pensaient à leur copine dans la douche et qui se retrouvaient excités sans pouvoir rien y faire.


Il commença à penser à la fille avec laquelle il avait déjà couché dans la salle de bain de son petit appartement. Une jolie fille, plutôt petite, avec une belle poitrine épanouie. Une peau mate. Il lui avait fait l’amour contre le carrelage froid du mur et avait éjaculé entre ses seins. Elle avait léché les dernières gouttes de sperme sur son sexe d’un air coquin. Il se rendit compte qu’effectivement, penser à ce genre de chose sous la douche était une très mauvaise idée. Une chaleur diffuse commençait à irradier dans son entrejambe. Il rouvrit les paupières, se tourna vers le coin du mur et se concentra sur le ricochet des gouttes sur le sol. La pièce était assez sombre et des reflets argentés couraient sur les flaques d’eau qui s’étaient formées. Son excitation retomba. Il continua à observer les gouttelettes une vingtaine de secondes ; mais il savait pertinemment qu’il allait finir par jeter un œil à Antoine. Ce qu’il fit une minute plus tard, par-dessus son épaule.


Le garçon bandait toujours. En temps normal, Aurélien et les autres l’auraient taquiné et l’incident aurait été vite oublié. Mais cette fois ils étaient seuls tous les deux. Et surtout, ce qui empêchait Aurélien d’ouvrir la bouche, c’était que la chaleur revenait dans son bas-ventre. Et qu’il ne pouvait détacher ses yeux de l’entrejambe d’Antoine. Il eut bientôt une solide érection.

Il savait depuis longtemps que, sexuellement parlant du moins, les hommes l’attiraient autant que les femmes.

Mais pas Antoine.

Ou juste un peu.

Pas au point de bander en le voyant bander.

Ou juste un peu ?


Mais ce n’était pas « juste un peu ». Son pénis se durcit comme de la pierre. A travers la vapeur, il pouvait voir l’eau fumante ruisseler sur les poils pubiens blonds et bouclés du garçon, courir sur ses testicules. Et il sentait ses propres testicules comme tendus par une irrépressible envie. Il vérifia qu’Antoine ne pouvait pas le voir - même si celui-ci ne semblait pas se préoccuper de sa propre excitation apparente.

Pas Antoine, se répéta-t-il. Mais c’était indéniable. Son sexe était plaqué contre son ventre et il se sentait excité comme jamais. Ses pensées se brouillaient. Qu’est-ce qu’il était censé faire ? Attendre que l’autre garçon parte en tentant de cacher son état ? Essayer de penser à autre chose ? Mais il ne pouvait pas penser à autre chose. Il attendit.


Dix minutes supplémentaires s’écoulèrent. Il était rare qu’Antoine reste aussi longtemps sous la douche. Il était quasiment immobile, bien qu’il se soit légèrement tourné dos à Aurélien. Lequel s’était totalement figé. Il se sentait coincé. Antoine avait les yeux fermés. S’il pouvait se rhabiller discrètement et partir... Mais il avait aussi oublié sa serviette. Il jura intérieurement. De toute façon, il n’y avait pas mille et une solutions. Il éteignit la douche et se prépara à remettre ses vêtements, même trempé. Cependant son corps sembla soudain en décider autrement. Sans savoir ce qu’il faisait, il avait déjà le savon en main et ses jambes l’avaient emmené jusqu’à Antoine. Tu es taré. Barre toi vite. Mais ses muscles paraissaient soudain fonctionner très lentement. Il se pencha et déposa le savon au sol. Contre son ventre, son sexe se dressait toujours obstinément. Et à quelques centimètres de son visage, celui d’Antoine était dans le même état. Il se figea. Ses yeux ne pouvaient pas se détacher de l’entrejambe d’Antoine. Il déglutit difficilement. Ses jambes tremblaient un peu. Quand il releva les yeux après un temps qu’il n’aurait su évaluer, il se rendit compte que les yeux bleus gris d’Antoine le fixaient.


Le temps s’allongea. Chaque seconde semblait durer une éternité. Aurélien était toujours courbé, espérant que son érection serait partiellement dissimulée. L’air lui sembla vibrer entre eux tant la tension était forte. Il se sentait comme un animal pris au piège. Il n’avait aucun moyen d’expliquer sa situation. Il ne bougea pas et laissa le temps s’écouler goutte à goutte.

Antoine regardait ce garçon le fixer de ses yeux marrons apeurés. Il se retint de sourire. D’ailleurs, il se sentait tellement mort de peur qu’il savait que son sourire n’aurait rien eu de naturel. Il avait souvent eu envie d’Aurélien à la fin d’un entrainement ; quand la fatigue le faisait haleter et lui rougissait les joues, cela lui semblait affreusement érotique. Ce qui était déplacé. Il le savait. Il avait toujours résisté, jusqu’à cet instant où ils s’étaient retrouvés seuls tous les deux et où il n’avait rien pu faire contre l’envie de sentir leurs peaux se coller l’une à l’autre. Il avait peur. Moins que quelques instants auparavant, quand il avait eu l’impression qu’Aurélien allait partir sans dire un mot et le laisser avec une érection plus déplacée que jamais. Maintenant le garçon était là, face à lui, aussi excité que lui, et il n’avait plus peur que l’attirance ne soit pas réciproque. Il avait juste peur qu’il ne change d’avis. Ils avaient tous les deux peur. Mais c’était à lui d’agir. Il étendit la main et saisit le menton du garçon qui lui faisait face, l’encouragea à se relever. Ils étaient tous proches. L’eau ne s’était pas arrêtée. Leurs souffles se mêlaient, entre eux, à la vapeur aussi. Antoine se pencha et l’embrassa.

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