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Quand l'élève est prête, le Maître apparaît...

Chapitre 3

Natahalie ou mon éveil au plaisir (2/2)

Lesbienne

Je me réveille avec le pire mal au crâne que je n’ai jamais connu. J’ai l’impression que tous les piverts du monde s’y sont donné rendez-vous. Je me tourne difficilement et repousse la couette. Je suis entièrement nue. Même les yeux fermés, j’ai l’impression d’être sur un bateau balloté par les vagues.


— Bien fait ! tu n’avais qu’à être raisonnable.

— La ferme, marmonné-je.

— Ouais, fous-lui la paix. Ça va passer.

— Toi aussi, la ferme !


Je ne suis pas en état d’écouter leur débat stérile sur ma conduite d’hier soir. Je finis par ouvrir les yeux. Ma vue est encore brouillée. La chambre est plongée dans la pénombre. Ma vision s’éclaircit doucement. Je ne reconnais pas la décoration de la pièce. Je ne suis pas chez moi. Je me redresse brusquement. La tête me tourne. Je patiente un peu jusqu’à ce que mon bateau arrête de tanguer. J’observe mon environnement : des vêtements jetés en vrac sur une chaise, des rideaux noirs, une penderie aux portes fermées, un lit à barreaux en fer forgé.


— Putain, je suis où là ?


J’essaie de rassembler mes souvenirs : je suis allée au bar avec Nath’ hier soir, elle est allée aux WC, elle a tardé, je l’ai cherchée et trouvée avec…


— Oh mon Dieu !!!


Tout me revient. Que s’est-il passé après ? Nath’ m’a fait des avances, enfin je crois…


— Oh non, qu’est-ce que j’ai fait ? demandé-je en me prenant la tête entre les mains.

— Rien du tout, ne t’inquiète pas.


Je lève les yeux et vois Nath’, vêtue d’un ensemble de sport, à l’entrée.


— Je te rassure tout de suite, il ne s’est rien passé. Tu étais bourrée avec trois cocktails. C’était plus simple de te ramener ici.


Je pousse un soupir de soulagement.


— Allez, va prendre une douche et rejoins-moi à la cuisine pour le p’tit déj’. Je t’ai préparé des vêtements.

— Merci, Nath’.


* * * * *

Une bonne douche bien chaude plus tard…

Vêtue d’un long tee-shirt et d’un boxer que m’a prêtés Nath’, je sirote un bon café en dégustant de délicieuses gaufres faites maison.


— Elles chont chuper bonnes !

— Merci, me répond-elle en s’installant en face de moi. C’est la recette de ma grand-mère.


Elle me regarde déjeuner en souriant. Je me sens un peu mal à l’aise. Je me souviens m’être endormie dans ses bras, nos corps nus, l’un contre l’autre. Mais s’est-il passé autre chose ? M’en veut-elle de les avoir regardés ? De m’être caressée ? D’en avoir joui ? Je n’arrive pas à relever les yeux de ma tasse de peur de croiser son regard désapprobateur. Je finis par relever le regard. Elle me sourit avec indulgence.


— Détends-toi ma belle, me dit-elle sur un ton amusé. On dirait que tu es coupable de la pire atrocité.

— Bein… quand-même… je… c’est gênant…

— Je te l’ai dit. J’espérais que tu me trouves avec Benoit. Que tu me vois prendre du plaisir. Et tu en as pris aussi. C’est super !

— Mais ça ne t’a pas dérangée que je vous regarde ?

— J’adore ça au contraire.


Je hoquète et lâche le reste de mon croissant sous l’effet de la surprise. Nath’ éclate d’un rire sonore qui semble rebondir sur les murs.


— Ma réputation de salope n’est plus à faire, lâche-t-elle brutalement. Mais pas au sens commun. C’est juste que j’aime… non, j’adore le sexe. J’aime me faire plaisir et en donner. Pour beaucoup de monde, c’est un comportement inadapté, obscène, pervers. Certains, j’en suis certaine, aimeraient que ce soit puni par la loi !

— Quand-même pas, marmonné-je.

— Crois-moi, s’il y avait une chasse aux sorcières, je serais la première à passer sur le bûcher.

— Tu exagères un peu non ?


Elle se lève et fait le tour de la table pour venir s’asseoir à côté de moi.


— Le sexe pour les femmes, c’est tabou. Un mec qui baise à tout va, c’est un type extra. Une femme, c’est une salope. C’est injuste, non ?

— Oui, c’est sûr.

— On ne doit avoir ni honte, ni peur de prendre du plaisir, dit-elle en posant sa main sur la mienne et en me regardant dans les yeux. Daniel t’a terrorisée. Il y a dû avoir d’autres hommes dans ta vie comme ça, je me trompe ?

— Nn-non… comment tu sais ?

— Ça se voit. Tu es une soumise qui s’ignore et tu es tombée sur des mecs qui ont trouvé en toi une proie facile.


Je me contente de hausser les épaules. Je n’ai eu que deux relations « sérieuses » dans ma vie… enfin, c’est ce que j’avais toujours cru.


— Tu crois vraiment ?

— Hmmm… oui. Toi, tu as décidé de te fermer au plaisir et aux hommes. C’est un moyen de te protéger.

— Hmm… réponds-je avant de prendre une gorgée de jus d’orange frais. C’est Sonia qui t’a donné ses conclusions ?

— Non. J’ai eu une amie qui s’est laissé dépérir comme toi, dit-elle en me caressant la joue. Elle ne connaissait plus les plaisirs de la vie. Ça a commencé par le sexe, puis les sorties, puis les gens, puis son travail.


Je ferme les yeux sous sa caresse, en soupirant.


— Laisse-moi t’offrir une chance de redécouvrir le vrai sens du mot plaisir, me chuchote-t-elle à l’oreille. Juste cette fois, toi et moi.

— S’il te plait, Nath’, soufflé-je. Apprends-moi le plaisir.

— Tu es sûre ?

— J’ai peur, Nath’, murmuré-je alors que ses lèvres glissent sur ma joue. Je ne veux pas que ça gâche notre amitié.

— Ne t’inquiète pas. Ce ne sera que pour cette fois.


Je frissonne au contact de ses douces lèvres sur les miennes. Elle me prend la main et me fait lever avant de m’entraîner dans sa chambre. Je me laisse conduire comme une automate, une poupée sans volonté… si en fait, une seule volonté, celle de me soumettre à son envie.


Lorsque nous arrivons dans sa chambre, elle me laisse debout, devant son lit. Elle ouvre les rideaux et la fenêtre en grand. La brise fraîche du mois d’avril vient caresser mes jambes nues. Je n’ose pas lever la tête. J’entends ses pas étouffés par la moquette revenir vers moi dans mon dos. Elle glisse ses mains autour de ma taille. Je frissonne en sentant son souffle chaud, parfumé d’une délicate odeur de café. Mon corps se raidit un instant.


— Juste cette fois. Si tu ne prends pas de plaisir, je te promets d’arrêter de te parler de sexe. Si tu en prends, profite de la chance qui t’est donnée.

— Oui, Nath’, laissé-je échapper en penchant ma tête sur le côté pour laisser ses lèvres courir dessus. Tout… tout ce que tu voudras…


Ses mains semblent avoir attendu ces mots pour se mettre en action. Elles saisissent le bas du tee-shirt et commencent à le remonter sur mon ventre légèrement rebondi. Mes bras se lèvent seuls. Nath’ découvre mes seins ronds et fermes avant de les empaumer.


— De jolis pamplemousses, constate-t-elle en les soupesant, fermes et délicats. Mes mains sont trop petites pour eux.


Ses doigts effleurent mes tétons, les faisant se dresser presqu’aussitôt. Ils sont très sensibles. J’en suis la première surprise.


— Regarde-toi dans le miroir.

— Non, réponds-je en fermant les yeux. Je ne veux pas.

— Regarde-toi, insiste-t-elle fermement mais sans me brusquer. Tu es une belle femme, qui a besoin d’attention et de quelqu’un pour la mettre en valeur. La première personne à pouvoir le faire, c’est toi-même. En aimant ce que tu es. Regarde-toi.


Je lui obéis. Je nous regarde dans le miroir. Je suis un peu plus petite qu’elle. Mes cheveux bruns ondulés semblent ternes à côté de sa chevelure rousse flamboyante. Mon visage un peu rond semble enfantin à côté du sien, au profil séduisant. Je ne peux rien comparer d’autre car mon corps tout en rondeur cache le sien, élancé et dynamique. Je pousse un profond soupir.


— Arrête de soupirer comme ça, dit-elle en me caressant les seins. Tout corps est beau si tu l’acceptes tel qu’il est… avec un petit coup de pouce. Mets-toi à genoux sur le lit.


Mon corps obéit sans hésiter. Je m’agenouille sur le matelas moelleux, les cuisses écartées. Je regarde Nathalie se déshabiller. Ma respiration s’accélère en la voyant se dénuder. Ses seins sont plus gros que les miens. Son sexe est entièrement épilé, alors que le mien présente un délicat ticket de métro.


— Tu n’as rien à lui envier, me dit Animal.

— Pour une fois, marmonne Rationnel, je suis d’accord avec lui.


Ma respiration s’accélère en la regardant nue, mon cœur bat plus fort.


Est-ce qu’elle… m’excite ?

— Oui, c’est exactement ça, Clém’. Tu as envie qu’elle te touche, hein ?

Oui…


Elle me regarde en se rapprochant et, en silence, se glisse à genoux derrière moi. Ses cuisses m’enserrent le bassin. Ses mains empaument de nouveau mes seins. Sa caresse est délicatement excitante. Je sens mon entrejambe s’humidifier doucement.


— Arrête-la. C’est une perverse… m’ordonne désespérément Rationnel.

— Non… me murmure insidieusement Animal. Tu aimes ça…

— Oh oui, j’aime ça.

— Tu vas aimer la suite, me chuchote Nath’, ignorant mon débat intérieur.


Sa main droite quitte mon sein pour se faufiler sous l’élastique de mon boxer. Je gémis en sentant le bout de ses doigts sur mon clitoris. Elle le caresse avec légèreté, s’arrêtant lorsque mes gémissements s’intensifient puis reprenant lorsque je me calme. Mais ses caresses restent légères, pas comme les hommes que j’avais connus. Je m’étire, passant les bras derrière ma tête et celle de Nath’. Comme répondant à une invitation silencieuse, ses lèvres se posent sur mon cou et remontent jusqu’à ma mâchoire. Ma tête tourne délicieusement. Mes lèvres rencontrent les siennes. Son goût de café envahit ma bouche lorsque sa langue vient caresser la mienne.


Ses doigts s’enhardissent entre mes lèvres. Ils coulissent entre mes deux morceaux de chair humide. Je la sens palpiter sous ces lents allers-retours. Je gémis de plaisir.


— Nath’, c’est si bon…

— Je le vois, dit-elle en me montrant ses doigts légèrement brillants. Goûte.


J’ouvre timidement la bouche. Tout en continuant de me malaxer le sein de sa main gauche, elle glisse son majeur et son index dans ma bouche, qui se referme dessus. Ma langue fait le tour de ses doigts. Contrairement à ce que je pensais, le goût de ma cyprine est doux et léger. Elle se recule un peu, me faisant m’allonger sur le lit. Je me sens bien, légère. Sans qu’elle me le demande, je replie mes cuisses pour me débarrasser du boxer et laisse tomber les genoux sur les côtés. Maintenant face à la fenêtre, ma fente humide est caressée par l’air frais.


Je regarde Nath’ s’agenouiller entre mes cuisses. Je pousse un profond soupir.


— Merci, Nath’.

— Attends encore un peu.


Elle se met à quatre pattes et rampe presque sur moi. Ses seins caressent mon corps, remontant lentement de mon pubis à ma poitrine. Elle se couche sur moi. Elle semble si légère.


— Tu es belle. Tu as droit au plaisir, dit-elle en déposant de légers baisers sur ma gorge.

— Non… je suis quelconque…

— Ne dis pas ça, répond-elle en se redressant sur les mains, son pubis plaqué contre le mien. Oublie ceux qu’il y a eu avant. Oublie ce qu’ils ont dit ou fait. Tu vaux mieux que ça. Tu pourrais… non… Laisse-toi faire…

— Oh oui, Nath’… tout ce que tu veux…


Mon corps ondule sous ses baisers. Mon cerveau est passé en mode automatique. Nathalie lui apporte la dose de plaisir dont il a tant manqué, manque qu’il a toujours voulu ignorer. Ses lèvres descendent jusqu’à ma poitrine. Elle me lèche délicatement les tétons, l’un après l’autre. Quelle délicieuse sensation ! Ses lèvres s’emparent de l’un de mes mamelons, l’aspirant avec délicatesse, puis de l’autre. Des vagues de frissons parcourent ma peau. Ses lèvres glissent sur mon petit ventre rebondi avant d’embrasser mon entrejambe.


— Non, Nath’… c’est pas…

— Tu es délicieuse, Clém’… j’ai envie de te goûter.


Je lâche un cri de plaisir lorsque sa langue se faufile entre mes grandes lèvres en en léchant l’intérieur. Sa bouche s’empare alors de mes petites lèvres, les aspirant tour à tour. Un nouveau cri s’échappe de ma gorge, mélange de surprise et de plaisir… d’un nouveau plaisir.


— Oh, tu es si délicieuse, répète Nath’, si soumise… c’est si beau.

— Nath’… ne t’arrête pas s’il te plait…


J’halète. Je tremble. On ne m’avait jamais rien fait d’aussi doux, ni d’aussi excitant. Mes partenaires s’étaient très souvent contentés d’un rapide léchage, d’un doigtage maladroit pour me prendre brutalement. J’avais toujours pensé que c’était normal, que mon corps ne valait pas la peine qu’on prît soin de le combler. Apparemment, je m’étais trompée. Maintenant, les doigts et la langue de Nath’ me fouillent agréablement. Elle les fait coulisser lentement en moi. Mon corps se cambre sous cette douce et lente pénétration. De légers bruits mouillés s’élèvent dans la chambre qui a sans doute entendu bien pire.


— Hmmm, tu mouilles si bien… quel plaisir tu pourrais donner à un homme qui en vaut la peine.

— Et toi ? lui demandé-je comme si j’étais déjà en manque de ses caresses.

— Je te l’ai dit, ma belle, répond-elle en rampant de nouveau sur moi. Ce sera juste cette fois.

— Mais…

— N’insiste pas, dit-elle en écartant le bras. Tu veux bien me laisser poursuivre ?

— Ooooh, lâché-je en louchant sur le double gode qu’elle me montre. Il… il… est gros…

— Ne t’inquiète pas, ma belle soumise. Je t’ai bien préparée.


Sa belle soumise… j’aime comme ça sonne à mon oreille… Soumise… soumise… soumise…


Ce mot ne cesse de résonner dans mon esprit alors qu’elle insère le gode dans mes entrailles. Mes chairs sont étirées, mais la douleur n’est pas aussi forte que je ne l’ai craint. Elle me pénètre lentement, laissant le temps à mes muscles de se détendre autour de son jouet. Mon corps se tend quand elle l’enfonce. Un cri rauque s’échappe de ma gorge lorsqu’elle l’immobilise enfin.


— Waouh, lâche-t-elle, en me caressant les lèvres. Je ne pensais pas le rentrer autant !

— Aaaah… Gnnnn…


Elle lui imprime de légers mouvements de va-et-vient associés à des rotations qui m’ouvrent de plus en plus. Ses doigts poursuivent leurs caresses sur mes lèvres et mon clitoris. J’ai l’impression que mon corps s’emballe, ondulant de plus en plus pour augmenter la profondeur de la pénétration.


— Doucement, ma belle, calme-toi, me conseille Nathalie en posant sa main sur mon pubis.


Elle exerce une pression sur mon bas-ventre, m’obligeant à reposer les fesses sur le matelas. J’halète, j’en veux plus. Mais Nath’ me tempère. Tout en maintenant sa main sur mon pubis, elle ralentit les mouvements de son jouet. Ma respiration se calme. Je ferme les yeux et souffle lentement.


— Bien, tu m’as donné très envie aussi.


J’ouvre les yeux et regarde Nath’ s’installe en position de ciseau entre mes cuisses. Je la regarde s’enfoncer le gode avec une sorte d’extase sur le visage. Elle y va tout aussi lentement qu’avec moi. Sa progression pousse régulièrement le gode dans mes chairs tendres, m’arrachant de nouveaux geignements. Elle lâche un gémissement de plaisir lorsque ses lèvres humides entrent en contact avec les miennes. Son bassin ondule contre le mien, faisant bouger le gode en moi. Ses lèvres frottent contre les miennes alors que ses doigts viennent me caresser le clitoris.


J’ai l’impression de devenir folle, de tomber dans un tourbillon de délices.


— Pfff… Tu baises avec une femme ! tonne Rationnel.

— Ne l’écoute pas. Prends du plaisir ! tempère Animal.


Il n’en faut pas plus pour me faire hurler de plaisir. Mon corps ondule frénétiquement autour du gode. Je suis submergée par tellement de nouvelles sensations que j’en perds l’esprit. Je sens mon bas-ventre être gagné par une pression croissante. Mon corps se soulève, nous enfonçant mutuellement le gode plus profondément. Mes doigts s’agrippent douloureusement à la couette alors que j’ai l’impression d’imploser.


— Aaaaaaaaaahhhhh.


C’est un cri d’agonie qui sort de ma gorge. Un cri que je ne me suis jamais entendu pousser. Je ne reconnais pas cette voix rauque qui monte vers le plafond pour mourir dans un gémissement, presqu’un couinement. Je ferme les yeux, haletante, épuisée, tandis que Nath’ enlève lentement le gode de mon sexe ruisselant de plaisir. Je la regarde se mettre à quatre pattes devant moi et s’abaisser pour me lécher à nouveau.


— C’est si bon, Nath’. Ne t’arrête pas…

— Il va falloir, ma belle, dit-elle en rampant sur moi avant se coucher sur le côté. Il ne faut pas que ça devienne une habitude. Tu as aimé ?

— Oooooh, oui, Nath’, réponds-je alors qu’elle caresse mon sexe palpitant.

— Bien… Acceptes-tu d’aller plus loin dans le plaisir ? D’en découvrir plus ?

— Oh oui, Nath’.


Qu’est-ce qui m’arrive ?

— Tu as juste pris du plaisir et tu en veux encore, petite coquine.

— Tu as mis le doigt dans un engrenage infernal, ne t’y engages pas plus !

— Où est le problème si tout le monde est consentant ?


Une fois de plus Animal a le dernier mot. J’acquiesce silencieusement en fermant les yeux. Nath’ me recouvre de la couette et me conseille de me reposer encore un peu avant de me lever. Je sens le matelas s’alléger de son poids et j’entends ses pas s’éloigner doucement vers la porte.


* * * * *

Nathalie s’enveloppe dans son peignoir préféré en regardant la porte de sa chambre légèrement entrebâillée. Elle referme le vêtement sur elle et sort en silence de la chambre, jetant un dernier regard sur la jeune femme allongée sous la couette. Un discret sourire étire ses lèvres tandis qu’elle referme la porte.


— Es-tu satisfait ? demande-t-elle à l’homme dissimulé dans l’ombre du coin du mur.


L’homme inspire profondément avant de lâcher un soupir.


— Tu m’as dit qu’elle avait un bon potentiel de soumission. Je n’avais pas imaginé que c’était à ce point. Te céder son corps dès la première fois… je ne l’aurais pas imaginé.

— Tu sais que je te fais confiance, répond Nathalie en croisant les bras sur sa poitrine. Si elle accepte, je te la confie. Mais en aucune façon tu dois lui forcer la main.


Le ton sévère de Nath’ fait sourire l’homme qui sort de l’ombre et darde son regard d’obsidienne sur elle. Mais elle ne se démonte pas. Elle le connaît depuis trop longtemps pour se laisser intimider par son regard. Il le sait et s’en amuse.


— Tu me connais mieux que personne, Nathalie. Je ne suis pas le genre chien affamé.

— Pfff, crache-t-elle presque. Vous êtes tous des chiens.


Le sourire de l’homme s’étire un peu plus alors qu’il s’approche d’elle. À peine plus grand qu’elle, il n’a pas besoin de se pencher pour lui glisser à l’oreille quelques mots.


— Mais tu les aimes aussi, ces chiens, qu’ils soient soumis ou dominants, non ?

— Que ce soit clair, lâche-t-elle sans se laisser impressionner. Fais-lui du mal et je te démonte pièce par pièce.

— Une vraie tigresse. Ne t’inquiète pas. Je prendrai soin de ta protégée, répond-il en s’éloignant.

— Tu as intérêt, finit-elle en lui emboîtant le pas jusqu’à la sortie. Sinon t’es mort.


Il lui fait un signe de la main avant de sortir. Elle sait que ses menaces sont inutiles. Il est un Maître sévère, mais juste. Si Clémence lui a si vite tapé dans l’œil, c’est parce qu’il a ce sixième sens qui lui permet de détecter la personnalité des gens au premier regard. Si quelqu’un est capable d’en faire une bonne soumise tout en la préservant, c’est bien lui.


— Pourquoi ai-je la sensation d’offrir un agneau à un loup ?


* * * * *

Je m’étire langoureusement, enveloppée dans mon doux cocon. Les images et les sensations que j’ai ressenties défilent dans mon esprit.


J’ai fait l’amour… avec une femme… mon amie…

— Tu devrais avoir honte, jeune fille !

Je sais, oui…

— Mais non enfin ! c’est juste une fois ! Tu as aimé, non ?

Oui… enfin je crois…

— Dévergondée ! hurle presque Rationnel.

— Ta gueule ! Profite de ce qui t’es offert. Ne vaut-il pas mieux vivre avec des remords que des regrets ?

Tu n’es pas gentil d’utiliser cet argument contre moi.


C’était la phrase préférée de ma marraine, celle qu’elle me servait lorsque j’hésitai dans mes choix qui risquaient de contrarier mes parents. Jusque-là, je dois dire qu’elle m’a toujours réussi.


— Tu te remets, ma belle ?

— Oui… je… je ne sais pas quoi dire.


Nathalie entre comme un tourbillon dans la chambre et se jette sur le lit à côté de moi. Elle me sourit avec beaucoup de tendresse.


— Tu as aimé ?

— Oooh, oui, avoué-je en rougissant.

— N’en aie pas honte. J’ai a-do-ré. Tu caches bien ton jeu.

— Tu sais, dis-je en m’asseyant, les genoux repliés contre ma poitrine, le sexe a toujours été un sujet tabou dans ma famille. Peut-être que c’est pour ça que j’en ai peur.


Elle passe un bras autour de mes épaules.


— Oublie ce qu’on t’a enseigné, ouvre-toi au plaisir.

— Dis-moi, un homme pourra-t-il un jour me donner autant de plaisir ?

— Si tu trouves le bon, oui, me chuchote à l’oreille. Alors, tu viens avec moi à Avignon.


— Vas-y, éclate-toi, ma belle.

— D’t’façon, quoique je dise, tu écouteras l’autre Animal.


— C’est… une soirée…

— Libertine ? termine-t-elle avec désinvolture. Oui tout à fait.


Je me raidis un instant. Nathalie me serre contre elle.


— Tu n’es pas obligée de participer, tu sais. Un non suffira. Les invités sont des libertins respectueux, pas des morts de faim.


Ces paroles finissent de me convaincre.


— D’accord. Si je ne suis pas obligée de participer, ça me va.


Nath’ bondit du lit et se met à sautiller et à frapper dans ses mains comme une ado qui vient d’apprendre qu’elle a rencard avec le plus beau mec du lycée. Je ne peux pas m’empêcher d’éclater de rire en la regardant. Une fois calmée, elle revient s’asseoir à côté de moi en me prenant dans ses bras.


— Par contre, tu es obligée de porter quelque chose de sexy, d’accord ?

— Ça va, d’accord, capitulé-je.


Ainsi, avant de me raccompagner, elle me fait promettre de l’attendre en sortant du boulot, vendredi prochain.


Je viens de faire, sans le savoir, mon premier pas dans le monde de la soumission qui semblait n’avoir attendu que mon éveil…

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