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Le Patriarche

Chapitre 1

Voilà l'été

Divers

Aussi loin que je me souvienne, j’ai passé toutes mes vacances d’été au château de Tenneville avec ma famille. C’est un domaine vaste et idyllique avec de grands et magnifiques jardins à la française, un étang artificiel abritant des carpes koïs, quelques belvédères et un labyrinthe végétal datant de l’époque où la noblesse locale avait transformé un pavillon de chasse en palais somptueux. Le domaine est bordé par la forêt de Freyr, nommée d’après une ancienne divinité païenne de la fertilité, dans laquelle de nombreuses chasses à courre ont été organisées au fil des siècles. On trouve aussi au village voisin la chapelle de Saint-Hubert, patron des chasseurs, située à l’endroit précis où il aurait eu une révélation divine entre les bois d’un cerf (comme sur l’étiquette des jägermeister). Le maître actuel de cette propriété est un homme que les gens du lieu appellent « Le Patriarche ». Sa famille a acheté le château au XIXe siècle et l’a entièrement restauré et entretenu au point qu’il a survécu aux deux guerres mondiales.


Pour ma part, je m’appelle Antoine et j’ai dix-huit ans. Je suis un jeune citadin qui n’a d’apparence rien à voir avec cet endroit reculé et d’un autre temps. Si depuis toutes ces années, je passe mes vacances dans ce cadre enchanteur, c’est parce que mon arrière-grand-mère était une amie de cette famille aisée. Nous devons ce privilège au Patriarche qui a, depuis quarante ans, décidé d’inviter pour les vacances les familles qui fréquentaient autrefois ses aïeux. C’est un homme relativement solitaire qui, nous disait-il, voulait retrouver la vie de famille trépidante qu’il avait perdue en même temps que ses parents décédés et sa fratrie exilée qui l’avait laissé seul à gérer le domaine familial. Nous n’étions pas les seuls invités d’ailleurs puisque deux autres familles séjournaient pendant les deux mois d’été avec nous. En tout et pour tout, nous sommes dix-neuf pour trois familles complètes.


Le bâtiment en lui-même est divisé en deux parties bien distinctes. L’aile ouest est ce que l’on appelle la résidence familiale : c’est ici que tout le monde loge la plupart du temps, les nombreuses chambres accueillant facilement les différents groupes. Si les couples dorment ensemble avec leurs nouveau-nés, les autres enfants sont installés dans des chambres aux allures de dortoirs où garçons et filles sont séparés. Les quelques salles de bains sont en revanche mixtes, ce qui ne dérange personne, car il nous arrivait souvent avec les autres de nous baigner nus dans la petite rivière traversant notre partie de la forêt. Nous avons également des salles de jeux avec des baby-foot, des jeux de société en pagaille et autres activités d’intérieur. Bref, un véritable palace. De l’autre côté se trouve l’aile est, réservée elles aux adultes : eux seuls savent ce qu’il y a là-bas. Quand j’étais petit, mes camarades et moi imaginions tout un tas de choses mystérieuses comme des ateliers d’alchimie où le Patriarche fabriquait tel un sorcier ou un druide des potions diverses ou des pièces hantées par des fantômes ou des monstres comme celui de la Belle et la Bête (il nous arrivait même de croire que notre hôte était un loup-garou). Quand on leur posait la question, les adultes nous répondaient que dans ces pièces se trouvaient tous les objets de valeur et les œuvres d’art que la famille du Patriarche avait amassé au cours des années (et qui étaient trop fragiles pour être gardé à notre proximité), les trophées de chasse qui auraient pu nous effrayer, des salles à manger et des salles de jeux pour des soupers et soirées pour que les adultes puissent se détendre sans leurs enfants et les chambres des domestiques.


Et en parlant de domestiques, le château en compte plus d’une vingtaine. Des soubrettes, une cuisinière et ses aides, des majordomes, des gouvernantes (pour s’occuper de nous quand nos parents sont absents), deux infirmières pour donner les premiers secours (ce qui est nécessaire avec de nombreux enfants qui s’amusent, jouent et se blessent pour un rien en montant dans un arbre ou en jouant au foot), des jardiniers paysagistes pour entretenir les lieux, des gardes-chasses pour s’assurer que personne ne pénètre sur le domaine ou n’y chasse en ou hors saison... Bref, c’est une vraie fourmilière avec ou sans nous à l’intérieur et ce qui la fait vivre ce sont les soirées privées qui sont organisées dans l’aile est. Mariages, repas d’affaires ou banquets payés rubis sur l’ongle font entretiennent la fortune du Patriarche.


Mais je me rends compte que je ne vous ai pas encore parlé de lui. Le Patriarche est un homme d’une soixantaine d’années, mais à qui on ne donnerait pas plus d’une cinquantaine. Malgré son âge, il s’entretient et pratique toujours le tennis, sport dans lequel il excellait et qu’il aime nous apprendre. Son regard, d’un bleu profond et plein de douceur, rassure les gens qui le regardent, car sous un aspect sobre et parfois austère, c’est quelqu’un d’une grande gentillesse, apprécié autant par nous que par son personnel qu’il traite avec respect et par les gens du village qu’il aide et soutient dans l’adversité (lors des années de sécheresse, il achète au même prix que les autres années les denrées des producteurs locaux pour ne pas qu’ils vendent à perte). Il aime également nous raconter l’histoire de sa famille, des souvenirs de voyage dans des pays exotiques et des histoires en les jouant comme un comédien sur scène. Il nous aide, nous console, nous fait rire et c’est un peu notre modèle (on se disait toujours que quand on serait grand, on deviendrait comme lui). De mon souvenir et de celui de mes parents, il n’a jamais été en colère contre ses pensionnaires, quand on fait une bêtise (ce qui arrive) ou que l’on essaie de savoir ce qu’il se passe dans l’aile est, il se fâche, mais sans nous faire peur. Il peut se montrer sévère, mais jamais brutal ou méchant, car pour lui, l’éducation c’est avant tout communiquer et faire comprendre pourquoi il existe des limites (et en dernier recours, il nous punissait quand même). Par contre, ce n’est pas la même chose en ce qui concerne les gens de l’extérieur, car il est très protecteur vis-à-vis de nous tous. Un jour, l’un des gardes-chasses a surpris un homme rôder dans les bois pendant que quelques enfants s’amusaient dans le ruisseau avec peu ou pas de vêtements et lorsqu’il l’a amené au Patriarche, je peux vous dire qu’on l’a entendu dans tout le château tellement il était dans une colère noire. C’est la seule fois où il a fait peur (indirectement) aux enfants. Après une intervention de la police, lorsqu’il s’est rendu compte que des conséquences de sa rage, il est allé présenter ses excuses auprès de celles et ceux qui ont été effrayés, il était si désolé qu’il pleurait aussi en les prenant dans ses bras. En tant que membre de la haute société, c’est quelqu’un qui est expert dans le savoir-vivre, il est toujours poli, courtois (il interdit les jurons en sa présence), élégant et distingué, bien qu’il ne manque jamais de fantaisie et d’humour. Il nous enseigne tout ce qu’il sait (c’est d’ailleurs un bon pédagogue) et insiste pour que l’on apprenne les bonnes manières, peu importe ce que l’on compte faire plus tard, car selon lui, les bonnes manières ouvrent des portes qui nous seraient condamnées. Il dit souvent : « Un mécanicien ordinaire peut gagner sa vie en réparant des voitures, mais un mécanicien avec du savoir-vivre peut gagner sa vie en réparant la Bentley de la duchesse de Kent puis prendre le thé avec elle. »


J’y vis deux mois tous les ans depuis que je suis né et après une année scolaire effrénée remplie de stress avec les cours, les courses, les horaires et toute l’agitation que procure la vie en milieu urbain, profiter de ce cadre magnifique avec des gens que j’aime et prendre le temps de bouquiner, m’amuser avec les enfants et les jeunes de mon âge, jouer au tennis avec le Patriarche et surtout de me reposer est ce que j’attends le plus au monde et j’aurais aimé que rien ne change jamais. Mais les choses changent et alors que je me dirige vers Tenneville, je suis à la fois inquiet, excité et impatient d’y retourner, car j’entrerai dans un monde nouveau et inconnu. Aujourd’hui, j’ai dix-huit ans.


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