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  • Histoire érotique écrite par Anonyme
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Le roman de Sandrine

Chapitre 1

Divers

Il ne fait pas chaud sur la place du Tertre en cette mi-Février 1992 , mais le soleil bien présent incite les touristes à flâner entre les chevalets des portraitistes emmitouflés qui, moins nombreux qu?à la belle saison , font néanmoins du raccolage pour dessiner la bouille ronde d?un japonais ou le visage avachi d?un congressiste échappé de son hôtel des bords de Seine .

    Paul et Sandrine déambulent main dans la main comme deux amoureux qu?ils sont . Les vacances scolaires leur ont permis de s?octroyer une semaine et de visiter Paris .

La famille de Paul leur proposait de venir séjourner chez eux en banlieue mais ils ont préféré vivre ces quelques jours en toute liberté et ils ont confié Fanny leur fille encore bébé à sa mamie Geneviève ,la maman de Sandrine .

Lui enseignant , elle commerciale sédentaire , leurs revenus ne les font pas rouler sur l?or mais ils peuvent se permettre une semaine de vraies vacances. Ils ont opté pour un hôtel Campanile d?où ils partent tôt le matin afin de profiter de la circulation relativement calme ; leur voiture garée sur un des rares emplacements gratuits de la capitale, ils la récupèrent le soir pour rentrer , le plus souvent après avoir dîné dans un bistro sympathique .

Paul a trente ans , il est blond cendré aux yeux bleus , bien bâti et il se sont rencontrés il y a trois ans au cours d?une soirée dansante . Sandrine n?avait que vingt ans et elle a été conquise par ce garçon bien fait , sympa , simple et enjoué qui danse si bien le rock..

Elle est petite , des cheveux d?un blond foncé rehaussé par des yeux bleus lumineux . Elle mesure un mètre cinquante sept mais accuse cinquante cinq kilos depuis la naissance de la petite , des kilos traduits par de généreuses rondeurs fessières sous une taille dont la finesse est revenue depuis quelques semaines ; la poitrine lourde révèle quant à elle , que les ?joies? de la maternité et de l?allaitement sont encore très récentes. Le visage est un peu rond mais très avenant avec ses yeux d?azur pailletés , les cheveux frisés qui accentuent un peu son aspect provincial surtout qu?elle les a nattés en couronnes comme une paysanne autrichienne , le temps de leur séjour à Paris .

Ils se sont fréquentés deux mois en flirtant deux à trois fois par semaine , puis malgré son éducation chrétienne , elle s?est donnée à lui et leurs fiançailles ont précédé d?un an leur mariage en Mars 1990 .

La petite Fanny , conçue volontairement et avec amour , a vu le jour voici presque neuf mois . La jeune maman de vingt trois ans est heureuse et si ce n?était son popotin un peu trop conséquent (sic) à son gré , elle se sentirait tout à fait bien dans sa peau .

Son mari, lui s?en accommode très bien de ce ?gros pétard? comme il dit , de même que des seins un peu tombants que sa femme a conservés depuis la naissance de la gamine . Il aime que Sandrine soit en pantalon moulant mais aussi en mini jupe et aujourd?hui , parcequ?ils sont détendus , et sans souci , elle a accepté de lui faire plaisir en portant des bas auto fixants ainsi qu?une courte jupe marron en tricot . Dessous et parceque la jupe est très près du corps, elle a mis un tout petit et discret slip rose qu?il lui a offert pour Noël et qu?elle n?avait jamais osé porter tellement il laisse à découvert son volumineux derrière...



    #

Sous son gilet en laine et soie beige à encolure en V , également un cadeau de

Noël , elle porte un soutien-gorge sans armature , comme le lui a recommandé la gynécologue, afin de ne pas traumatiser ses seins fatigués par l?allaitement qui vient

juste de se terminer . Il s?agit d?un élégant sous-vêtement en tulle transparent , qui soutient efficacement la poitrine sans la comprimer mais dont le nylon clair ne cache rien des aréoles sombres et larges qui se sont étendues depuis sa grossesse .

Elle a chaussé des bottines à talon qui tout en accentuant passablement le galbe de ses mollets, augmentent encore sans qu?elle en soit consciente la cambrure de son postérieur tandis que les bas couleur sable rehaussent la carnation de ses jambes en les faisant paraître presque bronzées.

Elle s?est discrètement maquillée de rouge sur les lèvres et d?un contour bleu tendre aux paupières , laissant à son visage ses couleurs naturelles de fille de la campagne...deux bonnes joues roses encadrant un petit nez légèrement retroussé. Bref l?anthithèse d?un mannequin de chez Dior ou Chanel, mais tout de même ce qu?un bon nombre de machos reconnaissent comme un petit canon...


Paul et Sandrine flânent donc en ce début d?après-midi. Ils ont garé la voiture non loin de la Place du Tertre et après avoir visité le Sacré C?ur , ils arpentent maintenant la célèbre Place aux artistes , s?attardant devant tel ou tel portraitiste. L?un d?eux justement leur propose de fixer sur le canson le visage de Sandrine ; elle rougit furtivement et rit en secouant la tête...Paul lui dit ?Pourquoi pas, ce serait une idée...mes parents l?ont fait étant jeunes? . En effet Sandrine se remémore le portrait de sa belle-mère , encadré dans la chambre à coucher de ses beaux parents...elle sourit à cette vision...leurs pas les ont amenés devant plusieurs autres et elle examine avec attention les réalisations en cours...Non , si elle devait faire faire son portrait , ce serait finalement par celui là , le premier qui les a interpellés , un homme d?environ quarante ans , grand , les cheveux châtains grisonnants tenus en catogan sur la nuque , le regard d ?aigle , les épaules carrées , l?air sûr de lui . Paul , comme s?il devinait ses pensées lui dit :

?Je crois que le mieux c?est le grand avec la queue de cheval?

Elle rit à l?expression ?queue de cheval? , tandis que d?une impulsion à la taille , la main de Paul la fait pivoter en direction du portraitiste qu?ils viennent de tacitement choisir .

L?homme les a suivis du regard , habitué qu?il est des touristes , ayant deviné que ces petits vacanciers là , venus passer quelques jours en famille , avaient sûrement de quoi se payer une ou deux fantaisies du style portrait ou reproduction de chef d??uvre . Pour les portraits , il est là , lui , le ? Grand Blaise? , comme l?appellent ses confrères. Il sourit de toutes ses dents éclatantes au couple un peu timide qui revient vers lui...Tout à l?heure sous la veste courte en fausse fourrure de la petite dame , il a repéré la rotondité du derrière un peu gras en se disant

? ?a c?est un belle petite pouliche?

Et voici que la ?belle petite pouliche? vient vers lui , au bras de son mari ; il se présente avec emphase :

?-Blaise , chevalier du fusain , pour vous servir? puis tout à trac en les tutoyant

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?-Toi mon grand c?est comment?? #

Paul décline son prénom

?-Et toi jolie petite blonde??

Rougissante , elle chuchote presque ?Sandrine?

?- Ah Sandrine...que c?est joli ! ? ment-il car si elle s?était prénommée Germaine ou Lucette il aurait dit la même chose.

Il poursuit :

?-Alors on fait quoi , un visage , un buste , non il fait peut-être un peu frisquet pour faire un buste ou alors chez moi ce soir...j?ai le chauffage central?

Comme ils ne répondent pas l?artiste décide :

?-Allez on ouvre juste deux minutes la fourrure pour que le grand méchant loup voie bien la naissance du cou ... sinon on ne dessinerait que des têtes? explique t il en clignant de l??il vers Paul .

Sandrine s?assied sur la chaise et déboutonne la veste de fourrure , dévoilant le gilet crème , elle ôte le foulard qui en protège et dissimule l?encolure ; le regard acéré repère tout de suite la blancheur de la peau couverte de chair de poule ; inconsciemment la jeune femme a ouvert plus grand que nécessaire les pans de sa veste et Blaise devine le soutien-gorge sous l?étoffe du cardigan , le volume des seins...il la regarde attentivement tout en esquissant à traits rapides les premières courbes de son modèle .

?-On est jeune mariée je suppose...?

Elle corrige :

?-Ca fait presque deux ans !?

Il s?esclaffe :

?-Alors c?est bientôt les noces d?or ! ?

Les jeunes époux éclatent de rire , les seins de Sandrine qui n?a pas refermé sa veste se soulèvent et ballottent un instant .

Blaise lui dit :

?-Referme tu vas prendre froid , ce serait dommage d?enrhumer d?aussi jolis poumons?.

Elle rougit à nouveau...en ramenant sans les boutonner les pans de sa veste .

Paul n?a pas cillé mais cette situation un peu ambiguë l?excite . Ce type lui plaît et jamais il n?a trouvé sa femme aussi sexy .

Pour se donner une contenance elle a croisé ses jambes l?une sur l?autre et sans s?en rendre compte elle offre au dessinateur une vue affriolante sur la lisière de ses bas , contrastant avec la peau blanche de ses cuisses. Les deux hommes se regardent et Blaise a un petit sourire mi flatteur mi narquois.

Paul rompt le silence :

?-Bon , pendant que tu poses , je vais acheter des clopes au tabac du coin? dit- il à Sandrine.

?-Je croyais que tu devais arrêter de fumer ?? proteste-t-elle

Il rit en s?éloignant

?-Oui la semaine prochaine , j?arrête?

Elle sourit en haussant les sourcils , dubitative...

Blaise continue de la croquer , le visage est tracé , il affine le menton , fuyant sur le cou gracile , puis il s?interrompt :

    #

?-J?ai le méga trou de mémoire...il faudrait ouvrir à nouveau la caverne d?Ali Baba...? dit il en désignant les pans de la veste qu?elle tient toujours d?une main ..

Elle se sent devenir écarlate et comme dans un brouillard elle se rend compte qu?elle obéit à cet homme , sa main lâche la fourrure , elle sent l?air vif sur sa gorge , il la fascine et s?en rend compte ...

?-Défais un bouton du gilet...voilaaa..hum ça vaut la peine?

Elle obéit à l?homme , dévoilant davantage de blancheur presque nacrée.

Cette fois il ne se prive pas de regarder avec avidité le sillon découvert entre deux seins lourds dont l?arrondi laiteux lui apparaît avec ce qu?il devine être de petites veines capillaires..

?Allez referme..non, pas le gilet , juste la veste? puis:

?On a eu un bébé il y a peu de temps je suppose??

Sidérée qu?il en sache déjà autant sur elle elle questionne :

?-Comment le savez vous??

?Ca se voit , j?ai toujours eu un faible pour les jeunes mamans , ça les rend tellement belles...?

Elle sent son c?ur battre la chamade et se traite mentalement d?idiote .

Blaise enchaîne:

?-C?est une fille ?Aussi jolie et potelée que sa maman , mais peut-être les cheveux plus foncés car...la maman est une délicieuse fausse blonde n?est ce pas??

Il ajoute avant qu?elle ait pu répliquer :

?- Quand je dis une fausse blonde , je ne veux pas dire une décolorée , non..une vraie fausse blonde avec tout ce qu?il faut de châtain là où c?est secret...le pied quoi ! ?

Sandrine en reste coite , c?est la première fois qu?on lui parle ainsi , qu?on la devine , même Paul qui n?a pas sa langue dans sa poche ne l?a jamais disséquée de cette manière , alors que cet homme , ce saltimbanque avec sa vareuse a carreaux , son catogan, ses tempes grises , cet homme pas du tout ?comme il faut? , comme dirait sa mère , cet homme lui parle avec une sorte d?ubiquité qui lui fait peur et l?attire en même temps .

Blaise quant à lui boit du petit lait : cette jeune mariée de province , il s?en amuse ; certes elle doit être bonne à faire reluire mais au cas où elle le planterait là avec son carton à dessin , il n?en ferait pas une maladie . Il se contente de sourire de toutes ses dents et reprend son crayonnage , ombrant les joues de la petite bonne femme qui prend de plus en plus tournure sur son papier blanc .

Paul s?est accoudé au comptoir du bar tabac ; certes il a acheté ses cigarettes et en grille une un peu nerveusement , mais surtout il a commandé un cognac pour se donner à la fois le courage et l?envie d?aller jusqu?au bout de ce qu?il croit deviner...son fantasme , prendre Sandrine en même temps qu?un autre homme , la voir également subir les assauts de l?autre et en jouir , son fantasme , il le sent , va peut-être se réaliser.

Tandis qu?il sirote à petites gorgées l?alcool ambré , des images fortes lui traversent l?esprit : il voit Sandrine ouverte devant lui la première fois qu?elle accepta l?amour en pleine lumière , Sandrine a quatre pattes , lui tournant le dos , lui offrant son ventre détrempé , puis une autre fois , pour la première fois , sa bouche , mais aussi Sandrine lui interdisant depuis toujours de pénétrer l?anneau rose de ses reins , prétextant que c?est sale , dangereux...Sandrine refusant toujours d?aller jusqu?au bout d?une fellation et de recevoir sa jouissance dans la bouche , Sandrine à qui pourtant il a fait #découvrir le plaisir d?être elle-même sucée et bue .

Il se demande si en fait il sait bien la prendre , s?il n?aurait pas dû la laisser connaître un ou deux autres gars avant lui .

Il demande qu?on lui resserve un autre cognac qu?il avale d?un trait , paie et sort du bistro, un frisson lui assaille le crâne au contact de l?air frais du dehors...

Là bas , il la devine avant de la voir , serrée dans sa veste de faux vison , il se demande si le peintre regarde toujours la cuisse dénudée au dessus du bas , il hésite à s?approcher...il temporise.


Sandrine tremble de tout son corps ; elle s?est rendue compte du regard insistant que jetait le dessinateur sur ses cuisses et machinalement elle a tiré sur le bas de la jupe en tricot et commencé de décroiser les jambes . Il l?a aussitôt arrêtée dans son geste:

?-NON...reste comme ça tu as de très belles cuisses et c?est très bien de porter des bas c?est mieux qu?un collant?

Elle est désemparée... à l?idée qu?il voie aussi haut sous sa jupe .

Il ajoute:

?-Sois cool , je suis le seul à te voir , relève encore un peu ta cuisse droite...voilààà?

Elle lui obéit ,éperdue et cette fois il a une vue imprenable sur la chair crémeuse au dessus du bas

?-C?est pour faire plaisir à ton mari que tu mets des bas??

?-Ou..oui? bredouille-t-elle

Le questionnaire torride se poursuit:

?-Tu en mets aussi avec un porte-jarretelles??

Le souffle court elle répond par l?affirmative

?-Remarque déjà comme ça c?est très bien?

Les yeux baissés presque clos elle ne réalise pas tout de suite que Paul est revenu et qu?il suit pas dessus l?épaule de Blaise l?évolution du portrait .

C?est lui qui la sort de son nuage

?-Tu es très réussie...ma chérie?

Elle sursaute et cette fois décroise les jambes...resserrant presque peureusement sa veste sur elle .

?-Je crois qu?elle est quand même mieux en nature que sur le papier ! ? C?est Blaise qui prononce ces mots en regardant Paul dans les yeux puis Sandrine et qui enchaîne :

?-Je voudrais bien voir et la dessiner en Vénus...? il décroche les pinces à dessin et tend le portrait à Paul

?-Allez j?ai assez dessiné pour aujourd?hui et ça ne me dit rien après ça de me faire une japonaise ou une mamie du troisième âge.

Sandrine se déride ...elle s?est approchée d?eux , tirant machinalement sur le tricot de sa jupe comme si elle craignait de se dévoiler à nouveau.

Le portrait est très réussi , même si son visage est un peu plus fin sur le dessin qu?en réalité. Blaise l?a représentée comme si elle était vêtue d?un corsage échancré , laissant son imagination descendre sur la poitrine dont il a suggestivement ombré le sillon sous deux boutons du vêtement négligemment défaits.

Comme s?il devinait l?interrogation muette de Sandrine il se tourne vers Paul:

    #

?-Je ne me suis pas trop trompé pour la partie invisible de l?iceberg? C?est à peu près comme ça??

Pour toute réponse Paul attire sa femme tout près de lui et ouvre les pans de la veste.

Il constate avec un sourire un peu crispé le bouton défait du gilet et écartant le foulard il répond en tutoyant à son tour:

?-Oui c?est à peu près ça , mais elle t?a un peu aidé à ne pas te tromper je crois??

Imperturbable le portraitiste ajoute :

?-C?est un début..venez on va se mettre au chaud , je vous offre un punch...?

En un clin d??il il a refermé carton à dessin et pliant qu?il laisse à la garde de son plus proche confrère.

?-Allez les tourtereaux , venez c?est la maison qui régale?

Sandrine a un mouvement de recul alors l?homme interroge

?-Vous n?avez rien de prévu , personne qui vous attend? Bébé est en garde chez sa mamie , on ne pense plus à rien , on se laisse conduire?

?Ainsi...? se dit Paul ?...ainsi il sait déjà plein de choses...?

Le jeune homme ne peut empêcher une sourde jubilation de naître en lui...il sait maintenant que la soirée va être torride.

Il fait signe à sa femme et à leur hôte que c?est d?accord

    Blaise leur fait traverser la place du Tertre et ils enfilent une petite rue à droite qui mène, dit-il , au Lapin Agile ; ils s?arrêtent devant un estaminet comme on n?en voit plus , un de ces bistros où rien n?est fait pour le touriste , mais où seuls sont acceptés les initiés.

Le dessinateur ouvre la porte et s?efface , Paul entre le premier et Sandrine passe tout près de Blaise , les yeux baissés , touchante de timidité. Les yeux de l?homme se posent instantanément sur le derrière charnu dont la jupe en tricot ne laisse perdre aucun détail lorsqu?elle marche . Il devine des fesses grassouillettes qui doivent être à peine couvertes par une petite culotte dont le contour marque sous la jupe.

Le patron les accueille avec bonhomie dès qu?il aperçoit l?artiste derrière les deux provinciaux égarés...

?-Ah... des américains? s?écrie-t-il avec emphase et d?enchaîner :

?-Par ici les dollars ! Qu?est ce je vous sers? Champagne-Caviar ou Mâcon Villages -saucisson beurre? Attention le SaucissonBeurre ça n?a pas de prix!?

?-Non tu nous sers trois ti?punchs comme tu sais bien les faire?

Blaise tire un tabouret du comptoir et le désigne à Sandrine

?-Tiens prends place..nous on reste debout , on te surveille? dit il en clignant de l??il vers Paul..

Elle leur demande de patienter un instant , le temps qu?elle descende aux toilettes ,le froid du dehors ayant mis à rude épreuve sa vessie . Le portraitiste dévore des yeux le déhanchement de Sandrine qui disparaît au fond de la salle .

Lorsqu?elle revient il est en train de contempler une photo ; elle devine tout de suite qu?il s?agit d?elle. En effet Paul a tiré de son portefeuille un cliché pris l?été dernier durant les vacances et la représentant en maillot de bain deux pièces ; le bikini jaune tout comme le minuscule soutien-gorge semblent avoir toutes les peines à contenir ses rondeurs pas encore résorbées de son récent accouchement...elle fait les gros yeux à son mari: #

?-Minou , pourquoi montres tu ces horreurs??

Sarcastique Blaise répond

?-Il a bien raison le ?Minou? , ça mérite d?être exposé , ça devrait être exposé dans toutes les maisons de la culture!?

Ils rient tous les trois.

Elle se juche sur le tabouret qu?ils lui ont réservé , incapable d?empêcher sa

jupe de remonter largement sur les cuisses...dans le geste qu?elle veut faire , les pans de sa veste lui échappent et s?ouvrent sur le gilet qu?elle n?a pas reboutonné . Lorsqu?elle fait le geste d?y remédier c?est Paul qui l?en empêche .

?-Laisse , tu es bien comme ça...? . Il a la voix un peu enrouée

Le patron leur sert trois punch aux fortes senteurs . Ils trinquent et elle tousse , surprise par la force du rhum blanc . À ce moment elle sent que des doigts habiles défont un autre bouton du gilet et la voix de Blaise :

?-C?est vrai , elle est même très bien comme ça?

L?homme la contemple , les yeux brillants et elle baisse les yeux tandis que la main de son mari remonte sur sa cuisse droite...ce ne sont pas les doigts de Paul qui restent dans l?échancrure du gilet , qui touchent sa peau juste en dessous du soutien-gorge puis remontent sur le tulle , effleurant l?étoffe diaphane du sous vêtement . Le visage de son mari se rapproche du sien , il se veut rassurant et lui baise doucement les lèvres ; son haleine sent l?alcool et elle se rend compte qu?elle-même doit sentir un peu la canne à sucre, le citron vert ; elle laisse le baiser se prolonger tandis que la main gauche , virile , chaude s?empare du sein . Elle gémit d?une manière presque comique et Paul se détache d?elle pour dire à Blaise:

?-Ma femme est chatouilleuse..?

?-Partout?? demande Blaise et la main descend , quitte le gilet ouvert , glisse sur le ventre rond , la cuisse gauche et remonte , sous la jupe , atteignant la lisière du bas , la franchissant , découvrant la chair nue.

Sandrine est haletante et lorsque Paul lui pose son verre de punch au bord des lèvres elle avale le liquide glacé et brûlant à la fois ; elle entend Blaise qui la questionne :

?-Je te plais??

?-Oui...? le mot fatidique , est ce bien elle qui vient de le prononcer ? Oui , ce doit être elle car cette fois la main du dessinateur remonte , lui palpant franchement les cuisses tandis que l?homme se penche à son tour sur elle et cueille un baiser sur les lèvres roses.

Dans le tintamarre qui vrille d?un seul coup ses limbes elle discerne la voix de Paul qui propose à Blaise de venir à leur hôtel pour passer un moment ensemble , l?homme qui répond ?oui? tandis qu?elle crispe frénétiquement ses cuisses l?une contre l?autre , un mot rapidement échangé avec le tenancier alors qu?ils la font descendre de son tabouret , Blaise demandant qu?on mette la note sur son ardoise .

Elle prend machinalement le carton roulé contenant son portrait contre elle , demande à l?homme combien ils doivent pour le dessin , s?entend répondre qu?on verra cela plus tard ; ils sortent , remontent la petite rue en direction de leur BX , Paul ouvre les portes , celle du conducteur pour lui puis celle de l?arrière gauche en lui disant :

?-Monte avec lui pour faire connaissance


Elle ne peut répliquer et s?installe ; Blaise s?assied à côté d?elle , la voiture vibre un court instant puis démarre .

Le portraitiste n?en revient pas d?une telle aubaine , il se dit que les discours seront pour plus tard ; son bras droit entoure les épaules de la jeune femme et il l?attire contre lui .

Leurs bouches se soudent , la langue implacable de l?homme fouille son palais , ses

dents , sa propre langue , elle succombe...Les mains expertes se glissent sous la veste, déboutonnent le gilet , palpent la poitrine haletante , elle crie lorsque les doigts pincent les tétons à travers l?étoffe du soutien-gorge. Paul qui conduit doucement , regarde la scène dans le rétroviseur , en proie à une incroyable érection ; il discerne des mots prononcés à voix basse .

Blaise interrompt brièvement son baiser pour la complimenter , la questionner :

?-Tu as de beaux nichons tu sais? , puis

?-C?est la première fois que tu vas avec un autre homme?

?-Oui...oh , vous me rendez folle.?

Cet aveu de capitulation est pour lui un signal ; il la courbe , à demi allongée sur ses genoux et tandis que sa bouche descend sur les seins qu?il mord et embrasse à travers le fin rempart de tulle , sa main droite cherche le zip sur la hanche , le fait coulisser et se glisse sous la jupe , caressant le ventre bombé . Sandrine tente vaguement d?empêcher sa conquête , mais la main se faufile sous la ceinture du petit slip et arrive au contact d?une incroyable forêt frisée . Les doigts inquisiteurs trouvent bien vite la brèche et la pénètrent , index et majeur immédiatement englués dans un marigot qu?ils visitent sans vergogne , la faisant gémir puis crier .

L?homme jubile en découvrant qu?elle est vaginale et encore plus lorsque son index remonte et trouve la crête sensible du clitoris , provoquant un remous sauvage de la jeune femme . Tandis que la bouche carnassière abandonne les seins pour reprendre les lèvres gonflées par les baisers et leur servir de bâillon, Blaise d?adresse à Paul :

?-Félicitations , c?est une petite merveille que tu as là ; qu?est ce qu?elle est chaude , c?est rare de voir une femme mouiller comme ça!?

Paul est au bord de l?explosion et il doit ralentir de crainte de causer un accrochage ; ils ne sont plus loin de la porte d?Italie où se trouve leur hôtel , mais la circulation commence à devenir dense et il redoute qu?ils soient pris dans un embouteillage .

Il jette tout de même un regard dans le rétro pour voir le visage de l?homme penché sur celui de Sandrine tandis que la main droite est enfouie sous la jupe et semble provoquer à sa femme un délicieux tourment .

La voiture stoppe un bref instant aux feux de la Place puis de la Porte d?Italie et s?engage dans la petite rue sombre contournant le bloc de l?Hôtel Campanile . On trouve encore facilement un emplacement au parking à cette heure là et tandis qu?il se gare il devine que Sandrine se redresse et se réajuste .

Ils descendent de la BX et pénètrent dans le hall de l?hôtel . Il est dix huit heures trente et quelques personnes discutent , cadres en séminaire qui font une pause , premiers clients qui viennent prendre possession de leur réservation . Paul s?approche du comptoir et demande leur clé alors que Sandrine et Blaise restent à l?écart .Sans que quiconque leur ait prêté attention ils s?engouffrent dans l?ascenceur qui doit les

amener au septième étage et peut-être , ironie , au septième...ciel .

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