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Pérégrination

Chapitre 1

Jour de fête

Histoire médaillée
SM / Fétichisme

Baise-moi, car c’est tout ce à quoi tu peux aspirer.


Baise-moi, juste baise moi, ou tout va empirer.


Ne t’avise pas de m’aider, au risque de me blesser.


Ne t’avise pas de m’aimer, je suis déjà bien assez baisée.



Chaque jour commence de la même manière. Le cri du réveil, l’appel des membres engourdis. Un nouveau visage à mes côtés, aussitôt tombé dans l’oubli. Il faut se rhabiller, délicatement mais prestement prendre la fuite. Ne pas affronter la vue du lit, juste passer à autre chose, vivre encore et encore les mêmes poses. Un sourire feint si mes chuchotements le dressent. Des soupirs vains face aux tremblotements de mes fesses. On revit la scène d’hier à l’envers. Le silence remplace les râles, sa lance fait face à mon châle. Elle luit et lui me hèle.



“Reste au lit. Où tu vas ? Tu es obligée de partir ? J’ai envie de toi, quand c’est qu’on se reverra ?”



Le ruissellement de mes frasques pose mille questions. Des mots déjà entendus, comme une cassette essoufflée. J’ai bu, j’ai tapé, j’ai couché, et maintenant quoi ? Le bruissement de mes frusques pour seule réponse. Ses doigts passent sur mes cuisses, en caressent les cicatrices, tentent de freiner la montée du bas. Un baiser dans le cou essaye vainement d’empêcher la descente de mon haut. La scène est terrible, il finit par l’accepter et mon mutisme le gagne. Je suis habillée, lui nu. Il ne comprend rien, moi non plus.



Clac, mon briquet me lâche.


Clac, sur mon pouce une tâche.


Clic, le grinder crache l’herbe qu’il mâche.


Clic, les mains tremblent à l’idée qu’il sache.

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D’excitation ou de peur je ne le saurai jamais. Dans une volonté de décevoir, n’y a-t-il pas un espoir de recevoir ? De l’amour dans des reproches, sentir l’inquiétude de ses proches. Adolescente je me rêvais déjà adulte mais adulte je raisonne toujours comme une toxico en redescente. La fumée balaye vite mes appréhensions, m’emporte loin de cet appart, claque la porte derrière moi, me pousse dans l’escalier puis dans la rue. Une promesse rompue. Comme un sentiment de ne rien pouvoir faire sans elle.



La rue m’accueille dans une bouffée d’air frais. Les gens font leur vie sans penser à la mienne, ici tout le monde est anonyme, ou presque. Les regards s’attardent sur ma personne sans jamais s’y arrêter. Trois paires d’yeux baveux languissent sur mes cuisses semi-nues puis remarquent avec incompréhension mon voile. Ma tenue n’a aucun sens : une veste en cuir noir posée à la hâte sur un col roulé bleu pastel cachant tant bien que mal les suçons de la veille ; une courte jupe droite noire dévoile langoureusement mes bas usés à chacun de mes pas ; des Converse montantes noires aux bouts blancs. Le tout surplombé par un voile brun foncé mal noué, souvenir jamais porté de mon enfance dans cette ville austère. Une mèche de cheveux en dépasse, souvenir triste de la bande dessinée de Pétillon, je suis indécente - mais n’est-ce pas ce que j’aime ? Un ricanement me secoue malgré moi. L’ensemble est sombre, comme promis, mais n’a aucune cohérence. Si seulement mon amour était là, elle aurait su m’arranger, elle a toujours eu l’œil pour ça. Mais elle n’est pas là. Une promesse rompue. Comme un sentiment de ne rien pouvoir faire sans elle.



Pas le temps de m’interroger sur mes vêtements, il me reste quelques heures à exploiter. J’en dépense quelques secondes pour imaginer et savourer le désir que je fais naître chez les gens. Je sens mes tétons se durcir contre le tissu serré de mon haut, invisibles mais si présents dans mon esprit. J’ai encore envie de sexe, besoin de me recentrer en m’oubliant un moment. Un flash prit à l’épicerie, un appel passé et je me retrouve rapidement dans un nouveau lit. Je n’ai pas le temps, enfile juste la capote et enfile-moi sans me déshabiller.



Assise sur ses cuisses, je bois. La chaleur de l’alcool, de ses mains. Les yeux encore rougis, les cheveux encore voilés, il ne verra pas mes larmes. Ses paumes se glissent sous mon pull, empoignent mes seins quand j’enfourche ses reins, remontent vers ma gorge et m’étouffent. Les boutons de ma jupe sautent à chaque coup de bassin. Ses bras sortent brusquement, nous plaquent moi et mes épaules sur le matelas décrépi. La bouteille se brise au sol dans une flaque brune. Ses doigts en moi, les miens qui libèrent tout ce que j’aime chez lui. Ceinture, bouton, braguette, caresse... Gifle. La tête déplacée sur le côté, sonnée par le coup et l’ivresse, ce con m’a fendu la lèvre. Je lui rends sa claque et en accueille deux. Tendre l’autre joue a fait sauter mon voile dans une gerbe de mèches brunes. Il les empoigne et les cogne tendrement contre le pans du lit. Une fois, deux fois, trois fois. Chaque coup grandit mon sourire et le filet de sang qui s’en écoule.



Baise-moi.



Je ferme les yeux. Savoure chaque coup de reins, chacun de ses râles, chacun de mes cris de douleur sous ses claques. Je me sens hors de mon corps mais n’ai jamais autant ressenti ce qu’il m’exprimait. J’apprécie chaque assaut, la douce chaleur rougeâtre de mes bleus en devenir, le lent écoulement de mes lèvres. Brusque, il me retourne sur le ventre, remonte d’un coup ma jupe sur mes hanches, écarte mes cuisses d’un geste sec mais connaisseur. Il sait comment je veux être traitée, comment je veux être baisée, comment je veux oublier. Chevauchée, tenue en laisse par ma crinière, je reste malgré moi la tête haute alors qu’il m’écrase. Chaque coup de rein est un à-coup de plus sur ma nuque, je me sens ployer, baver, sourire. Une paume rude me bloque les bras dans le dos alors que sa jumelle balaye de droite à gauche mes fesses empourprées.



Un soupir. Il se retire, s’effondre de tout son poids sur mon dos meurtri et m’embrasse. Pas un mot ne sera prononcé dans cet appartement. Il sait que je n’ai pas envie de parler, il a rempli son rôle et s’en satisfait. Colosse timide reprend ses esprits et me tend une nouvelle paire de bas, les miens gisent un petit peu partout autour du lit. Le sommier retrace notre accouplement, tâché de sang et de sueur. Il me sourit tendrement, les yeux brillants, essuie mes lèvres, remet mon voile avec la douceur d’un chibani. Une claque sur les fesses rieuse rompt ce moment de tendresse et me rappelle à l’ordre. Il n’a rien dit mais j’ai rompu ma promesse. Comme un sentiment de ne rien pouvoir faire sans elle. Je m’enferme dans la salle de bain.



Face au miroir je tâte mes bosses, là où son lit a embrassé mon crâne, je cache au mieux l’état de mes lèvres derrière un rouge foncé. Je lisse ma jupe, vérifie l’absence de traces douteuses. Je tente de sourire, encore enivrée par l’alcool et le sexe, sonnée par le THC et mes fétiches, mais aujourd’hui Hajar chiale sous son châle. Chiale, chiale ma fille, tu leur en montreras moins tout à l’heure. Ma fille. Un rôle vacataire, re-goûter à mon quotidien m’a mis dans tous mes états. Eau sur le visage et dans la gorge pour désobrer. Pas le temps de plus me toiletter, je dois rejoindre mon frère. Rejoindre mon père.



Enterrer ma mère.


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