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Sa petite entreprise ne connait plus la crise

Chapitre 1

L'art d'aimer

Avec plusieurs hommes

Pierre a sa tête des mauvais jours. Pas la peine de chercher, je sais déjà. Encore des problèmes dans son travail. Je devrais m’y habituer, mais je ne peux pas. Depuis le dernier confinement, plus rien ne semble fonctionner dans sa boîte. En fait, lui si solide, subit de plein fouet le choc de cet arrêt brutal de sa production. Mon mari, celui qui partage ma vie depuis vingt et un ans ne se relève pas vraiment de ne pas retrouver ses clients, au rendez-vous de la reprise.


Personne ne veut de ce qu’il fabrique en temps de crise. Il est devenu taciturne, renfermé et je fais partie des oubliées de son monde. Celui dans lequel je ne suis plus la bienvenue. Il est étrange de voir combien les hommes sont vulnérables et qu’au premier accroc, ils se sentent, s’imaginent qu’ils ne sont plus bons à rien. J’ai pourtant besoin de lui, rêveuse de penser que la parité aussi dans ce domaine peut exister ?


Durant ces mois d’une cohabitation totale forcée, j’aurais aimé retrouver l’homme de mes vingt ans ! Mais sa peur de voir sombrer son entreprise, alliée à ces interdictions de bouger, de circuler n’ont pas eu l’effet de rapprochement que j’aurais pu escompter. Non ! Trop angoissé par la situation, et sans doute bien plus que par la peur de la maladie, Pierre s’est petit à petit replié sur lui-même, tel un escargot rentrant dans sa coquille. Et c’est à peine si nous avons fait deux fois l’amour durant cette période où nous vivions en vase clos.


Mais je ne veux pas abdiquer et je m’efforce de garder le sourire. Je veux croire, penser que les beaux jours, les belles heures vont revenir pour notre couple aussi. Ce soir, il est particulièrement affecté par je ne sais encore quel problème… financier, je m’en doute. Il faut dire aussi que les aides promises… sont d’une part bien longues à venir et par ailleurs bien minces compte tenu de l’ampleur des dégâts subis par l’arrêt complet de ses machines.


Je tente une énième fois d’entrer dans la bulle où il se réfugie et de renouer un dialogue de plus en plus compliqué. Le silence crée des murs de plus en plus hauts entre nous. Je reste néanmoins amoureuse de cet homme avec qui je partage tout depuis notre mariage. Pierre à quarante-deux ans est toujours aussi beau, et il fait battre mon cœur depuis les bancs de l’école. Ses muscles saillants sous un pull serré, je regarde avec envie son torse, une pointe de désir au ventre. Le manque de sexe montre le bout de son nez.


— Pierre ! Tu peux me parler, tu le sais bien. Tu as des ennuis ? Je suis là pour toi aussi, même lorsque la situation est difficile.

— Non ! Ça va Aydin. Juste que je comptais sur Monsieur Remy pour relancer une chaine de production… mais il est frileux. Je le comprends, vu la situation…

— Chez lui non plus, ça ne marche plus ?

— Ben… comme moi, il n’a plus vraiment de trésorerie et les aides promises par le gouvernement… Tu sais bien que comme d’habitude, c’est juste du vent et de belles paroles.

— Tu crois ? Elles vont bien finir par arriver, non ?

— Quand la moitié des entreprises auront mis la clé sous le paillasson, oui peut-être. Une façon de se débarrasser de ce qui gêne ces politiciens incapables.

— Oh ! Je ne me fais pas de souci pour toi, je sais que tu vas rebondir ! Ce n’est pas la première crise que traverse ta boîte…

— C’est la plus grave tout de même. Si les clients ne reviennent pas très vite, je devrai fermer les rideaux. Je ne peux pas encore emprunter auprès des banques et puis… je ne suis pas certain qu’elles me suivraient.

— Mais ce Monsieur Remy… tu ne peux pas l’amadouer un peu ? Le pousser à revenir sur sa frilosité ? Je ne sais pas moi… il n’y a rien que nous puissions faire ?

— Nous ? Je ne sais plus vraiment…

— Peut-être pourrais-tu l’inviter à venir diner pour en parler. Le ventre plein, on envisage les choses d’une autre manière, non, qu’en dis-tu ?

— … Et puis quoi encore ? Pourquoi ne pas aussi l’inviter dans notre lit du temps que tu y es !

— Si ça peut arranger les choses entre nous et surtout, si ça peut te faire sortir de ta morosité…

— Tu es folle Aydin ? Tu coucherais pour sauver ma boîte ? Tu es complètement folle… tu me ferais cocu, dans le but de m’arranger un contrat ? Tu ne penses pas vraiment ce que tu me racontes là ?

— Ben… tu ne le ferais pas pour moi ?

— Franchement ? Je n’en sais rien !

— Il me reste encore quelques milliers d’euros sur un compte de mes parents…

— Ce sont tes sous et pour rien au monde je n’y toucherais. Comment dois-je te le dire ?

— Je sens bien que ça ne colle plus. Tu me fais peur en ce moment.

— Comment ça ? Ça ne colle plus entre nous ?

— Réfléchis Pierre ! Depuis quand à ton avis n’avons-nous plus fait l’amour par exemple ? Tu te souviens de la dernière fois où c’est arrivé ?

— Il n’y a pas si longtemps, il me semble !

— Deux mois et onze jours ! Ça te semble normal ?

— Tu tiens les comptes de ce genre de détails ? Je n’y crois pas !

— C’est aussi le ciment d’un couple non ? J’ai envie de toi, là, tout de suite… pas toi ?

— Le fait de savoir que tu notes les dates… je ne suis pas sûr que ça me réchauffe vraiment le cœur. Et les envies découlent aussi de ce genre de choses.

— Tu ne peux pas me délaisser trop longuement… je t’en prie Pierre. Ton entreprise, c’est un pan de ta vie, notre amour devrait en être un autre. Négliger notre vie intime ne peut que nous être mauvais. Tu sais tout est toujours question d’équilibre.

— Comment peux-tu avoir envie de ça, alors que je nage dans les problèmes, les ennuis jusqu’au cou ?

— Si tu oubliais un peu tous tes soucis, une seule soirée, penses-tu véritablement que ton usine irait plus mal ?

— …

— Tu ne sais pas… tu prends ta douche après le diner et je te détends par un bon massage ! Qu’en dis-tu ?

— On va voir, on va voir… Aydin ! Je n’ai guère le cœur à la bagatelle.

— Tu n’as plus le choix ! C’est moi qui commande ici pour toute la soirée. Allez viens t’asseoir à table et après… hop ! Sous la flotte avant que mes pattes ne te dénouent un peu les nerfs.

— … pff !


— xxxXXxxx —


J’entends l’eau qui coule pendant que je lave la vaisselle sale. Puis sur la table de la salle à manger, j’étends un matelas que nous avons acheté ensemble, expressément fait pour ce genre de massage promis. Lorsque le bruit de la pomme de douche s’est calmé, je file le rejoindre. Et j’arrive pendant qu’il se sèche avec un drap de bain. Je veux ainsi éviter qu’il se rhabille. Je frotte même son dos pour gagner du temps.


— Vient Pierre… la table est prête.

— Tu crois vraiment que c’est le moment ?

— Il n’y en a pas de bon ou de mauvais, à mon sens. Et te détendre devient une priorité. La terre ne va pas s’écrouler parce que ce soir tu vas prendre un peu de ton précieux temps… pour moi !

— C’est sur…


Docilement il se laisse guider vers cette place qu’il nous est déjà arrivé de détourner de sa vocation première. Il s’étend, nu ventre contre le drap de bain que j’ai pris soin d’étaler là. Sur son dos je fais donc couler de l’huile essentielle prévue pour les massages et je commence doucement à frictionner la base du cou, les épaules, prenant tout mon temps. Il soupire d’aise. Mes mains s’envolent sur sa peau. D’abord, il reste coi, sans bouger, et seul son souffle irrégulier m’avertit de son adhésion pleine et entière à chacune de mes caresses.


L’autel improvisé est trop large et long pour qu’il soit pratique. Je dois donc parfois abandonner mes câlins manuels pour changer de flanc. Et finalement, j’opte pour une solution plus radicale. À savoir que prestement, pour ne pas tacher mes vêtements, je les retire purement et simplement. Aussi nue que lui, je me permets de continuer mon triturage de ses chairs en venant tranquillement m’asseoir sur le haut de son dos. Apparemment, mon poids ne le dérange pas plus que cela.


Cette posture a l’avantage que je peux appuyer plus fortement mes attouchements et mes doigts pétrissent les muscles d’une manière plus approfondie. Mais elle offre aussi un autre aspect de ce massage, celui de chauffer son corps. Il arrive donc un moment où il semble impatient de se retourner. Je suis à cheval sur ses épaules, mes cuisses largement écartées frottant mon sexe sur son cou. Mes paumes de mains lui malaxent depuis un bon moment l’intérieur de chaque cuisse.


Bien sûr, je prends soin de ne faire qu’effleurer ses bourses qui sont coincées entre le tablier de bois et son ventre. Il tressaille à ces passages qui l’électrisent. Il oscille doucement du bassin entrainant dans ses mouvements, un balancement de mon propre corps. Ces petits hochements font que moi aussi, j’ai l’entrejambe qui s’éveille. Avais-je besoin de cela pour que mon envie latente se manifeste ? Pas certaine là, de penser juste.


Je me redresse et d’une légère tape sur le derrière je lui fais savoir que la partie pile a reçu suffisamment de soins et qu’il peut présenter la face actuellement cachée en contact avec le matelas. Mes genoux maintiennent mon poids décollé de son dos et il s’exécute. Cette rotation fait que son visage est idéalement placé pour… atteindre un endroit qui chez moi est humidifié au possible. Et sous mes yeux, son dard libéré des contraintes que lui imposait la station couchée sur le ventre… relève fièrement son gland nu.


Je reprends mes cajoleries, tout en en projetant délicatement mon buste vers le centre de son anatomie. Ceci a pour conséquences de relever mon bassin et de guider sur son menton cette partie de moi qui avoisine sa bouche. La tentation est trop forte pour qu’il n’y succombe pas. Je tressaille soudain au contact de cette langue prometteuse. Elle aussi débute un périple osé. Mes grandes lèvres sont de toute façon déjà largement entrouvertes par ma position, mais également par cette envie qui me taraude.


Et j’adore sentir sur les chairs fragiles de ce triangle soyeux, la barbe naissante de ce mari qui le lèche. Je l’ai donc amené tout doucettement là où mon ventre le voulait. Mes seins aussi viennent ajouter à la partie une contribution érotique plaisante. Pour exciter encore plus ce Pierre qui désormais est heureux de jouer, je les frotte sur cette poitrine largement dégagée. Une longue reptation qui me fait avancer mon visage vers un serpent pas du tout venimeux… lequel me nargue depuis quelques instants.


Le sexe raide reste plaqué contre ce ventre où mes doigts prennent position. Ils vont à l’assaut de cette tour chaude, et puis… j’avoue que d’un coup, je me sens pressée. Cette fois, c’est ma bouche tout entière qui s’entrouvre pour faire glisser cette queue rigide dans mon palais velouté. Et je me prends d’affection pour cet épi au blé mûr, qui fait gémir mon homme dès que ma langue le titille. Ce tête-bêche est un délice. Les sensations que sa léchouille envoie à mon esprit se transforment en cet immense besoin de le sucer.


Je ne renâcle plus et me tortille littéralement le bas du ventre sur sa figure. À tel point qu’il en est gêné dans ses mouvements, ce qui l’oblige à interrompre ses caresses terriblement sexuelles. Ou alors sa langue dévie et se retrouve sur un autre endroit, tout aussi sensible de mon corps. Une entrée au chemin moins fréquenté, mais ce soir… tout est permis. Il le sait ? Le sent-il pour s’y attarder aussi longuement ? En tous cas… ça ne me laisse pas indifférente et mes contorsions doivent le lui montrer.


Est-ce lui ou moi qui cède en premier ? Aucune importance puisque le résultat est identique. Je me retrouve donc, amazone d’un instant à chevaucher un destrier fougueux. Pierre se contente de me cramponner par les hanches et suit mes soubresauts frénétiques. Il me maintient seulement pour ne pas être désarçonné par ces amplitudes que je donne à l’ensemble de mon corps. Je soulève celui-là sans rythme particulier, seulement attentive à ressentir chacune des sensations inouïes renvoyées par cette fiche sur laquelle je me plante avec une certaine violence.


Existe-t-il une durée minimum ou maximum pour ces petits plaisirs gratuits ? Cette réflexion alors que nous nous reposons sur le divan après avoir quitté la table, dès nos ébats terminés, me fait sourire. Pierre doit songer que c’est bien le bonheur de cette partie de jambes en l’air réussie qui me met en joie. Alors que ses grosses pattes restent en mouvement pour me garder euphorique, il a une risette également. Dans notre silence seulement bercé par nos souffles, il vient enfin me susurrer à l’oreille.


— C’était génial. Tu es la femme de ma vie.

— Alors tu vois bien que tu en avais aussi besoin ou envie que moi…

— Oui… ça ne chasse pas les soucis, mais au moins nous nous ressourçons un peu… Tu es merveilleuse Aydin… Et puis ton idée d’inviter à diner un soir Allan… elle n’est peut-être pas si mauvaise, après tout.

— Allan ? Qui c’est ça Allan ?

— Remy, mon client… il s’appelle Allan Remy !

— Ah d’accord… pourquoi pas ! Un diner… tu veux juste qu’il dine avec nous ?

— Comment ça « juste qu’il dine avec nous ? ».

— Ben… je ne sais pas moi… je pourrais l’amadouer un peu… j’ai des arguments… très persuasifs, il me semble que je t’ai amené là où je le désirais…

— … ? Franchement Aydin… ça devient lourd là !

— Dis-moi que tu n’as jamais songé à cela ? Rien que d’en parler, regarde comme cette pauvre chose flétrie relève la tête ! C’est bandant de songer à cela ? Dis-le-moi…

— Arrête bon sang ! Ça ne me fait plus rire là !

— Merde alors… vous les mecs, c’est toujours à vous de décider ? Et si pour une fois tu écoutais un peu ce que j’ai à dire ? Mes envies aussi… ce serait trop demander ?

— Tu as envie de t’envoyer en l’air avec un autre type que moi ? Ne me réponds pas ! Je ne veux pas savoir ! Tu m’as déjà trompé peut-être ?

— Non ! Une chose est certaine, si je veux te voir à nouveau heureux et calme, il faut que nous sauvions ta boîte… et si ça doit passer par une nuit avec ta meilleure chance de sauvetage… et puis tu seras là, non ? Alors ce ne serait pas vraiment tromper… juste un partage d’un soir. Il faut savoir ce que tu veux, mon petit père.

— Mais… je n’ai jamais demandé ce genre de truc, moi ! Je ne sais même pas si je supporterais… de te voir faire ça.

— Qu’est-ce que ça coute d’essayer… et puis depuis que nous sommes ensemble, n’as-tu jamais eu d’envies pour une autre femme, toi ?

— Entre le penser et le réaliser… il y a une sacrée différence, non ?

— Parce que tu trouves que rêver d’une autre n’est pas déjà tromper, dans l’esprit ? Moi je te le propose ouvertement, contrairement à certains ou certaines qui le font par-derrière.

— Tu serais capable de faire ce genre de plan ? Je n’en reviens pas… Ma femme est une cochonne qui s’éveille ! Mon Dieu… quand vais-je me réveiller de ce cauchemar ?

— Eh bien ! Si c’en est un, il te fait bougrement de l’effet… Enfin… ne viens plus te plaindre alors que tes clients sont frileux… j’ai des arguments pour les réchauffer… si le cœur t’en dit. Mais pour le moment… profitons donc de cette excitation qui me ravit…


Bien entendu que nous renouvelons l’opération et que lui comme moi, sommes satisfaits de cette remise… en jambes. C’est bien après l’amour et sa grosse patte tenant la mienne que nous nous lovons au creux de notre lit. Un repos bien mérité qui nous enveloppe dans ses longs tentacules pour des heures réparatrices et qui sait, bonnes conseillères. Mais avant de m’endormir, un dernier bisou sur le nez de mon doudou d’amour et dans ma tête trotte quelques instants encore cette drôle d’idée… d’un diner prolongé…


— xxxXXxxx —


Les affaires de mon mari ne vont pas en s’arrangeant. Un second confinement a mis plus mal encore sa trésorerie. Il ne dit plus un mot, mais devient de plus en plus taciturne. Ça me désole de le voir dans cet état. Il dépérit même à vue d’œil. Alors je me dois de prendre sur moi.


— Pierre ! Ça ne peut plus durer. Je vois bien que rien ne va plus. Notre couple risque de voler en éclat si tu continues sur ce chemin !

— Parce que tu as une vraie solution ? Et ne me reparle pas de ce plan à trois dont tu te fais la championne.

— Au moins, pourquoi ne pas tenter, juste une fois… ton Monsieur Remy là… invite-le et puis nous verrons où cela nous mènera. Tu ne peux pas rester à te morfondre, à te complaire dans ton petit malheur… je suis prête à t’aider, tu en es bien conscient ?

— Tu parles d’une aide ! Le remède pire que les maux. Le prix à payer est trop élevé par rapport au bénéfice, tu peux comprendre ce genre d’arguments ?

— J’entends ta version… pourquoi ne pas faire un essai, juste un et si ça te sort de la mouise… nous saurons bien nous accommoder de nos consciences, non ?

— Vite dit et plus simple à exprimer qu’à réaliser… dans ma tête, ça ne passe pas le cap de l’imaginaire…

— Mais bon sang… tu vas laisser mourir ton entreprise juste parce que tu as des principes ? Allons cette boîte, c’est toute ta vie et par extension toute notre existence est en suspens, accrochée à cette usine… mais je sais que tu saisis bien tout cela !

— De là à encourager ce que tu préconises, il y a un sacré gué à franchir.

— Fait comme tu veux. Mais si tu persistes dans la voie qui tu t’es tracée là, je ne donne pas cher de notre couple. Je ne supporte plus que tu ne me parles plus, que tu me repousses de plus en plus souvent. Alors s’il arrive un malheur à notre union, ne t’en prends qu’à toi-même.


Il tourne les talons et je ne le revois qu’à l’heure du diner. Nous ne nous parlons pratiquement plus et l’atmosphère devient quasiment irrespirable à la maison. Je fais quelques tentatives pour me rapprocher de cet homme qui reste mon unique joie de vivre. Lui s’écarte délibérément de notre maison, humilié par cette faillite personnelle de son boulot. Comme la plupart des hommes, il ne veut pas admettre que sa femme puisse avoir envie de le sortir de là. À moins que ce ne soit la méthode qu’il désapprouve ? Un peu des deux sans doute.


Je reviens pourtant à la charge lors du petit déjeuner que nous prenons ensemble le matin suivant.


— Qu’est-ce que ça te couterait d’invité le seul type qui peut nous sauver d’un naufrage en vue ?

— … ! Ça suffit Aydin !

— Ben non ! Je ne veux pas te perdre sans me battre. Alors non ! Ça ne suffit pas comme tu le suggères. Il y va de cet amour qui me tient debout… tu peux appréhender ce genre de raisonnement ?

— … ! Je vais bosser moi ! Je ne veux plus rien écouter de tes idées farfelues.


La porte d’entrée claque plus violemment que d’ordinaire et ce n’est pas dû au vent matinal. Il est parti sans un regard, sans un bisou, ce qui montre combien il est fâché. Une matinée de merde pour mon esprit qui revit ces moments douloureux. Oh ! Nous avons déjà connu quelques querelles d’amoureux, mais celle-ci met en péril notre mariage, j’en jurerais. Sa fabrique… si elle vient à mettre la clé sous la porte, je ne suis pas certaine qu’il le supporte. J’ai mal au cœur, pour lui. Je me plonge dans les tâches quotidiennes avec une rage accrue.


Je ne suis pas vraiment sûre qu’il rentre pour le déjeuner, mais j’anticipe son retour. Et je me forge également une carapace pour cet orage qui gronde ou va éclater au-dessus de notre maison finalement le ronron du moteur de sa voiture me rassérène quelque peu dès que je le perçois sur le chemin gravillonné que va de la nationale à notre demeure. Il a l’air moins stressé aussi alors qu’il entre dans le vestibule. Je me garde bien de le questionner sur ce qui lui redonne un peu de courage.


Peut-être que les aides attendues sont tombées ? Où la banque lui a-t-elle lâché un peu de lest ? Je ne sais pas trop, mais lorsqu’il vient près de moi et me serre dans ses bars, je frissonne d’aise.


— Pardon ma chérie ! Pardon ! Je suis inexcusable de vouloir te faire porter le chapeau de mes erreurs.

— … ! Je t’aime Pierre, n’en doute jamais. Pour toi… je suis prête à tout.

— Vrai ! Je m’en suis rendu compte… et figure-toi que Allan vient diner ce soir…

— Ce soir ? Un peu court pour mitonner un truc correct.

— Ben… c’est toi qui préconisais de l’inviter et de voir…

— Oui… oui, ne t’inquiète pas. Je vais me débrouiller et tu n’auras pas honte de ta petite femme.

— Je n’ai jamais eu de doutes à ce sujet… et puis au vu de tes attentes, la dinette ne peut qu’être secondaire. Enfin j’ai cru comprendre qu’elle ne serait que les prémices d’une soirée bien remplie.

— Tu peux me dire pourquoi subitement, en quelques heures tu as radicalement changé d’avis ?

— Ben… j’ai réfléchi et tu as raison ! Mon usine c’est une part de nous. Si elle meurt, nous risquons d’être entrainés dans sa chute et mon Dieu… je tiens plus à toi qu’à tout le reste… et puis, nous vivons dans un relatif confort que nous allons tout faire pour le préserver. Je peux différer ce rendez-vous nocturne si tu ne te sens pas capable de l’assumer dans son intégralité !

— Non ! Non ça ira mon amour ! Pierre… je suis heureuse que tu sois mon mari… le meilleur des hommes.

— Le meilleur des cocus aussi sans doute, demain…

— Chut !


Je pose ma main sur ses lèvres et il ne peut que se taire. Je me pousse sur la pointe des pieds pour que mon visage vienne cueillir sur sa bouche un baiser langoureux. Et il ne se prive pas pour me tripoter les fesses alors que nous nous roulons plusieurs pelles d’affilée. Je ne peux aussi que constater que sous sa ceinture, il est un morceau de sa personne qui a changé de volume. Et ça se passe comme dans un rêve. Il me trousse sur le plan de travail de la cuisine. Un rapide enchainement qui me donne des vapeurs. Dès qu’il a éjaculé, il reprend la direction de son bureau.


Il me reste donc à élaborer un menu pour son invité… Je me jette à corps perdu dans la bataille et je parviens à trouver de quoi mettre en joie les trois estomacs qui vont entourer notre table. Vers dix-huit heures, tout est prêt et mes plats sont en attente d’être réchauffés, ce qui me laisse un peu de temps libre pour une douche. Bien sûr elle est suivie d’une séance de maquillage subtile. Je me fais belle pour recevoir cet Allan Remy bien mystérieux. J’ai depuis le début de l’après-midi un nœud au ventre d’imaginer… une suite logique à cette invitation. Pierre a cédé bien rapidement à mes attentes.


— xxxXXxxx —


J’ai la nette impression que je me sens beaucoup moins à l’aise alors que deux véhicules balaient de leurs phares notre façade. Celle de Pierre évidemment m’est connue, mais pour la seconde, je me sens du coup plus du tout rassurée. Cette fête que dans ma tête je vis comme une sorte d’aventure hors norme me parait soudain devenir une abomination. Et puis reste encore à découvrir les traits du bonhomme qui vient perturber notre petite existence bourgeoise. La mienne surtout.


Je n’ouvre pas et reste coi dans cette cuisine où je me sens à l’abri. La porte qui laisse entrer Pierre et l’inconnu me donne presque des frissons. La voix de mon mari qui me hèle depuis l’entrée ne me rassure guère plus.


— Aydin ! Coucou ma chérie ! Nous sommes là !

— J’arrive Pierre ! Je suis aux fourneaux.


Je suis sûre qu’ils ont détecté les trémolos bizarres dans ces paroles que je me force à renvoyer avec une assurance que je n’ai absolument plus. Je dresse l’oreille, pour tenter de surprendre une bribe de leur conversation dans ce vestibule qui me file la trouille. Le dénommé Allan parle et le timbre de sa voix n’est pas fait pour me rassurer. Accent grave, je l’imagine tel un vieux barbon avec une barbe de patriarche. Rien ne me permet de penser ainsi, mais c’est instinctif. La bouille de mon mari apparait enfin dans la cuisine.


— Eh bien ? Tu ne veux pas venir dire bonjour à notre hôte ?

— Si ! Si, j’arrive. Le temps de m’occuper de mon diner et je suis à vous…


Pierre me regarde avec des yeux tout ronds ! J’ai dit une bêtise ? Puis je comprends le double sens de ma phrase. Il l’a prise au premier degré ? Peut-être ! Alors je trifouille dans mes gamelles, histoire de faire du bruit, mais surtout de me donner une contenance. Bon, je ne peux décemment pas faire trop attendre l’inconnu, sous peine de passer pour une impolie ou une malpolie. Alors je retire mon tablier en dentelle blanche et je les rejoins au salon.


À mon entrée dans la pièce, Pierre se lève et me saisit par la main.


— Ah ! Allan, je te présente Aydin, mon épouse.

— Madame… enchanté de faire votre connaissance. Vous êtes encore plus belle que dans les descriptions de Pierre.

— Bonjour, Allan, donc ! Et bienvenue chez nous.

— Merci…


Mes yeux plongent dans ceux d’un bleu profond de cet homme qui est bien plus jeune que je ne le supposais. Il ne doit guère dépasser les quarante piges. Il y a dans ce regard quelque chose de frais qui m’indispose déjà. Et le rictus de Pierre semble vouloir me dire : « Alors tu fais moins la fière d’une coup ! ». La main qu’il me tend est trop douce à mon gout. Il est élégant, sûr de lui et n’est pas le moins du monde inquiet ou stressé. Je ne sais pas ce que lui a dit mon mari sur cette soirée à venir et je suis donc dans le flou.


Le repas se déroule là où quelques jours plus tôt, j’ai massé mon chéri. Pierre et son hôte discutent boulot et je sens bien que les quinquets de cet invité s’appesantissent de plus en plus sur mes formes. En particulier ma poitrine qui, recouverte par un pull assez moulant attire ses regards comme un aimant. Je n’ai aucune envie de les écouter parler de leurs petites affaires toute la soirée. Et le repas touchant à sa fin, j’entreprends donc un débarras des reliefs de notre dinette.


Eux me suivent dans le moindre de mes mouvements. Je ne vais pas m’envoler et je me trouve plutôt gênée aux entournures. Alors je propose gentiment…


— Vous pouvez passer au salon ! Je vous prépare un café et qui prendra un pousse ?

— Ben… ça te dit Allan ? J’ai une vieille prune de derrière les fagots…

— Ce n’est pas de refus, mais Aydin vous trinquerez bien en notre compagnie, n’est-ce pas ?

— C’est trop fort pour moi l’eau-de-vie de prunes ! Mais pour le café… c’est d’accord. Je vous demande juste quelques minutes…

— Vous avez tout votre temps… Pierre m’a gentiment autorisé à coucher chez vous. Après ce que nous avons déjà bu comme alcool au cours de votre succulent repas, je crois que c’est plus sage !

— Alors… le salon vous attend messieurs. Pierre, j’ai préparé le feu dans l’insert… craque une allumette !

— Vous êtes Aydin, une hôtesse charmante !

— Oh ! Je pense que mon mari sait ce qu’il fait et puis… si j’ai bien tout suivi, vous êtes un peu le sauveur de son entreprise… enfin je crois qu’il compte beaucoup sur vous pour cela en tout cas…

— Je sais et je sens que nous pourrons tomber d’accord…

— Tu viens Allan ? Le salon est par là !

— À tout de suite, belle dame !

— On t’attend Aydin…

— Pas de problème, juste le temps de préparer le café, les tasses et la prune. J’arrive !


Ils se dirigent vers le salon et je les entends qui discutent encore, bien que les phrases ne me parviennent pas dans leur globalité. Une fois seule dans ma cuisine, je dois m’asseoir tant mes jambes sont tremblantes. Dans quel guêpier me suis-je fourrée ? Comment vais-je me sortir de cette situation plutôt bizarre ? Et puis qu’est-ce que Pierre et cet Allan ont bien pu se dire ? Si seulement mon mari venait une seconde me rejoindre. Mais il se garde bien de faire ce pas qui me serait salutaire.


Comment me comporter vis-à-vis de cet inconnu qui au demeurant est un homme parfaitement courtois et correct ? Bien éduqué également et pourtant… ça ne suffit pas à me donner du courage. J’imagine bien que mon mari aussi doit être dans ses petits souliers. Mais ses regards provocateurs m’étaient bien destinés tout au long du moment passé à table. Quant à ceux de l’invité… un mélange de peur et d’envie, un peu pareil aux miens. Oui ! La situation, si elle me donne un trac terrible serait aussi de nature à allumer chez moi un feu sexuel inédit.


Je me retrouve donc dans ma cuisine à tourner et virer. Je ne sais plus sur quel pied danser. Je fais n’importe quoi, prolongeant le temps, embarrassée par la situation. C’est long, c’est très long. J’aimerais que Pierre vienne me rejoindre, j’ai vraiment besoin de lui. Et les minutes s’égrènent avec une lenteur exaspérante. C’est si difficile que je me demande si je ne vais pas filer à l’anglaise. Alors lorsque le visage de Pierre s’affiche dans l’encadrement de la porte, un ouf de soulagement se mêle à mes soupirs.


— Ça va ma chérie ? C’est difficile, n’est-ce pas ? Plus que tu ne l’imaginais ?

— … Oh Pierre !


Il s’est approché et je me réfugie contre son torse solide. Ses bras viennent m’entourer et sa bouche s’écrase sur la mienne. Un baiser brulant qui me réconforte plus ou moins.


— Tu peux encore reculer et refuser…

— Mais… ton entreprise, toi et nous…


Je me sens du coup ragaillardie par sa présence. Il me susurre des mots d’amour dans le creux de l’oreille. Et je me dois de lui dire la vérité.


— Je… je ne sais pas du tout comment je peux faire. Je veux t’aider, je veux vraiment que tu sois fière de ta petite femme… mais comment commencer ce que j’imagine… j’ai honte de me montrer nue à un presque inconnu.

— Ben… peut-être que le mieux serait que tu ne nous vois pas, ou plus !

— Comment ça « je ne vous vois plus ? ». Je ne comprends pas vraiment.

— Et bien… tu pourrais mettre un bandeau, sur tes jolis yeux, qu’en penses-tu ?

— Un bandeau ? Mais je n’ai rien de tel et ce genre d’accessoire ne fait pas partie de nos jeux habituels…

— Oh ! Un de tes carrés Hermès peut aussi bien faire l’affaire, non ? Ce n’est pas l’objet en soi qui est important, mais bien l’usage que l’on veut en faire, tu ne crois pas ?

— … tu as surement raison, je dois bien avoir un truc de ce style dans mon dressing.

— Alors je te suggère de passer une de tes plus affriolantes nuisettes ! Et je viendrai te chercher dans notre chambre.

— D’accord… emporte le café et la prune. Ton ami doit se demander où nous sommes passés ou ce que nous faisons.

— Ne t’inquiète pas pour lui ! Il sait être très patient et puis… au diable, s’il n’est pas content, il peut aussi repartir.

— Allez va le rejoindre… je vais me préparer dans notre chambre… d’accord ?

— Oui…


Il me plante là, emportant le plateau vers le salon. Et j’attends encore un instant avant de prendre le chemin de notre chambre. Cette fois je vais vers mon destin. Mais j’en frémis bizarrement. Et en longeant le corridor, je dois forcément passer devant la porte du salon que Pierre a pris soin de tirer. Je perçois leurs paroles.


— Alors Pierre ? Comment se sent Aydin ?

— Un peu… tu comprends, c’est la première fois que nous allons… sans doute partager notre intimité avec un autre.

— Oui… mais lui as-tu suggéré comme je te l’ai dit…

— Le bandeau ? Oui une bonne idée et je crois qu’elle va opter pour cette solution. Tu me promets d’être tendre et doux ? Je ne veux pas qu’il lui soit fait le moindre mal.

— Mais bien sûr que oui. Je ne suis pas une brute et puis… tu es là, il me semble. Ton épouse est superbe et très… attirante.

— Je t’avoue que je ne suis pas… enfin je n’étais pas très chaud pour ce plan.

— Tu aurais tort de ne pas essayer au moins une fois. Elle peut aussi te surprendre, tu sais. Parfois les femmes se révèlent lors dans ce genre de situation.

— Ce que nous faisons tous les deux me suffisait jusque-là !

— Attends d’avoir vécu autre chose et qui sait, tu ou vous ne pourrez peut-être plus vous en passer non plus !

— Ne rêve pas trop ! Bon, tu veux un café ?

— Oui et toi, prends aussi un pousse ! Tu en as besoin, on dirait.


Je suis partie avec dans les oreilles leurs mots qui font de moi une sorte de salope en devenir. Mais curieusement, je me sens réconfortée par ce dialogue dont je n’aurais pas dû recevoir un seul mot. Par contre mes jambes sont toujours aussi cotonneuses. Après m’être dévêtue, je me coule dans un déshabillé plutôt… aérien et vaporeux. Je me glisse dans la peau de cette salope que tous les deux semblent espérer. Si bien sûr, j’en éprouve toujours un sentiment de honte, mon ventre lui réagit à l’inverse de cette perception.


Je reste là, avec une moiteur inédite entre les cuisses. Pour la première fois, ce n’est pas mon émoi pour mon homme seul qui provoque une humidité accrue à cet endroit. J’ai posé près de moi, sur notre lit, un bout d’étoffe. Et je me sens très fébrile de la situation. L’impression que je suis une pute en devenir. Ça me donne des frissons et quelques soupirs. J’ai encore le temps de reculer, de filer aussi ! Tous les scénarios me passent par la tête. Même celui de m’enfermer à double tour dans la piaule, ou de me cacher sous le lit.


Et puis soudain… Pierre est de nouveau là. Il me déshabille du regard et il a du mal à déglutir. Sa voix n’est pas plus assurée que la mienne. Il avance et je me colle une fois encore contre lui. Sa respiration est saccadée il cache bien mal son émotion.


— Ma chérie, tu es… merveilleusement attirante et belle.

— Oh Pierre… si tu savais comme j’ai la trouille.

— Tu peux encore dire non mon amour ! Personne ne t’en voudra. Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée.

— Ton entreprise… c’est toi, c’est moi, c’est nous ! Je sais bien que toute notre vie en dépend. Sans elle nous sommes perdus… alors… je veux que tu sois fière de ta femme aussi.

— Tu es certaine que tu veux vraiment faire ça… ?

— Quel autre choix avons-nous ? Nous sommes liés d’une manière ou d’une autre à ces biens matériels… j’ai seulement la sensation désagréable d’être un peu une salope…

— Rien ne t’oblige à continuer mon amour… ma chérie… je t’aime !


De nouveau, nos bouches se tutoient dans une pelle plutôt bestiale. Il balance entre me laisser faire ou me retenir.


— Tu es sûre que tu veux… le faire ?


Pour toute réponse je lui tends le lé d’étoffe. Son bras tremble suffisamment pour que je le remarque également lorsqu’il s’en saisit. Plus besoin de parler ! Il sait, sent que j’irai au bout de mon idée. C’est vrai que c’est moi qui ai proposé ce truc et que je ne dois donc m’en qu’à moi. Il me caresse la joue avec une infinie tendresse. Et le chiffon vient obturer ma vue. Il le serre sur ma nuque, prenant bien soin de ne pas trop mettre de désordre dans ma coiffure. Sa patte revient effleurer mon visage. Et il attrape ma main. Cette fois, j’ai le cœur qui cogne dans sa cage et j’imagine qu’il doit l’entendre.


Il tire délicatement sur mon bras et je dois donc me relever. Mes doigts se crispent dans sa paume. Il saisit donc mon appréhension et je suis de nouveau aspirée contre son torse qui me colle pour me rassurer. Un autre palot qui semble être destiné à calmer ces tremblements qui me parcourent tout le corps. Et notre équipage se met en route… vers l’autel du sacrifice de nos amours. Les yeux clos je sais pourtant ou je navigue avec exactitude. Cette maison je la sais par cœur et sous mes pieds, la moquette du salon ne rend pas le même son que le parquet du corridor.


— xxxXXxxx —


Cette fois, des regards concupiscents étrangers sont sans doute en train de détailler ce que Pierre présente. Nous venons de marquer un temps d’arrêt, pour que Allan me scrute dans mon ensemble ?


— Tu veux bien pousser un peu la table Allan ?

— La table… ah oui, oui, tout de suite Pierre.


Le raclement du meuble déplacé, un peu comme si les deux larrons voulaient faire de place. À moins que ce ne soit dans le but de me laisser le champ libre, histoire que je ne bute dans rien de qui pourrait être devant mes pas.


— Viens ma chérie ! Assieds-toi… oui là, c’est parfait.


Le haut des coussins de l’assise du sofa est contre mes mollets. Je m’assois comme mon mari me le demande.


— Donne-moi ta main Aydin !

— … ?

— Ne crains rien, je vais seulement te donner ta tasse de café.


Alors je m’exécute et le récipient de faïence me chauffe les doigts. Je le monte vers les lèvres sans à coup, sans rien renverser. Le café a déjà largement refroidi depuis qu’il est sorti du vase de la machine. Je sirote doucement, sans trop savoir quelle posture aborder. Le bout des fesses seulement collé sur le velours marron du large siège, je guette tous les sons autour de nous. C’est l’invité que me parle d’un coup.


— Suis-je autorisé à vous donner quelques conseils ?

— …

— C’est à vous Aydin, de répondre.

— Ah ? Je vous écoute…


Ma réponse est faible, les mots ont eu un vrai mal de chien à être clairs et nets ! Mais il les a bien compris, puisqu’il reprend de suite.


— À la bonne heure. Vous avez fini votre tasse ?

— Oui !

— Voulez-vous un peu d’alcool fort ? Ça aide parfois à désinhiber les sens, ou à rendre plus simples certaines choses.

— … Je, je ne sais pas !

— Bien alors, je décide pour vous. Pierre, sers donc un verre de prune à ton épouse.


Le bruit de la boisson qui coule dans le petit verre… jamais je n’avais remarqué combien ça pouvait être bruyant de remplir un verre…


Votre main droite, je vous prie.


Elle est désormais à l’équerre, paume vers le ciel. Le poids m’indique que je peux refermer les doigts. J’approche de ma bouche le contenant et c’est acre ce qui m’arrive dans la bouche. Une première gorgée, la seconde descend dans la foulée et me parait moins… violente. C’est une chaleur intérieure quasi immédiate. Le verre quitte ma patte et je devine que celui qui l’a rattrapé n’est pas mon Pierre.


— Vous pouvez légèrement disjoindre vos genoux ? Oh, juste assez pour que Pierre et moi puissions apprécier la vue sur vos jolies jambes.

— … ?


Je suis prise au dépourvu par cette demande saugrenue, mais je fais comme il dit. Et je comprends qu’en fait, les deux mâles assis eux chacun sur un fauteuil, face à la place que j’occupe sur le divan ont les regards braqués sur ce couloir qui doit montrer ma culotte. Je rougis sous le bandeau. Providentiel celui lé de chiffon noué sur ma nuque. Il me protège de ces deux qui m’observent. Un petit jeu du chat et de la souris vient donc de commencer ?


— Je peux vous tutoyer Aydin ? Ça ne te dérange pas Pierre ?

— Non ! Mais c’est à elle de décider.

— Alors… la balle est dans votre ou ton camp ?

— Oui… faites comme bon vous semble.


Ce oui et cette phrase sont crachés plus que parlés. C’est à cet instant-là que Pierre, je reconnais ses mains me lève le menton. Ses lèvres flirtent avec ma bouche. Baiser passionné qui permet à son acolyte de changer d’endroit. D’instinct je referme les cuisses dès que je perçois un frôlement qui visiblement ne peut pas provenir des pattes de mon mari. Celles-ci occupées ailleurs. Mon tripoteur insiste et les doigts remontent vers le point de jonction de mes quilles. Je suis raide comme un piquet et il doit s’en rendre compte.


L’ascension cutanée s’interrompt donc par un mouvement de recul de cette louche non conjugale. Pierre m’embrasse toujours et lui voit que la situation n’est guère brillante pour son « sauveur ». Son visage glisse sur ma joue et il vient me murmurer à l’oreille quelques secrets ? Des mots d’encouragement !


— Oh ma chérie… tu as mis Allan dans un tel état… sois gentille, c’est toi qui as voulu cela.

— …


Seule ma respiration perturbe le silence qui plane d’un coup dans le salon. Mon souffle et le crépitement des flammes qui dansent dans la cheminée, invisibles, mais terriblement brulants. Je fais un vrai effort pour me décontracter. C’est très compliqué ce que je vis. Mon ventre dit oui, mon cerveau ne veut pas en entendre parler et mon cœur lui se déclare en faveur de Pierre.


— Je vais te caresser… c’est bien moi qui te touche là ma chérie…

— Humm !


Mes gambettes se désolidarisent l’une de l’autre. La paume de main chaude est sur la fourche, là dentelle de ma culotte ne montre encore rien. Cette paluche qui se love là y a ses habitudes. Je retrouve les câlins dont elle est capable… Puis la voix de Pierre troue le faux silence, mais ce qu’il demande ne m’est pas destiné.


— Allan… pendant que je prépare le terrain… tu devrais te mettre à l’aise.

— … ah ! Tu penses qu’Aydin est d’accord…

— Il suffit de lui poser la question, n’est-ce pas ma chérie ? Notre hôte peut se dévêtir ? TU veux bien que nous… jouions à trois ?

— … Euh…. Oui… oui peut-être !


Pierre écarte le tissu qui couvre ce que ces doigts viennent tripoter. Et je suis rejetée en arrière par une sorte de décharge électrique dès qu’il effleure mon sexe. Bien entendu que mes oreilles captent les sons des fringues qui quittent le corps de notre invité. Mais ils sont couverts pas mes soupirs, mes gémissements de plus en plus fréquents. Je sais, je sens que ce qui vient de se poser sur mes genoux écartés n’appartient pas à Pierre. Je pressens que l’intrus est lui aussi agenouillé devant le canapé, et que c’est sa bouille qui fait courir un souffle chaud sur l’intérieur de mes cuisses.


Tout se bouscule dans mon cerveau. J’imagine lucidement ce qui se passe, et au fond de moi, je prie… pour que ça se termine tout de suite… ou que ça démarre plus rapidement. Sentiments contradictoires, images idiotes renvoyées par mon subconscient qui altère les faits et me donne de fausses indications sur ce qui se passe ? Mon esprit d’analyse est en berne et je suis bercée entre l’envie de faire l’amour, violente, sèche et immédiate et la peur engendrant un scénario de fuite. Je n’ai guère le temps de réaliser ce qui arrive.


Deux bouches se retrouvent simultanément sur mes lèvres, pour deux baisers étrangement similaires et pourtant si diamétralement opposés. Les langues fouillent ces cavités qui salivent naturellement et une vague gigantesque vient se fracasser sur le roc de la bienséance. Un autre homme que mon mari a accès à cet endroit que lui seul explore depuis… notre mariage. Cet étranger me lèche d’une manière aussi délicate que lorsque Pierre le fait. Franchement ? J’apprécie cette langueur qu’il sait me communiquer.


Mon homme s’est simplement écarté un court instant, mais son ami n’a pas déserté lui et il lape comme un chiot avec des bruits qui sont aussi très érotiques. Enfin ma cervelle les enregistre comme telle et je cherche plus à fuir. Mes bras et mains libres se portent au-devant de cette frimousse qui persiste dans son élan. J’accroche mes doigts dans la tignasse de l’individu qui fait de longs va-et-vient baveux sur toute la longueur de ma fente. J’agrippe donc ses tifs pour lui imprimer un rythme plus ou moins soutenu en fonction de toutes mes perceptions.


La salive dans du bonhomme coule entre mes fesses. Pensées farfelues, c’est au tissu du canapé que je songe, et en souriant, ma tête me le fait voir perdu à jamais, auréolé de taches monstrueuses impossibles à faire partir. Mais la seconde suivante, c’est tout mon corps qui tremble. Les lèvres mâles suçotent mon clitoris, la langue en fait le tour. Deux doigts aussi de Allan le pincent légèrement et comme pour un gland d’homme, ils repoussent le capuchon pour en dégager la tête rose. Mille éclairs inondent tout mon être. Je crie cette fois sans fausse pudeur.


J’ouvre en grand le bec, à la recherche d’une goulée d’air. Mes poumons se bloquent sous les perceptions inouïes qui déferlent sur l’ensemble de mon corps. Et en lieu et place d’air, c’est la queue hyper tendue de Pierre qui vient s’incruster entre mes mâchoires distendues. Réflexe ? Envie ou geste tout bêtement spontanés sans raison, je happe ce dard qui folâtre avec mon gosier. Un soupir fait écho à ceux que je ne peux plus exprimer par politesse. On ne parle pas la bouche pleine.


— xxxXXxxx —


Ils se sont enhardis et de câlins en caresses de plus en plus ciblés, Pierre vient me prendre alors qu’à genoux sur la moquette, je suce Allan qui est lui assis sur le sofa. Les coups de boutoir de plus en plus violents stoppent ma pipe que je reprends dès que je le peux, ou que je songe que la bite attend ma bouche. Malgré son envie visible et suffisamment conséquente, notre hôte se retient. Il sait être patient. Je me laisse faire, prise au piège d’un jeu dangereux. Alors, lorsque tétanisée par un orgasme engendré par la pénétration vertueuse et vigoureuse de mon mari nous roulons au sol, je me retrouve empalée sur ce sexe, retenue poitrine en l’air par les bras musclés de cet amour de ma vie.


Allan ne veut pas être en reste. Il est debout, et présente de nouveau sa pine à mes lèvres ouvertes. Ma position n’est pas très stable. Et pour couronner le tout, Pierre me tire sur lui, de façon à ce je me couche… de tout mon long sur son propre corps. Je ne saisis pas de suite que notre ami me remonte les talons pas dessus ses épaules. Pour ce faire il a donc fléchi sur ses jambes ou s’est aussi agenouillé ? Je ne peux de toute manière pas trop savoir avec mes yeux toujours sous le bandeau.


Mais, je sens d’un coup le sexe que je ne peux plus suçoter qui tente de se joindre à celui de Pierre. Je suis si excitée que je ne songe pas un instant que ça peut me faire mal ou pire me déchirer. Mon mari calme le jeu. Lui a compris le désir du second mâle et il ne bouge plus, bite fichée en moi jusqu’à la garde. La pression sur ma chatte est énorme. Je sens celle-ci et que lentement la deuxième queue commence son avancée en dilatant les chairs. Je ne me débats que très mollement.


Si au moins je disais non ! Mais je laisse faire et millimètre par millimètre les deux sexes d’hommes se fondent en moi. Ils Allan pousse avec des « ah » de plaisir. Cette fois, ils sont en place, tous les deux. Pour remuer en cadence, c’est une autre paire de manches. Et soit ils ne savent pas si prendre, soit, c’est plus compliqué que dans les films pornos… et du coup un de mes deux pourfendeurs se fait éjecter dès que son complice essaie de me limer. Une seconde tentative n’apporte guère plus de succès.


Alors, sans rien dire Allan et Pierre se retirent. Mais ce n’est que pour remettre de l’ordre dans tout cela. Je suis ballottée sur un corps et celui-là n’est pas celui de moi époux. Mes bras sont en appui et je chevauche dans le bon sens cette fois une monture qui n’est pas celle que je monte d’ordinaire. Et c’est bien le museau de mon mari qui se permet un passage gluant dans la raie de mes fesses que lui offre ma posture. De plus les coups de reins de l’invité ne me laissent aucun répit. Et je sais soudain ce qui se mijote.


Bon ! Pierre n’a pas souvent utilisé l’entrée des artistes. Mais là, dans ce contexte très particulier et surtout ma mise en condition, je ne hurle pas à la mort alors qu’il prépare le terrain d’un majeur chatouilleur. La suite… eh bien, puisque ce sont deux voies différentes, ça passe mieux. Et pour la première fois de ma vie… j’ai droit au grand jeu. Une double pénétration qui au début me donne quelques douleurs dues à une crispation exagérée. Mais elle s’estompe au fil des secondes et au troisième ou quatrième aller et retour, les chairs sont suffisamment distendues pour que j’y décèle les prémices à un plaisir différent.


Je me dis aussi que les deux sexes qui transitent en moi doivent aussi transmettre à leurs propriétaires des émotions diverses. Cette seule idée fait encore monter d’un cran la chaleur et surtout, elle entraine une cascade de délires. Tous mes muscles d’un coup de tendent, et je pars dans une petite mort imprévue. Une orchestration magistrale, une réalisation parfaite et mes tressaillements sont communicatifs. Les deux mecs se libèrent dans de longs soupirs dont finalement je ne peux apprécier le degré. C’est fabuleux… et mes tremblements perdurent bien au-delà de la fin de leur pistonnage.


Combien de temps sommes-nous restés dans cet accouplement à trois ? Moi sur mon coussin de douceur chaude, je n’ai pas la plus mauvaise place. Sur mon dos le souffle de cet amant qui reprend ses esprits. Puis par la force des choses, il faut qu’à l’issue de ce combat ou tous nos sommes vainqueurs, la dureté masculine se dilue dans une débandade obligatoire. Et leurs petites bites s’échappent de mes nids m’arrachant un cri. Non pas de douleur, mais c’est toujours un moment que j’exècre que cet abandon inéluctable en fin de service. Je n’ai jamais, n’aimerai jamais la sortie de scène de la baguette de mon magicien. En l’occurrence… elles sont deux, doublant mon désarroi ce soir.


— xxxXXxxx —


Couchée sur la moquette épaisse, lovée entre deux mâles, j’apprécie hautement leurs petites attentions. Ma tête est posée sur la poitrine de ce mari qui vient de m’offrir un vrai feu d’artifice. Quatre mains, deux bouches et des tas de bisous… un régal que je veux garder dans ma mémoire. Oh, bien entendu, il y a de la part de cet Allan quelques tentatives de pénétration que je refuse. Il rebande assez fermement et Pierre n’est pas en reste. Mais j’ai eu ma dose, ma ration et ne tiens pas plus que cela à me faire sauter à nouveau. Le feu est mort depuis longtemps ? Il reste des braises sur lesquelles je m’empresse de remettre une buche et très rapidement, des flammes toutes neuves s’élèvent dans l’insert.


— Tu veux boire un coup Allan ? Et toi ma chérie ?

— Le café est froid ? Tu veux bien m’en réchauffer une tasse ?

— Oui ; toi aussi Allan, un café ?

— Ce n’est pas de refus…

— Bon, je vous quitte à regret.


Il est dans la cuisine et le bruit du micro-onde qui se met à ronronner nous indique ou Pierre se situe. Je profite de son absence pour parler un peu avec celui que je peux dénommer « amant ».


— Vous… enfin, tu vas faire quelque chose pour la boîte de Pierre ?

— Chose promise, chose due. J’ai donné ma parole et comme la tienne, elle est sacrée ! J’ai adoré ce que tu m’as, non nous as donné. À trois c’est… je ne savais pas, n’avais jamais connu un pareil plaisir, c’est tout bonnement… paradisiaque. J’adorerais recommencer. Mais toi Aydin ? Ton sentiment sur ce qui vient de se passer ?

— Je crois, je suis devenue une salope ? C’est un peu ce qui prime chez moi.

— Mais non ! Bien peu de femmes seraient capables d’aider leur mari de cette façon ! Tu es une belle femme et très… accueillante. J’ai de nouveau envie de toi…

— Ben… je ne suis pas sûre qu’il apprécierait que je renouvelle l’expérience… J’ai goûté certaines contributions… d’autres moins.

— Oui ? Et notre double ? Tu as kiffé ?

— Celle ratée ou la seconde… ?

— … !


Il se met à rire et je fais de même. Puis le dring du four nous laisse présager du retour de mon homme. Lorsque Pierre entre dans le salon, il n’est pas le moins du monde surpris de me voir sucer la queue de son client… Il pose le plateau supportant les tasses. Et il se joint à notre duo… une seconde tournée n’est plus à exclure et… je me sens plus légère. La raison explicite de ce retour de flamme ?


La petite entreprise de Pierre ne connait plus la crise… et mon Dieu… j’aime bien la manière de résoudre son problème !





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