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Relation toxique

Chapitre 11

Amoureuse jusqu'à la mort (partie I)

Lesbienne

[Note aux lecteurs : Vous appréciez les péripéties de Sophie, Alicia, et Catherine ? Sachez que leurs histoires possèdent une chronologie, la première aventure s’intitulant ‘L’Envol des tourterelles’. Faites la connaissance de nos trois gouines et, à la suite d’un chapitre, déposez un commentaire à leur intention. Qui sait, elles vous répondront peut-être ! Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter l’auteur par messagerie privée.]

Parmi toutes les paroles pouvant être dites ou prononcées, certaines revêtent un caractère spécial, solennel, particulièrement lorsqu’elles véhiculent en elles une notion d’engagement ou de promesse. Porteurs d’espoir, certains propos ont ce pouvoir de susciter non seulement des attentes mais aussi un sentiment d’assurance, mettant dans l’expectative (et souvent dans une joie anticipée) ceux ou celles à qui ils sont destinés.

La pleine portée de ces promesses ne prend cependant toute sa valeur pour leurs bénéficiaires que si leur accomplissement se manifeste, autrement toute attente se transforme rapidement en une double déception : celle de ne pas voir s’accomplir la chose promise, et celle, souvent amère, accompagnant le sentiment de voir trahie sa confiance investie dans la parole d’engagement.

- Je ferai tout pour éviter de vous voir vivre une rupture, mes belles tourterelles. Je m’en suis fait la promesse lorsque vous m’avez adoptée dans vos vies.

Tel avait été le serment prononcé devant le couple Durocher-LeBel par Catherine Blondin à la suite de leur première aventure commune au Resort de StoryX Island (Nda : lire ‘Le Resort’). Après avoir, bien involontairement, failli causer la séparation des deux gouines à l’époque, la jolie blonde s’était alors juré de ne jamais laisser de nouvelles circonstances menacer à nouveau l’avenir du couple.


Une première occasion de tenir sa promesse s’était déjà présentée pour la femme qui maintenant partageait la vie commune d’Alicia et de Sophie, dans l’histoire de l’épidémie du petit village de Sainte-Marie-du-Chapelet (Nda : Lire ‘Le Village en folie’). C’est en effet en sermonnant vertement Alicia qui, bouleversée, avait alors quitté Sophie, que Catherine était parvenue à lui faire comprendre le comportement erratique et involontaire de son amoureuse alors contaminée par ce virus qui l’avait conduite vers un acte dégradant de zoophilie. Que le lecteur se souvienne des conséquences dramatiques qu’avait alors évitées cette opportune intervention de la part de l’amante que se partageaient nos jeunes amies.

- Ta promesse, Catherine, souviens-toi de ta promesse !

Devant son amoureuse agonisante, Alicia venait aujourd’hui de placer ses derniers espoirs dans cette parole d’engagement qu’avait, quelques années auparavant, adressée Catherine aux deux tourterelles en reconnaissance de leur amour et de leur bienveillance à son égard.

Imperturbables, les tonalités du moniteur de saturation d’oxygène poursuivaient leur longue descente infernale, les valeurs numériques clignotant maintenant silencieusement en rouge sur l’écran multipistes et le visage grisâtre de Sophie affichant dramatiquement son urgent besoin d’oxygénation. Quelques extrasystoles d’origine ventriculaire venaient à l’occasion lézarder l’écran du cardioscope, témoignant d’un myocarde au seuil de l’affolement, risquant ainsi à tout moment de précipiter la patiente vers une arythmie fatale.

Une maman qui pleurniche en tenant la main cyanosée de sa fille :


— Sophie, ma puce, ma petite puce ! Mon bébé!


Une amie posant une main sur l’épaule d’une mère éplorée, tentant péniblement de consoler cette dernière.

Une conjointe au désespoir, suspendue à une promesse dont l’accomplissement semble relever de l’impossible...

Plus loin, une intensiviste se tenant stoïquement dans un coin, un constat de décès à la main, prêt à signer.

De lourds et troublants sentiments agitaient à présent l’esprit de Catherine : l’immense chagrin de voir partir une amie de cœur ; la déception, la frustration, voire la rage d’avoir échoué dans sa tentative de changer les choses ; la vive appréhension reliée au fait d’avoir à recoller les morceaux d’un cœur brisé par cause de son échec.

Un impérieux sentiment d’urgence et d’imminence prédominaient cependant toujours dans son cœur. Tant qu’il y a vie, il y a espoir, mais que faire ? Il faut comprendre que lorsqu’une question sentimentale peut se régler avec des mots, le temps nous vient quelquefois en aide mais, à quelques secondes de la mort, le même élément sait se transformer en un adversaire sans merci qui ne nous laissera pas de jeu.


Elle-même sur le point d’abandonner tout espoir, la femme aux cheveux blonds tourna son regard vers celui, se voulant soudainement plus complice, de Carl. Aux yeux interrogateurs de l’infirmière l’inhalothérapeute répondit en adressant discrètement du menton un geste en direction de la tête de la patiente inerte et agonisante.


- La tête ? se mit-elle à réfléchir.


Devant l’incompréhension de la fille, l’inhalo insista en répétant son geste, cette fois-ci d’une façon plus ostensible.


- La sonde endotrachéale ? Mais si ! comprit la fille en se remémorant le mini-cours auquel elle avait eu droit peu de temps auparavant.


Sans attendre davantage, Catherine s’approcha de Sophie et, saisissant rapidement entre ses doigts son tube respiratoire, enfonça ce dernier très profondément au fond de sa gorge pour ensuite lui faire reprendre sa position première.

La réponse fut aussi violente qu’instantanée.

Soudainement stimulé par la sonde interne qui venait de buter contre la carène, ce sensible point de jonction où prennent naissance les deux bronches souches, tout le corps de la rouquine paraissant jusqu’alors paralysé fut saisi d’intenses secousses causées par la toux réflexe ainsi engendrée. Pendant plusieurs secondes, tous assistèrent à l’agitation frénétique de la fille dont on voyait même la tête sursauter sur l’oreiller et les deux jambes sur le matelas sous l’intensité de l’action des muscles abdominaux en transe. Une profonde et rapide inspiration suivie d’une autre expiration forcée s’ensuivit, faisant de nouveau siffler l’air à travers le tube respiratoire.

C’est comme par miracle qu’à l’étonnement général une respiration profonde, régulière et soutenue s’installa par la suite.


— Mon Dieu, qu’est-ce qui se passe ? s’écria la mère de Sophie. Elle revient à la vie ? Elle respire à nouveau !


Carl y alla de ses explications :


— En stimulant la carène, Catherine a déclenché un vif réflexe de toux, modifiant les pressions intrathoraciques, annonça-t-il à tous en adressant un clin d’œil à la fille afin de saluer sa dernière intervention. Les barorécepteurs sont sensibles aux variations de pression et contribuent à régulariser le cycle respiratoire. En expirant ainsi fortement, l’organisme de Sophie a programmé l’inspiration subséquente. Cette dernière effectuée, une expiration a naturellement suivi, et le tout recommence. C’est ce qu’on appelle le réflexe de Héring-Breuer : l’inspiration appelle l’expiration, l’expiration appelle l’inspiration.

— Mais, elle n’est plus paralysée ? s’interrogea Alicia. Son nerf phrénique n’a donc pas été atteint lors de son accident ?

— Depuis son admission le jour de l’événement, jamais je n’ai trouvé, dans les rapports d’imagerie médicale, de mention concernant une quelconque fracture cervicale, affirma Catherine en adressant un regard inquisiteur en direction de Docteure Fortin demeurée silencieuse. Selon moi, la paralysie de Sophie n’était pas due à une lésion nerveuse.

— Je n’ai pas non plus d’explication pour le moment, ajouta l’inhalo. Ce qui importe pour l’instant, c’est que Sophie respire !

— Allez, ma fille, respire, respire bien ! encouragea doucement sa patiente Catherine en caressant sa tête de ses mains. C’est beau, ma grande, continue !


Alicia s’était rapprochée du lit, son visage exprimant toujours la surprise, son regard alternant entre Sophie et Catherine. Laissée seule, Louise-Josée avait, dans son mutisme, reculé d’un pas, s’adossant maintenant au mur. Les deux mères avaient chacune pris une main de la jeune rouquine dans la sienne.

Comme on voyait les valeurs de la saturation d’oxygène regagner des niveaux plus normaux et que le visage de la jeune femme rosissait à nouveau, Carl procéda à une mesure spirométrique :


— Les volumes courants spontanés oscillent entre 550 et 750 ml. Ils devraient se stabiliser comme la pCO2 redescendra à des valeurs plus normales. De très bon augure ! se réjouit-il.


Tout souriant, l’homme se tourna vers Catherine :


— Tu aurais fait une très bonne inhalothérapeute, Catherine !

— Merci Carl, mais je dois dire que tes connaissances m’ont été particulièrement utiles !


Maintenant libérée de sa torpeur, c’est une Alicia ayant retrouvé son leadership médical qui prit la parole :


— Tube en ‘T’ à 50%! ordonna-t-elle à l’adresse de l’inhalothérapeute. Et qu’on réinstalle immédiatement une perfusion intraveineuse avec un dextrose demi-salin. Prélèvement artériel pour une gazométrie dans trente minutes. Radio pulmonaire stat. Consultation en physiothérapie !

— Mais, Alicia, tu n’as pas droit d’intervention dans ce dossier ! rétorqua Carl en adressant un regard à Docteure Fortin.


Silencieuse, l’urgentologue tourna à son tour des yeux déterminés en direction de l’intensiviste.


— Faites tout ce qu’elle dira, laissa finalement tomber celle-ci à voix basse après un bref moment de silence. Je consignerai le tout au dossier de la patiente.


Malgré l’évolution encourageante de son état respiratoire, Sophie dut, dans l’immédiat, demeurer intubée, son coma persistant incitant à une prudence conservatrice. Le circuit respiratoire de l’appareil de ventilation fut donc remplacé par un montage plus simple constitué d’un tube corrugué relié à la sonde endotrachéale à l’aide d’une jonction en ‘T’ par lequel débitait en continu un mélange gazeux enrichi d’oxygène et d’humidité. Sophie avait donc tout le loisir d’y puiser spontanément tout l’air qu’elle désirait en attendant le moment où elle serait définitivement libérée de sa sonde.

Réagissant par des sourires teintés de pleurs de joie et par des paroles d’étonnement qui, peu à peu, se transformaient en paroles d’espoir, tous semblaient maintenant soulagés de la tournure des événements.

Sauf une.

Alors qu’Alicia, Catherine, Jasmine et Sonia s’étaient regroupées autour du lit de Sophie, Louise-Josée qui venait de voir son objectif lui glisser des doigts s’était à présent tournée face au mur, isolée de tous, le visage dans les deux mains, abattue par le constat d’échec de son funeste plan.

***

— Loulou, je dois maintenant te dire... Ça ne pourra plus continuer, toi et moi.


Autour de la table à deux qu’occupaient Alicia et Louise-Josée à la salle à manger de l’hôtel Sheraton régnait une atmosphère dont la lourdeur se mesurait à cent mètres de distance.


— Ali, tu ne veux pas... Tu ne vas pas...?


Sous le choc, la femme ne pouvait terminer ses phrases, appréhendant le pire scénario pour elle.


— J’ai repris espoir, Loulou, et j’ai beaucoup réfléchi, lui annonça Alicia. Malgré ma malhonnêteté envers elle, j’aime toujours Sophie. Quand je pense que j’ai failli la perdre, je me trouve encore plus conne à cause de ce que je lui ai fait. Mais... mais je crois que le Ciel nous accorde une nouvelle chance et cette chance, je ne veux pas la louper.

— Alicia, non ! Je t’en prie... regarde ce que...


L’autre l’interrompit :


— Je n’ai rien contre toi, sois rassurée, ma belle Loulou. Tu m’as apporté des joies immenses et tu m’as aidée à mieux me connaître. Mais c’est fini, maintenant. Je sais quelle peine cela te fait et j’en suis sincèrement désolée.


Ces dernières paroles prononcées, Alicia lui prit la main et y apposa un baiser.


— Mais Alicia, je t’aime ! l’implora l’autre. Tu ne peux pas savoir à quel point nos rapports sont importants pour moi. Je t’en supplie, ne m’abandonne pas !

— Je veux reprendre ma vie avec Sophie. Je suis maintenant convaincue qu’elle se rétablira. Elle respire sans aucune aide mécanique maintenant, n’est-ce pas merveilleux ? ajouta-t-elle dans un trémolo de voix.

— Je sais. Et je me dois aussi d’être honnête avec toi. Tu n’as jamais cessé d’aimer ta Sophie, même lorsque nous nous trouvions toi et moi dans le même lit. Mais j’ai tellement besoin de toi, chérie ! Ne me fais pas ça, je t’en prie. Je crois que j’en mourrais !


Devant la détermination exprimée par le visage de celle avec qui elle tenait depuis plusieurs semaines une illégitime liaison, la femme aux cheveux auburn saisit à son tour la main de sa voisine de table et, dans une ultime requête :


— Passons une dernière nuit ensemble, chérie. Une nuit d’adieu entre amantes. Et après, ce sera fini.

— Mais, Loulou, je viens de te dire...

— Allez, je t’en prie ! insista l’autre en l’interrompant à son tour. Une toute dernière fois, en l’honneur de cette courte et passionnante aventure.


(À venir : Amoureuse jusqu’à la mort (partie II)

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