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Quand acrostiche rime avec chiche !

Chapitre 1

La demande du « poète »

Erotique

Cette histoire se déroule dans la continuité de « Quelle balade », publiée précédemment.


Trois semaines se sont écoulées depuis l’épisode provoqué par la balade de mon rêve/cauchemar. Notre départ en vacances d’été approche à grands pas puisque nous prendrons la route demain samedi pour aller décompresser dans un coin tranquille des Pyrénées, loin des lieux envahis habituellement par les touristes en cette saison.


Hélas, nous n’avons que quinze jours ensemble. Les jeunes couples sans enfants n’ont pas la priorité dans les entreprises à l’heure des arbitrages… En attendant, en cette dernière semaine de juillet, je me retrouve en congés forcés, seul. À notre retour, ce sera au tour de Laura.


En ce vendredi, je commence sérieusement à trouver le temps long, d’autant plus que le chef de Laura a eu la mauvaise idée de l’emmener à l’occasion d’une visite à un client important à l’autre bout de la France. Partie mercredi après-midi de son lieu de travail avec lui pour prendre l’avion, elle est rentrée ce jour en milieu de matinée, directement vers son entreprise. En pratique, je ne l’ai donc plus vu depuis mercredi matin.


Avant qu’elle ne parte, nous avons fait l’amour au réveil. Tendrement, dans une banale position du missionnaire, qui permet une étreinte intime, fusionnelle, corps contre corps. Laura a joui en me serrant fort contre elle, bras enroulés autour de mes épaules, jambes nouées autour de mes hanches pour m’attirer au plus profond d’elle pendant que ses muscles intimes se contractaient sporadiquement. Un long orgasme très paisible, très différent de ceux qu’elle peut connaître dans d’autres circonstances, quand je lui lèche le clitoris par exemple, qu’elle a accompagné d’un discret gémissement, bouche entrouverte collée contre mon oreille gauche.


Je l’ai rejointe très vite, quand j’ai abandonné tout effort de maîtrise. Une éjaculation de quelques secondes en guise d’orgasme, qui a commencé après le début du sien et s’est fini bien avant. Quand je vois Laura jouir longuement, avec des sensations et des intensités différentes suivant la manière dont elle y parvient, quand elle me décrit ce qu’elle ressent de tout son corps, je me dis que les femmes ont bien de la chance…


Ému par ce souvenir récent qui attise mon sentiment de solitude en ce début d’après-midi, je tourne en rond. Je n’ai plus envie de faire quoique ce soit. J’ai passé la semaine à jardiner, bricoler, nettoyer, regarder la télévision, lire… J’en ai assez. Laura me manque. Ou plutôt je suis en manque d’elle.


J’ai également eu tout mon temps pour me repasser le film de ce qu’elle m’a fait subir après que je l’ai réveillée de manière un peu… cavalière il y a trois semaines, afin de tenter d’analyser ce que j’ai ressenti. Pas si simple.


Me retrouver à sa merci dans une position humiliante, puis me voir imposé une situation très gênante avant d’être utilisé à sa guise pour son plaisir… à ma grande surprise, je suis arrivé à la conclusion que j’ai aimé ça. Pire, je crois bien que j’aurais apprécié qu’elle aille plus loin, qu’elle me fasse un peu souffrir physiquement, en me fessant ou me torturant les tétons que j’ai très sensibles. Je pense maintenant que ça aurait décupler un plaisir que je trouve souvent bien trop fade.


Ma relation fusionnelle avec Laura me conduit à exiger d’elle un abandon total et une forme de soumission dans notre vie sexuelle, ce qu’elle accepte et apprécie dans une certaine mesure, par amour. Mais si je me savais déjà totalement dépendant d’elle, esclave de ma passion, je découvre que j’aimerais qu’elle aussi me possède de temps à autre à sa guise, y compris peut-être en m’imposant des sévices corporels… soft, pour expérimenter.


À ce stade de mes réflexions, je me rends compte que mon comportement vis-à-vis de Laura a changé ces trois dernières semaines. Plus de retenue, moins d’exigences unilatérales de ma part. Par exemple, je ne l’ai plus sodomisée, alors qu’il ne se passe généralement pas une semaine sans que je ne la prenne de cette manière au moins une fois, le plus souvent de manière purement égoïste, sans me soucier de son plaisir.


D’ailleurs, je n’y avais pas prêté plus d’attention que ça, mais elle m’en a fait la remarque après que nous avons fait l’amour mercredi matin, un peu gênée par cet aveu.


— Ça fait longtemps que tu ne m’as plus enculée. Ça me manque, a-t-elle dit en baissant les yeux pudiquement et en rougissant délicieusement.


Je n’ai rien trouvé à répondre à ce moment-là. Je l’ai juste serrée fort dans mes bras.


Je suis parcouru par des sentiments qui me paraissent contradictoires : tiraillé entre l’envie de reprendre l’ascendant sur Laura et le désir désormais conscient que ce soit elle qui me possède. Rudement, intensément, violemment… Simple fantasme ou découverte d’une réalité enfouie au plus profond de moi ?


Perdu dans ces pensées qui m’inquiètent un tantinet tant elles me paraissent schizophrènes, je voudrais quoiqu’il en soit que Laura soit près de moi maintenant. J’ai besoin d’elle, de son corps… de son cul. Oui, je crois bien finalement que c’est de ça que j’ai le plus envie, et tout de suite.


Il est presque treize heures. Je n’ai pas faim. Pas de nourriture en tout cas. Il faut qu’elle rentre au plus vite. Elle peut être là en moins d’une demi-heure si elle peut s’échapper. Mais comment le lui demander alors qu’elle est peut-être en réunion ou en débriefing avec son chef ?



Je me mets derrière l’ordinateur et je laisse mon imagination guider l’inspiration. Je rédige d’une seule traite ce médiocre acrostiche. Il a au moins le mérite de délivrer le message « urgent » et de partager maladroitement ce que je ressens au plus profond de moi à ce moment, même si les deux peuvent paraître en totale contradiction d’ailleurs. Cela illustre bien la confusion - voire le conflit - qui m’habite.


Rendu esclave de ton corps,

Envoûté par un triste sort,

Ne cherchant pas à m’y soustraire,

Toujours prêt à te satisfaire,

Répondre à tes secrets désirs

Est pour moi source de plaisir.


Je ne peux pas vivre sans toi,

Eternelle source d’émoi.


Venu au monde pour t’aimer,

A tout jamais te vénérer,

Incommensurable beauté,

Soumets-moi à ta volonté.


Torture-moi pour ton plaisir,

Epargne-moi toute bonté,

Ne bride pas ta cruauté,

Châtie et punis sans faillir.

Une fois par toi asservi,

Laisse-moi pénétrer ton corps,

Et ainsi une fois encore,

Retrouvons-nous enfin unis.


On est à des années lumières du poème qu’aurait adressé Alfred de Musset à Georges Sand pour lui formuler sa demande ! Mais tant pis. J’enregistre ce fichier en le protégeant d’un mot de passe et me décide à l’envoyer à Laura sur sa messagerie personnelle après quelques minutes d’hésitation. Je compte sur sa bienveillance mais aussi sur sa subtilité pour trouver le message le plus pressant… Et surtout, j’espère que sa réponse sera à la hauteur de mon attente du moment.


Une fois le courriel envoyé, je préviens Laura par SMS.


— Je viens de t’envoyer un fichier protégé sur ta messagerie personnelle. Ta date de naissance en six chiffres pour l’ouvrir. Only for your eyes !


Les minutes passent. Elles me paraissent très longues, les yeux vissés sur mon téléphone portable, qui ne quitte plus ma main. Je bande.

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