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Prêt à tout

Chapitre 8

Sanglante vengeance

Trash

Note de l’auteur : ceci est normalement l’ultime chapitre de cette histoire violente, malsaine et parfaitement immorale. Mais vous pouvez en décider autrement !



Je me poste devant l’hôtel miteux d’Igor. Comme prévu, il en sort une heure après mon arrivée et pénètre dans un bar interlope. Je stationne dans une rue adjacente peu fréquentée, proche de la sortie secondaire et entre dans le débit de boisson assez peu animé et me positionne afin d’observer ma cible sans attirer l’attention, vêtu d’un long pardessus. Il s’enfile plusieurs verres de vodka en compagnie d’une femme dans la quarantaine qui a tous les attributs de la demi-mondaine sur le retour. A un moment, ils s’éclipsent dans les toilettes, dont ils ressortent un quart d’heure plus tard. Il a des traces de rouge à lèvres sur son pantalon au niveau de l’entrecuisse. La femme le suit en tentant de se remaquiller. Puis ils consomment de nouveau plusieurs verres d’alcool. La nuit tombe. Un autre client semble rechercher de la compagnie et Igor perd son accompagnatrice.


Je me lève et m’approche de lui. Il fait un bon mètre quatre-vingt-dix pour un quintal. Il a eu le temps de faire de la musculation en prison. En temps normal, l’affronter ne serait pas insurmontable, mais dans mon état, en cas de confrontation, il pourrait avoir le dessus. Et cette partie de mon plan impose d’aller au contact. Lui faire exploser le crâne avec une balle à pointe creuse reste toutefois une option.


— Bonsoir Igor.

— Qui t‘es, toi ?

— Je suis envoyé par Grishka. Tu as merdé avec la rouquine.

— Putain, elle a appris à se défendre. Et il faut récupérer la vidéo. J’y retourne demain.


Les choses se compliquent. Sophie ne m’a encore pas tout dit.


— Bon suis-moi, on passe par derrière.


Je me lève et précède le colosse. Nous traversons les toilettes, et sortons dans la ruelle déserte et plongée dans la pénombre quand une main massive agrippe mon épaule.


— Je te connais pas. T’es pas russe. Et comment Grishka sait que je suis là ?


Il me plaque brutalement contre le mur. Douleur intense. Avec mes côtes cassées et ma plaie à la hanche dont les sutures cèdent. Il enserre ma gorge et son poing se lève. Il reste un instant comme figé quand le lourd marteau que j’extrais de mon ample pardessus vient heurter sa tempe, avec un bruit d’os brisé. Un jet de sang gicle de son oreille et il tombe à genoux, les yeux exorbités, la bouche béante.


— Tu as eu tort. Mélanie n’est pas un objet. La vidéo. Parle.


Je sors un tournevis, également maintenu dans le gilet tactique que je porte sous mon pardessus et le pointe sur son œil. Je pousse, et l’extrémité de l’outil entaille profondément le globe oculaire, suscitant un hurlement couvert par la musique du bar.


— La vidéo.


Il ânonne avec difficulté, en état de choc après le coup d’une violence inouïe porté à sa boite crânienne.


— La pu..pute.. avait laissé un P..PC allumé... webcam... partouze... sa... salon...


C’est donc ça. Mélanie, dorénavant Sophie, dispose d’une preuve des ignobles agissements dont elle fut victime. Je comprends mieux comment Igor a pu la retrouver aussi vite. Il a bénéficié des moyens de la mafia russe.


— J’aimerais te faire souffrir longtemps. Te dépecer par petits morceaux, te faire connaitre la douleur ultime. Mais tu n’es qu’une pièce du puzzle. Va en enfer Igor.


Un geste vif et le tournevis traverse son cou de part en part, déchirant son aorte. J’enfile prestement un sac étanche sur sa tête et serre la sangle au niveau de son torse afin d’éviter de laisser trop de sang sur place.


Mes douleurs sont intenses. J’applique un pansement compressif sur ma hanche afin de juguler l’hémorragie. Emile va encore devoir me recoudre. L’utilitaire est à moins de dix mètres. Je déplie la rampe et sors le chariot puis l’amène près du cadavre d’Igor. Un dernier effort. Je serre les dents et soulève la masse inerte afin de la basculer dans ce mode de transport improvisé.


Je suis essoufflé, mon rythme cardiaque s’accélère, mon corps m’indique que je devrais ralentir le rythme, après mes graves blessures lors de mon expédition à la casse auto. Mais je tiendrai. La soirée n’est pas terminée. 


Un SMS d’Héloïse : « Coralie chiale depuis ton départ. Dit qu’elle veut mourir». Réponse rapide : « Reste avec elle. Aide-là». Je ne peux retarder la suite des opérations, sinon, tout s’effondre. Je roule vers le chantier de construction où travaille le beau-père de Coralie. Juste à temps, l’équipe du soir commence à ranger son matériel. Je me glisse subrepticement vers la camionnette du violeur et dépose le portefeuille d’Igor dans la boite à gants, sous les papiers, puis sa montre et le marteau ensanglanté dans le compartiment du fourgon, au fond d’une caisse à outils. Je passe à l’arrière et lacère un pneu avec mon poignard, puis regagne mon véhicule, un peu à l’écart, mais judicieusement positionné afin de me permettre de visualiser l’environnement.


Peu à peu, les ouvriers quittent les lieux, sauf le beau-père de Coralie qui constate la crevaison. Visiblement énervé, il sort un cric et remplace la roue. Cette opération nécessite une trentaine de minutes, tant les écrous résistent. Laps de temps durant lequel il est seul. Et donc sans alibi. Il siffle deux bières et part. J’attends quelques minutes et stationne près d’une tranchée. Je sors le chariot avec la dépouille d’Igor, retire le sac gorgé de sang et fait basculer le cadavre dans la cavité. Le corps s’avachit dans une posture grotesque, ses membres semblent désarticulés, l’expression du visage est celle de la surprise, avec une bouche largement ouverte, un flot d’hémoglobine s’écoule de son cou transpercé. Je jette dans ce tombeau improvisé le tournevis qui a asséné le coup de grâce. Je recouvre partiellement de gravats, en laissant dépasser un pied.


Une dissimulation imparfaite, comme le ferait un amateur pris de panique dans l’obscurité, et je quitte les lieux, sachant pertinemment que j’ai été épié toute la soirée par mes mystérieux poursuivants, sans aucune interaction.


Le piège sournois est en place. Le corps sera inévitablement découvert par les équipes du matin. La police appelée. Le manche du tournevis est marqué des initiales du beau-père violeur et porte ses empreintes. Coralie, tout comme moi, ne l’a manipulé qu’avec des gants. La fouille de la camionnette du suspect sera fructueuse, avec un outil recouvert des traces de sang de la victime, ses papiers et sa montre. Un départ tardif du chantier, mais sans témoin en l’absence des autres ouvriers. Et accessoirement un casier judiciaire qui n’est pas immaculé. Sa compagne est de garde à l’hôpital et ne pourra pas être mise en cause.


Bien. La nuit va être encore longue. Je paye mes efforts, mais mon mental me permet de tenir. Je sais que je vais devoir régler l’addition, et elle sera lourde.

Lorsque j’arrive à la maison, c’est en titubant, avec une abondante hémorragie au niveau de la hanche. Emile, averti par un laconique SMS est déjà là. Héloïse est pâle et silencieuse, assistant à mes soins.


— En effet, les sutures ont lâché. Je te recouds, une fois encore. Fais gaffe, tu tires un peu trop sur la ficelle... et j’ai eu tes résultats sanguins. Pas brillant. On en reparlera, mais si tu continues à ce rythme, tu ne nous verras pas devenir grand-père.

— Je sais. Mais je n’ai pas fini. Tu peux gérer l’utilitaire avec Alex ? Gros nettoyage...

— Oui, je n’ose même pas te demander combien de pourris tu vas encore exterminer.

— Trois. Mafia russe. Pour solde de tous comptes.

— Qu’il en soit ainsi, le Suai... Enfin, je veux dire...

— J’ai compris. Merci.


Emile repart et ma fille vient se blottir contre moi, fort heureusement du côté opposé à la longue entaille nouvellement recousue.


— Papa, écoute-le. Lève le pied. Je sais que ce que tu fais est important. Mais tu ne peux sauver le monde. Pense à moi aussi.

— Ma puce, tu es ce qui compte le plus pour moi. Mais il y a des torts qui doivent être redressés. Et Coralie ?

— J’ai passé du temps avec elle. Elle n’a pas pris son substitut, et elle pleure depuis des heures, disant qu’elle ne veut pas vivre sans toi. J’étais loin d’imaginer à quel point elle était amoureuse. Elle s’est enfermée dans sa chambre avec une bouteille d’alcool.

— Reste-là. Je gère.


Si j’écoutais les signaux d’alerte de mon corps meurtri, je m’effondrerais pour me reposer. Mais on verra plus tard. Je frappe doucement à la porte, que je pourrais déverrouiller, mais je souhaite une action volontaire.


— Coralie.


Un bruit de mouvement dans la chambre.


— Coralie. S’il te plaît.


La petite ouvre la porte. Ses boucles blondes son désordonnées, son visage est parsemé de gouttes de sueur, ses yeux rougis, sa posture chancelante. Haleine chargée de vapeurs d’alcool. Elle est vêtue d’un tee-shirt rose sous lequel tressautent ses gros seins et d’une petite culotte blanche.


— Tu m’abandonnes pour ta meuf. J’suis rien, une merde. Autant que je rentre pour que le vieux de ma mère me nique, je suis juste bonne à ça...

— Coralie, tu comptes vraiment beaucoup pour moi, et pour Héloïse. Elle t’a pardonnée pour ce qui s’est passé, malgré sa colère. Tu es comme une sœur pour elle. Je ferai tout pour t’aider à t’en sortir. Oui, nous avons fait l’amour, et je ne le regrette pas, et personne ne nous retirera ces moments merveilleux.


Héloïse nous rejoint, ayant distinctement entendu mes dernières phrases.


— Coralie, tu fais partie de la famille. Papa et moi, on t’aime. Et je le dis devant lui, tant pis, mais nous deux aussi, on a fait l’amour, alors que je vais certainement offrir ma virginité à Alex. Et moi non plus, je ne regrette rien. Par contre, ce qui est lamentable, ce sont mes gestes déplacés envers mon père. Je l’ai masturbé, sachant pertinemment que dans son état, il ne pouvait réagir. Oui, de ça, j’ai honte.


Ma fille a désormais totalement outrepassé ses inhibitions, révélé son épisode saphique, sa conduite incestueuse, acceptant de dévoiler ouvertement toute son intimité devant Coralie et moi. Elle poursuit son propos.


— Alors, tu vas faire comme Papa. Regarde-le, il souffre énormément, mais il reste debout. Quand c’est dur, il ne renonce pas. Face aux épreuves, il lutte, moralement et physiquement. Et il les surmonte.

— Je...


Coralie éclate en sanglots, et nous nous enlaçons tous trois.


— Oui, nous sommes une famille, certes vraiment spéciale, mais une famille.

— Viens, ma belle, on va se doucher, ça te remettra aussi les idées en place. Et tu prends tes médocs. Puis on va dormir. Ensemble. Mais pas trop de folies, je me lève tôt pour mes cours.


Héloïse saisit la main de Coralie et l’emmène vers la salle de bain. Elle fait montre d’une autorité peu commune et d’un réel esprit de décision dans l’adversité. Prometteuse.


Quant à moi, il me reste encore une chose à éclaircir. Je retourne à la voiture et roule vers le gîte où est réfugiée Sophie. Je m’annonce afin d’éviter de prendre une balle. Elle se précipite sur moi et m’embrasse, me faisant grimacer de douleur.


— Mon amour, j’étais morte d’inquiétude !


Je me pose sur un siège, car je suis prêt à tomber à la renverse. Le revolver chargé est sur la table, à côté de son ordinateur portable. Mon corps est en train de me lâcher. Accumulation d’actions violentes avec des lésions insuffisamment consolidées, tension mentale à son comble, dette de sommeil significative. Je me sens défaillir. Pas maintenant. Ma volonté doit me permettre de reprendre le dessus. Je serre les dents. Marche ou crève !


— Eric ? Tu me fais peur.

— Igor ne posera plus de problème. Mais maintenant, je veux la vérité, toute la vérité. La vidéo. Tu les as fait chanter ?


Elle regarde l’arme sur la table, à moins de cinquante centimètres d’elle. Elle va devoir choisir son destin. Et moi aussi par voie de conséquence.


— Je suis fatigué, Sophie. Nous sommes à la croisée des chemins. Ils te traqueront sans cesse. Tu as deux options pour clore ce chapitre. Tu me tues, tu fuis, ils finiront par te retrouver, et ta mort ne sera pas paisible. Ou bien, tu te décides à me parler. Sans rien omettre.


Son visage est livide. Elle tend le bras vers la table en direction du revolver. Si elle fait le mauvais choix, je vais devoir l’abattre. 


Pas pour sauver ma peau, mais pour continuer à protéger Héloïse et Coralie. D’un geste rapide, sa main passe au-dessus de l’arme et tourne l’écran du PC portable vers moi et démarre une vidéo.


Même si la qualité d’image et de son n’est pas excellente, le spectacle est éloquent. Sophie, alors Mélanie, malmenée par quatre russes tatoués, l’utilisant comme une esclave sexuelle, le déroulé des faits est encore pire que sa confession. Les scènes sont d’une crudité avérée, avec des pénétrations multiples et brutales, des coups, des insultes, des pratiques scatophiles, des actes de torture. Son humanité même est niée, alors qu’elle supplie ses tourmenteurs d’arrêter. Et Igor assiste au calvaire de sa femme avec un sourire. Je visionne cette suite de séquences barbares. Deux jours durant lesquels Mélanie a tout enduré de ces immondices. Elle est évidement confrontée à un stress post-traumatique, qui n’a jamais été pris en charge. La reconstruction prendra des années.


— Sophie, il n’y a pas de mots pour qualifier ceux que je ne peux appeler des hommes. J’ai connu des gens, pourtant des rocs, qui auraient craqué. Mais, tu dois tout me dire pour que je puisse agir.

— Quand Igor est parti en prison, je suis allé voir une de ces pourritures avec une clé USB, en lui disant que si je ne revenais pas, la vidéo serait mise en ligne. Je lui ai extorqué cent mille euros en liquide. Pour pouvoir acheter une fausse identité et recommencer ma vie ailleurs. Et ils ont certainement mandaté Igor à sa libération pour récupérer les preuves.

— En effet. On ne fait pas impunément chanter ce genre de personnes. Je peux arranger les choses. Mais là, je vais dormir.


Tel un somnambule, je me lève, ôte ma veste et m’effondre sur le lit. Sophie s’allonge à mes côtés et murmure un « Je t’aime » alors que je m’endors immédiatement.


J’ouvre les yeux, et à l’odeur, Sophie est en train de préparer des œufs brouillés.


— Bonjour, mon chéri. Je ne t’ai pas tué dans ton sommeil, qui était agité. Et je suis toujours là. Tu dois avoir faim.


En effet, j’ai sauté plusieurs repas ces derniers temps. Je m’assieds, elle me sert copieusement et apporte du café.


— Mélanie, tu vas rester ici quelques jours. Ma croisade va nécessiter de la préparation et du temps. Emile, qui t’a prodigué les premiers soins, t’apportera des provisions.

— Tu veux toujours que je sois ta femme ? Et ne m’appelle pas Mélanie. Elle  est morte. Deux fois. Lors de ce funeste weekend et quand Igor a tué notre bébé. Tu as vu ce que j’ai fait. Je suis salie.

— Oui, tu seras ma femme. Et tu es surtout une victime, Sophie.



Je quitte le gîte au matin, encore hanté par ces images abjectes. Les informations indiquent qu’un corps a été retrouvé sur le chantier de construction du centre commercial. Mort violente. La police a une piste mais refuse de communiquer. Bien. Maintenant, je vais me heurter à des adversaires autrement plus dangereux.


Héloïse est partie suivre ses cours, Coralie se lève en m’entendant rentrer.


— Eric, hier, j’ai pété un câble...

— Ce n’est pas grave. J’avais un message, tu commences ta cure lundi. Ce sera certainement Emile qui t’emmènera, je pars quelques jours.

— Et je parie que ça va être super dangereux.

— Oui.

— Eric, on est seuls, on pourrait...


Je la prends dans mes bras et dépose un doux baiser sur son front.


— Coralie, un jour, tu vas rencontrer un garçon qui t’aimera sincèrement, telle que tu es. Et vous bâtirez quelque chose ensemble.

— Je peux juste te sucer si tu veux. Je sens que tu bandes.

— Parce que tu es vraiment attirante. Mais non, ce serait bestial, et je te respecte. Je dois préparer mes affaires.

— D’accord, mais si tu change d’avis, je suis à toi.



Bon sang, dur de résister à cette petite blonde aux formes voluptueuses, mais je dois me concentrer, finaliser mon plan. Deux heures plus tard, j’embrasse Coralie et prends la route. Je dois juste faire une visite avant d’entamer ma sanglante opération.


La mère de Coralie est encore de permanence aux urgences. Elle a les traits tirés, avec les gardes répétitives, les rappels incessants lors des repos et fume nerveusement prés d’une entrée annexe de l’hôpital. Elle semble avoir dix ans de plus que son âge.


— Bonjour Claudine.

— Bonjour Eric. Mais vous êtes blessé !

— Rien de grave, un accident de voiture. Je voulais vous parler de Coralie. Vous savez qu’elle est avec Héloïse depuis quelques jours.

— Oui, merci beaucoup de l’accueillir ainsi.

— Je ne vais pas tergiverser. Elle est complètement dépendante de la drogue. Elle démarre lundi un sevrage avec accompagnement médical et psychologique dans une clinique privée.


Claudine laisse choir sa cigarette.


— Je... Je savais qu’elle fumait des joints et buvait un peu trop en soirée. Comme les jeunes de son âge mais...

— Vous n’avez rien à vous reprocher, votre travail est prenant. Trop peut-être.

— Je vais m’installer en libéral dans un cabinet. Je suis lessivée, même avec des stimulants, je commence à faire des erreurs, un jour, je vais tuer quelqu’un. Et je n’ai pas les moyens pour une clinique privée...

— C’est déjà réglé. Puis pour la suite Coralie est inscrite dans un établissement pour une remise à niveau scolaire.

— Elle n’arrive même pas à avoir son brevet des collèges...

— Votre fille sera accompagnée par d’excellents professeurs qui ont l’habitude de traiter des élèves ayant décroché du système scolaire.

— Pourquoi ? Ce n’est pas votre fille ?

— Héloïse la considère comme sa sœur. Et depuis la mort de sa mère, elles sont inséparables. Et je peux me le permettre sans problème.


Un signal sonore. Claudine est appelée pour l’arrivée de patients.


— Je... Merci. Merci pour tout.



Je préfère passer sous silence la nature exacte de mes relations avec Coralie.


Le soir même, son beau-père est interpellé, avec découverte des papiers de la victime et une des armes du crime dans son véhicule. Sa compagne semble presque soulagée.


Le lendemain, les médias d’actualité annoncent la mort d’Anatoly Kirkov. Sa voiture immobilisée sur un passage à niveau est déchiquetée par un train.


Deux jours plus tard, le corps de Grishka Azinov est repêché dans la Seine. Une main est coupée. Triste loi des séries, Ivan Abalev meurt le lendemain dans l’incendie de sa maison, c’est la seule victime du sinistre.


Et Vladimir Polkin, le chef de la Bratva est inquiet. Ses lieutenants disparaissent. Et encore plus quand dans sa résidence ultra-sécurisée et gardée pas des hommes armés, il découvre sur son bureau un carton avec trois mains tatouées et une phrase en russe : « laisse-là tranquille ». Et surtout les photos de ses enfants prises dans un pensionnat de Genève, alors que nul ne dispose de cette information. Aucune effraction ni enregistrement des caméras de sécurité. Comme si un fantôme était passé... Il fait immédiatement circuler un message selon lequel personne ne devra s’en prendre à Mélanie, sous peine de mort.


Je suis de retour chez moi en soirée. Mission accomplie. Avant de mourir, ils ont tous expié de leurs péchés, notamment en se faisant trancher une main à vif. Coralie a entamé sa désintox. Elle en bave, mais la petite a du courage. Son beau-père est mis en examen pour meurtre et placé en détention.


Héloïse me confie avoir fait l’amour avec Alex. Elle lui a offert sa virginité, consciente du fait qu’il part en opération sur un théâtre extérieur dans quelques jours pour une durée indéterminée. Ils s’aiment. Je me sens un peu idiot et lui demande s’ils se protègent, déclenchant un rire moqueur de ma fille. Demain, il est en exercice de nuit. Je vais en profiter pour organiser la présentation avec Sophie.


La nuit est largement tombée lorsque je la rejoins au gite.


— Plus jamais tu ne devras te cacher. Je m’en suis assuré.

— J’ai consulté les infos. Tu les as tous tués.

— Ils ont tous eu ce qu’ils méritaient. On va à ton appartement. J’ai fait réparer la porte. Et demain, tu viens dîner à la maison. Je te présente à Héloïse.



Nous regagnons son domicile. Elle me demande de rester avec elle. Nous faisons passionnément l’amour et je la quitte au petit matin. J’ai quelques préparatifs à réaliser et surtout, il me faut discuter avec Héloïse à son retour. Comme je le pressentais, sa réaction est assez peu enthousiaste. Je pars chercher Sophie, qui a enfilé une jolie robe et tenté de dissimuler ses ecchymoses au visage en forçant sur le fond de teint. Elle est mal à l’aise, et semble prête à renoncer, arguant du fait que sa dent cassée, très visible, ne lui permet pas de sourire.


Nous arrivons à la maison, je la tiens par la main.


— Ma puce, je te présente Sophie.

— Bonsoir Madame.

— Bonsoir Héloïse, ton père m’a beaucoup parlé de toi. Appelle-moi Sophie.

— Certainement pas... Madame.


Les choses commencent bien. C’était prévisible. Nous nous installons à table et j’essaye d’aborder des thèmes légers. Sans véritablement de succès. A un moment, Héloïse devient frontale.


— Vous pouvez vous faire mon père, pas de problème. Mais vous ne remplacerez jamais ma mère. Jamais. Et autrement, vous avez heurté votre miroir en vous coiffant et bouffé un caillou ?

— Héloïse. C’est inacceptable !


Sophie accuse le coup et devient blême, ses lèvres tremblent. Et contre toute attente, elle répond d’une voix douce et calme.


— Tu as une relation exclusive avec ton père depuis le décès de ta mère. Et tu as parfaitement raison, je ne la remplacerai jamais. Et pour mon apparence, j’ai été récemment agressée par mon ex-mari à sa sortie de prison. Il m’avait frappée alors que j‘étais enceinte. J’ai perdu mon bébé.


Héloïse reste bouche bée. Sophie poursuit.


— Oui, j’aime ton père. Mais je ne vais pas me battre avec toi pour lui apporter du bonheur. Eric, tu peux me ramener ?


Elle se lève, les yeux embués de larmes et tourne les talons. Contre toute attente, Héloïse la rattrape et saisit son bras.


— Attendez, Madam... Sophie. Restez. Je suis désolée. Mon père est tout pour moi.

— Et tu es tout pour lui. Il n’y a pas de hiérarchie des sentiments.


Tout le monde reprend sa place et apprend à mieux se connaitre. Nos échangent durent des heures.


— Ma puce, Sophie reste ici cette nuit. Si elle le veut bien.

— Pas de problème, Papa. Et Sophie, excusez-moi pour mes paroles. Bonne nuit.



Alors que les choses n’avaient pas démarré sous les meilleurs auspices, je perçois enfin une éclaircie dans ma vie.


Sophie s’installe chez moi, et l’entente avec ma fille est excellente, car elle ne cherche pas à devenir une mère de substitution. Davantage une grande sœur, avec une belle complicité. Et mes blessures s’estompent. Tout au moins sur le plan physique.


Coralie termine sa cure. Elle va beaucoup mieux et s’est affinée, avec dorénavant une apparence d’adolescente sage et un langage bien plus châtié. Puis elle entame sa remise à niveau scolaire dans un établissement adapté où elle rencontre un gentil garçon de son âge qu’elle vient nous présenter. Sa mère est installée dans un cabinet libéral, ce qui lui permet de souffler après des années aux urgences. Son beau-père est condamné à trente ans de réclusion criminelle. Alex revient au bercail après quatre mois de mission. Son regard a changé. L’horreur des combats. La réalité de la sauvagerie dite humaine. Il est dorénavant comme le mien. Et il est plus amoureux que jamais d’Héloïse, qui lui a écrit tous les jours, sans certitude que ses missives arrivent à bon port.


Evidemment, je reste aux aguets, pour détecter toute menace en amont, notamment de la part de la mafia russe. Mais rien. Pas un bruissement. A titre conservatoire, Alex et moi entraînons les filles au combat et au maniement d’arme. Et Coralie, qui a fait des progrès remarquables en rattrapant une année scolaire en moins d’un semestre, est particulièrement habile avec un Desert Eagle, un massif pistolet de très forte puissance.


Avec tout ce qui s’est passé, je préfère savoir chacun apte à se défendre.


Sophie et moi allons nous marier. Et quelques jours avant la cérémonie, alors que je suis seul à la maison avec Coralie, nous avons une ultime étreinte, au cours de laquelle, j’honore sa bouche, son ventre et son cul dans lequel je déverse un torrent de sperme. Elle est dévastée par deux orgasmes qui la laissent pantelante.  Pour la dernière fois, et ce d’un commun accord. Carpe Diem.


Puis quelques semaines plus tard, celle qui est à présent mon épouse m’annonce être enceinte. Nous sommes fous de joie. Je vais prochainement l’annoncer à notre famille élargie.


Tout à coup, je perçois une sonnerie. Pas la mienne. Et dans la poche de ma veste. Un téléphone. Pas le mien. Comment est-il arrivé là ?

Je décroche. Une voix d’homme.


— Félicitations, Eric, vous allez donner un petit frère ou une petite sœur à Héloïse.


Merde. Personne n’est encore averti de cette grossesse.


— Qui êtes-vous ? Si vous me menacez, sachez que vous tombez très mal...

— Oui, nous savons parfaitement qui vous êtres. Des états de service hautement classifiés, des éliminations ciblées. De hauts faits d’armes, comme cette libération d’otages, tout seul, avec vingt terroristes exécutés. Et le mythe du Suaire. La perte de votre femme a été terrible. Même brisé vous restez un tueur d’exception. Quelques truands et mafieux en ont fait les frais. Absolument remarquable, et ce sans réel soutien logistique, hormis vos camarades comme Emile. Nous suivons vos exploits depuis longtemps. Et vous avez même réussi à détecter nos meilleurs éclaireurs. Un virtuose.


Mon esprit est en ébullition. Qui sont-ils ? Pas des services français, je suis déjà en contact avec eux. Une agence étrangère ? Le Mossad ? La CIA ?


— Ne cherchez pas. Nous n’existons pas. Mais nous sommes à la fois partout et nulle part.

— Allons au fait. Que voulez-vous ? Si le but avait été de m’arrêter ou de me tuer, ce serait fait.

— Effectivement. Vos talents nous seront utiles, couplés à nos moyens pratiquement illimités. Ici et ailleurs, des situations inextricables nécessitent des traitements... disons particuliers. Qui correspondent pleinement à votre champ de compétence.

— Et si je refuse ? Et si je vous traque ?

— Ce serait regrettable. Nous avons fait disparaître certaines traces lors de vos récentes actions clandestines. Il serait dommage que ces éléments ressortent au grand jour. Pensez à votre famille. Au sens large.



Ils ont gagné. Pour l’instant. Mon silence vaut acceptation tacite. Pour l’instant.


— Vous êtes raisonnable. Nous vous contacterons le moment venu. Ce téléphone va s’autodétruire par combustion contrôlée dans dix secondes. Bienvenue en enfer. Vous qui êtes un homme prêt à tout.



                                                                                                              FIN ?

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