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Quand l'élève est prête, le Maître apparaît...

Chapitre 16

Premier week-end de soumission - Vendredi (1/5)

SM / Fétichisme

Mathieu a décidé de commencer mon éducation de soumise ce week-end. Cette semaine, mis à part les vidéos que je lui ai envoyées tous les matins en mettant mes boules de Geisha et notre intermède aux archives, il ne m’a rien demandé de particulier. Je jette un coup d’œil sur le petit sac de voyage accroché à mon porte-manteau. Il ne contient que de la lingerie, un jean, un tee-shirt, un pull, une paire de chaussettes et des tennis pour dimanche soir.


— Hmmm, il va te faire passer le week-end, toute nue ? susurre vicieusement Animal.

— N’y vas pas !

— Elle ne peut plus reculer, maintenant… elle est devenue sa petite chose, son jouet… Elle en meurt d’envie.

— Tu es folle !

Sans doute, oui…


De ce soir, vendredi, à dimanche soir, je dois être à son service. Je devrai accepter toutes les tâches, dans toutes les conditions qu’il m’imposera. Il m’a assuré de respecter les termes de notre contrat et de ne pas inclure des actes que j’ai refusés dans notre accord. C’est une grande première pour moi. Je suis à la fois effrayée et excitée. Je jette un œil à TdS.


16h50. Je dois y aller.


Prenant une grande inspiration, je quitte mon bureau pour prendre l’ascenseur. Je suis soulagée de ne croiser personne. L’ascenseur monte directement à l’étage de Mathieu.


— Dernier obstacle, sa charmante secrétaire, murmure Rationnel.

— Je me demande s’il l’a déjà…

Chut !


Je suis surprise de ne pas voir Sarah derrière son bureau.


— Peut-être est-elle avec Lui ? suggère insidieusement Rationnel.

— Oh oui, oh oui ! exulte Animal. Un plan à trois !

N’importe quoi ! 17h… je ne vois plus ses affaires. Elle a dû partir.


J’hésite : dois-je entrer ou attendre encore un peu ? Il ne souffre aucun retard, mais s’il est en réunion et que je le dérange ? D’une manière ou d’une autre, il sera contrarié. Je me prépare à frapper à la porte quand celle-ci s’ouvre. Je recule en sursautant. Levant les yeux, je vois Mathieu devant moi. En silence, il s’écarte de la porte pour me laisser entrer. Toujours aussi intimidée par lui, j’entre le regard baissé. J’attends debout, les mains croisées dans le dos, attendant qu’il me donne ses consignes.


— À partir du moment où tu poseras le pied chez moi, tu me seras entièrement soumise jusqu’à dimanche soir, vingt heures. Tu as bien compris ?

— Oui, Monsieur.

— Nous allons mettre en place plusieurs moyens pour ta sécurité. Tout d’abord, un safeword. Sais-tu ce que c’est ?

— Oui, Monsieur. C’est un signal d’urgence, pour tout arrêter immédiatement et sans discussion l’action en cours, et me délivrer de toutes contraintes éventuelles aussi rapidement et prudemment que possible.

— Très bien. En as-tu un en tête ?


Il me prend de court. Bien que je sache que ça existe, je n’y ai pas réfléchi.

 

— Pas encore, Monsieur.

— Tu y réfléchiras sur le trajet et tu me le donneras quand j’arriverai tout à l’heure. Il doit être précis et sans aucune ambiguïté.

— Bien, Monsieur.

— Que sais-tu du code couleur ?


J’ai lu ça sur un site qui me semblait sérieux. Il sert à donner des indications au Maître sur l’action en cours. Quel est-il déjà ?


— J’attends, Clémence.

— Oui, Monsieur. Hmmm… Quatre couleurs. Vert, tout va bien. Orange, c’est limite, je vous supplie de ralentir, d’être plus doux. Rouge, j’implore un arrêt immédiat. Et…

— Et ?


Il me stresse à me presser comme ça.

— Il te teste, tu le sais, murmure Rationnel.


—  Violet, j’ai envie que ce soit plus fort.


Il hoche la tête en ouvrant son tiroir. Il en sort une enveloppe ainsi qu’un jeu de clés, qu’il fait glisser sur le bureau.


— Mes consignes pour ce soir. Tu les liras dans la voiture.

— Bien, Monsieur.

— Les clés de mon appartement. Prends-en bien soin.


Je suis à la fois surprise et émue. C’est une grande preuve de confiance envers moi que de me confier ses clés. Je n’arrive pas à détacher mon regard du porte-clé à tête de loup.


Ça Lui correspond tellement.


— Thomas t’attend au parking. Tu peux y aller.

— Je… oui, Monsieur.


Je saisis les clés d’une main tremblante, puis l’enveloppe de l’autre.


— Je… je Vous remercie de votre confiance, Monsieur.

— File. Thomas t’attend.


J’acquiesce en silence et quitte le bureau, anxieuse et excitée.


* * * * *

Mathieu regarde la porte de son bureau se refermer sur sa soumise.


— Soumise… un mot aussi joli que lourd de responsabilité.

— Qui dit soumise dit Maître. Te sens-tu à la hauteur ?

— J’espère me montrer digne de sa confiance.

— Tu as intérêt.


Il se lève et se poste devant la fenêtre. Le doute commence à s’immiscer en lui.


— Tu t’interroges sur tes motivations, hein ? La vengeance ?

— Cela m’en semble une excellente, oui.

— Elle n’est pas la meilleure conseillère, tu sais ?

— Sans doute, oui.

— Alors, pourquoi ? Pourquoi continuer ?

— Parce que je la désire, dit-il en se servant un scotch. Si elle avait refusé ma proposition, si elle avait refusé de faire la vidéo, si… si elle s’était refusée à moi dès le départ, j’aurais peut-être pu m’arrêter là. Maintenant… j’espère qu’elle ne fera pas marche arrière.

— Prends garde. Tu t’engages sur un terrain dangereux.

— Je sais, dit-il avant de prendre une gorgée d’alcool.

— Attention, tu ne t’y engages pas seul.

— Je le sais aussi.

* * * * *

Je n’arrive pas à réaliser qu’il m’ait confié les clefs de son appartement. Je me hâte de regagner mon bureau pour récupérer mes affaires. J’enfile mon imper et attrape mes sacs pour filer prendre l’ascenseur. Je croise quelques collègues qui se préparent à partir. Je me dépêche de refermer les portes de l’ascenseur et descends au rez-de-chaussée. Dès que les portes s’ouvrent, je regarde dans le hall. Ne voyant personne, je glisse la clé de Mathieu dans la petite serrure pour déverrouiller l’accès au second sous-sol et me laisse emmener par l’ascenseur.


— On se croirait dans un film d’espionnage, rigole Animal.

Oui !

— Oui, bein, reste prudente malgré tout.

Oh, ça va…


Les portes de la cabine s’ouvrent sur le parking. Toujours en observant les alentours avec attention, je me rends compte que j’ai oublié plusieurs détails importants tels que le numéro de la place de parking, le modèle de sa voiture et surtout, à quoi ressemble Thomas ? Je ne l’ai jamais vu. Je m’arrête un instant au milieu de l’allée du sous-sol, ne sachant où aller, lorsqu’une berline noire s’arrête devant moi. J’écarquille les yeux en voyant un homme d’une cinquantaine d’années en sortir.


À peine plus grand que moi, il a la carrure d’un boxeur. Ses cheveux coupés en brosse donnent à son visage un aspect dur et sévère, comme Mathieu. Son regard bleu-gris me dévisage. Un sourire poli étire alors ses lèvres.


— Mademoiselle Delaie, je suppose, dit-il avec courtoisie.

— Euh, oui, monsieur.

— Appelez-moi Thomas, je vous prie, dit-il en ouvrant la portière arrière. Je vais vous conduire.

— Oh, merci.


Peu habituée que l’on me tienne la portière d’une manière aussi courtoise, je me glisse sur la banquette arrière. Je suis surprise de l’espace intérieur. Déposant mes sacs à côté de moi, je regarde Thomas s’installer derrière le volant. Le rétroviseur me renvoie son regard austère.


— N’oubliez pas votre ceinture, mademoiselle.

— Oh ? Oui, bien sûr.


Il attend que je mette ma ceinture de sécurité pour se mettre en route.


— En soirée, nous n’en aurions que pour un petit quart d’heure, mademoiselle. Avec la sortie des bureaux, je pense que cela nous prendra bien quarante-cinq minutes.

— D’accord, Thomas. Je vous remercie.


Je le vois hocher la tête dans le rétroviseur avant de porter son attention sur la route. Je vais pouvoir en profiter pour étudier les consignes que Mathieu m’a laissées dans l’enveloppe. Elles ne tiennent qu’en trois lignes.


Douche complète.

M’attendre dans l’entrée, à genoux, mains derrière la tête.

Une photo dans cette position.


— Eh bien, ça a le mérite d’être clair et précis, note Rationnel.

Ça devrait te plaire, non ? Toi qui aimes les choses carrées.

— À genoux, comme une humble petite soumise, tu vas adorer, petit agneau.

S’il ne me laisse pas attendre trop longtemps dans cette position.

— C’est pour t’apprendre à lui obéir sans réfléchir, ajoute Rationnel.

— Non, juste pour que tu comprennes ce qu’est l’obéissance et la soumission.

Sans doute, oui.


Je cherche d’autres indications dans l’enveloppe, mais il n’y a rien de plus. Ses ordres viendront petit à petit.


* * * * *


L’appartement est plutôt bien placé, au dernier étage d’un immeuble neuf qui en compte quatre. Thomas m’a déposée devant l’entrée de la résidence après m’avoir indiqué l’étage et le numéro de porte de l’appartement.


— Ne vous trompez pas, mademoiselle Delaie, m’a-t-il dit. Sinon, vous risquez de vous retrouver chez sa voisine. Une vraie mégère.


Je pouffe de rire en imaginant la scène. Il esquisse un sourire gêné.


— Je sais que je ne devrais pas parler comme ça, mais, méfiez-vous d’elle, si vous la croisez. Ne lui parlez jamais de ce qu’il se passe entre monsieur et vous.

— Merci du conseil, Thomas. Je serai prudente.

— Passez un bon week-end, mademoiselle. À bientôt.


Il me salue d’un léger mouvement de la tête et s’engouffre dans la voiture. Je regarde le véhicule s’éloigner.


— Que savez-vous, Thomas, lui murmuré-je en voyant la voiture disparaître au coin de la rue, de ce qui se passe entre Mathieu et moi ?

— Sûrement rien du tout, raisonne Rationnel. Il ne va pas se confier à n’importe qui.

— Justement, Thomas ne semble pas être n’importe qui.


Sur un soupir, j’ouvre la porte du hall avec le badge accroché aux clés et me rends directement aux ascenseurs.


Arrivée au quatrième étage, je suis surprise de ne voir que deux portes d’entrée.


— Les appartements doivent être immenses ici.

— Il te faudrait au moins quinze vies pour en acheter un ici, s’extasie Rationnel.

— Ou gagner au loto et devenir la pépée d’un vieux riche mourant, conclut Animal, pragmatique à ses heures.

— Beuuuurk… tu es infect ! marmonné-je.


Je secoue la tête en ouvrant la porte numérotée 401.



L’entrée est assez petite et donne très vite sur une vaste pièce. Sur ma droite, je vois un petit meuble à chaussures. Je retire immédiatement mes escarpins pour les y ranger. Les trois étagères sont presque vides. Je trouve une paire de chaussures de course et deux paires de ville, marron et grises. Je trouve une petite place pour ranger les miennes ainsi que ma paire de tennis pour dimanche. Sur le meuble trône une reproduction miniature d’un vieux modèle de voiture.


— Waouh ! ça c’est du modèle réduit.


Je lis l’inscription sur le socle du modèle réduit : Cadillac 341A V8 Town Sedan - Al Capone.


— Eh bien, monsieur ne s’embête pas, commente Animal.

— Un modèle réduit de cette taille n’est pas donné ! ajoute Rationnel.


N’y connaissant rien, mais admirative de la belle carrosserie, j’entre dans l’appartement. J’accroche mon imper au porte-manteau juste à côté et entame ma visite. Je débouche immédiatement sur un immense séjour qui, à lui seul, doit faire la surface de mon petit appartement. Il est ouvert, sur ma droite et ma gauche, sur de grandes baies vitrées, donnant sur une terrasse. Le sol est recouvert d’un superbe parquet dans les tons gris. M’avançant timidement, je découvre une vue magnifique sur les jardins d’Erevan et le jardin aquatique.


— Que ce doit être agréable de prendre son petit déjeuner là le matin…


J’ai eu le temps d’en faire le tour. L’appartement de rêve : cuisine américaine rutilante, salle de bain avec une grande baignoire, une chambre d’ami et une seconde, qui fait le double de la mienne, équipée d’un lit King size à barreaux.


— Ce doit être la chambre de Mathieu.

— Oh oui, sûrement… tu devrais aller voir, susurre Animal, curieux comme tout.

— Enfin, ça ne se fait pas ! Tu n’es pas chez toi, tempère Rationnel.

— Tu as raison, je ne peux pas me balader comme ça. D’autant que je dois me préparer.


Je file à la salle de bain. Je constate avec plaisir que des serviettes pliées m’attendent sur le rebord du lavabo, ainsi que des produits de ma marque préférée.


— Il a dû se renseigner auprès de Nathalie.


Nous avons la même esthéticienne et nous prenons nos produits chez elle. Sans tarder, je me déshabille et me glisse dans la baignoire. Elle est si grande qu’elle peut accueillir au moins deux personnes, sinon trois.


— Monsieur aime avoir ses aises, constate Rationnel.

— Il ne doit pas s’y ennuyer, ricane Animal. Tu t’imagines avec deux partenaires, là-dedans ?

— Espèce d’obsédé, lâché-je en m’emparant du pommeau de douche pour me mouiller.

— Dis-donc ! je ne suis que ton côté refoulé, alors ne me juge pas !

— Force est de constater, assène Rationnel, qu’il a raison.

— Laissez-moi me laver.


Mes deux « moi » se taisent enfin, tandis que je prends un gant et me lave. Je me laisse transporter par le délicat parfum du gel douche. Je fais glisser le morceau de tissu éponge sensuellement sur mon corps, ne laissant aucune parcelle de ma peau vierge de mousse. Je le fais passer plusieurs fois sur mes seins, mon sexe et entre mes fesses. J’aimerais profiter plus longtemps de mes caresses solitaires, mais ignorant l’heure à laquelle Mathieu va revenir, je préfère ne pas traîner. Une fois bien rincée, je m’enveloppe dans une grande serviette.


À peine le pied posé sur le tapis de bain que j’entends la notification caractéristique d’un message de Mathieu. Je me précipite sur mon sac et sors TdS avec fébrilité.


[SMS,Mathieu,Clémence]

< Je suis là dans 20 mn. Sois prête. 


— Houlà, je dois m’activer.


Je prends TdS et le pose sur le meuble à l’entrée. Je l’oriente pour cadrer vers l’endroit où je compte m’agenouiller. Je lance le retardateur et m’installe par terre. Assise sur les talons, genoux bien écartés, mains derrière la tête, je me cambre au maximum pour lui offrir une belle vue sur mon corps nu. Une fois la photo prise, je me lève pour la vérifier.


— C’est dingue, mais je me trouve vraiment…

— Vulgaire ? demande Rationnel.

— Très sexy, me rassure Animal.

— Oui, très sexy.


Je lui envoie la photo.


[SMS,Mathieu,Clémence]

> Je vous attends humblement, Monsieur. 


La réponse ne se fait pas attendre.


[SMS,Mathieu,Clémence]

< Très bien, reste comme tu es

> Bien, Monsieur.


Je repose TdS sur le meuble et me réinstalle à genoux, sur le parquet, dans l’entrée. Je perds rapidement la notion du temps, n’ayant plus TdS pour me donner un repère. Mes genoux commencent à être douloureux, entre l’étirement dû à la position et l’appui sur le sol. Mes épaules et ma nuque me font également souffrir. Mes muscles commencent à brûler affreusement. Je baisse les bras un instant pour détendre mes épaules et mon cou.


Depuis combien de temps suis-je dans cette position ?

— Suffisamment pour que tu arrêtes et que tu t’en ailles ! me conseille Rationnel.

— Pas assez pour lui être soumise ! se moque Animal.


Je n’ai pas pensé à regarder s’il y a une pendule accrochée quelque part. Soudain, j’entends le mécanisme de l’ascenseur dans le couloir.


C’est Lui !


Je me remets immédiatement en position, le cœur battant, en apnée, à l’affût du moindre bruit, mais l’ascenseur semble s’être arrêté à l’étage du dessous. Je commence à avoir froid. Je me rends alors compte que l’appartement est devenu plus sombre. Le soir est déjà tombé.


Il doit être autour de dix-neuf heures. Quand va-t-il arriver ?

— Tu commences à souffrir, hein ? Tu vois où ta bêtise te conduit ?

Ce n’est pas de la bêtise et c’est supportable.

— Ce n’est que le début d’une délicieuse souffrance. Une nouvelle discipline dans laquelle il te fera exceller, petit agneau.

Sans doute.


Je ne parviens pas à réprimer un frisson : est-ce de la peur ? est-ce juste le froid ? À moins que ce ne soit de l’impatience ? Je ferme les yeux. Le bruit de l’ascenseur bourdonne de nouveau dans le hall. Cette fois, j’espère que c’est lui. Je l’entends s’arrêter à l’étage. Mon cœur s’affole. Des pas résonnent sur le palier. Ma respiration s’accélère imperceptiblement alors qu’ils se rapprochent.


— Ton Maître est là, petit agneau.

— Oh oui, je L’attends.


— Oh, bonsoir monsieur Guillermo, fait une voix stridente derrière la porte.

— Bonsoir, madame Tent, répond la voix impatiente mais terriblement courtoise de Mathieu.

— Je vais vous paraître indiscrète, mais une jeune femme est arrivée chez vous en fin d’après-midi.


— Mais de quoi elle se mêle celle-là ? râle Animal.

— Arf, les voisins… toujours à s’occuper des affaires des autres.

Lâche-le, lâche-le ! il a autre chose à faire.


— Je suis au courant, Madame Tent. Il s’agit d’une amie très proche. Je lui ai laissé mes clefs.

— Ah, bon ? Elle est bien mignonne en tout cas.

— Merci, mais veuillez m’excuser, elle m’attend, justement.

— Oh, excusez-moi. Passez une bonne soirée, monsieur Guillermo.

— Merci, vous aussi.


Même si son ton est sec, il reste poli et courtois. Ses pas s’arrêtent enfin devant la porte. Il prend son temps. Il sait que je l’attends dans une position inconfortable. Il sait que je sais qu’il est là. Je me demande s’il est aussi impatient de me soumettre que moi de me soumettre à lui. Mais il a un énorme avantage sur moi, celui de l’expérience. Il sait parfaitement se contrôler. De plus, le Maître, c’est lui et lui seul. Tant qu’il n’est pas décidé à commencer la séance, je dois patienter.


— N’oublie pas une chose, petit agneau, chuchote Rationnel. Un maître n’est rien sans sa soumise.

— Je dois reconnaître qu’il a raison, glisse Animal. Le Maître propose, la soumise dispose.


J’entends enfin, avec excitation, sa clef tourner doucement dans la serrure. Mes lèvres s’entrouvrent pour laisser s’échapper un soupir. La porte s’ouvre lentement, trop lentement à mon goût. Mais il est là. J’en oublie ma douleur, mon inconfort, la fraicheur qui règne dans l’appartement et qui fait pointer mes tétons avec fierté.


Il est là.


* * * * *

Il s’étire longuement derrière son bureau. Jetant un œil à sa montre, il imagine que Thomas a déjà déposé Clémence à son appartement. Cela fait bien longtemps qu’il n’y a emmené personne.


— Elle va tomber sur ta petite salle de jeu, c’est certain.

— Non. Déjà, ce n’est pas son genre de fureter partout et elle n’en aura pas le temps.

— Tu lui fais déjà confiance ?

— Curieusement, oui.

— Hmmmf, si tu le dis…

— Oui, je le dis !


Agacé, il attrape sa veste et quitte son bureau. Tout en descendant au parking, il sort son téléphone de sa poche et envoie un message à Clémence.


[SMS,Clémence,Mathieu]

> Je suis là dans 20 mn. Sois prête. 



— Tiens, elle ne t’a pas envoyé sa photo. Première erreur.

— Je ne lui ai pas dit quand l’envoyer précisément. Je ne peux pas lui en vouloir pour une erreur de ma part.


Le son d’une petite clochette retentit. Il baisse les yeux vers son portable et découvre la photographie de Clémence, avec sa réponse.


[SMS,Clémence,Mathieu]

<  Je vous attends humblement, Monsieur. 


Comme il le lui a ordonné, elle est à genoux dans l’entrée, face au meuble à chaussures sur lequel elle a dû poser son téléphone pour se photographier. Elle semble baigner dans les derniers rayons du soleil couchant, qui donne une jolie teinte orangée à sa peau légèrement hâlée. Ses courbes harmonieuses sont mises en valeur par les ombres qu’elles dessinent sur son corps. De merveilleuses collines et vallées à explorer. Un corps plaisant à soumettre à ses désirs, à ouvrir à tous les plaisirs.


— Ne t’emballe pas, mon gars… Reste Maître de tes émotions.

— Oui, oui, je sais.


Il baisse les yeux sur son clavier et tape un court message, la complimentant pour sa posture et lui donnant sa dernière consigne avant de partir.


[SMS,Clémence,Mathieu]

> Très bien, reste comme tu es.

< Bien, Monsieur. 


— Quelle obéissance !

— Oui, c’est bien agréable.


Dix minutes plus tard, il roule tranquillement vers son quartier. La circulation est plutôt fluide. Peut-être a-t-il mal évalué la durée de son trajet. D’habitude, c’est Thomas qui le conduit, mais ce soir, il lui a donné congé après avoir déposé Clémence. Au feu rouge, il tapote sur son volant au rythme du morceau de jazz qui sort de ses enceintes. Bientôt, il aperçoit sa rue et l’entrée du parking de sa résidence. Il s’engage au premier sous-sol et se gare sur sa place. Sans traîner, il quitte sa voiture pour se diriger vers l’ascenseur. Il aperçoit les portes encore ouvertes, mais le temps d’y arriver, elles se referment sur lui.


— Pfff… c’est bien ma chance.


Levant les yeux sur le compteur, il le regarde monter jusqu’au troisième pour redescendre. Pourquoi semble-t-il si long à revenir ?


— Contrôle-toi ! Tu t’impatientes.

— Tu as raison.


2,

Inspire profondément.

1,

Souffle lentement.

RdC,

Inspire profondément.

-1,

Souffle lentement et entre.


Calmé, il monte dans la cabine et appuie sur le bouton « 4 », en croisant les doigts pour qu’elle ne s’arrête pas en route. Son vœu est exaucé et les portes s’ouvrent sur son palier. Il n’y a que deux appartements à cet étage : le sien, qui donne sur deux jardins et la Saône, et celui de sa voisine, une entrepreneuse d’une cinquantaine d’années, qui donne sur Lyon. Il est sur le point d’entrer quand celle-ci l’interpelle.


— Oh, bonsoir monsieur Guillermo, fait une voix de femme derrière lui.


Il pousse un profond soupir d’exaspération en entendant sa voix stridente, qui lui vrille à chaque fois les tympans.


— Bonsoir, madame Tent, répond-il, un brin d’impatience dans la voix, mais en restant le plus courtois possible.


Sa voisine le dévore du regard. Elle n’en est pas à sa première tentative de séduction. Ce soir, elle est vêtue d’une longue robe portefeuille noire, profondément décolletée. Ses cheveux blond platine lui tombent parfaitement sur les épaules. Ses lèvres rouges s’étirent en un sourire charmeur.


— Je vais vous paraître indiscrète, mais une jeune femme est arrivée chez vous en fin d’après-midi.


Mathieu hausse un sourcil : n’a-t-elle rien d’autre à faire qu’à espionner ce qui se passe chez lui ?


— Zen, reste zen.


Il arbore un sourire poli pour lui répondre.


— Je suis au courant, Madame Tent. Il s’agit d’une amie très proche. Je lui ai laissé mes clefs.

— Ah, bon ? demande-t-elle apparemment déçue. Elle est bien mignonne en tout cas.

— Merci, mais veuillez m’excuser, dit-il en faisant un pas vers sa porte. Elle m’attend, justement.

— Oh, excusez-moi. Passez une bonne soirée, monsieur Guillermo.

— Merci, vous aussi.


Son ton est peut-être un peu plus sec qu’il ne le souhaiterait.


Mais quand est-ce qu’elle va me foutre la paix ?


Il engage la clef dans la serrure. Il sait que Clémence l’attend dans une position qui, aussi sexy soit-elle, est loin d’être confortable. Dans quel état d’esprit se trouve-t-elle maintenant ? Aussi impatiente que lui ? Effrayée à l’idée de ne pas savoir ce qui l’attend ? Excitée pour la même raison ? Il tourne doucement la clef dans la serrure. La patience et l’obéissance sont les premiers devoirs d’une soumise. La patience et le contrôle sont les premiers devoirs du Maître. Car sans sa soumise, un Dominant n’est pas un Maître.


La porte s’entrebâille lentement, lui dévoilant, petit à petit, le corps offert de sa soumise.

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