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Je sais où vous allez

Chapitre 1

J'ai toujours préféré, aux voisins, les voisines

Voyeur / Exhibition

Une charmante jeune femme a l’habitude d’organiser des soirées, en terrasse, en face de mon immeuble. J’observe toujours ces fêtes tardives depuis chez moi et nous nous croisons dans les yeux de temps à autre. Elle me sourit et je lui rends. Nous ne nous connaissons pas mais sommes familiers. Je dirais qu’une sorte de complicité s’est tissée entre nous. Je m’habille bien, suis rasé avec application et sais me tenir, alors c’est comme si j’étais cet invité que l’on espère mais qui n’est pas là, cet homme qui demeure un rêve, suspendu, que l’on ne voit qu’en levant les yeux au ciel. Il faut dire que j’habite à l’étage et qu’elle me voit de mon balcon.


Ce n’est pas, néanmoins, cet homme distingué qui l’entoure de ses bras quand elle va danser, mais une horde de libidineux gauches, sans classe, qu’elle a invité faute de mieux. Elle sait que je sais et nos échanges de regards fortuits au départ de ses événements pré-nocturnes se concluent toujours à ce moment là. Elle est gênée ou bien a honte, je l’ignore encore, mais ce qui est sûr est qu’elle est frustrée de mon absence. Je peux ressentir cela.


J’ai assez attendu. Il faut que je la rencontre, et c’est là que je vous dévoile mon secret. J’ai un pouvoir surnaturel, ou bien, s’il est physiquement expliquable, j’ignore absolument comment. Je peux deviner où conduiront les pas des gens qui me précèdent. Comment peut-on bien mettre à profit ce pouvoir incongru, me demanderiez-vous ? Eh bien, je ne savais pas trop quoi en faire jusqu’à aujourd’hui, et je dois dire que je ne suis pas très fier de ce que je m’apprête à faire. Je vais suivre ma voisine. 


C’est, en vérité, plutôt elle qui me suivra, mais elle ira exactement là où elle prévoyait de se rendre et vivra cet évènement comme une drôle de coïncidence puisque j’irais exactement là où elle va. Voilà donc une utilité possible de mon pouvoir : je peux suivre tout le monde et ils croiront que c’est eux qui me suivent. Vous suivez ? Peu importe, vous allez vite comprendre.


Ce matin, je me suis levé très tôt pour guetter la sortie d’immeuble de la belle voisine. Je ne connais pas ses horaires de sortie et c’est le seul moyen pour s’assurer de ne pas la louper. J’ai bien fait d’ailleurs, car, à peine placé dans le hall de mon bâtiment pour l’attendre, elle sort du sien et il n’est que cinq heures. Je m’empresse d’aller près d’elle, suffisamment loin cependant pour qu’elle ne me voit pas. Elle prend à gauche. Elle va devoir continuer tout droit pendant au moins cent mètres. C’est un quartier d’habitations ici. Espérons qu’elle n’a pas son travail chez des particuliers du coin. 


Je cours aussi vite que je peux pour prendre à droite, puis à gauche, encore à gauche et une dernière fois à gauche afin de, par la rue parallèle, rejoindre celle où marche ma voisine. Sauf que grâce à ma course, me voilà à présent quelques dizaines de mètres devant elle. Je m’efforce de cacher que je suis essoufflé, sans m’inquiéter outre mesure car je lui tournerai le dos tout du long. Qui peut se douter, de toute façon, que l’individu qu’il croit suivre est son poursuivant ? Elle se dirigera vers le métro alors je m’y dirige. Je vais à son rythme car mon pouvoir a une portée limitée à une dizaine de mètres.


Ma route à sa destination se poursuit ainsi jusqu’à une tour de bureaux en centre-ville. Elle va entrer et prendre l’ascenseur. Je ne réfléchis pas et lui emboîte le pas. L’ascenseur sera le lieu parfait pour se rencontrer enfin.


— Attendez ! Lance-t-elle à mon adresse.


C’est la première fois que j’entends sa voix d’aussi près. Je suis enchanté. Elle entre dans l’ascenseur et, quel bonheur, c’est elle qui engage la conversation :


— Je vous ai reconnu ! Vous êtes le voyeur de l’immeuble d’en face, me dit-elle avec un sourire malicieux.


Je suis mal. C’est donc comme cela qu’elle me considère, en fait ? J’aurais finalement préféré ne rien en savoir. Le fantasme est parfois préférable à sa concrétisation. 


— Oh, ne vous vexez pas ! Ça ne me dérange pas. Vous voyez bien que je vous souris à chaque fois, et ce n’est pas un sourire de gêne, me rassure-t-elle.

— Enchanté, mademoiselle. Vous me rassurez. J’ai eu peur de vous avoir opportuné depuis si longtemps !

— Mais non ! On s’aime bien tous les deux. On le sait. C’est dingue que l’on se rencontre ! Qu’est-ce que vous faites ici ?


Je t’ai suivie pour que cette rencontre “dingue” ait lieu, mais comment pourrais-je te l’avouer, belle inconnue ?


— On m’a embauché, répondé-je.


C’était faux, bien-sûr, et comment allais-je faire maintenant pour me dépétrer de ce mensonge ?


— Oh, dit-elle, son sourire soudain effacé.


Pourquoi ce changement d’attitude si brusque ?


— Vous en faites soudain une tête ! Qu’est-ce qu’il y a ? demandé-je, inquiet.

— Ce n’est rien. C’est juste que ça fait de vous mon nouveau patron. J’espérais que nous commencions notre relation dans d’autres dispositions.

— Je serais un bon patron, ne vous inquiétez pas.


Elle fait une moue contrariée. Qu’est-ce qui m’a pris de sortir ça ? Je suis foutu maintenant. C’était une phrase de con, en plus de ça, elle va savoir que je suis un menteur, et, qu’est-ce que je vais faire, moi, maintenant ? Nous arrivons là où elle doit descendre. J’aurais au moins l’air, grâce à mon pouvoir, de savoir où je vais. Nous entrons dans le hall d’accueil d’une entreprise, et c’est tout ce que j’en apprends pour le moment. Je me résous à être aussitôt démasqué quand la voisine dit à l’hôtesse d’accueil :


— Salut Gabby, c’est le nouveau patron, donne lui son badge.


L’hôtesse s’exécute et me donne l’objet demandé. Je me retrouve donc avec un badge. Cela devient sérieux. Je deviens un usurpateur. Ce n’est plus possible. J’ai voulu jouer et j’ai perdu. Je dois assumer maintenant et révéler que j’ai menti.


— Votre badge enregistre vos heures d’entrée et sortie dans l’entreprise, m’adresse l’hôtesse qui entame un monologue explicatif. Vous le ferez glisser tous les jours sur le support magnétique à gauche du portique qui se trouve à votre gauche. Lui seul permet ensuite, une fois à l’intérieur, d’accéder à votre bureau. Nous veillons à la privacité des espaces de tous nos cadres de direction. Bienvenue dans l’entreprise, monsieur Grant !


 Je devrais expliquer la méprise mais ne m’y résous pas. Une euphorie inconnue s’empare de moi au contraire, et, je change de bras de fusil.


— À quelle heure étais-je attendu ? demandé-je.

— Cet après-midi à quinze heures, monsieur Grant ! Vous êtes très en avance mais ce n’est absolument pas un problème. Après tout, vous êtes le chef ici, maintenant ! me répond l’hôtesse, amusée.


J’ai donc neuf heures devant moi avant l’arrivée du vrai monsieur Grant. J’ose la folie. Quel intérêt d’avoir un super-pouvoir, “après tout” comme elle dit, si ce n’est pas pour vivre des expériences extraordinaires ? Personne ne sait qui je suis, pas même la voisine. Elle sait où j’habite mais peu importe. Je m’en soucierais plus tard. Tu as une vie de merde, Ambroise. Au diable, les conséquences.


— Merci ! Madame ? demandé-je.

— Marguerite Pallier, monsieur le directeur !

— Très bien. Je vais prendre possession de mon bureau. À bientôt, madame Pallier.

— Comme il vous plaira !

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