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Sans en parler à personne

Chapitre 1

Présentation de mon chéri à mes parents

Divers
— Tu es sûre que c’est le bon ?— Oui, maman.— C’est magnifique ! Je suis très contente de le rencontrer bientôt. Tu te rends compte, tu as l’âge que j’avais quand je t’ai eue !— Je sais, maman. Ne t’inquiète pas. Tu seras grand-mère.— Ah ! Tu me fais plaisir. Je suis la mère la plus comblée du monde !— Au revoir, maman. À tout à l’heure !
Je termine l’appel. Plus que deux heures avant la présentation de mon chéri à mes parents. Il a dix-huit ans de plus que moi et j’avais peur que cela les effraie. Je suis heureuse. Ils me font confiance pour avoir trouvé un homme avec qui je suis bien, dans une relation saine, équilibrée et sincère, comme ils m’ont appris que c’est si important. Certes, il est plus vieux, il a 48 ans, mais j’en ai déjà 30. Je suis une adulte avisée. Notre couple, c’est un choix du cœur et de la tête. Non, vraiment, on est sûr de nous. On sait ce qu’on fait. Rien ne pourra nous séparer et j’étais prête à affronter les réticences de ma famille s’il le fallait. Ma mère a 60 ans. Mon père en a 68. Ils auraient fini par comprendre.
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Derniers préparatifs avant de prendre la voiture pour aller au village. Mon chéri se fait beau. Je me fais belle. On se regarde dans les yeux et on se sourit. On se prend dans les bras et on se dit qu’on s’aime. C’est parti. Une heure trente de route. Il conduit pendant la première moitié du trajet. Ensuite, je prends les petites voies de campagne que je connais par cœur. Je nous ramène jusqu’au portillon de chez mes parents. En sortant de la voiture, on se serre la main très fort. C’est notre manière de nous dire sans mots qu’on affronte l’événement ensemble, qu’on est solidaires, qu’on est soudés. Je sonne à la porte. Ma mère vient nous ouvrir. Elle regarde mon homme et là, elle pâlit et s’écrie dans un soupir étouffé :
— Non !
Je réagis tout de suite.
— Qu’est-ce qu’il y a, maman ? dis-je.
Elle ne répond pas et nous ferme la porte au nez. On est atterrés. Une pensée me traverse l’esprit. Oh, non. J’ouvre la porte, qui n’est pas verrouillée, et cours à l’intérieur à la poursuite de ma mère :
— Maman !!! Ne me dis pas que tu as arrêté de prendre tes médicaments !!
Mon chéri me suit et me demande, choqué :
— Qu’est-ce qu’il se passe, Aurore ?— Ma mère est schizophrène, Laurent. Mais normalement elle prend un traitement et ça se passe très bien !
Je vais vers Papa, posté dans la cuisine et lui lance, sans prendre le temps de le saluer :
— Papa, elle est où, maman ?!— Elle vient de monter en trombe à l’étage. Qu’est-ce qu’il se passe ?— Je ne sais pas ! Elle a vu Laurent puis elle a piqué une crise. Dis-moi la vérité : elle suit toujours son traitement ?— Euh... Aurore, je ne contrôle pas tout ce que fait ta mère.— Mais putain ! Tu le sais pourtant que tu dois la surveiller sur ça ! C’est important, papa ! Merde !
Je monte à l’étage en sautant les marches deux par deux. J’ouvre la porte de la salle de bain. Rien à signaler. La porte de sa chambre. Rien à signaler. Je la trouve finalement dans le bureau. Elle fouille dans une étagère en tremblant. Je lui adresse, tout en m’approchant lentement d’elle :
— Maman ! Qu’est-ce que tu fais ? Calme-toi !
Elle renverse brusquement une pile de papiers au sol et me crie dessus, à gorge déployée :
— Va-t’en, salope !!! Le faire avec ton propre père !!!
Je me jette sur elle et la plaque contre le sol. C’est un peu violent, mais il faut que je la maîtrise, pensé-je. J’appelle mon père en criant et nous la tenons à deux pendant que Laurent appelle les urgences. Maman me traite de salope en boucle. Je suis en larmes. Après une trop longue attente où elle demeure particulièrement agressive, elle est prise en charge par le service médical approprié.
Je m’en veux. Je sais que je n’aurais pas dû réagir comme ça, que j’ai moi-même été violente et que j’ai sûrement aggravé la situation. On m’a déjà répété qu’il faut être le plus calme possible avec la personne, mais c’est ma mère et j’ai complètement paniqué. En fait, je savais que ma mère était schizophrène, mais j’avais eu beaucoup de chance. Je n’avais jusqu’à ce jour, par je ne sais quel miracle, jamais eu à faire face à une crise.
Le bureau est laissé sens dessus dessous après le départ de ma mère pour l’hôpital. J’ai besoin d’un peu de solitude après ça, pour encaisser. Laurent a besoin d’explications. C’est parfait. Je range le bureau en prenant du temps pour moi et Laurent aide mon père à la cuisine, où il lui raconte le passé de ma mère.
Je reforme les piles de papier qu’elle a dispersées dans la pièce. Un détail me fait tiquer. Elle a tout un tas d’archives confidentielles quand elle travaillait à la banque du sperme. Des fiches de donneurs qu’elle n’a pas le droit de posséder chez elle. Qu’est-ce que ma mère peut bien faire avec tout ça ? Je parcours les quelques feuilles. Il y a un Charles, un Patrick, un Ahmed, un Lilian et... non... Quoi ?! Il y a un Laurent. Mon Laurent. Le don remonte à l’année juste avant ma naissance. Je reste conne. Je ne veux pas y croire, et pourtant. Maman, qu’est-ce que tu as encore fait ?
Je suis paralysée. Réfléchis, Aurore, réfléchis. Est-ce que le papier est bien authentique ? Ma mère aurait pu tout inventer après coup, après que je lui ai parlé de Laurent, et créer des faux papiers pour retourner le cerveau de tout le monde, à commencer par le sien. Elle est capable de tout, je le sais, et surtout des délires les plus tordus. Quelles sont les chances pour que j’ai rencontré au hasard le donneur de Maman et qu’il devienne mon copain ? C’est complètement barré. Et en même temps, le doute est là. J’imagine le pire. Je sors du bureau et appelle Laurent du haut de l’escalier :
— Tu peux monter s’il te plaît ?!
Il vient rapidement et nous retournons au bureau ensemble. Je lui tends le papier avec son nom dessus, en ne disant rien, pour ne pas influencer sa réaction. Je suis à l’affût du moindre changement de ses expressions faciales. J’ai peur.
— Que... articule Laurent.— Oh, non, ne me dis pas que... c’est des vrais papiers ?— Bah... oui. Oui, Aurore. J’ai donné mon sperme quand j’avais dix-huit ans, oui. C’était un délire entre potes, presque un fantasme. Enfin, bref, je suis désolé si je ne t’en ai pas parlé avant, mais ça ne m’a jamais semblé important. Je te connais ! Je sais quel film tu es en train de te faire dans ta tête. Arrête ça tout de suite ! Si ta mère travaille à la banque du sperme, elle a très bien pu se procurer ce papier. Elle l’a même sûrement volé récemment, après que tu lui as parlé de moi. Ne tombe pas dans son piège.— Putain, Laurent ! Tu as rencontré ma mère juste avant ma naissance et “ça ne t’a jamais semblé important” de m’en parler ? Tu te fous de moi ?!— Aurore, Aurore, Aurore ! Reviens sur terre ! Tu crois que je m’en souviendrais, après tout ce temps ? C’était il y a trente ans ! Et tu crois que j’ai su le nom de la personne qui m’a reçu au centre ? Si ça ce trouve, je ne l’ai même jamais vue, ce jour-là, ta mère.— Pardonne-moi. Je sais que c’est horrible à entendre comme demande, mais ça me rend malade. Tu as donné ton sperme à peu près neuf mois avant ma naissance, putain. On doit faire un test de paternité, et vite. Je t’en prie. Ou je vais devenir folle comme ma mère. Je... c’est trop dur. Reste loin, s’il te plaît. On ne se touche plus tant qu’on ne sait pas.— Aurore, c’est ridicule ! Tu te fais manipuler. Tu dois être plus forte que ça ou c’est ça justement qui va te rendre folle !— C’est non négociable, Laurent.
Je fixe Laurent d’un regard grave. Il comprend. Ce n’est pas trop tôt.
— Excuse-moi, Aurore. Je suis vraiment désolé.
Il s’accroupit et se prend la tête entre les mains, abasourdi. Je serais venue d’habitude le prendre dans mes bras pour le réconforter. On se serait serré les coudes. Mais là, c’est trop violent. Je reste à distance. On encaisse l’épreuve chacun de son côté. Le doute s’immisce, insupportable.
— Qu’est-ce qu’on va faire en attendant ? Tu sais que c’est illégal de commander un test de paternité sur Internet, en France ? Tu te rends compte qu’on va devoir aller devant la justice ? — Putain, Laurent, tu crois vraiment que respecter la loi, c’est la priorité, là ? Non, non, non, non. On va se débrouiller seuls. On n’en parle à personne.
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