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Quand l'élève est prête, le Maître apparaît...

Chapitre 12

Le contrat

Erotique

J’observe Mathieu avec attention depuis le début de la réunion. Je n’arrive pas encore à réaliser qu’il m’ait demandé de devenir sa soumise, avec tout ce que cela implique.


— Il va t’asservir, faire de toi sa chose, son jouet ! Comment peux-tu accepter ça ?

— Pense aux plaisirs qu’il t’a fait découvrir... il en a encore mille autres en réserve, si ce n’est plus...

Oh oui... j’imagine ça très bien...


Vendredi, il m’a indiqué qu’il me ferait parvenir le contrat, validant notre engagement l’un envers l’autre. Je reconnais l’attendre avec impatience et je me demande quelle sera mon éducation. Il m’a laissée patienter tout le week-end, me permettant ainsi de réfléchir encore un peu avant d’accepter ou de rejeter entièrement son offre. J’ai cherché à joindre désespérément Nathalie toute la journée du samedi, mais apparemment, elle a décidé de jouer aux abonnés absents.


— Tu vois, même ta copine t’abandonne, lâche Animal avec sarcasme.

— Mais non... elle a le droit de profiter de son week-end aussi, non ?

— Pfff... un week-end de débauche je suppose.

— Et alors ça te gêne ?

La ferme !


Le débat a fait rage dans mon esprit. Une part de moi en voulait à Nathalie de m’abandonner dans une situation critique et l’autre part se raisonnait en disant que je devais prendre cette décision seule, sans impliquer personne.


Mon regard se pose sur le directeur-adjoint. Toujours très courtois, il est devenu la coqueluche de l’agence. Toutes les secrétaires sont à ses pieds. Je dois reconnaître que, même si ce n’est pas un super canon, il est agréable à regarder. Il semble sérieux, rigoureux. Même si je ne le connais que très peu, je me sens en sécurité avec lui.


Suis-je sa première soumise ? Non, il semble avoir de l’expérience dans ce domaine.

— Tu parles, un mec comme lui doit avoir une sacrée collection derrière lui, me raille Rationnel.

— Et alors ? Ça ne fait pas de lui un monstre, le défend Animal, mais un Maître, dans le sens noble du terme, non ?

— Pfff... dans ce cas, pourquoi aurait-il besoin d’une nouvelle soumise ? Qui et où sont les autres ?

— Hmmm... peut-être qu’il dirige un harem, le petit vicieux.

Assez ! Assez !


Je sers les poings sur mes genoux. Je n’arrive pas à l’imaginer à la tête d’un harem... en fait, je ne veux pas l’imaginer.


— Hmmm, déjà jalouse, petit agneau ?

— Mauvais, c’est mauvais...


Ce n’est pas possible. Je ne peux pas être jalouse. Mais je ne veux même pas penser à ces autres femmes... je m’y refuse. Mais s’il a eu d’autres soumises, que sont-elles devenues ? Les a-t-il rejetées ? Se sont-elles enfuies ? Que va-t-il faire de moi si je ne lui conviens pas ? Voilà que je commence à angoisser au sujet d’une relation qui n’existe même pas encore.


— Arrête ! Tu n’as rien signé encore !

— C’est comme si c’était fait !


Je dois prendre garde de ne pas me laisser entraîner trop loin dans mon angoisse car la réunion est loin d’être close. Une légère vibration se fait sentir dans ma poche. Je jette un œil discret : c’est lui.


[SMS, Mathieu, Clémence]

< Dans ton bureau après la réunion. Prépare-toi à m’accueillir comme il se doit.


Je prends sur moi pour garder mon calme malgré mon inquiétude, mêlée à l’excitation et éviter de le regarder. Mon pouce tremble alors je tape discrètement une réponse.


— Ne fais pas ça ! me hurle Rationnel.


[SMS, Mathieu, Clémence]

> Tout ce que vous voudrez, monsieur.


— Trop tard !

Je n’en reviens pas... j’ai vraiment écrit ça ?

— Oui, petit agneau... tu meurs d’envie que le grand méchant loup te dévore toute crue, murmure vicieusement Animal.


Et je range mon téléphone dans ma poche, affichant un sourire satisfait. Je relève lentement la tête et promène mon regard sur les autres participants à notre réunion du matin. Il passe sur lui, sans pour autant s’attarder, mais j’ai le temps d’apercevoir un bref hochement de tête dans ma direction.


Une heure plus tard, enfin libérés de la réunion, nous nous séparons devant la salle. Mes collègues me proposent bien d’aller au restaurant, juste à côté de la boîte. Je décline leur invitation, sous prétexte d’avoir des dossiers à traiter. En fait, je les ai juste assez vus et entendus pour la journée. J’ai d’autres envies à satisfaire. Je vois Mathieu s’éloigner avec Christophe, notre directeur.


J’espère qu’il ne va pas tarder.


Je regagne mon bureau et grimpe sur mon escabeau pour ranger les dossiers dont je me suis servie à la réunion. Une fois les dossiers rangés à leur place, je me prépare pour accueillir mon futur Maître. Du moins, j’ose espérer qu’il n’a pas changé d’avis. Je retire ma jupe, mon chemisier et mon soutien-gorge. Je m’assois sur une marche de l’escabeau et écarte un peu les genoux. Je glisse mes doigts entre mes cuisses et y sens l’humidité de l’excitation causée par mes fantasmes. Seule et impatiente qu’il arrive, je laisse mes doigts se promener dans ma vulve avec un soupir de délectation. Je jette un œil discret vers ma porte.


Venez, monsieur, venez.


Je caresse mes seins d’une main tandis que l’autre s’affaire sur mes chairs humides. Brusquement, j’imagine que les mains qui courent sur ma peau sont celles de Mathieu, que ses doigts longs et fins se faufilent dans ma moiteur chaude en de profonds va-et-vient. Les miens s’agitent doucement dans le moelleux de mon intimité. Je gémis en me pinçant un téton.


Je vous en prie, monsieur...


Je prends mon temps. J’apprécie ce moment de solitude et de plaisir. Je sens mon jus couler le long de mes doigts et goutter au sol.


Calme-toi, ne jouis pas tout de suite...


Mes gémissements se font plus forts lorsque j’entends une porte claquer. Je ferme les yeux. J’espère que les pas que j’entends dans l’open-space sont bien ceux de celui que j’attends. Trois coups résonnent contre ma porte et la voix de Mathieu se fait entendre.


— J’entre. J’espère que tu es prête !

— Oui, monsieur.


Je vois la porte s’ouvrir brusquement et Mathieu entrer et regarder partout. Il s’immobilise, souriant poliment, une petite boîte entre les mains. Sans un mot, il entre, ferme la porte à clef derrière lui et vient s’asseoir sur mon bureau, posant la boîte à côté de lui.


— Parfaite, tu es parfaite. Continue.


— Tu ne peux pas faire ça dans ton bureau, enfin !

— Tu l’as bien fait dans le sien.

— Et tes collègues ! Ils pourraient revenir !

— Mais non ! Ils en ont bien pour une heure !


Mon débat intérieur trouve rapidement sa conclusion. Je reprends mes caresses sous le regard attentif de Mathieu. Je soupèse mes seins, les massant délicatement les yeux baissés.


— Regarde-moi dans les yeux !


Je lui obéis et plonge mon regard dans le sien, un abîme noir, sans fond, dans lequel je ne lis que concupiscence. Mes doigts pincent mes tétons avant que ma main droite descende sur mon bas-ventre. J’ouvre ma vulve avec deux doigts, tandis qu’il se lèche les babines. Je souris en glissant mon majeur entre mes lèvres humides. Il y glisse si facilement, que je ne tarde pas à y ajouter un deuxième. Dans son regard brille une lueur de satisfaction, qui m’encourage à en mettre un troisième. Je lâche un gémissement de plaisir lorsque mes trois doigts étirent mes chairs.


— Très bien, arrête.


Mes doigts n’obéissent pas immédiatement, j’ai envie de les sentir encore en moi.


— Je t’ai dit d’arrêter, dit-il en se levant.


Je n’y arrive pas. Il se lève et me retire les doigts de force, m’arrachant un cri de frustration. Un éclair de désapprobation illumine son regard noir, alors qu’il saisit mon téton droit et le tord brutalement, m’arrachant un nouveau cri, de douleur cette fois.


— Quand je te donne un ordre, tu obéis.

— Ou-ui, monsieur, réponds-je en baissant la tête.


Il prend ma main avec laquelle je me suis pénétrée et la porte à son nez.


— Quelle bonne odeur de stupre, ici. J’en veux plus.


Une de ses mains descend jusqu’à mes lèvres pour s’en saisir et les frotter l’une contre l’autre. Je me cambre sous cette caresse excitante.


— Aaaaahhh... laissé-je échapper.

— Laisse-moi te goûter.


Il s’empare de mes seins, les malaxe sans douceur. Il pince un de mes tétons avant de se mettre à téter l’autre comme un bébé affamé. Je sens les muscles de mon bas-ventre se contracter. Son autre main descend le long de ma taille pour me caresser les fesses. Ses doigts se glissent entre mes chairs trempées. Il s’agenouille et les écarte, découvre mon clitoris gonflé et rapproche son nez pour me respirer.


— Quel parfum !


Très vite, sa langue m’explore dans tous les coins et recoins. Je gémis encore plus fort lorsqu’il m’aspire les petites lèvres. Ses doigts écartent douloureusement mon amande pour laisser sa langue pénétrer plus profondément. Je me cambre plus pour presser sa tête contre moi et sa langue s’enfonce encore plus.


Il se relève avec un sourire. Une de ses mains caresse ma poitrine et l’autre s’occupe de mon abricot. De nouveau, ses doigts s’activent à frotter mes lèvres l’une contre l’autre, m’arrachant un gémissement de plaisir. Je les sens glisser entre elles avant de pénétrer dans mon vagin, deux doigts d’un seul coup. Je me cambre sous cette pénétration brusque et ondule sur ses cuisses. Mes gémissements emplissent mon bureau tandis que mes va-et-vient sur lui s’intensifient. Il m’arrache un gémissement en retirant brusquement ses doigts.


Il défait lentement la fermeture éclair de son pantalon pour libérer son membre tendu. Il m’attrape les hanches et colle son bassin contre le mien. Il frotte plusieurs fois son gland contre ma vulve trempée avant de me pénétrer. Je gémis de plaisir lorsque sa verge me pénètre lentement, jusqu’au bout. Je m’agrippe à ses épaules pour ne pas tomber. La position sur l’escabeau est loin d’être confortable, mais ce n’est rien comparé au plaisir qu’il me donne. Il prend son temps, en de longs va-et-vient. Ses doigts s’enfoncent douloureusement dans mes hanches.


Il ressort lentement, enserré par mes muscles autour de lui avant de me pénétrer à nouveau avec force, m’arrachant un cri à chaque fois. Je sens la pression monter dans mon bas-ventre. Je suis sur le point de jouir lorsqu’il sort et recule de quelques pas. Il m’indique le sol d’un mouvement sec de la tête. Sans un mot, je m’agenouille devant lui. Je lève un regard gourmand vers lui. Il me renvoie un sourire satisfait.


— Me... permettez-vous de vous sucer, monsieur ?

— Avec le plus grand plaisir.


Je saisis fermement son membre tendu. Je me lèche les lèvres, l’imaginant déjà dans ma bouche. Je le caresse du bout des doigts. Lentement je le lèche de la racine au gland. J’aime le goût de ma cyprine sur sa peau. Il gémit de plaisir à son tour. Avec application, ma langue explore chaque centimètre carré de son sexe. Il est si doux que je me demande s’il n’y applique pas de la crème hydratante. Le goût de sa peau se mélange à celui de mon nectar dont je me régale. Je titille son gland de la pointe de la langue et le suçote lentement.


Il se contracte. J’enfonce son dard dans ma gorge, jusqu’au bout. Et je commence à le pomper. J’accompagne les mouvements de ma bouche par ceux de ma main sur sa verge. Je la serre et la desserre régulièrement. Je le sens palpiter sous les doigts, se tendre dans ma bouche et je relâche un peu la pression. Mais ses mains se posent sur ma tête pour l’appuyer contre lui. Mon nez s’écrase contre son pubis. Je m’étouffe presque alors que son gland touche le fond de ma gorge. Je réprime un haut-le-cœur. Il doit le sentir car il décolle légèrement ma tête. Mais je reste ainsi, son membre enfoncé dans ma bouche, m’habituant à le garder. Petit à petit, ma bouche et ma gorge s’adaptent à son épaisseur et à sa longueur. Je reprends mes lents allers-retours.


Ses mains me caressent la tête, comme pour me remercier et m’encourager à poursuivre. J’entrouvre doucement les lèvres pour le lécher avec application, dessus, dessous, sur les côtés, avant de le reprendre dans ma bouche. Je déglutis plusieurs fois comprimant son sexe entre ma langue et mon palais avant de reprendre mes mouvements d’avant en arrière. Je sens alors ses fesses se contracter.


Il va jouir.


Je ne sais pas quoi faire : le garder ou le laisser jouir sur mon visage. Je n’ai pas le temps de réfléchir plus longtemps : il plaque ma tête contre lui en poussant un râle animal. Je sens le liquide chaud se répandre dans ma bouche déjà bien remplie. Je ne peux qu’avaler. Le liquide chaud et visqueux s’écoule dans ma gorge un peu plus à chaque déglutition.


— C’est bien, dit-il en me caressant la tête. Je n’en attendais pas tant.


Il dégage son membre de ma bouche et se rhabille. Je reste à genoux, avalant les restes de son plaisir.


— Sur ton bureau.


Je me lève et me mets à plat ventre sur le bureau, le visage contre le meuble, lui offrant mes deux trous. Il me caresse doucement les fesses avant de descendre sur mon sexe. Je l’entends fouiller dans la boîte.


— Accroche-toi.

— Oui, monsieur, réponds-je en m’agrippant au rebord de mon bureau.

— Tu devras mettre ceci tous les matins. Tu m’enverras une vidéo en train de le faire toute la semaine ainsi que le soir quand tu les enlèveras.

— Oui, monsieur. Ouiiiiii, gémis-je en sentant une boule forcer le passage.


Je lâche un gémissement une fois qu’elle est passée avant d’en sentir une deuxième puis une troisième. Il se couche sur moi et me masse le pubis de la main. Je sens les boules se mobiliser avec plaisir.


— Elles renforceront ton périnée pour me donner encore plus de plaisir et entretenir le tien, me murmure-t-il en appuyant brusquement un peu au-dessus de mon pubis.


Je lâche un cri qu’il étouffe rapidement de la main. C’est comme si un raz de marée s’était abattu sur moi. Mes doigts se crispent encore plus alors qu’il continue d’appuyer sur cette toute petite zone. Mes muscles se contractent douloureusement.


— Magnifique, me dit-il en me caressant le dos.

— Merci, monsieur, réponds-je en m’effondrant sur le sol.

— Tu as deviné ce que c’est ?

— Des boules de Geisha, monsieur.

— Très bien, dit-il en fouillant à nouveau la boîte et en me tendant un smartphone. Ce téléphone est à mon usage exclusif. Je te transmettrai mes consignes par ce biais. Tu l’utiliseras pour me répondre ou m’appeler en cas de besoin.

— Merci, monsieur, réponds-je en levant les mains vers lui.

— Lève-toi.


Je lui obéis et reçois le portable de ses mains.


— J’ai enregistré mon numéro personnel. Je le contrôlerai régulièrement. Aucun autre numéro ne doit figurer dans tes contacts. Est-ce clair ?

— Oui, monsieur.

— Bien. Rhabille-toi. Relis notre contrat et la check-list. Appelle-moi dès que tu l’as signé ou si tu as d’autres questions. Tu as jusqu’à dix-sept heures pour le déposer dans mon bureau.

— Bien, monsieur.


Le portable entre les mains, je le regarde sortir le cœur battant. Je reste ainsi, à fixer la porte fermée quelques minutes. J’ai l’impression d’avoir rêvé mais le poids des boules dans mon bas-ventre quand je me relève me rappelle la réalité. Je dois vite me rhabiller car j’entends déjà les voix de mes collègues dans l’open-space. Tout en enfilant ma jupe, je remercie silencieusement Richard de m’avoir accordé un bureau isolé. Car même s’il n’est pas très grand, il m’offre un espace privé appréciable.


— Oui, tu peux y travailler tranquillement et avoir tes dossiers à portée de main.

— Oui... et surtout, tu peux te détendre en toute tranquillité.

— Elle est ici pour bosser !

— Oh, ça va. Laisse-la vivre.

Silence vous deux ! J’ai du travail.


Je finis de boutonner mon chemisier et me réinstalle derrière mon bureau. Je saisis l’enveloppe que m’a laissée Mathieu et en sors les documents. Je relis attentivement la check-list remise à jour. Il n’a rien modifié par rapport à ce que je lui ai remis. Sur la dernière page, seules deux mentions ont été ajoutées : Signatures du Maître et de la soumise, précédées de la mention Bon pour accord.


— Si tu signes, me prévient Rationnel, tu ne pourras plus revenir en arrière.

— Si tu signes, ajoute Animal, tu seras sa soumise une année renouvelable.

— Je sais.

— Tu en as envie, hein ?

— Oui.

— Tu es inconsciente.

— Sûrement, oui.


Je suis tirée de mon débat intérieur par trois coups à la porte.


— Entrez.


La porte s’ouvre sur le livreur du restaurant japonais en bas de la rue. Je le regarde surprise. Il entre en me tendant un sac.


— Une commande pour vous, mademoiselle Delaie, de la part de Monsieur Guillermo.

— Oh, merci, réponds-je en me levant prendre mon porte-monnaie dans mon sac.

— Merci, mademoiselle, mais monsieur nous a laissé un sacré pourboire pour vous livrer rapidement. Bonne journée.


Je regarde la porte se refermer, me retrouvant de nouveau seule. Affamée, je sors les plats : salade de chou, soupe miso, un assortiment de makis et de sushis et un thé vert glacé.


Il pense à tout.


Je prends le téléphone qu’il m’a donné et photographie le plateau avant de lui envoyer un message pour le remercier.


[SMS, Mathieu, Clémence]

> Je vous remercie de votre attention pour moi, monsieur.


Je pose le téléphone et commence à déjeuner. Je me retiens de ne pas manger trop vite tellement j’ai faim. Un bip résonne. Je jette un œil sur le téléphone.


[SMS, Clémence, Mathieu]

> C’est normal que je prenne soin de toi.

< Merci, monsieur.


Les baguettes dans la main droite, j’attrape le contrat de la gauche. Tout en gobant tranquillement sushis et makis, je lis le document avec attention, vérifiant que mes demandes ont bien été prises en compte et qu’il n’a rien modifié à mon insu.


— Tu ne devrais pas signer, plaide Rationnel. C’est de la folie.

— Vois comme il se soucie de ton bien-être. Il t’a fait livrer un super repas.

— Oui, c’est vrai.

— Pfff, c’est juste pour t’appâter, ajoute Rationnel. Et toi... tu fonces.

— Mais non, c’est un maître.

— Oui, c’est un maître. Il sera mon Maître.


Je lâche mes baguettes et attrape mon stylo. Je place le téléphone devant moi, en cadrant bien sur la zone où je dois signer. Je respire tranquillement et lance l’enregistrement vidéo.


Signature de la soumise :

Bon pour accord, Clémence Delaie.


Je lui envoie la vidéo en soupirant de satisfaction.


— Abrutie !

— Coquine !


* * * * *


De retour dans son bureau, Mathieu s’installe devant son ordinateur, pour consulter à nouveau le dossier de Clémence. Un dossier sans faille, si on excepte sa plainte contre son ancien supérieur hiérarchique, appuyée par Richard. Reconnaissant le sérieux et la rigueur de ce dernier, son accusation lui avait semblé bien justifiée et la sentence était tombée, juste et indiscutable. Mathieu se renverse dans son fauteuil, les mains derrière la tête, contemplant le plafond.


Son loup intérieur s’étire longuement dans son esprit.


— Elle pourrait se retourner contre toi, avec cette histoire de vidéo.


Il pousse un profond soupir. Sans le savoir, Clémence a réveillé son côté le plus sombre et, avec lui, cette dualité qui l’avait longtemps torturé.


— Ce que tu exiges d’elle peut s’apparenter à du harcèlement voire du chantage.


Il a bien envisagé cette possibilité, évidemment. Mais il n’y croit pas. Quel mal y a-t-il à vérifier qu’elle est capable de se soumettre à ses ordres ? Il ne s’agit même pas de voyeurisme mais d’évaluer sa capacité à se soumettre et de lui faire dépasser ses limites.


— En se laissant aller à mes ordres simples pour le moment, murmure-t-il, elle apprend à accepter d’obéir pour mon plaisir et pour le sien surtout.


Deux coups discrets à la porte le tirent de ses pensées.


— Oui !


La porte s’ouvre sur sa secrétaire qui entre un petit sac en papier à la main.


— Votre déjeuner, monsieur, lui dit-elle.

— Merci, Sarah.


Alors qu’il sort le bol de soupe Miso, la salade de chou, l’assortiment de sashimi et le bol de riz, un bip discret attire son attention. Il sort son téléphone portable de sa poche et jette un œil sur l’écran.


[SMS, Clémence, Mathieu]

< Je vous remercie de votre attention pour moi, monsieur.


Il esquisse un sourire en imaginant celui de la jeune femme, en écrivant ce petit message.


[SMS, Clémence, Matthieu]

> C’est normal que je prenne soin de toi. Bon appétit.

< Merci, monsieur.


Il secoue la tête en envoyant sa réponse. N’est-il pas normal qu’il lui offre à déjeuner après l’avoir retardée ? Il garde toujours bien à l’esprit qu’avant d’être sa soumise, Clémence est avant tout une employée de sa société et qu’il doit veiller à ce que leur relation, aussi étrange puisse-t-elle être aux yeux du commun des mortels, n’entrave pas leur travail respectif.


— Ça fait quand même plaisir, un petit merci.


Il termine son plateau tranquillement, imaginant les petites bouchées de riz présentées sur le corps nu de Clémence et lui les dégustant les unes après les autres.


— Ça, c’est une idée à creuser.


Un nouveau bip se fait entendre. Il attrape son téléphone, en demandant ce qu’elle lui veut cette fois.


— Tiens, pas de message, juste une vidéo.


Il ouvre la pièce jointe et regarde la délicate main de Clémence signer au bas du contrat.


Bon pour accord, Clémence Delaie.


Il sourit, joignant ses mains pour y poser son menton. Même s’il s’attendait à cette réponse, il se sent apaisé qu’elle accepte en toute confiance. Il repasse la vidéo plusieurs fois en hochant la tête de contentement.


— Tu as choisi d’entrer en jeu, ma Reine. Tu ne le regretteras pas.

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