Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Publié le
  • Lue 6 789 fois
  • 182 J'aime
  • 12 Commentaires

Police Escort

Chapitre unique

par Sensuelle Emilie & StormX

Histoire médaillée
Divers

Juillet 2022


Sous un soleil de plomb, Stéphane se dirige vers l’hôtel où il a rendez-vous. Il sort son téléphone portable et relit le mail qu’il a reçu hier.


« Bonjour Greg,


Vous faites partie de nos Escorts Boys les plus demandés. Plusieurs clientes nous indiquent vous avoir sollicité pour « les options » mais que vous avez poliment repoussé leurs propositions. Il nous semble que c’est le bon moment pour vous de gagner votre place au sein des Escorts Etoilés. Cependant, nous avons besoin de connaître les prestations que vous seriez prêt à offrir à nos clientes.


Pour évaluer votre degré d’implication, vous retrouverez votre cliente, Jenny, demain soir, à l’adresse se trouvant en pièce jointe.


À bientôt,


Les étoiles de la Croix-Rousse. »



Depuis six mois qu’il a intégré le réseau d’Escort Boys de la Croix-Rousse, il va enfin intégrer le rang des Escorts Etoilés. Ces hommes proposent des services plus poussés que le simple accompagnement à un dîner, une réception ou un gala de bienfaisance.


Jusque-là, il s’est contenté d’accompagner des femmes célibataires ou délaissées à des soirées d’entreprise, pour des sorties romantiques. Et maintenant, le réseau lui propose de passer au rang supérieur, celui pour lequel il s’est infiltré en début d’année.



L’hôtel se trouve de l’autre côté de la place de la Croix Rousse. Regardant sa montre, il constate qu’il a trois-quarts d’heure d’avance. Avisant un petit café, il s’installe à une table et commande un double expresso.



Escort Boy... en voilà une nouvelle idée.


Il songe à sa discussion avec son supérieur, au mois de janvier.



* * * * *



Janvier 2022



Stéphane boucle son rapport sur sa dernière enquête, une sale affaire de mœurs à la faculté de médecine. Chaque jour lui fait découvrir une facette encore plus glauque de la vie, mais chaque enquête bouclée signifie un prédateur sexuel en moins dans les rues. Avec un soupir, il s’étire longuement et se lève pour aller se chercher une boisson au distributeur. Il s’offre une bouteille de soda afin de se donner l’énergie et la fraîcheur dont il ressent le besoin.


Alors qu’il traverse le couloir en sens inverse pour regagner son bureau, Stéphane tombe sur un collègue qui l’informe que leur supérieur, le Commandant Nicolas Vannier, souhaite le voir dans son bureau. Il remercie son collègue et se dirige vers le bureau de son Commandant, sa bouteille à la main.


Stéphane réfléchit aux raisons de sa convocation. À la brigade des mœurs, les missions se suivent et se ressemblent. Les situations les plus récurrentes sont des histoires de gamins et de gamines à peine sortis de l’adolescence qui ne trouvent rien de mieux à faire que d’exposer leurs ébats sur la place publique. Rompu à la gestion de ces histoires, Stéphane a toujours agi avec professionnalisme, même si, en son for intérieur, il en a bien ri.


Il frappe trois coups secs à la porte et pénètre dans le bureau du Commandant Vanier. Celui-ci lui fait signe de prendre place en face de lui.



— Alexandre m’a dit que vous souhaitiez me voir, Commandant.


— En effet, Stéphane. J’ai une mission à vous confier. Une mission de la plus haute importance, bien plus délicate que les affaires d’exhibition que nous avons souvent à traiter durant l’été.


— Quelle est cette mission, Commandant ?


— L’un de nos informateurs nous a signalé les activités d’un nouveau réseau qui fait son beurre dans la prostitution masculine.


— La prostitution masculine ? Voilà qui n’est pas très courant.


— En effet. C’est la raison pour laquelle l’informateur n’a pas pu m’en dire plus sur le réseau qui se cache derrière tout ça. Votre mission sera donc de trouver et d’infiltrer ce réseau. Vous devrez récolter un maximum d’informations sur les méthodes employées pour le recrutement et son fonctionnement global. Au vu de la dangerosité de cette mission, il vaut mieux que vous preniez un nom d’emprunt. Votre pseudonyme sera Greg. » expliqua le Capitaine avant de sortir un dossier. « Votre couverture. Apprenez-la par cœur, Greg.


— Greg... Bien, Commandant.


— Bonne chance, Greg.


— Merci, Commandant.


Installé à son bureau, il avait commencé par taper les termes « escort boy » dans son moteur de recherche. À sa grande surprise, il en avait trouvé une quinzaine dans Lyon et ses environs. Il avait parcouru la liste à la recherche d’un nom qui pouvait lui paraître suffisamment suspect pour qu’il s’y intéressât. L’un des sites finit par attirer son attention. Son nom était Etoiles de la Croix-Rousse.


Pas très courant comme nom. Très discret.



Suivant son intuition, il s’était créé un profil d’escort sous l’identité de Greg. Après avoir donné les informations nécessaires et créé une adresse mail spécialement pour l’occasion, il avait envoyé son formulaire pour approbation.



* * * * *



Jenny fait les cent pas dans la chambre d’hôtel qu’elle a louée pour la fin de l’après-midi et la soirée. Elle doit rencontrer un Escort Etoilé. Depuis un mois, elle est inscrite sur le site « Les étoiles de la Croix-Rousse » qui propose des escortes masculines pour des soirées, réceptions d’entreprise ou tout simplement des instants romantiques.


La semaine dernière, elle a estimé qu’elle pouvait se permettre de demander plus, le service « Escort étoilé », avec toutes les options.


C’est son amie Lola qui lui a parlé de cette micro-entreprise, créée quelques mois plus tôt sur les pentes de la Croix-Rousse. Ayant du mal à trouver – et garder – un petit ami qui n’était pas effrayé par la position de son père – adjoint au préfet de Lyon – elle avait recours à cette agence pour se divertir.


Malheureusement, le corps de Lola a été repéché dans le Rhône un lundi matin. La seule information à disposition de Jenny est que Lola devait passer le week-end avec un EE, un « Escort Etoilé ». C’est sous le pseudo « Jenny » qu’elle s’est inscrite sur le site, en se faisant passer pour une avocate trop débordée pour entretenir une relation suivie.



Et maintenant, elle a enfin accès aux EE.



Elle sourit en se servant une coupe de champagne avant de se poster à la fenêtre. De cet appartement, au sommet de la Croix-Rousse, sa vue embrasse quasiment toute la ville. Elle est sur le point de faire un grand pas en avant dans son enquête : intégrer le cercle des Escorts Etoilés.



Lola, bientôt je retrouverai ton assassin et le lui ferai payer très cher !



Tout ce qu’elle sait de l’homme qu’elle va rencontrer est qu’il s’appelle Greg, qu’il a la trentaine. Bien qu’elle soit nerveuse à cette idée, elle se sent plutôt excitée et cette parenthèse lui changera sûrement les idées. Trois coups rapides suivis de deux coups espaces résonnent à la porte.


Jenny termine son verre d’un trait et le pose sur la table avant de répondre avec une voix décidée.



— Entrez ! »



Elle entend la porte s’ouvrir, quelques pas sur la moquette et la porte se fermer.



— Bonjour, madame, » fait une voix profonde qui la fait tressaillir. « Je suis Greg, à votre service. »



Cette voix ! C’est pas possible... ça ne peut pas être...



Elle se retourne et dévisage l’homme en costume qui se tient devant elle. Il s’agit bien de Stéphane Niels, son ancien instructeur sadique de l’école de police. Elle déglutit péniblement.



Mais qu’est-ce qu’il fout là ? Il va tout foutre en l’air.



Il ne peut pas la reconnaître : en deux ans, elle a changé d’apparence en perdant du poids, en se laissant pousser les cheveux et en faisant des mèches bleues sur ses cheveux bruns, en se maquillant de manière très féminine. Toutes ces fantaisies que l’école de police lui interdisait, elle peut se les permettre maintenant.



Peut-être est-ce le moment de lui rendre la monnaie de sa pièce !



— Greg, c’est ça ?


— Oui, madame.


— Tu m’appartiens pour toute la soirée. Comprends-tu ce que cela signifie ?


— Oui, madame. »



Du haut de son mètre quatre-vingt-cinq, Stéphane toise la jeune femme en face de lui : un mètre soixante-dix à peine, cinquante kilos tout habillée, elle est plutôt mignonne avec ses mèches bleues mêlées à ses longs cheveux bruns. Pourtant, quelque chose le met mal à l’aise. Elle semble bien jeune pour avoir recours à des services comme ceux proposés pour les Etoiles de la Croix-Rousse. Il y a une détermination dans son regard qu’il n’a que très rarement vu chez des clientes. D’habitude, elles sont timides, hésitantes, à la limite de la culpabilité. Mais là, alors qu’elle s’approche de lui gainée dans une robe noire qui ne cache rien de ses formes, il devine de l’assurance et de la maîtrise inhabituelle chez une femme de son âge.



— Tu m’obéiras en tout point. » lui dit-elle en lui caressant la joue. « Sans discussion.


— Bien, madame.


— Parfait ! » lui dit-elle en lui assénant une claque sur les fesses avant de s’asseoir sur le canapé. « Déshabille-toi. »



Stéphane refoule une bouffée de colère : il n’est pas habitué à recevoir d’ordre. Mais il n’a pas le choix : s’il veut entrer chez les EE, il doit en passer par là. Il retire donc ses vêtements, en prenant toutefois son temps, afin de ne pas permettre à sa cliente de croire qu’elle a réellement tout pouvoir sur lui.



Jenny se délecte du spectacle. Qui aurait imaginé qu’elle verrait un jour le Grand Stéphane Niels lui offrir un strip-tease intégral ? Et qui encore aurait pu croire qu’il allait devenir son jouet, même si ce n’était qu’un après-midi ? Son corps est toujours aussi musclé qu’à l’école de police. Chacun de ses mouvements semble savamment calculé pour l’exciter. Elle se mord la lèvre inférieure alors qu’il lui tourne le dos pour se débarrasser de son boxer. Elle sent son bas-ventre se contracter d’excitation.



Curieusement, Stéphane se sent enivré par la situation au point qu’il en oublie sa gêne. Son esprit commence à lui faire miroiter une agréable partie de jambes en l’air avec la dénommée Jenny.



Jenny est très excitée en voyant le membre Stéphane au garde-à-vous. Elle relève le bas de sa robe et écarte les jambes.



— À genoux, ici ! »



Stéphane obtempère devant cette chatte en chaleur qui ne demande qu’à être comblée. Il lui écarte les lèvres des doigts et glisse sa langue entre ses chairs tendres et humides. Jenny lâche un cri de surprise et de plaisir sous les caresses de sa langue chaude. Elle sent son jus couler.



— Oh oui, lèche-moi bien !



Stéphane s’applique à faire jouer sa langue sur ce sexe humide et en avale goulûment le nectar qui s’en écoule. Son instinct lui crie de soulever Jenny de terre pour lui faire l’amour sur le canapé mais la raison le retient de le faire, se rappelant qu’il doit agir selon les souhaits de sa cliente et non les siens.



Punaise ! Qu’est-ce que c’est bon !



— Ooooh, Stéphane !!!!



Le cri de Jenny meurt dans un silence assassin. Stéphane se redresse brutalement en entendant son prénom. Il ne peut pas avoir mal compris. Devant lui, Jenny pâlit brutalement avant de se reprendre. Elle le repousse du pied, lui enfonçant le talon dans le ventre. Surpris, il bascule en arrière. Jenny en profite pour essayer de s’échapper, mais c’est sans compter les réflexes de son ancien instructeur qui se relève rapidement et la rattrape. D’un bras, il la ceinture fermement contre lui. De l’autre, il réalise une prise d’étranglement.



— D’où tu connais mon prénom ? » demande-t-il avec rage.


— Lâ... che... moi... connard... » parvient à répondre Jenny qui s’accroche à son bras pour se libérer.


— Réponds-moi, salope !


— Va... te... faire... foutre ! »



Stéphane est surpris de la vigueur de la jeune femme au point qu’il relâche un peu sa prise autour de son cou. Elle en profite pour lui mordre violemment l’avant-bras ce qui le fait la lâcher aussitôt. Jenny s’éloigne rapidement d’un Stéphane grognant de douleur, le regard plein de haine.



— Putain, t’es qui connasse ? » crie Stéphane.


— Qu’est-ce que tu fous-là ? Merde ! » hurle Jenny en même temps.



Stéphane se redresse et avance sur elle. Elle sort alors un pistolet de son sac.



— Pas un pas de plus. Qu’est-ce que tu fous dans mon enquête ?


— T’es de la maison ? » demande Stéphane surpris.


— Lieutenant Mathilde Dupré, brigade criminelle.


— Oh c’est pas vrai ! Voilà pourquoi j’ai eu un drôle de pressentiment en te voyant ! J’aurais dû m’en douter. Seule une flic de la criminelle aurait pu penser à se faire des mèches de la même couleur qu’un uniforme de police !


— Il n’y a bien que toi pour penser que ma teinture relève d’un manque d’imagination. »



Il réalise ce qui l’avait mis mal à l’aise un peu plus tôt. C’était bien son regard... un regard qu’il avait bien connu. Mathilde avait été l’une de ses élèves et il n’avait pas été tendre avec elle, pensant que c’était juste une fille à papa qui faisait l’école de police pour enquiquiner son père. Plusieurs fois, elle s’était contentée de lui lancer un regard en guise de réponse à ses brimades. C’était le regard qu’elle avait à son arrivée.



— Ça va ? T’as pris ton pied ? » demande Stéphane en se rhabillant.


— Parce que tu crois que ce que tu as fait était suffisant pour ça ? Tu te surestimes. Qu’est-ce que tu fous là ?


— Je suis aux mœurs, à ton avis ? Et toi ?


— Je te l’ai dit. Je suis à la Crim’.


— Qu’est-ce que la Crim’ vient foutre ici ? » disant cela, Stéphane se rapproche à grands pas de Mathilde et l’attrape par le haut de sa robe. « Tu joues dans la cour des grands, fillette.


— J’enquête sur un meurtre, abruti. » rétorque-t-elle en le repoussant.


— Ne viens pas foutre ton joli petit nez dans ce réseau. J’ai trop bossé pour arriver où j’en suis.


— Oui, j’imagine que tu as dû donner de ton corps.


— Connasse...


— Pardon ?


— Je suis depuis trop longtemps sur cette affaire pour que tu viennes y foutre la merde...


— J’ai un meurtre à résoudre... c’est prioritaire.


— Oh non... tu vas pas foutre en l’air six mois d’enquête pour le meurtre d’un gigolo. »



Mathilde craque et le pousse brutalement. Mais que peuvent faire cinquante petits kilos contre quatre-vingts de purs muscles ? Stéphane ne bouge pas d’un poil. Mathilde assène de violents coups de poings dans un abdomen dur comme du béton.



— Ce n’était pas un gigolo. Mais une cliente...


— Un meurtre crapuleux sans doute... Ta copine...


— Lola ! Elle s’appelait Lola !


— Lola ? Une cliente ? Je ne me souviens pas de l’avoir rencontrée.


— C’est elle qui m’a parlé des Escorts Etoilés. Son corps a été repêché dans le Rhône.


— La belle affaire ! Ta pote a sûrement été victime de voyous sur les quais et a voulu se défendre contre plus fort qu’elle. Un mauvais coup et le mec s’est débarrassé du corps dans le Rhône. Maintenant que tu as ton scénario, va fouiller dans la vie de ta copine et laisse-moi faire mon enquête tranquillement !


— Lola est morte à cause de ce réseau ! Si on le fait tomber trop tôt, le meurtre de Lola restera non élucidé et ça, je le refuse !


— Ce n’est pas mon problème. Mon but est de faire tomber ce réseau. Les enquêtes de la Crim’ ne m’intéressent pas.


— Nos enquêtes se télescopent. Okay, ça ne plaît à aucun de nous deux. » Mathilde s’assoit sur le rebord de la table, croisant sensuellement les jambes. Elle esquisse un sourire avant de reprendre. « Tu es venu ici pour obtenir ton statut d’escort étoilé, statut qui te permettra de t’infiltrer davantage dans ce réseau. Je suis la seule à pouvoir te donner ce statut en te donnant une bonne appréciation. Et pour répondre à ton scénario, Lola n’était pas du genre à se balader dans les traboules, seule, la nuit. Je suis certaine que le coupable est un EE.


— Si tu le dis. Je suppose que tu me donneras ce statut d’escort étoilé pour que je t’aide dans ton enquête ?


— Exactement.


— Bon, très bien. Je vais faire de mon mieux pour t’aider mais à une condition : lorsque nous aurons mené nos missions respectives à terme, personne ne devra savoir ce qu’il s’est passé entre nous ici. Si j’apprends que quelqu’un est au courant, ce sera TON corps qu’on repêchera dans le Rhône.


— Ne t’inquiète pas : il me faut plus qu’un cunni pour grimper au plafond. »



Ils se quittèrent sur cet accord.



* * * * *



Mi-juillet, Mathilde reçoit un mail laconique de Stéphane.



RDV au même endroit que 1ère fois. 19h. Pas de retard.



Mathilde retrouve, comme prévu, Stéphane dans la chambre d’hôtel.



— Alors, qu’as-tu trouvé ? » demande-t-il en jetant sa veste de costume sur le lit et en défaisant sa cravate.


— Tu ne veux pas attendre d’avoir partagé nos infos avant de t’envoyer en l’air ?


— Ha ! Ha ! Ha ! Tu te crois aussi excitante que ça ?


— Suffisamment pour te faire bander apparemment. »



Mathilde sourit en posant ses yeux sur l’entrejambe gonflée de Stéphane. Semblant mal à l’aise, il s’assoit dans le canapé, croisant les jambes sous le rire moqueur de la jeune femme.



Toi, tu perds rien pour attendre.



— Commence. » lui dit-elle en s’asseyant dans un petit fauteuil en face de lui.


— OK. Je me suis rapproché de Pierre, un EE depuis trois mois. Il n’a jamais rencontré les responsables du réseau. Tout se fait par mail, avec une adresse cryptée qui change à chaque envoi. La seule info que j’ai pu en tirer c’est qu’un EE a disparu des radars depuis deux mois. Thomas. Ça te dit quelque chose ? »



Stéphane tend une photo à Mathilde.



— Non. Rien... Mais... » Mathilde pâlit brusquement. « Ce... bracelet en cuir, avec la tête de chat...


— Bein quoi ?


— C’est un cadeau que j’ai fait à Lola. Un modèle unique fait sur commande.


— Tu es sûre ? »



Stéphane se lève brusquement et se poste derrière la jeune femme. Mathilde peut sentir son parfum envoûtant lui caresser les narines, la chaleur et la puissance de son corps contre elle. Malgré la situation, le désir s’empare d’elle. Mais elle résiste : ils ont une affaire à régler.



— Oui. Tu as des infos sur ce type ? » demande Mathilde tendue comme un arc.


— Eh, calme-toi. » conseille Stéphane en posant une main sur l’épaule de la jeune femme. « C’est en cours. Et toi ? »



De son côté, Mathilde s’est rapprochée de plusieurs clientes du réseau lors d’une soirée organisée dans un bar de la Croix-Rousse par les gérants du réseau. L’une d’elles a particulièrement attiré son attention. Une certaine Anabelle de Savoie.



— Le genre « bourgeoise tape-à-l’œil ». Pour moi, c’est pas une cliente. Elle semblait trop sûre d’elle. Elle connaissait tous les escorts de la soirée. Si elle n’est pas à la tête du réseau, je suis certaine qu’elle en fait partie. J’ai fait une petite recherche sur elle. Elle a hérité d’une propriété de son mari, décédé en début d’année. C’est là qu’elle organise sa petite sauterie.


— Comme par hasard, c’est à ce moment qu’on commence à entendre parler des Etoiles de la Croix-Rousse. OK. Tu proposes quoi ?


— Tant qu’on n’a pas d’infos sur ce fameux Thomas, je suis coincée. Autant avancer sur ton enquête.


— Et donc ? »



Mathilde se lève et se tourne vers Stéphane.



— Jusqu’à quel point es-tu capable de te soumettre à une femme ? »



Mathilde lui explique alors qu’Anabelle de Savoie organise un Munch – une rencontre SM – avec plusieurs clientes régulières. Stéphane hausse un sourcil, il n’en a pas entendu parler.



— Peut-être encore un niveau au-dessus. » lui dit Mathilde. « Tu viens juste d’être promu EE, alors...


— T’inquiète. Je me débrouillerai. On s’y retrouvera. »



Stéphane est sans doute bourré de défaut aux yeux de Mathilde : macho, sadique, désagréable, bourru et chiant à mourir. Mais l’une de ses qualités est d’être déterminé à tout pour mener à terme ses missions.



Mais jusqu’où es-tu capable de t’impliquer ?



* * * * *



Fin juillet 2022.



Cela a été compliqué, mais Stéphane est parvenu à entrer dans le cercle restreint des EE conviés au fameux Munch d’Anabelle de Savoie. Il a réussi à piéger l’un des escorts avec une cliente. Au terme d’un marché intéressant pour l’escort, il a pu prendre sa place.


Mathilde, quant à elle, a sympathisé avec Anabelle qui l’a à la bonne. Elle a mis en avant son insatisfaction sexuelle, son besoin de sensations fortes et de contrôle. Anabelle lui a affirmé qu’elle voyait en elle une dominatrice en puissance et l’a conviée au Munch.


Le duo « Police Escort » est enfin dans la place. Il ne lui reste plus qu’à trouver les preuves dont il a besoin pour démanteler le réseau et trouver l’assassin de Lola.



* * * * *



Mathilde s’est installée dans l’un des fauteuils du dernière rang. Elle est agréablement surprise par la décoration et l’installation de la salle. Elle est sombre seulement éclairée par plusieurs bougeoirs. Ses murs sont couverts de tentures rouges et noires. L’ambiance y est fascinante. Mathilde s’attendait à voir du matériel SM, tel que chevalet, pilori, deux cages, un portail avec des chaînes. Mais elle ne voit qu’une dizaine de fauteuils, chacune équipé d’une petite table basse surmontée d’un bougeoir et une grande scène.



Alors qu’elle se demande ce qui va se passer, une coupe de champagne apparaît sous ses yeux. Elle lève les yeux et manque de s’étouffer de rire en reconnaissant Stéphane, simplement vêtu d’un boxer noir et d’un nœud papillon autour du cou. Ses lèvres s’étirent en un sourire gourmand tandis que son regard se promène sur les cuisses fermes, le boxer moulant et les tablettes de chocolat de son collègue. Elle manque d’éclater de rire en le voyant ainsi mais se délecte de son corps musclé offert à ses yeux. Elle jette un coup d’œil autour d’elle : chaque invitée est accompagnée d’un EE. Certaines se laissent déjà aller par des caresses torrides, excitant sans gêne leur EE soumis.


Mathilde glisse une main légère sur les fesses fermes.



— Retire ta main de là. » grogne-t-il.


— Tu veux que je te tienne par la queue comme les autres ? » lui demande-t-elle en désignant plusieurs couples. « Perso, je ne suis pas contre te mener par la queue.


— Ça va, ça va... »



Il y a dix couples ainsi formés.



— Tu crois qu’il est là ?


— Je ne sais pas. Cherche discrètement. »



Le regard de Mathilde glisse d’escort en escort quand elle finit par trouver le fameux Thomas : Anabelle le tient en laisse comme un chien sur le côté de la scène. Les doigts de la jeune femme se crispent sur la fesse ferme de Stéphane qui hoche discrètement la tête.



Ça ne peut pas être une coïncidence.



Sur la scène, défilent plusieurs couples D/s qui montrent aux invités l’utilisation des différents appareils que l’on peut retrouver dans un donjon. Dominatrices comme soumis semblent rompus à cet exercice délicat, ce savant mélange douleur/humiliation/plaisir. Autour d’elle tout n’est plus que halètements et gémissements.


Son regard se pose sur la scène où une Dominatrice, vêtue d’une robe courte en cuir et de cuissardes noires, commence à fouetter son soumis. Mathilde se sent au bord de la nausée. Pour elle, ils vont trop loin dans leur pratique. Ce n’est pas ce qu’elle attendait.



— Je ne me sens pas bien. » lâche Mathilde, en se levant. « Je vous laisse S... cinq minutes... Greg, reste ici.


— Très bien. Greg, viens ici. Tu seras mon prochain cobaye. » lance alors Anabelle avec un sourire sadique.



Mathilde pâlit à ces mots mais Stéphane lui fait signe d’y aller.



Ça m’étonne pas : la mission d’abord.



Mathilde quitte la salle, légèrement vacillante, laissant avec crainte Stéphane aux mains d’Anabelle. Une fois la porte fermée, elle se reprend. Elle avait obtenu les plans du petit manoir et sait maintenant où se trouve le bureau d’Anabelle : premier étage, troisième porte. Son objectif : atteindre l’ordinateur et croiser les doigts pour qu’il soit allumé. L’un de ses collègues du service informatique lui a indiqué la marche à suivre. Elle colle l’oreille contre la porte et fait jouer doucement la poignée. La porte s’ouvre doucement.


Le bureau est plongé dans la pénombre et le silence seulement troublé par les clameurs des chattes en chaleur en bas. Elle se précipite derrière l’écran d’ordinateur : la session est ouverte.



Elle doit se sentir vraiment en confiance pour laisser son ordi comme ça.



Elle ne prend pas le temps d’ouvrir les fichiers. Elle glisse sa clé USB à l’endroit approprié et installe le logiciel espion. Son collègue lui a assuré que ça ne prendrait pas plus d’une minute.



— Allez, allez, alleeeeeez ! »



Elle entend des pas dans l’escalier. Elle prie silencieusement pour que le logiciel finisse de s’installer. Le téléchargement semble prendre des plombes. Les pas se rapprochent, la poignée de la porte bouge.



— Viiiite ! »



Le téléchargement se termine. Mathilde a juste le temps de retirer la clé et de se cacher sous le bureau que deux personnes entrent.



— Tu es certain de ce que tu dis ?


— Oui, ce type est un flic. Il travaille aux mœurs. Je l’ai déjà vu chez mon père.


— Voilà qui est gênant. »



Mathilde se mord la lèvre : Stéphane est en danger, mais elle ne peut rien faire pour le moment... rien, sinon enregistrer leur conversation. Le plus silencieusement possible, elle sort son téléphone et met en route le dictaphone.



— Tu sais ce que tu as à faire, non ? »



Un violent coup s’abat sur le bureau, faisant trembler le bois autour de Mathilde.



— Putain, on parle d’un flic, là !


— Si tu veux que personne ne soit au courant de ta double vie, tu as intérêt de trouver une solution. Comme la dernière fois ! »



La voix d’Anabelle est plus que menaçante. Mathilde ose à peine respirer : si elle la trouve sous son bureau, elle est fichue.



— Lola, c’était pas pareil ! elle me faisait chanter.


— Dis-toi que c’est pareil. Il est trop près de nous. Si je tombe, Thomas, tu tombes avec moi, je te le promets ! »



Un lourd silence s’abat dans le bureau. Des pas s’éloignent et la porte claque.



— Pfff... tous les mêmes ces gosses de riches... Un futur juge dans la manche, c’est bon ça... »



Mathilde se mord le poing pour ne pas hurler et lutte contre elle-même pour ne pas sauter à la gorge de la maquerelle : elle foutrait en l’air les deux enquêtes. Elle devait compter sur la technologie et la réactivité de Stéphane. Elle n’avait aucun moyen de le contacter. Tant qu’Anabelle ne bouge pas, elle est coincée.



— Bien, c’est encore une bonne journée. »



Mathilde l’entend frapper dans ses mains avant de quitter la pièce. Elle coupe l’enregistrement. C’est une preuve indubitable, mais obtenue de manière illégale. Il leur faudrait plus que ça pour les condamner.



Elle sort lentement de sa cachette et ose entrouvrir la porte. Elle voit Anabelle finir de descendre les escaliers. Avec la souplesse d’un chat, elle suit le même chemin et regagne la salle. Elle espère que Stéphane s’en sort bien. Tout en s’installant dans son fauteuil, elle voit son collègue attaché à un portail de bondage, les cuisses et le torse couverts de zébrures rouges. Dans un coin, cachés derrière les rideaux, elle distingue les silhouettes d’Anabelle et de Thomas. Elle se doit de faire quelque chose. Même si elle ressent de la rancœur envers son ancien instructeur sadique, elle estime qu’il ne mérite pas ce traitement.



Discrètement, elle ressort son téléphone, le met en numéro masqué. Quelques bips se font entendre et la voix d’Anabelle se fait entendre.



— Etoiles de la Croix-Rousse, qui désirez-vous ?


— Anabelle, Thomas vous a trahie. » murmure Mathilde. « Il vous a vendue pour se blanchir.


— Qu... qui êtes-vous ?


— Quelqu’un de bien placée pour vous aider. La police va faire une descente au siège. Dépêchez-vous de vous y rendre.


— Mais...


— Quelqu’un qui vous veut du bien. »



Elle raccroche et regarde la suite des évènements : Anabelle semble garder son sang-froid. Elle prend le micro et met fin au spectacle.



— Mesdames, je suis au regret de mettre précocement un terme à notre réunion. J’espère que cela vous aura donné un avant-goût du plaisir SM.


— C’est inadmissible ! » crie Mathilde. « Nous avons payé pour une après-midi, pas deux heures !


— Oui, c’est vrai ! » enchaîne une autre. « Remboursez-nous ! »



L’intervention de Mathilde a l’effet escompté : rien n’est pire qu’une femme bafouée. Sauf dix femmes en colère. Toutes les invitées se lèvent les unes après les autres, pour réclamer leur dû immédiatement. Mathilde est plus que satisfaite, car Anabelle va devoir utiliser son ordinateur et le logiciel-espion va pouvoir faire son boulot.



Avec la rapidité d’un chat, elle se précipite sur la scène et ordonne à la dominatrice de libérer Stéphane et de l’aider à le conduire jusqu’à chaque voiture. L’un des EE apporte ses affaires. Sans attendre plus longtemps, elle démarre.



— Ça va aller ?


— Super ! » répond Stéphane en grimaçant. « Tu m’emmènes où ? Pas à l’hosto, j’espère.


— Sauf si tu veux faire une croix sur ta dignité, Greg... »



* * * * *



Après un passage chez un ami médecin de Mathilde qui a soigné les blessures de Stéphane sans poser de question, Mathilde raccompagne Stéphane chez lui, lui ordonnant de se reposer. Stéphane, évidemment, refuse de se plier aux exigences de la jeune femme. Il ne veut laisser ni Thomas ni Anabelle filer.


Mathilde le rassure en lui faisant part de ses découvertes, de son enregistrement et du logiciel-espion.



— Ce n’est qu’une question de temps maintenant.


— J’espère que la petite bombe que tu as lâchée va porter ses fruits, sinon, tout est foutu.


— Fais-moi confiance. »



En effet, il n’a pas fallu attendre deux jours pour coincer Thomas et Anabelle. Le commissariat de police de la Croix-Rousse a été appelé en urgence par un voisin d’Anabelle rapportant des cris et des bruits de lutte chez elle. Thomas a débarqué dans la soirée pour exiger des explications à Anabelle qui a pris peur. Les deux se sont retrouvés au poste, l’un chargeant l’autre. Avec les preuves rassemblées par Mathilde et les données informatiques, leur compte est bon.



Mathilde retrouve Stéphane dans un bar dans le Vieux Lyon. Il semble avoir récupéré de sa séance. D’un geste, il invite la jeune femme à s’asseoir et lui tend un verre de Mojito.



— Félicitations, Lieutenant Dupré. Vous avez votre coupable.


— Merci, Capitaine Niels. On peut dire que vous avez réussi votre coup de filet. » répond-elle en trinquant avec lui.


— Jamais je n’aurais cru qu’une collaboration avec la Crim’ aurais pu porter ses fruits.


— Et moi, je n’aurais jamais espéré voir mon instructeur sadique se soumettre comme ça. »



Stéphane pose son verre et tend un index menaçant vers sa jeune collègue.



— Tu n’as pas intérêt à en parler, c’est clair ?


— Eh bien, cela vaut bien un bon cunni, non ?


— Seras-tu capable de t’en satisfaire ?


— Je ne crois pas, non... »


Diffuse en direct !
Regarder son live