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Riviera Maya

Chapitre 1

Erotique

1 Horizon lointain


La Riviera Maya, 130 kilomètres de plages paradisiaques en bordure de la Mer des Caraïbes sur la côte ouest du Mexique, à la pointe de la péninsule qui formait avec la Floride les pinces d’un crabe géant prêt à happer l’île de Cuba, entre 28 et 32° toute l’année, des paysages d’une majesté encore sauvage malgré le flux incessant des touristes venus du monde entier. De nombreux Français, jeunes pour la plupart, y posaient leurs valises dans l’espoir de trouver un job pas trop contraignant afin de concilier travail et plaisir.


— Je t’en prie, Pilar, arrête ce vouvoiement ridicule.

— Ça va être difficile de changer les habitudes, Carol, mais je vais essayer. Vous... le voyage n’a pas été trop long ?


La jeep ouverte aux vents semait des traînées de rires francs sur la route du littoral. Pilar Martinez conduisait prudemment ; entre les routiers shootés à la bière locale bon marché, les touristes inconscients et l’asphalte mal entretenu, mieux valait garder les deux yeux en face des trous. Les patrouilles de police n’interceptaient que les étrangers au volant des véhicules haut de gamme, susceptibles de payer un pot-de-vin en dollars américains. La loi était souvent sujette à caution au Mexique.


Flic, garnement, voleur de voiture ou membre d’un cartel, personne n’osait toucher la vieille jeep vert olive de mademoiselle Pilar sur la Riviera Maya ; Eduardo Martinez aurait jeté lui-même l’impudent dans une fosse pleine de crocodiles affamés, ou l’aurait livré nu aux fauves qui hantaient l’épaisse forêt tropicale au-delà de la zone touristique centrée autour des plages du littoral. C’était une image, tout au plus une légende locale, mais qui pouvait se vanter de connaître la réaction d’un père en colère, alors inutile de courir le risque.


— J’ai dormi pendant presque tout le vol, c’est fou comme l’idée de quitter Paris m’a vidé la tête. Tout est O. K., pas de casse ?

— Aucune, j’ai veillé personnellement à l’ouverture des caisses, il ne reste que la mise en place définitive à faire demain, quand tu auras récupéré du décalage horaire. Les invitations ont été distribuées, du beau monde fera le déplacement, y compris le consul de France en poste à Merida.


La volubilité de Pilar amusa Carol.


— Qu’est-ce que tu as fait de la timide petite étudiante mexicaine qui a travaillé avec moi après son diplôme à l’École Supérieure du Web et du Multimédia de Paris ?

— Elle a grandi. Tu étais déjà une artiste reconnue à l’époque, tu en imposais, alors le seul fait de collaborer avec toi me mettait dans un état lamentable. Je visite souvent ta galerie virtuelle en ligne pour découvrir tes nouveaux œuvres.

— On va de nouveau bosser ensemble, à toi de montrer que tu n’as rien perdu de ton sens critique.


La jeep s’arrêta après un dernier virage à gauche au pied d’un immeuble cossu de trois étages à l’entrée de la nouvelle zone résidentielle de Playa del Carmen. Pilar saisit la valise de son invitée, Carol Navarro ne laissait personne toucher au sac fourre-tout qui contenait son matériel.


— Ce sont les gens qui m’intéressent, les expatriés davantage que les touristes, tu sais où les trouver ?


♀♀

L’évènement ne pouvait échapper à la mainmise d’Eduardo Martinez ; aussi, quand Pilar avait rejeté l’idée de transformer le restaurant familial en galerie, il s’était rabattu sur le dressage d’un buffet digne d’une réception au palais présidentiel. Si les invités devaient se souvenir d’un seul nom, cela devait être assurément le sien, quitte à froisser quelques ego au passage.


— Un Paloma ?


Incontournable des soirées mexicaines, le cocktail à base de Tequila Blanco arrosée de jus de pamplemousse dans un verre givré à la fleur de sel et décoré d’un quartier de citron vert risquait d’emporter Carol devant ses invités, dont le consul de France ; elle exhiba sa coupe de champagne à moitié pleine.


— Merci, monsieur Rodriguez.

— Je vous en prie, appelez-moi Eduardo, chantonna celui-ci dans un français correct. C’est à moi de vous remercier d’avoir veillé sur ma fille à Paris, j’ai une immense dette envers vous.


Un soupir masqua l’agacement, Carol chercha une échappatoire à la drague éhontée, les multiples attentions du père de Pilar la saoulaient plus sûrement que l’alcool avalé avec beaucoup de modération jusque-là. L’irruption d’une jeune serveuse au comptoir abrégea les souffrances de l’artiste.


— Tout se passe bien ? demanda cette dernière, sautant sur l’occasion pour remiser le Don Juan au second plan.

— À merveille, les commentaires sont élogieux.


Le français sans accent fit ciller Carol, ravie de rencontrer une compatriote en dehors du gratin de Playa del Carmen. Le visage avenant sous les courts cheveux châtains, la peau veloutée d’une pêche juteuse, le regard noisette candide, la bouche délicieusement ourlée sur un menton volontaire, voici pourquoi elle avait parcouru plus de huit mille deux cents kilomètres à vol d’oiseau.


— J’espère que nous aurons l’occasion de discuter. C’est comment votre prénom ?


Le sourire généreux de la serveuse plaida en faveur du oui.


— Marine.


Le son métallique du plateau interrompit le bavardage, Edouardo supportait mal de se sentir évincé. La serveuse s’évanouit dans la foule sans que Carol renonce à suivre sa démarche légère ; elle tenait son premier modèle.


— Je choisis toujours mes extras dans les quartiers défavorisés, c’est ma façon à moi de les aider.


Davantage que parler, le père de Pilar adorait parler de lui ; la jeune femme décida de mettre un terme définitif à son calvaire avant de s’endormir d’ennui.


— Excusez-moi, Eduardo, je dois m’occuper des invités. Vous êtes un homme très pris, merci de votre aide au cas où on ne se reverrait pas. Au fait ! Marine restera ici après la réception, j’ai besoin de l’aide d’une compatriote.


Des ordres, señor Martinez n’en recevait plus depuis longtemps. Il ravala sa fierté, un succès trop facile aurait gâché son plaisir, peu lui importait d’attendre. L’amie de Pilar ne lui avait pas opposé un refus définitif, elle serait à lui un jour ou l’autre.

♀♀

Le thermomètre sur le balcon du grand salon transformé en galerie d’art le temps de la soirée affichait 23° à l’extérieur, une constante des nuits tropicales, Carol claqua la langue sur une gorgée de mescal à peine aromatisée du jus d’un demi-citron vert.


— Laissez tomber, Marine, je ne vous ai pas demandé de rester pour nettoyer, le père de Pilar s’en occupera demain. Prenez un verre.


Une bière blonde à la main, la jeune femme s’assit en tailleur à même le carrelage au sol, le dos contre le comptoir.


— Vous devriez essayer, on est mieux par terre, il y fait plus frais.


Carol la rejoignit, soulagée de pouvoir se lâcher après le départ du gratin local ; la nécessité de paraître lui faisait parfois oublier qu’elle avait encore moins de 30 ans.


— Vous venez d’où ?

— Grenoble, je me faisais chier en fac de droit, alors j’ai pris une année sabbatique. Ici au moins, il fait beau, les plages sont magnifiques, les fêtes déjantées. Si les loyers étaient abordables, Playa del Carmen serait le paradis des routards.

— Et ensuite ?

— J’en sais rien, sourit Marine décontenancée.


L’insistance de Carol à l’observer l’intimidait un peu. Ces grands yeux bleus posés sur sa personne brillaient d’une lueur d’admiration, presque de la fascination ; c’était peut-être comme ça que les artistes prenaient la mesure du monde qui les entourait, se rassura la jeune femme.


— Et vous, une exposition à Mexico ?

— Oh non ! Maintenant que j’ai appâté mon amie Pilar avec une soirée mondaine, elle va se mettre en quatre pour me faire plaisir. On trouve beaucoup de jeunes expatriés sur la Riviera Maya, je veux raconter leurs histoires à travers une galerie de portraits et de scènes de vie, ce qui les a poussés à l’aventure.


Le discours avait le mérite de la clarté, Marine comprit enfin la raison de sa présence après le service, le regard méditatif la dérangea beaucoup moins. Maintenant, accepter requérait un certain courage dont elle se sentait démunie.


— Je peux vous présenter des gens.


La satisfaction de Carol se traduisit par un nouveau claquage de langue au passage du reste de mescal.


— Qu’est-ce qui vous amuse ? demanda-t-elle à la jeune femme aux lèvres étirées sur un sourire énigmatique.

— Vous buvez comme un Mexicain.

— C’est à cause de Pilar. On a travaillé ensemble un an à Paris, l’idée d’une galerie en ligne lui revient. Elle ne m’a pas seulement appris à mettre des photos sur un site.


♀♀

La séance s’éternisait depuis une bonne heure, Marine ressentait à peine la fatigue tant le jeu l’amusait. Carol saisit en gros plan le menton maculé de mescal noyé dans le jus d’orange avant d’essuyer l’empreinte. La tendresse du geste provoqua une rougeur des joues du modèle, aussitôt immortalisée par la photographe. Celle-ci prit du recul en continuant à mitrailler la scène ; les images sur le vif remplaçaient les postures exigées depuis leur irruption dans la chambre.


— On fait une pause.


Curieuse, Marine se précipita afin de jeter un œil par-dessus l’épaule de Carol qui se régalait des clichés sur la carte mémoire, et lui tendit un verre de mescal. Les premières rasades l’avaient d’abord détendue, juste assez pour accepter de poser ; les suivantes la désinhibaient, un choix de sa part tant elle avait envie de donner le meilleur.


— Ça te plaît ?


La perfection physique n’inspirait aucun sentiment, l’artiste se régalait du duvet sur les joues hâlées, des lèvres asymétriques, du nez légèrement retroussé, du menton un peu carré, des sourcils fournis, Marine se révélait impertinente face à l’objectif. Et cette insolence, naturelle ou provoquée par un léger abus d’alcool, la rendait magnifique. Le sentiment de quiétude l’incitait à laisser tomber le masque, elle redevenait la jeune fille de 20 ans qu’elle ne devrait jamais cesser d’être.


— Beaucoup. Pas trop fatiguée ?


Au contraire, Marine se sentait libre, la légèreté de l’instant présent lui commandait d’en profiter. Ici, dans ce gigantesque appartement qui occupait le troisième étage d’un immeuble bourgeois, les draps blancs semblaient accueillants, contrairement à ceux de la pension de famille où elle payait un loyer exorbitant pour une chambre de bonne dans un faubourg crasseux de Playa del Carmen.


— Non.

— Mets-toi à l’aise alors, fais comme si je n’étais pas là.


Des photographes qui écumaient les plages, prétendus artistes ou missionnés par une revue, lui demandaient souvent de se déshabiller pour une poignée de pesos mexicains, ou en échange d’un bon repas ; l’importun se voyait toujours envoyer promener en des termes peu élogieux. Carol ne suggérait rien, n’attendait rien, elle se contentait d’être là, rassurante, son regard inspirait confiance. La jeune femme assise au bord du grand lit déboutonna son chemisier sans savoir où cela allait les mener.


L’artiste s’approcha à genoux après une seconde d’hésitation, l’objectif braqué sur la gorge hâlée dévoilée par l’échancrure. Un sein nu s’évada, pointu, ni gros ni petit. Le corps humain par ses réactions, contrairement aux mimiques d’un visage, ne savait pas mentir ; le pédoncule montrait du tempérament dans la protubérance boursoufflée qui ornait la jolie poire ferme.


♀♀

Le désir était là, impérieux, obsessionnel, douloureux, au point de lui faire oublier le contexte. Oublier Carol ? Non, seulement l’appareil photo. Marine ne se masturbait pas, elle se baisait ; ce sentiment singulier poussait son excitation à son paroxysme quand, deux doigts dans le vagin et le plat du pouce sur son clito, elle dérivait à la recherche du plaisir ultime, ce nirvana souvent promis, rarement atteint.


Peut-être cette nuit, seule ou avec l’aide de la jolie photographe. S’abandonner dans les bras d’une femme, l’idée surgissait parfois, davantage une fantaisie éphémère qu’un fantasme avoué, excepté peut-être en cet instant. Marine enveloppa un sein d’une main câline, la caresse du téton érigé la transporta. Tout son corps réclamait, elle aurait voulu avoir dix bras.


Les réglages de l’appareil numérique contrecarraient la nervosité croissante de Carol confrontée au spectacle aussi exceptionnel qu’inattendu. Elle avait pensé s’enfuir dès les premières caresses esquissées, avant d’être rattrapée par une curiosité complice devant la prise d’assurance progressive de la jeune femme. Cette dernière se serait masturbée de toute façon, autant en profiter.


Victime de sa curiosité, la photographe transpirait, une sensation de chaleur diffuse provoquait une moiteur entre ses cuisses qu’elle frottait l’une contre l’autre pour garder un minimum de contenance. Au bord du lit, Marine se pinça les lèvres, les yeux fermés sur une sensation de plénitude que personne ne pouvait comprendre, personne exceptée Carol, témoin privilégié. Celle-ci se rapprocha pour ne rien perdre de l’extase.

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