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Quand l'élève est prête, le Maître apparaît...

Chapitre 13

Confessions

Divers

Je sors de l’ascenseur pour me rendre dans le bureau de Mathieu.


— Non, ton Maître, maintenant.

Oui, mon Maître maintenant que j’ai signé.


Comme convenu, je viens déposer le contrat signé avant dix-sept heures. Sarah, sa secrétaire, me lance un regard désapprobateur, un peu trop sévère pour son âge. En réponse, j’affiche mon sourire le plus professionnel.


— Bonsoir, j’ai un document à remettre à monsieur Guillermo.

— Laissez-le moi. Il est en réunion.


— C’est pas la politesse qui l’étouffe, murmure Animal.

— Oui, pour une fois je suis d’accord, acquiesce Rationnel.


— Bonsoir, répété-je sur un ton un peu agacé mais toujours courtois.

— Bonsoir, capitule-t-elle. Monsieur Guillermo est actuellement en réunion avec le directeur. Je ne peux pas le déranger.

— Je comprends, réponds-je toujours sur le même ton. C’est un document important que m’a demandé monsieur Guillermo.

— Hmmm, un document important… fait-elle d’un air sceptique en examinant l’enveloppe sous toutes ses coutures. De la part du comité d’entreprise ? De quoi s’agit-il ?

— La comptabilité vous intéresserait-elle, mademoiselle ? lui demandé-je, de nouveau agacée mais avec un grand sourire, en posant les mains sur son bureau.


— Tu envahis son espace, me prévient Rationnel. Attention.

— Elle n’a qu’à se mêler de ce qui la regarde, cette cruche ! affirme Animal.


Sarah recule instinctivement sur sa chaise, posant l’enveloppe dans la bannette courrier urgent. Je retire mes mains de son bureau avant de la remercier et de la quitter. Chaque pas que je fais remue quelque chose au fond de moi, qui n’est pas seulement dû aux boules de Geisha dans mon vagin. C’est plutôt de l’excitation. Celle de découvrir un monde inconnu, un monde tabou, un monde sombre. Je sens mes lèvres s’étirer en un sourire alors que les portes de l’ascenseur se referme sur une Sarah décontenancée.


Que sait-elle ? Se doute-t-elle de quelque chose ?

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Me méfiant tout de même d’elle, je sors TdS, comme j’ai surnommé le téléphone que m’a imposé Mathieu – Téléphone de Soumise – et lui envoie un court message.


[SMS,Matthieu,Clémence]

> Contrat signé et déposé, Monsieur. 


Alors que l’ascenseur arrive à mon étage, un bip résonne dans la cabine.


[SMS,Matthieu,Clémence]

< Parfait. Nous commencerons demain matin.

> Bien, Monsieur.


Je range TdS, lorsque deux nouveaux bips se font entendre.


— Ça y est, il est accro à toi, petit agneau… C’est peut-être petit agneau qui finira par manger le Grand Méchant Loup !

Pfff… C’est TO !


TO est mon Téléphone Officiel. Il va falloir que je fasse attention et que je programme des sonneries bien distinctes. Je sors donc TO de mon autre poche. C’est un message de Nathalie.


[SMS,Nathalie,Clémence]

< Coucou poulette. Black Cat, 19h. 


J’éclate de rire. Nathalie est toujours aussi directe. Je réponds à son message avec plaisir, en miment un salut militaire.


[SMS,Nathalie,Clémence]

> Oui, Chef !

< T’as intérêt. T’as plein de truc à me raconter, toi !


Je me fige en lisant ces deux dernières lignes. Les paroles de Mathieu reviennent brutalement à mon esprit.


Bien. Je vous recommande de n’en parler à personne. Pas même à Nathalie.


Je me souviens aussi du regard sévère qu’elle avait porté sur nous lors de la soirée chez Paul. Avec le recul, je me demande si elle ne voyait pas ma rencontre avec Mathieu d’un mauvais œil. Et maintenant que j’y pense…


Elle l’a reconnu au sex-shop ! Elle le connaissait déjà alors.


Mon doigt s’active sur mon écran.


[SMS,Nathalie,Clémence]

> Je crois que toi aussi, tu as des choses à me dire.

< Je m’en doute. Bise, ma poulette.


Je range TO dans mon autre poche au moment où les portes s’ouvrent sur mon étage. Je regagne mon bureau en réfléchissant à la situation. Il est clair que Nathalie et Mathieu se connaissaient avant notre rencontre.


Mais quelle était leur relation ?


Je me laisse tomber sur mon siège, posant mes deux téléphones devant moi. je vais devoir leur acheter une coque différente pour les reconnaître facilement dans mon sac. Je prends TdS et commence à fouiller dans les paramètres pour régler les sonneries d’appel et des notifications.


— Voyons… Tiens, c’est quoi ça ?


Je teste plusieurs sonneries et finis par en choisir une un peu jazzy, jouée à la guitare.


— Parfait. Maintenant, les sms.


Mon choix est assez rapide : quelque chose de discret, mais que je puisse entendre facilement, la reproduction du bruit de gouttes d’eau.


— Ça devrait aller, murmuré-je en rangeant les deux appareils dans mon sac.


J’attrape le combiné de mon téléphone de bureau pour appeler Richard et lui demander s’il a encore besoin de moi. devant sa réponse négative, je lui signale que je m’en vais un peu plus tôt ce soir.


— Ne dis pas de bêtise, Clém’. Il est seize heures quarante-cinq. La direction ne va pas chipoter parce que tu pars quoi… un quart d’heure plus tôt. Allez, file. À demain.

— À demain, Richard.


J’attrape mes affaires et quitte mon bureau.


* * * * *

Après une bonne douche et avoir retiré, à regret, les belles boules de Geisha offertes par Mathieu, les avoir nettoyées et rangées dans leur écrin, c’est dans un bon vieux jean et une chemise en coton violette que j’attends Nath’ à notre table habituelle. Benjamin semble surpris de ma morosité, et encore plus lorsque je me contente de lui commander le cocktail sans alcool de son choix. Il se contente de prendre ma commande en hochant la tête. Il sait quand je n’ai pas envie de parler et ce soir, ce n’est pas le moment.


Je regarde l’heure sur TO. Dix-huit heures cinquante.


Je suis arrivée un peu trop tôt.

— Elle sait que tu t’es soumise à Mathieu, murmure Rationnel. Elle sait tout depuis le début.

— Pfff… certes elle le sait, répond Animal. De là à penser qu’elle t’y a poussée… c’est exagéré, non ?

Elle y est pour quelque chose, j’en suis sûre. C’est comme si…

— Elle t’avait testée ? complète insidieusement Rationnel.

Oui. Je n’arrive pas à y croire.

— C’est une perverse vicieuse et lubrique ! rétorque vivement Rationnel.

— Ecoute-la avant de la juger, termine Animal, incroyablement raisonnable.

Je vais lui laisser le bénéfice du doute.


Un verre rempli d’un cocktail d’un joli dégradé d’orange vers le rouge apparaît sur ma table. Je lève les yeux vers un Benjamin visiblement gêné. Il me sourit maladroitement en se massant la nuque.


— Cadeau de la maison, me dit-il après un instant de silence.

— Ah ? Merci, Ben, mais je…

— Non, je suis désolé pour la dernière fois…


Je le regarde, surprise, décontenancée, ne comprenant pas où il veut en venir. Avec un soupir, il se passe la main dans les cheveux, avant de la laisser retomber mollement sur la table.


— Je sais que tu nous as vus, la dernière fois et…

— C’est bon, le coupé-je en levant la main. Tu n’as pas à te justifier, Ben. Vous êtes adultes et faites ce que vous voulez.

— Bein… c’est pas pour ça que tu fais la tête ? me demande-t-il plus que surpris.


Je ne peux pas m’empêcher d’éclater de rire.


— Mais non, bien sûr que non. J’ai d’autres soucis, c’est tout.

— Pfiou… j’ai eu peur que… enfin… Bon, c’est la maison qui offre quand même.

— Merci Ben.


Je le regarde retourner derrière le comptoir préparer d’autres commandes. À quoi pensait-il ? Que je pouvais être jalouse ? Choquée ? Apparemment, il ne sait pas que je me suis caressée en les matant et que j’y ai pris du plaisir.


— Là, c’est lui qui ferait la gueule.

— Hmmm… ça lui aurait peut-être plu… Peut-être qu’il aurait proposé un plan à trois.

Arrête espèce de pervers !


J’ai l’impression de partir complètement en vrille depuis que j’ai rencontré Mathieu. Pourtant, c’est comme si je me sentais revivre. C’est la première fois que je me sens désirée, qu’un homme m’impressionne au point de me soumettre à lui, de vouloir en découvrir plus sur moi, de… de dépasser mes limites et d’explorer des plaisirs inconnus.


— Bonsoir, ma belle.


La voix de Nathalie me tire brutalement de mes pensées. Je la regarde s’asseoir, un verre de vin à la main. Comme si nous nous étions passé le mot au sujet du dress-code de la soirée, elle est habillée sobrement d’un petit pull bleu clair sur un pantalon noir. Ses cheveux de feu sont sagement coiffés en une longue natte qui repose sur son épaule gauche. Un très léger maquillage complète son allure sage.


— On lui donnerait le Bon Dieu sans confession !

— Oui, mais c’est une vraie diablesse sous son air angélique… Rrrrrr.

Chut vous deux !


— Tu avais l’air perdue dans tes pensées.

— Moui… disons dans des débats sans fin et stériles.

— Cela t’arrive souvent ces derniers temps, constate-t-elle avant de prendre une gorgée de vin.

— À qui la faute, à ton avis ?


Elle pousse un profond soupir en reposant son verre, avant de m’adresser un sourire triste.


— Tu m’en veux ?

— Hmmm… cela ne dépend que de toi.


Elle hoche gravement la tête et me sourit.


— Ça risque d’être long…

— J’ai tout mon temps, lui réponds-je avant de prendre une gorgée de cocktail de fruits.


Nathalie pousse un profond soupir alors que son regard se perd au-delà de mon épaule, au-delà de la vitrine, comme dans un vieux souvenir, très vieux souvenir.


— J’ai connu Mathieu sur les bancs de la fac, à Paris. C’était un brillant étudiant, mais pas très populaire auprès des filles : loin d’être sexy, encore moins sportif, il était assez timide. C’est sans doute pour ça que je l’ai apprécié tout de suite. Il ne s’intéressait pas spécialement aux filles.

— Ah ? demandé-je surprise. Le portrait est assez étonnant. Il ne correspond pas au Mathieu actuel.

— En effet. Le changement a été lent et subtil. Ça a commencé au début de notre deuxième année de licence. Il a gagné confiance en lui et s’est mis au sport. Sans en faire trop, mais régulièrement. Mais notre complicité n’a pas changé, elle. Je l’ai toujours considéré comme mon grand frère et lui comme sa petite sœur. Mais, j’ai commencé à sortir avec l’assistant d’un de nos profs. Mathieu a vu cette relation d’un mauvais œil. Il m’a prévenue, plusieurs fois, mais je n’en ai jamais tenu compte.

— Ah oui ? Prévenue de quoi ?


Nath’ se mord la lèvre inférieure en se remémorant ce souvenir. Il semble être douloureux. La rancœur et la suspicion qui habitaient mon cœur jusque-là s’envolent brusquement. Ma main glisse sur la sienne et mes doigts serrent les siens. Ils sont froids, presque glacés.


— Je… je suis désolée, murmuré-je. Je n’aurais peut-être pas dû…

— Non, ça va, répond-elle avec un sourire triste. Je ne veux pas qu’il y ait de malentendu avec toi. Quand Mathieu s’est rendu compte que je sortais avec Alex, il m’a dit que cet homme était dangereux, que c’était un prédateur. Je ne l’ai pas pris au sérieux. Je lui ai dit qu’il était dégueulasse de dire ça et qu’il était jaloux.

— Ça, je veux bien le croire venant de ta part, glissé-je avec un sourire. Franche, directe.

— Malheureusement, il a eu raison, soupire-t-elle. Sans m’en rendre compte, Alex m’a éloignée et isolée de mes amis. Le premier dont il a réussi à me séparer a été Mathieu. Puis, j’ai laissé tomber mes études pour vivre avec lui. Il a fait de moi une chose soumise, dépendante de lui.


Je suis effarée de l’entendre m’avouer cette histoire. Quand je la vois si sûre d’elle aujourd’hui, je n’arrive pas à l’imaginer soumise à un homme. Elle me parle des humiliations constantes qu’Alex lui a fait subir, la violence psychologique dont il faisait preuve, argumentant que ce n’était que ce qu’elle méritait. Il était parvenu à la convaincre qu’elle était une « sous-merde de l’humanité ».


— Deux ans après avoir quitté la fac, j’ai recroisé Mathieu, par hasard. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite. Il avait beaucoup changé. Lui m’a tout de suite reconnue, malgré ma perte de poids et ma fatigue. Il m’a invitée à prendre un verre. Je n’ai pas pu résister. On a discuté… bien une heure, facile. Et de but en blanc, il m’a balancé qu’Alex était toxique, qu’il était dangereux pour moi et qu’il valait mieux que je le quitte. Je me suis braquée, je n’ai pas voulu l’écouter et je l’ai envoyé paître. Il m’a retenue en disant qu’il savait reconnaître un loup quand il en voyait un. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu que les loups se reconnaissaient entre eux. J’ai mis un terme à notre discussion et je suis partie.


Parler de cette période de sa vie semble lui faire revivre un véritable calvaire. Lorsque je l’écoute, j’ai l’impression que son histoire fait écho à certains de mes souvenirs, mais ils restent flous. Je n’arrive pas à poser le doigt dessus.


— Malheureusement, poursuit-elle, Alex a appris que j’avais rencontré Mathieu. Il est entré dans une colère noire et m’a sévèrement battue. Je ne me suis pas défendue, car finalement, il a réussi à me persuader que tout était de ma faute, que je l’avais bien cherché. Et il est parti, en me laissant inconsciente dans l’entrée. C’est une de mes voisines qui m’a trouvée et a appelé les pompiers. J’ai fini aux urgences. Plusieurs côtes cassées, fracture de la pommette.

— Quelle ordure ! lâché-je en resserrant mes doigts sur les siens.

— Je ne savais pas qui contacter. Je ne voulais pas inquiéter mes parents et je n’avais plus aucun ami. J’ai réussi à appeler Mathieu. Quand il m’a vue à l’hôpital, il était furieux.

— À le voir calme aujourd’hui, j’ai du mal à l’imaginer.


Nathalie ricane.


— C’est la pire fureur qui peut s’emparer un homme : froide et contrôlée. J’espère ne plus voir ce masque qu’il avait ce jour-là. Je n’ai jamais eu aussi peur. Il a posé sa main sur ma joue meurtrie et m’a promis que ce serait la dernière fois qu’Alex lèverait la main sur moi.

— Il… il a fait ce que je pense qu’il a fait ? hasardé-je.


Nathalie hoche la tête plusieurs fois.


— Il lui a défoncé la gueule, oui. Alex a fini en réa neuro avec un trauma crânien.


L’aveu de Nath’ me coupe le souffle. Je n’arrive pas à croire que Mathieu ait pu se montrer capable d’une telle violence. Mais, d’un autre côté, elle montre bien à quel point il tient à ses amis et à les protéger. Depuis le début, je le sens contenir quelque chose en lui.


Un loup… non, un chef de meute prêt à tout pour protéger les siens.


— Il a eu de la chance, hein ?


La voix de Nathalie me ramène au présent.


— Hein ?

— Il n’y a eu aucun témoin de la bagarre. Et je n’ai jamais parlé de notre discussion. Alex s’en est tiré sans trop de séquelles, mise à part une amnésie post-traumatique, très courante dans les cas des traumas crâniens. Il n’a donc jamais été inquiété. Après cela, il m’a aidée à me reconstruire lentement mais sûrement. M’apprenant surtout à reconnaître et à me protéger des hommes toxiques. C’est comme ça que j’ai compris ce qu’il était devenu.

— Et quoi donc ? lui demandé-je, intéressée.


Elle se penche vers moi avec un sourire complice.


— Tu le sais aussi bien que moi, ma belle. Un dominant. Un chef de meute. Je lui ai demandé de devenir mon Maître. Mais il a refusé. Avec l’affection qu’il avait pour moi, il ne se voyait pas me prendre comme soumise. Il m’a confiée à l’un de ses amis, Thierry, qui est devenu d’abord mon mentor, puis mon Maître.


Disant cela, elle me montre le collier ras-du-cou qu’elle porte. Je n’y avais jamais prêté attention jusqu’à ce soir, pensant qu’il s’agissait juste d’une fantaisie. Mais à y regarder de plus près, je vois qu’il est constitué d’une étroite bande de cuir et qu’il est orné d’un anneau argenté et de la lettre T à laquelle est accroché un petit cadenas.


— Ça alors ! lâché-je. Je ne t’imaginais pas…

— Je sais, répond-elle avec un sourire. Personne ne sait, sauf Mathieu et toi maintenant.

— Je croyais que tu étais célibataire… Et quand tu m’as emmenée chez toi et que… et que…


Je suis tellement surprise, que j’en bafouille. Elle éclate de rire devant mon air médusé.


— Et non. Thierry et moi vivons ensemble depuis quoi… deux ans maintenant. La chambre où je t’ai installée est une chambre d’ami. Et quand tu es venue, Thierry était en déplacement.

— Et… il sait pour… enfin… demandé-je le plus bas possible, en me ratatinant sur ma chaise.

— Oui, il sait tout, me dit-elle en se penchant vers moi pour me caresser la joue. Nous nous autorisons quelques écarts, sous réserve que ça ne devienne pas une habitude. Dans ces moments-là, je peux me laisser aller à d’autres envies.


Elle se renfonce sur sa chaise.


— Hmmm, tu as faim ?

— Oui, je commence.

— Je ne te propose pas japonais, hein ?

— Pfff… comment tu fais pour tout savoir sans être là ?

— Je connais bien Mathieu, me dit-elle avant d’appeler Ben. Un plateau pour deux, s’il te plaît et une salade composée.

— Ça marche, les filles. Et comme boisson ?

— Hmmm… Que nous proposes-tu ?


Benjamin se tapote les lèvres avec son stylo, nous observant l’une après l’autre. Il pointe son feutre sur Nathalie.


— Toi, un petit blanc sec, d’alsace. Et toi… poursuit-il en se tournant vers moi. Tu as dit sans alcool ce soir.

— Oublie.

— Alors, un petit Pineau des Charentes. Tu aimes la douceur.

— Allez, fait Nath’ en faisant mine de le chasser de la main. Merci.


Benjamin s’éloigne en secouant la tête. Une fois qu’il est loin de nous, Nath’ pose ses avant-bras sur la table prenant un air sérieux.


— J’imagine que Mathieu est devenu ton Maître ?

— Oui, lui réponds-je simplement.

— T’a-t-il forcé la main ?

— Non.

— Savais-tu qui il était avant qu’il se soit présenté ici ?

— Mais non, enfin !

— Je voulais en être sûre. Une relation de ce genre sur son lieu de travail peut s’avérer délicate.

— Il m’a assurée que ça n’entraverait pas notre travail. Dis- moi. Savais-tu qu’il souhaitait que je devienne sa soumise ?


Nath’ hoche la tête en silence, tandis que Ben nous apporte le plateau de charcuterie, nos salades et nos verres. Une fois qu’il nous a laissé, nous reprenons notre discussion.


— Oui. Il t’a repérée quand il est venu visiter la boîte il y a six mois, avec Christophe.

— Je ne me souviens pas qu’il soit venu.

— Tu parles. Ils ont fait ça discrètement. Il nous a vues discuter ensemble. Il a apprécié ta façon de te tenir, d’être, de parler. Il est venu me poser quelques questions. J’ai compris qu’il souhaitait que tu deviennes sa soumise, mais il ne voulait pas te le demander.

— Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi ne pas me le demander directement ?

— Ce sont les soumises qui demandent au dominant de leur choix de devenir leur maître, quand elles sont prêtes. Il avait besoin de savoir à quel point tu pouvais te soumettre en toute confiance. Et pourquoi toi ? Quel homme sensé refuserait de sortir avec une fille comme toi : jolie, intelligente, curieuse…

— C’est pour ça… chez toi ? demandé-je en rougissant.

— Ça n’a pas été une corvée. J’ai adoré ce qu’on a fait. J’ai constaté que tu pouvais t’ouvrir au plaisir, si tu te sens en confiance. Il avait besoin de le savoir.

— Comment s’est-il retrouvé au sex-shop ? Tu lui en avais parlé ?

— Non. Il ne devait pas prendre contact avec toi avant la soirée chez Paul. Il voulait te rencontrer avant que tu apprennes qu’il serait le directeur-adjoint de la boîte.

— Pour ne pas influencer mon choix ? Pour que je me soumette à lui sans contrainte ?

— C’est ça. Il déteste les situations ambigües et instables. Il voulait être certain que tu te soumettrais par désir et non pas par ambition professionnelle.

— Je vois.

— Je sais aussi que tu as signé le contrat après y avoir mûrement réfléchi.

— C’est… pour ça que tu es partie ?

— Oui, dit-elle en me prenant la main et en en caressant le dos de son pouce. Je me doutais que tu chercherais à me joindre pour m’en parler, pour me demander mon avis. Mais je ne voulais pas t’influencer. C’était ton choix.

— Et… que m’aurais-tu conseillé si je t’en avais parlé ?

— Que Mathieu est un type bien, en qui tu peux avoir confiance. Certes, c’est un loup, mais c’est un leader, c’est un chef de meute. Il prendra soin de sa louve, la protégera et l’aidera à s’épanouir en tant que femme et soumise. Jamais je ne te laisserai entre les pattes d’une hyène.


Je sens qu’elle est vraiment sincère. J’esquisse un sourire.


— Tu sais, chez Paul, Mathieu m’a dit qu’une tigresse veillait sur son petit.

— Ha ! Ha ! Ha ! ien sûr que je veille sur mon petit agneau. Je lui ai promis que si jamais il te faisait du mal, je le démonterais pièce par pièce.


Cette fois, c’est à mon tour d’éclater de rire, car j’imagine la scène qui a dû se dérouler. Je sais que Nathalie est une femme très gentille et adorable, mais mieux vaut ne pas se la mettre à dos. Cependant, j’ignorais totalement à quel point elle pouvait tenir à ma petite personne. Elle me sourit, semblant deviner ma pensée.


— Tu es mon amie, Clém’. Probablement la seule que j’ai vraiment eue. Je ne laisserai personne te faire du mal, tu entends ? Personne.


Cette fois, j’en suis convaincue, j’ai fait le bon choix.


— Petit agneau va se faire dévorer tout cru…

— Tu vas aimer ça, petit agneau…

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