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Relation toxique

Chapitre 1

Traquée

Lesbienne

[Dans un centre hospitalier régional, des sentiments interdits entre consœurs. Sur l’autoroute 20, un drame qui deviendra élément déclencheur. Passion, déception, jalousie, désespoir: dans cet univers lesbien, jusqu’où les sentiments peuvent-ils conduire lorsqu’un triangle amoureux doit faire face à son destin?]

 Au Centre des congrès de Montréal, la salle était remplie à pleine capacité, comme à l’accoutumée pour ce genre d’événement. De tous les coins du pays s’étaient rassemblés médecins, intervenants, chercheurs, et, bien sûr, proches aidants impliqués dans la communauté, tous réunis afin d’assister à cette conférence qui clôturait le congrès annuel de l’Association Canadienne du Diabète.

 Devant un public conquis, la présentatrice concluait sa prestation :


 - Il faut prendre conscience de la responsabilité qui nous incombe. Nous devons faire en sorte que l’espérance de vie de la prochaine génération ne connaisse pas le déclin redouté par les récentes statistiques. L’obésité est plus que jamais une menace pour la population industrialisée. C’est maintenant qu’il faut agir!


 Un tonnerre d’applaudissements approbateurs retentit dans l’enceinte. La conférencière remit le micro au MC :


 - Merci, merci, docteure LeBel, pour cette grande présentation!


 La main d’acclamation s’estompa finalement dans la salle, laissant place à des murmures épars.


 - Permettez-moi, chère docteure, reprit le maître de cérémonie, au nom de l’Association Canadienne du Diabète, de vous remettre notre prix annuel Frederick-Banting pour l’excellence de vos recherches.


 Une nouvelle salve d’applaudissements accompagna la récompense remise à Alicia LeBel qui, saisie d’une bouffée de chaleur mais néanmoins toute souriante, l’accepta à la tribune-même avec un timide ‘merci’.


 - N’oubliez pas, chers congressistes, conclut le présentateur, que docteure LeBel sera présente dans le lobby pour dédicacer votre exemplaire de son tout dernier ouvrage ‘L’obésité, ennemie No 1 de la génération à venir’.


 Alicia LeBel n’avait jamais cherché la gloire, la célébrité l’ayant spontanément gagnée au cours de sa pratique médicale. Vulgarisatrice hors-pair, elle savait, par son langage simple et imagé, faire passer ses messages auprès de son auditoire. La jeune femme approchant la mi-vingtaine avait à cœur la question qui était le thème de sa conférence, la praticienne côtoyant régulièrement dans ses fonctions d’urgentologue à l’hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe les affections résultant de ce fléau que constituent le surplus de poids et l’obésité : crises d’hyperglycémie allant au coma, en plus des problèmes cardiovasculaires tels l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde et l’insuffisance rénale chez des gens aux prises avec un diabète non contrôlé, accidents de la route causés par la somnolence chez des chauffeurs souffrant d’apnée du sommeil, chutes et fractures causées par l’usure prématurée des articulations des membres inférieurs, et on en passe.

 Alicia prêchait également par l’exemple. Sa stature d’un mètre quatre-vingts associée à une masse corporelle musclée de soixante kilos faisait d’elle une personne élégante et au physique attirant. Adepte de sports depuis l’enfance, elle avait développé des fesses et des cuisses de nageuse olympique, tout en conservant une féminité qui faisait toutefois d’elle une collègue et une compagne remplie d’entregent et au commerce on ne peut plus agréable.

 Installée à la table où, assise, elle répondait de bonne grâce aux demandes de ceux et celles qui lui sollicitaient une dédicace, elle sentait graduellement la tension baisser. Elle s’était certes bien préparée pour sa conférence, cependant le trac qui est toujours au rendez-vous avant toute prestation en public avait miné une partie de ses énergies.

 Alicia était vêtue sobrement. Un traditionnel tailleur deux-pièces beige dont le veston couvrait un chemisier de soie blanche. Afin de soulager sa bouffée de chaleur, elle s’était ouvert deux boutons, laissant entrevoir discrètement un soutif bleu-turquoise dans lequel transpirait doucement une poitrine de taille moyenne. Sous sa jupe se cachait un string de même couleur, orné de ses éternels papillons multicolores. Elle sentait son cou moite de sueur, ayant laissé tomber ses cheveux noirs mi-longs sur ses épaules, contrairement au contexte du travail où elle les tenait toujours attachés en queue-de-cheval.

 Cette tenue un peu trop guindée pour elle contrastait avec celle, quotidienne, qu’elle portait habituellement au boulot. L’uniforme de coton bleu poudre que portaient en effet les membres du personnel de l’urgence de l’hôpital était nettement plus confortable pour ne pas dire ergonomique : un T-shirt ample à encolure en V et un pantalon, complétés par le port de sabots de silicone, rendaient les mouvements beaucoup plus aisés et permettaient une meilleure ventilation de l’épiderme. N’étaient pas rares dans ces circonstances les occasions où Alicia donnait aussi congé à son soutien-gorge afin de permettre à ses seins de se balancer librement sous son haut au rythme de ses mouvements, ce qui permettait entre autres à certains internes de se rincer l’œil lorsqu’elle devait s’incliner afin de procéder, par exemple, à une intubation endotrachéale ou à l’installation d’une canule artérielle.


 Dans cette tenue donc, tous les membres du personnel se fondaient en une seule équipe. En effet, docteure LeBel n’était ni hautaine, ni arrogante, ce qui faisait d’elle une patronne appréciée. Jamais elle ne traitait les infirmières et les préposés comme des subalternes. Tous faisaient partie d’un ensemble, chacun ayant un rôle qui complétait celui des autres. Son jugement clinique raffiné, la justesse de ses diagnostics ainsi que son habileté technique faisaient le bonheur de ses collègues de travail tout en abaissant d’un cran le stress constant enrobant les activités au sein de cette unité de soins critiques.

 La première vague d’admirateurs passée, une élégante rouquine se présenta devant la table. La jeune femme, approchant la mi-vingtaine également, de taille moyenne et à l’allure légèrement désinvolte, affichait un sourire radieux, presqu’espiègle. Elle tendit à l’auteure un exemplaire de son bouquin :


 - Bonjour docteure LeBel! Vous voulez me faire une dédicace?


 Alicia leva les yeux et sourit :


 - L’obésité est un sujet qui t’intéresse?

 - C’est pas pour moi, c’est pour l’autre, répondit l’interlocutrice en se flattant un bas-ventre encore très plat.

 - Sophie! soupira la doc en conservant son sourire. Tu n’as été inséminée qu’avant-hier soir. Tu ne sais même pas si tu es enceinte.

 - Ben, j’ai les seins qui me picotent depuis ce matin. C’est pas un signe, ça?

 - Bon, d’accord. Je te fais ça en rouge. Juste pour toi.


 Alicia saisit le stylo et s’affaira sur la page de garde de l’ouvrage :

 ‘À ma belle biche d’amour, bonne lecture! De ton éternelle, XXX’


— Oh merci, docteure! Ce sera mon livre de chevet pour les prochaines semaines.

 - Oui, et si tu as besoin d’explications supplémentaires, n’oublie pas que je ne serai jamais loin.


 Une ombre couvrit soudain la conversation entre les deux complices. Une silhouette se dressa devant Alicia alors que Sophie reculait de quelques pas.


 - Docteure LeBel? Bonjour! Je peux? demanda l’inconnue en déposant sur la table son exemplaire de l’ouvrage.


 Alicia se pencha au-dessus du livre afin de rédiger sa dédicace. Un arôme de bergamote et de citron envahit alors ses narines. Levant la tête, elle aperçut une femme qui lui sembla d’assez haute stature, sa tête de forme oblongue rappelant une Céline Dion, mais en légèrement plus arrondi. Des cheveux auburn raides mais courts coiffaient sa tête, la longue frange occultant toutefois presque la moitié du visage. L’arcade sourcilière droite était discrètement ornée d’un anneau. Un tailleur presqu’identique à celui de celle qui venait de se faire interpeller habillait la finesse de ce corps élancé.

 Était-ce le ton de la voix ou l’envoûtement du parfum? Pour une raison qu’elle ne put expliquer sur le moment, Alicia sentit sa bouffée de chaleur migrer vers son bas-ventre.


 - Vous… vous vous intéressez au sujet? s’hasarda l’auteure.

 - Je suis endocrinologue, donc extrêmement sensibilisée et hautement intéressée par votre présentation, répondit l’autre femme d’une voix suave arborant l’assurance de la trentaine.


 Le livre fut repris des mains d’Alicia, non sans que ces dernières eussent été frôlées par celles de la requérante.


 - Vous avez devant vous une de vos plus ardentes admiratrices, docteure LeBel. Je suis toutes vos activités publiques depuis l’histoire de l’épidémie de Sainte-Marie-du-Chapelet.

 - Vous… m’en voyez ravie, docteure, sembla balbutier la femme toujours assise à la table.


 Pour Louise-Josée Fortin, ce moment était l’aboutissement d’une longue quête. Cette femme au lourd et tumultueux passé amoureux venait de s’adresser à son idole envers laquelle, elle ne s’en cachait pas, elle éprouvait beaucoup plus que de l’admiration. Alicia LeBel occupait ses pensées depuis plusieurs mois déjà. Celle qu’on aurait pu qualifier de prédatrice avait en effet suivi ses performances depuis l’enquête menée par l’urgentologue dans l’histoire de cette fameuse épidémie (Nda : lire ‘Le Village en folie’) qui incitait les habitants de ce petit village de la Montérégie à des comportements déviants sur le plan sexuel.

 Louise-Josée n’en était pas à sa première. Toutes ses anciennes liaisons (il y en avait bien une demi-douzaine) auraient été unanimes à déclarer que cette femme cupide était non seulement une voleuse mais également une briseuse de cœurs. Une voleuse d’âmes aussi, s’il eut fallu en croire les amours éconduits qu’elle avait poussés au suicide et qui maintenant étaient réduits au silence.

 Se trouver en présence de la célèbre Alicia LeBel avait provoqué chez la femme la libération d’une double dose d’endorphine et de cyprine. Depuis longtemps, elle avait planifié ce moment, traquant au détail près les activités de la professionnelle. Telle une lionne affamée, sa victime choisie puis cernée, elle allait passer à l’étape suivante : étudier de près sa proie et identifier ses points faibles.

 (À venir : En chasse)

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