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Portrait : Carmelle

Chapitre 1

Erotique

I


Dans son lit, Carmelle somnolait. Elle tenta d’ajuster sa vision sur les gros chiffres rouges implacables du réveil-matin: 10 heures. 10 heures ou plus: elle n’avait ni le courage ni l’envie de regarder les minutes. 10h01, 10h59, quelle importance? C’était trop tôt de toute façon.

Bouche pâteuse et une vrille dans le crâne, Carmelle pensa un moment qu’elle devenait trop vielle pour ces sorties en club. Elle chassa vite cette idée; 28 ans: pas trop vieille, mais trop bu. Il lui faudrait limiter la boisson, non les sorties. Mais difficile quand son club préféré lance une nouvelle Vodka: “Russian Standard, en provenance directe de Saint-Pétersbourg, 50% toute la soirée” disaient les panneaux publicitaires. Elle y avait déjà goûté et l’avait adoptée et ne put donc pas passer à côté. Argent, réduction ... la débauche était devenue une activité de riche. On devait même calculer un budget pour s’offrir de l’alcool.

Par chance, par habitude, elle n’avait pas été malade. Du moins était-ce son souvenir, mais quelle certitude pouvait émerger d’un tel mal de tête?


De petits coups lui martelèrent les tympans: la sonnerie MP3 de son mobile. Putain de pubs mensongères, le son est horrible, grotesque! S’il vous plaît il est temps d’arrêter d’en faire un argument de vente! La vrille s’enfonça.

Carmelle était tellement dans le brouillard qu’elle ne s’était pas rendue compte tout de suite que c’est cela qui l’avait réveillée. Gesticulant le bras hors du lit, elle le tordit vers son téléphone. Elle devait lutter contre les paupières lourdes et les pupilles douloureuses. À tâtons et risquant de le faire tomber elle chercha son téléphone.


Putain … stop!


Quand elle l’eut enfin attrapé, elle pressa le bouton rouge pour le réduire au silence. Le monde des songes redescendit doucement sur Carmelle, apprivoisant doucement la douleur. Éphémère.


Elle perçut un babil inintelligible: au lieu d’avoir appuyé sur le bouton rouge, elle s’était trompée avec le vert. Elle soupira un long moment. Elle ne voulait pas raccrocher maintenant; cela ne se fait pas, putain de politesse. Ensuite décida de répondre afin que cela cesse au plus vite. “Ça va, tu as gagné, je me rends.” se dit-elle avec humeur et repartit à la recherche du mobile, puis répondit en grommelant:


Ouais?

Carmelle? C’est moi, Monica. Ça va?

Ouais ...

Oulah, ça n’a pas l’air d’être la grande forme. Je t’ai réveillée peut-être?


Son cerveau dormait encore un peu de trop pour formuler une réponse polie ou même sarcastique; elle répondit d’une manière détournée:


Eh bien, je suis sortie en boîte, je suis sans doute allée me coucher il n’y a pas longtemps.

Oh! Oui oui, je sais, on y était aussi!


Le ton de son amie est enjoué, impatient, elle avait visiblement quelque chose à dire qui l’amusait beaucoup. Mais Monica avait raison, elle avait été là hier soir paradant sa robe noire au milieu du groupe de copines habituel. Pourquoi appelait elle à cet heure ci alors qu’elle devait savoir que Carmelle dormait encore: elle ne s’éveillait pas avant midi lors des sorties en boîte.


Je suis rentrée à quelle heure Monica?, demanda la jeune fille pour essayer d’être moins grossière, même si sa volonté mollissait à chaque réplique.

Je n’en suis pas sûr. On t’a laissé aux environs d’une heure en charmante compagnie, il est possible que tu sois rentrée plus tard!, fit elle trop contente de la perche tendue.


Monica jubilait, même bourrée Carmelle ne pouvait pas ne pas le remarquer. “Génial ...” se dit-elle. C’était donc pour ça que son amie appelait: pour savoir avec qui sa copine avait passé la nuit. Son esprit marqua une pause: mais avec qui au fait? Elle tenta de s’en rappeler mais vu le manque de souvenir déclara:


Désolée Monica, mais je ne vois pas de quoi tu veux parler j’en ai bien peur. Énervée, Carmelle devenait verbeuse...

Carmelle..., elle marqua un pause irritante après le prénom puis repris: « Ne me mens pas, on t’a toutes vu avec le beau Roméo. »

Roméo *? Mais de quoi tu parles bordel? Et puis, c’est qui ce Roméo?


Carmelle se frotta les yeux du bout des doigts à mesure que la conversation avançait. Foutu mal de crâne. Foutues questions. Foutue soirée. Franchement, elle en avait plein les bottes et avait bien envie de raccrocher à cet instant et de passer le reste de la journée à trouver une excuse pour ne pas se fâcher avec Monica. Ou peut-être que si après tout, ne l’avait elle par mérité?


Roméo, ma chère, et c’est à toi de me dire qui il est. Je sais juste que c’est le garçon que tu as collé tout au long de la sortie, affirma-t-elle.

Je sais pas ce que tu cherches, mais tu perds ton temps. Il n’y a pas de Roméo et il ne s’est rien passé avec lui. Maintenant si tu veux bien je vais dormir car ...

Menteuse! Avoue que tu as mis le grappin dessus. Je crois qu’on est toutes jalouses de toi, tu pourrais au moins nous faire partager quelques détails! Il était trop craquant!


Elle repris si vite que Carmelle ne put protester ni même l’insulter.


Ma chérie, tu es Carmelle la belle! Et tu as encore frappé hier soir!


L’enthousiasme de Monica exaspérait déjà la jeune femme, mais ce surnom Carmelle le détestait encore plus que sa gueule de bois. Elle le trouvait digne d’une vulgaire allumeuse ou pire, d’une star du X.

Elle se demanda au fond pourquoi elle avait une telle réputation. Ses hanches évasées? Ou leur sensualité dans le mouvement? Sa poitrine trop volumineuse? Peut-être encore l’arrogance de son mascara? Ou celle de ses fesses à peine couvertes? Justement peut-être la taille de ses vêtements: trop courts, trop ajustés?


Bien sûr, Carmelle ne niera pas non plus que coller les garçons comme elle le faisait n’aidait pas à sa cause. Non plus sa manie d’accepter les verres de parfaits sourires charmeurs et inconnus. Ni de ne s’offusquer d’aucune main aux fesses ou baisers volés.

Peut-être qu’après tout elle n’était qu’une vulgaire allumeuse.


Carmelle? Tu es là?

Oui, oui, finit elle pas répondre, plus calmement. J’ai bien peur de te décevoir, mais je n’ai conclu avec aucun Roméo. J’ai bien la souvenance de quelques beaux garçons avec qui j’ai pu danser, mais personne ne m’a emmenée au septième ciel. Maintenant Monica, s’il te plaît...


Carmelle ne put finir et son interlocutrice renchérit:


Pourtant, je me souviens très bien de lui. Beau, charmeur, grand, les yeux qui pétillent… Je le voyais presque nu dans ma chambre sous la couette!


Carmelle eu cette impression fugace que Monica avait plus fantasmé sur ces garçons qu’elle-même. Sur le moment, elle eut beau tenter de faire plaisir à son amie et de se rappeler les détails que celle-ci convoitait, mais la seule souvenance de plaisirs torrides furent ceux de la vodka et son offre promotionnelle étendue à toute la soirée. Pour une clubbeuse comme elle ce genre d’actions est plus addictive encore que les soldes pour une victime de la mode.

Ce petit jeu avec Monica l’agaçait, elle le reprendrait plus tard; ou jamais de préférence.


Monica, je veux dormir. Je suis fatiguée, j’ai mal la tête et je ne sais pas de quoi tu parles. Ça te dirait que je te sonne plus tard?

Allez coquine, te fait pas prier!

Putain! Monica, s’il te plaît. Répéta la jeune femme exaspérée.

D’accord Carmelle la belle, c’est bon je n’insiste pas. Mais tu n’oublieras pas de me raconter comment il a réussi à se glisser dans ta culotte tout à l’heure!


Carmelle poussa un long soupir et raccrocha, le cervelle trop embrumée que pour formuler quoi que ce soit de cohérent. Impossible de jouer à ce jeu avec Monica si elle n’avait pas sa répartie, mais cette dernière le payerait plus tard. Avant d’abandonner toute lucidité au royaume des songes tant convoité, elle éteignit son portable pour éviter les appels de ses autres amies: Monica était la pire mais pas la seule garce qu’elle connaissait!

Elle posa le plastique noir sur la table de nuit et glissa la main sous l’oreiller, puis se lova dans les couvertures pour trouver le sommeil. Elle ferma les yeux et pris congé du réveil avec un sourire délivré. Chaud et douillet, le lit l’entourait de ses bras molletonneux et elle se détendit.


Le souvenir vague de trois hommes lui revint doucement; se pouvait-il que l’un d’entre eux fut Roméo?

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