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La route de Lesbos

Chapitre 2

Lesbienne

Sans l’avertir, elle quitte brusquement le véhicule. Michèle se demande encore ce qui se passe lorsque sa portière s’ouvre d’un coup. Catherine lui ordonne sur un ton sec.

— Sors, c’est moi qui prend le volant.

Michèle a du mal à revenir sur terre.

— Pour aller où ?

— Loin de la route principale, on n’est pas tranquille ici.

Comme une automate, Michèle s’exécute. Elles échangent de place, et Catherine démarre sur les chapeaux de roue. La voiture puissante bondit en avant et négocie les virages à vive allure. Michèle met un certain moment avant de retrouver ses esprits, se rhabillant lentement de gestes mal assurés. C’est pourtant d’une voix ferme qu’elle déclare :

— Je veux que vous me déposiez au bord de la route, je ne veux pas aller plus loin avec vous.

Catherine lui jette un regard agacé. La colère fait scintiller ses yeux émeraude.

— Dis, faudrait savoir ce que tu veux… Cela n’avait pas l’air de te déplaire il y a deux minutes.

— J’ai eu un moment de faiblesse… S’il vous plait, laissez moi.

— Non, il en est hors de question. Je vais nous trouver un endroit tranquille, et on va baiser comme des folles. Le sujet est clos.

C’est dit sur un ton tranchant et sans appel. Michèle l’observe avec un mélange de crainte et de fascination. Sous son regard menaçant, elle n’insiste pas. Elle se sent même défaillir sous le rayonnement autoritaire de ses yeux noirs. Elle veut réagir, sortir de son emprise, mais en est incapable. Elle maudit sa lâcheté. Elle a fui son mari qui la dominait pour tomber dans les bras d’une lesbienne encore plus dominatrice. Mais, le plus étrange, c’est qu’avec celle-ci elle a une envie folle de se laisser faire, de tout lui céder. Elle s’observe un instant dans le miroir, et l’image qui s’y reflète l’effraie : Son visage a pris une expression rêveuse, presque sensuelle. Troublée, elle tente de penser à autre chose. Catherine conduit vite et nerveusement, et prend un plaisir réel à diriger la voiture dans les lacets étroits.

— Bon sang, ça c’est de la bagnole ! J’ai toujours rêvé de voler une BMW, mais c’est le genre de voiture trop voyante, y’a pas pire pour se faire pincer par les poulets.

Michèle la regarde sans comprendre. Il lui faut quelques longues secondes pour marquer son étonnement :

— Vous voulez dire que vous volez des voitures ?

Catherine lui jette un regard consterné.

— Bien sûr, qu’est-ce que tu crois ? Ce break pourri ne m’appartenait pas. Plus les voitures sont discrètes, genre à Monsieur tout le monde, et plus j’ai de chance de passer incognito. Avant, je prenais de gros risques à voler des voitures trop "tape à l’œil, et j’ai fini par me faire choper. Cela m’a coûté quelques mois en prison, et on m’y reprendra plus, ça non, plus jamais !

Michèle se met la main devant la bouche, autant par surprise que pour étouffer le cri de peur qui allait s’échapper. Elle reste figée sous le choc, mettant quelques secondes avant d’avoir le cran de regarder cette femme, avec des yeux dilatés par la panique.

— Vous avez été en prison !

— Oui, je viens de te le dire.

— Mais pourquoi vous recommencez à voler des voitures alors ?

Catherine soupire et secoue la tête avec une expression d’agacement théâtral.

— Pour le fric, tiens ! Pas pour le plaisir de rouler au hasard en attendant de me faire attraper par les poulets ! Dis, t’ en as d’autres des questions idiotes comme ça ? Je t’aime bien, mais tu donnes souvent l’impression de débarquer d’une autre planète, faudrait voir à reposer les pieds sur terre.

Michèle en reste bouche bée. Gauche et crispée, les mains sur les genoux, elle ressemble à une écolière sur les bancs de l’école qui vient de se faire sévèrement réprimander. Elle s’abstient de toute autre question, ne voulant plus passer pour une imbécile et préférant tout compte fait en savoir le moins possible. Catherine l’ignore un long moment, puis l’observe à la dérobée. Michèle regarde par la vitre latérale. Son visage n’est qu’en partie visible, mais Catherine la devine contrariée, avec sur les lèvres une esquisse de moue boudeuse. Elle le trouve si charmante, enfantine et terriblement vulnérable, que son regard se fait plus tendre.

— Excuse-moi, j’avais oublié que ton mari ne te laissait pas souvent sortir. Tu connais pas grand chose de la vie, mais t’inquiète pas, avec moi tu vas rattraper toutes ces années perdues…

Une vieille Renault 5 qui se traîne l’oblige à rétrograder. En touchant le levier de vitesse, elle effleure volontairement le genou gauche de Michèle, qui se met à sursauter violemment. Elle reste perdue dans la contemplation du paysage, et seule sa respiration qui s’accélére trahit son émoi. Amusée, Catherine tente une nouvelle expérience. Elle pose sa main plus haut, sur une peau douce et chaude, qui l’est de plus en plus alors qu’elle amorce une caresse vers sa cuisse. Michèle ne proteste toujours pas, mais la jambe qui est caressée est prise d’un tremblement nerveux qu’elle semble incapable de maîtriser. Soudain, Catherine se range sur le bas-côté, sans éteindre le moteur. Elle observe Michèle en silence, puis se penche doucement vers elle. Celle-ci, de ses doigts tremblants, enroule les boucles rebelles de ses cheveux roux, appréhendant la suite des événements, puis immobilise sa main en se tortillant gauchement sur son siège, avant d’avoir le courage de se tourner vers la conductrice. Son regard est hagard, apeuré, et se fait fuyant alors que Catherine lui passe le bras autour de la taille. Elle ferme les yeux en retenant sa respiration lorsque Catherine attrape la ceinture de sécurité pour la lui ramener sur le ventre. Elle la gronde doucement, un sourire narquois sur les lèvres.

— Michèle, en voiture, il ne faut jamais plaisanter avec la sécurité.

Puis, sur ce, l’attache avant de redémarrer en trombe. Michèle est abasourdie. Cette femme est si imprévisible, passant de l’agressivité à la gentillesse, de la vulgarité à la douceur, avec cet incomparable don pour étonner et prendre au dépourvu. Maintenant, elle agit comme si tout ce qui s’était passé auparavant n’avait jamais existé, comme si elles étaient deux vieilles copines se baladant tranquillement en voiture.

— Un jour, quand j’aurai les moyens, moi aussi je m’achèterai une voiture comme la tienne. Une voiture à moi, que je pourrai bichonner et garder longtemps. Un bolide de luxe suffisamment puissant pour impressionner les filles que je voudrais lever. Un tour dans la voiture et, hop, affaire conclue. Le pied, quoi !

Elle ne cesse de parler avec volubilité tout en se concentrant sur la route. Elle prend une petite départementale si étroite, serpentant en lacets taillés dans le roc et ombragés de châtaigniers, que les croisements y sont impossibles, et l’oblige à certains moments à freiner comme une dératée. Se retrouvant face à une camionnette, elle effectue une marche arrière à vive allure, s’arrêtant en équilibre sur un balcon vertigineux qui surplombe la vallée. La brume s’est dissipée, avec juste un léger crachin, et Michèle voit de sa fenêtre le vide qui s’étend à quelques pas. Elle n’est pas rassurée, s’accrochant de toutes ses forces à la poignée.

— Est-ce qu’on est obligée d’aller si vite ?

— Tu plaisantes ? J’ai trop envie de baiser.

Elle appuie sa remarque grossière d’un clin d’œil salace. Outrée, Michèle détourne la tête, encore décontenancée par cette attaque brutale. La voiture s’engage sur un chemin de terre assez raide qui s’enfonce dans une forêt de pins et de mélèzes. Le sentier remonte ensuite le cours d’eau d’une rivière, s’en écarte pour le rejoindre plus loin, l’enjambant par un pont en rondins. Catherine passe dessus sans trop de prudence, puis continue jusqu’à hauteur d’un canal d’irrigation. Michèle ne peut s’empêcher de remarquer avec aigreur :

— Allez-y doucement. C’est une BMW, pas un 4&4. Et on va où comme ça, c’est un trou perdu ici !

— Exact, et c’est très bien ainsi. Personne viendra nous déranger, et personne nous entendra jouir comme des folles !

— Vous prenez vos rêves pour des réalités !

Catherine l’observe avec une surprise feinte :

— Oh, c’est bien, Madame prend du poil de la bête, y’a de la rébellion dans l’air !

— Bien sûr, ne comptez pas sur moi pour…

Elle laisse sa phrase en suspens alors que Catherine stoppe le véhicule et éteint le moteur.

— Sors.

— Non, proteste Michèle en clignant des yeux d’un air effrayé.

— Sors, ou je te jure que tu vas le regretter.

Les yeux noirs implacables plongent dans les yeux bleus égarés, imposant leur volonté.

Michèle, avec un sanglot impuissant, descend de voiture. Elle frisonne, de froid et de peur. Le soleil couchant a fait naître un vent frais. Auparavant, malgré la pluie, le temps était resté doux, un temps de saison pour cette fin de printemps, mais la nuit qui vient s’avère plus glaciale. Catherine sort à son tour, s’étirant pour détendre ses muscles noués par le trajet. Elle ferme ensuite violemment la portière, ne cessant de fixer Michèle avec cette même impudeur. Le bruit de la portière claquée se répercute à flanc de montagne, unique son qui vient perturber le silence, excepté le sifflement du vent. Rien ne bouge, et cette paix les isole du reste du monde. Il n’y a strictement aucun signe de vie, sauf ce petit chalet perdu dans la végétation, au pied d’une butte. Mais la mauvaise herbe qui l’entoure et les volets clos indiquent que personne n’y habite depuis longtemps. Cette impression de solitude rend Michèle nerveuse. Malgré tout, elle a envie d’appeler à l’aide, même si elle sait pertinemment que cela ne servirait à rien. Dans le silence de la nuit, si loin de tout, personne ne viendra la sauver. Elle en reste pétrifiée, les bras croisés sur la poitrine. Catherine la rejoint, ouvre la portière arrière et la pousse sans ménagement à l’intérieur de la voiture. Michèle veut protester mais elle n’en a pas le temps. Catherine s’est déjà jetée dans ses bras, se lovant souplement contre elle, cherchant sa bouche pour en prendre possession avec une soudaine brusquerie. Michèle se retrouve écrasée contre la banquette, et pousse un petit cri :

— Aïe ! Vous me faîtes mal.

D’un bond, Catherine se dresse pour changer de position, s’installe sur ses genoux et se met à se tortiller sur ses cuisses. Automatiquement, son bassin bascule, accentuant toujours plus la pression de leur deux corps. Elle l’embrasse fougueusement en même temps. Michèle se laisse faire, sans répondre à ses attaques. Elle fait le vide dans sa tête, devenue un bloc de marbre, repoussant toute émotion et toute sensation. Son corps l’a déjà trahi une fois, la laissant totalement désemparée, et elle ne tient pas à renouveler cette dangereuse expérience. Catherine, malgré son état de surexcitation incroyable, prend conscience du changement. Elle la relance de baisers affamés en lui murmurant dans une prière :

— Michèle, donne moi du plaisir, et je te promets de te laisser ensuite tranquille…

Une lueur d’espoir illumine le regard de Michèle alors qu’elle évite le baiser avide.

— C’est vrai ?

— Regarde dans quel état je suis. J’en peux plus, je brûle, il faut que tu me fasses jouir, juste une fois… Après, je serai rassasiée, je te laisserai tranquille.

— Vous me le jurez ? Ce n’est pas une ruse ?

— Non, est-ce que tu crois que je peux calculer des coups bas dans mon état. Dis oui, et je sors de ta vie à tout jamais.

— Je ne sais pas…

— Ou je te baise sans ton consentement, et crois moi que j’arriverai à mes fins, ou tu fais ce que je te demande. Merde, c’est pas compliqué à la fin !

Michèle passe une main tremblante sur son pâle visage. Elle est indécise, trop effrayée pour réfléchir calmement, prête à tout pour se débarrasser de cette lesbienne névrosée. C’est dans un murmure qu’elle s’entend répondre :

— D’accord. Mais vous me jurez qu’après c’est fini, vous sortez de ma voiture.

— Je n’ai qu’une parole. Alors, t’es partante ?

Elle la contemple avidement, les lèvres humides.

— Puisqu’il faut en passer par- là…

Catherine se dresse de joie, se serrant instinctivement contre elle.

— Je vais te montrer.

A califourchon sur elle, Catherine tente de se débarrasser de son short. Michèle lui vient en aide, l’empoigne par la taille et la soulève. Sans savoir comment, Catherine se retrouve en petite culotte, se frottant toujours contre sa partenaire. Impatiente, elle attrape la main de Michèle, la glisse agilement sous son bas-ventre pour l’insérer entre ses jambes. Elle crispe les cuisses, se dresse sur son séant tout en écartant les jambes pour lui faciliter le passage. C’est elle qui lui presse d’abord la main, lui montrant comment il faut faire. Michèle la caresse doucement, par-dessus son slip, dont le tissu léger lui laisse sentir le doux renflement du sexe féminin. Ce contact intime lui paraît divinement agréable, une sensation troublante qu’elle tente de refouler. Catherine la chevauche souplement tout en gémissant sans discontinuer, se tord, tremble, se mord les lèvres, tournant la tête de gauche à droite, de droite à gauche. De temps à autre, elle écrase sa bouche sur celle de sa partenaire, poursuivant sa langue dans un ballet effréné, aspirant sa salive et son souffle, l’encourageant à la caresser plus vite. Michèle se prend au jeu. Les yeux fixes, tout en bougeant ses doigts contre le pubis, elle la regarde intensément avec une lueur trouble et insondable. Caresser une femme tout en la regardant dans les yeux est une expérience aussi nouvelle qu’exaltante. Ses pupilles se dilatent alors que Catherine en profite pour agacer sa langue d’enivrantes spirales, l’enveloppant de baisers mouillés, l’affolant de glissades expertes. Subitement, Michèle halète, au bord de l’asphyxie. Puis, avec une violence imprévue, répond sauvagement à son baiser. Elle s’accroche à elle, enfonçant sa main contre le slip, accentuant la pression pour chercher un contact plus direct, ce qui envoie dans sa colonne vertébrale une onde de plaisir primitif. Le corps de Catherine ne cesse d’être agité de soubresauts désordonnés, et Michèle y répond en ondulant en cadence, lui donnant son rythme, incrustant son désir dans la chair de sa partenaire. Elle exhale un gémissement puissant, un son purement sexuel, tandis que le rythme de l’oscillation de ses hanches ne fait que s’accélérer, en même temps que sa main s’active fébrilement. Elle a l’impression qu’une magie opère, deux corps en fusion et en osmose qui les colle implacablement l’une à l’autre, comme si leur vie en dépendait, une sorte de dépendance irréversible. Elles restent un long moment ainsi, soudées et entremêlées, écrasant leur bouche et liant leur langue, s’excitant jusqu’à la folie. Michèle est méconnaissable, hors d’elle, bougeant ses doigts de façon audacieuse, emportée par l’ardeur volcanique de sa partenaire, une éruption déchaînée qui lui a été transmise à son tour. La chaleur animale de son corps l’électrise. Elle la caresse toujours, subissant les allées et venues du bas-ventre qui s’appuie convulsivement sur sa main. Le slip est trempé, et savoir que c’est elle qui met cette femme dans cet état est terriblement émoustillant. Détenir un tel pouvoir sur une femme aussi forte et résolue est une pensée excitante, qui flatte son égo et lui donne envie de garder un pareil fouet le plus longtemps possible, pour en connaître les limites. Sans savoir comment, deux de ses doigts glissent sous le sous-vêtement et pénètrent aussitôt dans une moiteur incroyable, un sillon humide qui s’ouvre et se referme avec un bruit de succion impatient. Estomaquée, elle veut retirer sa main, mais réalise confusément qu’elle en est incapable, comme si sa volonté obéissait à des impulsions bestiales. Eperdue, elle reste immobile, ne sachant plus quoi faire, mais le sexe de Catherine se charge de prendre les initiatives pour toutes les deux. C’est comme s’il avait une vie propre, aspirant goulûment ses doigts, se contractant et se décontractant dans des crispations brûlantes. Brusquement, Catherine se casse en arrière avec une souplesse étonnante, tout en abattant ses mains sur les épaules de Michèle pour s’y agripper nerveusement. Celle –ci ne sait même pas si elle a conscience de s’accrocher aussi désespérément à son cou, ouvrant d’un coup la bouche comme si elle venait de recevoir un coup en plein ventre. Catherine pousse un long cri. Son visage prend une expression à la fois ébahie et exaltée alors que l’orgasme l’emporte violemment et longuement. Elle est prise de convulsions et secouée de hoquets. C’est alors que Michèle fait une chose qu’elle n’aurait jamais penser faire à une autre femme. D’instinct, elle reprend la caresse, enfonçant davantage ses doigts dans le vagin, jusqu’au fond. Un simple geste, mais suffisant pour que Catherine soit anéantie par un autre orgasme qui la prend cette fois-ci à l’improviste. Elle ne cesse de trembler, dans un état de semi-coma, un sourire stupéfait et épanoui sur les lèvres, comme nageant dans un bain de félicité. Enfin, elle ouvre les yeux, et contemple Michèle avec reconnaissance.

— Bons sang, tu as été divine !

Michèle, essoufflée, s’écarte d’elle avec un empressement qui trahit l’extrême confusion dans laquelle elle se trouve.

— Je l’ai fait parce que vous me l’avez demandé, c’est tout. Vous avez eu ce que vous vouliez alors sortez de ma voiture maintenant.

Ce n’est pas un ordre, mais plus une prière. Catherine, haletante, l’observe passionnément, les yeux brûlant de joie et d’excitation.

— Tu rigoles ou quoi ! Pas après ce que je viens de goûter, tu m’as mise en appétit.

Michèle craque, fondant en larmes.

— Mais vous m’aviez promis !

— Qu’est-ce que tu peux être naïve ! Et puis, franchement, grâce à moi tu as découvert ta vraie nature, je ne pensais pas que tu serais si douée... Ma jolie, tu as ça dans la peau, t’es faite pour aimer les femmes, ça saute aux yeux !

— C’est faux !

C’est un cri de révolte, de panique, comme pour s’en convaincre. Un sourire satisfait flotte sur les lèvres de Catherine alors qu’elle la regarde pensivement.

— Surtout ne me fais pas croire que tu jouais la comédie, t’en serais ridicule. Mon instinct ne me trompe jamais. Dis, si on reprenait les choses là où on en était. Je ne suis pas du genre à me contenter d’un ou deux orgasmes.

— C’est dégueulasse, vous m’avez trompée !

— Plus tard tu me remercieras.

De gestes tremblants, Michèle remet malgré tout de l’ordre dans sa tenue débraillée, comme pour lui faire comprendre qu’il n’y aura pas de suite. Elle refoule en même temps ses larmes, le visage cireux. Son cri s’étrangle quand Catherine lui prend la main et l’oblige à sortir de la voiture.

— Prends ta valise et suis-moi.

Elle ouvre le coffre et attrape de même son sac de sport qu’elle passe par- dessus son épaule. Elle enclenche ensuite la fermeture centralisée des portes, glissant aussitôt les clefs dans une des poches de son short. Un geste qui n’échappe pas à Michèle.

Puis toutes deux se dirigent vers le chalet. Catherine ignore vite sa compagne qui peine à la suivre, trébuchant et geignant sans cesse sur l’étroit chemin boueux qui débouche sur une vaste prairie. Elles descendant ensuite par un petit sentier herbeux assez glissant.

— Aïe !

Catherine se retourne. Michèle repose les fesses par terre, grotesque dans sa robe moulante et ses belles chaussures de ville. Elle opine tristement de la tête, puis reprend sa marche. Enfin, elles atteignent les marches menant au porche.

— Reste ici, lui ordonne Catherine.

Elle disparaît derrière l’habitation en bois de séquoia. Michèle reste plantée là, gauche et stupide, ne comprenant toujours pas. Elle sursaute lorsque la porte s’ouvre brusquement en grinçant sur ses gonds. Catherine apparaît dans l’encadrement, avec un large sourire et un geste théâtral.

— Et voilà, Sésame ouvre-toi !

— Comment avez-vous fait ?

— Des années de pratique, tout simplement… Viens.

Elle la prend par la main et l’entraîne dans un séjour au parquet de chêne ciré, aux murs recouverts de boiseries. Comme une princesse mutine, avec cette même fierté qu’aurait la propriétaire des lieux, elle lui fait visiter les pièces sombres. Au lieu de lui lâcher la main, elle lui saisit l’autre et la serre avec force.

— Comme on va être bien ici, rien que toutes les deux !

Touchée par sa sincérité, Michèle se laisse guider dans une petite chambre coquette. Avant d’ouvrir les volets, Catherine pirouette dans la pièce en riant de joie.

— Notre nid d’amour !

De nouveau, elle étreint les mains de Michèle, tournant autour d’elle en l’observant sous tous les angles avec une lueur espiègle.

— On va pouvoir s’aimer comme des folles ! Tu imagines, personne viendra nous déranger. Tu m’as dit que tu avais besoin d’une semaine pour réfléchir, alors laisse-moi te prouver durant tous ces jours qu’une femme peut te donner cent fois plus d’amour qu’un homme, et crois-moi qu’après tu n’auras plus la moindre hésitation.

De nouveau, elle pirouette avec légèreté. Puis elle attire à elle la jeune femme réticente et la fait asseoir à côté d’elle, sur le lit.

— Michèle, je suis si heureuse ! Toi aussi tu vas être heureuse, tu vas voir…

— Et si les propriétaires revenaient ? Cette maison appartient bien à quelqu’un ?

— Merde, Michèle, lâche-toi, décoince-toi ! Qu’est-ce que tu peux être terre à terre ! Profite du moment présent, apprends à apprécier les choses comme elles viennent, arrête de te poser des questions et de flipper pour un rien.

Elle se rend compte qu’elle s’exprime maintenant d’un ton sec. Elle adoucit sa voix.

— Ecoute, prépare nous le lit. Moi, je vais chercher le disjoncteur, ouvrir l’eau et fouiller un peu. Il doit bien y avoir quelques boites de conserve qui traînent quelque part, question de faire un repas ou deux avant de descendre au village pour faire le plein.

Puis son regard se fait plus langoureux avant d’ajouter.

— Et fais-toi belle, pour moi… Tu sais ce qui me ferait plaisir : que tu prennes une bonne douche dés que j’aurai ouvert l’eau, et que tu mettes des sous-vêtements sexy en attendant que j’en fasse de même…

Elle glousse en ajoutant sur un ton de confidence :

— Je suis un peu fétichiste, tu sais… Les dessous féminins m’excitent grave, ça me rend complètement insatiable !

Elle se lève et fait quelques pas de danse avant de sortir de la chambre. Elle l’entend chantonner alors qu’elle se dirige vers la fenêtre. Le soleil a disparu derrière les montagnes lointaines, l’obscurité a étendu son voile sur toute la forêt. C’est un endroit magnifique, sauvage, et l’idée de se retrouver isolée dans un tel cadre onirique, seule avec une femme qui veut abuser d’elle, lui procure un long frisson qu’elle ne peut analyser. Dans le placard en bois massif, elle trouve tout ce qu’il faut pour faire le lit, et elle s’y attelle avec des gestes mécaniques.

Elle ne se révolte même pas de sa soumission en préparant un lit qui, bientôt, sera malmené par des étreintes impudiques, où les draps seront défaits et froissés, souillés. Une situation qui, pour une autre, serait grotesque et risible, et prétexte à tous les moyens pour y échapper, mais Michèle s’est résignée, et elle ne sait même pas pourquoi. Ou préfère ne pas savoir… Elle entend à peine Catherine se vanter excessivement :

— C’est bon, j’ai trouvé le disjoncteur, l’électricité marche aussi ! Rien ne me résiste !

Puis un peu plus tard :

— J’ai trouvé des factures. Ce chalet appartient à Monsieur et Madame Leboyer, qui viennent toujours à la même période : aux fêtes de fin d’année, et tout le mois d’août. C’est génial, on ne risque pas d’être dérangées avant longtemps !

Elle pousse un cri de guerre, laissant exploser sa joie.

La voix semble venir de très loin, comme si elle parvenait d’une autre dimension, d’un endroit dont elle est prisonnière, sans doute un mauvais rêve qui s’éternise… Tout cela n’est pas réel, c’est impossible, elle va se réveiller, et réaliser qu’elle est toujours en voiture, qu’elle s’est assoupie sur une aire de repos… Elle ne peut pas à être là, dans ce chalet isolé en pleine montagne, à préparer un lit pour le bon plaisir d’une inconnue qui veut lui faire l’amour ! C’est grotesque, une situation absurde comme on peut le voir dans des mauvais films de série B, où toutes les folies sont possibles, et elle va certainement en rire en se réveillant d’une minute à l’autre…

Pourtant, elle décide tout de même de prendre une douche, se savonnant lentement, perdue dans ses pensées, et essayant surtout de ne pas réaliser qu’elle se fait belle et propre pour cette même femme, et de ne pas imaginer aussi à ce qui l’attend de façon irrémédiable. C’est dans un état second qu’elle s’habille, sortant les dessous féminins les plus sexy de sa valise pour les enfiler avec un soin tout particulier. Des frissons voluptueux parcourent tout son corps, comme si sa chair s’éveillait déjà à des plaisirs défendus, exaltant et redoutant en même temps cet instant. Puis, brusquement, elle s’immobilise, ne sachant plus quoi faire, hésitant à tout ôter et enfiler sa chemise de nuit la plus classique. Sa soumission à obéir à cette femme la frappe d’un coup. Elle ne va tout de même pas tout lui céder, docile et obéissante comme un bon toutou attendant les ordres de sa maîtresse ! Rebelle, elle enfile avec rage un jean, juste pour ne pas faciliter la tâche de cette femme, et lui montrer qu’elle n’est pas décidée à se laisser faire. Puis l’excitation de ce qui l’attend toute cette nuit lui enflamme de nouveau les sens, la rendant de nouveau toute faible et incertaine. Bon sang, elle ne sait décidément pas ce qu’elle veut !


— Je vais chercher du bois pour allumer la cheminée, lui crie Catherine.

Dans la pièce d’a côté, par la porte entrouverte, Michèle la voit se changer, enfilant un jean de couleur noir et un pull à col roulé. Aussitôt, elle sort, refermant la porte bruyamment derrière elle. Le bruit fait sursauter Michèle, la sortant de son inertie. Elle se précipite dans le séjour, cherchant des yeux le short que Catherine a dû abandonner dans la pièce. Elle le trouve, jeté en boule sur le dossier d’un fauteuil, et c’est aussi facilement qu’elle récupère les clefs de voiture dans l’une des poches. Elle les sert dans sa main, avec l’énergie du désespoir, comme pour s’éveiller de son mauvais rêve, cherchant à se rassurer au contact froid et métallique. Ces clefs sont un premier pas vers la liberté, le seul moyen qu’elle ait pour fuir cette femme, mais étrangement elle ne ressent aucune sensation de victoire ou de joie. Michèle se met à trembler sans pouvoir se retenir, redoutant de comprendre. Elle se sent perdue, désorientée. Son regard semble attiré par une immense glace qui renvoie son image, elle s’y approche avec appréhension, comme par peur de se découvrir brutalement, peur d’affronter la vérité en face. Elle y contemple un visage méconnaissable, empreint d’une sensualité rêveuse et inassouvie, aux yeux brûlants de fièvre, aux lèvres gonflées de désir. Qu’est-ce qui lui prend ? D’un doigt, elle effleure machinalement sa bouche meurtrie auparavant par la violence des baisers féminins, et ce simple contact la fait vibrer. Une sensation de plaisir qu’elle ne maîtrise pas la saisit, elle s’efforce de toute sa volonté à se laisser gagner par des sentiments plus appropriés, comme la culpabilité, les remords, mais elle en est incapable. C’est dans un état second qu’elle remet les clefs à leur place et regagne lentement la chambre. Catherine rentre à cet instant, un bruit de bois jeté sur le sol accompagne son rire satisfait. Peu après, elle pousse un cri de guerre, laissant exploser sa joie.

— Et le feu jaillit des enfers !

Michèle l’entend faiblement, tournant dans la chambre comme une lionne en cage, assaillie par tant d’émotions contradictoires qu’elle ne sait plus où elle en est.

L’idée de la contrarier en étant habillée lui fait changer d’avis, elle se déshabille. Elle entend l’eau de la douche s’enclencher et reste là, au mileu de la chambre, à se demander tout compte fait si elle doit enfiler des sous-vêtements. Puis la porte de la salle de bain qui s’ouvre brusquement la fait sursauter. Trop tard, elle n’a plus le temps d’enfiler quoi que ce soit ! Paniquée, c’est totalement nue qu’elle se glisse sous les draps, les tirant au-dessus de sa tête, comme si cela pouvait suffir à la rendre invisible. Juste à temps, à l’instant même où Catherine jaillit dans la piéce. Nue et impudique, elle se précipite dans la chambre. Elle parcourt des yeux toute la pièce. Sous le simple drap qui recouvre le lit se dessine la silhouette souple et élancée d’un corps, avec surtout la forme agressive des seins qui se dressent comme des collines. De longs cheveux roux sont répandus sur l’oreiller, mais seulement une partie parce que Michèle maintient nerveusement le drap sur son visage, cherchant à se protéger comme elle peut. Cela fait sourire Catherine qui s’assit sur le bord du lit. Elle baisse le drap à peine, mais Michèle s’y accroche avec un petit cri de révolte. Catherine éclate de rire.

— Michèle, ne sois pas ridicule !

Après un moment d’hésitation, le haut du drap se soulève avec précaution et des yeux bleus apparaissent, écarquillés et effrayés. Ils se figent sur Catherine puis, constatant qu’elle est entièrement nue, clignent d’étonnement avant de se fermer désespérément. Michèle a un violent mouvement de recul avant de se cacher encore sous le drap. Catherine ne rit plus.

Sa voix reprend des intonations autoritaire :

— Arrête, cela ne m’amuse plus. Montre-toi !

— Je ne peux pas... C’est la première fois, j’ai... j’ai si peur !

Le son de sa voix est étouffé par le drap.

— Tout le monde a une première fois ! Cesse ces enfantillages, ça sert à rien, t’es ridicule ! Après ce qu’on a vécu dans la voiture, tes airs effarouchés sont stupides !

Enfin, le drap descend lentement jusqu’au menton. La tête apparaît sur l’oreiller. Michèle n’ose pas la regarder, les yeux fuyants. Catherine se lève, la dominant de toute sa hauteur.

— Regarde-moi.

— Non, je ne peux pas.

— Allez, ne fais pas l’idiote !

La voix est grondeuse, avec l’exaspération d’une adulte face à une enfant capricieuse. Michèle, à contre cœur, lui obéit. Elle rougit jusqu’à la racine des cheveux en glissant son regard sur des seins lourds, fermes, aux bouts qui pointent insolemment. La taille longue et souple s’évase sur des hanches généreuses, le ventre légèrement bombé a une courbe gracieuse et finit dans l’étau des cuisses, mettant en relief un sexe totalement rasé qui offre crûment toute son intimité dans le moindre détail. Le regard de Michèle s’y accroche, comme subjugué. Catherine ne peut s’empêcher alors de faire son numéro de femme provocante et aguicheuse, un art dans lequel elle excelle. Elle balance ses hanches avec une lenteur lascive, écartant les jambes, tout en se caressant les seins, les prenant à deux mains, faisant rouler entre ses doigts les mamelons érigés. Tout en continuant d’agiter le ventre d’arrière en avant d’une façon plus que significative, elle se caresse maintenant le ventre, esquissant vite un mouvement qui laisse glisser ses mains vers la fourche des cuisses, prés du pubis, une progression que Michèle suit avec fascination. Elle retient sa respiration lorsque les doigts s’aplatissent contre le sexe, effleurant les lèvres intimes, tournant autour avec une lenteur calculée. Catherine râle, yeux mi-clos, sans cesser de la défier du regard, la bouche entrouverte, ployant légèrement les jambes afin de s’ouvrir davantage, se tortillant de façon convulsive lorsqu’elle laisse pénétrer ses doigts dans son sexe déjà luisant et humide. Brusquement, Michèle réalise l’ampleur de son audace en regardant ainsi cette femme se masturber. Honteuse, elle détourne les yeux avec une hâte coupable. Cette femme a un corps superbe, fait pour donner et recevoir du plaisir, et cette constatation la trouble énormément. Jamais elle n’aurait imaginé que regarder une belle femme nue pouvait être si érotique, si agréable. La voir se caresser de façon si obscène était à la fois impudique et excitant, même son mari simplement nu ne lui avait jamais procuré le même effet. Du coup, elle se sent perdue, désorientée. Elle se sent défaillir. Submergée par trop d’émotions qu’elle accumule en si peu de temps, elle enfouit son visage dans ses mains et fond en larmes.

— J’ai mis six mois avant de coucher avec mon mari et... et vous voudriez que l’on fasse ça tout de suite, la première nuit ! s’indigne t-elle en ravalant ses larmes. Je suis une sentimentale, il me faut du temps, je vous en supplie...

Catherine s’allonge à côté d’elle. Elle prend un air faussement maternel.

— Je comprends tes appréhensions, c’est normal. Mais tout se passera très bien, tu verras... S’il te faut du temps, je vais être patiente, très douce, pour ça tu peux me faire confiance. Ne crains rien...

Elle plonge dans les yeux bleus emplis de larmes. Ils s’ouvrent tout grands, tremblants, affolés, avec une expression si douloureuse qu’elle paraît encore plus vulnérable. Pour Catherine, cela lui est fatal. Emue et excitée, elle ne veut plus jouer. Michèle, qui tamponnait ses yeux avec le drap, pousse un cri d’animal blessé lorsque celui-ci est rabattu jusqu’à ses épaules. Mais elle n’a pas la force de résister alors que Catherine, le souffle court, descend toujours le drap. Cette dernière interrompt un instant son geste lorsqu’elle met à nue la poitrine splendide. Elle contemple avec ravissement le galbe parfait des deux splendides coupoles qui se dressent avec fierté, aux tendres boutons roses délicieusement érigées. Respirant un peu plus vite, Catherine continue de faire descendre le drap encore plus bas. Elle dévoile une taille incroyablement fine et flexible. La peau est pâle et translucide comme de l’opaline, si délicate. Puis apparaissent les longues jambes fuselées et, enfin, le fin duvet d’or du sexe. Catherine se sent fondre de désir, terriblement grisée par le subtil parfum qui monte en même temps de cette chair frémissante, une entêtante odeur d’amande douce. Impatiente, elle glisse sa main sur une jambe nue, affolée par la douceur incroyable de la peau laiteuse, et remonte vers le haut des cuisses satinées. Elle perçoit dans les yeux de Michèle une lueur de détresse et de trouble, ce qui l’excite davantage. Celle-ci tente faiblement de la repousser, et murmure d’une voix à peine audible :

— Vous me le promettez, vous serez patiente et…

— J’irai aussi doucement que tu le voudras...

— Et si j’aimais ça, enfin... Si je devenais lesbienne ? Je ne me le pardonnerai jamais...

— C’est ça ton vrai probléme, ma chérie ! Tu te poses trop de questions. Et tu connais les réponses aussi bien que moi. Alors laisse-toi aller, tout simplement...

Michèle ouvre la bouche mais aucun son n’en sort, comme si une évidence venait de la frapper en plein coeur. Car, au fond d’elle-même, c’est bien ce qu’elle redoute, d’aimer cela et de ne jamais s’en remettre. D’être convertie et pervertie. Que l’on perce sa carapace et touche son âme, la révélant à sa vraie nature. La laissant pantelante et éperdue à tout jamais...

Elle n’en revient toujours pas de ce qu’elle a fait avec cette femme dans la voiture. Et cette terrible excitation malgré la perversité de la situation. Elle a osé des choses que jamais elle n’avait tentées avec qui que ce soit, aucun homme, et cela lui a plu… terriblement. Rien que d’y penser, elle sent l’excitation la gagner de nouveau. Il faut qu’elle se raisonne, elle ne peut pas continuer comme ça. Elle a dépassé les limites du convenable, elle ne va tout de même pas tromper son mari avec une femme ! Toutes ses pensées se bousculent, mais elle a beau ressentir de la honte pour son comportement, elle ne peut s’empêcher de penser aux plaisirs extrêmes que cette femme risque de lui procurer. Car, ce qui l’effraie terriblement, au-delà de cet affreux désir inavouable qu’elle ressent, c’est que cette femme n’est pas du genre à se contenter d’une passive docilité. Non, Catherine est une femme de l’extrême. A tout faire pour la pousser dans ses retranchements, lui faire dépasser ses limites, la confronter dans l’absolu. A la transformer et la disloquer. Et cela elle ne peut pas, elle ne l’a jamais fait, si rationnelle, si anxieuse, pleine de principes...

Une conduite irréprochable qu’elle tient à maintenir, et ce n’est pas cette femme qui va la transformer en lesbienne décadente ! Elle arrivera à la posséder, sans aucun doute, mais le strict minimum, et elle fera tout pour ne pas se livrer entiérement . Oh non ! Elle ne lui donnera pas cette satisfaction ! Alors elle se ferme, se contente de trembler lorsque Catherine frôle de ses lèvres sa gorge nue. Celle-ci cherche sa bouche, mais elle se tortille en gémissant pour lui échapper. Elle ne veut pas lui faciliter la tâche, surtout pas. Sans se décourager, Catherine lui couvre le cou, les épaules et le visage de baisers intenses, revenant sans cesse aux lèvres closes qu’elle dévore, cherchant de sa langue vorace à explorer l’intérieur de la bouche réticente.

Mais, à chaque fois, Michèle fuit le baiser. Catherine, en se tortillant souplement, se colle à elle, l’observant en silence, comme un fauve à l’affût. Avec un petit sourire, amusée de sa rebellion. D’une de ses mains, elle lui caresse le visage, trace le contour des traits, suit les lignes pures, avec des doigts doux, frais. Ses yeux sombres la détaillent. Michèle est hypnotisée, prisonnière de cette caresse, retenue par l’intensité du regard insistant. Elle reste sur place, comme assommée, incapable du moindre mouvement, des frissons sur tout le corps. La chambre est dans la pénombre, et Catherine n’en paraît que plus belle, plus irréelle. Ses yeux brillent dans l’obscurité, soudain tout prés, tandis qu’elle perçoit sur ses lèvres cette même haleine parfumée qui lui a déjà fait tourner la tête. Mais un sursaut de fierté la fait réagir, tournant le visage au dernier moment. N’a t-elle pas décidée de résister le plus longtemps possible ? Elle frôle donc le torticolis en se dérobant...


Alors Catherine se contente de sa joue droite, y déposant des petits baisers appuyés, allant du menton au lobe de l’oreille, qu’elle mordille sensuellement, arrachant à Michèle un petit cri de surprise. De la pointe de la langue, elle agace, taquine, vrille, avant de s’y appuyer plus franchement, se mettant à la lécher avec insistance, laissant des traces humides sur son oreille, dedans, tout autour... Puis, avec un sadisme raffiné, elle abandonne un moment l’oreille, humectant de sa salive tout son cou, avant d’y revenir en dessinant toujours un parcours sinueux, capricieux, au grê de ses envies.. Puis, doucement, sournoisement, elle repart à l’attaque, se rapprochant des lèvres closes...


A SUIVRE....

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