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Quand l'élève est prête, le Maître apparaît...

Chapitre 25

Chapitre 25 : Premier week-end de soumission – Samedi - 5/5

SM / Fétichisme

Après une matinée extrêmement riche en découverte, alors que nous déjeunons, je me prends à espérer une après-midi plus calme.


— Va savoir ce qu’il te prépare… murmure Rationnel, avec sarcasme. Il est vicieux…

— Ouiiii ! Vicieux ! exulte Animal. Et ça te plaît, hein ? alleeez, avoue… Dis-le que ça te plaît.


Je ne pouvais pas le nier. Je n’imaginais pas prendre autant de plaisir en me faisant sodomiser. Quels autres plaisirs pouvait-il me faire découvrir après ça ? Des images de femmes attachées, suspendues, tourmentées par des experts commencent à défiler dans mon esprit. Je sens mes joues s’échauffer en me tortillant sur mon siège, ce qui ne manque pas d’échapper au regard aigu de Mathieu.


— N’en as-tu pas eu assez ? me demande-t-il d’un air moqueur.


Je baisse les yeux, les joues encore plus brûlantes.


— C’est que… je me demande ce que vous me réservez, Mon… Maître.

— Est-ce que cela t’inquiète ou t’excite ?


Je me mords la lèvre, fixant mon assiette maintenant vide.


— Les deux, je pense.

— Tu n’auras pas à t’inquiéter longtemps, dit-il en posant ses couverts dans son assiette. Occupe-toi de la vaisselle et rejoins-moi.


Sans un mot de plus, il se lève et part dans sa chambre, me laissant avec la vaisselle sale. Tout en m’interrogeant sur ses intentions, je débarrasse la table et vais laver assiettes, verres et couverts.


Je retrouve Mathieu dans le salon. Il est debout dans l’encadrement de la fenêtre grande ouverte, me tournant le dos. Mon regard suit le contour de sa silhouette. Sans être physiquement imposant, il émane de lui une force et une détermination qui le rendent fascinant. Je suis étonnée qu’à son âge il soit encore célibataire. Je vois bien, tous les jours, les regards des employées de la boîte. Elles le dévorent des yeux et la plupart d’entre elles souhaiteraient finir dans son lit pour plus si affinités.


— Si elles savaient ce qu’il ferait d’elles, me murmure Rationnel.

— Elles n’auraient pas ton cran, c’est certain, conclut Animal.

Elles sont probablement plus sexy et plus intelligentes que moi…

— Arrête de te déprécier, me hurlent les deux matous.

— Tu es bourrée de qualités, continue Rationnel.

— Dommage que ce salaud t’ait…

La ferme ! Ne parle pas de lui.


J’imagine Animal se ratatiner. Je frissonne à l’évocation de ce souvenir que Mathieu chasse en un instant, lorsqu’il m’invite à le rejoindre, sans se retourner. Je lui obéis silencieusement et m’agenouille à côté de lui, les yeux baissés.


— Voici ton exercice de cet après-midi.


Je lève les yeux et me mords la lèvre inférieure en voyant le meuble à quelques pas du canapé. Il s’agit d’un banc étroit en bois sur lequel se dresse un gode rose très réaliste.


— Tu vas te donner du plaisir devant moi.

— De… devant vous ?

— Bien sûr, répond-il en croisant les bras sur son torse, son regard fixé sur le mien.


Je sens mes joues brûler de honte. Je me sens incapable de le faire.


— Mais…

— Pourtant, dit-il en me caressant la nuque, tu l’as bien fait avec cette vidéo, non ?


Je me souviens de la vidéo que j’ai prise lorsque j’ai mis les boules de Geisha. Mais ce n’était pas pareil : nous n’étions pas dans la même pièce, je ne sentais pas son regard sur moi et surtout, je ne le voyais pas.


— Et tu as pris du plaisir ce matin, alors que tu savais que j’étais à côté.

— Oui, mais Maître…

— Me contredis-tu ? me demande-t-il d’un air faussement fâché.

— Vous n’étiez pas dans la pièce, continué-je sans tenir compte de sa remarque.

— M’as-tu vu ?

— Bien sûr que non… et…


Je réalise mon erreur : je ne l’ai pas vu avec moi, mais rien ne l’empêchait de m’observer dans mon dos. Et pire encore…


Je viens de le contredire !

— Petit agneau va être punie ! Petit agneau va être punie ! exulte Animal en sautant de joie.

— Et voilà, constate Rationnel, les pattes croisées. Tu as gagné.


Je baisse les yeux, vaincue. Non seulement je vais devoir m’exhiber devant lui mais en plus, il va me punir pour l’avoir contredit. Il ne me quitte pas du regard. Je n’ai pas le choix. Je commence à me lever, mais sa main glisse sur mon épaule et appuie dessus pour m’obliger à rester à genoux. Dans cette position humble, j’avance lentement vers le tabouret et me glisse derrière, face à Mathieu.


Je déglutis péniblement, louchant sur le pénis fièrement dressé devant moi. Je ferme un instant les yeux : il faut que j’imagine le sexe de Mathieu devant moi. Je dois faire comme s’il était allongé, nu, et que je devais le satisfaire, comme la bonne soumise que je suis.


Je passe délicatement la pointe de ma langue sur les lèvres et caresse le gode du bout des doigts. Je suis surprise de sa douceur et de sa chaleur. Mes doigts courent le long de la hampe, dessinent le contour du gland rose foncé. J’ai entendu parler de cette matière – un matériau élastomère doux destiné à imiter la sensation de la peau humaine, destiné aux jouets pour adultes – et je ne pensais qu’elle pouvait être aussi réaliste.


Je laisse mes doigts aller et venir le long de la hampe, la couvrant tout entière de caresse, dessiner les arrondis des testicules. J’en apprécie la douceur et l’élasticité. Cependant, il reste sec sous la pulpe de mes doigts : pas de transpiration, ni liquide pré-éjaculatoire pour m’aider à le lubrifier. Et évidemment, je n’ai pas de gel à portée de main et ne suis pas assez excitée pour humidifier mon antre. Je vais devoir le lécher pour le lubrifier. Je grimace à l’idée de son goût qui risque d’être fort désagréable.


Pour me laisser un peu de temps, je me redresse au-dessus du gode, la poitrine en avant, pour le glisser entre mes seins. Le contact entre le jouet et ma peau est vraiment très agréable. Je commence par de lents va-et-vient puis, saisissant mes seins à pleines mains, les resserre contre gode. J’entends alors un soupir de satisfaction. Il n’a sans doute pas envisagé que je pourrais lui prodiguer cette caresse qui, d’après les rumeurs, est très appréciée des hommes. Je dois reconnaître que c’est une manière très agréable de contrôler le plaisir masculin.


Je penche la tête en avant, jusqu’à ce que mes lèvres touchent le gland synthétique. Je ferme les yeux et me lance. Je dessine du bout de la langue le contour du gland. Je suis agréablement surprise de ne lui trouver ni le goût de plastique, ni celui de latex... en fait, il n’en a aucun.


Non, vraiment aucun goût.


La sensation est vraiment curieuse car le lécher n’est ni spécialement agréable, ni désagréable. Je préfère lécher le sexe de Mathieu, qui est légèrement salé. Je me redresse et recule à genoux pour me pencher en avant et enserrer la couronne entre mes lèvres. Ma langue parcourt à nouveau le gland. Je n’ose pas lever les yeux vers mon Maître, dont je sens le regard peser sur moi. Je laisse glisser mes lèvres le long du membre, qui remplit progressivement ma bouche et remonte lorsque je sens le gland toucher ma gorge.


Je ne le voyais pourtant pas si long.


Malgré la douceur du matériau, celui-ci ne glisse pas si bien entre mes lèvres. Je laisse alors ma salive couler le long de la hampe qui coulisse de mieux en mieux. Je descends à nouveau, resserrant mes lèvres autour du gode avant de remonter en les desserrant. Je relâche le gland pour le lécher avec application, tout comme je le fais avec le membre de mon Maître. Je pourrais y associer un mouvement de la main, mais je crains de retirer la salive qui le lubrifie correctement pour le moment. Cependant, je caresse avec tendresse les testicules. Je suis surprise de leur moelleux mais j’en apprécie la douceur.


Mes mouvements restent lents pour laisser ma salive lubrifier le sex-toy. Je m’imagine maintenant m’accroupir dessus. L’idée commence à me plaire, à m’exciter. Plus que donner du plaisir à Mathieu, j’ai envie d’en prendre, juste pour moi.


Je me redresse au-dessus du gode et frotte doucement mes lèvres humides contre le gland enduit de ma salive. Lentement, je le sens s’enfoncer en moi, étirant mes chairs tendres et humides. J’ose lever les yeux vers Mathieu. Celui-ci m’observe, un brin de satisfaction dans le regard. Mes lèvres s’étirent en un sourire sensuel alors que je me relève, resserrant mes muscles autour de la couronne du gode. Je laisse mon bassin onduler légèrement avant de redescendre toujours très délicatement, tant pour m’habituer à l’épaisseur de la verge synthétique que pour attiser le désir de Mathieu. Je lâche un gémissement de plaisir lorsque le gode est entièrement en moi.


Je me penche en arrière, mes mains prenant appui sur le banc, au-dessus de mes fesses. Mathieu a une très belle vue sur le jouet qui me pénètre, mes lèvres humides et écartées pour l’accueillir. Assurant mon appui sur ma main gauche, je relâche la droite pour la porter à mon sexe. Du bout de mon index et de mon annulaire j’écarte la naissance de mes lèvres pour libérer mon clitoris. Je laisse mon majeur dessiner des cercles autour de mon bouton de plaisir, larges pour commencer, puis de plus en plus étroits. Je le sens se gonfler sous la pulpe de mon doigt. Des vaguelettes de plaisirs déferlent de ce petit point sur tout mon corps. Mes gémissements se font de plus en plus sonores.


Abandonnant mon clitoris, je force sur mes abdominaux pour changer de position et me redresser. Mon bassin ondule spontanément autour du gode alors que mes mains empaument mes seins pour les masser. Fermant les yeux, j’imagine Mathieu assis derrière moi, ses cuisses enserrant les miennes, ses mains malaxant ma poitrine avec vigueur. Mes mains essaient tant bien que mal d’imiter ses mouvements, sans succès. Leurs caresses me sont agréables, mais pas aussi stimulantes que celles de mon Maître.


Après avoir ondulé d’avant en arrière, mon bassin décrit des cercles autour du mât de plaisir solitaire, comme si je faisais du Hula hoop. Il masse l’intérieur de mon antre moelleux avec des bruits mouillés aussi obscènes qu’excitants. Mais ils ne me gênent plus. Je n’en ai plus honte. Ils sont les témoins bruyants du plaisir qui grandit dans mon bas-ventre.


Est-ce le gode qui me fait cet effet ou le regard de Mathieu qui m’excite autant ?


Cessant mes ondulations, j’entreprends de longs et lents va-et-vient. Cependant, la position n’est pas très agréable. Je sens rapidement les muscles de mes jambes chauffer et devenir douloureux.


Je dois tenir. Je dois tenir.


Pour reposer un peu mes jambes, je me rassois, les cuisses bien écartées de chaque côté du banc. Je prends appui avec les mains sur l’avant du banc pour reprendre mes allers-retours le long du manche. Je relève la tête pour lui offrir une belle vue sur ma poitrine qui danse en rythme avec mes mouvements. Mathieu tourne autour de moi, m’observant. Il s’arrête sur ma gauche et me caresse le dos. Ses doigts glissent le long de ma colonne vertébrale, m’arrachant des frissons de plaisir avant de saisir mes cheveux pour me tirer la tête en arrière. Je lâche un gémissement dans lequel se mêlent douleur et surprise.


— Tu ne pensais pas jouir sans mon autorisation, j’espère ?

— N-non, Maître… réponds-je en m’immobilisant.

— Ça te plaît tant que ça de t’exhiber devant moi ?

— Devant vous… oui, Maître. Mais…

— Mais ? demande-t-il en tirant un peu plus sur mes cheveux.

— Je... je… marmonné-je en grimaçant de douleur. Je préfère que ce soit vous à la place de ce jouet.


La tension sur mes cheveux se relâche si brusquement que ma tête bascule en arrière avant de se redresser. J’entends Mathieu se glisser derrière moi. Ses mains s’emparent de mon bassin et me soulève pour me libérer du gode dans un grand bruit mouillé. Je gémis sous ce retrait rapide.


— Lève-toi.


Toujours guidée par ses mains, je m’exécute, gardant les mains en appui sur le banc.


— Parfaite, murmure-t-il en retirant l’une de ses mains, sûrement pour déboutonner son pantalon. Tu es vraiment parfaite.


Je n’ai pas le temps de répondre qu’il me pénètre assez rapidement, profitant du passage laisséla par le sex-toy. Ses mains, maintenant sur mes hanches, m’imposent un rythme rapide et une pénétration à chaque fois plus forte et plus profonde. À chaque fois qu’il s’enfonce en moi, j’entends le clac sonore de son corps contre le mien. Je ne contrôle plus rien, il a mainmise sur tout : mon corps, mon plaisir, ma jouissance. Ses mouvements se font de plus en plus rapides. Dans cette position, ils me semblent plus amples, et plus profonds.


Soudain, une claque sur ma fesse droite m’arrache un cri de douleur très rapidement suivie d’une seconde sur la gauche.


— Pour m’avoir contredit tout à l’heure.

— Je… ne… dois… plus… vous… contredire, réponds-je entre deux allers-retours. Je vous remercie humblement de me le rappeler.

— Ooooh oui…


Comme s’il s’agissait des mots qu’il attendait, ses doigts s’enfoncent douloureusement dans mes muscles et un cri rauque s’élève dans la pièce tandis qu’il jouit une nouvelle fois en moi. Mon orgasme survient juste avant qu’il ne se retire.


— S’il… s’il vous plaît, le supplié-je. Restez encore un peu.

— Avec plaisir.


Ses bras enlacent ma taille tandis qu’il me tire vers le bas pour m’asseoir sur lui. Je laisse ma tête basculer en arrière, contre son épaule tandis que les muscles de mon bas-ventre se contractent, resserrant la gaine autour de son sexe qui commence à ramollir. Quelques spasmes me secouent le corps alors que je me laisse envahir par la jouissance. Je laisse mes mains descendre entre mes cuisses pour lui caresser les testicules. Il tressaille sous cette caresse-surprise puis soupire, laissant mes doigts caresser ses bourses.


— Tu es vraiment très surprenante, me murmure-t-il à l’oreille.

— N’est-ce pas ce que vous attendez de moi, Maître ?

— Oui, ça en fait partie. Allez, va te nettoyer et te reposer. Je viendrai te chercher pour dîner.


Il accompagne ses derniers mots d’une petite claque sur la cuisse. Mi-frustrée, mi-satisfaite, je me lève et file vers la salle de bains pour une petite toilette. Ayant laissé la porte de la salle de bain ouverte, je l’entends au téléphone.


— Bonjour, Mathieu Guillermo. Excusez-moi de vous déranger… C’est gentil de votre part, merci. Avez-vous toujours le modèle que j’avais repéré la semaine dernière en quarante-quatre ?... Oui ?... Parfait… Oui si ça ne vous dérange pas. Vers dix-neuf heures ? Ce sera parfait merci. Oui aussi, ça sera bien… Hmmm… trente-neuf si je ne m’abuse… Parfait, je vous remercie. À tout à l’heure.


Alors que je sors de la salle de bain, je le vois ranger son téléphone portable dans la poche de son pantalon. Il me sourit en me faisant signe d’approcher. Je lui obéis sans aucune hésitation. Il me tend un bras, comme pour m’inviter. Je me blottis contre lui. Il dépose un baiser sur ma tête.


— Tu vas te reposer un peu, me dit-il.

— Je… je ne suis pas fatiguée, Maître. Nous pouvons continuer.

— Nous nous arrêterons là pour aujourd’hui. Tu vas te reposer. Je viendrai te réveiller pour le dîner.


Son ton ferme ne permet aucune réponse. Je le laisse retirer le collier de cuir et vais me coucher dans la chambre d’ami. Le sommeil me surprend au bout de quelques minutes, un sommeil doux, sans rêve, réparateur.

* * * * *

Il fait très sombre dans la chambre d’ami, lorsque j’ouvre les yeux. La nuit est déjà tombée. Je me redresse lentement. Machinalement, je pose la main sur mon cou. Je me sens soulagée au contact du cuir sous mes doigts.


— Tu aimes, ça, hein, petit agneau ? me demande tendrement Animal. Tu t’es bien comportée.

— Tu es inconsciente ! me tance Rationnel. Va savoir jusqu’où il aurait pu aller !

— Il s’est arrêté sans que je le lui demande, constaté-je. Peut-être que l’on aurait pu aller plus loin.

— Oh ça oui ! poursuit Rationnel. Et qu’est-ce que ce sera la prochaine fois ? Le fouet ? La cravache ?

— Oh oui ! Oh oui ! glapit Animal en sautillant.

— Arrêtez, vous deux, les grondé-je en me levant. Je ne le saurais que lorsqu’on y sera.


Je m’étire longuement et retourne dans le séjour. Je ne vois pas Mathieu, mais j’entends sa voix dans le couloir.


— Merci. Vous avez été rapide.

— Votre demande a été très précise, monsieur, répond une voix inconnue. Vous avez eu de la chance : c’était la dernière en stock.

— Encore merci.

— Ravi de vous compter parmi nos clients, monsieur. À très bientôt.


J’entends la porte se fermer et je vois Mathieu revenir, une boîte noire entre les mains. Je suis surprise de le voir tout en noir, veste, chemise et pantalon.


— Bien, je vois que tu es réveillée. Reposée ?

— Oui, Maître, lui réponds-je avec déférence.

— Approche. J’ai un cadeau pour toi, dit-il avec un sourire énigmatique.


Je lui obéis. Il me tend la boîte en me disant d’aller me préparer pour le dîner avant de m’ôter le collier. Je lui obéis en silence et gagne la chambre.


* * * * *

Alors que Clémence regagne la chambre d’ami le paquet entre les mains, la sonnette de l’entrée résonne à nouveau. Mathieu ouvre la porte et laisse entrer un homme chargé de plusieurs boites.


— Bonsoir, monsieur Guillermo, lui dit l’homme en entrant dans l’appartement.

— Bonsoir, Etienne. Merci d’être venu au dernier moment.

— Pas de problème, monsieur. Je vous dépose tout cela à la cuisine ?

— Merci, Étienne.

— Bien, monsieur.


Étienne se rend à la cuisine. Il connaît bien l’appartement pour y avoir déjà servi lors des rares réceptions que Mathieu y avait organisées. Laissant Étienne au déballage des plateaux, Mathieu prépare l’apéritif sur la terrasse. Son éternel scotch avec un glaçon et pour Clémence, un petit Jurançon bien frais, son autre péché mignon avec le Pineau. Il lève les yeux vers le ciel dans lequel commencent à scintiller les étoiles. Il apprécie toujours autant le calme qui règne dans le quartier à la tombée de la nuit.


— C’est comme si tu étais seul au monde, n’est-ce pas ?

— Oui. Ça a du bon d’être seul.

— L’homme est un animal grégaire, qui a besoin de ses semblables.

— Je ne suis pas un homme.

— Cesse de te mentir. Tu meurs d’envie d’être avec elle.


Il n’aurait jamais imaginé qu’elle acceptât d’aller aussi loin : l’humiliation de la fessée et du lavement, la sodomie, la douleur… non seulement elle les a acceptées mais elle en a joui, plusieurs fois. Ce corps qui paraît si fragile semble cacher des ressources inestimables. Jusqu’où acceptera-t-elle d’aller ? Pour son plaisir à lui mais aussi pour le sien ? Elle semble prendre chaque épreuve qu’il lui impose comme un défi à relever.


— Elle finira par me rejeter.

— Si tu lui en donnes l’occasion, oui, elle le fera.

— Autant s’y préparer maintenant car…


Le débat avec son loup intérieur est interrompu par Étienne qui lui indique que les plateaux sont prêts. Mathieu regagne le salon pour régler le traiteur qui lui souhaite, avec un air goguenard, une bonne soirée.


À peine la porte d’entrée est-elle fermée que celle de la chambre s’ouvre. Clémence semble hésiter à en sortir. Mathieu lui fait signe de le rejoindre sur la terrasse. Un profond sentiment de satisfaction l’envahit. La robe qu’il a choisie pour elle lui va à merveille. Une robe portefeuille noire dont le profond décolleté et la taille empire mettent en valeur la poitrine de la jeune femme. Elle dessine admirablement la forme de son corps, l’arrondi de ses fesses, la courbe de ses hanches. S’arrêtant à mi-cuisses, elle dévoile de belles jambes dont le galbe est tout aussi mit en valeur par les chaussures à talon-aiguille. Il lui sourit en lui offrant son verre. Il admire la démarche souple de la jeune femme qui, bien que peu habituée à ce genre de tenue, est plus que sensuelle.


* * * * *

Je n’arrive pas à en croire mes yeux en me voyant dans le miroir. La robe que contenait le carton noir semble être faite sur-mesure. J’ai beau me tourner et me retourner pour m’examiner sous tous les angles, je ne lui trouve aucun défaut.


— Elle a dû lui coûter une blinde ! s’exclame Animal, les yeux prêts à sortir de leurs orbites.

— Il est clair qu’il y a mis les moyens, approuve Rationnel. C’est une robe de grand couturier, ça.

— Oui, je ne peux pas le nier. Mais je ne peux rien porter en-dessous. Elle me colle trop à la peau.

— Il l’a fait exprès ! s’exclament-ils en même temps.


Les deux pans de la robe se referment en un profond décolleté qui s’arrête bien en-dessous de mes seins, au point que l’on en voit la naissance.


— Juste assez pour exciter, commence Animal.

— Mais pas trop pour éviter la vulgarité, conclut Rationnel.


Je glisse les pieds dans les chaussures qui avaient accompagné la robe et en resserre la lanière autour de ma cheville. Tout comme la robe, ces chaussures me vont parfaitement. Je m’apprête à sortir lorsque j’entends une voix saluer Mathieu et la porte d’entrée se fermer. Prenant mon courage à deux mains, je sors de la chambre.


Je vois Mathieu sur la terrasse qui m’invite à le rejoindre. Peu habituée à des talons aussi hauts, j’essaie de garder mon équilibre et d’avoir une démarche la plus naturelle possible. Je sens son regard suivre le contour de mon corps comme une caresse langoureuse qui en dessinerait chaque courbe. Il me tend un verre rempli d’un liquide doré. Je le rejoins et saisis délicatement le verre.


— J’espère que ce week-end sera le premier d’une longue série, me dit-il.

— C’est tout ce que je souhaite, Maître.


Le tintement de nos verres résonne comme un doux bruit entre nous. Lorsque je le porte à mes lèvres, le délicat parfum de Jurançon me caresse les narines.


— Vous pensez vraiment à tout, Maître.

— N’est-ce pas mon devoir que tu te sentes bien avec moi ?

— Je n’imaginais pas que vous iriez jusque-là. Ces cadeaux me semblent trop somptueux pour moi.

— Et s’il me plaît de t’en offrir ?


Je ne veux pas qu’il m’entretienne comme une maîtresse ou bien qu’il me couvre de cadeaux comme une sorte de paiement pour le temps passé avec lui.


— Ne crois pas que je te traite comme une prostituée, me dit-il semblant deviner mes pensées.


Je rougis à ses mots : suis-je vraiment comme un livre ouvert pour lui ? Je prends une gorgée de vin comme pour me donner du courage, mais garde les yeux baissés sur le liquide doré.


— Sache que nous serons amenés à sortir, à rencontrer d’autres maîtres, des maîtresses et des soumis. Je tiens à un certain dress-code. Aussi tu t’habilleras ainsi que je le souhaite.

— Ah ? Très… très bien, Maître.


Je pensais jusque-là que je ne me soumettrais à lui qu’en privée. Mais il semble avoir une vie « sociale » dans son monde assez développée pour me la faire découvrir et vivre.


— D’ailleurs, j’ai encore quelque chose pour toi.


Il fouille dans sa poche de pantalon et en sort un sachet en velours noir. Il me le tend et m’ordonne de l’ouvrir. Mes doigts tremblants peinent à défaire le nœud du lacet qui le ferme. Quoiqu’il contienne, j’en suis tout émue. Essayant de contrôler mes tremblements, je l’ouvre. Je bafouille en en découvrant le contenu.


— Oh, mon Dieu, Maître ! Quelle… quelle merveille !


Je sors un ras-du cou en argent, large de trois centimètres, orné d’un anneau encadré auquel est accrochée une tête de loup. J’en ai les yeux qui me brûlent d’émotion. Je sens une larme rouler sur ma joue. Il pose sa main chaude contre elle et l’essuie du pouce avant de le lécher sensuellement.


— Je n’aurais pas pensé que ça te mettrait dans cet état.

— Il… je…


Je ne sais pas quoi dire. Les mots me manquent.


— Tu le porteras au quotidien, en dehors des séances. C’est la preuve que tu es mienne, me dit-il d’une voix profonde. Personne ne le contestera.

— Mer-merci, Maître, lui réponds-je en lui tendant le collier pour qu’il me le mette.

— Tu m’appartiens, reprend-il en me le passant autour du cou. À moi et à moi seul.


Le collier se resserre délicatement autour de mon cou. Mon cœur bas à tout rompre. Des larmes roulent sur mes joues.


— Je porterai ce collier avec fierté, car il est la marque de ma dévotion envers vous.


Il fait glisser son petit doigt entre le collier et ma peau pour vérifier qu’il n’est pas trop serré. Ce geste me fait toujours autant frissonner : il signe le début de nos séances, le début de mon abandon, le début de ma soumission.


— Soyez mon guide, lui ronronné-je malgré moi. Soyez mon Maître.

— Avec plaisir, Clémence, me murmure-t-il avec sensualité.


Il dépose un baiser sur ma nuque et m’invite à terminer mon verre pour aller dîner.


Le reste de la soirée contraste énormément avec tout ce que je viens de vivre. Mathieu a fait appel à un traiteur pour le dîner. Après un voyage au Japon hier soir, nous revenons en Europe, en Italie plus précisément. Le dîner est succulent et, l’alcool aidant, Mathieu se livre un peu plus.


Mathieu me raconte son retour du Japon, à l’annonce du décès de son père et comment il a rencontré Christophe, notre directeur, dans le bar où il travaillait à son retour. Christophe était un client régulier et les deux hommes s’étaient rapidement liés d’amitié en se révélant leur passion commune : les livres. Christophe avait en projet de monter une boîte d’édition, mais ne se sentait pas les épaules assez solides pour le faire seul. Mathieu, toujours à la recherche de nouveaux défis, accepta sa proposition. Ainsi naquit un projet, rédigé à la va-vite sur une serviette de bar : les éditions La Brunante venaient de voir le jour.


Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. J’aimerais en savoir plus sur son vécu au Japon avec son Senseï et Aiko. Mais il ne semble pas vouloir en parler maintenant. J’en suis très frustrée mais je ne suis pas du genre à presser les autres de questions pour satisfaire ma curiosité. S’il désire m’en parler, il le fera. À moi de me montrer patiente.

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