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Prêt à tout

Chapitre 3

Le berger et les loups

Trash

Avertissement : âmes sensibles, passez votre chemin...


Je rejoins ma voiture en faisant plusieurs détours, vérifiant maintes fois les alentours, tous mes sens sont en éveil. Je démarre et me dirige vers la casse auto. En fait un immense terrain dans une banlieue bien pourrie, devenue une cour des miracles où des bandes se livrent à leurs trafics en toute impunité. Je stationne à huit cents mètres de là, il est plus de minuit, l’obscurité est totale. Ma tactique va être différente, on ne négocie pas avec ceux à qui je vais rendre visite. Je m’enduis le visage de noir de camouflage, passe un plastron en kevlar et m’équipe. Je fixe un atténuateur de son sur le fusil d’assaut AR-15 à canon court que je sors de la housse, et enquille un chargeur de trente cartouches. Je chemine à pied, silencieusement, vers un monticule qui domine la casse. Avec mes jumelles de vision nocturne, je suis à même d’apprécier la situation. Trois grands blacks fument devant un container rouillé. L’un d’eux a un bandeau sur l’œil gauche, tel un pirate.


C’est lui mon objectif. Je distingue aussi une crosse de fusil. Deux autres lascars se déplacent le long de la palissade partiellement démolie, l’un fait tournoyer une machette. Des carcasses de voitures éparpillées jonchent le terrain. Parfait, je pourrai progresser discrètement. L’immeuble le plus proche est à environ trois cents mètres, j’entends des pétarades, des jeunes qui se livrent à un rodéo nocturne. Je remarque la présence de futs d’essence contre le container.


Il faut être réaliste, les chances ne sont pas en ma faveur. Ils sont plus nombreux, coutumiers des lieux, avec de potentiels appuis à proximité, je ne connais pas précisément leur armement. Si le but avait été de les éliminer, les choses auraient été plus aisées, mais je dois arriver jusqu’au borgne, qui doit rester vivant, et le faire parler.


Je vais peut-être y laisser ma peau, cette fois. J’ai froidement prévu cette éventualité. Ma fille sera prise en charge par des gens de confiance, et si les choses dégénèrent vraiment, elle disposera d’un faux passeport pour quitter le pays, avec de l’argent sur un compte offshore. Je repense à mes étreintes torrides avec Coralie au gîte alors que je l’ai auparavant brutalisée pour obtenir ses aveux, l’offrande de sa seule richesse, sa virginité anale, puis ses révélations sur l’attirance malsaine d’Héloïse pour moi. Et Sophie, que je n’ai pas revue depuis un mois, alors qu’elle m’a explicitement avoué son amour et que j’ai été incapable de faire preuve de réciprocité. Par peur de m’engager après mon veuvage ?


Je me remémore notre première rencontre, lors d’un séminaire professionnel, le cabinet d’architectes dans lequel elle travaille étant en co-traitance avec ma société afin de participer à la réponse à un gros appel d’offres pour un marché de rénovation d’une usine et de bureaux. Nous sympathisons, avec des discussions qui vont très au-delà des échanges professionnels. Elles cultivée, à l’aise, même si je perçois une certaine réserve. Elle remarque mon alliance, et lorsque je lui annonce que je souhaite la revoir, à la fin des réunions, me répond sèchement.


— Eric, vous êtes très agréable et courtois, mais je ne suis pas de celles qui fréquentent les hommes mariés.

— Sophie, c’est tout à votre honneur. Je suis veuf, et porte cette alliance en souvenir de ma défunte femme. Et depuis son décès, je me consacre à l’éducation de ma fille, qui a perdu sa mère à onze ans. Bonne fin de journée.


Le visage de Sophie se décompose, elle tente de balbutier quelques mots alors que je me lève et quitte le séminaire. Je pense ne jamais la revoir après un tel échange. Deux jours plus tard, je reçois un appel d’un numéro ne faisant pas partie de mes contacts.


— Bonjour Eric… c’est Sophie à l’appareil.

— Bonjour Sophie, je suis surpris de votre appel. Je n’ai pas souvenir d’avoir eu l’opportunité de vous communiquer mon numéro.


S’ensuit un moment de silence.


— Je… je suis vraiment désolée. J’ai connu un divorce très… difficile, il y a trois ans. Je me suis méprise sur vos intentions, pensant avoir en face de moi un homme marié recherchant une aventure extraconjugale. Alors j’ai appelé votre assistante, et lui ai demandé votre numéro en prétextant un dossier urgent. Je souhaite me faire pardonner. J’aimerais vous revoir. Si vous le voulez bien.

— Oui, moi aussi je souhaite vous revoir.


Non. Ce n’est pas le moment de laisser mon esprit s’égarer. Sauf à vouloir me faire tuer. Je commence ma progression en utilisant les épaves comme des jalons, puis viens m’adosser à la palissade. J’approche silencieusement du gars à la machette. Pas après pas, jusqu’à arriver derrière lui. Un geste brutal et décidé. Une main sur son front fait pivoter sa tête, alors que j’enfonce simultanément mon poignard dans sa gorge jusqu’à la garde. Un gargouillis immonde se fait entendre, tandis qu’un jet de sang gicle de sa carotide. Son corps s’affaisse. Et survient la douleur. Intense, inattendue. Au niveau de la hanche. Une lame épaisse qui pénètre mes chairs. Ma vision se trouble. Self-contrôle. Le second lascar. Je ne l’ai pas entendu. Mes réflexes d’antan sont émoussés. Je fais coulisser mon fusil en utilisant la sangle comme une courroie, et la crosse heurte violemment le visage de mon adversaire. Il lâche son arme en poussant un grognement. Je dois l’empêcher d’alerter les autres.


Deux coups rapprochés au niveau du sternum. Il a le souffle coupé, mais il enserre mon cou. Il est fort. Il me pousse brutalement contre la palissade, ses mains compriment ma trachée et soulèvent mon corps, la douleur dans ma nuque devient intense. Je dois réagir. Vite. Mon pied vient fouetter son genou. Une fois. Deux fois. Il grimace de souffrance et fléchit ses jambes, alors que je retrouve mes appuis au sol. Mes poings s’écrasent sur ses tempes. Il vacille et relâche sa pression. Un cri.


— Abduuuuullll….


C’est sa dernière parole. Je plaque mon pistolet contre sa cage thoracique. Quatre balles déchiquettent son cœur. La détonation est assourdie par la proximité de son corps, mais reste nettement perceptible. Je ne bénéficie plus de l’effet de surprise. Et je suis bien amoché, je pisse le sang, avec certainement aussi des lésions au niveau des cervicales. Je fixe rapidement un pansement compressif au niveau de mon bassin profondément entaillé fin de juguler l’hémorragie. Et je n‘ai plus le choix. Même si je devrai régler l’addition tôt ou tard. J’avale un Captagon, la « pilule de l’horreur ». Un stimulant de la classe des amphétamines. On sait que les djihadistes de Daech en ont consommé de grandes quantités. Cette drogue les transforme en combattants féroces et sans peur, capables de commettre les actes les plus barbares, sans inhibition. Exactement ce que je dois devenir ce soir, sans être arrêté par la douleur.


— Ibrahim, où t’es ? Ça va ?


Un des trois gars du container s’approche avec une lampe torche. Je progresse vers lui en prenant garde à rester dans l’obscurité, ayant rechaussé mes jumelles de vision nocturne.

Pow. Pow. Pow.

Trois balles jaillissent de mon fusil d’assaut, les détonations sont amorties par l’atténuateur de son. Une dans la tête, deux dans l’abdomen. Les deux blacks restés au niveau du container crient, et convergent vers ma victime en contournant les épaves de voitures. Mon rythme cardiaque s’accélère, ma douleur s’atténue, je me sens invincible. L’effet de la saloperie que j’ai ingérée. Le borgne tient un fusil. J’ai perdu l’autre de vue, pleinement focalisé sur mon objectif principal. Un claquement à ma gauche. Bruit caractéristique de la manœuvre de la partie coulissante d’un fusil à pompe. Je me jette au sol au moment ou retentit le fracas de coups de feu dans ma direction, mais je ressens un choc au niveau du dos. Certainement de la chevrotine, heureusement arrêtée par ma protection en kevlar. Je pivote. Tir de riposte.


Pow. Pow. Pow

Ma cible se penche en criant. Il est touché. J’avance vers lui en restant courbé. Il pointe son arme vers moi.

Pow. Pow. Pow

Son crâne explose et il s’effondre d’un coup. Au même moment, je suis aveuglé par le faisceau d’une puissante lampe, et doit arracher en urgence mon équipement de vision nocturne. Instinctivement, je m’aplatis et roule sur moi-même afin de m’abriter derrière une épave de voiture.


Tak. Tak. Tak. Tak. Tak. Tak. Tak.Tak.

Son bien connu de l’arme certainement la plus répandue dans le monde. Le borgne m’aligne avec une Kalachnikov. Mon kevlar n’arrêtera pas ce type de munition à courte distance, les carcasses des véhicules non plus. Et je ne peux le tuer. Tout au moins avant de le faire parler. Je reste mobile, en anticipant ses tirs grâce au rai de lumière de la torche fixée à son fusil.


Tak. Tak. Tak. Tak. Tak. Tak. Tak.Tak.

Un éclat métallique vient se ficher dans mon épaule. Je serre les dents. Et enfin, le signal attendu. Le claquement d’une culasse significatif d’un magasin vide. C’est maintenant ou jamais, mon unique chance. Je bondis hors de mon abri de fortune, cours en grandes enjambées et escalade le capot d’une veille camionnette et saute sur le borgne qui vient de remplacer le chargeur de son arme et introduit une cartouche dans la chambre. Vite. Plus vite.


Le choc le déséquilibre, nous chutons lourdement au sol. S’ensuit un échange de coups, plus brutaux les uns que les autres. Mais j’ignore la douleur, seul compte mon but. Il perd connaissance, son visage est tuméfié. Je me relève, mon corps n’est qu’une plaie, chaque geste une souffrance. Je l’attrape par le col et le traîne avec difficulté vers le container. Je distingue le bruit des sirènes qui s’approchent. Certainement les cow-boys de la BAC (brigade anti-criminalité), alertés après des tirs d’arme automatique. Mais ils ne vont pas se précipiter, et certainement attendre des renforts, peut-être les Pelotons de Surveillance et de Gendarmerie « Sabre », plus aguerris, et armés de fusils d’assaut G36. J’ai donc moins de vingt minutes pour en finir. Et pas question d’une confrontation armée avec les forces de sécurité intérieure. Ce ne sont pas des ennemis.


Je lie les mains du borgne et explore le container. Une véritable caverne d’Ali Baba. Des bijoux, de l’or, de la drogue en abondance, des armes, du liquide. Un gémissement. Quasiment imperceptible. Je me dirige vers le fond du container, arme au poing. Un compartiment est fermé par une lourde chaîne. Encore une plainte étouffée. Si c’est bien ce que je crois...


— Éloignez-vous de la porte et bouchez vos oreilles. Get away from the door and cover your ears.


Un pain de C4 de petite taille, je déroule le cordon détonant, m’éloigne de quelques mètres et m’abrite derrière une plaque métallique. Une pression. Une explosion sourde. La porte est ouverte. A l’intérieur du compartiment, cinq femmes. Ou plutôt des gamines, peut-être plus jeunes que ma propre fille. Vêtues comme des putes. Entravées, le regard hagard. Leurs corps portent les stigmates de ce qu’elles ont enduré. L’odeur est pestilentielle, elles sont entourées d’excréments. Des esclaves sexuelles, contraintes à faire des passes à longueur de journée.

Je tranche les liens.


— Fuyez. Vite. Rejoignez un endroit éclairé et suivez le son des sirènes.


Se soutenant entre elles, elles quittent leur lieu de servitude en titubant. Je lis la terreur dans leurs yeux quand elles passent devant le borgne qui reprend conscience. L’une d’elle s’arrête et croise mon regard. Elle s’empare d’un couteau à lame crantée. Un accent des Balkans, certainement une clandestine tombée entre les mains de prédateurs.


— Je veux tuer ce fils de pute. Lui  massacré ma petite sœur. Lui donné son corps aux chiens.

— Le borgne. Tu as deux choix. Tu vas mourir. Avec moi, c’est une balle. Avec elle...


Je lui montre la photo de la broche. Son œil unique désigne une caisse. Je l’ai. Enfin. Un hurlement inhumain. La fille a baissé le pantalon du borgne et vient de lui trancher les couilles. Une marre de sang s’étend rapidement. Une balle dans la tête met fin à son agonie. La fille me lance un dernier regard, hoche la tête et rejoint ses compagnes d’infortune.


Il me reste moins de cinq minutes. Je dépose les objets récupérés chez Samir le dealer, chaîne en or, armes, afin d’accréditer la thèse du règlement de compte. Mes jambes me soutiennent à peine. Je sors une seringue auto-injectable et m’inocule une dose d’adrénaline. Tenir. Ne pas céder. Lutter.


Pow. Pow.Pow

Trois tirs dans les fûts de carburant repérés en arrivant. L’essence se répand sur le sol. Une fusée de détresse jetée sur la flaque. Le brasier s’étend rapidement à la casse auto, alors que de vieux pneus empilés s’enflamment. Il va grandement contribuer à effacer mes traces. Je m’efforce de m’éloigner aussi vite que le peut encore mon corps endolori. L’hémorragie reprend au niveau de mon bassin, je dois faire vite. Le son des sirènes se rapproche. L’assaut est lancé. Heureusement, le périmètre est immense. Je me faufile entre les carcasses. Quatre hommes armés en tenue sombre, progression tactique. Le bruissement des pales d’un hélicoptère, dont le puissant faisceau lumineux balaye la zone. Je me plaque contre une épave, bloquant ma respiration. Ils me croisent sans me détecter. Une minute. Deux. La fumée devient acre, l’air quasiment irrespirable. Je chemine en zigzag, me fondant dans mon environnement et réussi à sortir de l’enfer qu’est devenu cette cour des miracles.


Me voici arrivé à la voiture.

Un SMS vers un numéro sans nom : « apporte le dessert ». Et encore cette sensation. Je suis certain d’être observé. Mais mon état ne me donne pas le loisir de vérifier une nouvelle fois les alentours. Je roule maintenant vers le gîte, en serrant les dents, alors que ma vision se trouble. Malgré cela, je fais deux détoures et un arrêt inopiné, afin de repérer tout poursuivant. Rien. Et pourtant, cette impression d’être épié ne me quitte pas.


J’arrive enfin à destination, au bout de mes forces. Je titube vers l’entrée. Coralie est là. Elle porte ma chemise. Sa pâleur est le signe tangible du fait que je dois vraiment faire peur à voir. Je m’effondre sur un siège


— Eric... t’es blessé... tu saignes...

— Coralie, appuie sur le pansement qui est sur ma hanche. Fort. De l’aide va arriver. Dix minutes. Il n’est jamais en retard.

— Tu vas pas mourir ? Tout ce sang...


Elle semble sincèrement inquiète. Je me relâche, et laisse mon esprit vagabonder. Ma chemise est visiblement son seul vêtement. Comme elle est penchée afin de comprimer ma plaie, je distingue aisément sa lourde poitrine laiteuse libre sous le tissu qui recouvre partiellement ses fesses nues. Je repense à notre étreinte inattendue d’hier soir. Elle a vraiment un corps qui invite au stupre. Des lèvres charnues si douces sur ma queue, de gros seins aux bonnets E qu’il est plaisant de peloter, une chatte bien serrée et un cul rebondi. Avec cette perspective d’exploration de son anus dont elle m’a promis la primeur.

Malgré mon état, je sens mon sexe se gorger de sang. Après tout, si je dois y passer, pourquoi pas en baisant comme un fou ?

Ma réflexion est interrompue, quand je ressens une présence. Une silhouette familière.


— Merde, il fibrille !


Puis plus rien. Le trou noir. Et des images de mon enfance, l’armée, mon mariage, Héloïse bébé, la mort de ma femme, Sophie, la broche. Je vois défiler ma vie. Ça y est, c’est mon tour.


J’ouvre les yeux d’un coup. Je suis allongé, dans le lit, nu, avec des électrodes sur mon torse, un masque à oxygène et un cathéter inséré dans une veine de mon avant-bras. Je suis vivant.


— Bon, le grand saut, c’est pas encore pour cette fois. Tu m’étonneras toujours. Le Suaire.

— Emile... toujours ponctuel.

— Et là, c’était vraiment moins une. Tes constantes ne sont pas folichonnes. Bon, allons à l’essentiel : j’ai fait repartir ton palpitant, je t’ai recousu, tu es sous perf, trauma crânien, au moins deux côtes fêlées, contusions multiples et quelques autres lésions. Je t’ai fait une prise de sang. Ce sera discret. Je suppose qu’il vaut mieux éviter l’hôpital, même si une batterie d’examens serait indispensable.

— En effet.

— J’ai écouté les infos. Un sacré carnage à la casse auto. Rivalité entre bandes sur fond de traite d’êtres humains selon la presse. Tu n’y es pas allé de main morte. Le Suaire.


Coralie, jusqu’alors restée en retrait, s’approche. Des gouttes de sueur perlent sur son front, elle tremble.


— Eric, ça fait deux fois qu’il t’appelle le Suaire. C’est quoi ?

— Au fait, la petite m’a bien aidé. Tu les prends au berceau maintenant ?

— Coralie est une amie d’Héloïse.

— Oui, selon les signes cliniques, sacrément en manque... je lui ai donné de la buprénorphine haut dosage. Elle a de la volonté. Et elle semble tenir à toi... Autrement, Alex va gérer le nettoyage de la voiture. Il sera content de voir Héloïse.


Effectivement, le fils d’Emile, jeune engagé, semble très intéressé par ma fille, qui feint l’indifférence mais dont les joues rosissent en sa présence.


— Heu, les gars... je suis là...

— Coralie, un suaire, c’est un linge dont on entoure les cadavres. Un linceul.


Moment de silence. Emile, ancien chirurgien à la pratique avérée du traitement des blessures de guerre, dorénavant officiellement interdit d’exercice de la médecine après certains écarts que l’on qualifiera pudiquement de déontologiques, poursuit.


— Je ne devrais pas le dire, mais au point où on en est... Dans un coin pourri du Moyen-Orient, on avait repéré le lieu de détention d’otages par un groupe terroriste. Eric s’est retrouvé séparé du groupe. Ils ont commencé à filmer la décapitation d’une gamine. Alors il y est allé, seul contre vingt. Ils les a tous... neutralisés. Et quand on est arrivés, il n’y avait pas assez de sacs mortuaires. On l’a alors appelé le Suaire.


Coralie allume nerveusement une énième cigarette.


— Ce gars est un vrai héros. Il m’a sauvé la vie. Je le suivrai aux portes de l’enfer. Bon, je vais y aller. Normalement, tu devrais rester alité au moins deux semaines. Mais je te connais, tu vas te lever et rentrer chez toi, alors je te laisse des antalgiques costauds et des antibiotiques.

— Merci pour tout Emile. Au fait, pour les analyses de sang, j’ai pris du Captagon et un shoot d’adré.

— Je m’en doutais, tes yeux sont encore injectés de sang. Tu n’ignores pas que tu devras payer l’addition. Toutes ces conneries ne sont plus de notre âge.


Sur ces mots, Emile quitte le gîte avec un sourire en coin. Coralie s’assied sur le lit et prend ma main.


— J’ai vraiment cru que tu allais mourir. Je n’imaginais pas tout ce que tu avais fait. Tu es un homme formidable. Et je suppose que tu as la broche.

— Oui. Avec le prix du sang.

— Je... je vais dire une connerie, mais tant pis. Je rêve que quelqu’un comme toi prenne soin de moi. Mais je ne suis qu’une ratée en échec scolaire, une junkie, une voleuse, je me fais sauter par n’importe qui.


Ma main caresse sa joue avec une grande douceur, la faisant tressaillir.


— Ne mélange pas les causes et les conséquences. Avec ce que tu as subi, certaines dérives étaient inévitables. Tu en sortiras et je serai à tes côtés.


Coralie vient se blottir contre moi, suscitant une grimace de douleur.


— Désolée... Je me sens bien près de toi. Tu peux être brutal, mais aussi si doux et gentil. Tu sais, je me suis touchée après ton départ, je dégoulinais, j’ai joui deux fois. Jamais un homme ne m’a fait l’amour comme toi. Je veux être ta petite pute.


Prenant garde à ne pas entrer en contact avec mes blessures, Coralie approche son visage du mien et ses lèvres pulpeuses se scellent aux miennes. Nos langues dansent durant ce fougueux baiser qui semble durer une éternité. Puis elle se lève et ôte sa chemise, sous laquelle, comme je le pressentais, elle est nue, révélant ses formes opulentes.


— Coralie, tu es vraiment désirable, mais dans mon état...

— Mon chou, je gère. Laisse-toi faire. Et ta queue a l’air intacte.


Elle baisse le drap, révélant ma verge partiellement gonflée sur laquelle elle se penche. Sa langue parcourt ma hampe de haut en bas, lapant mes bourses glabres, générant ainsi une érection de belle tenue. Puis très délicatement, elle tournoie sur le pourtour de mon gland, longeant mon méat et titillant mon frein. Coralie s’applique visiblement pour me procurer une divine caresse buccale. Et d’un coup, elle gobe mon gland, puis centimètre par centimètre, engloutit mon épaisse colonne de chair aux veines saillantes. Je ne peux réprimer des halètements de contentement, alors que Coralie me prodigue une exquise fellation profonde, tandis que ses doigts massent mes couilles, mon périnée et s’attardent sur les plis de mon anus. Je caresse tendrement sa tête. Nos regards se croisent, alors que sa bouche est envahie par ce pieu au diamètre très respectable qu’elle pompe avec entrain. J’y lis le bonheur de l’instant présent, la satisfaction de la femme donnant du plaisir. Et plus encore.


— Coralie... c’est vraiment bon...

— J’adore te sucer, mais j’ai envie de te sentir en moi, j’ai la chatte en feu. Ne bouge pas, je fais gaffe.


Sur ces mots, elle se redresse et s’installe au-dessus de moi, saisissant mon sexe afin de le guider vers sa vulve ruisselante.


— Coralie… tu devrais me mettre une capote.

— Pas question. Pas avec toi. Si tu veux, tu me préviendras, sinon, pas de problème…



Coralie s’accroupit progressivement, et mon gland turgescent s’insère entre ses lèvres intimes. Son vagin est tellement lubrifié qu’elle s’empale aisément jusqu’à la garde en poussant un long gémissement, malgré le diamètre mon sexe. Puis elle entame instinctivement une oscillation du bassin afin de faire coulisser le monstre de chair en elle. Coralie se penche vers moi, et nos langues virevoltent dans un tourbillon de salives mélangées alors que je malaxe sa lourde poitrine, flattant ses tétons dressés. Ses feulements s’accentuent, comme synchronisés aux contractions de son antre humide. Son corps se tétanise alors qu’elle est ravagée par une intense jouissance lorsqu’elle imprime un ultime mouvement de grande amplitude qui fait quasiment ressortir ma queue puis l’embroche totalement dans le réceptacle ruisselant. Elle hurle son plaisir sans retenue.


— Ouuuuiiiiii…. Putain....Ouuuuuuiiiiiii !


Après un moment de latence afin de récupérer de son orgasme et retrouver son souffle, elle reprend de plus belle son érotique chevauchée. Ma queue est si agréablement comprimée dans son étroit fourreau que mon éjaculation ne saurait tarder, alors que les signes précurseurs se précisent, comme ce picotement au creux de mes reins.


— La vache, comme c’est bon… je te kiffe comme une malade…

— Coralie, ma belle, je vais bientôt cracher…


Elle ne cesse pas ses balancements, et a même tendance à les accélérer malgré ma mise en garde. Je sais qu’elle ne prend sa contraception que de manière irrégulière. La mettre enceinte ne ferait que compliquer encore une situation déjà quasiment inextricable. Et dans mon état, je ne suis pas en capacité de saisir sa taille et de la soulever. L’éruption est imminente, rien ne saura l’arrêter, même mon inébranlable volonté.


— Coralie… je t’en prie…


Mon regard plonge dans ses yeux bleus, il est cette fois presque implorant.


— Coralie chérie… si tu tiens à moi, retire-toi…


Comme si elle attendait ces paroles, la petite blonde se redresse et extrait mon membre de sa chatte dégoulinante, et sa bouche l’engloutit pratiquement entièrement au moment où je libère un flot de foutre chaud en criant mon plaisir. Coralie resserre ses lèvres sur ma queue en continuant sa divine succion. Quand elle relâche mon sexe encore raide, pas une goutte de sperme ne recoule. Elle a spontanément tout avalé.

Elle revient ensuite se recroqueviller contre moi, en prenant garde à éviter le contact avec mes zones meurtries.


— Tu me rends dingue. Et tu m’as appelée Coralie chérie... jamais personne m’a dit ça.


De nouveau, je caresse tendrement sa joue.


— Coralie, j’ai failli venir en toi. J’ai même eu l’impression que tu le souhaitais.

— J’étais si bien sur ta grosse bite. Et tant qu’à être en cloque, autant que ce soit de toi que de mon pervers de beau-père.

— Tu as toute la vie devant toi. Il faut se préparer. Tu vas venir quelques jours chez moi. Il y a une chambre d’amis.

— Heu... je suis censée aller à l’école, même si je sèche pas mal les cours... et ma mère...

— C’est géré. Ton directeur a déjà reçu par mail un arrêt maladie pour la semaine. Tu commences ta désintox dès demain. On passera juste chez toi pour que tu prennes quelques affaires. Et aussi une autre chose que je vais t’expliquer en roulant. Pour ta mère, je la verrai plus tard, j’ai son planning de gardes.

— Ouah ! Tu prévois toujours tout.

— Non, j’essaye de minimiser les risques. Aide-moi à me lever et m’habiller. Je suis encore un peu faible.


Coralie m’aide à me relever et à me vêtir, avec beaucoup de précautions, et en profitant accessoirement pour laisser ses doigts s’égarer sur mes zones intimes. Puis elle enfile son string et insère ses obus dans son soutien-gorge avant de passer la petite robe noire très décolletée qu’elle portait la veille. Elle se regarde dans le miroir de la porte de l’armoire de la chambre.


— C’est vrai que j’ai l’air d’une pute, avec mes gros nichons qui débordent et ma robe à ras la moule.



Elle me soutient jusqu’à la voiture. Chaque pas est une souffrance, malgré l’absorption d’antalgiques.


— C’est pas la même bagnole ?

— Non, l’autre était une location au nom d’une personne qui n’existe pas.

— Evidemment...


Bon sang. Encore cette sensation d’être surveillé. Je me fige et scrute les alentours. Rien, sauf... un léger sifflement. Un drone ? Je deviens parano. C’est dimanche après-midi, et les jeunes adorent utiliser ce genre d’engin. Ou alors...


Par sécurité, je fais plusieurs détours, avec de brusques changements de direction. Rien derrière ou dans les airs. Les radios ne parlent que de la guerre des gangs qui sévit. Après les cinq morts de la casse et la libération des filles, les autorités ont exhumé deux corps d’immigrées clandestines. Dont un a été dépecé par des chiens. Pas de remords à avoir, ils ont payé pour leurs crimes sordides. Et est évoquée la découverte du cadavre d’un dealer égorgé aux anciennes halles, présumée être en lien avec l’autre carnage. Les journalistes redoutent d’autres exactions dans les jours prochains à titre de représailles. Bien.


Coralie est blême et se recroqueville sur son siège. Elle a compris et me demande dans un souffle :


— Tu vas me tuer aussi. Pour pas que je parle...

— Non. Si cela avait été mon intention, tu ne serais pas assise à mes côtés. Je suis un berger. Pas un loup. Et je te le répète, je veux t’aider. Tu as assez morflé dans la vie. Les choses vont changer. Je te protégerai.

— Oui, je suis conne, tu pouvais me buter hier soir.



Je stationne ensuite devant l’immeuble où réside Coralie, dans un quartier populaire.


— J’espère que le pervers dort. Normalement le dimanche, il décuite. Sinon, il va encore vouloir me sauter. Et je ne veux plus de ça.


Je lui tends une bombe de gel incapacitant, une paire de gants et un sachet.


— En cas de problème, tu appuies et tu sors. Tu mets quelques affaires dans un sac. Et tu récupères un tournevis et un marteau dans sa trousse à outil que tu emballes dans le sachet. Surtout en utilisant les gants. Si tu n’es pas là dans dix minutes, je monte.

— Je... je vais faire comme tu dis. Mais dans ton état...

— Dans mon état, je peux encore accomplir des choses dont tu n’as pas la moindre idée.



Neuf minutes après, Coralie revient avec un grand sac noir, essoufflée.


— Il ronflait comme un porc. J’ai fait comme t’as dit.


Elle me tend le sachet avec un long tournevis et un marteau.


— Bien, on rentre.



Après encore plusieurs détours, ne parvenant pas à m’affranchir de cette sensation d’être épié, nous arrivons devant ma maison.


— Eric. Je dis quoi à Hélo ?

— Tu es libre de tes propos. Mais si elle compte vraiment pour toi, je t’incite à lui dire la vérité. Tu n’es pas obligée de détailler.

— Elle va me haïr.

— Certainement. Mais une fois sa colère passée, elle saura te pardonner. Je la connais bien.

— Et... pour nous deux.

— Coralie, les moments que nous avons vécus ont été exceptionnels. Ils nous appartiennent. Mais là encore, tu disposes de ton libre arbitre.


Elle me regarde fixement, sa lèvre inférieure tremble.


— Tu as parlé d’une chambre d’amis. Je pourrais aussi être dans ton lit. Comme ta petite pute. Juste à toi. Je te kiffe grave. Et quand t’iras mieux, tu seras le premier à me prendre le cul.

— Coralie, ce serait perturbant pour Héloïse. Je t’apprécie beaucoup, tu fais preuve de courage. Je ne cherche pas à t’exploiter en profitant de la situation, mais à t’aider. Tu pourrais être ma fille. Et j’ai une amie très chère.


Elle se penche vers moi et nous échangeons un ardent baiser. Son regard est empreint de regrets.


Je titube jusqu’à l’entrée, soutenu par Coralie. Héloïse descend les escaliers.


— Papa, j’ai essayé de t’app… Merde… C’est pas vrai… Tu es blessé…

— Tout va bien ma puce.


Je m’affale dans un fauteuil en grimaçant, ce qui infirme mon propos.


— Papa, Coralie, que s’est -il passé. Je vais appeler les urgences.

— Non. Et le plus important, c’est ça.


Je lui tends la broche.


— Papa… Je ne comprends rien.


Coralie baisse les yeux, déglutit et s’exprime à voix basse.


— Hélo. C’est ma faute. J’ai volé ta broche pour payer ma dope. Et ton père l’a récupérée. Je sais pas quoi te dire. Je…


Habituellement, ma fille reste toujours d’un calme olympien, mais son langage corporel traduit cette fois un état d’énervement qu’elle ne semble pas pouvoir contenir. Elle hurle.


— Salope ! Je passe mon temps à te filer du fric. Je te faisais confiance. J’ai tout partagé avec toi depuis des années. Et tu me voles une chose qui m’est chère. Le dernier cadeau de ma mère. Et tu as vu l’état de mon père par ta faute. Quand je pense que toi et moi on a failli bai…


Elle s’interrompt, blême.


— Maintenant, barre-toi. Je te sors de ma vie. Baaaarrrrre-tooooiiiii !


Héloïse a poussé un cri inédit et Coralie se met à pleurer et vient se pelotonner dans mes bras, générant une intense douleur au niveau de mes côtes et de ma hanche, que je m’efforce de ne pas laisser transparaître. Et inconsciemment, je caresse sa tête.


— Ma puce. Je t’ai toujours enseigné que réagir sous l’effet de la colère était néfaste. Coralie va rester quelques jours ici. Ce qu’elle a fait n’est pas bien. Tu te sens trahie, c’est normal. Mais elle a des problèmes. Je vais l’aider. Et avec le temps, tu analyseras les choses. Ta colère s’estompera quand la raison l’emportera.

— Tu vas aider cette salope ? Tu as vu dans quel état tu es ? Même si tu vas minimiser, tu as certainement failli mourir.

— Coralie, tu devrais aller te laver et te changer. Installe-toi, je dois parler avec Héloïse.


Elle ramasse son sac et se dirige dans la chambre d’amis.


— Papa… Tu ne me dis pas tout…

— Ma chérie, j’ai fait ce qu’il fallait. Et Coralie est davantage une victime qu’autre chose. Le moment venu, elle te parlera. Et tu comprendras. Elle n’a pas ta chance d’avoir quelqu’un qui veille sur elle. Ce qu’elle subit, peu de gens s’en relèvent indemnes. Penses-y. Et ne juge pas hâtivement sous le coup de l’émotion.


Héloïse semble ébranlée par mon propos, prononcé d’une voix monocorde. Celle de la sagesse ?


— Papa, j’ai une question qui risque de te mettre mal à l’aise. Tu l’as sautée ? J’au vu qu’il y avait quelque chose quand elle s’est jetée dans tes bras.

— Ma puce, si tel était le cas, ce serait un problème ?

— Je…


Elle s’interrompt, alors que Coralie redescend de l’étage. Douchée certes, mais métamorphosée. Elle a troqué son apparence de femme fatale pour celle d’une sage adolescente. Exit sa petite robe noire très décolletée, place à une courte jupe en jean et à un polo. Elle est totalement démaquillée et a noué ses cheveux blonds, son visage paraissant dorénavant presque enfantin, à l’exception de ses yeux rougis. Mais paradoxalement, je la trouve encore plus désirable ainsi, avec des formes opulentes parfaitement moulées. Un cul et des seins à tomber à la renverse. Malgré mes blessures, mon érection renaît. Elle s’immobilise devant Héloïse, tête basse, et entame son acte de contrition.


— Hélo, je sais que rien de ce que je ferai ne suffira. Je suis une junkie, une voleuse. Oui, je t’ai trahie. Tu peux me frapper, je le mérite. Et… j’en ai marre, je veux plus me faire violer par mon beau père, être toujours en manque ou complètement pétée. Tu ne peux pas imaginer la chance que tu as d’avoir un père comme Eric. En plus, je t’aime… comme une sœur, et même plus, je te trouve trop canon, c’est pour ça que j’ai eu envie de…

— C’est bon. Je vais réfléchir. Mais tu n’auras pas d’autre chance.


Sur ces mots, ma fille monte dans sa chambre en emportant sa précieuse broche. Elle semble contrariée, sans que je ne parvienne à déterminer si ce qui la perturbe le plus est la trahison de Coralie, la révélation des abus sexuels de son beau-père ou ma présumée relation avec elle.


— Coralie, demain, nous allons chez l’addictologue dont je t’ai parlé. Je vais être franc avec toi. Tu vas vivre des moments difficiles. Avec peut-être des rechutes. Tu devras t’accrocher.

— Je le ferai pour toi.

— Bien. Allons prendre un peu de repos. Chacun dans sa chambre.



Après une nouvelle prise d’antalgiques, je m’assoupis sur mon lit sans même me dévêtir.

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