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Putain de Noël !

Chapitre 2

Hétéro

Ce texte participe au concours Un conte de Noël  initié par le marquis Donatien A. F. de Sade.



Chapitre II



Un soir d’août – le 17, pour être précis – alors que, la tête posée sur ma poitrine, elle s’occupait une fois de plus de ma vieille verge et que j’appréciais ses exquises caresses en fermant les yeux pour mieux me concentrer sur mon plaisir, je sentis une chaleur humide autour de mon gland gorgé de sang. Surpris, j’ouvris les yeux pour comprendre l’origine de cette délectable improvisation : sa tête se mouvait d’avant en arrière. Une fellation ! Cette caresse dont j’étais si friand…


— Tatiana, que fais-tu ?


Elle s’interrompit pour me répondre :


— Tu le vois bien. Tu n’aimes pas ?

— Oh, que si ! J’adore cela, mais je te demande d’arrêter.

— Mais… pourquoi ?

— Ben, je voulais te faire un cadeau pour ton anniversaire.


C’est vrai que nous avions descendu une bouteille de champagne rosé au cours d’un dîner fin pour fêter mes 76 ans.


— J’apprécie beaucoup, Tatiana, mais pense à Piotr…


Elle fit une moue charmante avant de répondre :


— C’est vrai que je pense à lui ; mais, comme vous dites en France « Sucer n’est pas tromper. »


Son argument fit mouche. Mais je pensai que si elle m’avait fourni une autre réponse, je l’aurais tout aussi bien acceptée car les préliminaires qu’elle m’avait octroyés m’avaient donné une irrépressible envie de jouir entre ses lèvres pulpeuses. Je la laissai donc poursuivre jusqu’à ce que je hurle mon plaisir. J’eus toutefois la décence de ne pas lui demander d’avaler ma semence.


Cette nuit-là, seule dans sa chambre, Tatiana ne chercha pas à modérer les manifestations de son plaisir : elle cria presque aussi fort que moi lorsque son orgasme l’emporta.


* * *


— Tu sais, Sergueï, je me suis branlée cette nuit, et j’ai joui très fort.

— Oui, je t’ai entendue, Tatiana, et moi aussi je me suis donné du plaisir pendant que tu te masturbais.

— Ah ? fit-elle, un peu déçue. Je ne t’ai pas satisfait en te suçant ?

— Bien sûr que si, chère Tatiana, mais t’entendre te caresser était tellement excitant que je n’ai pas pu résister à le faire en même temps que toi.


Elle réfléchit un instant avant de déclarer :


— Si tu as été excité en m’entendant, est-ce que tu aimerais me voir me caresser ?


Abasourdi par cette proposition, je restai coi. Il me fallut une dizaine de secondes pour pouvoir enfin articuler :


— Mais… enfin…

— Tu ne me connais pas, Sergueï. Pas beaucoup, en tout cas. J’aime me montrer. Et je jouis encore plus fort quand je sais que je suis regardée.

— Bon, on verra…


Le soir même, au lieu de me rejoindre dans ma chambre comme d’habitude, elle m’appela dix minutes après que je me sois couché.


— Sergueï, tu peux venir maintenant. Je suis prête.


J’en avais envie, mais je résistai au désir qui me poussait à la rejoindre car je pressentais que si j’allais dans sa chambre, cela pourrait aller plus loin qu’une simple exhibition. J’avais des scrupules : je ne voulais pas qu’elle trompe son Piotr ; notre relation était déjà assez équivoque comme ça ! Je lui répondis :


— Non, Tatiana, pas ce soir.

— Mais moi, j’ai envie…

— Non, te dis-je !


Quel effort avais-je dû faire pour refuser une offre aussi tentante… difficile de trouver le sommeil ! C’est pourtant ce que je tentai de faire, mais bientôt des gémissements en provenance de la chambre de la belle Ukrainienne se firent entendre. J’enfouis ma tête sous la couette pour les atténuer, mais ils allaient crescendo, me provoquant un forte érection. Soudain, ses gémissements cessèrent, mais l’accalmie fut de courte durée car ma porte s’ouvrit à la volée sur une Tatiana déchaînée :


— Je veux une bite ! Une vraie bite ! Maintenant !

— Mais…


Peine perdue : elle fit voler la couette et se jeta sur moi telle une furie et s’accroupit, ses genoux de part et d’autre de ma poitrine. Elle dut sentir mon dard érigé contre sa croupe.


— Et ça, qu’est-ce que c’est ? C’est pas une bite, ça ?


Elle saisit d’une main mon membre et s’empala d’un coup, l’insérant au plus profond de son vagin en soupirant « Ah, que ça fait du bien… », et sans attendre elle se mit à onduler lascivement des hanches pour bien sentir mon gland tout gonflé frotter les parois de son étroit fourreau bien lubrifié. Elle se mit à haleter, et rejetant sa tête en arrière, elle gémit :


— Piotr… Oh, Piotr…


Sur le point de jouir, c’est à son fiancé qu’elle pensait !

L’image de mon épouse, qui ressemblait tellement à Tatiana, s’imposa à moi. Des paroles involontaires m’échappèrent :


— Ah, Peggy… comme tu m’as manqué… ça faisait si longtemps…


Même si nos esprits divergeaient, nous emportant chacun dans un rêve éveillé, nos corps s’accordaient à merveille, et c’est simultanément que l’orgasme nous emporta loin de ce monde.


* * *


Tatiana venait régulièrement rejoindre ma couche, jusqu’à un soir où, regardant à la télévision un reportage sur le conflit qui déchirait son pays, Tatiana s’exclama :


— Piotr ! C’est lui, là !


Ce soir-là, elle demeura dans sa chambre. Les jours suivants aussi.

Quelque chose s’était cassé en elle.


* * *


— Dis, Sergueï, il faut que je te dise quelque chose. Tu ne m’en voudras pas ?


J’avais deviné, et je craignais ce que j’allais entendre.


— Tu peux tout me dire, Tatiana. Je comprendrai.


Elle hésita avant de poursuivre :


— Eh bien… il faut que je retourne dans mon pays. Je veux rejoindre Piotr, et combattre avec lui pour la liberté de mon peuple.


Le coup fut dur à encaisser, mais je m’y attendais. Cependant un grand poids s’abattit sur moi, me clouant au sol comme si j’avais pesé une tonne. Et c’est la gorge sèche mais les yeux humides que je lui répondis :


— Tu es libre, Tatiana. Fais selon ton désir ; je ne te retiendrai pas. Va rejoindre celui que tu aimes. Et merci pour ces moment intenses que nous avons partagés.


Elle ne dit mot, et tourna les talons en direction de sa chambre.

Pendant qu’elle s’éloignait, je crus l’entendre sangloter.


Le lendemain, je la conduisis à la gare. Lorsque le train s’ébranla, nos regards restèrent rivés l’un à l’autre aussi longtemps que possible.



* * * * * * *



Depuis ce jour, je ne vis plus. Désorienté, désabusé, je suis obsédé par des idées noires, continuellement dans l’angoisse de savoir Tatiana exposée aux dangers de la guerre qui continue de faire rage en Ukraine. Je scrute les reportages télévisés pour tenter de reconnaître parmi les combattants celle qui a partagé ma vie durant quelques mois et m’a donné l’illusion d’une jeunesse retrouvée. Mais ces quelques mois, je les paye durement à présent qu’elle est partie, et le poids des ans se fait encore plus sentir qu’avant l’arrivée de Tatiana dans ma vie.


Un appel sur mon portable : c’est le président de l’association.


— Hello, Sergueï ! Tu vas ?

— Bof, il y a des hauts, mais aussi des bas. Et toi ?

— On fait aller… Dis-moi, tu seras disponible ce samedi 24, l’après-midi et en début de soirée ?

— Ben oui, je n’ai pas grand-chose à faire en ce moment. C’est pour quoi ?

— Cette année, on a besoin d’un Père Noël au pied du grand sapin érigé au centre-ville de Périgueux. Tu es partant ?

— Bah, ça me changera les idées…

— Merci, Sergueï ; tu nous enlèves une belle épine du pied ! Alors passe ce soir au local pour essayer ton déguisement.

— Ça marche. À tout à l’heure.

— À plus, mon vieux, et encore merci !


* * *


Le lendemain, vêtu de la tenue rouge et blanche de rigueur, équipé d’une perruque et d’une longue barbe, c’est un Père Noël rendu bedonnant grâce à une longue pièce de tissu enroulée autour de son ventre – a-t-on jamais vu un Père Noël maigrichon ? – qui se tient au pied de l’immense sapin illuminé. Il agite une clochette dorée et se prête complaisamment aux demandes des familles qui prennent des photos de leur progéniture en compagnie de ce gros bonhomme qui intimide les enfants.


À présent, la nuit s’est installée ; les passants se font rares. Tous se pressent pour rejoindre la chaleur de leur domicile et le plaisir des festivités, sans même jeter un regard au sapin illuminé. À son pied, le Père Noël se retrouve bientôt seul dans la nuit glaciale. Son regard triste se porte alternativement sur la neige piétinée et la cime du sapin. Plus personne…


Il entreprend d’escalader l’arbre ; c’est difficile car les branches lui fouettent le visage, et à plusieurs reprises il faillit perdre l’équilibre et chuter, mais il parvient à quelques mètres de son sommet. Pendant plusieurs minutes il observe la ville silencieuse puis il défait la longue pièce de tissu qu’il avait enroulée autour de sa taille. Ayant fait un nœud coulant à l’une de ses extrémités, il attache solidement l’autre à la base d’une branche. Calmement, il resserre le nœud autour de son cou.


Les étoiles scintillent dans l’air pur et glacé : c’est la dernière image qu’il emporte. Cette vision s’assombrit progressivement pendant qu’il suffoque. Sa dernière pensée est pour Tatiana et Peggy, dont les images indissociables se mêlent dans son esprit qui s’embrume.


* * *


Le lendemain matin, un gamin qui regarde par la fenêtre s’exclame en désignant le sapin :


— Maman, papa, venez voir ! Le Père Noël, on dirait un vrai !

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