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Pat et Mandy

Chapitre 1

Inceste

Paris, juillet 2014, 19 H 45


Couvert de sueur et haletant, je me redresse et abandonne avec joie le rameur sur lequel je me suis défoncé pendant une heure. Ceci après un footing d’une heure lui aussi. Je suis lessivé lorsque je me glisse sous le jet bienfaiteur de la douche. Levant la tête, bouche grande ouverte, je bois l’eau presque froide qui cingle mon visage. Puis, longtemps après, je rabats le mitigeur et m’enveloppe dans une grande serviette un peu rêche.


Dans la grande salle de bain déserte et silencieuse, j’examine mon reflet dans un miroir un peu embué. Un cocker me regarde de ses yeux bruns et tristes. Sans concession, je détaille la bête mélancolique.


Les pattes d’oie au coin des paupières, les cheveux drus et indisciplinés qui se teintent de gris sur les tempes, la bouche amère aux lèvres crispées… Putain, je n’ai pas encore quarante ans !


J’ai un visage qui plaît aux femmes, celui du Dom Juan que j’étais dans mon adolescence, multipliant les conquêtes. Avant de rencontrer Anastasia.


Anastasia. Ma Nastya. Bon Dieu que tu me manques. Six mois déjà et tu me manques autant qu’au premier jour.


Mercredi 10 août 1994.

Je l’ai aperçue pour la première fois rue de Paradis, dans le 7ème. Un plan de Paris froissé et trempé par une violente averse serré dans ses mains, elle cherchait son chemin, ses yeux bleu pâle naviguant désespérément entre carte et plaques de rue. J’ai aussitôt été ému par sa grâce juvénile et sa beauté de fille de l’Est ; je me suis approché, mon large parapluie de golf venant la protéger des intempéries.


Elle était Ukrainienne, blonde comme les blés de son pays, belle comme l’étoile du matin. J’avais dix-neuf ans, elle dix-sept. Elle venait apprendre le français et cherchait un emploi de jeune fille au pair, j’étais en école de commerce post bac (pas les grandes genre ESSEC, juste une petite école privée sur Paris). Nous ne nous sommes plus quittés.


Moi, le séducteur qui collectionnait les femmes depuis mon adolescence, j’étais tombé fou amoureux d’une adolescente gracile au teint clair. Au premier instant je suis devenu prisonnier de ses yeux candides, de sa bouche vermeille, de ses pommettes slaves, de son nez délicatement retroussé… J’étais prisonnier et j’ai jeté la clef de ma cellule dans un puits profond, certain de ne jamais vouloir m’échapper.


Et voilà.


Maintenant je suis riche, j’ai ce grand appartement dans le 7ème, un travail très lucratif qui me plaît. Et je suis veuf. Depuis six mois. Un chauffard ivre a décidé de mettre fin à la vie d’Anastasia, mettant un terme à la mienne aussi.


Au début, je me suis anesthésié à l’alcool, malgré le soutien d’Amandine, de mes parents, de nos amis. Et je buvais avec méthode et application, testant les whiskys écossais, au moins une bouteille par jour. Je ne sais comment j’ai pu garder mon boulot ; mes collègues et employés ont su détourner le regard de ma mine de déterré, de ma démarche hésitante, de mon haleine chargée. Mes parents sont rapidement repartis dans leur monde, à Nice ; un monde fait de bridge, de spectacles et de réceptions au Rotary. Amandine est restée.


Amandine est ma fille, notre fille unique. Nastya s’est retrouvée enceinte très vite, par défaut de contraception efficace. Mandy est née le 12 août 1995, moins d’un an après notre rencontre. Inconscients que nous étions, nous l’avons gardée. Et jamais ne l’avons regretté. Nous n’avions de travail ni l’un ni l’autre et vivotions de petits boulots pour ne pas dépendre trop de mes parents.


Notre fille ressemble à sa maman par bien des points. Blonde aux yeux bleus, pas très grande, menue, sportive – elle fait de l’athlétisme, aime danser -, elle a les pommettes moins marquées, le nez plus droit et fin. Elle étudie le russe et l’anglais à la Sorbonne et veut être traductrice à l’ONU. Ou l’OMS. Et elle revient aujourd’hui de New York où elle faisait un stage pour améliorer son anglais. Un mois qu’elle est partie en me faisant promettre de renoncer à l’alcool et de prendre soin de moi.


Je lui ai promis, et bizarrement j’ai tenu parole. Je ne sais pas pourquoi, ni comment j’ai pu sortir des griffes de l’alcool. Une psychologue m’a aidé, une jeune femme travaillant dans un centre d’addictologie parisien. Elle m’a permis de comprendre ma dépendance et de la mettre dans une petite boîte bien close. Pour la cause de cette dépendance, elle ne peut rien faire, bien sûr. C’est à moi d’y réagir autrement qu’en me détruisant.


J’ai un leitmotiv maintenant, c’est la psy qui me l’a donné : Anastasia n’aurait jamais voulu que je devienne une loque. Mais que c’est dur ! Mon reflet dans le miroir atteste que le combat n’est pas gagné. Un mois que je ne bois plus. Pas une goutte d’alcool. Un mois que je dors peu et mal. Au moins, je ne tremble plus en me réveillant. J’ai laissé pousser une barbe que j’entretiens très ras et qui me donne l’air d’un pirate désabusé. Je fais deux heures de sport tous les soirs en revenant dans mon grand appartement vide et silencieux, parfois je hurle sur le rameur pour évacuer la frustration qui me mine.


Je soupire en choisissant les vêtements que je vais porter : simples, décontractés. Un pantalon de lin noir, un tee-shirt au croco, des chaussures de pont sans chaussettes. Je démêle mes cheveux encore un peu humides, me parfume légèrement. 1881, l’eau de toilette offerte par Mandy. Je regarde ma montre, elle ne va pas tarder. Je corrige, ils ne vont pas tarder. Mandy et Serge, son petit ami.


Je fais la grimace, car Serge était son prof de russe à la Sorbonne l’année passée, et elle s’est amourachée de lui. Il a presque mon âge, ce type, et il drague une étudiante de dix-huit ans ! Je reconnais qu’il est intelligent, beau dans le genre universitaire à lunettes, il a même de l’humour. Mais je ne l’aime pas, voilà tout !


La sonnette de l’entrée, trois coups brefs. Mandy a laissé sa clef avant de partir aux USA, la voici obligée de sonner comme une simple invitée ! Je vais ouvrir en m’obligeant à marcher posément : ma fille revient ! J’ouvre doucement, me forçant au calme alors que j’ai envie de crier mon bonheur, et ce n’est pas souvent ces temps-ci.


Une tornade et elle est dans mes bras qui l’entourent machinalement, elle se blottit sans dire un mot. Elle renifle, sanglote…


— Ma chérie… Ça ne va pas ? Ma puce, Mandy…

— Il m’a quittée, papa… Le salaud, il m’a quittée…

— Serge ? Ma chérie, je suis là, viens, entre et viens t’asseoir, tu m’expliqueras…


Oh, elle m’explique, les yeux noyés de chagrin. Sa première peine de cœur, son premier chagrin d’amour. Il l’avait remplacée dès son départ pour New York par une autre maîtresse. En arrivant chez lui, deux heures plus tôt, elle avait eu la surprise de prendre l’ascenseur avec une jeune femme qu’elle connaissait de vue. Ensemble, elles étaient sorties de la cabine au même étage pour aller sonner à la même porte. Serge avait blêmi en les découvrant toutes deux sur son seuil. Perdant contenance, il n’avait su se justifier ; elles avaient compris, bien sûr, et lu dans le regard de l’autre la même détresse, le même désespoir.


Tournant le dos au prof de russe, elles étaient parties discuter dans un café voisin. Elles avaient sympathisé, sœurs de malheur. Lucy est traductrice dans une maison d’édition. Originaire du Mans, son père médecin était féru de linguistique et tout naturellement sa fille a développé des capacités étonnantes à apprendre les langues. Et maintenant, elle est perdue elle aussi, prête à quitter son travail, Paris, tout. Tout, oui. Mandy lui a promis de la rappeler le lendemain pour discuter, sortir, se changer les idées. Oublier.


— Et toi ? demande Mandy en reniflant. Tu sembles bien mieux qu’avant que je parte.

— Plus d’alcool, du sport. Mon corps va mieux mais mon cœur…

— Je sais. Maman me manque aussi, tu sais. Elle a été une mère formidable et c’est franchement pas juste.

— Non, ce n’est pas juste, mais la vie n’est pas juste. Tu m’as sauvée, je crois. Quand tu m’as mis cet ultimatum dans les dents, j’étais en train de me perdre.

— Ouais, je sais. Je t’ai dit que je partirais de la maison si tu ne t’améliorais pas. J’aurais été incapable de te laisser tomber, tu sais.

— Bien sûr que je le sais. Tu es ma fille. Mais je me suis secoué. Allez, je présume que tu n’as pas faim, mais j’ai réservé dans ton Thaï préféré. Pas de mais, on parlera plus qu’on ne mangera, voilà tout.


Sur le seuil de la porte d’entrée attend toujours le grand sac de voyage de Mandy, oublié là. Je le fais rouler jusqu’à sa chambre. Ma fille me sourit tristement et finit d’enlever son chemisier avant de faire glisser son jean slim. En sous-vêtements et socquettes blanches, elle est à croquer et mon cœur fond de bonheur d’avoir une fille aussi belle. Elle comprend tout de suite en voyant mes yeux brillants de larmes.


— Papa…

— Oui, ma chérie. Tu ressembles tellement à ta mère… Je suis fier de toi, tu sais.

— Merci. Mais certains ne voient pas combien je suis fragile.

— Tu n’es pas fragile, tu es volontaire, pragmatique, intelligente. Allez, choisis une jolie robe, que je puisse me pavaner à ton bras. Et si tu parles de Serge, rappelle-toi qu’il a bien vu comment tu es, mais qu’il est simplement un dragueur de bas étage qui ne sait toujours pas ce qu’est l’amour. J’ai été comme ça, tu sais.

— Tu as toujours été fidèle, non ?

— Oui.


Mandy opte pour une petite robe imprimée en coton qui dévoile largement ses jambes et nous partons peu après, continuant notre discussion.


— Nastya était… Dès mes quinze ans j’ai compris que j’attirais les femmes, jeunes ou non. Et j’en ai largement profité, d’autant que je me suis découvert une libido importante. Et puis j’ai rencontré Nastya. Avec elle, j’étais comblé au-delà de ce que j’aurais cru possible. Douce et volcanique, drôle et mélancolique souvent. Certains pensent que l’âme slave est un mythe, mais je pense que Nastya était la quintessence de l’âme slave. Passionnée jusqu’à l’excès. Amoureuse. De moi, de toi, de la vie, de la danse, de Mozart, de Janis Joplin, de Miles Davis. Elle pleurait souvent, ses douleurs étaient infinies et ses bonheurs immenses.

— Alors tu n’as plus regardé une autre femme ?

— Oh si, je les ai regardées, toutes. Mais… Nous étions un puzzle à deux pièces, puis à trois, avec ton arrivée. Facile à faire. Impossible à défaire, les pièces s’emboîtant inextricablement.

— Et maintenant, il manque une pièce, murmure ma fille.

— Oui. Et tu sais comment sont faits les puzzles, aucune pièce au monde ne peut s’emboîter à sa place, je n’ai même pas l’envie ou le désir de la chercher.

— Papa, tu as quel âge ? Presque quarante, non ?


Je soupire ; nous marchons bras dessus bras dessous sur le trottoir et approchons du restaurant où j’ai réservé une table, et je sens presque physiquement la tristesse qui nous enveloppe comme une écharpe épaisse.


— Oui, et tu vas me dire que je peux refaire ma vie, et cætera.

— Je ne vais pas te le dire, mais pense qu’il existe quelque part une femme qui est triste et à qui tu pourrais réchauffer le cœur. Et le reste aussi…

— Amandine Marie Sophie Latour ! Je suis choqué ! Vous n’avez pas été éduquée comme ça !

— Arrête, pouffe-t-elle. Je ne suis plus une gamine, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué. J’ai presque dix-neuf ans, à mon âge maman avait accouché. Je sais que tu as des besoins, des envies. Tu as beau les réfréner et les nier, tu n’es pas impuissant non plus.

— Je sais bien. Mais je suis encore en train de recoller les morceaux, et je n’ai pas le cœur à batifoler, ni à draguer…

— Tu pourrais… recourir aux services d’une call-girl, non ?

— Ma fille qui me conseille d’aller voir une pute ! Pardon, ma chérie, mais je n’ai jamais fréquenté les prostituées, et je n’en ai nulle envie. Je n’en suis pas là !

— Non, mais je te rappelle qu’il y a peu je t’ai conduit aux urgences plusieurs fois pour coma éthylique. Tu en étais à essayer de mourir. Alors maintenant, je voudrais que tu continues à te reprendre en main et que tu écoutes ton corps.

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