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La salope

Chapitre 5

Erotique

Épilogue



Ces quelques aventures bien entendu, ne représentaient que des bribes d’une existence où le sexe avait pris une importance que je qualifierais de capitale. Je ne voulais plus jamais rater une occasion de trouver le plaisir. Homme, femme, peu m’importait le sexe, l’âge, pourvu que j’éprouve l’ivresse. Une sorte de rage, de faim qui n’amenait finalement que des amants, des maitresses d’un soir. La peur d’être à nouveau égratignée, d’avoir mal, je fuyais sans cesse au premier ressenti d’un attachement possible. Mon travail restait donc une valeur sûre et la cachette presque parfaite.


S’il y avait de longues plages, de grandes séquences où je ne sortais pas, plus, vous pouviez à coup sûr vous dire que quelque part, cette trouille de tomber amoureuse me renvoyait dans ce havre de paix que mon bureau était devenu. Certains de mes cavaliers d’un soir, de mes amazones d’une nuit avaient pourtant tenté de renouer un dialogue que volontairement je rompais. Aucun, pas une n’eut le bonheur de me revoir et pour mon cœur apaisé, tout rentrait toujours dans l’ordre. Il m’arrivait aussi, après l’épisode « pluralité masculine » de prendre quelques jours de vacances et de rêver à des fornications sans précédent.


À l’occasion d’un retour chez mes parents, j’avais constaté qu’entre eux, il y avait de l’eau dans le gaz dans leur couple. Une nuit que j’étais rentrée à l’improviste, personne ne se trouvait à la maison. Mais en soi, ça n’avait rien d’alarmant parce qu’il arrivait à mes parents de sortir de temps en temps. Alors, comme je possédais une clé, je m’étais installée dans ce qui était resté ma chambre. Fatiguée, j’avais refermé la porte derrière moi et sans demander mon reste, je m’étais assoupie sur mon lit. Ce n’est que tard dans la nuit qu’un bruit singulier m’avait réveillé. Comme des plaintes furtives, de petits gloussements qui m’amenaient à penser que mon père et ma mère... mais c’était bien légitime après tout.


Je tentais vainement de me rendormir alors que les sons, les soupirs allaient crescendo. J’en arrivais à penser qu’il fallait encore une bonne dose d’amour pour honorer son épouse de cette manière après trente années de vie commune. Les amours familiaux duraient depuis plus de deux heures et ces ébats me mettaient les nerfs à fleur de peau. J’écoutais, sans pouvoir vraiment faire autrement. Rien de vicieux dans cette démarche, après tout, ils ne pouvaient pas se douter que leur fille était dans sa chambre.


Ma mère râlait de plus en plus violemment et mon corps aussi s’était senti obligé de battre la mesure de ce brame dans la chambre à côté. C’était drôle ! Je n’avais jamais imaginé ma maman sous l’angle d’une maitresse qui se donnait à son mari, et je ne voyais pas dans la silhouette de mon père un amant capable de faire jouir son épouse. Nous autres les enfants, les imaginons toujours comme des parents, mais j’avais la preuve éclatante que sous le vernis familial, deux êtres de chair et de sang couvaient. Cette réflexion me surprenait alors que dans la pièce attenante à ma chambre, la joute devait devenir plus... corsée.


Les trémolos de la voix de maman étaient reconnaissables entre tous. Mais je ne parvenais pas à retrouver dans des grognements entrecoupés de soupirs le timbre vocal paternel. Non ! Mais c’était vrai que je n’avais jamais dû les entendre souvent auparavant dans ces figures libres de l’amour. Ou alors, je n’avais jamais prêté attention à ces bruits normaux de la vie. Une envie de faire pipi me comprimait la vessie et n’y tenant plus il me fallait me rendre aux toilettes. Pour ce faire, pas d’autres possibilités que de passer par le corridor qui longeait l’endroit où... les deux amants se donnaient du plaisir.


Une cascade de réactions bizarres parcourait ma cervelle de femme. Bien entendu que je comprenais parfaitement cette situation, et que ma mère jouisse n’était que très normal. Mais je ne pensais pas assister, même si c’était seulement avec l’ouïe, je ne pensais pas qu’un jour... j’aurais envie de faire l’amour en entendant une sérénade venue de la chambre que mes parents occupaient. Je me rendais donc au petit coin en essayant de faire le moins possible de boucan. Sinon, il me faudrait expliquer ma présence au milieu de la nuit au domicile familial et je n’en avais pas très envie. Je prenais tout mon temps pour traverser ce couloir et ma miction devrait être discrète. Pas de chasse d’eau, pas de lumière... pas de bruit !


En revenant vers ma piaule, je ne pouvais que voir cet entrebâillement de la porte, une lampe de chevet distillant une lumière tamisée. Ma mère était à califourchon sur le ventre de mon père et le visage tourné vers le mur, ses mains en appui sur le lit de part et d’autre du torse paternel, elle se trémoussait lentement. Son buste rejeté en arrière, les yeux fermés, elle hochait la tête en gémissant doucement. Apparemment, elle faisait durer le plaisir. Papa lui, restait les jambes jointes, et elle le chevauchait lascivement. Je voyais cela avec des éclairs dans les yeux, avec une boule dans la gorge. Ce bonheur de partager son amour avec un être unique, je ne le retrouverais sans doute plus, plus jamais.



Dans mon lit, seule, j’essayais vainement de reprendre mon sommeil interrompu bien plus tôt. Rien à faire et j’étais condamnée à entendre jusqu’au bout ce don d’amour que ces deux-là s’offraient. Puis quand enfin les bruits cessèrent, le calme dans la maison s’avérait finalement aussi insupportable que les sons de la jouissance des deux amants. Qu’ils soient mes parents ne faisait qu’ajouter un trouble plus grand encore à mon malaise. J’aurais aimé qu’un homme m’aime de cette manière, avec cette vigueur et cette force... dure à avaler finalement. Mais c’était au petit déjeuner que me voyant débouler en robe de chambre ils comprenaient que j’avais sans doute entendu... et pourtant ni l’un ni l’autre ne me firent de remarque.


— oooOOooo —


Découvrir ou se souvenir que ses parents étaient aussi des êtres humains avec des envies, de bons et de mauvais moments, comme tout le monde, avait laissé comme une trace, une fêlure au fond de mon esprit. Le malaise de cette solitude, la même que je vénérais quelques semaines auparavant, devenait du coup insupportable. Je ne cherchais donc plus un mâle, un amant pour un instant. Non, je sortais dans des endroits plus discrets, dans des boites de nuit plus feutrées. Là, sur un parquet où se trémoussaient des dizaines de couples, il m’arrivait de passer la moitié de la soirée à changer de cavalier. Il n’en manquait jamais pour venir m’inviter, mais je me refusais depuis l’histoire de mon passage dans le cocon familial, d’en ramener un seul chez moi.


Mais un samedi soir, quelque chose que je n’avais pas prévu venait s’inscrire en faux dans tout ce que j’avais jusque-là vécu. En tournant sur la piste de ce dancing que je fréquentais de plus en plus assidument, une silhouette connue, collée à une femme beaucoup plus âgée m’avait laissé comme un gout amer dans la bouche. Là près de moi, sans qu’il m’ait vu, Yann serrait dans ses bras ce qui à mes yeux, pouvait passer pour sa mère. Surprise, je plantais là, mon cavalier incrédule, qui ne comprenait pas la soudaine migraine qui me prenait. Mon geste spontané au beau milieu de ces couples enlacés avait créé un remous attirant les regards de tous.


Une fois de plus j’allais donc fuir. Mais de quoi avais-je donc peur ? Je finissais ma vodka orange et une main venait de se poser sur mon épaule.


— Danièle ! Je n’ai donc pas rêvé. C’est bien toi !

— Ah ! Yann. Qu’est-ce que tu fais là ? Tu sors avec ta mère ?


Je n’avais pas pu m’empêcher de le griffer verbalement. Il restait debout à quelques pas, dans un brouhaha monstrueux. Il ne faisait pas mine de comprendre ou bien évitait il l’affrontement. Mais il se penchait vers mon visage et mon oreille percevait mieux quand...


— C’est trop bruyant ici ! Tu ne voudrais pas que nous allions prendre l’air ?

— Parce que tu penses que nous avons quelque chose à nous dire ?


Sa tête avait déjà reculé de quelques centimètres et mes paroles s’étaient diluées dans le boucan environnant et la musique de l’orchestre. Yann haussait les épaules en signe d’incompréhension. Sa main m’indiquait la sortie et je le suivais par pur réflexe. Mais je dois avouer aussi que mon cœur allait se décrocher dans sa cage. À l’extérieur, le frais de la nuit et surtout le calme loin des flonflons des musiciens... un vrai luxe qui nous tombait sur les épaules.


— Mon dieu, je ne m’attendais pas vraiment à...

— A me voir ici ? Mais je viens souvent danser dans ce lieu.

— Moi, je ne suis que de passage et comme ma tante et mon oncle voulaient sortir. Tu sais, tante Agathe était contente. Son neveu préféré est un bon danseur et comme l’oncle Georges ne valse pas... elle avait un cavalier qui ne lui inspirait aucune méfiance.

— C’était... enfin c’est ta tante Agathe cette dame...

— Ben oui ! Tu pensais quoi ? Que c’était une de mes maitresses ?


Il avait dit cela avec une voix grinçante, comme si un sanglot restait coincé au fond de sa gorge. L’obscurité de la nuit m’empêchait de voir ses yeux, mais y aurais-je vraiment aperçu une lueur mouillée ? Et lui en me regardant se serait-il rendu compte de cet émoi qui m’avait totalement cerné ?


— Qu’est-ce que tu deviens depuis... tout ce temps ? Ton boulot ? Toujours seule ou bien as-tu trouvé celui que tu attendais ?

— ... ! Pour mon travail, je suis maintenant associée avec... et je n’attendais personne ! Seule, c’est mon choix. Il faut dire aussi que chat échaudé craint l’eau froide, tu piges ?

— Un peu.

— Mais parle-moi de toi... toujours à courir la gueuse et à te taper tout ce qui bouge ?

— Je vois que tu as toujours la langue bien pendue. Non Danièle, depuis que la seule femme qui comptait pour moi est partie, je ne fais plus grand-chose. Elle a tout pris en partant. Mon âme, mon cœur et ma liberté.

— Eh bien ! En voilà une qui a eu la chance que tu l’aimes pour de bon.


Les choses devenaient électriques entre nous. Mais je restais sur l’impression de départ, celle de cet homme que j’avais tant aimé et qui était là à me regarder. Qu’est-ce qui se passait au fond de moi ? Je ne savais pas, ne comprenais plus les réactions... épidermiques de mon corps tout entier. Il se tenait debout, beau dans des fringues pourtant quelconques et le muscle qui me servait de cœur brinquebalait dans ma poitrine. J’aurais juré que ce qui m’arrivait n’était pas normal. Mais il était vrai que depuis quelque temps, je réagissais d’une manière différente à ces sollicitations fortuites. Yann, Yann... quel bonheur de le retrouver, mais je n’étais nullement disposée à le lui dire.


Nous ne savions plus vraiment comment communiquer. Trop tard ? Il devait être trop tard pour renouer un dialogue rompu bien des années auparavant.


— Eh bien ! Lâcheur ! Tu es donc ici, je te cherche partout là-dedans. C’est Georges qui m’a dit que tu étais sorti avec une dame.

— Ah ! Tante Agathe, je te présente une vieille amie... Danièle.

— Danièle... attendez voir, Danièle ? La Danièle, celle dont tu nous rebats les oreilles sans arrêt ? Bonsoir Madame.

— Bonsoir !

— Vous pouvez vous vanter de nous l’avoir bien séduit notre « gamin ». Mon Dieu, il n’y a pas de journée sans que votre prénom ne soit évoqué. Il nous parle tout le temps de ce qu’il a raté avec vous. Vous savez que nous avons dû nous gendarmer, sa mère et moi, pour qu’il reprenne une vie normale.

— Une vie normale ?

— Tante Agathe, je t’en prie... s’il te plait...

— Quoi, tante Agathe ? Je sais bien que tu crèves d’amour pour cette femme et pourquoi ne devrait-elle pas être au courant. Si tu ne lui dis pas, elle ne peut pas le deviner...

— Tu mets Danièle mal à l’aise...

— Ce sont des histoires ça, des prétextes pour te défiler mon grand et tu le sais bien. Il reste des jours entiers, prostré chez ma sœur et n’a même plus un seul copain. À part son boulot, il ne voit plus personne depuis... votre rupture. Je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne vous connais pas, mais je sais seulement que ce gaillard-là est malheureux.

— Mais...

— Je ne vous accuse pas ! Il a surement la plus grande part de responsabilité dans votre rupture, mais je peux vous affirmer qu’il est devenu un homme depuis votre départ. Allez venez, on va retrouver Georges, avant qu’il ne pense que nous l’avons abandonné lui aussi.


La femme était déjà repartie vers le bruit. Les portes de l’entrée avaient laissé passer suffisamment de musique pour que je n’éprouve plus l’envie d’y remettre les pieds. Alors je prenais congé.


— Bon et bien Yann... Heureuse de t’avoir revu.

— Moi aussi. Excuse ma tante, elle veut toujours tout régler... à sa manière et ça ne marche pas tout le temps...

— C’est vrai ?

— Quoi donc ?

— Que tu n’es plus le même depuis !

— Ce n’est pas à moi d’en juger... enfin je ne sors plus, juste boulot dodo... ce soir reste une exception.

— Et bien... bonne fin de nuit...


J’avais le cœur serré. Les trois ou quatre pas qui m’éloignaient de cet homme, je les avais faits lentement comme si... l’espérance parfois. Je venais de sortir les clés de ma voiture et les lumières des phares s’allumaient déjà, au déverrouillage des portes. Cette main sur mon épaule, une brulure, un rêve, quelque chose qui n’existait plus, qui ne pourrait donc pas renaitre ?


— Danièle... Danièle, ne pars pas comme ça !


Je me retournais et il était bel et bien tout près. Ses mains tremblaient, de la même façon que les miennes ne se maitrisaient plus. J’avais fermé les yeux... j’attendais quelque chose, un baiser sans doute. Et Yann m’avait enlacé. Dans ces bras qui m’avaient tellement manqué, il y avait encore un peu d’amour à partager ? Nous le saurions sans doute que dans quelque temps...



— oooOOooo —


Nous nous sommes revus lui et moi. Oh ! Les choses n’ont pas été faciles, loin de là ! Il a fallu beaucoup de temps pour que je fasse à nouveau l’amour avec lui. Mais j’ai retrouvé dans sa manière de me câliner, cette différence qui m’avait tellement fait défaut. Ses mains savaient toujours où jouer sur le violon de ma peau. Deux archets pour de petites musiques de nuit, deux mains qui courraient comme par le passé sur un ventre qui avait depuis trop servi. Mais il retrouvait le bonheur d’être aimé, d’être cajolé, d’être... unique. Et le souvenir de cette verge qui fondait sous ma langue, le plaisir de ce velouté à consommer sans modération, tout semblait être de retour.


Le temps efface les maux, ferme les cicatrices. Il peut aussi nous apprendre que nous sommes de chair et de sang, que nos amis, nos parents aussi ont des désirs. Il nous faut aussi les voir parfois comme des amants et savourer cet amour qu’ils se donnent. Yann et moi sommes en paix. Nous ne vivrons sans doute plus jamais ensemble, mais j’adore quand, un soir, il passe à la maison ; quand se lèvres viennent suçoter la fraise d’un de mes seins, quand sa bouche s’aventure plus bas encore et qu’ivre d’envies et de désirs, c’est moi qui me jette à l’abordage de son corps musclé. Oui ! Nous les referons encore les vendanges de l’amour. Oui, nous nous aimerons souvent sans pour autant nous lier dans des serments que ni lui ni moi ne pourrions tenir.


Alors oui... j’ai été, oui je suis encore parfois et oui je resterai cette salope que les hommes ont aimée, aiment si souvent... et j’espère aimeront encore longtemps !

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