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La première Saint Valentin

Chapitre unique

Hétéro

En l’an de grâce 269, il ne fait pas bon être chrétien dans Rome. En effet, ces derniers sont mal barrés car ils sont mal vus par l’empereur Claude II

Dont le règne fut trop court pour que l’on s’en souvienne
. À cette époque vivait dans la capitale un prêtre du nom de Valentin, dont la spécialité était de marier et de guider les couples. On venait des quatre coins de l’empire pour recevoir ses conseils, lui-même n’était d’ailleurs pas étranger aux choses de l’amour car en ce temps-là, on ne forçait pas encore les ecclésiastiques au célibat
Et personne ne s’en plaignait
. Malgré tout, le cœur de Valentin était tout dévoué à Dieu et à ses ouailles et nulle femme n’avait su l’ébranler, si je puis m’exprimer ainsi.


Tout changea le jour où la milice urbaine

Les condés
vint l’emporter sur ordre de l’empereur car celui-ci voulait des célibataires pour mieux les sacrifier à la guerre. Il était en effet de notoriété publique que les chrétiens respectaient scrupuleusement le saint sacrement du mariage, aussi étaient-ils menacés par la politique de Claude. Quant au pauvre prêtre, il croupissait en prison où l’on espérait l’y voir mourir. Fort heureusement, il pouvait compter sur les bons soins de la fille du geôlier pour surmonter cette épreuve. Chaque jour elle lui apportait des repas et lui tenait compagnie. La petite Julia, c’était là son prénom, avait une particularité, elle était aveugle de naissance. Elle profitait donc de chaque occasion pour questionner son prisonnier pour qu’il lui parle et décrive le monde. Elle voulait tout savoir et qui d’autre qu’un prêtre chrétien était plus honnête et digne de confiance ?


Une nuit, Julia se glissa hors de chez elle pour aller voir Valentin en dehors de ses heures de visite habituelles. Il priait, agenouillé dans la lumière sélénite qui pénétrait sa cellule. Ne voulant pas le déranger, elle attendit patiemment qu’il ait fini pour lui parler.


— Que faisais-tu, demanda-t-elle.

— Je priais.

— Tu demandais à ton dieu de te sauver ?

— Il l’a déjà fait, assura-t-il.

— Je ne comprends pas.

— Grâce à toi je peux manger, si tu n’étais pas là je serais déjà mort.

— Mais tu es toujours enfermé, tu ne voudrais pas qu’il te libère ?

— Seul mon corps est emprisonné, tant que Dieu est avec moi mon âme sera toujours libre.


La jeune fille ne savait pas quoi répondre, c’est une chose qui arrive souvent lorsque l’on parle à un prêtre, encore de nos jours, en particulier quand celui-ci essaie de vous convertir. Elle changea vite de sujet et exposa la raison de sa venue.


— Je voudrais te voir, articula-t-elle.

— Le peux-tu, interrogea Valentin d’un ton dubitatif.

— Oui, avec mes mains. Mais pour cela je dois rentrer et je crains que tu t’enfuies si je t’ouvrais la porte.

— Donne-moi tes mains. Laisse-moi les prendre dans les miennes et je te promettrai que je ne m’évaderai pas.


Rassurée, la geôlière sortit son trousseau et déverrouilla la porte avant de la refermer derrière elle. Son prisonnier la guida vers sa banquette et s’y assit, puis posa les doigts fins sur son visage. Julia l’explora du cou au front, des oreilles au nez, creusant chaque ride et brossant chaque recoin de sa barbe. Quand elle eut fini son inspection tactile, elle s’agenouilla devant Valentin et lui dit :


— Je n’ai pas osé te le demander jusqu’ici, j’aimerais savoir comment tu me vois.


À son tour, l’homme caressa le visage de la jeune aveugle tout en détaillant ce qu’il touchait au fur et à mesure.


— Tes cheveux ont la couleur de la terre de Sicile, sombre et fertile, au pied des volcans. Ta peau est claire comme le lait des brebis et parfumée comme le miel, tes yeux sont deux onyx au reflets irisés dans un écrin de nacre, ta bouche est un fruit mûr et acidulé, pulpeux comme une cerise.


Plus il parlait et plus elle rougissait. Bien sûr, elle ne pouvait pas comprendre les concepts comme les couleurs, après tout elle n’en avait jamais vues, mais la façon dont il parlait d’elle l’enchantait. Il ne se contentait pas d’exposer ce qu’il voyait, il communiquait ses sentiments à travers ses mots. Depuis lors Julia multiplia également les sorties nocturnes, plus intimes, jusqu’à un soir où elle fit une demande particulière. Valentin remarqua tout de suite qu’elle était nerveuse. Pour la rassurer, il l’avait assise près de lui et lui tenait les mains.


— Ce que je voudrais te demander est délicat et je crains que tu refuses.

— N’aies pas peur, la vérité est le langage de Dieu.


Ce genre d’aphorismes était sa spécialité, il en usait souvent. Cela avait fini par amuser Julia, avec sa barbe ça lui donnait même une allure de philosophe. Ce dernier l’avait faite sourire et cela l’apaisa.


— Depuis que tu es ici, j’ai l’impression d’être quelqu’un d’autre, les gens autour de moi me traitent en infirme et me plaignent. Tu es la seule personne qui s’est réellement intéressée à moi, comme si j’étais normale.

— Tu es normale, c’est ainsi que Dieu t’a faite.

— Si c’est ce que tu penses alors Valentin, épouse-moi.

— Tu veux te marier avec moi ?

— Oui, tu es l’homme que j’aime, celui qui me rend heureuse.

— Ce n’est pas très régulier, je ne peux pas célébrer mon propre mariage, puis il nous faut des témoins.

— Ne dis-tu pas que Dieu est toujours avec nous ?

— Euh... oui, bien sûr, d’une certaine manière...

— Alors il sera notre témoin.


Valentin voulut objecter et lui expliquer en quoi c’était contraire aux règles mais il aurait été impossible de lui faire comprendre pourquoi la Providence passait après les principes de l’Église. Il se résigna donc et consentit à leur union car lui aussi éprouvait pour Julia de tendres sentiments. Il prononça les mots rituels et officialisa son propre mariage. C’est tout naturellement qu’ensuite la jeune mariée ôta sa fibule pour défaire sa tunique. Son corps frêle et nu grelotait dans le sous-sol froid. Pour la réchauffer, son époux l’allongea soigneusement sur sa paillasse et la couvrit de son propre corps et de baisers. Les cuisses rosées de Julia s’ouvrirent pour y accueillir le prêtre qui continuait de frotter ses lèvres et ses mains sur la peau fraîche de son épouse. Lorsqu’il atteint sa fente la température avait grimpé de quelques degrés, l’entrée de son temple bouillonnait d’impatience à l’idée de recevoir son offrande. Un peu hésitant, Valentin demanda si elle était prête et elle hocha la tête en signe de consentement. Il s’introduit lentement en elle jusqu’à atteindre son hymen et la déflora d’un coup sec sans être brutal pour autant.


— Tu as mal, s’enquit-il.

— Un peu oui, mais ça va aller. Donne-moi quelques secondes.


Elle se blottit contre le corps du vieil homme et inspira un grand coup, puis demanda qu’il continue. Il la prenait délicatement pour l’habituer à cette nouvelle sensation. La douleur commençait à s’estomper et le plaisir à s’installer, elle calait sa respiration sur les mouvements de son amant, laissant quelques petits gémissements s’échapper à chaque expiration. Progressivement, elle se détendait et se laissait aller. Quand il intensifia la cadence elle émit un petit cri de surprise mais n’en ressentit que plus de plaisir car elle s’était entièrement abandonnée, livrée à l’homme dont elle était éprise et ne put s’empêcher de jouir. Lui mit un peu plus de temps et il dût se concentrer pour s’assurer de satisfaire sa nouvelle femme qui ne semblait pas vouloir qu’il s’arrête. Elle eut un second orgasme avant qu’il n’éjaculât en elle.


La nuit s’achevait et le jour poignait. Au moment de partir, le jeune marié embrassa son épouse sur les paupières et lui conseilla de se reposer lorsqu’elle rentrerait chez elle. C’est là que le miracle se produit, la lumière du matin qui s’engouffrait à travers les barreaux de la cellule de Valentin était plus vive que d’ordinaire, elle irradiait toute la pièce d’une douce chaleur. Il comprit alors que Dieu avait béni son union et avait accordé la vue à Julia. Tous chez elle célébrèrent le don qui lui avait été fait, mais la nouvelle atteint bientôt l’empereur qui considérait cette bénédiction comme une ombre à son pouvoir. Sa réaction fut de décapiter Valentin sur le champ au milieu de la voie Flaminia

l’une des artères les plus empruntées de Rome
.


C’est ainsi que depuis lors, tous les ans, nous célébrons les amoureux le jour de la Saint Valentin... Ça et aussi parce que deux siècles plus tard le pape a décidé de remplacer une fête païenne de la fécondité par une nouvelle, chrétienne, célébrant l’amour. Mais bon, ça n’empêche pas le romantisme, pas vrai ?

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