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Rendre service peut changer ... la vie ?

Chapitre 10

Travesti / Trans

— Bon anniversaire, ma chérie.

— Quoi ?


Je suis nue allongée sur le ventre, Dimitri se place sur mon dos et me dit


— Eh oui cela fait un an que nous vivons ensemble.

— J’ai envie de pisser, si j’y vais, pas je pisse en toi, tu iras pour nous deux !

— Vas-y, ne te prive pas.


Je me sens inondée par un liquide bien chaud, ce n’est pas la première fois qu’il fait cela, mais là, il y a la quantité. Très rapidement, c’est en serrant très fort l’anus que je cours aux toilettes, ah, quel soulagement, j’urine des deux cotés, je me sens vraiment femme quand j’urine de l’anus.


Je reviens au lit, mais Dimitri est parti à la douche, je le rejoins. Dimitri me demande si j’aimerais fêter nos "un an" en invitant tous ceux qui ont fait que nous nous sommes rencontrés.


— On serait environ 15, l’appartement est trop petit.

— Tu veux pas voir avec Patrick pour faire cela dans la salle privée de "l’autre monde", ce serait l’occasion d’y repasser.

— Bonne idée, je passerai le voir après le boulot pour lui demander s’il est OK sur le principe.


Je ne travaille plus à "l’autre monde", travaillant désormais à plein temps dans la boîte d’Antoine, enfin, dans notre boîte, car il m’a offert des parts de sa société en récompense, n’ayant pas encore assez de liquidités pour m’offrir une prime.


Je vais désormais rarement à "l’autre monde", mais il m’arrive, quand Patrick fait des soirées à thème, d’aller donner un coup de main bénévolement.


Nous sommes au petit-déjeuner, Dimitri me donne une enveloppe en disant "surprise". En effet, je suis surprise, je ne vois pas ce que cela peut être.


— Tu sais, mon poste de juriste dans l’administration fait que je connais très bien les lois et les procédures.

— J’ai deux problèmes, il va falloir que je reprenne un aspect d’homme pour passer la frontière et je n’ai pas prévu de congés.

— Pour les vacances, c’est vu avec Antoine donc il n’y a pas de soucis.

— Tu sais que je n’ai pas l’intention de mettre un pantalon et marcher dans des chaussures plates, chose que je n’ai pas faite depuis un an et demi.

— Oui je sais, donc ouvre la seconde enveloppe, j’ai pris une initiative et j’espère que tu m’en voudras pas.

— Je connais bien le responsable des documents d’identité, aussi, je me suis arrangé, désormais, malgré ton sexe masculin, tu as officiellement un visage féminin et je t’ai rajouté un nouveau premier prénom "Paul-Lyne".

— Avant de partir en voyage, tu signeras ton avenant à ton contrat.


Et me tend une feuille, c’est un nouveau contrat en bonne et due forme, nouvel intitulé de poste, nouveau statut, nouvelle paye et surtout, en haut, c’est désormais inscrit "Paul-Lyne". Je lui fais une bise (il accepte maintenant). Il en profite pour m’annoncer quelques changements d’organisation, à mon retour, il me laisse tenir le bureau d’ici et lui va ouvrir une antenne près de chez ses enfants pour profiter un peu plus d’eux. Je suis très fière de sa confiance, il le sent.


La période est calme au niveau travail, je prends donc le temps d’envoyer à mes convives une invitation, le lieu restant à définir.


Heureusement que j’avais mis à jour mes contacts la semaine dernière.


Boulot terminé, je cours à "l’autre monde", enfin je cours, façon de parler, avant de partir ce matin je me suis changée, ayant souillé ma jupe lors de notre accolade avec Dimitri. J’ai mis pour la première mon dernier achat, une robe fuseau assez moulante, disons que la largeur du bas ne laisse pas la possibilité de faire des grands pas, en plus, j’ai mis mes escarpins de huit centimètres donc, aucun risque de partir en courant.


— Toujours aussi belle ma grande.


Tout de suite, je lui montre ma nouvelle carte d’identité.


— Enfin tu t’es décidée, tu resteras donc en femme.

— Pas certain, pour l’instant, si tout se passe bien avec mon chéri et au boulot, oui.


Je lui parle de mon souhait de faire une bringue privée et bien sûr, il accepte, surtout qu’il va fermer le club deux semaines pour refaire la décoration, aussi, au lieu de fermer le dimanche, il fermera donc le vendredi et nous aurons le club pour nous seuls le samedi soir.

Je lui énumère les invités, il me propose de tout gérer et me fera donc un forfait "amical" pour le tarif, 40 € par tête comprenant repas et boissons à volonté pour toute la soirée, on sera environ une quinzaine, cela ferait 660, il me fait le tout à 500, j’échange par mails avec Dimitri, c’est OK, l’affaire est conclue. Je n’ai plus qu’à envoyer à tout le monde des SMS pour les inviter, en espérant qu’ils puissent tous venir.


Je commence par Sophie qui est à l’origine de ce changement, seule Christiane avait encore le contact et m’a donc donné son numéro. J’appelle Sophie, on raconte nos vies, j’apprends qu’elle est désormais pacsée et le scoop, enceinte, donc ne pourra pas venir, j’en suis triste. Elle n’arrête pas de s’excuser en disant que c’est à cause d’elle que ma vie a changé et que je suis devenu homosexuel. Je l’ai rassuré en disant que ce ne fut que le déclencheur de quelque chose qui était en moi et dont je n’avais peut-être pas encore la lucidité pour me l’avouer. La conversation dure, on se remémore nos vieux souvenirs, que de bons moments !


Je lui dis que Dimitri m’a fait changer ma carte d’identité et qu’il m’offre un séjour au Maroc dans un centre de bien-être. Tout de suite, Sophie me demande si je vais te faire poser des implants mammaires, car c’est là ou sa patronne actuelle s’est fait refaire les seins.


Je lui réponds que je portais toujours des prothèses et ça m’allait bien. On se quitte en se promettant de se revoir après l’accouchement et je serai la "parraine" du petit.


Pour tous ceux que je côtoie encore, un SMS suffit, aussi, j’ai le OK d’Antoine, Christiane et son mari, Elodie et sa femme Clara, Patrick, c’était fait d’office, il me reste donc Laure (nt) et Romain à appeler.


Malgré une rupture pas très classe, on a repris contact avec Romain, il a un copain "fixe", mais s’accorde encore quelques "écarts". Il voulait que l’on recommence une histoire, mais moi, je suis fidèle à mon Dimitri, enfin côté mâle, car il arrive (rarement) de nous câliner avec Elodie, Dimitri et Clara le savent, tolèrent, mais sans n’apprécient pas vraiment (c’est la seule occasion où mon pénis a encore une activité à part d’uriner.


— Quelque chose ne va pas, t’as pas tous tes invités à ta notre fête ?

— Côté invités, c’est OK, à part Sophie qui est bloquée, car elle nous fait un beau bébé.

— Wouah, belle surprise, c’est bien et alors, qu’est-ce qui te perturbe ?

— Sophie et Laure m’ont parlé de "ton" centre au Maroc.

— Laure ?

— Oui, Laurent est devenu transgenre et Laure en train de naître réellement, tu as oublié de me dire la spécialité du centre.

— Ah je vois, je voulais t’en parler plus tard, je te vois mettre tes prothèses tous les matins, porter des chemises de nuit alors que tu es toute plate, aussi, je pensais que de te proposer de mettre des implants te ferait sentir encore plus femme.

— C’est peut être à moi de faire ce choix ? Non ?

— Oui, c’est pour cela que j’ai mis une option sans aucune obligation.

— Évidemment, des gros seins bien ronds avec des gros tétons !


Et il rigole.


— Non ce sera des 95 B, presque ronds ou un peu poires avec les tétons décentrés vers le bas, mais peut être ne font-ils que d’insérer les implants et on ne peut choisir que la taille ?.


Dimitri va chercher la documentation, la version moins chère et plus rapide, c’est effectivement l’insertion par le dessous de la poitrine, ce qui ne laisse que des très petites cicatrices qui seront cachées sous les seins. Il y a des photos, c’est vrai que c’est discret. Et je confirme mon choix, les implants ronds font trop faux, c’est mieux de prendre des légèrement poires.


Dimitri est déjà sur l’ordinateur pour valider l’option, je n’ai plus qu’à compléter le dossier médical sur mes antériorités chirurgicales et anesthésies.


Les jours passent, la soirée est arrivée. Je suis contente de voir tout le monde. Ils me réclament un discours, ce n’est pas mon truc mais je me lance :


— Merci à tous d’être là, une pensée pour Sophie qui nous fait un bébé. Je voulais vous dire que vous êtes devenus ma famille que je n’ai plus, car je suis enfant unique et mes parents - comme vous le savez - sont décédés d’un accident de voiture quand j’avais 11 ans, une pensée à eux aussi. Je veux juste vous dire merci.


J’arrête là, je fonds en larmes (comme d’autres).


Puis je crie "Apéro !" et tout le monde reprend le sourire. Comme une bonne maîtresse de cérémonie, je passe auprès de tout le monde pour voir si tout va bien et en profite pour discuter de tout et rien.


Je vois Elodie et Clara, elles ne se décollent pas toutes les deux, l’amour fou, je crois que c’est encore pire depuis leur mariage il y a quelques semaines. Elles étaient belles ensemble, elles avaient choisi de s’habiller mêmes robes, mêmes chaussures, mêmes lingeries, ou presque, précise Clara qui comme d’habitude, précise qu’elle n’avait pas mis de culotte, d’ailleurs, elle n’en met plus jamais sauf les jours de règle.


Je croise le regard de Christiane, nous nous rejoignons, sa vie est belle me dit-elle, elle en profite pour me remercier, car nos petites expériences avec son mari ont redonné une nouvelle énergie à son couple. Je lui fais la remarque que j’ai l’impression qu’elle a épilé son mari (au moins les sourcils), elle me dit oui, tout comme toi. Elle l’oblige désormais à se travestir de temps à autre et à acheter un gode ceinture et donc, ils inversent les rôles certains week-ends à la maison. Il commence à bien aimer, me dit-elle puisque c’est lui qui en devient à l’initiative par moments. Christiane a l’intention de faire sodomiser son mari par un vrai pénis mais cherche l’occasion que ce soit maîtrisé. Je lui propose de mettre Romain sur le coup, il est là ce soir et lui, dès qu’il peut se servir de sa bite, il la sort, c’est le rocco des homos ! Je préviens Christiane que Romain est sacrement membré, aussi, son mari va déguster.


Ça me va, dit-elle, comme cela, il y prendra pas goût, que Romain y aille sans retenue afin que Gérard préfère rester dans des extravagances avec sa femme plutôt que d’être tenté d’aller voir des hommes. Tu prends des risques, lui dis-je, elle me dit GO, aussi, je pars voir Romain.


Romain a un copain qui n’a pas pu venir ce soir, il est enfin dans une situation stable mais s’autorise des extras comme il dit. Je lui propose le plan Gérard et lui précise bien d’y aller à fond (Romain adore déchirer des culs, le mien s’en souvient encore !). Bien sûr, il est partant, me lâche pour aller attaquer sa cible et cela tombe bien, Christiane vient de demander à son mari s’il n’aimerait pas un jour se faire prendre par un vrai mâle, mais juste une fois pour voir, et elle lui montre Romain. Gérard part aux toilettes innocemment, il n’a pas compris le manège, Romain le suit.


Antoine vient me voir pour me remercier pour la soirée mais il doit partir. Il trouve Laure (Laurent) anxieuse et me demande si cela va quand même pour lui avec cette métamorphose, je lui dis que j’allais aller aux nouvelles. Je discute avec Laure qui m’explique que la séparation avec sa femme a été très compliquée, car elle s’est sentie trahie de toutes leurs années passées ensemble donc il / elle culpabilisait, mais savait au fond d’elle même que c’était la seule solution. Laure me remercie d’avoir aidé à provoquer le déclic, on se fait une accolade chaleureuse quand je vois Romain sortir des toilettes et venir vers moi.


Romain, visiblement soulagé, me demande si je n’ai pas un protège-slip à lui passer, car Gérard a un peu dégusté et je lui ai "explosé les hémorroïdes" comme aime à dire Romain. J’apporte à Gérard ce qu’il faut, il est gêné vis-à-vis de Christiane, je le rassure en lui disant qu’elle était au courant de ce qui allait se passer. On ressort ensemble des toilettes, Gérard marche vraiment à petits pas en se dandinant, il baisse la tête, tout le monde a compris, Christiane lui fait un petit sourire malicieux.


La soirée se termine tranquillement, on aide Patrick à tout ranger afin de faciliter le chantier à venir. En sortant, sur le trottoir, tout le monde se fait la bise et nous souhaite à Dimitri et moi de bonnes vacances.


Dès le lendemain, levée tôt pour faire les valises, enfin la valise, car il fait beau là bas aussi pas beaucoup de vêtement à prévoir.


Arrivé à l’aéroport, passage à la douane, je redoute, tout va bien, ils en ont vu d’autres, ils me demandent juste si je préfère être contrôlé par une femme ou un homme, je choisis la femme, la fouille fut légère et rapide.


Waouh, c’est beau le Maroc, et quel accueil, le centre vient nous chercher en navette directement à l’aéroport, nous sommes quatre couples à arriver en même temps, un assez jeune ou visiblement, la femme est assez plate et on peut comprendre pourquoi elle vient, les deux autres couples sont assez âgés et visiblement, ça sent le ravalement de façade. Ça discute dans la navette car on a une heure quinze de route. On avait bien deviné, la jeune femme vient pour des implants mammaires, un des couples plus âgés, c’était les deux qui venaient se refaire le visage, pour le dernier couple, c’était juste la femme qui avait prévu "quelques retouches", fesses, seins et cou.


Personne n’avait deviné que j’étais un homme, aussi, ma situation a choqué, ils voulaient tous se donner un air compréhensif mais leurs expressions corporelles n’étaient pas en phase avec leurs discours.


C’est presque qu’une haie d’honneur qui nous accueille, on nous explique les prestations, nous emmène dans nos chambres.


Il y a déjà une réunion le jour même pour les personnes qui allaient subir des interventions. Nous nous retrouvons donc à cinq dans une petite salle, là, un médecin nous explique les prochaines heures. Nous allons tous subir une prise de sang ainsi qu’un rendez-vous avec un anesthésiste pour faire les vérifications d’usage. Le groupe se divise ensuite en deux, les futures implantées mammaires et les autres, je me retrouve donc seule avec Laura, entre-temps, on a un peu discuté et on a fait connaissance où elle m’a expliqué que son manque de poitrine était un vrai complexe pour elle depuis l’adolescence.


Nouveau médecin, ce sera celui qui va nous opérer. Il nous explique comment ça va se passer et relit tous les risques associés. Après cela, on signe une décharge. Il prend nos deux dossiers afin de voir si tout était correct puis nous demande si nous souhaitons qu’il nous voit de façon individuelle pour rentrer dans les détails et "repérer les lieux", en clair, il nous fallait nous mettre torse nu. A ma grande surprise, Laura dit que cela ne lui pose pas de problème de se déshabiller devant moi, évidemment, moi non plus.


C’est vrai qu’elle n’a pratiquement pas plus de seins que moi, juste deux petites poires où les tétons semblent plus épais que les seins eux-mêmes.


Le médecin veut la confirmation de ce que l’on souhaite en forme et grosseur, Laura a l’air encore hésitante, pour moi, c’est clair, aussi, on commence par moi.


— Je souhaite les mêmes seins que Laura, mais avec un petit bonnet B, enfin plutôt A, plus proche de A que de B et j’adore cette forme.


Laura est très surprise. Le médecin lui pose la question, elle répond


— Mon mari veut que j’ai des seins ronds, plutôt bonnet C.

— Et toi ? Que préfères-tu ? C’est pour toi, tes seins avant tout !


Le médecin dit


— Bonne remarque, et vous, que voulez-vous, passer de rien à beaucoup va être compliqué à gérer.


Laura dit


— Moi, je ferais bien comme a demandé Paul-Lyne, ne pas changer la forme, mais juste les grossir, mais c’est mon mari qui ramène les revenus et donc, c’est lui qui veut bien les payer.

— Reparlez-en avec lui ce soir, vous me confirmerez demain avant l’opération, dites-lui que trop gros d’un coup peut être compliqué pour vous, dites lui de ma part.


Laura semble paniquée à l’idée de contrarier son mari et contester son choix. En quittant la réunion, je lui propose que nous mangions, les deux couples ensemble, et je la soutiendrai.


Une demi-heure plus tard, le repas commence tranquillement, détendu. Laura me jette un œil comme si elle souhaitait que je lance le sujet, ce que je fis sans soucis. Effectivement, il est têtu son mec, ou plutôt autoritaire, il parle avec un "j’ai décidé", sa femme c’est sa chose, Laura baisse la tête, je crois qu’elle abandonne, aussi, je tente un coup de bluff, un gros mensonge.


— Laura, tu n’as pas dit à ton homme ce qu’a dit le docteur quant à la grosseur de tes seins ?

— Quoi, il exécute c’est pour cela que je le paye.


Dans ma tête "quel con !"


— Tant pis, on va faire comme déjà décider.

— Bon moi, je vais le dire même si on ne se connaît pas vraiment, Laura a une petite morphologie et le médecin lui déconseille de se faire des gros seins au moins dans un premier temps, le temps que son dos s’y habitue au poids, aussi, il conseille juste de mettre des implants bonnet B sans même changer la forme et voir dans un second temps s’il faut autre chose.

— Non non, tant pis je vais m’habituer.

— Non ma chérie, tu ne vas pas prendre de risque, suis les conseils du médecin, c’est pas grave.


Mais c’est qu’il y a de l’amour dans ce corps de brut !


Je me lève pour aller au buffet me servir, Laura me suit et me dit


— Merci, je suis trop contente.

— Eh oui, presque 400 grammes dans chaque sein, il faut les porter et les supporter, vous allez vous habituer, vous pouvez porter désormais un soutien-gorge normal, mais à balconnet afin d’avoir un bon maintien constant, pareil pour un maillot de bain. Ce serait bien aussi qu’encore une semaine, vous dormiez avec un soutien-gorge, ne restez pas sans soutien que le temps de la douche.

— Tu l’aimes ?

— Je crois oui, enfin sans doute.

— La façon dont tu le dis laisse des doutes !

— De toute façon, je suis coincée.

— Comment cela ?

— Je n’ai nulle part où aller, je ne peux pas être autonome avec mes heures de cantine et reprendre les études, ça me plairait vraiment, mais il me faut trouver un boulot compatible avec les heures de faculté.

— J’ai une idée en tête, tu veux que je me renseigne ?

— Pourquoi pas, voilà mon numéro de portable, tu peux m’appeler si toutefois, après être rentrée, tu penses encore à moi.

— Tu sais, je suis quelqu’un qui tient mes engagements, mes seins en sont le symbole, car c’est après un service que j’en suis arrivé là.


Je lui raconte mon histoire, elle n’en revient pas.


Nos hommes nous attendent devant le resto, nous entrons. Le menu est intéressant, notre conversation moins, la situation de Laura me trottait dans la tête et plus j’entendais son homme, plus je pensais qu’il y avait urgence !


Fini le Maroc, les congés, retour au boulot sans avoir pris quelques heures dès mon retour pour renouveler ma garde de robe au niveau des hauts et des robes, je pouvais désormais exposer mon décolleté fièrement et ça, c’est bandant (oui j’ai encore des expressions de mec).


Les affaires marchaient bien, Antoine ne passait pratiquement plus ici, au bureau, me laissant toutes latitudes. Mon équilibre étant trouvé (presque trop, en clair, les jours défilent sans qu’ils ne soient remarquables, se ressemblant tous les uns et les autres), je décidais de m’occuper des gens en difficulté dans mon entourage.


J’appelle Laure, je sens que c’est une phase très compliquée pour elle / lui, la transition est vraiment un moment délicat, on se parle longuement, il / elle est heureuse de pouvoir discuter sans jugement.


Mon second cas est Laura, on se téléphone presque tous les jours depuis le Maroc. Sa nouvelle poitrine lui a redonné une confiance fantastique, elle est de nouveau prête à s’envoler, à changer de vie, et surtout à lâcher son "gros con" qu’il l’avait enfermée. Je lui demande si elle est d’accord pour que je l’aide, elle me rejoindrait dans la ville où j’habite et pourrait squatter un moment chez moi, Dimitri étant d’accord, le temps qu’elle s’inscrive à la FAC. Affaire conclue, elle s’occupe de ses études, je m’occupe de mon côté de lui trouver des ressources, en clair, un boulot.


J’appelle Patrick, que j’appelle désormais mon parrain. Quand j’ai des questions, je me suis trouvé un parrain, Patrick, et une marraine, Christiane. Avant que je ne démarre le nouveau poste chez Antoine, Patrick m’avait proposé un temps partiel chez lui un peu plus important, faire les soirées comme avant avec, en plus, un peu d’administratif.


J’explique la situation de Laura à Patrick et bien sûr, il est arrangeant, sur le principe, elle pourrait bosser les soirs de 19 à 23 heures du lundi au jeudi, faire de 19 à 1h00 les vendredi et samedi, et faire en plus quand elle le peut, la partie administrative de "l’autre monde", gestion des factures, etc. Il la payerait au minimum, mais lui propose de mettre à sa disposition le meublé qui est à côté du club et qui sert de bureau à Patrick pour l’instant. Toujours aussi génial mon parrain, il me conseille, en plus de voir avec Elodie si Pole Emploi ne peut pas accompagner Laura dans sa démarche de requalification. J’appelle Elodie qui va regarder cela.


J’envoie les informations à Laura par SMS, elle est contente, elle a aussi regardé côté FAC, il ne lui restait plus que l’année de son mémoire à faire pour avoir son master en psychologie. Elle a eu un entretien téléphonique, son contact téléphonique lui a même proposé d’être son tuteur, reste à trouver le sujet.


Une semaine plus tard, Laura débarquait chez moi, elle avait fait ses démarches officielles pour son divorce, "gros con" a bien essayé de la retenir en lui disant qu’il ne partagerait rien de ce qu’ils ont, pensant encore la retenir par l’axe financier, elle s’en fout, elle lui a tout laissé.

Elle était resplendissante, c’était beau à voir, on passait nos heures libres à discuter comme des meilleures copines, des sœurs.

Je lui expose le cas de Laure, je les ai mis en contact, le cas de Laure est devenu le sujet de Laura pour son mémoire "l’évolution psychologique des transgenres lors de leur transition".



Voilà deux ans que la vie de Paul-Lyne se déroule sans encombre entre sa "presque" famille, son parrain et sa marraine. Un changement notoire est quand même intervenu en décembre, j’ai plaqué Dimitri, notre relation était tombée dans une routine, on se parlait pratiquement plus, il voulait juste sa pipe au réveil et me sodomisait tous les soirs, j’étais devenue juste sa "chose sexuelle", talentueuse comme il aimait à le dire, mais les flatteries n’étaient là que pour avoir le droit de recommencer le lendemain.


Je viens de faire un coming out... out ! Nous nous sommes mis en couple avec Laura mais mon apparence la gênait un peu, aussi, un jour je suis passée chez Christiane qui m’a coupé mes longs cheveux pour une coupe garçon, enlevait mon vernis des ongles et les taillait courts version "mâle", j’étais passée acheter des fringues d’homme. Christiane n’en revenait pas, plus de trois ans et demi en femme et en quelques minutes, mes talons et ma robe avaient disparu, moi qui y tenais tant. Ça fait vraiment drôle de marcher à plat et d’avoir ce pantalon qui frotte sans arrêt sur les jambes. Bon, j’ai quand même le look d’un homme efféminé, car j’avais fait une épilation totale donc, au niveau des sourcils, cela reste fin quand même. J’avais presque envie de garder un peu de maquillage, Christiane m’a dit de tout enlever, ce qui dit marraine, j’exécute ! Christiane m’offre une perruque en me disant


— Si tu as envie de sortir en femme quelques fois.


Quand je suis arrivé à l’appartement, Laura n’en revenait pas, on s’est embrassé, on a fait l’amour, depuis que nous étions ensemble mon sexe, avait retrouvé une activité "normale", j’aimais la pénétrer lentement et profondément, j’avais retrouvé mes réflexes masculins. Nous avons passé toute la soirée au lit, quand je lui ai dit qu’il me restait à faire enlever mes seins, Laura m’a demandé de les garder, heureusement qu’ils étaient petits, avec un bandeau un peu serré, ils restaient relativement discrets sous une chemise d’homme. J’étais heureux de sauvegarder mes seins, car lors de nos ébats, sentir nos tétons frotter les uns sur les autres était ô combien excitant, Laura aussi adorait.


Là, il est midi, je suis sur une terrasse-café en train de finir de rédiger cette histoire.


Je regarde mon reflet et me dit que tous ces changements m’ont fait vieillir ou plutôt mûrir et surtout, découvrir les humains, les âmes humaines. Je ne vous ai jamais dit, mon prénom d’homme, c’est Olivier, eh bien Olivier et Paul-Lyne sont bien une seule personne, l’homme est complexe, son "autre soi" aussi.


— Tu peux prendre ton après-midi en congé Olivier ? J’aimerais aller faire les magasins avec Paul-Lyne cet après-midi.


FIN

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