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Quand l'élève est prête, le Maître apparaît...

Chapitre 18

Premier week-end de soumission -Vendredi (3/5)

SM / Fétichisme

Trois mois plus tôt…


Mathieu se laisse guider par Nathalie dans le couloir de la société. Elle lui a fait visiter l’ensemble des services : éditions, traduction, publicité, DRH. Nathalie l’accompagne à l’étage du comité d’entreprise et de la comptabilité. Elle l’emmène au coin cuisine pour lui offrir un café quand elle voit en débouler une jeune femme, une tasse à la main.


— Pardon… excusez-moi…


Sans s’arrêter, la jeune femme file vers la comptabilité sous le regard surpris de Mathieu. Nathalie lui explique qu’il s’agit de Chloé, une étudiante embauchée à temps partiel.


— Vous en avez beaucoup ? demande-t-il distraitement.

— Deux ou trois, lui répond-elle en préparant les cafés. Pour payer leurs études.

— Très bien. Si tout se passe bien avec eux, pas de souci.


Nathalie lui tend sa tasse avec un sourire. Elle aborde avec lui la question qui fâche : la raison de sa présence. Mathieu lui donne la réponse officielle : une visite de routine. Mais la belle rousse n’est pas dupe. Elle connaît assez bien le fonctionnement de la société pour affirmer que jamais un directeur n’enverrait son cher bras droit pour une visite de routine. Alors qu’il va lui répondre, il entend une voix claire parler très haut. Surpris par cet éclat, il regarde par-dessus l’épaule de Nathalie. Il voit alors une petite brune renverser le contenu d’une tasse sur l’un de ses collègues. Mathieu manque de s’étrangler avec son café à la vue de cette scène. Mais il est prêt à intervenir lorsqu’il voit l’homme se lever brusquement, dominant la jeune femme d’une tête, mais celle-ci ne se laisse pas démonter. Elle pointe son index sur le torse de son interlocuteur.


— Chloé n’est pas ton esclave !


L’homme se rassoit tandis que la jeune femme quitte les lieux avec sa protégée sous le bras.


—  Eh bien, lâche Nathalie, il était temps que le petit chaton sorte ses griffes.

— Comment ça ? demande-t-il d’un air dégagé.

— Clémence est une fille adorable. Trop gentille parfois. Je suis soulagée de la voir réagir comme ça.

— Ah…


Alors qu’il la suit du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans un autre couloir, une vision de l’employée, nue, à genoux à ses pieds, le cou ceint d’un collier de soumission apparaît dans son esprit.


— En voilà un joli petit agneau, gronde son loup intérieur.

Je ne suis pas prêt pour ça.

— Si l’univers l’a mise sur ta route, c’est qu’il te juge prêt à avoir une soumise.

Je n’en suis pas sûr.


La voix de Nathalie le ramène à la réalité.


— Heureusement qu’elle a déposé plainte lorsqu’elle a surpris Daniel en train de sodomiser des hamsters dans l’open-space à la pause déjeuner.

— Oui, heureusement, répond-il les yeux dans le vague, en finissant son café.

— Sale goujat ! lui lance-t-elle en le frappant sur le bras.

— Hey, mais t’es pas bien ? s’emporte-t-il en rattrapant sa tasse de justesse.

— Tu ne m’écoutes même pas.

—  Mais si, plainte, Daniel, hamster… hamster ?


Nathalie se met à rire devant sa mine déconfite puis reprend son sérieux.


— Tu es là à cause de sa plainte, hein ? Et de celles qui ont suivi ?

— Tu es une fine mouche. On va dégraisser le mammouth.

— Il était temps que vous veniez faire un peu de ménage.

— Il aura fallu sa plainte, répond-il, admiratif. Elle a eu du cran d’aller jusqu’au bout.


Nathalie se fige un instant et se tourne vers lui.


— Ne me dis pas qu’elle t’intéresse, si ?

— Je… je ne sais pas.


Il hésite. Il ne comprend même pas pourquoi cette femme, qu’il n’a aperçue que quelques secondes, lui fait un tel effet. Son regard vacille plusieurs fois de Nathalie au couloir. Celle-ci croise les bras sur sa poitrine, les sourcils froncés. Il la voit secouer la tête.


— Non, Mathieu. Qui tu veux, mais pas elle. Elle est…

— Trop fragile ? Je ne crois pas. Je crois qu’elle est plus forte que tu ne le penses.

— N’y pense même pas, Mathieu. Elle ne sait pas dire non.

— Ce n’est pas l’impression que j’ai eue.


 * * * *

Mathieu esquisse un sourire à l’évocation de ce souvenir. Il n’avait pas été certain qu’elle accepterait de devenir sa soumise. Il a encore du mal à croire que sa vision, aussi fugace avait-elle été, se soit réalisée. Trois mois après cette rencontre fortuite, elle est là, à genoux devant lui. Bien que Nathalie ait refusé de lui faciliter les choses, il a atteint son premier objectif, sans forcer les choses : Clémence s’offre à lui, libre et consentante. Par doses homéopathiques, il lui a instillé sa présence. La nature soumise de la jeune femme a fait le reste.


— La connaissant bien, je lui ai posé quelques questions sur toi. Mais…


Clémence l’interrompt pour lui faire remarquer qu’il ignorait l’amitié qui liait déjà les deux femmes. Ses yeux se plissent, ses sourcils se froncent. D’ordinaire, il n’aime pas qu’on lui coupe la parole. Et ce, d’autant plus qu’elle est sa soumise. Il est sur le point de la rabrouer lorsqu’elle lui demande de lui pardonner d’une petite voix timide.


— Tu dois la punir.

C’est sa première fois.

— C’est maintenant !


— Aurais-tu déjà oublié la règle dix ? gronde-t-il sans se laisser attendrir. Tu ne dois jamais m’interrompre et tu devras demander ma permission pour parler.


Elle baisse humblement la tête et bredouille quelques mots d’excuse.


— Pour cela, tu recevras ta première punition.


Avec satisfaction, il la voit tendre les mains vers lui.


— Petit agneau s’offre en sacrifice.


Il se lève en silence, feignant d’ignorer la jeune femme qui tend les mains vers lui, pour aller chercher quelques accessoires dans sa chambre. Il ne lui donne aucune explication, aucune indication. Il préfère la laisser imaginer ce qu’il pourrait lui faire, sachant que ses connaissances sur le BDSM sont assez limitées.


— C’est un peu sadique, quand-même… murmure-t-il devant son placard.

— Cela fait partie du jeu, murmure son loup.

— Tu sais que ce n’est pas un jeu pour moi, répond-il en prenant une paire de bracelets en cuir noir.


* * * * *

Pour cela, tu recevras ta première punition.


Je tremble en entendant ses paroles. Gardant les mains tendues devant moi, je l’entends se lever sans un mot et me contourner avant que ses pas ne l’emmènent dans sa chambre. Mes bras me font souffrir. Mais quelle idée j’ai eue de me mettre dans cette position ?


— Que va-t-il faire ? demande Rationnel, inquiet.

— Hmmm… Te fesser ? énumère Animal. Te fouetter ? Te prendre de force ?

Je n’aurais pas dû regarder toutes ces vidéos.

— En effet, tu n’aurais pas dû, dit sentencieusement Rationnel. Tu aurais dû m’écouter, mais tu ne l’as pas fait. Tu as préféré écouter ce pervers !

— Eh, oh ! Ne parle pas de moi comme ça, rétorque Animal, blessé dans son orgueil. Elle est assez grande pour prendre ses décisions toute seule.

— Chut, lâché-je tout bas. Il revient.


J’entends ses pas revenir dans le salon. La lumière s’éteint soudainement, me faisant sursauter. Je perçois sa présence au-dessus de moi. Un doux cliquetis résonne et je sens qu’il met quelque chose autour de mes poignets. Je n’ose pas lever les yeux, mais je reconnais le contact du cuir sur ma peau.


Des bracelets en cuir ?


— Lève la tête, m’ordonne-t-il. Baisse les bras.


Je lui obéis, docile. Même si mon cerveau s’y refuse, mon corps réagit seul, comme par instinct. Mon regard croise le sien, noir et profond. Il accroche une chaîne en métal au collier.


— Va-t-il te demander de marcher à quatre pattes ? interroge Rationnel. Comme une chienne ?

— Une jolie petite chienne, oui… jubile Animal.

Non, je ne peux pas y croire.


— Debout et suis-moi.


Je me redresse et le suis jusque vers la baie vitrée. La nuit est maintenant tombée sur la ville. Je vois, baignant dans la douce lueur de la pleine lune, un portique, installé devant la fenêtre ouverte sur le balcon.


Si je ne me trompe pas, ce côté donne sur le jardin aquatique. Pas de vis-à-vis.

— Il a bien choisi l’endroit pour l’installer, constate Animal.


Une fois en-dessous du portique, il décroche la chaîne du collier et me fait lever les bras. La hauteur de la barre est réglée de telle façon que je dois me mettre sur la pointe des pieds pour qu’il fixe les bracelets au crochet au-dessus de ma tête. Je sens mon corps s’étirer délicieusement lorsque je repose mes talons au sol.


— Si tu reposes tes pieds, murmure Rationnel, tu vas avoir mal.

— Si tu restes sur la pointe des pieds, répond Animal, tu ne tiendras pas longtemps.

Autant garder les pieds à plat. La douleur s’atténuera d’elle-même.


Mathieu tourne trois fois autour de moi, observant ma position, stable mais cambrée, mettant en avant ma poitrine et lui offrant mes fesses. Il hoche la tête satisfait avant de se mettre devant moi, les bras croisés.


— Tu sauras qu’il y a plusieurs manières de punir une soumise désobéissante, commence-t-il, sur un ton professoral. La douleur, la frustration, l’humiliation. Je ne suis pas adepte de l’humiliation. Et, il est un peu tôt pour t’enseigner la frustration, donc…


Il ne finit pas sa phrase qu’une violente claque s’abat sur ma fesse droite. Je lâche un cri dans lequel douleur et surprise se mêlent, avant de mourir dans un gémissement pathétique.


— Je te conseille de ne pas crier, sinon mes voisins vont tout entendre, dit-il en me caressant la fesse endolorie. Ce serait dommage d’être interrompus par des visites inopportunes, n’est-ce pas ?

— Ou-oui, Monsieur.

— Te souviens-tu du code couleur ?

— Ou-oui, Monsieur, réponds-je précipitamment. Vert, tout va bien. Orange, ralentissez, s’il vous plaît. Rouge, c’est insupportable, arrêtez.

— Parfait. Préviens-moi si c’est rouge. Ta punition sera trois claques sur chaque fesse. À chaque claque, tu diras que tu ne dois pas m’interrompre et que tu me remercies de te le rappeler.


Me revient en mémoire, l’une des règles imposées :


Tu devras toujours me remercier pour tout ce que je te donne.


— Je ne dois plus vous interrompre et vous remercie humblement de me le rappeler.

— Humblement… encore mieux.


La deuxième claque tombe sur ma fesse gauche.


— Je ne dois plus vous interrompre et vous remercie humblement de me le rappeler.


Les quatre autres soufflets tombent les uns après les autres, me permettant de répéter ma phrase et laissant le temps à la douleur de s’estomper un peu. Je serre les dents à chaque fessée administrée du plat de sa main, longue, large et forte aussi prompte à caresser qu’à punir.


Combien d’autres peaux a-t-il fessées avec ? Combien en a-t-il caressées avant moi ?


La mienne est brûlante et mon ego meurtri. Des larmes d’impuissance et de douleur roulent sur mes joues. Chaque claque me rappelle la petite fille désobéissante que j’avais pu être, avant de m’assagir, ou de me soumettre pour ne plus en souffrir.


Pourquoi suis-je consentante à subir de nouveau ça ?

— Parce que c’est dans ta nature, répond Animal, comme une évidence.

— Pas mieux, conclut Rationnel.


Le dernier soufflet tombe.


— Je… ne… dois… plus… vous… interrompre… haleté-je. Et… vous… remercie… humblement… de… me… le rappeler.

— Parfait, tourne-toi.


Je pivote pour tourner le dos à la fenêtre ouverte. La brise fraîche me caresse voluptueusement la peau, apaisant un peu la douleur cuisante et ma honte. Je vois le reflet de Mathieu dans la vitre ouverte. Il a maintenant son téléphone portable en main et pour photographier…


Mes fesses ? Il photographie mes fesses !


Je suis horrifiée.


— Pourquoi, Monsieur ? laissé-je échapper d’une petite voix désespérée.

— Pour que tu te souviennes de ce qu’il en coûte de désobéir aux règles, dit-il en me mettant l’écran sous les yeux. Regarde !

— Non ! crié-je presque en fermant les paupières et en détournant la tête.

— Regarde ! ordonne-t-il de nouveau.


Je n’ose pas imaginer ce qu’il pourrait faire si je n’obéis pas. Mon regard finit par se poser sur ma croupe rougie par la fessée qu’il vient de m’administrer. Paradoxalement, je trouve la photo très belle : mon corps cambré, ma peau rougie, la trace de sa main sur elle. Comme s’il m’avait marquée. C’est comme si j’éprouvais la satisfaction de lui appartenir.


Quel étrange mélange de sentiments : honte, plaisir, douleur, appartenance…


Je ne sais plus quoi penser. C’est le chaos dans mon esprit. Je sursaute lorsque sa main me caresse le haut du dos. Quel contraste entre cette main qui m’apporte l’apaisement et celle qui, quelques instants plus tôt, me punissait.


Pourtant, c’est la même main, c’est le même homme…


— Tu ressens des craintes, des doutes et des questionnements, me murmure-t-il d’une voix basse et douce. C’est normal. Laisse-les venir et n’hésite pas à les exprimer. Prends le temps que tu veux pour explorer, demander et réfléchir.

— Pourquoi, Monsieur, malgré la douleur, la honte, j’ai envie d’aller plus loin ?

— Parce que c’est dans ta nature, me chuchote-t-il sensuellement à l’oreille. Et que c’est dans la mienne de t’y guider.

— Soyez mon guide, Monsieur, réponds-je en fermant les yeux. Soyez mon Maître.

— Avec plaisir, Clémence.


Mon prénom chuchoté avec tant de volupté me fait tressaillir de plaisir. Personne ne l’avait prononcé de cette manière jusqu’à maintenant. Mon prénom murmuré par ses lèvres est un appel à l’abandon total de mon corps et mon âme à Lui.


Il est celui que j’attendais sans le savoir, que je désirais sans le vouloir.


Sa main poursuit ses caresses voluptueuses sur mes reins puis sur mes fesses meurtries. Si la douleur à son contact persiste, elle est déjà moins intense. Il se glisse derrière moi. Ses mains me caressent le ventre pour remonter sous mes seins, qu’elles soupèsent, comme des pamplemousses dont elles évalueraient la maturité.


— As-tu compris ce qu’il en coûte de désobéir ? me chuchote-t-il à l’oreille, en glissant ses mains dans mon entrejambe.

— Ou-oui, Monsieur, j’ai compris.

— Recommenceras-tu ? me susurre-t-il sournoisement.

— Non, Monsieur.

— Pourtant, poursuit-il en faisant coulisser un doigt entre mes lèvres, ça a eu l’air de te plaire.

— Ce… ce n’est pas possible… non…


Je ne peux pas croire que recevoir une fessée de cette intensité ait pu me plaire. Pourtant, lorsqu’il me montre son index enduit d’un fin film brillant, je ne peux pas le nier.


— Et pourtant…

— Aaaaahh, lâché-je alors que son index et son majeur me pénètrent avec une facilité déconcertante.

— Ah non, vraiment ? demande-t-il en faisant de longs et profonds allers-retours.


Mon corps se cambre malgré moi sous cet assaut inattendu. Mes doigts se crispent alors que je tire sur mes liens en cuir. Il me ceinture pour poursuivre ses va-et-vient diaboliquement excitants.


— Oooh, oooooh, je vais… je vais…


Nous sommes brusquement interrompus par la sonnerie de l’interphone. Je l’entends grogner en retirant ses doigts.


— Oh non, déjà ?


Sans se soucier de moi, il se rend à la porte d’entrée et répond à l’appel.


— Oui… Oui, Laurent… Tu es en avance… Oui sans doute… mais tu as de la chance que je sois déjà rentré… Oui, quatrième étage.


Je l’entends raccrocher avec un soupir. Il revient dans le séjour chercher son portefeuille. J’halète, terriblement excitée, dans l’attente de la suite… qui ne viendra pas.


— Eh bien, je ne pensais pas te faire découvrir la frustration si tôt.


Il tourne les talons alors que la sonnette d’entrée retentit. La porte s’ouvre.


— Bonsoir, monsieur Guillermo, dit une voix assez jeune. Ça me fait bizarre de dire ça, mais désolé pour l’avance.

— Bonsoir Laurent. Tu as de la chance de me trouver ici.

— J’aurais dû vous appeler avant de sonner, veuillez m’excuser.


De là où je suis, je vois la silhouette de Mathieu devant la porte. Un seul mouvement de sa part et notre visiteur me verra, nue, suspendue, soumise. Je ferme les yeux, priant pour que cela n’arrive pas.


— Waouh, elle est nouvelle ? demande Laurent.

— Oui, ma dernière.


Mon Dieu, je suis foutue. Il m’a vue.


— Elle a de superbes courbes. Elle est splendide.

— Merci, Laurent, répond-il avec une légère impatience.

— Vous pensez que je pourrais en avoir une aussi ?

— Ça ne dépend que de toi. Il te faudra beaucoup de patience pour en arriver à bout.


Je me tortille pour essayer de me déplacer un peu plus vers ma gauche pour disparaître de l’axe de l’encadrement de la porte, mais je n’y parviens pas. Je suis de nouveau au bord des larmes. La honte que je ressens est encore pire que celle ressentie pendant ma punition. Cet homme, cet inconnu me voit, il parle de moi comme d’un objet. Et Mathieu lui répond de la même façon.


— Vous pensez que je pourrais atteindre votre niveau de maîtrise un jour ? reprend la voix jeune.


Le rire de Mathieu résonne dans l’entrée. Bien qu’il ne me soit pas destiné, ce rire me blesse profondément.


— Tu vas avoir du boulot pour atteindre mon niveau, répond-il avec sérieux. Je suis un maître en la matière. Si cela t’intéresse, je pourrais te former.

— Oh, merci, monsieur Guillermo, ce serait trop génial.

— Bien, alors, si tu as du matériel, apporte-le, disons… lundi soir. Je te donnerai quelques conseils.

— Merci, merci beaucoup.


J’entends de nouveau des rires et la porte se fermer. Je soupire, dépitée d’avoir été vue dans cette posture. Les pas de Mathieu se rapprochent. Il doit poser un sac sur la table. Il revient près de moi et me caresse la nuque, indiquant qu’il m’autorise à parler. Je ne retiens pas mes mots.


— Pourquoi m’avez-vous fait ça ? demandé-je tout bas, entre deux sanglots.

— Fait quoi ? m’interroge-t-il en arrêtant son geste.

— Ça. M’exhiber à cet… cet inconnu… Le laisser parler de moi comme ça… Vous vanter de le former…


Il se met à rire.


— Ne vous moquez pas de moi ! crié-je presque, la gorge nouée. C’est… c’est humiliant !


Il passe dans mon dos et glisse ses bras autour de moi. Ses mains empaument mes seins. Son souffle chaud me caresse le lobe de l’oreille.


— Je crois que tu fais erreur, ma douce, dit-il en déposant de légers baisers sur ma nuque.

— Non, réponds-je en tournant la tête de l’autre côté pour échapper à ses lèvres. Je sais ce que j’ai entendu.

— Sauf que tu ne sais pas de quoi on parlait, poursuit-il en laissant ses mains glisser sur mon ventre puis sur mon sexe.

— Vraiment ?

— Oui.


Il me fait mariner. J’ai très bien compris de qui ils parlaient. Sans chercher à me répondre, il revient devant moi et me soulève la cuisse gauche. Je m’accroche désespérément aux mousquetons des bracelets pour ne pas perdre l’équilibre. Il plaque ma cuisse contre la sienne.


— Nous parlions modèle réduit, finit-il par dire, un sourire taquin sur les lèvres. Laurent ne t’a pas vu. Il ne savait même pas que tu étais là.


Ses mains agrippent mes fesses avec force, au point que ses doigts s’enfoncent dans mes chairs encore douloureuses. Je lâche un long gémissement.


— Quelle est ta couleur ? me chuchote-t-il.

— Vert, Monsieur.

— Quel plaisir d’entendre cela. Tu vas en être récompensée.


Sa main gauche me lâche. Je la sens glisser contre mon pubis. J’attends que ses doigts me pénètrent à nouveau, mais il défait lentement la fermeture éclair de son jean. Son gland joue contre ma fente humide, caressant mon clitoris, l’excitant par de légers à-coups. Ma tête se renverse en arrière. Il dépose du bout des lèvres de légers baisers sur ma gorge. Mon souffle devient court. Mon cœur bat à tout rompre.


Je deviens folle.

— Non, juste accro’, constate Animal.

— Il te rend folle, conclut Rationnel. Un vrai démon.


— Oooh, oui, lâché-je tout bas, un démon…


Sa respiration est rauque à mon oreille. Je sens bien qu’il se contrôle pour ne pas me prendre tout de suite et pour me faire languir. Je reprends le contrôle de mon souffle pour me calmer. Sa verge continue d’agacer ma vulve humide. Lequel de nous deux craquera en premier ?


Vais-je le supplier de prendre possession de mon corps ?

— C’est ce qu’il attend, murmure Animal.

Vais-je à mon tour le faire languir en résistant à mon désir ?

— C’est tout ce qu’il mérite, argumente Rationnel.


Son regard se plante dans le mien, me mettant au défi de lui résister. J’esquisse un sourire : ce n’est pas moi qui craquerai la première.

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