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Un sacré bon moment

Chapitre unique

Eros !

Divers

La croisette ! Une sorte de vieille ferme perdue dans la forêt, transformée en restaurant avec une salle de danse. Le rendez-vous des nostalgiques des anciens bals de village, un endroit en dehors du temps, perdu dans un décor des plus somptueux. Robe de verdure et dimanches ensoleillés pour les femmes seules qui aiment les danses un peu rétro. Ici les slows, les valses et autres paso doble font tourner des couples souvent éphémères, formés par la réunion pour le temps d’une sortie, de deux inconnus. Et c’est là que Michèle, mon amie chez qui je suis venue passer quelques jours a décidé de m’emmener.


— Viens, Hélène ! Allons danser ! Tu vas voir, le coin est superbe et les orchestres sont toujours bons.

— Tu crois ? Je n’ai guère envie d’aller danser.

— Ça te changera les idées. Et comme ça tu oublieras plus vite cet idiot qui pense qu’une plus jeune est forcément meilleure que nous… il y a aussi toujours des tas de messieurs prêts à nous offrir un bon diner…

— En échange de quoi ? Hein ?

— Mais de quelques tours de pistes ! Qu’est-ce que tu crois ? Ne va pas t’imaginer des tas de trucs, je ne fais pas la retape !

— Pff ! Bon, c’est bien pour te faire plaisir, Michèle.


Voilà comment vers quinze heures par un petit dimanche des plus ensoleillé, nous débarquons au milieu de nulle part, dans une forêt de sapins. Pourtant le parking est presque plein. Nous trouvons péniblement une place pour remiser notre charrette. Résolument Michèle gagne l’entrée d’une bâtisse qui vue de l’extérieur n’a rien d’anormal ou d’aguicheur. Je suis en maugréant, pas convaincue du tout que nous allons nous faire plaisir dans ce coin. Je ne peux décemment pas dire trou puisque c’est sur une hauteur. Par contre, dès que je mets un pied dans l’établissement, je suis moins catégorique.


Une femme blonde, dans une tranche d’âge que je situe dans la nôtre, nous accueille avec un sourire. À sa façon de s’adresser à mon amie, je sais d’emblée que les deux nanas se connaissent.


— Bonjour Michèle…

— Salut Gréta… je te présente Hélène, une de mes amies qui passent quelques jours dans la région.

— Bonjour et bienvenue Hélène… je suis Gréta, la fille du propriétaire des lieux.


Un accent à couper au couteau. Cette femme est Alsacienne ou teutonne… à n’en pas douter. Des tresses blondes qui lui encadrent le visage, quelques kilos de trop, et avec ça, une gueule d’ange sympathique. Ma copine et elle discutent encore une minute ou deux, parlant de l’orchestre. Je m’abstiens de tout commentaire. Je ne connais pas les musicos locaux. Mais le nom qui entre dans mes oreilles tend à garder une sorte de consonance alsacienne ou allemande. Il me semble comprendre « Fréderic Buch ». Cette fois, une porte capitonnée s’entrouvre et nous atterrissons dans le vif du sujet.


Un flot de notes, plutôt bonnes même, viennent envahir ma caboche. Et dans la pénombre d’une salle bondée, j’aperçois au fond une estrade avec quatre personnes. Trois hommes et une nénette. Apparemment c’est elle qui chante. Brune, bien balancée, sa voix porte dans ce qui apparait comme une salle de bal. Une piste immense bordée de tables d’un côté et de l’autre des longs sièges ressemblant à des canapés. Ils ont l’air de loin, d’être en velours ou en simili cuir de couleur rouge. Et puisque la pièce est rectangulaire, le fond sur notre gauche est tapissé par un très long comptoir.


Le bar où un vieux bonhomme officie en servant des verres à une flopée de types qui attendent une cavalière peut-être ? Michèle se penche vers mon esgourde pour me glisser quelques mots.


— Le gars qui joue de l’accordéon, c’est Buch et sa femme c’est la chanteuse. Les deux autres sont des potes à lui…

— Tu as l’air de connaitre tout le monde dans le coin !

— Ben… je n’ai pas tellement de distractions dans les environs. Et puis, la musique est celle de notre jeunesse… tu n’aimes pas ?

— C’est un peu fort… mais ils jouent juste.

— Hé ma vieille ! On est plus au moyen-âge. À la campagne aussi on connait le solfège…

— Oui, oui, pardon ! Je suis un peu acide parfois.

— Un peu… c’est un euphémisme. Qu’est-ce que tu peux être rabat-joie ? Et pas que parfois, c’est… toujours.

— D’accord… on ne va pas se bouffer le nez chez tes amis…

— Oui, tu as raison ! Viens ! Allons-nous trouver une place sur un des canapés du fond… Tu vas faire quelques tours de piste, non ?

— On verra ! Si les cavaliers ne sont pas trop… péquenots.

— Pff !


Je lui souris et elle prend le parti de le faire également. Mon humour grinçant n’a pas l’air de la ravir. Nous contournons donc une masse de duos qui se trémousse sur une valse bien exécutée par les musiciens. La moyenne d’âge frise la retraite à mon sens. Mais je ne vais pas le dire à Michèle. Ce serait une déclaration de guerre assurée et je n’ai pas envie de me prendre la tête avec mon amie. Le vieux au zinc nous fait un signe de la main. Il a vraisemblablement reconnu mon guide. Et nous voici sur les banquettes. Cette fois, je sais qu’elles sont en cuir.


Pas le temps de nous asseoir que déjà un type arrive. Une relation de Michèle et elle file sur la piste pour une première valse. Je suis des quinquets quelques secondes le couple tout neuf qui vient de se lancer dans la ronde. Le cavalier de la miss est plutôt doué. Il la fait tourner avec une maestria qui me laisse perplexe. Mais je n’ai guère le loisir de faire tapisserie, qu’un autre gaillard se présente.


— Bonjour ! Vous êtes une amie de Michèle ?


Décidément, pas moyen de passer inaperçue ici. Je hausse les épaules, mais secoue le menton pour lui signifier que oui.


— Vous dansez, madame ?

— …


J’hésite une fraction de seconde. Et puis zut, puisque nous sommes là, autant que j’en profite un peu.


— Si vous voulez !

— Merci !


Il me tend galamment la main et en deux pas nous rejoignons les couples qui tournoient sur des accords bien rythmés. Il me guide et ne m’écrase pas les pieds, c’est un bon danseur. Nous assurons la série de cours de valses rapides avant que les musicos ne nous collent des slows. Là, le gars ne me lâche pas. Sa main dans la mienne, l’autre sur mon épaule, il ne me colle pas totalement. Sa joue est proche de mon oreille. Et c’est à son tour de me glisser quelques mots dans le brouhaha de la salle.


— Je m’appelle Régis… et vous ?

— Hélène !

— Enchanté donc de faire votre connaissance Hélène. Michèle a des amies charmantes, à ce que je vois. C’est la première fois que vous venez à la « Croisette » ?

— Je ne suis pas de la région ! Je suis de passage chez mon amie…

— Elle a bien de la chance… Vous êtes très belle.

— …


Ma parole, ce loustic me fait du « rentre-dedans » ! Je m’apprête à le remettre à sa place sèchement et la phrase de Michèle me revient : « … je n’ai pas tellement de distractions dans les environs » ! Et du coup, j’imagine que pour des types comme celui-ci, qui aiment danser, le seul lieu potable c’est bien cette boite. Pas de quoi fouetter un chat, et puis, ce gars me parait cultivé, courtois et poli. Bien ! Donc, je la boucle et nous continuons la série de frotte -frotte jusqu’à la fin de celle-ci. Lorsque l’orchestre entame les paso doble, je me détache de mon cavalier pour rejoindre mon amie qui est assise à la place où nous nous sommes quittées.


Son chevalier servant est près d’elle. Le mien et lui se serrent la louche et ce Régis embrasse ma potine. La conversation qui s’instaure est pour ma pomme. Eh oui ! Je dois montrer patte blanche et ai droit au feu roulant des questions de la part de ces messieurs, intrigués par ma présence. Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que ces trois-là ne sont peut-être pas qu’amis ? Après, c’est juste mon intuition et pas forcément la vérité. Pierre, il se prénomme Pierre le cavalier de Michèle, nous propose un verre.


Dans le boucan de la musique, par un signe de la tête, j’acquiesce. Il ne me demande pas ce que je veux boire, mais file vers le bar. Il revient porteur d’un plateau, sur lequel se tiennent quatre flutes et une bouteille de champagne. Sympa le pépère ! Nous trinquons donc avec des bulles… et pour la seconde tournée de piste, j’ai droit à l’invitation de Pierre. Pourquoi pas ? Michèle et Régis aussi sont entrés sur le parquet et je ne cherche plus vraiment à les situer. Il faut dire que nous sommes relativement nombreux à guincher cet après-midi.


Mon complice du moment lui aussi me fait la causette. Et il emploie la même tactique que mon cavalier précédent, pas le choix s’il veut que je comprenne ses paroles.


— Vous êtes chez Michèle pour quelques jours ?

— Oui…

— Vous êtes de quelle région ?

— Du centre, du côté de Clermont-Ferrand !

— Je vois ! Ça ressemble beaucoup à notre coin de paradis. Chez vous aussi, les sapins sont rois.

— … oui…

— Et vous avez un mari ?

— …


Merde ! Encore un qui me drague ? Je vais donc avoir droit à tous les mecs solitaires du quartier ? Ils veulent tous se placer ou quoi ? Je me fais des idées ? Mais celui-là me colle un peu plus que mon précèdent partenaire… S’il s’imagine qu’une coupe de champagne va m’acheter… L’idée me traverse la tête, saugrenue et idiote évidemment. Il est juste en train de me faire une cour discrète. Je vois tout en noir. Depuis que mon dernier petit ami est parti avec une voisine de palier, j’ai tendance à tout voir en sombre. C’est du reste pour cela que je suis « montée » en vacances chez ma meilleure amie Michèle.


Je lui réponds du bout des lèvres.


— Non ! Je n’ai plus personne.


Nous continuons à danser et il me colle vraiment. J’ai la sensation qu’il insiste lourdement à frotter plus que nécessaire son bide contre le mien. Je suis contente de voir arriver la fin de la série de « slows » que nous venons d’exécuter ensemble. Pas de Michèle cette fois ! Encore sur le parquet à jamboter avec mon premier cavalier ? Mes yeux scrutent cette marée grouillante de corps qui se trémousse en cadence, au son d’accords parfaitement maitrisés. Au bout d’un long moment de recherche, j’entrevois un couple très bizarrement enlacé. Il me faut toute la persuasion de ma vue pour saisir que c’est bien mon amie et ce fameux Régis.


Ce que je n’arrive pas à reconnaitre ? La patte de l’homme qui la guide ne se gêne absolument pas. Si une est restée sur l’épaule pour tenir Michèle contre sa poitrine, la seconde est plantée… je n’ai guère d’autre mot pour le décrire, oui plantée sur une de ses fesses. Ce qui surprend ensuite aux regards qui s’attardent sur un détail, c’est bien que l’ourlet de la jupe de la danseuse est relevé et que les doigts ne sont plus qu’en partie visibles. Le reste se coulant sous le tissu sombre d’une culotte que l’on ne devrait pas apercevoir.


Incroyable ! Moi qui la pense si sage, qui l’imagine un peu timide, il faut une sacrée dose d’audace pour oser se laisser tripoter au beau milieu d’une piste de danse. Parce que si moi, j’arrive à comprendre ce qui se passe, alors que je suis assez éloignée de la scène, je suppose que ceux qui tournent avec leurs moitiés, dans les parages du couple, ceux-là se doutent bien que… c’est assez porno. Les deux joues des guincheurs sont collées l’une à l’autre et je me doute que Michèle apprécie d’être ainsi caressée en public ! Moi qui lui donnerais le Bon Dieu » sans confession… quelle surprise !


Ils sont revenus et le pan de tissu est retombé, cachant de nouveau la parcelle de chair qui a su attirer mon attention. Je ne montre rien, mais les yeux brillants de ma copine parlent pour elle. Dans la pénombre de la salle, je ne peux savoir si elle est rouge de confusion. Sait-elle que j’ai vu ? En tous cas, ils n’ont rien fait pour se cacher. Sans doute sont-ils amants déjà. Après tout, ce sont ses affaires et je n’ai rien à dire. Je comprends mieux son désir impérieux de venir ici. Ce n’était pas pour me montrer cette boite, non. Mais c’est ce Régis qu’elle venait rencontrer.


Pierre vient de resservir les flutes. La bouteille de vin de Champagne est comme pour Michèle, j’en vois le cul. Cette image me donne un sourire. Nous restons encore une petite heure où le dialogue est essentiellement orienté vers ma petite personne. Pressée de questions, il me tarde de filer d’entre les pattes des deux loustics, qui au demeurant sont bien gentils, mais un zeste collant en ce qui concerne ce Pierre, qui peut toujours rêver, s’il s’imagine me mettre dans son lit. Et je suis de plus en plus nerveuse et enfin, Michèle s’en soucie et nous prenons congé des deux clampins.


Dans la voiture qui fait le chemin de retour, fidèle à ses habitudes, mon amie redevient le moulin à paroles que j’ai toujours connu. Volubile, impossible d’en placer une lorsqu’elle est lancée, alors je laisse passer l’orage. C’est elle qui vient sur le sujet brulant d’un Régis très… entreprenant.


— Tu les as trouvés comment les deux hommes qui nous ont fait danser ?

— … ! Il y a quelque chose à en dire ? Tu sais, je ne les reverrai sans doute jamais. Donc je n’ai rien à en dire. Ils ont quelques années de plus que nous sans doute…

— Oui. Enfin pour Pierre, je n’en sais fichtre rien, mais Régis a cinquante et un ans… il ne les fait pas, hein ?


Ça va ! Je viens de saisir. Elle m’emmène sur le terrain scabreux de sa relation avec ce type, et je ne suis pas certaine d’avoir envie d’entendre ça. Elle reste néanmoins mon amie la plus sûre et l’envoyer balader n’est pas une bonne idée. Alors je louvoie…


— Tu sais, je ne l’ai pas très bien regardé. Il fait sombre dans la salle de danse et puis avec tout ce monde…

— C’est un chic type ! Son copain aussi, pas dans le même style, mais tu as vu, champagne et tralala, dès que nous sommes arrivées…

— Une façon de nous acheter ? Ils avaient peut-être des vues sur les deux femmes libres qui débarquaient ?

— Mais non ! Pourquoi dis-tu un truc pareil ? Pas Régis… non pas lui !


Le visage de la conductrice s’est tourné vers moi. Je viens donc de toucher la corde sensible. Je n’ai pas rêvé donc cette manière étrange de la caresser au vu et su de tous. Pas question de lui montrer que je sais. Mais comme elle est partie là, j’ai la nette impression que le secret est lourd à porter. Je ne vais surement pas faire une allusion déplacée à son comportement inapproprié sur le parquet. Mon silence radio la perturbe ? Elle a envie de sortir ce qui lui tient à cœur ? Qu’elle le fasse, mais elle ne trouvera pas en moi l’élément déclencheur de sa confession.


C’est d’une toute petite voix qu’elle avance prudemment. Comme si ça allait changer quoi que ce soit qu’elle se tape le bonhomme. C’est son affaire, pas la mienne.


— Il me plait bien à moi…

— Duquel tu parles Michèle ? Ils étaient deux. Et puis c’est à lui qu’il faut faire des confidences, pas à moi…

— Régis… l’autre, Pierre, c’est juste un bon pote du premier.

— Il est un peu collant le type, je peux te le dire. Il m’a ouvertement draguée et il me collait sans vergogne. Pas sain ce mec.

— Mais Régis n’est pas du tout comme ça… il est… gentil.


Ben, tiens donc ! Gentil ! En voilà un terme pour tenter de m’expliquer qu’elle baise avec le gaillard ? Franchement, Michèle, je n’ai pas envie de savoir que tu te cognes un type qui a quinze piges de plus que nous. Fais-le si ça te chante, mais par pitié, reste discrète. Je ne tiens pas à être mise dans la confidence. J’ai pourtant bien peur que ce ne soit déjà trop tard. La soirée n’est que peu entamée et je sens qu’elle tourne en rond. Je présume que ma présence l’empêche d’aller rejoindre son coquin.


Je ne tiens pas à l’ennuyer plus que cela, alors il me faut absolument dégoter un prétexte pour qu’elle puisse être libre de faire ce qui lui plait. Une excuse lorsque l’on est à six cents bornes de sa propre maison, pas simple à trouver… Bon ! J’y vais franco, après tout, elle ne m’en voudra surement pas.


— Ça te dérange si ce soir je vais faire un tour, Michèle ?

— Tu veux sortir ? Mais nous sommes allées à la Croisette cet après-midi.

— Je n’ai plus l’habitude de n’être pas seule le soir, tu comprends ? Et puis… j’ai dans l’idée que tu as toi de ton côté, un truc important qui t’attend, n’est-ce pas ?

— Comment ça ? Tu veux me faire passer un message ?

— Tu crois que je n’ai pas senti… ton attirance pour ton cavalier ?

— Oh…


Elle passe du rose au rouge vif. Il y a dans ses yeux un petit quelque chose qui m’interpelle. Elle percute soudain que je ne suis pas née de la pluie du printemps. Mais c’est béatement qu’elle me propose d’un coup un plan qui me sidère. Comme ça au débotté, je me sens devenir cramoisie également.


— Pourquoi ne viendrais-tu pas avec moi ? Tu lui plais.

— Comment ça ?

— Ben, sur la piste il m’en a touché deux mots. Il est très… libéré si tu vois ce que je veux dire ?

— Pas vraiment, non ! Tu ne penses tout de même pas que je vais tenir la chandelle ?

— Qui te parle de ce genre de chose ? Si tu viens, c’est aussi pour jouer…

— Et toi, tu accepterais de voir ton mâle me tripoter ? Je n’en reviens pas que tu puisses seulement avoir l’idée de me le proposer. Tu es devenue… folle ?

— Non ! Je l’aime et il est libertin ! Je dois avouer que ça me tente bien également d’essayer. Et comme apparemment, tu lui as tapé dans l’œil, autant que je sois présente aussi si jamais…

— C’est bien ce que je dis ! Ma copine Michèle est ravagée…

— Ne me dis pas que tu n’as jamais fait de compromis avec un homme pour le garder !

— Ben… contrairement à ce que tu penses, bien sûr que non ! Je ne suis pas une chose qu’on prête, une nana à repasser.

— C’est moi qui te le demande, comme un service. Je tiens à le garder celui-là… tiens touche !


Elle chope ma patte et la pose sur son cœur. C’est vrai que ça bat durement là-dedans. Mais de là à faire ce qu’elle attend de moi, il y a un pas que je voudrais éviter de franchir. Je vais pour l’envoyer paitre, mais il y a dans ses yeux, une certaine angoisse. Elle pue la trouille et je n’y comprends plus rien. Qu’est-ce qui lui arrive à cette amie de toujours ? Elle n’est pas devenue la poupée de ce type. Mince alors. Elle en tremble, les deux mains jointes en signe de prière.


— Viens avec moi, s’il te plait…

— Mais non, bon sang ! J’y ferais quoi, moi, chez ce type ? Je ne le connais pas du tout.

— Tu serais là, juste pour m’accompagner. S’il te plait !


Non, mais quelle gourde ! Je me sens attendrie de la voir dans un tel état. Elle se promet des beaux jours, si elle s’embarque dans un micmac pareil. Ça tourne en ma défaveur et je me sens déstabilisée plus que je ne veux le croire. Je ne suis pas venue en visite ici pour me taper un plan cul. Quelque part, je suis aussi et je ne peux le nier, en train de… traverser une longue plage de solitude. Et puis zut ! Après tout, si ça peut lui faire plaisir à elle, je ne suis pas obligée de passer à la casserole. L’accompagner d’accord ! Me faire grimper par ce Régis qui de cavalier passerait au rang de cavaleur, non !


Et c’est donc ainsi que je me retrouve de nouveau les fesses sur le siège passager de la voiture de Michèle. Elle est souriante ; et c’est moi du coup qui suis sur des charbons ardents. Je ne sais ni où nous allons, ni ce qui va se passer. Inutile de lui préciser que je flotte dans mes grolles, que je suis dans mes petits souliers et comme si ça ne suffisait pas… mon esprit se met à faire des siennes. Les signaux qu’il dispatche à mon corps sont bien ceux que je crois ? Pas de doute, je mouille comme une collégienne le soir de son premier rencart.


La patte de Michèle, sans aucune intention malsaine, qui vient sur mon genou accessible de son poste de conduite, finit par faire remonter encore plus d’images salaces dans ma caboche. Me voilà bien, tiens. Partie en vadrouille avec une copine, avec toutes les deux le feu au cul… Incroyable ! Une chance encore que ça se passe dans cette cambrousse paumée. Personne ne pourra jamais se douter des délires qui jouent à saute-mouton au fond de mon ciboulot. Sauf ma meilleure amie, mais… c’est elle qui m’y pousse, alors… tant pis ! Il est trop tard pour faire machine arrière, sauf à sauter de sa bagnole en marche !


— xxXXxx —


Un chalet de bois, tout au fond de ce qui ressemble à une clairière. Et là alors qu’elle gare son véhicule, je sens d’un coup Michèle agacée. Elle bougonne sans que je parvienne à saisir le sens de ce qu’elle grogne. Il y a deux voitures déjà sagement remisées près de celle que nous occupons. Est-ce la vue de ces deux bagnoles qui la mettent dans cet état ? Alors que nous descendons, elle à l’air de se calmer un peu. Une lampe vient de s’allumer et illumine le chemin gravillonné qui va à la bicoque. Oh ! Il y a quoi ? Une petite dizaine de mètres à faire dans les cailloux qui crissent sous mes talons.


La porte qui s’entrouvre montre le visage de ce Régis tout sourire en constatant que je suis aussi présente. Et alors que je m’approche de l’entrée, quelque chose force le passage. D’une couleur flamme, ce qui vient de sortir de la maison vient immédiatement vers ma copine, en fait le tour et puis avance vers moi. Même scénario, mais un peu plus long, parce que de toute évidence, il ne me connait pas. Une voix derrière Régis intervient et l’animal se fige sur place.


— Éros ! Calme mon chien !


Le type qui s’adresse à son berger allemand est mon second cavalier de l’après-midi. Ce Pierre trop entreprenant à mon gout. Nous sommes invitées à pénétrer dans les lieux. Ça sent bon le pin ou le sapin. Et dans la pièce où nous dirigent les deux hommes, un canapé, mais également une cheminée où quelques buches sont enflammées. Devant l’insert… des tapis qui ressemblent à des peaux de bêtes ? Moutons ? Chèvres, impossible à déterminer. Deux fauteuils aussi sont situés dans le cadre plutôt cossu d’un salon mondain.


C’est à moi que s’adresse donc Régis dès que nous sommes tous arrivés dans ce salon.


— Merci d’être là ! Vraiment ça me fait très plaisir de vous revoir.

— …


Je m’abstiens de répondre, alors qu’il nous demande de prendre place en face de son pote, apparemment ils sont amis. Pierre est déjà sur le canapé et Michèle et moi prenons donc place chacune sur un fauteuil. Le maitre des lieux quant à lui disparait par une porte donnant sans doute sur une cuisine. Le bruit caractéristique d’une ouverture de porte d’un réfrigérateur nous parvient, net et suffisamment clair pour que je sache de quoi il retourne. Quelques secondes plus tard, sur la table disposée entre les sièges, se retrouvent un plateau et quatre coupes, une bouteille de bulles. Le chien… est venu coller sa truffe à mes pieds. Couché sur le sol, seuls ses grands yeux sombres montrent qu’il ne dort pas.


Notre hôte sert à boire et nous trinquons. À quoi ? Je ne sais pas encore. Mais la conversation qui se met en route entre les deux mecs et mon amie ne laisse bientôt plus planer de doutes sur la nature des relations qu’entretiennent ces trois-là. Michèle savait-elle que ce Pierre serait là ? Aucune idée, mais si c’est le cas, elle aurait pu m’en aviser en amont. Je ne serais surement pas là.


— Vous aimez notre région Madame ?

— Hein… Oh, ça ressemble bougrement à mon « chez-moi », vous savez…

— Ah ! Vous vous connaissez depuis longtemps Michèle et vous ?

— Assez oui !

— Oui ? Assez pour qu’elle vous ait fait quelques confidences ?

— … ?


Dans son fauteuil, je sens bien que l’intéressé se tasse un peu plus contre le dossier. Elle se sent obligée de remettre les pendules à l’heure.


— Non ! Tu sais Pierre, nous n’avons pas eu le temps d’aborder certains sujets…

— Je vois… je vais donc le faire pour toi ! Tu n’y vois pas d’inconvénients ?

— No… non !

— Et toi Régis… n’as-tu donc rien à dire à notre amie ?

— Oui ! J’allais y venir ! Tu connais les règles Michèle !

— Oui !


Mince alors ! Je la sens d’un coup, très stressée et elle se lève, pose son verre et cette fois c’est elle qui s’éclipse, mais par une porte au fond de la pièce que je n’ai pas encore remarquée. Les deux types ont les yeux braqués vers moi. Ils savent que je ne pige rien. C’est donc de nouveau Pierre qui revient à la charge.


— Avec Michèle, votre amie, nous avons un contrat…

— … ?

— Bon ! Puisqu’elle ne vous a rien dit, je vais vous mettre au courant. Elle est la maitresse de mon ami Régis, ici présent. Et nous aimons tous les deux certains jeux que la morale des bien-pensants réprouve. Votre amie… aime beaucoup et elle nous a signé un contrat… pour ces moments plutôt sympas.

— … ? Je ne pige rien ! De quel contrat parlez-vous… ?

— Dans notre univers, on appelle ça un collier…

— Un collier ?


Je nage complètement. Comment Michèle si discrète, si sage ? Un collier ? Un Contrat ? Je suis muette de stupéfaction. C’est donc Régis qui a son tour me briffe.


— Oui ! Un contrat d’appartenance. Elle est à moi et j’en fais ma chose… dans la limite de ce que nous avons décidé, elle et moi. Et je la prête à mes amis dont Pierre fait partie… Mais il n’y a rien de monstrueux ou de méchant dans nos jeux… un peu de perversion, beaucoup de sexe. Je crois que vous aussi vous feriez une belle… soumise, dommage que vous résidiez trop loin !

— … ? Vous voulez dire que Michèle se prête à vos petites magouilles sexuelles, qu’elle se laisse faire par ceux que vous lui présentez ?

— Oui… mais c’est elle la maitresse et le centre de notre monde, et surtout de tous ceux avec qui elle joue… « Maitresse » dans le sens ou c’est elle qui décide de qui fera quoi… vous voyez ?

— Pourquoi m’a-t-elle fait venir chez vous ce soir alors ? Je ne comprends pas. Je n’avais nul besoin d’être au courant de ses… vos frasques.

— Mais tout bêtement ma très chère madame, parce que je lui ai ordonné de vous amener ici ce soir. Et elle est très obéissante… une bonne petite chienne.

— … vous êtes… écœurants.


Je lance cette phrase avec dans la tête la pensée qu’elle et moi allons déguerpir de cette baraque de cinglés dès qu’elle va nous rejoindre. Du reste, où est-elle partie ? La réponse à cette remarque est vite donnée. Michèle franchit la porte par laquelle elle a disparu. Mais cette fois, elle est… totalement à poils. Les mecs guettent mes réactions, j’en jurerais. Je suis estomaquée. Comment peut-elle se livrer devant moi à de telles turpitudes. Les deux gaillards ont le regard fixe sur ma petite personne. Le cabot au sol dresse les oreilles.


Il lève la tête, sans pour autant se lever. Je suis obnubilée par cette apparition incongrue. J’en bégaie…


— Michèle… ça ne va pas dans ta tête ? Qu’est-ce que…

— Je suis prête… ! Maitre !


Incroyable ! Elle s’agenouille devant la table basse, la tête baissée et elle attend là, les mains sur le sommet de son crâne.


— Tu vois, ton amie est une bonne petite salope !


Pierre… c’est lui qui me parle comme ça ? Il me tutoie ? Merde alors ! Je suis sans voix devant un spectacle aussi affligeant. Qu’est-ce que je fiche là ? L’autre n’en a cure et Régis insiste auprès de Michèle.


— Occupe-toi de Pierre. Tu sais ce que tu as à faire.

— Oui…

— Oui qui ?

— Oui Maitre !


Je n’y crois pas. Pas elle, pas ça ! Je dois être dans un cauchemar et je vais me réveiller. Pourtant, elle se place vers le sofa, toujours à genoux. Là, elle ouvre le pantalon du guignol qui lui, garde bien ses quinquets dans les miens. Un vrai défi que me lance le bonhomme. Je ne vais surement pas baisser les prunelles pour lui. Et horrifiée, je vois ma copine qui retire le flute de ce type. Puis le slip aussi suit le mouvement descendant. Il a la trique à l’air et je suis toujours son point de mire. Régis lui est affalé sur le bout du canapé et observe l’ensemble de la scène. Il donne un ordre.


— Suce-le !


Le visage de Michèle plonge vers le nœud du gars et les mouvements de sa caboche sont de nature à prouver qu’elle astique le manche de Pierre. Nouvelles paroles de celui qui dirige les opérations.


— Occupe-toi de ton amie !

— …


J’ai un drôle de recul du buste. Je n’arrive pas à me persuader que tout ceci est bien réel. Il lui a demandé de s’occuper de moi ? Ça veut dire quoi ?


Elle tourne son corps, sans se redresser et dans cette position s’avance vers moi. Je dois quitter les billes claires du loustic qui a toujours le sexe raide. Et le visage implorant de Michèle s’approche de mon siège. Mains en avant, elle cherche fébrilement à ouvrir mon chemisier. Je suis tellement surprise par la démarche que j’en reste coite. Ce qui lui donne l’impression qu’elle peut continuer. La suite… il s’agit de ma jupe. Et comme pour le haut, je ne suis plus en capacité de dire « non ». Drôle de frissons qui me parcourent l’échine alors qu’en culotte et soutien-gorge, deux paires d’yeux masculins me scrutent.


— C’est bien ! Tu es une bonne fille. Mais tu dois finir le boulot.


Là encore, il y a quelque chose d’étrange qui m’empêche de me rebeller. Ce sont d’abord mes seins qui viennent montrer leurs tétons à ces mâles qui en bavent. Et pourquoi, parce que de toute évidence, j’ai bel et bien levé mes fesses pour l’aider, pourquoi est-ce que je lui permets de faire glisser l’unique rempart à ma féminité ? Je n’en sais rien et n’arrive pas à analyser cette passivité incroyable dont je fais preuve. Je suis aussi nue qu’elle l’est. Face à moi, malgré la présence agenouillée de Michèle, je peux voir que ce Pierre garde une érection monumentale.


Quant à Régis, il est le seul de nous quatre à être totalement vêtu. De plus il distille désormais des ordres secs à celle qu’il considère comme un meuble sans doute.


— Écarte lui les cuisses !


Là, je comprends que c’est toujours de moi qu’il s’agit. Mais les pattes chaudes de cette amie sont là pour pousser sur mes genoux de manière à les disjoindre assez pour qu’ils aient depuis le divan, une vue sur ma chatte. Pourquoi est-ce que je ne rue pas dans les brancards ? Comment puis-je me laisser faire de la sorte ? Bien sûr qu’elle et moi sommes amies, mais ne dépasse-t-elle pas les bornes ? Pierre ne bouge plus non plus. Il se contente de surveiller ce qui se trame là sur le fauteuil que j’occupe. Le visage de Michèle, c’est bien celui-là, qui par la tignasse qui l’entoure, me file de telles sensations ?


Les bras de mon amie sont passés sous mes membres, là où se fait la jonction jambe-cuisse. Le but est de me tirer le bas du corps sur le bord de l’assise. J’ai bien évidemment compris ou elle veut en venir. Ou ils veulent qu’elle en vienne, parce qu’il me semble qu’elle ne fait que leur volonté. Curieusement, je la laisse une fois de plus me mettre dans la posture qu’elle désire. Il faut dire aussi que depuis son retour dans la pièce, l’atmosphère est si étrange qu’elle me met… dans tous mes états. C’est brulant ce qui vient de se poser sur mon sexe ainsi abordé. J’ai une sorte de gros soupir. Humiliation ou satisfaction ?


C’est quasi instinctivement que je pose mes pattes sur la tête de Michèle qui me lèche le minou. Il n’y a plus dans le salon que les bruits de succion de cette bouche qui me ventouse le bas-ventre et les crépitements des flammes qui éclatent dans la cheminée. Je vois dans un brouillard, que Pierre se redresse. Lui aussi s’approche de mon fauteuil. Il est planté là, à cinq centimètres de ma bouche, ce tube qui sent le cul. Oui ! Il a sa bite tout près de mes lèvres. Il ne demande rien, ne cherche pas à me faire quoi que ce soit. Il se contente de ne plus bouger.


Je tangue sous les coups de langue qui vont et viennent, qui s’occupent aussi de mon clitoris, que de ses doigts elle garde décapuchonné. Et sous l’effet de son baiser incendiaire, ma bouille tout entière se projette en avant. Ce qui cogne là, sur ma joue, c’est bien la gaule bandée d’un Pierre immobile ? Alors n’y tenant plus, je ferme les yeux et comme dans un rêve, j’aspire cette tige qui ne demande pas mieux que de venir se loger là. Ça doit être ce qu’il désire parce qu’il lâche un large soupir d’aise juste après ce contact de ma bouche avec son manche.


Impensable ! Me voilà taillant une pipe à un péquin dont je ne connais rien. Un type avec qui j’ai seulement dansé une demi-heure dans l’après-midi. C’est fort de café. Mais le pire c’est que ce soit ma meilleure amie, transformée en je ne sais quel zombie qui me léchouille la chatte et me fait vibrer de sa langue sur mon clitoris. Avec en prime un mec tout habillé qui surveille son monde, que dis-je, qui le mène à la baguette. C’est inouï que cette ambiance me donne le vertige, tellement que j’en oublie tout pour sucer ce braquemart odorant. Je suis dans un mauvais porno ?


Je me sens transportée, par un élan d’envie. Et mes mains se joignent à ma bouche. Les couilles de Pierre sont là qui se situent devant mes yeux clos. Je tâte, je serre, je malaxe et il regimbe si je les presse un peu trop violemment. Je ne ressens pas de suite le retrait de la bobine de Michèle ni n’entends un ordre émanant de son « Maitre ». Je ne pige que lorsque mes poignets sont saisis par celui à qui je taille une plume. Sur mon front, glissant ensuite sur mes paupières closes et pour me rendre aveugle, un bandeau vient se nouer sur ma nuque. Je ne cherche pas à résister. Tout se déroule comme si je n’étais que spectatrice de mon propre rôle.


Le vit aussi se retire de ma cavité buccale et c’est un truc inconnu qui prend sa place. Une sorte de petit sexe de latex qui s’enfonce seulement de trois ou quatre centimètres, là où quelques secondes auparavant, une bite bien douce furetait. Et ce qui rejoint le flot qui retient mon bandeau se serre également à l’arrière de mon cou. Aveugle et muette… je me sens d’un coup soulevée dans les airs, arrachée de ma posture somme toute confortable. Je crains un peu ce qui peut arriver. C’est juste pour me coucher sur la moquette, là où je pense que la table basse vient d’être retirée ou poussée.


Six paluches se baladent sur ma peau. Et j’avoue que mes ronronnements n’ont rien de plaintes de douleurs. L’inverse est surtout vrai. J’apprécie ces caresses douces qui parcourent chaque parcelle de mon épiderme, sur la partie face seule accessible là. Pourquoi des pattes s’attardent telles tant sur mes chevilles ? Mince je saisis soudain. Une corde ou un filin est lié sur chacune d’elle. Le but ? Je l’ignore, mais je veux croire qu’ils ne vont pas me faire de mal… de toute façon, je ne suis plus en position de réclamer quoi que ce soit. Immobilisée, je ne peux plus remuer les gambettes et dois me contenter de les garder largement écartelées. Ça met ma chatte en évidence et si je ne le vois pas, je le devine.


Mes poignets subissent un sort analogue à celui de mes membres inférieurs. Étirés largement au-dessus de ma tête. Reliés entre eux par une cordelette, je suis dans l’impossibilité de bouger… de parler et surtout de voir, ce qui décuple toutes mes sensations. Pas le temps de me poser des questions. Déjà un poids est sur mon visage… comme si… oui, c’est bien ce que j’imagine. Michèle est assise sur ma bouille et ce sont ses fesses qui m’écrasent le nez. La bouche remplie je ne peux rien faire ni dire. Elle se frotte éhontément par de grandes amplitudes de son derrière, sur ma face. Et qui est-ce qui revient sur ma touffe pour me la bouffer avec un pareil bruit ?


Les attouchements sont très… bizarres. Comme si… non ! Tout mon être se raidit à la seule idée que je puisse être dans le vrai. Je ne veux pas songer une seule seconde que ça peut être ce que je crois. Ils ne feraient pas ça tout de même ! En tout cas c’est rugueux, râpeux et ça s’accompagne d’un boucan immonde. Mes ronrons sont vite plaintes longues et incessantes. Parce que malgré mon dégout, mon corps lui répond favorablement aux stimulations de cette langue qui m’écarte les chairs. Et comme elle aussi insiste sur mon clitoris que maintiennent dégagé et accessible les menottes de Michèle, et bien… je suis au bord de l’orgasme.


Les minutes qui suivent m’entrainent encore dans une abjection plus profonde. Mes bras sont déliés, mes chevilles idem et les hommes me collent à quatre pattes en levrette. Ce qui me monte sur le dos ne peut en aucun cas être l’un des deux-là ! Pas mon amie non plus. Il ne reste plus que celui dont je me refuse à penser qu’ils lui font faire ça… La langue a repris ses fouilles et c’est fou, c’est dingue, je n’arrive plus à contrôler les tressaillements de tout mon être. Pas plus que je ne tiens à me soustraire à ce baiser démoniaque. Je suis trempée… ça me dégouline le long des cuisses, sans que je sois en mesure de mettre un terme à ce qui me secoue.


Le final… je m’y attends depuis quelques secondes. Devant moi, qui se cramponne à mon cou et frotte sa pine, un des deux mecs ? Une petite main qui me flatte la croupe, avec de temps en temps l’incursion d’un doigt tendu dans mon con… je me doute que la saillie n’est plus très loin. Je l’appelle de tous mes vœux. Ce qui ne manque pas d’arriver. Mon buste est encerclé par… quelque chose de doux. Comme si celui qui va me posséder est équipé de gants. Le poids est maintenant sur mon dos. Et à coups de reins maladroits je sens sur mon derrière, déraper cette pine dont je devine la provenance.


C’est surement Michèle qui vient de guider l’engin dans le conduit et cette fois, je suis pénétrée profondément. J’admets que c’est pour le moment peu différent de ces étreintes masculines « ordinaires » que j’ai connu avec mes précédents amants. La seule vraie différence réside dans la force et la vigueur de cette saillie. Et puis je sombre dans une sorte de folie sexuelle qui me fait totalement dérailler. Je remue moi aussi du popotin, comme pour que la bite m’assaille encore plus. Et je n’arrive plus à contrôler mes muscles. Je pars dans une dérive absolue et éblouissante. À tel point que je ne garde aucun souvenir de la fin de cet épisode exceptionnel.


Nue sur la moquette, avec au-dessus de mes quinquets, trois visages penchés qui me sourient. Michèle, Pierre et Régis. C’est elle qui prend la parole.


— Eh bien, ma belle, tu peux te vanter de nous avoir fichu une sacrée trouille. Quel pied tu as pris ! Pas moyen de te réveiller. Tu t’es littéralement évanouie… et tu es restée en « petite mort » au moins un quart d’heure.

— … !


J’écarquille les mirettes. Je me sens honteuse. Pas de l’avoir fait, mais bien d’avoir pris un tel pied que je m’en suis pâmée. Ils m’aident tous les trois à me relever. Et là, allongé sur la carpette, Éros le berger allemand dort paisiblement. Cette affaire m’est bien arrivée ? Ce n’est pas un rêve puisque je suis toujours à poils et mes complices également. Alors lorsque Pierre tente une dernière approche caressante, je le repousse sans animosité. J’ai eu ma dose, j’ai mon compte. Et… je ne peux que me coller dans mon fauteuil et regarder… une Michèle prise par devant et par-derrière par ses deux cavaliers…


Mes vacances ont pris fin. Sur la route qui me ramène chez moi… je fouille mes souvenirs. Est-ce que vraiment j’ai reçu une flèche d’Éros ? En tout cas, ça reste un sacré bon moment…





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