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La petite annonce

Chapitre 1

Travesti / Trans

J’appuie brièvement sur la sonnette, la gorge nouée. Il ouvre la porte. On se jauge, moi ne sachant s’il va me refermer la porte au nez, et lui si je vais faire demi-tour. C’est toujours ainsi dans ce genre de rendez-vous aléatoire. Il m’invite à entrer avec un sourire aussi poli que convenu. Je suis quand même mal à l’aise et je grelotte de froid en parcourant son antre mal chauffé. Je lui explique pourquoi. « Il faut être dingue pour faire de la moto avec ce froid de canard ! » me rétorque- t‘il. Il a d’autant plus raison que l’objet de ma visite s’accorde mieux aux feux de l’enfer qu’au froid polaire. Il m’invite à m’asseoir pendant que je me débarrasse de mon blouson. J’observe les lieux. Un décor vaguement exotique qui ne laisse rien présager de ses occupations « artistiques ».

— Je te sers un verre, le temps que tu te réchauffes ?

C’est bien volontiers que je trempe mes lèvres dans le verre de Whisky. Je le regarde d’un oeil. Un beau gosse antillais, sûr de lui et inspirant confiance. Ca correspond à l’annonce.

— Tu te sens mieux ?

— Je commence à sortir de l’hypothermie…

— On commence quand tu veux. Je ne suis pas aux pièces.

— Ca ira mieux dans quelques minutes.

Je me détends. Il n’est pas pressé. Tant mieux. J’avais peur que la séance soit bâclée en une heure. On se regarde un peu gauchement, sans savoir quoi se dire au juste.

— Ah, j’oubliais…Ca ira ?

Je sors le billet de 50 euros de ma poche. Il disparaît prestement dans celle de son pantalon.

— On fait comme on a dit ? demandai-je.

— On fait comme tu veux. C’est toi qui décide.

— Oui, mais je t’ai expliqué que je n’ai pas l’habitude et si je ne suis pas guidé...

— Pour ça, tu n’as pas à t’en faire.

— Tu as ce qu’il faut ?

— Tout.

Je repense à l’annonce sur internet : « Mec des îles, 30 ans, photographe amateur expérimenté ch.modèles masculins imberbes ayant une silhouette androgyne ou féminine pour photos équivoques habillées, déshabillées ou nues. Tous styles acceptés, toutes suggestions bienvenues. Possède accessoires, maquillage et garde-robe complète. Reçois ou me déplace. Ne publie pas les photos sauf accord mais demande participation photos sur CD-rom. Trans, no way. ».

Ce « Trans, no way » m’avait intrigué. Il ne cherchait pas des transsexuels. J’avais répondu à son annonce et s’en était suivi une série de mails pour échanger davantage d’informations puis une conversation au téléphone qui m’a décidé à conclure le rendez-vous. Chez lui.

— On commence, alors ?

— Quand tu veux, dit-il avec un sourire patient.

J’enlève mon pull, ma chemise, puis mes chaussures et mes chaussettes. Pendant ce temps, il farfouille dans une malle.

— 43, tu m’as dit ?

Je les prends et les observe. Ils sont superbes. Noirs, vernis, avec des talons de 10 centimètres. De magnifiques escarpins rehaussés de lanières sur les chevilles. Je les chausse gauchement et me lève. Je manque de me casser la figure en faisant un pas. Il se marre un peu.

— Si tu enlevais ton pantalon, on verrait mieux ce que ça donne.

Je me déshabille. Ne reste sur ma peau que mon slip. Il m’observe avec un intérêt croissant pendant que je rechausse ses escarpins de torture.

— Pas mal, siffle-t’il.

Je vais jusqu’à la glace.

-Tu crois ?

— Je sais de quoi je parle. Ca devrait le faire.

Je refais quelques pas. D’abord en équilibre précaire, je finis par chalouper avec plus d’aisance.

— Tu mets ça ?

Une culotte en dentelle ultra fine et transparente, très échancrée avec des petits volants, qui s’arrête à mi-fesses.

— Ou ça ?

Un string en dentelle noire transparent.

— J’essaie les deux.

J’enlève mon slip. J’ai l’impression de faire un strip maladroit. Il approuve d’un œil averti mon pubis taillé en ticket de métro. C’est ma seule pilosité.

— Pour le moment, la culotte te va mieux.

— C’est vrai, elle me fait un joli cul ?

— Tu as un joli cul, me dit-il. Joli cul de nana !

— Au moins un peu, j’espère. Sinon, je ne serais pas ici.

— C’est vraiment la première fois ?

— Oui.

— Tu me sembles correspondre aux critères.

Il me tend un porte-jarretelles.

— Ca se met comment, ce machin ?

Il m’aide à le mettre. Ses mains effleurent mes hanches. Je me regarde à nouveau dans le miroir. Le résultat est saisissant. La partie inférieure de ma silhouette se transforme à la vitesse grand V. Suffit-il de quelques accessoires ou est-ce à cause de mon anatomie ? Il me ressert un Whisky. Je suis complètement détendu. L’expérience me plaît.

— Le haut, maintenant.

Il me donne un collier de perles en nacre. Je l’enfile autour de mon cou.

— Alors ?

— Ca vient, me dit-il posément. Ce n’est pas fini.

J’ai l’impression d’être dans la caverne d’Ali Baba. Des boucles d’oreille. J’ai du mal à les mettre. Il m’aide encore en souriant.

— Ca fait bizarre, lui dis-je en me regardant dans le miroir. Avec mes cheveux dégarnis, ça ne colle pas !

— Mais attends ! J’ai la parade.

Quoi d’autre, encore ? Des bracelets et un turban féminin en soie, rose pâle.

Je me regarde encore. Il me va très bien, ce turban ! Je n’imaginais pas que ça féminiserait autant mon visage.

— Le visage ovale et les traits fins, ça aide ! me dit-il.

— Oui, on y est presque ?

— Pas tout à fait.

Il sort une trousse de maquillage.

— Jusque là ? lui dis-je.

— Avec d’autres modèles, j’aurai arrêté là, mais toi, tu peux te permettre la totale.

Il entame la séance de maquillage. La bouche d’abord. Un rouge pastel brillant qui ourle mes lèvres. Les yeux ensuite. Un trait de Khôl et un peu de bleu sur les paupières.

— Qu’en penses-tu ?

J’ai un arrêt sur image en me regardant dans la glace. Je ne me reconnais plus. Ou plutôt, je commence à voir mon double féminin.

-Ah, j’oubliais. Les faux ongles.

Faciles à mettre. Et comme j’ai les mains fines…

-Voilà, c’est fait physiquement. Maintenant, le mental. C’est important. Il faut que tu te comportes comme si tu étais une fille.

— Il faut peut-être que je remarche un peu.

— J’allais te le suggérer.

Je claudique plus que je marche. Je me demande comment elles y parviennent. Et puis, très vite, je reprends le pas. Cambré, ondulant des hanches. Tout devient naturel.

— Alors ?

— Ta croupe bouge bien. Joli mouvement de balancier. Tourne sur toi-même.

Je m’amuse à ondoyer du cul avec provocation, d’une jambe sur l’autre..

— Super ! m’encourage- t’il.

Je lui fais un clin d’œil salace. Puis une moue.

— Continue. Mets ton doigt dans ta bouche.

J’entrouvre les lèvres, suce mon doigt, le regarde avec un sourire moqueur. J’adopte naturellement les tics féminins. Je me ressers un verre. La tête me tourne un peu mais il n’y a pas que le Whisky qui me grise. C’est cette métamorphose. Je me regarde encore dans la glace, m’allume du regard.

— Je ne pensais pas…

— Tu es fait pour ça.

— On y va , alors?

— On y va.

Il sort son appareil photo. Un Réflex numérique.

— On commence comment ?

— Soft si tu veux. D’abord…

Je m’assois dans le fauteuil, les jambes croisées haut. Je tripote une mèche négligemment, sans regarder l’objectif. Il commence les photos. Mon regard croise parfois l’objectif mais j’ai trop l’impression de poser à ces moments. J’allume une cigarette pour me donner une contenance, j’observe les volutes de fumée d’un air détaché. Je me détends un peu, il sait être discret. Je plie une jambe sous mes fesses, l’autre est tendue, un peu écartée. Je m’affale contre le dossier, les bras en croix derrière la tête. Cette fois je regarde l’objectif avec plus d’assurance et un air vaguement enjôleur. Il acquiesce avec un murmure d’approbation Je souris et j’écarte encore ma jambe libre. Je sais qu’on distingue sans peine mon entrejambe prisonnier du minuscule triangle. Je souris à cette perspective. Et puis je me mets à genoux sur le fauteuil, les mains à plat sur les genoux, les hanches bien rebondies. Il me prend de trois quarts avant. J’affiche une petite moue, comme si j’étais en attente. Je baisse les épaules, les coudes sur les genoux, le visage reposant sur mes mains en forme de coupe. Je le regarde de biais, comme si j’étais toujours en attente. Il s’approche de moi, je lève les yeux sur l’objectif. Mon regard un tantinet implorant trahit cette moue vaguement hautaine. C’est le but recherché. Il me flashe en plongée, des yeux à la croupe. Ca doit être pas mal.

— Tu vas sur le tabouret ?

Je me juche dessus, croise les jambes comme le font toutes les nanas, avec ou sans porte-jarretelles. Il mitraille. Je décroise mes jambes, en laisse pendre une. Je pivote un peu, une fesse à moitié dehors.

— De dos, maintenant.

Je me tourne face au bar.

-Recule un peu sur le tabouret. Voilà, c’est bien, ça fait ressortir tes fesses avec une belle chute de reins.

Je me cambre encore, accoudé sur le comptoir. Il me prend de profil, cette fois.

— Sur le canapé ?

Je m’y love, les jambes repliées, encerclées par mes bras.

— Lève un peu les genoux, qu’on voit la culotte entre tes cuisses.

Il s’accroupit pour me prendre en contre-plongée.

-Allonge-toi sur le côté, maintenant. Les fesses tournées vers moi. Serre les cuisses. Parfait. .

Je sens la culotte qui rentre dans mes fesses. J’ai envie de l’enlever mais je me retiens de le faire. Et de toute façon, le porte-jarretelles m’en empêche.

Je lui tourne le dos, m’accoude au dossier. Je suis emprunté.

— OK. A genoux comme ça, c’est bien. Détends-toi un peu… Tu veux du poppers ?

Je le regarde, un peu surpris. J’avais amené le mien au cas où. Je secoue la tête en riant.

— Si j’en prends, je me lâche et ne répond plus de rien, le préviens-je.

— Dans la vie, il y a des moments où il faut faire comme on le sent. Et si tu veux que les photos soient bonnes…

— Bon, je t’aurai prévenu.

Il me fait humer le flacon. Du Jungle Juice. Le meilleur. Je pars au bout de trois secondes. L’extérieur n’existe plus. J’entre dans mon univers. J’endosse mon rôle, je me sens féminisé, en apparence et mentalement. J’exhale un profond soupir, les yeux clos. Il en profite pour me mitrailler à nouveau.

— Tu y es…

Sa voix est chaude.

— Oui, je sens que j’y suis. Putain, c’est bon ! ne puis-je m’empêcher de lâcher.

— Tu chuchotes comme une femme, tu sais ?

— J’ai l’impression de le devenir...

— Tu es rentré dans cette autre peau. Te voilà de l’autre côté du miroir.

Je m’accroupis, les talons des escarpins dans les fesses, la tête de côté dans le moelleux du dossier. Je balance ma croupe en mouvements circulaires, de plus en plus cambré pendant qu’il me flashe par derrière. J’ai besoin de sens tactile. J’aimerais qu’il me touche.

— Et toi, ça va ? lui-demandai-je d’une voix évaporée.

— Moi je bande, mais ne t’inquiète pas pour ça.

Je me redresse, la tête rejetée en arrière, un sourire de satisfaction aux lèvres.

— Tu bandes à chaque fois que tu prends des photos de mecs en train de jouer à la nana ? lui susurrai-je mutinement.

— Non, c’est rare. En général je reste froid même si le modèle fait tout pour m’exciter. Je ne suis que l’œil de l’objectif.

— C’est à cause de ce que je suis en train de faire, alors ?

— Tu donnes de jolis coups de reins mais je bandais déjà avant que tu bouges. Tu es très sensuel.

— Ca devient chaud, alors…

— Ca va être brûlant.

— Je garde la culotte ?

— Tu veux déjà l’enlever, petite coquine ?

— Ca te gêne ?

— Pas le moins du monde !

— Alors c’est toi qui l’enlève…

Il dégrafe le porte jarretelles, fait glisser le tissu arachnéen, prends une photo à mi-chemin, la culotte baissée sur les cuisses. Je les serre pour qu’on ne voit pas mes couilles.

— Cette croupe de femelle que tu as ! Ca fait vraiment illusion.

— Tu profites bien du paysage, hein ! Tu vois tout maintenant.

— Oui, je vois ton trou. Bien serré. Un petit trou de jeune fille modèle! dit-il en riant.

— Il n’est pas toujours serré, rectifié- je.

— Il a déjà été défloré ?

— Oui, monsieur.

— Petite sainte-nitouche !

Je ne réponds rien, je me contente d’un sourire espiègle. J’apprécie ce jeu de rôles.

— Le petit oiseau va sortir pour immortaliser ta petite porte secrète…

Il se rapproche de moi, je sens presque son souffle sur mes fesses. J’écarte instinctivement les cuisses. Il prend trois photos.

— Pour une première fois, tu te débrouilles plutôt bien, remarque- t’il perfidement.

— C’est parce que je me sens bien.

— Tu te sens capable d’aller jusqu’où ?

— Assez loin, je crois.

— Jusqu’à… faire la dévergondée ?

Je sens une attente dans sa voix.

— Je le suis déjà, non ? Mais je peux faire… la salope, si c’est ce que tu veux dire. Sous ton contrôle, bien sûr.

— Tu l’as déjà fait ?

La fausse naïveté de la question me fait sourire.

— La salope ? Pas comme ça. Pas dans ce contexte.

— Parce que je te prends en photo ?

— Entre autres. Disons que je suis particulièrement conditionné en ce moment.

— A cause de la tenue, alors ?

— Oui, ça me trouble beaucoup. Je me sens « femmellisé ».

— Pas seulement féminisé, alors ?

Je ris.

— Les deux. Femme en apparence et femelle en mon for intérieur.

— Une femme qui aime être traitée comme une femelle, alors ?

— Tout à fait !

Il me donne une tape sur les fesses pour tester.

— Comme ça, par exemple ?

— Voui !

Il a les yeux brillants. Il passe négligemment la main dans ma raie, puis me claque les hanches des deux mains.

— J’adore ça… me contenté-je de murmurer.

— Tu as la peau très douce et très fine. Ton cul est moelleux, comme tes hanches. Ca te va bien de faire la nana dévergondée ! Ca t’excite ?

— Ben oui !

— Lâche-toi complètement devant l’objectif.

Je me laisse glisser au sol, toujours face au canapé, les bras à plat sur les coussins, la croupe haute et les cuisses serrées pour qu’on ne voit toujours pas mes couilles, puis je lève les mollets, les escarpins à hauteur des fesses. Insidieusement, ma main s’immisce entre mes cuisses. D’un doigt, j’effleure mon bouton.

— On ne voit pas mes couilles ? m’assurè-je en conservant la pose pendant qu’il flashe à tout va.

— Non, mais si on les voyait, ça serait bien aussi, m’assure- t’il.

J’écarte les jambes et délaisse mon doigté. Je l’entends approuver.

— C’est bon, ça ! Elles sont toutes rondes. Roses et lisses. C’est super que tu sois complètement épilé. Allez, invite le regard à te pénétrer…

— Comme ça, par exemple ?

J’ai la voix d’une salope exhibitionniste. J’écarte mes fesses des deux mains pour élargir mon trou.

— J’ai une idée.

Il prend un flacon d’huile d’amande douce, me le tend.

— Mets en sur tes fesses, ça accentuera l’effet.

— Fais-le toi-même.

— J’en mets partout ?

— Où tu veux.

Il fait couler l’huile sur ses paumes et m’en oint généreusement les fesses, sa main passe sous mes cuisses, rejoint mes couilles, s’infiltre sur mon pubis, remonte vers mon nombril, enveloppe ma taille, puis mes flancs et mes seins, redescend sur mes hanches. Il reprend de l’huile, m’en fait couler un filet en haut du sillon. Je sens le liquide glisser sur mon anus. Je suis de plus en plus excité. Je lui dis. Son doigt posément en-trouve ma porte. J’exhale des soupirs de plaisir. J’oublie les photos. J’aimerais qu’il me prenne, tout de suite. Mais il se contente de me mitrailler.

— Retourne-toi.

Je me retourne, m’assoit sur le canapé, les jambes pliées en compas, me laisse glisser sur le dos, le cul ouvert, franchement obscène. Je fixe l’objectif en me demandant s’il a envie de m’embrocher.

— Tu vas mettre autre chose.

Je suis un peu déçu mais je ne dis rien. Je le vois sortir de sa malle l’attirail parfait du SM. Un string rouge transparent, si petit qu’on le voit à peine. Un harnais en cuir noir très fin. Une paire de cuissardes d’enfer, noires aussi, qui remontent au dessus du genou, avec des talons hauts à ne plus en finir. Une paire de mitaines, noires encore. Deux bracelets en cuir. Un collier de chien clouté, avec la laisse en fer émaillé. Une perruque blonde façon Crazy Horse. Une casquette en cuir. J’observe tout ça avec des yeux effarés et vaguement apeurés.

— Tu pourrais ouvrir un sex-shop !

— J’en ai pour tous les goûts, répond- il avec un sourire finaud.

— Bon, je veux bien essayer.

Je sais à quoi je m’expose en disant cela. J’acquiesce à ce tournant décisif dans notre séance de photos. En parfaite connaissance de cause…

-D’abord, il faut que je te remaquille.

Il accentue le mascara sur les paupières, l’étire sur les bords externes des yeux, rajoute du rouge carma sur mes lèvres. Met la perruque sur ma tête.

— Regarde toi.

Je rougis en voyant ce nouveau visage dans la glace. Le style pute SM me va bien. Trop bien !

— Le reste, maintenant.

Je suis complètement à poil devant lui. Je ne bande pas. Pas encore. J’enfile le string. La ficelle disparaît dans mes fesses. Puis le harnais. Un harnais à fines lanières qui se croisent sous les seins et se recroisent sur le pubis. Un savant entrelacement. Enfin, les cuissardes. Le contact du cuir sur mes jambes m’arrache un petit gloussement. J’attrape les bracelets, les mets aux poignets, puis les mitaines..

— On dirait que tu as fait ça toute ta vie.

— Non, mais ça vient vite.

Le collier, maintenant. Un collier infâmant d’esclave. Il est trop étroit, je n’arrive pas à le clipper. Il m’aide. J’ai la gorge serrée, j’ai du mal à respirer.

— C’est normal, me dit-il. Tu vas t’y faire.

Et enfin, la casquette. Je me dirige vers la glace, m’observe sous toutes les coutures, découvre une créature qui n’est plus moi et qui me fait chaud dans le bas ventre tant elle m’excite. Je me retourne vers lui, le regard annonciateur de mes turpitudes. Ses yeux me renvoient des éclairs de convoitise.

Il prend plein de photos, dans tous les sens. Debout, à genoux, assis, pendant que je marche.

— C’est génial de marcher avec ces cuissardes, lui dis-je. C’est une sensation géniale !

— Va sur le palier.

Je me retourne brusquement.

-Quoi ?

— On va sur le palier. Il faut que je te photographie dans les escaliers.

Je reste sans voix.

— Mais c’est vachement risqué !

— Je prends un imperméable si on croise quelqu’un. Et puis, le gens sont au boulot à cette heure.

J’hésite. Je réfléchis aussi vite que je peux. Je suis incognito et il y a l’imperméable au cas où…Dans le pire des cas, on remonte vite fait chez lui, moi la tête dans les épaules ! Et lui a l’air de se foutre du « qu’en dira- t’on ».

— D’accord, mais pas longtemps.

J’enfile l’imperméable. Il embarque un camescope. Le coquin !

— Je croyais qu’on faisait des photos.

— En mouvement, c’est encore mieux, non ?

On sort furtivement de l’appartement et on emprunte immédiatement l’escalier de secours. J’ai le feu aux joues… et ailleurs. J’enlève l’imper et je commence à gravir les marches, une à une. Il me suit pas à pas en me filmant. On arrive déjà au palier suivant.

— Continue…

Je continue, prenant plaisir à cette escalade. On arrive au deuxième palier. On se croirait dans un donjon.

— Continue, il faut que ça dure un petit moment…

On grimpe encore quatre étages comme ça, lentement, moi dans cette tenue sulfureuse, lui l’imperméable sur une épaule, le camescope sur l’autre. A chaque palier, je redoute que la porte s’ouvre brusquement, mais en même temps j’ai un plaisir énorme à être suivi et filmé dans pareille tenue, comme si j’entraînais un visiteur dans un lieu de plaisirs occultes. Je me fais l’effet d’une putain qui précède son client dans un hôtel de passe et ça n’est pas pour me déplaire.

Je m’adosse contre le béton brut et le fixe. Il continue de me filmer, jouant du zoom, me demande de me retourner et de me cambrer pour qu’on voit bien mon cul.

— On y va, maintenant ?

— Enlève juste le string.

Je l’enlève. Il me prend de face.

— Touche-toi un peu.

Je me caresse un peu. Je commence à bander. Pas beaucoup.

— C’est exactement ce qu’il faut.

Il me filme encore. Il est tout excité.

— Bon, on y va ? Je commence à avoir froid.

On redescend l’escalier. Il me tient la main pour que je ne trébuche pas. Les talons de mes cuissardes font un boucan d’enfer. Arrivé à son étage, je le vois fouiller dans ses poches nerveusement.

— Et merde !

Je me remets à grelotter.

-Ne me dis pas que…

— Ben si. J’ai laissé les clés dans l’appart.

Il se tape le front. Je me retiens de l’insulter. Je l’ai saumâtre. Très saumâtre. Je regrette instantanément de m’être fourvoyé dans cette galère.

— Bravo ! Et on fait quoi maintenant ? On appelle un serrurier ? Passe-moi l’imper !

— J’ai un pote qui a un double. Je vais l’appeler.

Notre séance tourne à l’eau de boudin.

— Il sait ce que tu fais, au moins ?

— Oui, t’inquiète pas pour ça.

Je soupire.

— Je me demande jusqu’à quel point… Appelle-le. Magne-toi !

Si ça ne répond pas, je l’étrangle avec le string… Ca décroche. Il bafouille qu’il est avec un ami sur le palier et qu’il a oublié les clés chez lui, qu’on ne peut pas attendre parce que je suis pressé. J’entends l’autre râler puis raccrocher brusquement.

— Il arrive dans un quart d’heure. Il est pas loin d’ici. Cool.

Intérieurement, je me promets que je me casse dès qu’on est chez lui.

Les minutes passent interminablement dans cet escalier. Je me calme un peu. Il me regarde en coin, penaud.

— C’était bien, dans l’escalier…

— Ouais, super ! J’adore être à moitié à poil dans un escalier en béton !

— C’est pas un drame, quand même.

— Non, mais mets-toi à ma place. Je ne connais pas ton pote et en général, quand on me présente, je ne suis pas attifé en pute sado-maso!

— N’empêche, ca te va vraiment bien.

Je me radoucis et lui envoie une mimique de sourire forcé.

— Enfin un sourire ! Je peux filmer ?

— Ca fera passer le temps, lui réponds-je d’une voix ironique.

Pendant qu’il me filme, je passe par toutes les expressions. Sourire doucereux, sourire de star, sourire narquois, sourire de revue de music-hall, sourire putassier…En même temps j’écarte un peu l’imper sur mes épaules. Je cesse de sourire et le fixe. Je laisse glisser l’imper sur le sol. J’enlève le string, une jambe après l’autre. Je recule lentement sans cesser de le fixer et me retourne. Je gravis trois marches. Je m’agenouille posément, je cambre les fesses. Je sens l’air froid qui chatouille mon anus.

— On avait oublié ça, lui dis-je d’une voix lointaine.

Il s’approche tout en continuant à filmer. Je ne bouge pas, j ’écarte juste encore un peu les fesses, passe ma main dans mon sillon, effleure mon anus du doigt en une invite, à vingt centimètres de son visage. Il pose le camescope sur une marche. Sa main se pose sur mon entrejambe, caresse mes couilles, remonte sur mon anus. J’ai un frisson de plaisir. Il a décidemment les mains larges et très douces. Je l’entends soupirer de désir. J’ai envie qu’il me prenne maintenant, sans façon.

Son portable sonne. Le charme est rompu. Retour aux réalités.

— Il est en bas de l’immeuble.

Je me rhabille.

— Comment on fait ? Il te file vite fait les clés et tu me viens me chercher ?

Il semble très embarrassé. J’attends sa réponse en fronçant les sourcils.

— Euh… ca serait pas très sympa de le renvoyer tout de suite. Sans lui, on serait dans la merde.

— A cause de toi, on est déjà dans la merde ! répliquai-je.

— Ecoute, il ne te connaît pas et il sait que je fais des photos de mecs travestis. Donc, pas de souci.

— Putain, quand il va me voir comme ça ! Ca me colle la honte.

— Tu n’avais pas honte, il ya deux minutes, rétorque- t’il avec un sourire malicieux.

— Mais on était tous les deux, banane !

Il baisse la tête d’un air fataliste. Je soupire, encore plus agacé.

— Bon allez, on y va. Dès qu’on est arrivé, je me change illico dans ta piaule.

Il ne répond pas. On arrive sur le palier. Je vois un mec qui attend, adossé contre le mur, l’air renfrogné. Un compatriote de mon hôte. Je ressers le col de l’imperméable. J’évite de le regarder mais je vois qu’il a un mouvement de surprise. Il jette un coup d’œil à son pote avec un air interrogateur.

— Je croyais que tu étais avec un ami, s’étonne- t’il.

— C’est le cas, répond l’autre d’un air laconique.

Il me dévisage un instant, la bouche bée, se gratte la tête, puis lève les yeux au ciel.

— OK, je comprends, dit-il en matant le camescope.

Il me regarde à nouveau avec insistance..

-Compliments ! me dit-il en hochant la tête..

Je ne sais pas quelle posture adopter. La jouer lointaine ou cool ? Je me contente d’un petit signe de tête. On entre. Enfin ! Les accessoires sont dispersés sur le sol. Je me pince les lèvres en voyant la culotte en dentelle, le porte-jarretelles et le flacon de poppers. La piaule vite, où est la piaule ? Il n’y en a pas puisque c’est un grand studio. Je reste debout, les bras croisés.

— Tu veux boire quelque-chose ? demande- t’il à l’adresse de son copain.

— Une bière.

— Et toi, comme tout à l’heure ? dit-il en montrant la bouteille de Scotch.

L’enfoiré, me dis-je intérieurement. Je ne sais pas comment faire pour me barrer tout de suite.

— Un dernier verre et je m’en vais ! le prévins-je d’un ton catégorique mais avec une voix un peu haut perchée.

On s’assoit chacun dans un fauteuil. Son pote me regarde avec un sourire vaguement intimidé. L’imperméable bien ajusté sur mes jambes croisées, j’affiche un air impénétrable, me demandant combien de temps je vais tenir comme ça, à me faire reluquer comme une nana à poil sous son imper. L’autre s’empare de son appareil photo, fait la moue.

— Quoi ? lui dis-je. T’as pas oublié de mettre une carte, par-dessus le marché !

On se marre tous les trois. L’atmosphère se détend .

— Ca aurait été dommage, vu la qualité du modèle, me dit-il. Mais on n’a fait que cinquante photos.

Je hausse les épaules d’un air désinvolte.

— C’est déjà pas mal, on verra une autre fois.

— C’est quand même con, cette histoire de clé…

— Ben oui, tant pis, dis-je en affichant une expression résignée qui n’engage à rien.

Je jette un coup d’œil à son copain, qui fixe ses chaussures, mal à l’aise. Mon verre est presque vide.

— Bon, faut que j’y aille, dis-je en me levant. On s’appelle…La salle de bains est là ?

— Euh oui, mais attends, reste un peu…Ca me fait chier que tu te barres comme ça. Tu vas garder un mauvais souvenir.

Il a l’air sincèrement désemparé. Plus que moi. Je devine qu’il craint que je ne le recontacte jamais, échaudé par cette déconvenue. L’autre continue à se faire oublier. Je temporise.

— C’est pas si grave que ça, dis-je en agitant la main. Ton copain nous a sauvé la mise. Finalement, c’était plutôt marrant. Bon, d’accord, un dernier verre parce que ton whisky est bon. Mais après, je me change et je reprends une activité normale !

Il est tout sourire. Son copain aussi, rassuré que sa présence ne me dérange pas tant que ça.

— Tchin !

— Tchin ! répondent-ils en levant leurs verres.

Je cherche mes cigarettes du regard.

— Je peux ?

— Exceptionnellement, oui, me dit-il. Je ne peux rien te refuser.

Je me lève pour attraper mon paquet de cigarettes.

— D’ailleurs, je ne te refuse rien, insiste- t’il en lorgnant les cuissardes dévoilées sous le pan de l’imperméable.

J’ai un sourire d’approbation amusée.

— Effectivement, réponds-je en parcourant des yeux toutes les affaires qui traînent. C’est la caverne d’Ali Baba. Mais il manque le fume cigarettes !

Il se lève, en sort un d’un tiroir. Je suis pris au dépourvu. J’enfile la cigarette dans l’étui. J’observe mes mains fines, avec ces ongles de diablesse. Il reprend l’appareil photo.

— Je vais juste faire une photo avec le fume-cigarette, dit-il.

Ca ne mange pas de pain, me dis-je. Il prend trois photos. Je m’amuse à faire des volutes, les lèvres en cercle.

— C’est très soft, par rapport à tout à l’heure, ne peut-il s’empêcher de remarquer.

J’approuve avec un sourire fataliste.

— Forcément. Il ya eu une interruption de séance.

— Tu ne veux pas qu’on reprenne un peu ?

J’ai un moment de flottement.

— Pas comme tout à l’heure, en tout cas, dis-je en regardant son copain.

— A cause de lui? C’est juste une ombre chinoise. Et puis, ça ne te gêne pas, hein ? rajoute-t-il en le prenant à témoin.

L’autre agite les mains en signe de parfaite neutralité. Je recommence à être émoustillé mais me garde bien de le faire savoir.

— Tu as déjà assisté à des séances ? lui demandai-je d’un ton prudent.

— C’est le grand dada de mon copain, répond-il. Alors, forcément, oui. Quand il a besoin de moi, je suis son assistant.

J’ai un sourire éclairé.

— Je vois…Tu tiens l’appareil photo pendant qu’il appuie sur le déclencheur.

Ils pouffent tous les deux comme des gamins.

— Blague à part, si je coince, on arrête.

Je passe ma langue sur mes lèvres et fait un peu glisser l’imperméable sur mes épaules. Je m’arrête là et j’attends.

— Bon… OK, dit mon photographe d’un ton un peu dépité.

Il prend une photo sans conviction. L’autre semble attendre comme si la séance n’avait pas encore commencé !

— Ca ne suffit pas ? dis-je d’un ton ironique.

J’ai droit à une moue dubitative de l’un et à un haussement d’épaules de l’autre.

— Pas assez déshabillé, peut-être ? ajoutai-je mielleusement.

— C’est pas ça qui était prévu, renchérit le faux jeton.

Comme si nous avions fait des photos de vacances avant que son pote rapplique !

— Oh mais oui, c’est vrai, où avais-je la tête ? persifflai-je.

Je les regarde tous les deux dans les yeux. Je me lève et je fais glisser l’imperméable que j’écarte négligemment d’un coup de pied. Les mains sur mes hanches, j’attends la réaction du prétendu assistant. L’effet est immédiat. Il a les yeux sortis des orbites. Il me reluque abondamment, le menton pendant, et feint de s’essuyer le front.

— Waouh ! Ca change de l’ordinaire.

— Ah bon ? dis-je avec une sincère innocence, cette fois.

— Je te jure, dit-il en regardant son copain avec moquerie. Quand il ramène quelqu’un, c’est pas toujours top ! Toi, tu as déjà une tenue chaude mais c’est pas l’essentiel. Tu es balancé comme une gonzesse, je te jure ! Même le visage. Trop fort ! Et ton cul et tes hanches, putain !

Maintenant, je sais qu’ils sont deux à me désirer. Ca excite mon imagination.

— Tu photographies ou tu filmes ? lui dis-je avec aplomb.

Il a l’air surpris.

— Tu veux que je te filme ?

— Autant continuer comme ça, non ? Ca me donne plus de liberté dans les mouvements. Et comme ton assistant est là, il pourra peut-être se rendre utile…

Il comprend très bien mon allusion qui prête à toutes les suggestions et ses yeux s’éclairent de ravissement. Ceux de son comparse sont encore plus brillants.

— Je te reçois cinq sur cinq ! On reprend là où on s’est arrêtés ?

Je repars au quart de tour. Avec le cœur qui bat la chamade.

— On était déjà bien avancés, non ?

— On était très bien. Pas encore au bout de ton parcours.

Je le regarde encore d’un air faussement ingénu.

— Ah oui, et il y a quoi au bout ?

— Ca dépend de toi.

— De toi aussi…enfin de vous aussi, puisque vous êtes deux, maintenant. Seul, j’ai du mal à me lâcher.

— On ne te perd pas de vue. On n’en perd pas une miette !

— Alors ça me rassure…

— Tu te sens comment, par rapport à tout à l’heure ? me dit-il en faisant tourner sa caméra.

La température monte allègrement.

— Assez bien, ça va, dis-je dans un souffle.

— Assez chaude, tu veux dire ?

— Dit comme ça, oui…assez chaude…avouai-je.

J’ai un sourire évanescent qui en dit long sur ma résistance. Son copain se lève.

— Comme tout à l’heure, avant que j’arrive ?

— C’est pas pareil, vous êtes deux, maintenant.

— Et ça te gêne ?

— Ce ne me déplaît pas. Ca ouvre des horizons pour la suite.

Son copain se rapproche derrière moi. Il encercle ma taille d’une main. De l’autre, il me tend le poppers ouvert.

— Avec ça, tu auras encore plus chaud, ma belle.

Je sniffe le poison devant l’œil de la caméra. Ma tête part en arrière. J’ai la bouche ouverte, abdiquant toute résistance. Je suis en prise consentante avec deux diables noirs qui vont m’embarquer.

— Encore ? me demande- t’il.

— Oui…

Une nouvelle goulée. Je sens tout mon corps, chaque grain de ma peau avec une acuité incroyable. Il se colle à moi. Caresse mon ventre et mes hanches.

— Jolie femelle blanche à la peau douce et tendre…

J’ai la tête qui tourne pendant qu’il parcourt mon corps des mains, en s’attardant sur mes hanches et mes seins. Puis il me pousse doucement sur les épaules. Je me laisse faire et me reçois sur les genoux, les mains à plat sur le canapé. Il m’attrape par le collier, accroche la laisse au mousqueton.

-Jolie petite chienne, maintenant…

Si vite ! Il tire sur le collier, m’arrache un cri d’étranglement.

— Doucement, implorai-je.

— Fais le tour de la pièce. A quatre pattes.

Mon Dieu ! Déjà ?

Je marche comme il me l’ordonne, manque de me cogner dans les meubles, la laisse tendue. L’autre nous suit, filmant de haut en bas et en mouvements circulaires.

— Elle est belle, cette chienne, hein !

— Oui, regarde son cul, comment elle le balance...

— Monte sur le canapé maintenant, ma gazelle..

Une jambe, puis l’autre. A genoux.

— Montre bien ton cul, ma blanchette.

Je le montre bien. Il me donne des tapes, de plus en plus fortes. J’ondoie entre les coups, la bouche ouverte.

— Mais on dirait qu’elle aime ça. Elle en veut encore ?

Mons silence vaut approbation. Il enlève le string.

— T’as un cul magnifique, ma salope, grogne- t’il. Ton trou est serré mais t’aimerais qu’il se détende, je parie.

Je hausse les épaules d’un air qui ne veut pas dire non.

— Avec deux blacks bien membrés.

— Il paraît que vous avez des grosses queues! approuvai-je.

— On va d’abord te tester, ma chérie. On ne baise pas n’importe qui, nous ! Il faut nous mériter. Il faut que tu sois complètement open !

Il revient avec un gode, énorme. Ca ne passera jamais, me dis-je ! Ou alors ils vont me déchirer. Il me le donne à lécher. Je le suce comme si c’était une vraie bite.

— Elle est goulue, notre chienne ! On va voir si elle est aussi gourmande derrière que devant.

Il me redonne le poppers.

— Garde-le, me dit-il. Tu vas en voir besoin.

Je me shoote pendant qu’il asperge mon anus de gel. Je pousse du cul pendant qu’il introduit le gode. Il le fait tourner en même temps qu’il l’enfonce.

— Arrête, j’ai mal, le supplié-je.

Il le sort un instant. Je me détends. Il remet du gel et le réintroduit.

-Ouvre bien ta chatte, mon trésor.

— Elle est déjà bien ouverte, regarde!

L’autre en rajoute en continuant de filmer.

— T’es notre pouliche à nous, hein ? Tu aimes ce qu’on fait ?

Je relève la tête.

— Vous êtes deux salauds, leur dis-je avec un sourire de supplicié.

Le gode s’enfonce dans mon fourreau. Je n’ose imaginer où il en est. Il le ressort, s’écarte pour que son copain puisse filmer.

— Il est déjà aussi large qu’une pièce de cinq francs.

— Ton cul n’a jamais été aussi élargi, hein !

— Jamais comme ça, réponds-je avec délectation.

— Si c’était pas nous, tu l’aurais fait ?

— Non, c’est parce que c’est vous…

— Parce qu’on est des blacks et que ça t’excite ?

— Oui, ça me fait fantasmer. Comme toutes les nanas.

— Et comme t’en es une…

Je reçois une belle claque sur les fesses.

— T’es même mieux qu’une nana, rajoute l’autres. T’as le cul d’une nana et le mental d’un mec qui est une vraie salope. On kiffe les mecs comme toi. Les blancs laiteux.

— Je suis une salope laiteuse, alors ?

— Exact. Tu fais un peu snob comme ça mais nous on voit qui tu es, en ce moment, avec ton cul ouvert et ta rondelle qui réclame à mort. Tu pourrais te faire baiser par un cheval en ce moment.

— Qui fait le cheval ? répliquai-je.

Il me ré-enfonce le gode. Je serre les dents puis ouvre la bouche au fur et à mesure de la progression. J’ai l’impression d’être empalé et pourtant je n’ai plus mal. Le braquemart est lové en moi, confortablement.

— On fait une pause. Tu vas le garder un moment. Pour que tu restes bien ouvert.

— T’as pas mal ? s’enquiert le filmeur.

— Non, mais c’est gentil de t’inquiéter, lui dis-je d’un ton ironique.

— De toute façon, tu n’as qu’à faire un signe pour qu’on arrête, renchérit l’autre.

— Ca me semble évident, répliqué-je d’un ton sec.

Cette petite mise au point n’est pas malvenue. Je vais me regarder dans la glace. Je me plais toujours autant. J’ai des yeux plus durs que tout à l’heure, comme une professionnelle.. Je me retourne et vois la garde du gode collé à mon anus. C’est une sensation inouïe d’avoir un tel braquemart dans le cul. Je me demande combien il mesure.

— Il fait 30 centimètres, dit l’un comme s’il avait deviné ma question.

— Et 8 de diamètre, dit l’autre.

Je mets ma main devant ma bouche, ahuri et je les regarde pendant qu’ils s’assoient sur le canapé.

— Viens ici.

Je vais m’asseoir entre eux deux, sur le canapé. Le filmeur prend la caméra et me la tend. Je regarde les premières images sur le minuscule écran. Je me vois comme à la télé et me reconnais encore moins. C’est une autre personne, une créature fantasmagorique à la peau satinée, ange et pute, à la fois altière et intrépide. Je me vois dans l’escalier en contreplongée, le cul en mouvement, ce cul que je n’imaginais pas aussi excitant. J’observe ma façon de marcher, le mouvement pendulaire de ma croupe pendant que je gravis les marches, mes expressions quand je fixe l’objectif en même temps que je me caresse. Arrive la scène où je m’agenouille sur les marches et où je caresse mon entre-fesses…

— Si tu voulais, tu pourrais jouer dans des films, me dit l’un.

Je me ressers un verre. Ils m’entourent les épaules de leurs bras. Je bois un coup et pose mon verre. Je sais qu’ils pensent que je suis une salope tombée de la providence et qu’ils auraient tort de ne pas en profiter. Et la salope que je suis est encore plus excitée à cette idée. De chaque main, je dégrafe négligemment leurs pantalons. Maintenant leurs mains envahissent mon corps. J’exhume leurs bites tendues. Comme je l’espérais, ils sont montés comme des ânes. Il y en a un qui caresse mes couilles pendant que l’autre pince un mamelon. Je me crispe un peu, il accentue la pression. Je grimace. L’autre compense en me masturbant. Je recommence à bander. Ma petite bite prend du volume. J’halète de plaisir et de douleur mélangée pendant que l’autre malmène mes tétons. Je penche la tête de côté, les lèvres entrouvertes. Il me caresse la joue puis plaque sa bouche contre la mienne. Je sens sa langue m’envahir, je lui donne la mienne. On s’embrasse longuement, presque savamment. Au tour de l’autre maintenant. Même effet. Je roule des pelles à deux hommes en même temps, de plus en plus langoureuses. Ils prennent du poppers, se le font passer avec moi au passage. Deux doses au lieu d’une ! On s’embrasse à nouveau, mes mains partent à la recherche de leurs corps. Ils se déshabillent en même temps. A travers le voile de mes yeux vaporeux, je distingue deux corps musclés et fins. Ils me prennent par la main, on se lève. Ils déplient le canapé, comme dans un scénario soigneusement rôdé. On va faire l’amour, déjà ?

Je m’allonge sur le dos. L’un va dans la cuisine pendant que l’autre retire doucement le gode. Les jambes en l’air, je le regarde, luisant. Je passe machinalement ma main en moi. Elle y entre complètement ! Je respire fort, je soupire d’effarement et de contentement en lui jetant un sourire complice.

L’autre revient avec des glaçons. Il filme mon trou béant puis enfonce un glaçon. Sensation unique qui me rafraîchit immédiatement. Le glaçon est absorbé. Un autre, puis un troisième. Je glousse d’aise. Jamais mon cul n’a été aussi exploré et envahi. On s’embrasse à nouveau puis l’un des deux me retourne, se met devant moi. J’ai le visage collé sur ses cuisses, sa bite devant moi. L’autre me soulève les reins. Je suis à nouveau à quatre pattes, comme la chienne que je suis. J’entends un bruit de lanières et je reçois aussitôt un léger coup de martinet sur les fesses. Je ferme les yeux. Un nouveau coup fuse, plus cinglant. Ca me brûle les fesses. Je sursaute.

-S’il te plaît, doucement…

— Tu ne veux pas qu’on te punisse ?

— Me punir d’être une salope ?

— Oui.

— Alors punis-moi …

Je m’enfonce dans les cuisses de l’autre. J’agrippe ses hanches. Les coups de martinet fusent, précis. Je serre les dents, me retiens de ne pas mordre les cuisses. Je sens le flacon collé sous mon nez. Je le hume à nouveau. Je me détends complètement. Je pète tant je suis dilaté.

— Elle a pété, cette garce !

Un coup de lanières dans la raie. Je sursaute mais la brûlure devient plus supportable.

— Si tu bouges encore, je t’attache.

Un nouveau coup pour me faire sursauter. Je pleurniche doucement, plaisir et humiliation confondues. Il attrape mes mains, les rejoint dans le dos. Me passe les menottes. Je suis complètement neutralisé. Il remet la laisse à mon cou.

— Demande pardon ! m’ordonne- t’il.

— Pardon, dis-je piteusement.

— Mieux que ça, m’enjoint-il en tirant sur la laisse.

J’ai la tête tirée en arrière, les larmes aux yeux.

— Pardon !

— Pardon qui ?

Un nouveau coup fulgurant, encore sur l’anus. La brulure est toujours aussi mordante, mais elle dure moins longtemps et se transforme en nouvelle sensation. Mon corps commence à répondre à mon cerveau qui accepte cette punition.

— Pardon, mes maîtres !

— C’est bien, me dit-il en passant doucement sa main dans mon sillon. Tu commences à t’habituer ?

— Oui, espèce de salaud !

— Filme-la pendant que je la fouette, dit-il à son comparse.

« Oui, fouette-moi bien ! », supplie-je intérieurement. Il se dégage, prend la caméra.

— Vas-y, c’est prêt.

— Tu es prête, la putain blanche ?

— Je suis prête, sale nègre !

Il rigole et me fouette comme il l’a promis. Jamais trop fort, mais suffisamment fort. Je ne peux plus retenir mes cris. Mais ce sont de cris de plaisir dans la souffrance. Ce n’est plus de la souffrance, d’ailleurs. C’est de la jouissance inédite. Je comprends qu’on puisse aimer avoir mal. Parfois, les lanières fouettent mes couilles. J’ai le cul tendu comme un arc. J’en redemande malgré moi et je fins par exclamer « oui ! » à chaque coup.

— Putain, la bonne bourriche que c’est ! Jamais vu ça.

L’autre délaisse la caméra et se réinstalle en face de moi. Il enlève mes menottes. Je le remercie du regard. Il me colle une gifle. Pas forte.

— Et ça, tu aimes ?

— Essaie encore, pour voir, répond-je d’un ton menaçant.

Une autre claque. Je ferme les yeux. J’ai besoin de justification pour me soumettre.

— Et toi, tu me punis de quoi ?

— De nous avoir traités de sales nègres tout à l’heure.

J’ai un sourire de vaincu.

— Accordé…

Il m’envoie un petit aller et retour comme un mari en colère.

— Je te demande pardon, lui dis-je.

— Tu crois que ça suffit ? Regarde-moi !

Une autre gifle. Celle-là me fait tourner un peu la tête. C’est l’autre qui filme, maintenant.

— Tu m’as traité de putain blanche mais je comprends ta colère…

— Arrête ton blabla. Tu n’es qu’une putain et tu mérites d’être punie.

— Alors punie-moi aussi….

Il me gifle, sans brutalité mais fermement. Des petites claques qui font rougir mes joues et me mettent encore le feu. Je le regarde à chaque fois, d’un air de mois en moins implorant.

— Même pas mal, lui dis-je avec effronterie.

J’ai pourtant les yeux en larmes mais il voit bien que j’aime ce qu’il m’inflige. Il attire ma tête vers la sienne, colle ma bouche à la sienne mais ne dessert pas les lèvres. Il rejette ma tête en arrière.

— C’est moi qui décide.

— Oui. J’attends.

— Viens ici !

Je reviens et cette fois il ouvre les lèvres. Je l’embrasse avidement. Il mord mes lèvres. Je me retire, passe ma main sur ma bouche. A peine ai-je terminé qu’il me re-gifle. Il peut le faire autant qu’il veut. Je suis en vitesse de croisière.

-Maintenant, on va te baiser car tu n’attends que ça !

C’est facile à deviner !

— Tous les deux ? fais-je mine de m’inquiéter.

— A nous deux, on ne sera pas de trop pour te remplir !

— Chiche !

Il s’allonge sur le dos. Je le chevauche en prenant sa bite à la main et je m’empale lentement sur lui, le cul béant et bouillant. Sa queue entre en moi comme dans du beurre. A califourchon, je l’ai au fond de moi, déjà. Ils m’ont bien élargi, les bougres ! L’autre filme pendant que je danse lascivement sur son ventre, que j’ondoie en long et en large, que je fais tourner mon cul autour de son pieu, ce pieu que j’absorbe comme une ventouse et le laisse rejaillir avant de l’engloutir à nouveau. Il me donne son doigt à sucer. Je le mange. Il malaxe mes hanches, mes seins, fait rouler mes mamelons dans ses paumes, me baise comme une vraie nana en chaleur. Mon cul s’écrase contre ses couilles dans un bruit obscène. Je halète comme une fille qui prend son pied. A chaque coup de butoir, je suis soulevé et manque de me désarçonner tant il est puissant mais je retombe droit sur le pal. C’est un trot enlevé magnifique, impérial. Cette queue raide et vivante qui me bourre allègrement, c’est quand même mieux qu’un godemiché. Il souffle un peu, comme s’il se livrait à un marathon. Il baisse le rythme, nous voici au petit trot, un sourire complice aux lèvres.

— Ne bouge pas, cavalière!

La cavalière tourne la tête. Mon photographe est en train d’installer la caméra sur un trépied, orienté de trois quarts arrière. Je suis en train de comprendre. Il veut nous filmer tous les trois, avec moi au milieu ! Moi, en train de me faire baiser par deux mecs, c’est donc vrai ! L’installation prend un certain temps. On continue à notre rythme piano en même temps qu’il ajuste le trépied, l’œil collé au viseur.

Il se met derrière moi, enlace un bandeau sur mes yeux. J’ai un mouvement de surprise. Il donne une petite poussée sur mes épaules. Je bascule en avant et me retire. Il m’asperge abondamment de gel. Je me réintroduis à moitié dans mon hôte. Il soulève mes fesses sans me désarçonner. Il s’enfonce à son tour. Au début ça passe mais à mi-chemin, je coince.

— Aïe ! Vous êtres trop gros, dis-je.

— Soulève un peu ton bassin, dit-il à son comparse.

Je suis mieux positionné maintenant. Je m’accroche aux épaules de mon vis à vis pendant qu’il s’enfonce. Sensation inouïe de ces deux bites dans mon cul. Je suis au septième ciel, au nirvana du plaisir brut. Le rythme à trois se fait progressivement. Mon cul bouge tout seul, au tempo bien huilé de leurs pénétrations successives. Je n’ai plus qu’à me laisser faire. Je mords le doigt de celui qui est derrière pendant que l’autre pince mes tétons qui deviennent durs et fait mine de m’étrangler, comme si le collier de chienne ne suffisait pas. Je cherche l’air dans le noir, je sens mon sang affluer dans mes jugulaires, je sens ces deux braquemarts qui m’envahissent sans relâche, me fouillent. Je me donne à eux comme une femelle éperdue, dépossédée de son âme. Je recommence à haleter avec force, je m’entends pousser des râles. Des râles féminins. Ils me bourrent maintenant en même temps et non plus l’un après l’autre. Je ne sais pas comment c’est possible. Mon anus est aussi béant qu’un tunnel. Je suis un formidable réservoir à bites, me dis-je. Je me sens en suspension. Je gémis, je crie, je supplie, je me gargarise de leurs queues, de leurs mains, de leurs invectives. Ils m’emmènent loin, très loin dans cette jouissance ataraxique au plus profond de moi. Je me noie dans un monde sonore et sensoriel de chairs entrechoquées, de pénétrations gigantesques, d’étreintes implacables, de respirations animales. J’en voudrais un troisième, que je puisse pomper à mort. Et encore deux autres, que je puisse branler frénétiquement, tant qu’à faire ! Je voudrais des queues partout…

Je sens que je vais succomber. Il faut que leur dise.

— Je vais jouir ! criai-je en arrachant le masque.

Ils accélèrent le rythme. Tans et si fort que je suis désarçonné. Ils hésitent un instant puis m’obligent à me tourner face à la caméra. Je suis à genoux et ils me présentent leurs queues, leurs grosses queues que je caresse des lèvres et que je suce l’une après l’autre, en gros plan devant la caméra. Rapidement, ils m’obligent à me retourner à nouveau, cette fois le cul face à la caméra. L’un des deux me défonce avec force et reste bloqué dans mon anus. Je me prépare. Je sens un soubresaut puis une décharge puissante dans mon cul, chaude et visqueuse. Un jet qui n’en finit pas. Il se retire doucement, m’intime de ne pas bouger mais me fait pivoter un peu pour que mon réceptacle soit face à l’œil de la caméra. Je sens le sperme qui rejaillit de mon anus, qui glisse sur mes cuisses. Je m’en oins les fesses. L’autre m’encule à son tour, me bourre aussi sauvagement et jouit en poussant un râle rauque. Une deuxième giclée m’envahit le bas ventre avec des spasmes pendant que je bascule, la tête en avant. Un deuxième raz de marée de foutre, une deuxième décharge électrique. La tête dans les épaules, je me branle d’une main et introduit l’autre main dans mon cul. Je cueille le sperme et le porte à ma bouche, le lèche. Et je crois que je vais mourir de plaisir pendant que je jouis à mon tour.

Je me tourne vers la caméra, les regarde comme eux me regardent. Avec une expression ahurie après pareil déchaînement. On échange des sourires complices, comme des athlètes après l’effort. Je passe mes mains sur mes fesses et étale sur tout mon cors leur semence, jusqu’aux seins. Puis je porte le doigt à ma bouche et le suce. J’envoie enfin un baiser à la caméra qui continue de tourner. Ce sera la dernière image.

J’attends que l’autre soit parti pour me laver et me changer. Pendant ce temps, mon hôte est affairé devant son ordinateur. Quand je ressors de la salle de bains, revêtu de mon apparence ordinaire avec quand même des cernes sous les yeux, il me regarde et se tapant le front.

— Qui pourrait le croire?

— Personne d’autre que nous deux, lui dis-je.

Il me tend deux disques. Un CD contenant les photos et un DVD contenant le film.

— J’ai jeté un coup d’œil. C’est torride…

— Je vais regarder ça tranquillement chez moi, si tu permets…

— Tu m’appelles pour me dire ce que tu en penses ?

— Si je me remets du visionnage !

— Tu ne te reconnaîtras pas. Tu croiras que c’est quelqu’un d’autre.

— On ne devine vraiment pas que c’est moi ?

— Absolument pas ! Ce qu’on voit, c’est une créature sexuelle. Ultra femelle dans toute son attitude, avec un corps bandant et prête à tout.

— Un homme-femelle , alors ? dis-je d’un ton interrogateur.

Il s’enfonce dans son fauteuil, l’air très sérieux.

— Tu te souviens de mon annonce ?

— Euh…oui.

— J’avais écrit « trans. exclus », non ?

— Oui, c’est vrai. Et pourtant, ça l’aurait encore plus fait, non ?

Il secoue la tête en dénégation.

— Je n’aime pas les transsexuels. Je vais te dire pourquoi. Certains sont absolument parfaits du point de vue esthétique. Trop parfaits. C’est l’escalade pour devenir plus féminin que les femmes biologiques. Et justement, avoir des atouts féminins aussi exagérés avec une bite entre les jambes, ça ne correspond plus à rien. Ce sont des imitations incongrues. Des caricatures.

Je réfléchis à ses propos.

— Je vois ce que tu veux dire. Et pourtant, moi j’aime les transsexuels. Je ressens même une très forte attirance pour eux.

Il ne paraît pas du tout étonné.

— Evidemment, puisque tu rêves d’être comme eux !

Je ris.

— Oui, à certains moments.

— Et tu n’as de plaisir avec les hommes que lorsque tu te sens pleinement femelle. Je me trompe ?

— Tu as raison, je ne suis pas un vrai pédé.

— Tu n’es pas du tout un pédé, tu es un transgenre.

Je le regarde avec une certaine admiration.

— Tu es très psychologue…

— C’est ça qui m’intéresse chez les mecs comme toi. Les hommes mentalement féminisés avec un corps androgyne ou féminin, mais sans transformation artificielle. Le jour où tu seras complètement féminisé à coups d’hormones et d’implants, tu ne m’intéresseras plus.

— D’accord, mais si j’avais un physique de camionneur, on n’aurait pas fait ce qu’on a fait, non ?

Il lève les yeux au ciel.

— Tu t’es vu? Ca te suffit comme explication ?

— Que du naturel, c’est vrai !

— Et tu connais ton mental ?

— Tu veux dire celui d’une salope jusqu’au bout des ongles? dis-je en riant.

Il acquiesce vigoureusement.

— Voilà ce que j’aime : l’entre deux qui permet de basculer complètement de l’autre côté de la frontière si le sujet le veut, en allant jusqu’au bout. Et tu t’y prêtes très bien. Les accessoires sont secondaires.

— Disons qu’ils m’aident largement à entrer dans cette autre peau, quand même !

J’attrape mon blouson.

— Promets-moi que tu me rappelles.

— Promis, lui dis-je.

Je lui fais une bise sur la joue et je pars.


Je le rappelle le lendemain, fiévreux.

— Mon copain est là, justement.

— Ah ! Donne lui mon bonjour..

— Alors, les images?

— C’est vraiment hot !

— Grâce à toi.

— Je suis vraiment troublé. C’est un autre moi. Je ne me croyais pas capable de faire ça. A ce point, je veux dire…

— Tu te reconnais ?

— Non, c’est vrai, pas du tout. Enfin, je veux dire : pas physiquement.

— Que vas-tu en faire ? Les garder dans un coffre ?

— Je vois où tu veux en venir. C’est pour ça que je t’appelle.

Un silence.

— Tu m’autorises à publier ?

Il y a une excitation mal contenue dans sa voix.

— Oui, puisqu’on ne me reconnaît pas. Tu as des réseaux ?

— Un paquet ! Des sites internet et des distributeurs de DVD amateurs. Ca va faire un carton !

— Attendons de voir.

— J’en suis sûr. Je les ai montrées à un distributeur. Il a percuté, je te jure.

— Ah bon ?

— Ouais. Ce sont des connaisseurs. Ils n’avait jamais vu ça. Il a dit que c’est la première fois qu’ils voyaient un sujet aussi à l’aise devant une caméra. Sans jamais faire semblant. Le vrai plan amateur. C’est rare, tu sais ! Et puis…

— Et puis ?

— Et puis tu te donnes à fond, quoi !

Je ris.

— Oui, tu as remarqué ? Si ça marche…

— Oui ?

— Si ça marche, on le refait ?

— Tu es sérieux ?

— J’ai quelques idées…

— C’est vrai?

— Oui, j’aimerais faire un truc dans les bois avec plusieurs mecs. Et un autre dans un chantier la nuit.

Un autre silence. Respiration saccadée.

— Et le fric ? Ca peut rapporter. Faut qu’on en parle.

— Je m’en fous. Je fais ça pour le plaisir.

— T’es vraiment particulier !

— Non, je suis juste une grosse salope, dis-je en riant.

— Si tout le monde était comme toi… Je t’arrange ça.

— Bientôt, avant que la tension retombe.

— Très vite. Combien de mecs tu veux?

— Beaucoup. Sept ou huit. Bien membrés. Comme vous deux.

— Ouah ! Tu aimes l’abattage ?

— Je veux essayer le gang-bang. Me faire saillir par tous ces mecs dans un déluge de foutre. Sur mon corps, dans ma bouche, dans mon cul, partout. J’adore le sperme. Ca s’appellera «La salope crémeuse », tiens !

Je l’entends siffler entre ses dents.

— C’est dingue. Tu aimes vraiment ça !

— Tu ne peux pas imaginer… Tu peux le faire, oui ou non ?

— Laisse-moi une semaine, je te promets qu’il y aura du monde.

— Alors appelle-moi vite parce que j’ai le feu au cul. Je vous embrasse, mes couilles de loup.

Je ne lui laisse pas le temps de répondre. Je raccroche. J’attends la suite des aventures. D’ici là, je vais m’acheter un lecteur DVD.

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