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Le petit bois, la petite maison de bois et le petit pont de bois.

Chapitre 1

Le petit bois

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Une histoire érotique écrite par

Fantasme
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Il était une fois dans un petit bois, une petite maison de bois et un petit pont de bois. Sous le petit pont de bois coulait une rivière douce l’été, et parfois turbulente l’hiver. Cette gentille petite rivière était peuplée en abondance de poissons, d’écrevisses et de divers batraciens, car dans cet endroit reculé du petit bois personne n’osait s’aventurer ; il avait mauvaise réputation. Ainsi, ni chasseurs ni pêcheurs ne troublaient cet endroit idyllique, laissant à Dame Nature tous ses droits où les animaux pouvaient se reproduire à loisir.


La mauvaise réputation de cet endroit était due au fait qu’une prétendue sorcière y habitait en compagnie d’êtres étranges. Certaines rumeurs disaient que cette sorcière vivait nue ; qu’elle toute blanche avec des cheveux d’or, qu’elle avait une arme qui lançait des éclairs et que sa voix était si aiguë perçait les tympans. On avait bien essayé de la déloger mais elle était protégée par une horde de loups et aussi des harpies gigantesques qui avaient, une fois, emporté un homme entier. On aurait aussi vu des êtres inconnus et méchants, mi-singes mi-enfants, grimper entièrement nus aux arbres et y chasser des oiseaux qu’ils dévoraient ni plumés ni vidés, tout entiers et pas cuits.


D’autres disaient que cette sorcière jetait des sorts à tous ceux qui approchaient de trop près cet endroit. Des hommes revinrent un jour au village, distant d’une bonne journée de marche, le visage en sang et les guenilles en lambeaux. Même le châtelain et propriétaire des lieux avaient décrété que l’on ferme le petit bois en l’entourant d’une haie de très hauts buissons aux épines longues comme des poignards. Ainsi pensait-il être à l’abri des méfaits de cette harpie.


Or cette sorcière n’était autre qu’une jolie jeune femme un peu jeunette qui pour son plus grand malheur, s’était laissé culbuter sur la paille de la grange paternelle par un beau et jeune garçon au verbe facile. Mais le père de la belle, venu chercher du fourrage pour ses bêtes leur tomba dessus. Il découvrit alors sa fille, les quatre fers en l’air et le jeune homme les braies aux chevilles en train de la buriner ; à la vue du tableau, le paysan fou de rage planta sa fourche en bois et à trois dents dans le derrière de l’intrus. Le pauvre garçon s’enfuit en hurlant avec deux dents de la fourche plantées dans les fesses et la troisième dans le fion. Le paysan toujours en colère releva sa progéniture hébétée et nue et lui envoya une violente paire de claques et un coup de pied au derrière pour débuter.


L’affaire aurait bien pu s’arrêter là, mais en tirant sa fille par le bras, il constata qu’un filet de sang coulait d’entre les cuisses nues. Il redoubla de colère, la jeta en pleurs sur le tas de fumier et l’insulta. En effet, elle n’était plus vierge et donc plus bonne à marier !


Mais voyant sa progéniture entièrement nue sur le tas de fumier, les bras en croix, les cuisses grandes ouvertes, la moule à l’air et sale comme un cochon ; une terrible érection déforma son pantalon. Pris d’une envie soudaine de tirer son coup, il baissa son pantalon. Pour le malheur de sa fille, son coup, il ne l’avait pas tiré depuis des lustres, car sa femme, parfaitement délurée, avait préféré se faire courtiser par un gentilhomme plutôt que de remuer le tas de fumier. Elle était donc partie loin d’ici en lui laissant le soin d’élever leur enfant qu’il lui avait faite par surprise.


Sa fille était devenue sa seule fortune car il espérait la marier à un gentilhomme, ce qui lui ferait une bouche de moins à nourrir, et peut-être même en tirer quelques arrangements. Mais pour ce faire, il fallait que sa fille soit vierge, et pour l’instant cette situation était troublante et embêtante. Comme il venait de perdre son seul capital, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il comptait bien tirer profit de la situation en embrochant son idiote.


Nous voici donc avec notre bourru de paysan, les burnes et le gourdin à l’air, prêt à tringler sa fille en pleurs qui venait de tout gâcher. Prêt à bondir, il s’approcha, bite en main et soufflant comme un taureau. Si sa pépète était jeunette, elle n’était pas bête du tout ; sans doute un héritage maternel. Pour éviter de se prendre cette bite de taureau dans l’oignon, elle lança à l’animal un grand coup de pied dans les roustons. Le monstre, pris d’une violente douleur, se plia en deux et s’écroula sur le tas de fumier. L’instinct de survie de la belle fit qu’elle se leva, courut vers le puits pour y tirer un seau d’eau, histoire de se rincer le museau et le reste, laissant la bête au sol jurer comme un charretier.


Dans sa tête, l’urgence sonnait : il fallait trouver une solution rapide et efficace. Le plus simple : fuir, et vite ! Dans l’unique armoire, elle prit le peu de vêtements qui lui appartenaient, c’est-à-dire presque rien. Elle enfila des braies qui lui arrivaient à mi-mollet, un corsage à moitié percé, une jupe longue qui traînait sur le sol, des bottines en peau de vache cousues par son père, et pour finir une cape avec une large capuche pour se protéger de la pluie.


Au moment de sortir, un éclair traversa son esprit : il lui fallait des vivres. À la hâte elle jeta dans un linge du pain, du lard et du fromage qu’elle avait fabriqués de ses mains. Il lui fallait aussi un couteau. Au beau milieu de la table en bois brut était planté le couteau à la lame brillante que son père frottait tout le temps contre ses braies, et juste à côte son étui tenu par une ceinture en cuir. Elle savait que ce couteau lui serait très utile ; il servait à tout : à couper la viande, débrancher les ronces et même tuer le cochon, et en cas d’extrême nécessité il deviendrait une arme redoutable. Armée du couteau et de son casse-croûte, elle sortit en trombe de la pièce et traversa la cour de la ferme. Au beau milieu de celle-ci, son vicieux de père à genoux se tenait encore les roustons. Par colère sans doute, elle décida de lui dire un : « À jamais pour toujours ! »


Sur ses gardes, elle s’approcha, mais le vieux râlait toujours. De rage, il tenta de lui attraper le mollet ; mais plus rapide que lui, elle envoya un nouveau coup de pied dans les roubignoles du père menaçant. Le vieux hurla de plus belle et pleura sur sa virilité qu’il venait de perdre pour un bon moment, et sans demander son reste elle s’enfuit en courant. Elle courut longtemps, jusqu’à l’épuisement. Quand enfin elle trouva refuge dans un buisson, certaine de ne pas avoir été suivie et rassurée, elle décida de manger et d’y passer la nuit.


Lorsque le soleil la réveilla, il était presque au firmament. Assoiffée, elle vola quelques pommes dans un verger et continua son chemin. Où allait-elle ? Prise de subites inquiétudes, l’idée de retourner lui effleura un instant l’esprit. Mais la pensée de se faire farcir le croupion par son père en colère lui remit les idées d’aplomb et elle décida d’aller tout droit vers le sud. Motivée, elle continua son chemin et marcha pendant deux longs jours. Comme personne n’était à ses trousses, elle se sentait sereine. Elle marchait, marchait quand au loin elle aperçut un bois. « Cet endroit sera parfait pour y passer la nuit ! » pensa-t-elle. Elle accéléra le pas, mais à la croisée d’un chemin deux beaux gentilshommes à cheval la hélèrent :


— Holà, Mam’zelle ; que fais-tu donc ici ? demanda l’un des deux hommes.


Surprise, elle bafouilla :


— Je vais… là-bas. Laissez-moi passer, je suis pressée !


Les hommes descendirent de leurs montures et s’approchèrent de la belle.


— Tu me parais bien enhardie pour une donzelle de ton espèce ! dit l’un sur un ton sarcastique.

— Que me voulez-vous ? Laissez-moi tranquille ou… ! rétorqua-t-elle sur un ton agressif.

— Ou quoi ? Voyez-vous ça… mais c’est qu’elle serait agressive, la bougresse ! Je voulais juste te rendre service ; nous pourrions t’y conduire, à ton… là-bas, et c’est avec plaisir que je vous prendrai sur mon pur-sang.

— C’est gentil de votre part, mais nous n’allons pas dans la même direction.

— Peu m’importe ; je ferai le détour si vous consentez à nous faire quelques gâteries.


Même si elle était jeunette en termes de quéquettes, elle comprit immédiatement le sens du mot « gâteries ». Elle en déduisit que la gâterie en question était bel et bien en rapport avec son abricot. Un peu paniquée, elle refusa fermement :


— Je n’en fous de votre gentillesse, je ne vous ferai pas de gâteries ; alors laissez-moi passer !


Mais les deux hommes comptaient bien profiter du petit bijou qu’ils avaient devant eux et avancèrent vers elle.


— Tu as tort de ne pas en profiter car tu as de la chance que l’on t’ait remarquée. Habillée de la sorte avec tes guenilles, mal coiffée – et en plus tu sens mauvais – tu ne devrais pas laisser passer pareille occasion…


— J’ai compris : c’est mon cul que vous voulez !

— Tu comprends vite, pour une paysanne comme toi. Alors ?


Sous sa cape, elle serra fermement son couteau, prête à éventrer ces deux malotrus, mais la raison l’emporta. Elle pensa : « Bon, vu ma petite nature, je ne ferai jamais le poids devant ces deux lascars ; dommage pour mon derrière, mais je n’ai pas le choix ! » Alors elle leur fit une proposition :


— Bon, finalement… je veux bien, mais chacun votre tour.

— Qu’elle est charmante… Alors c’est parfait ! Qui commence ? Moi ? dit l’un.

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— Non, moi en premier, reprit l’autre.


L’histoire aurait pu continuer longtemps si elle n’avait pas eu une merveilleuse idée.


— Arrêtez ! Pour vous départager, je veux que vous vous battiez, et le premier qui sera par terre aura perdu ; alors l’autre pourra me prendre en premier. Ça vous va ?


Les deux hommes acceptèrent. Ils s’empoignèrent et se battirent comme deux chiffonniers. Le combat dura, dura longtemps, trop longtemps, et elle commençait à s’impatienter à cause de l’envie pressante de se débarrasser de ces deux zoziaux. En observant le sol, elle vit quelque chose qui l’aiderait à se sortir de ce mauvais pas, car pour elle, il était hors de question de toucher à son croupion !


À un moment où les deux zigotos étaient en perte d’équilibre, elle leur plongea dessus et ils tombèrent tous deux, face contre terre. Un nuage de poussière vola sous l’impact. Elle avait vu juste, car ce nuage était dû à l’explosion de champignons hallucinogènes au chapeau rouge à pois blancs, que les deux ostrogoths avaient transpercés avec leur tarin. Les deux hommes en guenilles et le corps ensanglanté par leur combat furent pris de violentes hallucinations et hurlèrent comme des bourrins.

La belle ne demanda pas son reste : elle s’enfuit à toutes jambes et atteignit le petit bois.



[À suivre]