Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Publié le
  • Lue 4 464 fois
  • 53 J'aime
  • 6 Commentaires

Quand l'élève est prête, le Maître apparaît...

Chapitre 21

Premier week-end de soumission - Samedi (1/5)

SM / Fétichisme

Une douce lumière vient me caresser le visage, s’infiltrant entre mes paupières. Je suis au chaud, dans un agréable cocon, à l’abri du monde extérieur et de ses saletés. Je me retourne m’enveloppant encore un peu plus dans cette douceur. J’ouvre lentement les paupières. Mon regard ne rencontre qu’un mur gris.


— Je suis où ? C’est pas chez moi…


Je me redresse et observe mon environnement. Sur ma droite, un fin rideau, écru et décoré de branches de cerisiers en fleurs, laisse filtrer la lumière de jour. Devant moi, un mur gris clair décoré d’un tableau sombre. Les souvenirs de la veille me reviennent lentement. Je suis chez Mathieu pour mon premier week-end entre ses mains. Je m’étire voluptueusement avant de me lever. Je tire les rideaux. La douce lumière du jour inonde la chambre. Je recule brusquement en réalisant que je suis nue devant la vitre avant de m’en rapprocher : la chambre donne sur un stade de foot encore désert. Je me rassure en me disant que le premier immeuble se trouve à plus de deux cents mètres de moi. J’attrape TdS sur le chevet : sept heures vingt.


— Il se lève à huit heures, murmuré-je.

— Tu as le temps de prendre une bonne douche, me suggère Rationnel.

— Waouh, baille Animal. Prépare-nous un bon p’tit déj’.

— T’en as de bonnes toi. Bon, allez douche d’abord, réponds-je en attrapant le peignoir.


Je sors de ma chambre en silence. Je jette un coup d’œil vers la sienne dont la porte est entrebâillée. La curiosité me dévore. Je meurs d’envie d’aller y jeter un coup d’œil, de voir comme il est, endormi, sans les murailles qu’il a bâties autour de lui. Mais je me ressaisis et file aux toilettes avant d’aller prendre ma douche.


Je me glisse sous le jet d’eau chaude et prends le temps de me laver les cheveux et le corps. Je laisse le parfum de mon shampooing envahir mes narines avec délice. Le matin, je peux me passer de petit-déjeuner, mais pas de ma douche : c’est mon réveil.


— Ne traîne pas, me conseille Rationnel. Tu vas être de nouveau punie.

— Hmmm, tu n’as pas détesté ça pourtant, roucoule Animal.

— Oui… c’est vrai…


Je me souviens avec plaisir, mêlé d’un peu de honte, de la large main s’abattant sur mes fesses, de la douleur cuisante de la claque suivie de l’apaisante caresse. Je laisse mes mains glisser avec volupté sur mes fesses, hier soir endolories. Malgré la chaleur de l’eau, un délicieux frisson me parcourt la peau au souvenir de la main de Mathieu s’abattant avec fermeté dessus.


— Pourquoi est-ce que j’ai aimé ça ? murmuré-je en coupant l’eau et en m’enveloppant du peignoir.

— Parce que tu es aussi lubrique que lui, constate Animal avec plaisir.

— Pfff… décharge d’endorphines… comme une drogue, affirme Rationnel, pragmatique.

— Mais… c’est si humiliant pourtant…

— Bienvenue dans le monde du BDSM, petit agneau.


Je ne peux empêcher un sourire d’étirer mes lèvres. Que me réserve Mathieu ? Quelles douces tortures cache-t-il dans sa manche ? Jusqu’où compte-t-il m’emmener ? Jusqu’où serai-je capable de le suivre ? Toute à ses questions sans réponse pour le moment, je sors de la salle de bain en ébouriffant mes cheveux encore humides pour gagner la cuisine. Je jette un œil sur TdS : huit heures moins le quart. Mathieu ne va pas tarder à se lever.


— Qu’est-ce que je peux faire ?


Je laisse mon regard se promener sur les meubles de la cuisine et repère une machine à expresso et une bouilloire électrique. Je remplis la bouilloire d’eau et la mets à chauffer. En attendant que l’eau soit bouillie, j’examine la machine à café. C’est un modèle très récent et assez complexe, avec un bac pour mettre le café en grain et le moudre, un réservoir pour l’eau.


— Bon, ça au moins, je peux le remplir. Mais pour le reste…


Tout en réfléchissant, j’ouvre les différents placards. Dans ceux du bas, je trouve la vaisselle et dans les tiroirs juste au-dessus, les couverts dans l’un et les ustensiles de cuisine dans l’autre.


— Bien organisé, murmuré-je en refermant le second tiroir.

— Tout est bien compartimenté, constate Animal.

— Comme sa vie, conclut Rationnel.


Je poursuis mon exploration dans les placards du haut. Dans un, je trouve trois paquets différents de café en grains, de marque dont je n’ai jamais entendu parler ainsi que des boîtes de thé d’une boutique assez réputée de Lyon. Dans une autre, des boîtes de céréales - une nature, une aux noix et aux fruits secs et une aux pépites de chocolat - accompagnées de quelques tablettes de cacao de grande marque.


— Il aime la qualité, c’est sûr.

— Il te l’a dit ! me sermonne Rationnel. La qualité prévaut sur la quantité.


Dans le dernier placard, je trouve des biscottes, du pain de mie et de la brioche tranchée. Mais toutes mes découvertes ne m’avancent pas beaucoup. Je referme la porte du meuble en soupirant.


— Je ne sais toujours pas ce qu’il prend au p’tit déj’, murmuré-je.

— Café noir, sans sucre, me répond une voix autoritaire dans mon dos.


Je sursaute et me tourne vers lui.


— Bon… bonjour, Monsieur.

— Bonjour, Clémence.


Je me retiens de le dévisager, mais il est sexy en jean et chemise noirs, les mains dans le dos à m’observer d’un œil critique.


— Dort-il dans cette tenue ? demande Rationnel.

— Probablement nu, répond Animal. Tu aurais dû aller jeter un coup d’œil tout à l’heure.

Sans doute, oui… tant pis pour moi.


— Je… je ne savais pas quoi vous préparer, Monsieur.

— Tu ne pouvais pas deviner, dit-il en allongeant le bras au-dessus de ma tête pour attraper un paquet de café dans le placard. Deux œufs, trois tranches de pain de mie grillé. Fruit de saison.

— Un petit déjeuner équilibré, constaté-je.

— Oui. Que prends-tu le matin ? me demande-t-il en versant les grains de café à l’arrière du percolateur. Je ne sais pas ce que tu aimes.

— En semaine, du café, un fromage blanc, du jus d’oranges pressées. Le week-end, je prends mon temps alors, des céréales, des viennoiseries, du pain grillé… quand je ne fais pas un brunch avec Nath’.

— Je ne savais pas quoi te prendre. J’espère que ça te conviendra.

— Merci, Monsieur. Si… vous me permettez…

— Oui ?

— Pour les jus de fruits, je préfère les préparer moi-même, si cela ne vous dérange pas.

— Très bien. Autre chose ?


Je réfléchis rapidement mais ne trouve rien pour le moment. Je me contente de secouer la tête.


— Pour ce week-end, tu devras te contenter de ce que j’ai.

— Bien, Monsieur.


Il m’explique alors le fonctionnement de la cafetière.


Une bête de compétition, son perco !


Pour mémoriser toutes les informations qu’il me donne, je les répète à voix basse. Je le vois hocher la tête, avant d’allumer sa mini-chaîne. Une musique jazzy s’élève dans l’appartement alors que nous finissons de préparer le petit déjeuner ensemble avant de passer à table. J’hésite à m’installer en face de lui. En fait, je ne sais pas où m’asseoir. Voyant mon dilemme, il me fait signe de prendre la chaise de l’autre côté de la table.


— Tu n’es pas sous collier, se contente-t-il de me dire. Déjeune tranquillement, on verra la suite après.


Je m’exécute et entame mon petit-déjeuner en silence. Le ton qu’il vient d’employer ne m’invite pas à poser de questions, bien que je meure d’envie de connaître son histoire.


Je vais devoir patienter.

— Peut-être que si tu es sage et trèèèèèès obéissante, tu auras droit à la suite comme récompense, me susurre sournoisement Animal.

— Pfff, souffle Rationnel. Il ne lâchera rien de plus.

C’est vrai. Rien ne l’oblige à se dévoiler.


Tout en prenant mon café, je l’observe en train de consulter sa tablette. Vu son froncement de sourcils et sa concentration, il doit s’agir de boulot.


Ne décroche-t-il donc jamais ?


Je me sens étrangement seule malgré sa présence. Le silence pesant est uniquement comblé par le discret bruit de mastication et la musique. Cela me fait penser avec amertume aux petits-déjeuners de mon enfance, quand mes parents lisaient leur journal au-dessus de leur café. Ils auraient été absents, cela aurait été pareil. Un profond sentiment de vide s’empare de mon cœur. J’ai, à cet instant, l’impression de n’être qu’un objet de décoration.


— Il accorderait plus d’attention à un chien, lâche Rationnel, avec une amertume à peine masquée.

— Ou plutôt à une jolie petite chienne en chaleur… commence Animal, avec excitation.

Pas de bon matin, s’il vous plaît…

— Ou une petite chatte excitée, poursuit Animal de plus en plus échauffé.

SILENCE !


Sans le vouloir, je fronce fortement les sourcils et mes doigts se crispent autour de ma tasse. Je me force au calme, refoulant le ressentiment qui commence à s’emparer de moi. Sans doute s’en est-il rendu compte, car je l’entends soupirer en posant sa tablette à côté de son assiette.


— Excuse-moi, dit-il avec douceur. Je crois que j’ai perdu l’habitude de petit-déjeuner avec de la compagnie.


Je relève la tête et le vois, coudes sur la table, menton posé sur ses doigts croisés, un sourire désolé sur les lèvres.


— As-tu bien dormi ? hasarde-t-il, son regard sombre plongé dans le mien.

— Oui, merci Monsieur.

— Tu devais être épuisée.

— Je dois reconnaître que… oui, Monsieur. La soirée d’hier a été quelque peu… intense.


Je rougis en y repensant. Mais ce n’est pas la honte qui me fait rougir ainsi. Non… c’est le plaisir que j’ai ressenti sous ses mains, livrée à lui… ce plaisir que je souhaite ressentir encore…


— Bien, me lance-t-il. Alors te sens-tu prête pour la suite ?


Sa voix devient un peu plus rauque, comme s’il brûlait d’impatience à m’entraîner plus loin dans le vice. Sans répondre directement à sa question, je me lève, contourne la table et me plante devant lui. Il me regarde faire, sans rien dire, sans doute curieux de voir la suite. Je dénoue la ceinture de mon peignoir que je laisse tomber au sol. Je sens son regard me caresser voluptueusement le corps, en dessiner sensuellement les courbes, dévorer chaque centimètre carré de ma peau. Je m’agenouille à ses pieds et tends les mains vers lui, la tête baissée, en signe de soumission.


Le temps semble s’être figé. Je n’entends que ma respiration saccadée et les battements affolés de mon cœur. Ne me montré-je pas trop téméraire en me soumettant à lui sans savoir ce qu’il me réserve ?


— Trop tard pour te poser la question, petit agneau.

— T’en as envie, t’en as envie !!!


Sa main se pose sur mes poignets joints pour les baisser. Je relève la tête pour lui présenter mon cou. Bientôt je sens la douce caresse du cuir sur ma peau. D’une voix calme mais sévère il m’ordonne de me lever et de mettre mes mains derrière la nuque. Je m’exécute en écartant les pieds. Sans un mot, il inspecte mon corps, jusqu’à en respirer le parfum. Ses mains glissent sous mes aisselles, puis sous chacun de mes seins.


— T’es-tu bien lavée ? me susurre-t-il à l’oreille.

— Oui, Monsieur, réponds-je après un hoquet de surprise.

— Vraiment partout ? me demande-t-il avec suspicion.

— Mais enfin ! lancé-je outrée avant de me reprendre. Bi-bien sûr, Monsieur.

— On va voir ça, dit-il avec un brin d’amusement dans la voix. À quatre pattes sur la table basse !


Je sursaute au ton sec tout autant que de son ordre : à quatre pattes ? sur la table ? exposée comme une bête ? Une violente claque sur ma fesse droite me tire de mon questionnement silencieux. J’ose lever les yeux vers lui. Son regard sévère croise brièvement le mien avant de se poser sur la table.


Je n’aime pas attendre.


La tête basse, résignée, je lui obéis.


* * * * *

C’est avec une grande satisfaction que Mathieu regarde Clémence prendre position pour qu’il lui passe le collier autour du cou. Il n’avait pas imaginé qu’elle se montrerait aussi docile avec lui.


— Est-ce de la docilité ou de la servilité ? s’interroge son loup intérieur

— Servile ? non, elle est consciente de sa valeur et de sa place. Elle a envie d’apprendre.

— Tu le crois vraiment ?

— Oui. Elle a soif de découverte, besoin de connaître ses limites et semble me faire confiance pour les atteindre.

— Hmmm… tu pourrais même les lui faire dépasser…

— Nous verrons bien.


Mathieu prend le collier qu’il a laissé sur le comptoir hier soir et le caresse avec sensualité. Il aime la force et la douceur qui émanent du cuir, élément noble parmi les plus nobles à ses yeux. Il sublime aussi bien le corps d’une femme en la vêtant qu’en lui laissant de belles marques rouges. Il frissonne à cette pensée mais se reprend aussitôt. Le fouet viendrait plus tard. Il lui fait baisser les bras pour lui passer le collier de cuir autour du cou. Un cou si fragile qu’il pourrait être brisé facilement. Il prend note d’être encore plus prudent que d’habitude lors des suspensions qu’il envisage avec elle. Il resserre les crans un à un avant de repérer le trou qu’il a utilisé hier.


Suffisamment serré pour qu’elle le sente mais pas trop pour ne pas l’étrangler.


L’étranglement est une pratique courante dans le BDSM. Beaucoup lui donnent des vertus orgasmiques plus qu’intenses. Mathieu s’est toujours refusé à cette pratique, la jugeant, au minimum, angoissante pour la soumise, à hyper dangereuse si elle n’est pas maîtrisée. Il avait déjà vu les dégâts qu’elle pouvait occasionner et il était hors de question pour lui de prendre le risque même si Clémence venait à le lui demander.


Crois-tu qu’elle te le demanderait ?

— Non. L’étranglement fait partie de ses tabous.


Il glisse un doigt entre le cuir et la peau de la jeune femme. Précaution inutile pour lui mais rassurante pour elle. Il lui ordonne alors de se lever en mettant les mains derrière la nuque. Il la regarde s’exécuter avec grâce. Son corps se déplie avec souplesse et sensualité, offrant ses courbes aussi généreuses qu’harmonieuses à son regard. Il apprécie sa façon de baisser les yeux timidement, luttant probablement entre le désir de le regarder et celui de lui obéir. Il le sent à la tension qui se dégage d’elle et qu’elle essaie de contenir. Il trouve cela aussi charmant qu’amusant.


Il prend son temps pour l’examiner, se délectant de ses douces vallées et de ses tendres collines, se régalant du parfum de sa peau. Il se félicite d’avoir demandé à Nathalie la marque des produits de beauté de Clémence. Bien qu’ils ne soient pas de très haute gamme, ils sont de très bonne qualité. Il se délecte de l’odeur et de la douceur de sa peau qui se couvre de délicat frisson au passage de son souffle. Il ne résiste pas à laisser glisser ses mains sur ses aisselles épilées avec attention, sous ses seins qu’il soupèse avec plaisir.


— T’es-tu bien lavée ? lui murmure-t-il à l’oreille.

— Oui, Monsieur.

— Vraiment partout ? me demande-t-il avec suspicion.

— Mais enfin ! lance-t-elle avant de se reprendre. Bi-bien sûr, Monsieur.


Son ton outré, rattrapé de justesse, l’amuse beaucoup. Outre le plaisir charnel qu’elle lui offre, la taquiner et observer ses réactions le distraient énormément. Mais il veut passer aux choses sérieuses.


— On va voir ça. À quatre pattes sur la table basse !


Mathieu observe le visage de Clémence se décomposer devant lui. Toutes les émotions y passent en l’espace de quelques secondes : surprise, incompréhension, honte, dégoût puis résignation. La voyant hésiter, il lui assène une claque sonore sur la fesse pour la presser de s’exécuter. Il sourit en voyant l’empreinte rouge de sa main apparaître sur sa peau sensible.


Il la regarde se mettre en position sur la table, avec hésitation. Il la voit baisser la tête et ses cheveux à peine secs venir lui cacher une partie de son visage. Elle semble rencontrer des difficultés à trouver une bonne position, entre le dos rond qui la met en posture de soumise ou cambrée qui met en valeur la rondeur de sa croupe mais lui fait relever la tête. Mathieu se contente d’observer son corps onduler, les bras croisés, savourant les mouvements excitants de son bassin.


Elle ne se rend même pas compte de ce qu’elle fait.

— C’est ce qui la rend encore plus excitante.


Il la regarde s’immobiliser enfin, cambrée, fesses offertes à ses yeux et ses mains. Il s’approche de la table basse et laisse sa main courir négligemment le long de la colonne vertébrale de sa soumise. Un sourire satisfait étire ses lèvres lorsqu’il voit sa peau douce se couvrir à nouveau de frissons. Sa main poursuit sa descente vers les deux jolis globes fermes, objets de la séance du jour.


Chacune de ses mains s’empare d’une fesse et la caresse avec sensualité. Sa peau est fine et délicate, douce, souple et bien hydratée.


Elle sait prendre soin d’elle.

— Oui, une grande qualité. Un peu pâle quand même…


Il se glisse alors derrière. Il la sent trembler sous ses mains qui glissent lentement vers son entrejambe. Ses doigts découvrent une légère humidité poisseuse au contact de ses lèvres. Clémence émet un léger gémissement lorsque son majeur et son index s’immiscent au bord de son intimité pour en ouvrir les pétales. Mathieu se réjouit de ce gémissement de plaisir alors que ses doigts écartent sa vulve pour lui permettre de l’examiner. Il sent la jeune femme se raidir avant de se relâcher. Les muscles de son vagin se contractent et se relâchent, comme une douce invitation à la pénétration. Mais il ne se laisse pas aller à son désir immédiat. Il a envie d’autre chose : de plus de soumission, avec une légère touche d’humiliation.


— Ne bouge pas, se contente-t-il de lui ordonner.

— Bi-ien, Monsieur.


D’un pas tranquille, Mathieu se rend dans sa chambre et ouvre la porte dissimulée derrière son armoire, dont personne ne connaît l’existence. Il entre dans la pièce sombre, sachant exactement où il va. Il s’arrête devant une grande armoire. Si Clémence était tombée dessus par hasard, elle se serait sûrement enfuie en courant. Il laisse courir ses doigts sur l’étagère du milieu pour en tirer un petit sachet hermétiquement clos.


Quand la feras-tu pénétrer dans ton antre ?

— Bientôt, murmure-t-il, très bientôt.

* * * * *

J’ai honte.


Je ne sais pas si je ressens de la honte à cause de la claque qu’il m’a infligée sur la fesse et de la marque qu’elle y a probablement laissée ou de la position obscène qu’il m’oblige à adopter. Pourtant… j’ai envie de le satisfaire… je le désire au plus profond de moi. Presque mue par une force que je ne me connais pas, je cherche la meilleure position à adopter pour lui plaire : le dos rond, la tête rentrée entre mes épaules en guise de soumission ou bien cambrée et provocante pour attiser son désir. Mon corps ondule, hésitant entre ces deux postures pour finalement s’immobiliser. Mes fesses sont relevées, mes cuisses écartées. Je suis prête pour une nouvelle inspection.


Je suis partagée entre l’excitation de me montrer et de m’abandonner à son regard, à ses mains et la sensation de déchéance de m’exposer à lui comme une bête de foire.


Que pense-t-il de ce spectacle ?

— Il s’amuse bien, glisse Rationnel à mon oreille.

— Il se régale, me rassure Animal. Tu lui plais, tu l’excites.


J’entends ses pas feutrés s’approcher de moi. Je tremble intérieurement, ignorant ce qu’il va me faire subir aujourd’hui. J’en ai peur, mais j’ai aussi envie de le découvrir. Ma fascination pour cette nouvelle relation ne fait qu’accentuer mon excitation lorsque je suis près de lui. Une vague de frissons me submerge lorsque je sens ses doigts glisser le long de mon échine. Sa caresse est légère et tendre.


Je lâche un gémissement lorsque ses mains s’emparent de mes fesses pour les caresser. Elles glissent sur ma peau avec une tendre sensualité.


J’aime quand il me touche comme ça.


Ses caresses me font oublier la honte de ma position pour laisser la place au désir d’abandon. Je l’entends se glisser derrière moi. Mes tremblements reprennent lorsque ses mains écartent mes fesses puis mes lèvres.


— Il t’excite et il le sait…


Je lâche un petit gémissement lorsque ses doigts écartent ma vulve, avant de s’y immiscer avec facilité et un léger bruit mouillé. Je sens mes muscles se contracter et se relâcher, prêts à happer les doigts de Mathieu au moindre contact. J’ai envie de les sentir en moi, qu’ils me donnent du plaisir, mais il n’y semble pas décidé.


Quelles idées a-t-il en tête ?


Je n’en ai aucune idée et c’est bien ce qui m’inquiète.


— Ne bouge pas, m’ordonne-t-il.

— Bi-ien, Monsieur.


J’écoute ses pas s’éloigner. Si je peux me fier à mon ouïe, il doit se diriger vers sa chambre. Puis, curieusement, le silence s’installe, seulement perturbé par ses pas très étouffés… trop étouffés ?

— Mais où est-il passé ? demande Rationnel, légèrement inquiet.

— Il la teste, tente Animal. Il évalue sa patience et son obéissance.

— Tu crois ? murmuré-je inquiète.

— Oui, glisse insidieusement Rationnel. À quatre pattes, un collier de cuir autour du cou, comme une petite chienne bien obéissante.

— Tais-toi. Ne dis pas ça comme ça. C’est dégradant.

— Ce qui est dégradant, c’est ta position ! me tance Rationnel.

— Laisse-moi, réponds-je entre mes dents en entendant les pas revenir vers moi. Le revoilà.


Les battements de mon cœur se font de plus en plus forts au fur et à mesure que ses pas se rapprochent. Mathieu s’arrête à quelques pas. Je redoute autant que je désire la suite des évènements. Sa présence pèse autant sur mes épaules que s’il se couchait sur moi mais elle ne m’étouffe pas pour autant.


— À genoux, m’ordonne-t-il simplement.


En silence, je m’assois sur mes talons, le regard baissé, non pas par simple soumission, mais parce que je ne parviens pas à faire autrement. Il m’enjoint de lever les yeux. Je m’exécute. Un gémissement d’effroi s’étrangle dans ma gorge en voyant ce qu’il tient dans les mains.

Diffuse en direct !
Regarder son live